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«En quoi avoir des ovaires a-t-il quelque chose à voir avec la réalisation d’un film?» L’acteur principal de Démineurs, Jeremy Renner, a fini par exploser devant les questions persistantes des journalistes, lundi à l’issue de la 82e cérémonie des Oscars.
Gilles Rousset
«En quoi avoir des ovaires a-t-il quelque chose à voir avec la réalisation d’un film?» L’acteur principal de Démineurs, Jeremy Renner, a fini par exploser devant les questions persistantes des journalistes, lundi à l’issue de la 82e cérémonie des Oscars. Sa réalisatrice, Kathryn Bigelow, venait de devenir la première femme de l’histoire à être sacrée «meilleur réalisateur». Mais pas une question sur la qualité de l’œuvre, la meilleure à ce jour sur le bourbier irakien. Pas une question non plus sur le miracle qui a vu ce petit film indépendant plébiscité contre son exact contraire, Avatar, par une Academy composée de producteurs qui avaient claqué la porte au nez de Kathryn Bigelow. Non, le sujet du jour, c’était la femme. Avec dignité, sans jouer la pasionaria et sans laisser éclater une joie hystérique, la cinéaste a récolté une autre victoire en ne se laissant pas entraîner sur ce terrain miné par les préjugés.
Sitôt la cérémonie terminée, les blogs et forums internet se sont pourtant mis à bruisser, essentiellement de voix féministes et outrées. Comment Kathryn Bigelow a-t-elle pu adresser des remerciements en souhaitant un retour sain et sauf aux troupes enlisées au Moyen-Orient, au lieu de parler en tant que femme et aux femmes? Celles-ci peuvent-elles être fières de voir l’une des leurs l’emporter sur un terrain de jeu masculin, un film de guerre où le seul personnage féminin est une Pénélope qui attend servilement les appels de son soldat de mari? Et d’ailleurs, comme le titraient sans vergogne plusieurs forums, «Kathryn Bigelow est-elle vraiment une femme», elle qui signe depuis trente ans essentiellement des films d’action? Comme s’il s’agissait à présent de redéfinir les genres non plus selon le sexe des artistes, mais en mesurant la part de féminité ou de masculinité contenue dans leurs œuvres… Hollywood peut se frotter les mains et perpétuer la cinématographie la plus machiste de l’Occident. Le débat sur l’inégalité de traitement réservée aux femmes dans l’industrie du cinéma est étouffé. Les femmes préfèrent se crêper le chignon.///////Thierry Jobin
Rédigé par psa le 09/03/2010 à 05:47
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Mot à Maux
La Grande manifestation de ce mardi 9 mars 2010, à Lomé, est une marche pacifique : elle n’est dirigée contre personne et est conforme aux valeurs démocratiques des Togolaises et des Togolais, en tout respect des dispositions légales en vigueur dans le pays. C'est un Engagement Républicain envers tous les Togolais.
1. Que le Togo est patrie unique et indivisible pour l’ensemble de ses citoyennes et ses citoyens, quelle que soit leur origine sociale ou leur affiliation politique.
2. Que toute vie humaine perdue pour l’avènement de la démocratie au Togo est une mort de trop qui n’est plus digne de la volonté affirmée du vivre ensemble dans un État républicain.
3. Que la démocratie est une cause commune, une valeur universelle et un moyen à mettre au service du développement du Togo, et elle ne peut être dirigée contre personne au Togo ou ailleurs.
4. Que la pratique de l’alternance politique et son avènement constituent essentiellement un mode de changement de la gouvernance publique et en aucun cas un prétexte pour l’exercice d’une forme quelconque de vengeance, de règlement de comptes, de chasse aux adversaires ou de stigmatisation des individus et collectivités.
5. Que toute citoyenne togolaise ou tout citoyen togolais peut introduire une demande d’amnistie républicaine, à effet suspensif de toute poursuite, dans le but d’obtenir une grâce républicaine et d’adhérer à une éthique citoyenne.
6. Que les forces de sécurité exerçant ou ayant exercé leurs fonctions sous l’autorité des dirigeants politiques ne peuvent être tenues responsables de leurs interventions et des effets de tels commandements et ordres reçus.
7. Que l’équilibre ethnique soit pratiqué de manière positive, citoyenne et républicaine afin de garantir l’éthique publique, l’unité nationale, la paix sociale, la représentativité humaine et le développement durable du Togo.
8. Que les hauts dirigeants et dignitaires ainsi que les partis politiques représentatifs du Togo jouissent d’un statut spécial, selon qu’ils soient en exercice de leur autorité ou de leur fonction, dans l’opposition ou en retrait de la vie publique.
9. Que tous les droits et devoirs citoyens et institutionnels au Togo soient désormais porteurs de valeurs républicaines garantissant la justice, le respect et l’équité ainsi que la tolérance de l’autre et l’ouverture au monde.
10. Que la conscience nationale d’un Togo, unique cadre d’opportunité pour l’exercice des talents dont tous ses enfants sont pourvus, soit valorisée et laissée en amplification et en partage aux générations.
