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Pierre S. Adjété
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"Le bon fonctionnement d’une démocratie passe par l’existence d’un lien de confiance entre les citoyens et ceux qui gouvernent." Ainsi commence la Charte de déontologie signée par les ministres français.


Incontournable Éthique Politique
Les rumeurs persistances sur la signature d’une charte éthique, une Charte de Déontologie en l’occurrence, par les ministres du nouveau gouvernement français sont donc vraies. Les trente-sept membres de l’équipe gouvernementale réunies par le président François Hollande ont effectivement signé ce document indispensable à une gestion publique moderne. La France en avait besoin après l’ère Sarkozy.

À Québec, sans aucun rire, le premier ministre avait abaissé le code éthique à sa plus simple expression, et réussissant à faire de cette province la plus corrompue en quelques années de son pouvoir, toutes catégories politiques confondues : des municipalités au gouvernement lui-même. Il n’est donc pas étonnant que ce soit ce 17 mai 2012 que les policiers québécois aient choisi pour interpeller l’ancien bras droit du maire de Montréal, Frank Zampino. Incontournable Éthique.

C’est probablement pourquoi les étudiants québécois ne se sentent pas porter à supporter le manque-à-gagner avéré qui aurait pu servir à supporter les charges de l’indispensable service collectif qu’est l’enseignement dans une société moderne. Une loi spéciale au lieu de l’éthique, l’acte du bien, dans une situation de désapprobation généralisée, et pour faire taire tout le monde… Pas sûr!

france_charte_Ethique_gouvernement.pdf France-Charte Éthique Gouvernement.pdf  (380.78 Ko)


Il n’y a pas crise de violence au Québec. Il y a au Québec une véritable crise de leadership politique. C’est ce que révèle la persistance de la grève des étudiants au Québec.


Démission pour Incompétence Notoire
La démission de Line Beauchamp est la manifestation de ce défaut de leadership politique, ce manque d’écoute, ce manque évident d’éthique dans l’action politique que le gouvernement Charest symbolise depuis toujours.

Pour un gouvernement qui n’a jamais eu de vision politique, pour un gouvernement à qui il a toujours fallu tordre le bras avant d’en obtenir une décision proche de la volonté et de la paix sociale, la démission de la ministre de l’éducation n’est qu’une fuite en avant. Il faut que le gouvernement aborde la question de fond : la hausse exagérée des droits de scolarité au moment même où des cadeaux fiscaux sont offerts aux entreprises du Plan Nord.

Nous en sommes là à vouloir cacher l’inaction et la raideur gouvernementales par une rigidité des leaders étudiants. La question n’est pas là : la pratique du consensus dans la société québécoise est mise en mal par le gouvernement Charest. Et il est temps qu’un vrai dialogue soit ouvert... avec la démission de Jean Charest lui-même.

Rédigé par psa le 14/05/2012 à 17:11
Notez WikioEs Tags : Grève Jean Charest Québec

La nouvelle est en tout point étonnante : ce samedi 12 mai 2012 devrait marquer la fin de la chronique de Jean-Baptiste Placca. Lorsque la nouvelle m’a été communiquée, je n’ai eu aucune hésitation à adresser ce mot à la direction de Radio France Internationale (RFI).


Jean-Baptiste Placca
Jean-Baptiste Placca
Madame,
Monsieur,
Dans une RFI qui reste une référence pour tout le continent africain et un recours certain pour sa diaspora ainsi que ses amis partout à travers le monde, vous conviendrez avec moi que la voix et les perspectives audacieuses développées par Jean-Baptiste Placca (JBP) aient toujours résonné vrai, courageux et africain. Une pensée dérangeante parfois, un éveil constant toutefois qu’une plateforme comme RFI doit avoir en son sein. Heureusement!
Il semble que notre commune RFI va désormais nous priver des éditoriaux hebdomadaires de notre ami JBP. Coupure et manque de budget? Pression indue jusqu’à vous infiltrée? La brutalité apparente du retrait de cet éditorial porte-voix africain nous rend perplexe, nous, auditeurs. Une telle signature d’essence africaine apporte beaucoup à RFI, autant dans ses actifs de crédibilité que dans son palmarès de diversité.
Nous devons être nombreux à être suffisamment désorientés pour vous demander de bien vouloir considérer de nouveau la possibilité d’offrir les points de vue de JBP dans la grille des services de qualité, mûrement pensés et présentés à la réflexion de l’ensemble des auditeurs de RFI-Afrique, des fidèles de partout à travers le monde.
Meilleures considérations.
Pierre S. Adjété



