Diplomatie Ouverte

À la tête de sa Fondation France Libertés, elle se bat maintenant pour un droit égal d’accès à l’eau potable. Sans concession mais pas sans pragmatisme. "On me dit trop radicale, mais aujourd’hui, on a besoin de radicalité. Besoin d’appeler un chat, un chat." Ainsi parle Danielle Mitterrand dans Mot à Mot (Entretiens avec Yorgos Archimandritis), chez Cherche Midi. L’ancienne première dame de France a beau avoir 85 ans, elle n’a rien perdu de sa passion. Résistante elle était, résistante elle veut être. Et aujourd’hui, elle s’élève contre les multinationales de l’eau. "Un milliard de personnes n’ont pas l’eau potable. Je me bats pour que l’accès soit un droit, garanti dans la Constitution. Nos gouvernements ne veulent pas le faire. Certains États l’ont fait, comme la Bolivie, l’Équateur ou l’Afrique du Sud."


Gilles Rousset
Gilles Rousset
Vendredi dernier, "Tatie Danielle" bravait le mauvais temps pour manifester devant le siège de Veolia Environnement. "Je m’insurge contre un système qui nous gouverne. Les hommes qui servent ce système, je m’en soucie peu, plaide-t-elle. Ils sont dans la légalité, mais quand une loi ne répond pas à l’intérêt général, on peut la critiquer! Les multinationales se rendent compte qu’elles sont observées, critiquées, et s’en inquiètent. Parfois je me retrouve à la tribune à côté d’un de leurs représentants, on emploie des mots similaires mais on n’y met pas le même sens. Quand ils disent “eau pour tous”, c’est pour tous ceux qui peuvent payer. C’est leur logique, pas la mienne."
Sur son bureau de la Fondation France Libertés s’étalent des livres. En haut de la pile, le nouveau Hervé Kempf, auteur fétiche d’Hugo Chavez, intitulé Pour sauver la planéte, sortez du capitalisme. Hugo Chávez, Evo Morales ou Rafael Correa, les nouveaux leaders de l’"Amérique latine rouge", sont ses amis. Danielle Mitterrand arpente le monde: "Je ne parle pas une seule langue étrangère, je fais des efforts, j’ai des méthodes Assimil pour l’anglais, le brésilien… mais je n’y arrive pas", sourit-elle. Tant pis, elle voyage quand même et parvient toujours à se faire comprendre. Au fond, elle se sent mieux avec les paysans sans terre brésiliens ou les Indiens boliviens qu’avec ses concitoyens: "En France, j’ai un handicap, j’ai été première dame pendant quatorze ans. C’est un état de fait, je ne m’en plains pas. Les autres premières dames, elles ont un tempérament différent." Elle ne veut pas aller plus loin. Quand un de ses collaborateurs essaie de lui faire dire du mal de Carla Bruni-Sarkozy, elle refuse: "Je suis bien contente qu’elle continue son métier, j’aimais bien l’écouter." Danielle Mitterrand n’est pas devenue sarkozyste pour autant. Elle était plus à gauche que son mari, elle est aujourd’hui plus à gauche que ce qui fut son parti, le PS. "Il y a une droite et une gauche, la droite défend un capitalisme pur et dur qui oublie l’intérêt général, la gauche est plus attentive à la population, c’est vrai. Mais aujourd’hui, le système est si fort qu’il a fini par convaincre des gens qui normalement devraient s’y opposer. Le libéralisme a trompé son monde, avec ce mot qui ressemble tant à celui de liberté." La bataille contre les multinationales de l’eau fait plus clivage: "C’est plus facile de se battre contre un dictateur que contre une dictature mondiale. Au début, il y a treize ans, il y avait dix ou vingt personnes aux conférences, on passait pour des illuminés. Aujourd’hui, on bénéficie d’une grande écoute, des politiques locaux viennent, des municipalités de droite et de gauche veulent retrouver une gestion publique de l’eau, Paris vient de le faire." Danielle Mitterrand est optimiste: "L’argument qui convainc le plus est celui du prix, moins élevé avec une gestion publique." Pour parvenir à ses fins, elle utilise l’argument du coût. Danielle Mitterrand se veut radicale, elle sait aussi être pragmatique.///////Cécile Amar


Rédigé par psa le 07/02/2010 à 14:27 | Permalien

Mot à Maux

La récente cacophonie de l’Union européenne face à l’état désastreux des finances publiques grecques n’est pas un bon signal. Après la Grèce, le Portugal et l’Espagne? Les marchés financiers tremblent à l’idée que les pays de l’Europe du Sud plombés par des finances publiques désastreuses pourraient faire imploser la zone euro. La crainte d’un tel scénario est exagérée à ce stade, mais la nervosité va perdurer, pour plusieurs raisons.