Togo.Decalogue-Mars2010.pdf
(228.5 Ko)
Rédigé par psa le 08/03/2010 à 02:28
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Diplomatie Publique
Les grandes inconnues des élections présidentielles togolaises demeurent effectivement Agbéyomé Kodjo et Jean-Pierre Fabre candidats malheureux selon les décomptes de la CÉNI, la commission électorale nationale indépendante, qui a proclamé hâtivement des résultats contestables samedi dernier. À ces deux opposants irréductibles vient s’ajouter, pour les besoins de l’analyse, la personnalité de Kofi Yamgnane. Ce trio de choc, bien décidé, conteste avec grande détermination les résultats des présidentielles togolaises. C’est curieux que l’État major de Faure Gnassingbé qui a presque tout prévu –des intervenants sur les sites internet togolais et dans les émissions des radios locales et internationales aux arrestations préventives et autres, n’ait pas pensé à cette perspective de contestation farouche. Exit Gilchrist Olympio, les adversaires de Faure n’avaient plus d’ordre à recevoir de loin ou encore attendre des instructions particulières de leur Maréchal... Gilchrist Olympio. C’est une réalité autre désormais que la donne politique togolaise devrait rapidement se jouer dans cette marge d’incertitude, d’autant plus qu’Agbéyomé Kodjo a vite fait de donner sa caution et sa reconnaissance à Jean-Pierre Fabre comme le véritable vainqueur des élections présidentielles. Un trio FAK (Fabre-Agbéyomé-Kofi) est la plus redoutable des alliances politiques togolaises qui peut faire front à la machine Faure : c’est la copie originale du FRAC, version parisienne, facilité par l’ancien ministre de l’intérieur François Boko. Le charisme politique d’Agbéyomé et la visibilité internationale de Kofi viennent ainsi renforcer la popularité nationale de Fabre et de son parti. Le pouvoir Faure userait-elle de la force pour disperser les manifestations ? Ce serait un énorme risque politique avec un effet de contagion et de débordement quasi certain dans certaines préfectures du Togo. Le pouvoir Faure procéderait-il à l’arrestation préventive de ces leaders du trio infernal FAK ? Alors il risquerait sa crédibilité internationale et devrait courir le risque de voir les autres leaders en attente se mettre également dans un mode de confrontation ouverte tout comme la diaspora togolaise qui reprendra rapidement du service, dépassant ses propres clivages. Le doute de la proclamation des résultats électoraux est tellement énorme parce que non conforme aux procédures que le risque du débordement est loin de profiter au pouvoir Faure. Ainsi, le changement des acteurs qui s’opère dans la vie politique au Togo semble être porteur d’une réalité nouvelle.
Rédigé par psa le 08/03/2010 à 00:00
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Horizon
Carole Tinel, Songe d'une nuit
Encore une fois, les élections n’ont rien réglé au Togo. Le constat est amer : le Togo sort de nouveau meurtri et divisé des élections présidentielles de ce mois de mars 2010. Comme des rescapés d’une véritable guerre, un Togolais demande : « À quoi servent les élections au Togo? » À chacun sa réponse. De la capitale togolaise, Lomé, le premier message reçu au lendemain de l’annonce des résultats est encore plus explicite : « Le message hier c'était circulez il n'y a rien à voir. Nous nous sommes réveillés avec une gueule de bois. Comme on le dit, ici il n'y a rien de nouveau. Faut-il en rire ou en pleurer? Mais le mal ne serait-il pas plus grave et sérieux que l'on ne le croit? Bon dimanche amigo! » On ne fait pas un pays avec tant de déçus de la politique, des naufragés d’un bateau toujours ivre, les rescapés d’une aventure aux attentes surdimensionnées, des fatigués d’une démocratie sans cesse reportée. Dans ce Togo, de nouveau, tout est à refaire, des solitudes sont à réunir. Un Togo perdu reste à retrouver et à bâtir. Surlendemains de longues veillées d’armes, les uns et les autres sont fatigués; fatigués de toujours perdre sans aucun péril, fatigués de toujours gagner sans aucune gloire. De ces élections présidentielles togolaises, se pourrait-il qu’il n’y ait ni vainqueurs ni vaincus?
Rédigé par psa le 07/03/2010 à 10:00
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Mot à Maux
La Commission électorale nationale indépendante (CENI) joue-t-elle la montre pour mieux enliser le processus électorale au Togo? Rien de permet de croire que les élections présidentielles au Togo ne peuvent livrer leur résultat plus de vingt quatre heures après la fermeture des bureaux de vote le 4 mars 2010. Un tel retard prête le flanc aux critiques sur la non-étanchéité du processus et de la responsabilité de la CENI, particulièrement de son président. De cette situation, semble se dessiner deux pôles de cristallisation.
Le pouvoir gouvernemental de Faure Gnassingbé s’est déclaré vainqueur quelques heures après que les forces de l’opposition se soient désignées victorieuses ce vendredi 5 mars 2010. La situation est d’autant plus incertaine que, fait rare, l’opposition semble s’unir autour de Jean-Pierre Fabre (JPF) auquel l’un des adversaires, Agbéyomé Kodjo, a reconnu la victoire. Dans deux déclarations déjà, Agbéyomé Kodjo, ancien premier ministre à ne pas confondre avec Édem Kodjo, apporte son appui à JPF. Dans la dernière sortie, Agbéyomé Kodjo s’insurge contre une pratique frauduleuse parallèle qui existerait :
« Une installation frauduleuse de système informatique destinée à être mise en réseau avec le système informatique de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) chargée de la collecte et de la centralisation des résultats, en provenance des Commission Electorales Locale Indépendantes (CELI), vient d’être découverte à Lomé. Ce système informatique monté en parallèle à celui de la CENI aurait été installé par les mêmes techniciens que ceux requis par la CENI à la Résidence du Bénin, et serait à la solde d'un candidat à cette élection. Ce système informatique frauduleux est censé fabriquer de faux résultats, qui par le biais d’un réseau connecté sur le vrai système informatique de la CENI, écrasera et remplacera les vrais résultats centralisés par la CENI, pour ne laisser à cette dernière que les faux résultats à proclamer.
Une plainte en justice a été déposée et le Procureur de la République de même que les responsables des missions d’observation de la Francophonie, de l’Union Africaine (UA), de la CEDEAO et le chef de la Mission militaire d’observation de la CEDEAO ont été officiellement informés par le candidat Agbéyomé KODJO » dit ce communiqué.