Ce qui est moins étonnant c’est qu’une pétition soit mise en ligne pour récolter des soutiens afin de demander à RFI de maintenir les éditoriaux de Jean-Baptiste Placca. Je nous invite à appuyer cette demande et signer la pétition ainsi libellée :

Pétition pour le maintien de la Chronique de Jean-Baptiste Placca sur l’antenne de RFI.

Vendredi 16 mars 2012, Jean-Baptiste Placca est informé, par un coup de fil d’un des responsables Afrique de RFI, que son éditorial du samedi, présent sur l’antenne depuis novembre 2007, sera supprimé à partir du 13 mai, en raison de l’instauration de la grille unique.

Ladite grille n’entraîne pourtant pas la suppression des tranches d’information sur l’Afrique, à l’intérieur desquelles s’insère cette chronique de trois minutes.
A l’interpellation de la Société des journalistes de RFI, la direction Afrique a répondu qu’il n’y avait aucun lien entre la décision de supprimer cette chronique et les menaces de fermeture de l’émetteur de RFI à Brazzaville, à la suite d’une chronique de Jean-Baptiste Placca, consacrée, le 10 mars, à l’explosion d’un dépôt de munitions dans la capitale congolaise. Troublante coïncidence, relevée par la SDJ, et que la direction Afrique a cru évacuer en affirmant reconnaître la pertinence de cette chronique, reprise chaque semaine par plus d’une centaine de journaux et sites, en Afrique et hors du continent ; et régulièrement citée, y compris par des titres prestigieux de la presse française. Certaines de ces chroniques ont même figuré dans le palmarès des articles les plus consultés sur le Site Internet de RFI.

Nous, auditeurs assidus de cette chronique, estimons que la seule grille unique ne justifie pas que l’on nous prive de ce rendez-vous hebdomadaire, qui apporte, selon les mots de la SDJ, « un ton et une coloration uniques » sur RFI.


Cette pétition est disponible sur www.gopetition.com, particulièrement au :
http://www.gopetition.com/petitions/pétititon-en-faveur-de-la-chronique-de-jean-baptiste-p.html://

Quelques minutes suffissent pour vous joindre à cet acte de sauvegarde de la réflexion journalistique utile à toute l'Afrique.

Merci d’avance!



Rédigé par psa le 12/05/2012 à 18:48

François Hollande, comme prévu ici même et partout ailleurs, succède à Nicolas Sarkozy. Une victoire éclatante, puisqu'il n'est jamais facile de déloger un président sortant... Les Français ont parlé: Hollande rime avec France, pour les cinq prochaines années.


François Hollande à sa première apparition publique comme Président élu
François Hollande à sa première apparition publique comme Président élu

La rose toujours au poing ce 6 mai 2012 à la Bastille, comme l'autre 10 mai 1981
La rose toujours au poing ce 6 mai 2012 à la Bastille, comme l'autre 10 mai 1981

Rédigé par psa le 06/05/2012 à 20:18
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Majoritairement, la France s’apprête à fermer la parenthèse Sarkozy. C’est à croire que l’art de perdre, le président français Nicolas Sarkozy l’a contracté et l’a développé depuis sa tendre élection à cette fonction. Il a beau épousé une femme de gauche, ouvert son quinquennat à toutes les sensibilités politiques, faire de tout son mieux pour sauver l’Euro, mais toujours rien de bon ne lui reste comme résultat conducteur vers une réélection. Désaveu extrême! Vraie leçon de Bush! Décidément, en politique l’éthique est reine, et toutes les valeurs ne s’équivalent pas. Les peuples savent les distinguer, les vraies des fausses.