Trabajo de Kestrel, 2008
Trabajo de Kestrel, 2008
La principale est que l’Union européenne n’a ni le pouvoir ni l’envie pressante de voler au secours de la Grèce. Une clause du Traité de Maastricht interdit aux pays membres d’assumer la dette des autres. Certes, les règles sont faites pour être contournées en cas d’urgence, mais la Grèce a trop triché avec celles du Pacte de stabilité: la patience de ses partenaires est épuisée. À Bruxelles, certains affirment même que l’intransigeance de l’UE rend service au nouveau gouvernement Papandréou, en l’aidant à imposer des mesures d’austérité impopulaires et longtemps différées. Il y a derrière la nervosité actuelle une part de jeu «à qui clignera de l’œil en premier». Mais les quelques 30 milliards que la Grèce doit trouver d’ici au printemps sont bien réels, et peu d’observateurs pensent qu’elle y arrivera seule. Cette crise, une des plus sévères depuis la création de l’euro, souligne l’absence de mécanisme pour renflouer un État membre qui n’y arrive pas sur les marchés. D’où les voix de plus en plus nombreuses suggérant à Athènes de s’adresser à l’organisme le mieux préparé à ce genre de situation: le Fonds monétaire international. L’orgueil grec, européen et la monnaie unique en prendraient un coup, entend-on. Et alors? Comparons ces dégâts à ceux que provoquerait une intervention brouillonne et politiquement délicate des membres de l’UE, qui ne brillent pas par leur cohésion ces derniers temps. Le mot clé de cette affaire est «contagion». Rester bras croisés face à un défaut de paiement grec fait monter la pression spéculative sur le Portugal, l’Espagne et d’autres (cela a déjà commencé). L’euro se trouverait bientôt en mauvaise posture. Repêcher le cancre de la classe engendre un autre risque – celui que d’autres élèves médiocres relâchent leurs efforts. La marge de manœuvre est étroite. Il s’agit pour l’UE de décider finement et de communiquer fermement.///////// Jean-Claude Péclet

Rédigé par psa le 06/02/2010 à 06:06 | Permalien

Silence

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Où étiez-vous le 5 février 2005 ? La question est essentielle pour tous les Togolaises et les Togolais. Ils se souviennent tous, chacune et chacun, pratiquement de ce qu’ils faisaient lorsque l’annonce du décès du président Eyadema leur était tombée dessus. Comme par hasard, j’étais devant un ordinateur, peaufinant un texte, en réalité une présentation sur la situation togolaise, un document qui devait être publiée quelques jours après : la borne de variance.


Jacques Leinne
Jacques Leinne
Dans ce texte, je voyais l’évolution de la situation politique au Togo à travers la mise en selle des politiques les plus modérés que je situais davantage au centre de l’échiquier. La morts du président Gnassingbé Eyadema venait conforter l’essentiel de ma réflexion sut la nécessité d’un rapprochement entre les extrêmes qui sévissent toujours au Togo. Ce sont ces extrêmes qui ont, aujourd’hui encore, poussé au rejet de la candidature de Koffi Yamgnane. Entre 2005 et 2010, les Togolais ne se sont pas beaucoup rapprochés. Et rien ne permet de croire que les élections nouvelles que ce pays prépare amèneront ses citoyens à mieux cohabiter.
Le cas togolais demeure pathétique, De la méfiance au mépris, il est difficile d’établir un soupçon de confiance autant entre les acteurs de l’opposition eux-mêmes, qu’entre ces derniers et les détenteurs du pouvoir. Manifestement, la belle occasion que fut le décès subit d’Eyadema n’a pu être mise à profit pour un dégel des consciences. Cinq années plus tard, au plan politique, rien ne semble avoir bougé. Les retraites ont frappé divers acteurs : à part Me Yawovi Agboyibor qui traine encore dans le décor, tout le reste a consciemment pris acte du passage du temps. Certains, à cause de leur pur échec et par un dernier naufrage, d’autres de manière plus élégante, en tirant poliment révérence.
Le nouvel ordre politique qui se met en place au Togo établit désormais la nouvelle borne de variance, encore flottante pour être saisie par une analyse fondée en faits. Faure est loin d’avoir répondu aux attentes et loin d’avoir tenu ses propres promesses. Son premier mandat en était-il un d’observation et d’apprentissage du pouvoir ? Il a aujourd’hui des acteurs différents en face de lui : particulièrement Jean-Pierre Fabre et Agbéyomé Kodjo. Ce dernier, très décidé, demeure une bête politique sans pareil dans le paysage politique togolais. Quel rapport Agbéyomé possède-t-il avec et Faure et Fabre ? C’est l’une des données de l’inconnue politique qui prévaut au Togo. À y voir de près, le trio Faure-Agbéyomé-Fabre constitue les pôles essentiels des prochaines élections présidentielles au Togo : une nouvelle borne dans laquelle la politique togolaise va se mouvoir en ces prochaines semaines. Restons à l’Écoute !