Il poursuit d’ailleurs « Par ailleurs, ce vendredi 5 mars, alors que la CENI, na pas encore communiqué la moindre information sur les résultats de l’élection, le site officiel de la République togolaise, republicoftogo.com publie un article intitulé « Erosion de l’UFC » dans lequel il annonce : « Sur 61% des bulletins dépouillés Faure Gnassingbé a obtenu 64% des suffrages et Jean-Pierre Fabre 31%, ce qui représente un écart de plus de 400.000 voix entre les deux principaux concurrents de la présidentielle ». Dans le même temps, un autre site internet, TOGOINSIDE.com, qui présente toutes les apparences d’une annexe des sites officiels de la République (mêmes images, mêmes publicités), annonce carrément aujourd’hui 5 mars, la victoire de Faure Gnassingbé : « Selon des informations fiables parvenues à Togo-Inside, le Président sortant du Togo, Faure Gnassingbé, serait réélu avec plus de 50% des suffrages exprimés, et l’annonce de la proclamation de sa victoire devrait être faite dans la journée ». Plus tard dans la soirée republicoftogo.com commet un autre article intitulé « Faure Gnassingbé assuré de l’emporter », dans lequel sont égrenés des résultats, tous en faveur de Faure Gnassingbé, qui contredisent tout ce que les observateurs ont pu noter dans les bureaux de vote sur le terrain. Seul republicoftogo.com dispose de ces informations alors qu’aucun autre organe de presse ne peut en disposer de la part de la CENI. »
On est en face d’une situation potentiellement explosive lorsque l’on connait le Togo politique marqué par de fréquentes confrontations et même des violences politiques trop meurtrières. Pour moi, et bien longtemps, je considère qu’un seul Togolais de tuer serait un mort de trop. Mais en réalité, une telle violence politique ne peut être évitée qu’à travers une publication rapide des résultats, une publication des vrais résultats, preuves à l’appui. Le Togo et la CENI sont-ils capables de cette prouesse démocratique ? Trop d’incertitudes et d’inconnues subsistent dans le décor politique togolais en cette fin des présidentielles pour prévoir ce qui s’y passerait dans les tout prochains jours. La semaine qui commence ce dimanche est simplement déterminante. La CENI qui a joué la montre jusqu’à maintenant sera-t-elle jouer l’apaisement au moyen de la vérité et de la fiabilité. En son temps, El Greco aurait dit que les Lumières rivalisent avec les ténèbres.
Rédigé par psa le 06/03/2010 à 02:06
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Silence
Il y a un manque de rigueur chronique dans l’analyse des faits politiques au Togo. Pour être parti de ce pays assez tôt, peut-être, et tout en y gardant une forte présence, ce manque de rigueur m’a toujours frappé parce que tinté d’une animosité sans pareil qu’il est rare de voir chez d’autres peuples et intellectuels africains. Le rôle de l’intellectuel, fut-il togolais, est d’éclairer par sa capacité de manier les idées et les perspectives en décrivant la réalité, en l’explicitant au travers d’une grille de compréhension et si possible en proposant des pistes de solutions et de dépassement des situations problématiques.
Chez les Togolais, il s’est installé plutôt une partisannerie de peu d’effort, se limitant seulement aux insultes des prétendus bons sur certains des leurs, à jamais indexés comme des mauvais. Le manichéisme togolais s’est même élevé au rang de l’impensable : les démons et je veux bien dire de vrais démons d’un côté, les dieux et il faut bien comprendre des dieux vivants et intouchables de l’autre.
Sous des dehors idéologiques et de pure haine, les intellectuels togolais -pour certains de ces plus tardifs bavards au rang desquels vient de s’inscrire un Édoh Folly Dotsè se déclamant depuis Washington DC- la petitesse du raisonnement vient encore sonner le glas de cet intellectualisme louvoyeur professé au nom d’une toute petite idée de la démocratie, au nom de cette haine viscérale de l’autre, au nom d’un manque de jugement et de distance utile dans l’analyse, au nom d’une vendetta populiste qui ne veut pas s’arrêter du tout, même pas la veille d’une élection importante : les présidentielles togolaises.
Pour respectable que puisse être notre ami Victor Komlan Alipui, dira-t-on qu’il vivait sur la lune dans des institutions comme la BCEAO ou le FMI et n’était pas au courant de la nature du régime Eyadema avant de venir travailler pour lui? Il se pourrait bien que oui –si nous nous accordons un moment de complaisance analytique, mais ceci est difficile à croire et à soutenir longtemps. Car, il n’existe pas d’institutions économiques et monétaires aussi politisés que le FMI et la BCEAO, nous le savons, pour peu que nous soyons à la hauteur du sujet, et quoi qu’en dit le ministre togolais des finances dans un des récents débats pré-électoraux. Apprenez-le une fois pour toutes les autres occasions : la politique n’est jamais bien loin de l’économique partout ailleurs, qu’il s’agisse de la Grèce endettée d’aujourd’hui que du Togo d’il y a vingt ans, lourdement déficitaire en démocratie.
Dès lors, à lui monsieur Alipui -que M. Dotsè absout par un tour de main plumitif, comme à d’autres et à tout le monde d’ailleurs, doit alors s’appliquer la loi du retour de l’enfant prodigue, si tant est que la fréquentation du pouvoir Eyadema est à considérer comme un coupable égarement.
Et, ils sont nombreux ceux et celles qui avaient fréquenté ce régime dont Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo. Puis un jour, Agbéyomé Kodjo s’est ravisé pour s’éloigner du régime Eyadema. Cela fait partie de l’histoire politique récente du Togo, tout simplement un parcours de politicien. Agbéyomé Kodjo, probablement un des génies politiques que compte le Togo, toutes familles politiques confondues, a beaucoup plus légitimement et volontairement fait le saut hors du RPT et de son sérail que beaucoup trop de Togolaises et de Togolais n’avaient été contraints par un système de parti-État-unique, prévalant sur une partie du monde à l’époque, n’avait régenté le Togo, et pas seulement le Togo.
Le Benin voisin qui a pourtant servi de modèle à l’amorce démocratique en milieu francophone africain, était même tombé plus bas que notre Togo natal dans ce système totalitaire de l’époque, le marxisme-léninisme en plus.
Nous rentrons ici au cœur de la fausseté de certains intellectuels togolais, éveilleurs de conscience, éméchés et incapables d’articuler une analyse sans haine et sans jalousie.