Anti-Sarkozy comme de l’anti-Bush : une Extrême Onction
Pour la première fois, un président de la France moderne n’est pas en position de favori pour sa propre réélection; c’est tout dire de cet « insolent destin de Nicolas Sarkozy ». Du penseur-acteur qu’est Jacques Attali au footballeur-citoyen que reste Lilian Thuram, du rouspéteur Jean-François Kahn au circonspect Philippe Douste-Blazy, personne, véritablement personne à droite, à gauche et encore moins au centre politique ne supporte plus de voir le président Sarkozy récidiver à l’Élysée.

Et pourtant, trop de gens aiment prendre parti pour la veuve, l’orphelin, le mal-aimé, le supplicié. Mais ici, l’on demande un véritable coup sec au bourreau, le peuple lui-même : que sa tête roule, que son sang gicle de partout, que sa défaite soit nette. Le réquisitoire présenté par chacun des procureurs donne froid au dos.
Jean-François Kahn, le JFK français, donne le ton : « On ne saurait reconduire un sortant qui n'a présidé qu'à des régressions. Qui a exacerbé, jusqu'à la caricature, la monarchisation de notre République. Qui s'est nourri de l'exploitation de tous les antagonismes et de l'instrumentalisation de toutes les tensions. Qui a enchaîné la nation aux à-coups incohérents de ses humeurs narcissiques. Dont les échecs flagrants en matière de politiques migratoire et sécuritaire ont permis au Front national de presque doubler ses suffrages en cinq ans et qui, aujourd'hui, rend à Maurras ce qu'il retire à Jaurès, à Clemenceau, à de Gaulle et à Mendès France

L’ancien ministre français des Affaires étrangères, actuel secrétaire général adjoint de l’ONU et président de Unitaid est, pour une rare fois de sa vie, censeur catégorique : « Tel est selon moi, Le rôle du président de la République Française : rassembler et non flatter les extrêmes, réunir plutôt que diviser les uns contre les autres, entrainer vers un horizon plus grand plutôt que manier la peur des autres. C'est mentir aux Français de leur faire croire que les réponses aux défis du nouveau monde sont basées sur un repli sur nous-mêmes en excluant ceux qui ne nous ressemblent pas. L'histoire nous a appris que cette politique était une voie sans issue. Cette évolution, cette dérive dans laquelle je ne me reconnais pas, je ne peux ni l'accepter, ni la cautionner. C'est pourquoi, je suis parvenu à la conclusion que, le 6 mai prochain, pour la première fois de ma vie, et j'espère la dernière, je ne pourrai pas voter pour le candidat censé représenter ma famille politique. Je ne voterai donc pas Nicolas Sarkozy. »

Thuram est tout aussi clair, contre la haine et la désobligeance, il choisit la tempérance et l’apaisement : « Ce que je constate maintenant est bien le point culminant d'une lente dérive. Avant même le déluge d'amalgames au cours de cette campagne, et dans une sorte de conditionnement progressif, se sont succédés la création du ministère de l'immigration et de l'identité nationale, le discours de Dakar dévalorisant l'homme africain, celui de Grenoble stigmatisant les Roms, le prétendu débat sur l'identité nationale, et tant d'autres entorses aux valeurs républicaines. Mais ce ne sont que des leurres que l'on présente aux Français pour les détourner des véritables luttes : contre la pauvreté, qui touche plus de dix millions de personnes dans notre pays, dont deux millions d'enfants, contre l'inégalité d'accès au travail, pour une éducation et des soins de qualité, pour une société plus juste. (…) Je retiens de ma carrière de footballeur que, lorsqu'un entraîneur a un bilan négatif, il est préférable de s'en séparer et d'en changer. À chaque fois que cette loi a été ignorée, les choses n'ont fait qu'empirer. Le 6 mai, le choix se fera aussi entre la poursuite de ces dérives - la xénophobie, l'islamophobie, la haine des immigrés - et l'apaisement. Pour ma part, je voterai toujours en faveur de l'apaisement. »

Mais c’est avec une grande sérénité que le mandarin et sherpa Jacques Attali est venu appliquer l’extrême onction politique que personne ne voulait donner à un président qui semblait avoir perdu pied dans ses fonctions et son rôle; un Nicolas Sarkozy qui avait déjà appelé jacques Attali à l’Élysée pour prendre conseil sur « Comment devenir président de la République française », c’était le fougueux et ambitieux Sarkozy de ses trente ans.