Rédigé par psa le 05/02/2010 à 00:40 | Permalien

Horizon

Beaucoup en ont rêvé, peu y sont parvenus. Le poste de Président de la République demeure le but ultime de la grande majorité de notre classe politique. Cette quête parfois obsessionnelle, souvent dévastatrice tant elle demande d'engagements et de sacrifices, revêt paradoxalement un caractère bien souvent inavoué, surtout lorsque la question d'un deuxième mandat est posée. Mais soyons sérieux, même si pour des raisons stratégiques évidentes, nos chers présidents laissent planer un suspense cousu de fil blanc, aucun d'entre eux sous la cinquième république n'a résisté à la tentation de se présenter pour un nouveau mandat.


Un jour, je serai Président
Le chemin de la présidence est long et escarpé, à l'image du parcours de François Mitterrand ou de Jacques Chirac qui parvinrent à leurs fins après deux tentatives malheureuses. Valéry Giscard d'Estaing et Nicolas Sarkozy font exception à la règle, puisque leur élection immédiate fut liée à un contexte très particulier: décès de Georges Pompidou pour l'un, relève de génération pour l'autre.
Une vie politique est bien souvent semée d'embûches, entre les affaires et les aléas électoraux d'un pays qui raffole de l'alternance. De fait, la « tentation de Venise » comme l'a appelée Alain Juppé, en a frappé plus d'un. On se souvient de Jacques Chirac abattu par sa défaite en 1988 mettant plusieurs mois avant de se remettre en selle, face à son propre camp qui ne croyait plus en lui. Ce fut également le cas de Nicolas Sarkozy très tenté de rejoindre « la société civile » au plus fort de se traversée du désert entre 1995 et 2002. Cependant, tous savent que ce qui les a écartés du pouvoir peut les y reconduire, à savoir le contexte politico-économique ou les évolutions sociales.
Ainsi, la plupart ne pensent qu'à cela, et pas seulement en se rasant. Le passé l'a d'ailleurs montré, quand en 1994, Jacques Delors renonça à se présenter: une myriade d'ambitions personnelles se révélèrent à gauche pour la succession de François Mitterrand. Ce fut également le cas à droite en 1989, lorsque les fameux rénovateurs apparurent, bien décidés à pousser gentiment Jacques Chirac vers la sortie pour prendre sa place.
N'ayant vécu que pour cela pendant 30 ans, Nicolas Sarkozy est parfaitement au fait des stratégies personnelles de ses concurrents potentiels. C'est pourquoi il œuvra pour la nomination de Dominique Strauss Kahn à la tête du FMI. D'ailleurs, la récente proposition faite à Alain Juppé de devenir le président de la Cour des Comptes s'inscrit dans la même lignée. Ce dernier aurait il décliné un poste aussi prestigieux uniquement pour conserver son mandat à Bordeaux?... Suivez mon regard./////// Jérôme Boué

Rédigé par psa le 01/02/2010 à 01:01 | Permalien

Silence

La seule gentillesse, la seule générosité, la popularité seule ne suffisent plus pour fonder l’action politique et son efficacité dans le contexte togolais. Autant, la qualification à la coupe du monde de football d’Afrique du Sud 2010 ne constitue pas du tout la preuve de la vitalité de ces équipes nationales africaines. La vérité absolue n’existe pas; la seule vérité qui vaille se fonde sur la négociation, parfois avec ses pires adversaires, ses propres mauvaises habitudes et suffisances. Nous sortons ainsi de l’aire de la générosité pour entrer dans le temps de l’altruisme. L’Égypte, dont les premiers habitants et pharaons étaient bien des négro-africains vient de confirmer cette loi.