Normalement, il devrait nous être difficile de reprocher à quelqu’un sa fortune, s’il en possède et de quelque nature et niveau que ce soit. Il n’y a pas qu’au Togo que l’on fait fortune en politique; cela se fait et cela prévaut aussi bien au Togo, qu’au Bénin, au Gabon, au Ghana, au Canada, aux États-Unis et ailleurs, comme d’autres font fortune ou échouent carrément, par toutes sortes de manières, en menuiserie, en télécommunications, en consultation, en journalisme, en transport et autres, qu’ils soient dans ce même Togo ou en Égypte, au Brésil, en Espagne ou ailleurs au Burkina Faso.
Et c’est d’une petitesse grave que de constater que l’un des tréteaux analytiques de M. Dotsè soit un chef d’accusation malicieusement fondé sur de vraies fausses considérations comme la fortune. Est-ce la pauvreté qui doit rendre plus éligible à la politique au Togo? Toute l’architecture argumentative développée par la suite par Édoh Folly Dotsè dégoulinant de haine devient boiteuse, racoleuse, tripoteuse et calamiteuse avant de s’effondrer piteusement par les suffisances d’un donneur de leçons de citoyenneté et de démocratie d’une cafouilleuse médiocrité, car tout simplement calomnieuse, diffamatoire et insatiable.
Agbéyomé Kodjo qui ne connaissant manifestement pas bien l’âpreté du régime Eyadema et qui a pourtant avisé de ce qui se tramait en janvier 1993 avait-il plus tors que ceux qui connaissaient très bien le régime et n’avaient pas pris au sérieux sa mise en garde révélatrice du risque ou encore ceux-là même qui avaient tellement une connaissance du système qu’ils vont y sacrifier des centaines de jeunes en 2005 pour faire la preuve de leur grande compétence politique aux yeux du monde?
La médiocrité: un piège politique
Aussi longtemps que la simple réalité du dépassement, la responsabilité partagée, la mémoire déformante, l’incompétence politique, la division nord-sud, la haine et la jalousie prégnantes ne seront revisitées avec lucidité, nous assisterons toujours à ces déclarations intempestives qui resteront démesurément tributaires de la vulgarité analytique de ces mécènes politiques qui n’en n’ont pas du tout la stature.
On dirait que chez certains Togolais, la médiocrité analytique, le silence sélectif, la parole insultante et la vendetta politique constitueront un éternel cache-misère intellectuel à n’en plus finir.
Le Togo ne peut être candidat à la démocratie sans l’éveil de ses intellectuels. Les divers ratios de l’improvisation intellectuelle, de la radicalisation définitive et des jugements péremptoires (mangeoire, trahison, etc.) sur les réflexions de qualité et de grande étanchéité pour durer dans le temps sont beaucoup trop élevés et épousent une facile tendance à la continuité qu’il faut s’en inquiéter sérieusement.
À la veille d’une élection présidentielle, c’est rien de moins qu’une dizaine de pages de verdâtre venin que le bien pensant Édoh Folly Dotsè trouvent à offrir à l’intelligence des siens, préoccupés et retenant leur souffle pour tous ces prochains jours. Il faut le faire! Il faut surtout s’attendre que certains ne se taisent pas devant une telle énormité avilissante et bassement gratuite. En quoi le pamphlet du sieur Dotsè éclaire peu ou prou les seules prochaines heures des élections et de l’après-élection au Togo.
Observons. Il est de plus en plus rare et presque impossible de bénéficier d’une appréciation innovante des réalités politiques togolaises. Dans des directions différentes, Agbéyomé Kodjo n’était pas moins Togolais hier que Dossouvi Hilaire Logo –l’un des hommes du « 5 octobre », celui que j’avais surnommé DHL et ne peux plus désigner autrement sans me sentir bizarre moi-même, ne l’est aujourd’hui en travaillant avec Faure ou ne le sont, selon leur intime conviction, Lydia Adanlété, Djovi Gali, François Boko, Dahuku Péré, Amah Gnassingbé, etc. Les choix individuels façonnent l’histoire politique; ils ne la définissent pas sans la prise en compte des autres attributs importants qui sont loin d’être soldés au Togo.
C’est de la normalité évolutive qu’une certaine fluidité existe et demeure dans les alliances politiques des partis et des acteurs. Rien de tout cela n’invalide le patriotisme ou la sagesse politique. Au contraire, cela relève de l’universalité politique et de son essence même, toutes aussi présentes au Togo qu’au Bénin par exemple; le premier pays végétant dans l’incohérence, le second pays expérimentant allégrement les bornes de variance de la démocratie après s’être invité à un pardon collectif et réparateur.
La continuelle circularité du raisonnement analytique d’une certaine clientèle politique togolaise, toujours portée à désigner des coupables étrangers à sa propre incapacité, vaut bien cet arrêt pour relever l’inconsistance et la naïveté qui semblent conforter les uns et les autres dans ce qui devient comme une éprouvante caractéristique togolaise : des togolaiseries dont il faudra désormais se méfier. Je pensais ces togolaiseries passagères; elles deviennent persistantes et insidieuses au point de décourager les gens capables au profit des incapables.
J’en veux pour preuve le sort que ces incapables avaient réservé à la DIASTODE, après leur coup d’État au président élu, réduisant la structure à une simple coquille vide, sans jamais être en mesure de la gérer avant d’être sauvée des eaux dernièrement par des déclarations de soutien usant d’un langage datant d’une autre époque.
Sachons identifier dorénavant ces togolaiseries comme d’inacceptables situations qui constituent : un modèle de réflexions et de comportements structurellement et répétitivement partial, statique, redondant, déficient et inefficace pour ne pas permettre une évolution politique intégratrice de toutes les compétences humaines du Togo. Une sorte de vendetta politique, une Fatwa radicale prononcée et renouvelée constamment au nom d’une pureté citoyenne uniformiste qui ne possède aucun attribut républicain.