Valeurs contre Valeurs
Comme à son habitude, Attali est méthodique, ordonné, ordonnancé même. Sur son blog, dans Perspective, il s’introduit à pas feutré : « Je connais très bien chacun des deux candidats. L’un depuis 1980, l’autre depuis 1982. J’ai travaillé avec l’un il y a 30 ans, à l’Élysée, auprès de François Mitterrand ; j’ai présidé une commission qui rendit deux rapports à l’autre il y a quatre et deux ans (une commission bipartisane, dont le Président sortant n’a appliqué qu’une partie des recommandations, la droite, bien sûr). Tous les deux sont devenus, pour moi, des amis. Et le sont restés. »

Fort de cette avancée, jacques Attali a su faire son choix très vite, avec une précision chirurgicale.
« Et pourtant, c’est sans aucune hésitation que je voterai pour François Hollande. La raison principale pourrait en être ma tradition personnelle, comme un réflexe pavlovien. Il est vrai que je n’ai jamais voté autrement qu’à gauche. Mais cet héritage ne compte pour presque rien dans mon choix d’aujourd’hui : la France est dans une situation si difficile que, si je pensais lucidement que la réélection du Président sortant était un meilleur choix pour le pays, je le reconnaitrai sans hésitation.

La période qui commence sera très difficile. Le monde sera de plus en plus compétitif. Les nations endettées auront à faire preuve d’audace, d’innovation, de solidarité. Les Français le savent. Ils y sont préparés. Ils en ont les moyens. Le Président sortant ne me semble pas le mieux préparé à affronter cette situation.
D’abord à cause de son bilan. Certains diront qu’il ne pouvait faire plus en raison de la crise financière mondiale. Je ne le pense pas : la crise ne l’empêchait pas de réformer d’avantage l’État ; elle ne l’obligeait pas à réduire les recettes fiscales sans réduire les dépenses publiques ; elle ne le forçait pas à avantager si scandaleusement les plus riches ; elle ne l’empêchait pas de moderniser le droit social, de renforcer la formation des chômeurs, d’améliorer l’école primaire, de prendre le tournant des drones qui font aujourd’hui si cruellement défaut à nos armées. Elle ne lui interdisait pas non plus de proposer des avancées pour la construction européenne, sans lesquelles l’euro disparaitra bientôt, pour le plus grand désastre de notre pays.
Ensuite à cause de ce qu’annonce sa stratégie électorale de confrontation, qui le pousse à reprendre à son compte, jour après jour, toutes les idées du Front National. Cette stratégie ne peut le conduire, s’il est élu, qu’à revenir sur tous les acquis de la construction européenne, à installer une république sécuritaire, à remettre en cause les droits des femmes et des étrangers. Si c’est à ce genre de priorités que l’a conduit son expérience présidentielle, mieux vaut ne pas la renouveler.

François Hollande, lui, sera le meilleur candidat. Certes, il n’a jamais été ministre ; mais il est depuis trente ans associé à l’exercice du pouvoir en France. Et je le connais assez, depuis assez longtemps, pour me porter fort de sa compétence, de sa transparence, de sa culture, de son sérieux, de sa force morale. De plus, son programme, comme sa stratégie électorale correspondent beaucoup mieux que ceux de l’autre candidat à ce dont la France a besoin aujourd’hui : être rassemblée et apaisée. Le prochain Président ne pourra réussir que s’il réunit durablement toutes les forces de la France. L’un ne le voudra pas et ne le pourra sûrement pas. L’autre le voudra, et il faut lui en donner les moyens
. »


Comment voulez-vous que le dimanche 6 mai 2012 nous soit encore de surprise. Depuis cinq ans, le peuple français est resté en embuscade pour dire son insatisfaction. La sentence attendue ce dimanche est tellement définitive que les humanistes du parti présidentiel s’éveillent déjà à préparer fils et aiguilles pour recoudre le portait de l’actuelle majorité, Jean-Pierre Raffarin en tête.