Le temps de l'altruisme
Le temps de l'altruisme
Je viens de refaire ce constat en écoutant un ami personnel, Benoît Ruelle, journaliste et producteur de l’émission Idées sur RFI. Mon cher Benoît recevait Philippe Kourilsky, biologiste, professeur au Collège de France et auteur de « Le temps de l’altruisme ». En effet, l’inefficacité dont le politicien togolais le plus populaire est porteur est fondamentalement due à ce manque d’altruisme politique face au schisme nord-sud qui caractérise le Togo. La méfiance existante, la base même du drame politique du 13 janvier 1963, la distribution des moyens et des forces en action au Togo, toutes ces considérations forcent une analyse autre que celle de la seule popularité. L’absence d’une vérité absolue conforte aussi dans la quête et la valorisation de la place du réalisme en politique togolaise. Il y a eu une perte de temps dont le temps lui-même s’est occupé à corriger en poussant littéralement dehors Gilchrist Olympio, inefficace comme il n’est pas permis d’être en politique. Et justement, la thèse de Philippe Kourilsky dans Le temps de l’altruisme est proche du diagnostic de la situation togolaise, tel qu’il ressortait déjà dans mon essai « Les deux solitudes ». Et la présentation de cet essai s’applique étonnamment au cas togolais : « Pour Philippe Kourilsky, si nous éprouvons tant de difficulté à résoudre les grands problèmes (…), c’est avant tout parce que nous ne percevons pas la réalité adéquate. L’accumulation des jugements individuels produit trop de divergences et trop peu de consensus pour fonder une action collective efficace. La voie à suivre est alors tracée. Il faut élargir notre regard sur le monde et sur nous-mêmes. Ce dépassement de nos limites requiert un certain travail, un exercice d’introspection rationnelle et une confrontation avec les autres. Il a pour conséquence de faire de l’altruisme une nécessité logique et pas seulement une option éthique. Incorporer l’altruisme dans la théorie et les sciences politiques, et particulièrement dans la théorie et la pratique économique, constitue donc un préalable indispensable à l’action collective. » La désignation de Jean-Pierre Fabre est-elle un avancement ou un motif de dépassement dans le paysage togolais? La question reste posée et elle ne peut être répondue sans cette nécessité d’altruisme politique, un élargissement du regard de l’intéressé sur la réalité togolaise. Et ces mois de février, mars avril 2010 sont encore une fois cruciaux dans la vie politique du Togo, cinq ans après l’opportunité ratée pour le changement et la réconciliation.

Rédigé par psa le 31/01/2010 à 15:31 | Permalien

Ad Valorem

L’esprit des utopies est-il en train de revenir dans les idées et les cités? C’est ce que semblent indiquer les nombreuses manifestations organisées pendant toute l’année 2010 sous le titre «Utopies & Innovations, inventer pour dépasser les crises», de Bâle à Chalon-sur-Saône en passant par Besançon, Yverdon, Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds, Dijon, Mulhouse et, bien sûr, les Salines royales d’Arc-et-Senans, modèle de cité idéale édifié à la fin du XVIIIe siècle.


Patrick Wecksteen
Patrick Wecksteen


Au même moment, la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne propose un cycle de conférences et de débats sur le même sujet. Et un film de Richard Dindo, racontant l’aventure d’un groupe d’Américains qui va s’installer sur Mars pour faire naître une nouvelle civilisation et une nouvelle race d’êtres humains, sort bientôt sur les écrans.
L’utopie désigne un lieu hors du monde réel où pourrait s’établir une société idéale qui garantisse le bonheur. Le mot, inventé par Thomas More au début du XVIe siècle, et le projet utopique ont accompagné le développement cruel de l’industrie jusqu’au XXe siècle. D’innombrables individus ont tenté de les inscrire dans la réalité et de mettre sur pied des communautés de vie et de travail, y compris en Suisse. Mais le désir d’utopie semblait s’être éteint après les années 1960-1970 et surtout depuis la chute du communisme soviétique, qui a longtemps confisqué l’espérance. Cela n’empêchait pas de rêver de corps et d’esprits impeccables, d’imaginer des horizons harmonieux et de nourrir de nouveaux espoirs alimentés cette fois par de nouveaux dangers, l’urbanisation débridée, les inégalités croissantes, le terrorisme, les menaces sur le climat ou sur la santé. Et de confier l’avenir à la science, comme dans les anciennes utopies. Or toutes les tentatives de les réaliser se sont transformées en cauchemars parce que le bonheur organisé dans les moindres détails, la volonté de maîtrise totale sur l’avenir et l’abolition des incertitudes engendrent aussitôt le contrôle, la surveillance et la conformité comme règles. Les nouvelles utopies ne ressemblent pas aux précédentes qui prétendaient asservir une nature inépuisable; nous savons qu’elle ne l’est pas. Mais le visage grimaçant des vieilles utopies réapparaît dans l’obsession de tout prévoir sous prétexte de sauver l’essentiel.////////Laurent Wolf

Rédigé par psa le 30/01/2010 à 08:26 | Permalien

Diplomatie Publique

Collègues de classe et professeurs font le siège de l’exécutif gabonais. Immongault, Toungui, Engonga Owono, etc. Ne pensez pas à une grève à Libreville! Le premier mois de l’année se termine bien en sourire, malgré un décès le premier jour de l’an.