Cette somme de médiocrité analytique, toujours haineuse et trompeuse, a-t-elle son siège à Washington DC ou sa demeure à Paris et ailleurs qu’elle mérite d’être confrontée à ses propres aberrations jusqu'à ce qu’un ajout de raisonnement moins primaire lui soit inoculé afin de la sauver de cette déficience et de cette inefficacité maladives. Il est normal que des gens ordinaires se basant sur le sens commun s’arrêtent trop longtemps sur des raisonnements primaires. Que des intellectuels s’y confortent et refusent d’emprunter l’escalier de la gradation analytique pour accéder à des niveaux supérieurs de conceptualisation et de compréhension du mal et de l’insuccès togolais relèvent non plus de la simple fourberie individuelle mais bien d’un amas de togolaiseries avilissantes desquelles nous devrions tous être moins fiers.
Rédigé par psa le 03/03/2010 à 00:03
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Horizon
Quel retour de flamme sur la théorie du réchauffement climatique! Le doute semblait levé. Par le 4e rapport du GIEC en 2007 surtout, qui a qualifié d’indéniable le problème. Or, depuis quelques mois, de plus en plus de gens jugent cette prophétie exagérée. Les plus ultras des «climato-sceptiques» ont devant eux un boulevard. Ouvert par des semblants de preuves d’un complot ourdi par les climatologues.
Bernard Lafont
Il s’agit moins de minimiser celles-ci que d’analyser la manière dont le GIEC en a (à peine) pris acte. Pour évoquer le thème du réchauffement, l’information a parfois cédé le pas à la communication. Celle-ci joue de récits radicalisés, de corrélations trop rapides, d’allégations alarmistes. Au point de gaver émotionnellement un public qui plus est largement culpabilisé. La bipolarisation exacerbée du débat et la peur infondée de servir les sceptiques ont alors laissé peu de place, dans les messages des chercheurs, à ce qui constitue le cœur de la démarche scientifique: l’incertitude, la saine remise en question des acquis. Et le domaine du climat n’est pas exempt de lacunes dans la compréhension des phénomènes: elles concernent notamment les prévisions climatiques (et non météorologiques) au niveau régional, le rôle des aérosols ou la dendrochronologie. Mais si ces «trous» existent, c’est – comme dans l’emmental – parce qu’il y a autour une matière consistante et authentique: la Terre vit dangereusement, au-dessus de ses moyens. La fièvre qui la saisit ne va pas faiblir de sitôt. Et le seul vrai risque à estimer concerne les mesures à prendre: elles seront d’autant plus lourdes que l’on attend pour agir. La science, climatique ou autre, n’a pas pour but de produire des certitudes. Mais de se départir de tout biais pour établir des faits en minimisant les marges d’erreur. Pour ce faire, elle a besoin de méthodes rigoureuses, objectives, transparentes. Des codes qui doivent aussi lui permettre d’évoluer au fil des découvertes. Le GIEC a mal assuré toutes ces conditions. Bien plus que sur le fond, c’est sur la forme que ses membres doivent désormais œuvrer.////// Olivier Dessibourg
Rédigé par psa le 02/03/2010 à 00:20
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Mot à Maux
Au lendemain des Cendres, tandis que le Carnaval s’évanouit des rues de Bâle, un homme s’efface définitivement. Ernst Beyeler vient de s’éteindre à 88 ans. Grand Bâlois comme on dit Grand d’Espagne tant le personnage, parti de rien, portait beau et aristocratique, il a marqué la cité rhénane et les arts plastiques du XXe siècle de son empreinte. Ses concitoyens comme les milieux artistiques du monde entier n’ont qu’un mot pour qualifier cette perte: immense. Terme correct pour définir le rôle de celui qui, grand marchand, galeriste brillant et collectionneur perspicace, a su animer la scène bâloise, étendre et renforcer son rayonnement international par les leviers de l’art et de son commerce, sachant habilement irriguer l’un par l’autre.
Giacometti
Ultime et considérable mérite: Ernst Beyeler a pris soin de se retirer progressivement de ses différentes responsabilités, toujours avec panache, en laissant un merveilleux héritage: sa collection personnelle, propriété de la fondation qui porte son nom, installée dans un musée construit et scénographié pour elle par Renzo Piano, dans la ville de Riehen, en périphérie de Bâle. Un ouvrage inspiré qui témoigne de la fertilité du dialogue entre le commanditaire, particulièrement exigeant et raffiné, et l’architecte. Dans les salles lumineuses du Musée Beyeler, le meilleur de l’art impressionniste et moderne, ainsi que des œuvres africaines et océaniennes remarquables, se trouvent exposés. Loin de figer l’institution dans la célébration de sa collection, Ernst Beyeler a voulu en faire une maison vivante. Et en effet, depuis son inauguration en octobre 1997, les visiteurs ont défilé par centaines de milliers chaque année devant des expositions souvent anthologiques: Mark Rothko, Monet, Calder-Miró, Francis Bacon, Anselm Kiefer, Henri Matisse, Giacometti, entre autres. En juin 2007, «parce qu’il faut savoir garantir l’avenir», il confie les rênes de sa fondation et le pilotage du musée à Samuel Keller, de 45 ans plus jeune, faisant de lui son héritier spirituel. Or ce dernier avait excellemment fait ses preuves à la tête d’Art Basel, autre entreprise d’envergure qui doit en bonne partie à Ernst Beyeler et son existence et son extraordinaire développement. De son grand marchand, Bâle a donc reçu en legs l’un des plus beaux musées d’Europe et la foire qui fait d’elle, ville de haute tradition intellectuelle, une capitale mondiale et incontestée du marché de l’art.