La virulente ligne Sarkozy
Mais le clou, puisqu’il en faut un à tout cercueil, c’est le chef des centristes du Modem, François Bayrou, qui l’enfoncera. Il choisit Hollande : «La ligne choisie par Nicolas Sarkozy, violente, rentre en contradiction avec nos valeurs, les miennes, mais aussi celles du gaullisme. (...) Comment en est-on arrivé là? C'est l'histoire de cette élection » a indiqué l'ancien candidat centriste, arrivé cinquième au premier tour, le 22 avril, avant d’ajouter : « voter blanc, ce serait de l'indécision. Reste le vote pour François Hollande : c'est le choix que je fais.»
Il est vrai qu’avant le désaveu final de François Bayrou, une cinquante d’élus locaux centristes de cette France en désarroi avaient déjà signé leur soutien à François Hollande. Dans une lettre rendue publique, ils estimaient que le présidant sortant, surjouait un populisme de mauvaise augure. Ainsi, valeurs contre valeurs, ils donnaient leur préférence à celles professées par le candidat Hollande. Ils proclamaient d'ailleurs: « les centristes, les gaullistes sociaux, les démocrates et les humanistes devront dimanche prochain, comme tous les Français, faire un choix entre François Hollande et Nicolas Sarkozy. Si certains pouvaient encore avoir des interrogations au regard de tel ou tel point du programme des deux finalistes, la campagne indigne et écœurante menée depuis dimanche soir 22 avril par Nicolas Sarkozy ne peut que dissiper toute incertitude. Faisant ouvertement sienne une partie des thèses de l'extrême droite et surjouant une posture de "candidat du peuple" contre les élites en contradiction totale avec la politique fiscale injuste menée depuis 5 ans, le candidat de l'UMP transforme le deuxième tour de l'élection présidentielle non pas en une confrontation entre gauche et droite, mais en un choix "valeurs contre valeurs". (…) Alors, "valeurs contre valeurs", le 6 mai, nous voterons François Hollande et invitons tous les centristes, les gaullistes sociaux, les démocrates et les humanistes à lui apporter massivement leurs suffrages afin qu'il puisse affronter les problèmes de notre pays fort d'une large majorité et d'une puissante légitimité. »

Jamais 7 mai ne me parait aussi évocateur et fertile; le lendemain de la veille, le début d’une session d’été longtemps fixée par l’École nationale d’administration publique. En commençant le cours « Éthique et management public », l’éthique politique devrait être de cette question brulante à débattre avec les étudiants pour les amener à formuler leur autonome définition de cette chose proverbiale jamais inégalée, et si lamentablement copiée par celui qui devrait être alors l’ancien président français… Nicolas Sarkozy.


Rédigé par psa le 04/05/2012 à 01:00

La campagne délétère de Nicolas Sarkozy, devenue chaude et touchante aux frontières des idéaux du Front National, embrasse désormais tout ce qui s’y trouve : Oui, il y a trop d’immigrés en France. Jamais, chef d’État français des temps moderne n’a autant été en désespoir de cause… Perdu! Fini!


Après Débat… Fin des Ébats... Élysée Moi
Avant le premier tour, la campagne de Nicolas Sarkozy avait déjà des relents d’extrême droite. L’entre-deux-tours est pire encore. Arrivé derrière François Hollande le 22 avril, le président-candidat flatte comme jamais les 6,4 millions d’électeurs de Marine Le Pen, dont il a un ardent besoin pour remporter l’élection. Les thèmes qui intéressent le plus les Français – l’emploi, le pouvoir d’achat, les moyens de relancer la croissance – sont relégués au bas des discours. Nicolas Sarkozy fait avant tout l’apologie de la «nation», de l’identité nationale, du «mode de vie français». La question des frontières est devenue le «sujet majeur» de sa campagne.

La semaine dernière, Nicolas Sarkozy a choqué en affirmant que la présidente du Front national était «compatible avec la République». Hier, son ministre de la Défense, Gérard Longuet, a déclenché la polémique en déclarant au journal d’extrême droite Minute que Marine Le Pen est devenue un «interlocuteur» possible.

Le cordon sanitaire tendu par Jacques Chirac autour des dirigeants du FN se réduit en fil de soie.
Nicolas Sarkozy a aussi renoué avec les travers qu’il a voulu gommer en 2011. Il attise les divisions, dresse des catégories de Français les unes contre les autres. Un summum a été atteint lorsque le candidat a parlé du «vrai travail» , une expression qu’il a dû retirer, tant elle a mis son propre camp mal à l’aise. Nicolas Sarkozy a alors organisé une «vraie fête» pour célébrer le travail, l’effort, le mérite.