Un toute nuance
Un toute nuance



Du Secrétaire général de la Présidence –Éboué, son petit nom- au directeur du Cabinet du Président de la République –Petit Topo, son petit nom- mon cercle d’amis professeurs et collègue s’agrandit, C’est ce qu’un ami gabonais vient de m’annoncer, tout en me demandant ce que j’attend pour faire un tour à Libreville pour une « Prise de contact » avec tant de gens que je connais dans le nouveau cercle du pouvoir gabonais. C’est amusant ! C’est d’autant plus amusant que, l’instant d’avant, je venais d’apprendre que quelques plaisantins trouvaient matière à me disqualifier de la chose publique togolaise, au travers de mon texte « Le Dernier Naufrage ». Ils ont un grand boulot à abattre ces plaisantins, et il leur faudra toute une force pour m’éloigner de la res publica togolaise… J’exagère à peine ; car c’est davantage un débat d’idées et de compétence politique plutôt que des élucubrations d’amateurs et divers radicaux. Et, sur le plan des idées, plusieurs pourront déjà se rhabiller et attendre le prochain train. Pour l’heure, je dois me réjouir de ce message de confirmation reçu de Libreville sur la nomination de mon professeur de statistique « Petit Topo » qui va diriger le cabinet présidentiel gabonais: « À l’issue du conseil des ministres tenu au palais présidentiel Patrice Otha a été nommé jeudi soir au poste de directeur de cabinet du président gabonais, Ali Bongo Ondimba en remplacement de Jean Pierre Oyiba, démissionnaire depuis novembre 2009. Universitaire, M. Patrice Otha occupait depuis plusieurs années le poste de directeur de cabinet adjoint de feu Omar Bongo Ondimba. M. Otha est en outre le Président de la section Gabon de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE). Au cours de cette même soirée, M. Oyiba a été nommé administrateur général du Compte de refinancement de l’habitat (CRH). M. Oyiba était cité dans le scandale de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), avait annoncé sa démission le 8 novembre et justifié sa décision pour des « raisons d’éthique et de préservation de la bonne gouvernance prônée par le président Ali Bongo Ondimba. » Ici au moins, il y a moins de naufrage… plus de sauvetage.


Rédigé par psa le 30/01/2010 à 00:03 | Permalien

Horizon

Je viens de commettre un texte, encore sous embargo jusqu’au 28 janvier 2010. Comme souvent, certaines personnes ont eu le privilège de la lecture de ce document, des gens très perspicaces. Une fois n’est pas coutume : ils ont une appréciation identique de la réalité touchée par le texte, Le Dernier Naufrage, que vous lirez sous peu. Tellement que je me pose une question : Le modèle togolais serait-il en réalité une véritable tromperie, c’est-à-dire un mal togolais durement ressenti et réprimé pendant des années ? Une fois n’est pas coutume, je partage ces commentaires reçus, ces commentaires d’avant match… en cette période de Coupe d’Afrique des Nations durant laquelle le tragique du destin avait aussi frappé le Togo.


Commentaires d’avant match
1. « Tes messages viennent toujours me changer du train-train ambiant, sinon que ton essai est réparateur (moralement du moins) parce que judicieux. Je suis heureux de chanter la fin de ce mythe avec toi mais que de temps avons-nous mis pour y parvenir!
C'est certain dès à présent, ils n'étaient pas qu'incompétents, il y a pire, c’est de cyniques criminels. Pour preuve, regarde la guéguerre entre Agbéyomé et Gnininvi au sujet des dramatiques évènements de Fréau Jardin de Janv 1993...Pour les besoins de leurs ambitions, des centaines de Togolais peuvent trépasser.
Pour moi le problème est définitivement tranché, ils sont autant nos bourreaux que ceux d'en face. »

2. « J’ai eu un plaisir en tant que citoyen et intellectuel à lire ton texte “Le dernier naufrage”. C’est l’élégance avec laquelle tu manies la langue française pour décrire la vanité, dans tous ses sens (orgueilleux, suffisant, néant, vide pour le Togo) du parcours politique du personnage de Gilchist Olympio, qui est très intéressante. Bravo encore une fois. »