L’habileté, le succès d’Ernst Beyeler n’auraient pas suffi à lui valoir l’estime et le respect unanimes, ni les titres honorifiques, n’était sa façon très particulière, à la fois effacée et active d’être Bâlois. Usant de son influence et de ses relations, il apporte un appui indéfectible au Kunstmuseum, le musée d’art de Bâle. Dans la légende, il reste l’homme qui a contribué à faire de la cité rhénane la «ville des Picasso». En 1966, le peintre autorise le marchand à choisir 25 œuvres dans son atelier. Il les montre aussitôt en deux expositions qui font forte impression. Le gouvernement bâlois accorde un crédit de 6 millions de francs pour l’achat des «Deux frères» (1905) et de «L’Arlequin assis» (1923). Les 2,4 millions manquants doivent être fournis par des particuliers. Une campagne mobilise la population; Ernst Beyeler y joue un rôle actif. Fêtes, actions publiques, votation: les Bâlois sauvent les deux Picasso pour leur musée. En 1971, lui qui n’apprécie pas les grandes manifestations publiques et ne croit guère à «l’art popularisé», fait partie des fondateurs de la Foire de l’art bâloise, renommée ensuite Art Basel, intervention décisive pour qu’elle puisse démarrer. Il mesure l’apport et l’aiguillon qu’elle représente pour la ville. Réaliste et pragmatique, il s’adapte à l’évolution du marché et l’infléchit. L’essor de la foire actuelle confirme l’intuition du marchand au-delà de toute espérance. On voit, année après année, sa haute silhouette, celle d’un seigneur en son domaine, déambuler dans les travées d’Art Basel. Distingué, affable, légèrement distant tout de même, il fait les honneurs de son stand, le plus prestigieux de tous. Après la mise en place de son successeur, après la disparition de son épouse Hilty en 2008, il se retire. La gestion de ses affaires est confiée à un juriste. Début février, il apparaît encore au dernier vernissage de sa galerie, pour l’exposition «Rodtchenko Photography». Il meurt peu de semaines après. Pour Bâle endeuillée, mélancolique, une très belle page se tourne./////// Lorette Coen
Rédigé par psa le 27/02/2010 à 19:27
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Silence
Que cache le retour précipité, en pleine nuit, du président Umaru Yar'Adua du Nigéria à Abuja ? Nul ne le sait encore. Le débat sur sa santé est à peine éteint que s’ouvre celui de la mort, de la peine de mort, la vindicte populaire des temps modernes. Il est des arguments qui semblent tourner à vide. Affirmer que la peine de mort est une barbarie paraît manifeste pour une partie de l’humanité. Dire qu’elle est une nécessité semble tout aussi évident pour le restant des terriens. Le deuxième groupe rétrécit inexorablement depuis le milieu du XXe siècle, mais 58 pays ont encore la possibilité d’exécuter leurs citoyens et il se trouve toujours des nostalgiques pour appeler à un retour de la potence en zone abolitionniste.
Thierry Decker, Pensée
C’est évidemment trop. Parce qu’en plus d’être sauvage, la peine capitale ne sert à rien. La criminalité n’est pas moins élevée dans les États rétentionnistes. Des études évoquent au contraire un «effet brutalisant», voulant qu’une administration qui use de la violence désinhibe ses ressortissants en la matière. La loi du talion, pensée à l’origine comme un progrès censé canaliser la vengeance des victimes ou de leurs proches, devient ici le ressort d’une criminalité sans cesse multipliée. Circule aussi l’idée que les mises à mort sont l’instrument ultime de lutte contre la récidive. Voir un pédophile sortir de geôle et recommencer à violer est insupportable. Prendre le risque de tuer un innocent l’est autant. Notre justice est humaine et faillible. Elle ne doit pas être abandonnée aux instincts de la société. Le peuple qui accourait place de Grève pour assister au spectacle de la guillotine n’a pas disparu avec le dernier bourreau français. Pulsions de mort et soif de vengeance ne demandent qu’un rien pour être réveillées. Notre justice est humaine et faillible. Elle est bien souvent instrumentalisée par des régimes autocrates et amoraux. À quelques exceptions près – qui semblent d’autant plus hérétiques aux démocrates convaincus, la carte de la peine capitale coïncide avec celle des États répressifs. Au peloton d’exécution figurent opposants politiques, vrais criminels, petits voleurs, épouses adultères ou femmes violées. Derrière l’échafaud, le fusil, le sabre ou l’interrupteur de la chaise électrique se pressent dictateurs, fondamentalistes religieux et justiciers butés. Ne devraient leur être opposées que la raison et la morale. Aux États-Unis pourtant, l’argument qui pourrait faire mouche est économique; la peine de mort coûte beaucoup plus cher que la prison à perpétuité.//////Caroline Stevan
Rédigé par psa le 23/02/2010 à 23:46
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Silence
Où est-il ? Que fait-il? Je me demande parfois, à l’écoute de cette cacophonie politique qui s’élève de son pays, le Togo. Il est le genre à se prendre de fous rires à l’occasion. Certainement pas au vue de ce spectacle-ci. Il doit avoir ses moments de colères, certainement pas pour l’évidence de l’amateurisme politique répétitif qui caractérise les siens. Et puis, je me découvre à fouiller pour savoir s’il fait l’actualité quelque part, au Madagascar ou au Sénégal, à Brazzaville ou à Maputo. Rien, par ces temps! Mais je tombe sur un texte de moi, écrit il y a quelques années déjà, en 2004, à la sortie de son premier roman « Au commencement était le glaive ». Un texte que sans doute je ne retrouverai pas facilement dans mes propres archives. Voici que ce texte parle justement des guerres fratricides, comme il s’en fait actuellement dans son coin de pays, le Togo, sur fond d’élections présidentielles prévues exactement pour dans dix jours. Une bonne raison pour me réapproprier ce texte de six ans qui n’a pas trop vieilli. En reprenant le livre de ma modeste bibliothèque, je constate que l’éditeur avait inséré une page d’avertissement : « Cet ouvrage est un roman, c'est-à-dire une pure fiction, imaginée par l’auteur. Toute ressemblance des personnages avec des hommes et des femmes vivant ou ayant existé ne peut être que fortuite. » M’enfin, si ce n’est pas un pays, il se peut bien que ce soit l’autre… En tout cas, on aime bien ne pas s’aimer dans ce pays là aussi... Et voici ce qui était publié alors comme critique de «Au Commencement était le glaive» d’Édem Kodjo, aujourd’hui à la retraite politique, dit-il lui-même; je dirai moi, en retraite politique plutôt.