Au Trocadéro, suite aux interrogations d’une partie de la droite devant sa tactique, le président-candidat a quelque peu radouci son discours. Quittant les références nationalistes inspirées par Charles Maurras, il a largement cité Charles de Gaulle. Non sans renoncer à attaquer les syndicats, les exhortant à «poser le drapeau rouge et à servir la France».

Cette stratégie peut-elle fonctionner? Les électeurs du FN qui célébraient Jeanne d’Arc le même jour ne sont certainement pas dupes. Marine Le Pen a beaucoup ironisé sur cette «tendresse […] touchante» pour l’électorat frontiste. Elle appelle à voter blanc.

Reste le grand duel télévisé de ce soir. François Hollande, inamovible dans son statut de favori, ne devrait pas dévier de sa ligne, la nouvelle «force tranquille». Nicolas Sarkozy va jeter toutes ses forces dans la bataille. Ce serait l’ultime occasion d’aborder les «vraies» questions, afin de tempérer un tant soit peu cette campagne délétère. //////Catherine Dubouloz

Rédigé par psa le 02/05/2012 à 06:00

L’un voulait exercer le pouvoir, l’autre désire l’incarner autrement, maintenant que tout est possible. Le QG de campagne du candidat socialiste François Hollande n’a plus seulement les yeux rivés sur les meetings et le scrutin. En coulisses, le passage de relais présidentiel est soigneusement préparé. Cette équipe se définit autant sous les filtres du pouvoir de la Mitterrandie que sous les lustres du pouvoir de la Sarkozie. Un autre demain semble bien être possible pour la nouvelle Hollandie : le «Tony Blair», le «filtre», les «amazones».


Retour dans le futur: de Hollande à  Mitterrand
L’homme balaie la salle d’un regard. Furieux. Au pied de l’estrade des invités la semaine dernière au Grand Palais de Lille, Manuel Valls avait du mal à se contenir. Pas assez de militants nordistes. Une grande partie de l’immense salle restée vide, dans la ville de Martine Aubry, fief historique du socialisme français.
«Manuel scanne tout. Il est déjà sans son costume de ministre de l’Intérieur», ironise un responsable de l’équipe «François Hollande 2012», dont le maire d’Evry dirige la communication. L’affaire, d’ailleurs, est entendue. Manuel Valls, l’ex-candidat aux primaires, le «Tony Blair» français, s’est imposé comme le vrai patron du QG au détriment de Pierre Moscovici, directeur de la campagne en titre. «Pierre est un surdoué des concepts. Manuel un expert en logistique. Or une élection, ça se gagne sur le terrain», persifle un élu PS de Picardie.

Le mélange des genres est inévitable dans l’entourage du candidat socialiste. Chaque meeting, chaque déplacement, chaque prise de parole de l’adversaire de Nicolas Sarkozy est doublée, en coulisses, de prises de contact politiques, de tractations discrètes, de rapports confidentiels destinés à s’assurer, dès le 6 mai, de la maîtrise de l’appareil d’Etat si «François» est élu. Les personnages politiques clés de ce dispositif à double commande se nomment Alain Rousset, président de la Région Aquitaine chargé du pôle économie, Marylise Lebranchu, patronne du pôle élus, Jean-Yves Le Drian, chargé des questions de défense, Catherine Trautmann pour le pôle Europe. D’autres, comme l’ancien secrétaire général du PS, Maurice Braud, activent leur réseau international. Les notes pleuvent au fil des rendez-vous. Pour remonter ensuite jusqu’à Faouzi Lamdaoui et Stéphane Le Foll, respectivement chef de cabinet et principal collaborateur de l’ex-patron du parti.


«Girl power»
Faouzi Lamdaoui est «la» clé. Celui qui suit partout François Hollande, avec Christian Gravel, le jeune responsable des relations presse. Le premier, toujours tiré à quatre épingles, affable, charmeur, est surnommé «le filtre». Le second, plus décontracté, flegmatique dans la cohue des caméras et des micros, joue dans l’ombre une partition destinée à surtout mettre dans la lumière les séduisantes Aurélie Filipetti, Delphine Batho et Najat Vallaud-Belkacem, les trois «amazones» de la campagne. Les deux premières sont parlementaires, l’une en Moselle, l’autre dans les Deux-Sèvres où elle a succédé à Ségolène Royal. Toutes sont de la «génération Sego». Charmeuses. Conquérantes. «Girl Power» titre à leur propos les «Inrockuptibles».