3. « Lecture passionnante, tragiquement vraie traduisant l'égarement collectif d'un peuple trompé depuis des décennies et dont les yeux s'ouvrent désormais dans la douleur. Énorme responsabilité d'intellectuels incapables de discernement et égarés par la haine et la jalousie. Que veux-tu faire de ce papier? »

Rédigé par psa le 26/01/2010 à 20:12 | Permalien

Horizon

C’était plus ou moins prévu dès le départ, mais tout de même, on est impressionné. D’ici peu, sans doute dès la fin de la semaine, Avatar de James Cameron va détrôner le Titanic du même auteur (1997) comme le plus grand succès du cinéma de tous les temps.


Gilles Rousset
Gilles Rousset

La nouvelle stratégie de sortie mondiale quasi simultanée, jusque sur des marchés aussi peu accessibles que l’Inde ou la Chine, n’y est sans doute pas pour rien. Cela n’en fera pas forcément le film le plus rentable, ni le plus vu, ni le meilleur. Mais ce succès phénoménal n’en donne pas moins à réfléchir: qu’est-ce qui rend donc Avatar si irrésistible? Car, au-delà d’une démonstration de la puissance de frappe du marketing hollywoodien, il y a là un film qui plaît et qui fait parler de lui pour ses indéniables qualités.
Qualités techniques d’abord, avec l’affirmation de la troisième dimension (3D) comme avenir possible du cinéma, et plus seulement de celui d’animation. En réalité, Avatar est tout aussi frappant en version «plate», mais plus de la moitié du public s’est ruée sur la version «relief». Simple effet de nouveauté, comme à l’époque du premier boom de la 3D, dans les années 1950? Censée contrer l’arrivée de la télévision, la 3D s’était alors vite révélée un «gimmick» dispensable. Mais, cette fois, avec Tim Burton, Steven Spielberg et Peter Jackson déjà sur les rangs, cela pourrait se passer autrement, et faire d’Avatar le prototype d’une riposte à l’essor du «home cinema».
Qualités artistiques ensuite, tant la patte du cinéaste, également auteur du scénario, est ici évidente. Si James Cameron, maître du cinéma de genre acquis à son principe de recyclage permanent d’idées et de formes, n’a rien d’un visionnaire comme Stanley Kubrick, il manifeste une belle fidélité à des thèmes personnels et une capacité phénoménale à coller au «Zeitgeist» (Esprit du temps). Naïve, la fable d’Avatar? Peut-être, mais aussi sacrément bien vue dans son propos écologiste, anti-impérialiste et féministe, sa mise en abyme de l’expérience du spectateur et son invitation à un dépassement de ses limites par l’humain! Si la version 2D fonctionne parfaitement, c’est que la meilleure dimension supplémentaire restera toujours l’immersion par identification, ce que Cameron maîtrise heureusement aussi bien que ses innovations technologiques. Et s’il y aura bien un avant et un après Avatar, ce sera pour toutes ces raisons-là. ///////Norbert Creutz

Rédigé par psa le 25/01/2010 à 06:15 | Permalien

Ad Valorem

Plusieurs chefs d’État étaient invités aux funérailles politiques de Barack Obama, mort prématurément à la Maison Blanche, un an tout juste après son installation. Nul n’a osé se présenter. Seuls les maringoins portaient son cercueil, aurait dit Richard Desjardins. Les chefs d’État ont tous compris; et de loin on les entendait crier : Ne l’enterrez pas si vite! En politique on ne meurt pas si tôt. Peut-être ont-ils raison? Rien ne va plus pour Obama mais son bilan est bon et d’autres présidents avaient connu pire.