Irina Brookler
Sur tout un continent et au-delà, dans le cercle des initiés et de ceux et celles qui pratiquent l’Afrique moderne d’aujourd’hui et de demain1, monsieur Édem Kodjo est sans doute l’homme politique africain qu’on ne présente plus. Vu de loin, la densité de sa personnalité fait bien soupçonner ses capacités multiples qui peuvent suggérer autant l’admiration que la jalousie chez ceux que la nature a peu comblés. Un peu plus près, l’homme se présente souvent attentionné, raisonnablement passionné et bon communicateur. Et alors, on attend qu’il se révèle davantage, qu’il se laisse aller... Voilà qui est fait maintenant, à travers son premier roman, Au commencement était le glaive paru le 25 mars dernier en France, aux Éditions de La Table Ronde, disponible dans les grandes villes africaines et européennes, et celles d’Amérique du nord.
À travers ces quelques 300 pages, Édem Kodjo se jette véritablement à l’eau en jouant avec de multiples bouées, ses personnages, dont aucun ne vole la vedette à l’autre. Au fait, a-t-il peur de se noyer en coulant à pic à son premier saut dans l’océan littéraire ? Au commencement était le glaive est un roman nomade qui déménage sans cesse lecteurs et lectrices entre la célébration de la beauté et la condamnation de la haine, jusqu’au jour du dernier jugement ordonné par un «Volcan en furie», le Moromoro, déçu des excès de l’espèce humaine.
Des excès dites-vous ? L’auteur ne s’en est pas privé. Au chapitre de la beauté physique fulmine la divine Fantamadia Funlayo érigée en «Monument national». Ce patrimoine d’élégance africaine, sculpté d’une main de connaisseur de la gente féminine par un Édem Kodjo littéralement en transe, est au centre d’un panthéon où rayonnent la beauté intérieure de la reine mère Immaculée Kagerassa, la beauté spirituelle du père franciscain Idelphonse Mfuni, la beauté intellectuelle de Ranassom -le prince pétri de connaissances et de délicatesses et, enfin, la beauté philosophique du vieux fou, le sorcier Mankan, s’appuyant par endroit sur une beauté naïve et naissante du petit orphelin Aznari.
Aux côtés des sublimes, la cupidité humaine sert de passerelle à une haine dévastatrice entre personnages hauts en couleurs et en épopées. Rignin (Rien) ne sera épargné dans un camp (Hamouris) comme dans l’autre (Bamounas) pour sortir cannons, conseillers, généraux, princes, courtisans, charlatans, journalistes, chevaux et glaives pour en finir et faire gicler du sang, partout. Rignin! assène souvent Chafou le Terrible, le seul et unique chef, le Conducator colérique du peuple des Bamounas. Chafou le Terrible a hérité de ses ancêtres Bamounas une dent très longue contre le peuple voisin des Hamouris et la dynastie des Cheikh Saleh qui y gouverne. Le duel, corps à corps, entre ces deux dirigeants voisins, Saloum Cheikh Saleh et Chafou le Terrible, transformera toute la riche contrée en un univers de violence aveugle et inutile qui constitue encore la triste réalité de certains peuples.
La première œuvre romanesque d’Édem Kodjo a une prise solide et ferme sur la réalité politique de l’Afrique, d’une Afrique encore ventripotente d’inutiles cycles de ressentiments vengeurs. Édem Kodjo a d’abord écrit un roman qui lui ressemble; il a épousé la femme qu’il a toujours fréquentée et qu’il connaît le mieux : l’Afrique. Noces alléchantes, pari gagné!
D’une écriture tricotée serrée au début du roman, l’auteur a joué gros, au risque de ne pas accrocher ses lecteurs dans les premières pages. Ne vous y méprenez pas du tout! Tout au plus, soulignez quelques mots pour y revenir, si le cœur vous en dit. Mais ici encore, les vertus de la patience et de l’effeuillage littéraires ainsi que votre propre côté activiste, voyeur et le « Sakabo » en vous - ce que ravive souvent l’auteur, sauront vous gratifier d’une histoire soutenue et des personnages désespérément contemporains et tragi-comiques. Heureusement que ces Chafou et Cie n’existent que dans l’imagination féconde de l’auteur de Au commencement était le glaive : une lecture captivante.