Patrick Wecksteen
Patrick Wecksteen
La page n’est pas, déjà, tournée sur Barack Obama. La passe est rude, très rude, pour ce président. La veille même de l’anniversaire de son entrée à la Maison-Blanche, les démocrates ont perdu le siège sénatorial laissé vacant par la mort de Ted Kennedy. Cette défaite fait passer son parti au-dessous de la majorité qualifiée permettant d’empêcher les républicains de bloquer les débats de la Chambre haute. Priorité de Barack Obama sur la scène intérieure, le projet d’extension de la couverture médicale en est menacé alors que la résolution du conflit israélo-palestinien, sa priorité internationale, paraît toujours aussi lointaine. Barack Obama vient de le dire lui-même, dans les colonnes de Time Magazine. Il a sous-estimé, a-t-il admis, les difficultés du dossier et les choses n’en sont pas du tout là où il l’aurait espéré. Ce président est en échec sur ses deux plus grandes ambitions. Le ciel est d’autant plus bas pour lui que les élus démocrates vont désormais moins se préoccuper d’épauler la Maison-Blanche que de conserver leur siège, en novembre, aux élections de mi-mandat, mais la messe n’est, pour autant, pas dite.
Un an après son élection, Bill Clinton était dans une situation bien pire encore. Non seulement toutes ses initiatives avaient échoué mais sa femme et lui-même étaient la cible d’attaques si haineuses qu’il semblait sombrer sous la vague. Un an après son élection, Ronald Reagan n’était pas, non plus, en bien meilleure situation. Pourtant, l’un et l’autre ont été réélus triomphalement. Politiquement parlant, Barack Obama n’est pas déjà mort, et ce pour deux raisons.
La première est que son premier bilan est loin d’être mauvais. Dès les premiers mois de sa présidence, il a rendu aux États-Unis la popularité internationale que George W. Bush leur avait fait perdre. Grâce à lui, l’Amérique a retrouvé un prestige indispensable à son action internationale et ses mérites ne s’arrêtent pas là. La crise de Wall Street a été surmontée. Depuis ses discours d’Ankara et du Caire, les djihadistes ont beaucoup plus de mal à persuader l’islam que l’Amérique serait son ennemie. Sans la force de ces adresses au monde musulman, l’opposition iranienne ne se serait pas autant enhardie. L’arrêt des provocations bushistes vis-à-vis de la Russie a permis de rapprocher Moscou des positions diplomatiques occidentales, notamment sur l’Iran. La définition d’une stratégie afghane autrement plus intelligente rend plus incertaine la victoire des talibans et les pressions américaines sur Benyamin Netanyahou l’ont tout de même conduit à accepter le principe d’un État palestinien, désormais admis par tous les grands partis israéliens.
Des graines ont été semées, beaucoup de graines en une seule année, beaucoup plus que par bien d’autres présidents et, pour que Barack Obama soit vraiment menacé de paralysie, encore faudrait-il qu’il ait, face à lui, une opposition cohérente. Or ce n’est pas le cas. Les républicains marqueront des points en novembre. La loi de la politique américaine est qu’on vote systématiquement contre la Maison Blanche, mais sur quelles bases ce parti pourrait-il, vraiment, reprendre pied? Sur un retour aux dérégulations de l’ère Reagan? Non, puisque la crise provoquée par «l’autorégulation» du marché est passée par là et que Wall Street est devenu aussi impopulaire à droite qu’à gauche. Une identification à la droite la plus conservatrice, religieuse et hostile à l’évolution des mœurs? Pas plus, car si cette droite est forte au sein du parti républicain, elle est très loin de constituer une majorité dans le pays. Idéaliste mais très centriste, ambitieux mais consensuel, Barack Obama n’a pas encore dit son dernier mot. /////Bernard Guetta

Rédigé par psa le 23/01/2010 à 23:23 | Permalien

Silence

Diplomatie Publique

Toute la semaine, ce sont des cris d’horreur qui sont poussés dans le monde américain des affaires contre le président des États-Unis. Les mêmes cris sont poussés sur la petite île artificielle qui jouxte Montréal, Île-des-sœurs, dont les responsables municipaux ont cru répondre au vouloir de leurs citadins-nouveaux-riches en retirant de la vue des enfants, un nu de Carl Duplessis, Se prélasser. Parce que « La censure, c’est l’éteignement de l’esprit! » dit un des nombreux déçus, restons alors sous les lumières clinquantes qui se dégagent des yeux des taureaux newyorkais qui sévissent sur l’autre île, celle de Manhattan. Les titres de Forbes à eux seuls sont des plus éloquents : One Year Of Obama - Do I regret voting for him? Obama The Destroyer, etc. Plus loin, en Suisse, on en a une idée autre, celle du bon combat financier contre la cupidité humaine.


Carl Duplessis, Se prélasser
Carl Duplessis, Se prélasser


Aux banquiers de Wall Street qui espéraient un retour du «Business as usual», Barack Obama a apporté un démenti catégorique. La vigueur du président américain en a surpris plus d’un, à en juger par le net recul en bourse des actions bancaires qui a suivi son intervention Bien sûr, tout reste à faire. Le Congrès acceptera-t-il de restreindre le champ d’activité des grandes banques et d’en limiter la taille, comme le demande Barack Obama? Après le cinglant revers essuyé par les démocrates au Massachusetts en début de semaine, rien n’est gagné. Cependant, le «combat» que le président américain se dit prêt à mener est le bon. Contrairement à ses homologues européens qui tapent sur les bonus pour flatter leur opinion publique, Barack Obama s’attaque au vrai problème: maîtriser le risque systémique posé par des établissements devenus trop grands pour faire faillite.
Ses annonces complètent intelligemment la taxe spéciale annoncée la semaine dernière, qui vise à prélever une sorte de prime d’assurance sur les grandes banques. Il est cependant trop tôt pour juger de leur efficacité. Les idées mises sur la table hier restent vagues. Comment, dans le détail, interdire telle ou telle activité et contraindre la taille des banques? Les réponses sont multiples. Pour régler un problème proche de celui de Washington, la Banque nationale suisse a préféré une autre voie. Pour éviter de devoir une nouvelle fois venir au secours d’UBS, la BNS a préféré le renforcement des fonds propres.
Une question se pose maintenant pour les banques étrangères: quel mode de fonctionnement adopter aux États-Unis. Déjà, des voix commencent à s’élever en Suisse pour appeler à une coordination internationale de la régulation bancaire. Pour le moment, les Américains ont lancé leur débat. Il sera ensuite d’autant plus facile d’harmoniser les pratiques que le leader mondial, d’où est partie la crise, cherche des solutions dans la bonne direction./////// Frédéric Lelièvre


Rédigé par psa le 22/01/2010 à 22:22 | Permalien

Diplomatie Publique

Cela fait un an que le président américain a pris ses fonctions. Bien que contrasté, son bilan montre qu’il a tenté de changer la donne en «réaliste ambitieux». Nuit d’anniversaire, nuit blanche à la Maison Blanche qui perd l’État de Massachusetts, pourtant laissé en héritage par Ted Kennedy. Martha Coakley n’a pas fait le poids devant le Républicain Scott Brown. An Un. Cela fait un an que Barack Obama occupe la présidence des États-Unis. Malgré les fortes attentes découlant de son élection en novembre 2008, son bilan est contrasté. La prison de Guantanamo, qu’il avait promis de fermer d’ici au 22 janvier 2010, n’est pas fermée. Pourtant, le ton a changé, l’image de l’Amérique s’est améliorée. Le bouclier antimissile souhaité par les néoconservateurs a été abandonné, permettant une embellie dans les relations entre Moscou et Washington. Ex-conseiller du président Bill Clinton, William Gal¬s¬ton, expert à la Brookings Institution, livre son analyse.


Nuit Blanche à la Maison Blanche
Un an après son arrivée à la Maison-Blanche, quel est le bilan de l’action d’Obama?
– Ce qui domine aux États-Unis, c’est la persistance des difficultés économiques. La reprise n’est pour l’heure qu’un phénomène statistique. Elle n’a pas profité à ceux qui n’ont pas de travail ou ceux dont le revenu a diminué. L’évaluation que les Américains font de la situation est donc négative.
Si on devait comparer Obama avec d’autres présidents après douze mois…
– Par rapport à John F. Kennedy, sa première année est tout à fait satisfaisante. Lors des premiers douze mois, JFK avait connu un épisode désastreux à la Baie des Cochons à Cuba, un sommet calamiteux avec Khrouchtchev à Vienne, la construction du mur de Berlin et la majorité de ses projets ont été bloqués par un Congrès à majorité démocrate. Par rapport à George Bush père ou Lyndon Johnson en revanche, son bilan est moins bon. Le vrai défi pour Obama, c’est de tirer les leçons de cette première année. Kennedy a su très bien le faire.
En une phrase, comment résumer son début de présidence?
– Obama est un réaliste ambitieux, conscient des limites des aspirations personnelles, des institutions et de la politique, mais désireux de transformer le monde plutôt que se contenter de le gérer. Une combinaison difficile.
Certains tendent à décrire Obama comme un bon orateur, mais un président incapable de décider…
– Le président Obama a tenu des discours remarquables. Je pense en particulier à celui du Caire, mais aussi à celui d’Oslo (lorsqu’il reçut le Prix Nobel de la paix). Mais il est faux de réduire le président à cette seule dimension. Barack Obama a aussi pris des décisions impopulaires: il a décidé de sauver les banques en difficulté par souci systémique; il a lancé un plan de relance en utilisant les deniers publics; il est venu en aide à l’industrie automobile; il a lancé une réforme de la santé qui lui a valu les quolibets. Il a empoigné des problèmes que ses prédécesseurs n’avaient pas jugés nécessaire de résoudre. Aujourd’hui, lui et son parti en paient le prix politique.

Rédigé par psa le 20/01/2010 à 01:02 | Permalien

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