Rédigé par psa le 23/02/2010 à 23:23
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Mot à Maux
J. Leinne, Atroce
C’est à croire que le ministre des sports du Togo, Christophe Tchao, ne veux rien comprendre : le gouvernement togolais, comme tout autre gouvernement d’ailleurs, doit se tenir loin de la gestion du football qui relève de la seule compétence de la Fédération Togolaise de Football (FTF) et des associations nationales, même si la FTF est chaotique. C’est ainsi et c’en est ainsi qu’il faut laisser les gens du football s’occuper de leur football, du football dans lequel ils investissent au quotidien. Continuer à induire tout un pays en erreur en faisant croire que l’on est capable de négocier avec la CAF, « au nom du Premier ministre et du Chef de l’État togolais», n’est que pure illusion qui continue de fragiliser la cause du Togo. À quoi ça sert de faire bruler les photos d’Issa Hayatou pour, quelques semaines après, le supplier d’inclure le Togo dans le tirage au sort des qualificatifs pour la CAN 2012. Normalement, lorsque l’on tire sur une délégation participante à la CAN, l’on est loin du football. Mais, progressivement, une cause aussi sérieuse, se trouve à être mal gérée par tout un gouvernement au point de tourner tout le Togo en ridicule. Les dernières nouvelles disponibles sur cette affaire sont aussi surprenantes. Les voici… « Après le rejet par le Tribunal Arbitral du Sport (TAS), de la requête du Togo visant à obtenir une suspension de l’exécution de la sanction de la Confédération Africaine de Football (CAF), les autorités togolaises viennent d’enregistrer un second échec d’une tentative en vue de faire prendre le Togo en compte dans le tirage au sort des éliminatoires de la CAN 2012. »
"À sa demande, le ministre des sports, Christophe Tchao, a été reçu par le comité exécutif de la CAF, avec à sa tête le président Issa Hayatou, ce samedi 20 février 2010. L’instance exécutive de la faîtière du football sur le continent, était en réunion à Lubumbashi en République Démocratique du Congo (RDC), en prélude à la cérémonie de tirage au sort de la prochaine édition de la CAN. Le ministre des sports a été dépêché par le Premier ministre Gilbert Houngbo, pour plaider afin que le Togo soit pris en compte à l’occasion de ce tirage. A l’annonce de cette démarche, des observateurs au Togo, avaient attiré l’attention des autorités sur le vice qui l’entachait. La CAF ayant sanctionné le Togo pour cause selon le président Hayatou, d « interférences gouvernementales », on voyait mal comment le ministre des sports pouvait aller négocier l’annulation de la sanction, et lieu et place du Comité intérimaire de la FTF. Selon nos informations, le président Hayatou a fustigé la manière dont le gouvernement togolais a géré le drame de Cabinda et le lynchage médiatique dont a fait l’objet la CAF et son président. Il a déploré le fait que des autorités gouvernementales dont le ministre Tchao, aient soutenu que la CAF n’avait pas présenté des condoléances au Togo, alors même qu’une lettre a été adressée en ce sens au Chef de l’Etat togolais, par les soins de Issa Hayatou, lui-même. Les autorités togolaises auraient également récusé une délégation de la CAF, qui voulait se rendre aux cérémonies officielles aux victimes, avec la délégation angolaise. « Nous ne pouvons rien faire. Mais allons tous nous soumettre au verdict du TAS », aurait signifié Issa Hayatou, à Christophe Tchao. Le Togo a introduit un recours auprès du TAS, pour obtenir l’annulation de la décision de la CAF, sanctionnant le Togo pour les deux prochaines éditions. Une décision « inhumaine », selon de nombreuses personnalités du football mondial. Reste à savoir, si elle est fondée réglementairement. Qu’à cela ne tienne, passé le moment de l’émotion et de la passion, les autorités togolaises sont décidées à explorer toutes les voies de recours en vue éventuellement d’un règlement amiable du différend. D’ « autres initiatives seront prises dans les jours à venir », nous a confirmé un responsable qui a requis l’anonymat. L’Union Africaine ainsi que la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest ‘CEDEAO), ont demandé à la CAF, d’annuler sa décision. Le bureau exécutif de la CAF, n’a pas non plus intérêt à rester ferme sur la position. Il en va de l’harmonie au sein de la grande famille du football sur le continent. Une solution globale à cet évènement doit être trouvée dans l’intérêt de toutes les parties concernées."//////Koaci
Rédigé par psa le 21/02/2010 à 11:22
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Silence
Dans le contentieux helvéto-libyen, désormais européanisé, l’UE attend une solution avant la fin de la semaine. Nous y sommes ou presque. Du coté du Niger, las de l’ignominie et de la bassesse de leur président Mamadou Tandja, les militaires reprennent du service pour rétablir la dignité, la bonne gouvernance et la démocratie que tout le monde voyait fuir. C’est un coup d’État attendu et partagé qui renvoie Tandja, et même son premier ministre Ali Badjo Gamatié –pourtant jeune, honteusement à la retraite politique. Du côté du Lac Léman comme des bords du fleuve Niger, l’on va devoir faire vite : la comédie avait trop duré. Pour une fois, le Niger ressemble à la Suisse dans un combat de dignité politique pour s’extirper des barbelés de l’humiliation.
Au terme d’une journée marquée par un intense ballet diplomatique, la résolution de l’affaire libyenne, devenue européenne, semble progresser. L’UE attend une solution avant la fin de la semaine. Mais il est difficile d’esquisser une perspective claire, car le différend a fortement gagné en complexité. C’est aussi ce que cherchait la Suisse en faisant valoir son droit de veto dans le cadre des visas Schengen: elle est servie. L’affaire est complexe parce qu’elle constitue une addition de vengeances expansives. A l’arrestation musclée d’Hannibal Kadhafi, la Libye a répondu par la prise en otage de deux Suisses. En guise de contre-attaque, la Suisse a actionné le levier Schengen, qui a empêché 200 Libyens de se déplacer en Europe. En réplique, Tripoli refuse l’accès de son territoire aux ressortissants des pays de l’espace Schengen. Ces blocages ont eu un premier effet: le dialogue direct entre Berne et Tripoli a été renoué. Micheline Calmy-Rey et son homologue libyen, Moussa Koussa, ont pu s’entretenir sous l’œil attentif de la présidence espagnole de l’UE. Mais les tensions restent très vives, et rien ne permet d’affirmer que le dégel attendu sera rapide. D’autres médiations seront peut-être nécessaires.
Pour ne rien arranger, l’UE n’affiche pas un front uni. L’Italie entretient une relation historique avec la Libye qu’elle ne souhaite pas rompre. L’Allemagne, qui s’est engagée au côté de la Suisse, a davantage de recul envers Tripoli, et il n’est pas interdit de penser que la concurrence entre régions productrices de ressources énergétiques y soit pour quelque chose. Du côté suisse, on ne peut nier que des fautes ont été commises à Genève, principalement la fuite qui a permis au quotidien local de publier des photographies du fils Kadhafi prises après son arrestation. Le communiqué diffusé par le procureur Daniel Zappelli, s’il ne dit rien de neuf, est en soi un événement. Il montre que quelque chose bouge enfin au bout du lac. Mais ce communiqué ne suffira pas. Un résultat est nécessaire, histoire de montrer à la Libye, qui pratique une forme de justice très aléatoire, que la Suisse est, elle, un authentique Etat de droit. //////Bernard Wuthrich
Rédigé par psa le 19/02/2010 à 05:02
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Horizon
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