Christian Salmon, spécialiste de l’image en politique, aime opposer le récit «long» de François Hollande, de la Corrèze à l’Élysée, au «24 heures chrono» de Nicolas Sarkozy. Le QG de campagne socialiste, lui, ne se pose pas ces questions. L’impression de placidité qui s’en dégage est contredite par l’organisation «au jour le jour». Un haut fonctionnaire proche du candidat confirme: «Le message, c’est: étape par étape. Surtout ne pas anticiper.» Un rôle très important est ainsi dévolu au «panel des élus de base», une centaine de conseillers municipaux, départementaux et régionaux chargés de sonder l’électorat. C’est ce panel qui, avant le premier tour, a décelé la montée du Front national. François Hollande a aussitôt été informé. Aurélie Filipetti confirme: «On est tout, sauf un QG de campagne hors-sol

Cette dernière est l’archétype de cette synthèse que François Hollande a su engendrer. En 2007, Ségolène était assaillie. Les éléphants du PS la snobaient. Najat Vallaud-Belkacem, à ses côtés, «sentait chaque jour la pointe des poignards». Aurélie Filipetti, passée depuis sur les bancs de l’Assemblée nationale, en a tiré les conclusions. Aux grands élus les travées VIP, les applaudissements des militants, les images-souvenirs des clips vidéos. A elle le soin de chauffer les salles, d’incarner le changement. «Hollande a ce qui manquait à François Mitterrand en 1981: des groupies intelligentes», ricane un diplomate socialiste. Lesquelles savent aussi donner à la campagne son ton festif.


«A la Mitterrand»
Le choix du décor, de la musique, des ambiances, est en effet décisif. Mitterrand, pour sa réélection en 1988, avait accepté que la chanson Un autre monde de Téléphone, ouvre ses meetings. En se bouchant les oreilles pour ne pas l’entendre… François Hollande l’a réclamé, «pour que les militants se souviennent». Tout en mélangeant les registres. Il a relu, avant le premier tour, tous les discours de l’ancien chef de l’Etat en 1981. Il a demandé à sa «plume», Aquilino Morelle, d’écrire «à la Mitterrand». Il s’est mis à agripper les pupitres «à la manière de…». Tout en faisant ce que Mitterrand détestait: passer du temps avec les élus, s’attarder, blaguer. «Un apparatchik qui aime les gens», résume un cadre du PS lillois.

La conquête du pouvoir est programmée en coulisses. Confiée à des experts reconnus pour leurs compétences. Jean-Yves Le Drian, président de la région Bretagne et pressenti comme futur ministre de la Défense, en est l’archétype. A tous, ce dernier indique que sa mission «s’arrête le 6 mai au soir». Tout en pointant l’agenda du prochain sommet de l’OTAN des 20 et 21 mai à Chicago. Les fêlures de la Sarkozie permettent en plus les «coming out». Jean-Pisani Ferry, le patron de l’institut Bruegel, ancien collaborateur de Dominique Strauss-Kahn, est à la manœuvre à Bruxelles. Jean-Pierre Jouyet, l’actuel président de l’Autorité des marchés financiers qui fut le ministre des Affaires européennes de Nicolas Sarkozy en 2008, intime de Hollande, est un «connétable» indispensable. Le plus frustré, dit-on, est Jacques Delors. Ce grand européen râle de ne pas être consulté ou, mieux, associé. «La vérité? Il est trop âgé pour le rythme de la campagne. On le perdrait en route», pique un cadre.

Le commun dénominateur de ces différentes équipes est le consensus. François Hollande, à chaque meeting, le rappelle aux élus qu’il rencontre. Il doit apparaître comme l’anti-Sarkozy. «Au fond, il a compris que sa mollesse supposée était son meilleur atout. Il veut incarner le compromis possible», explique un collaborateur de Manuel Valls. «Sa démarche n’est pas militaire, elle est collégiale. Il ne veut pas être le chef suprême», poursuit René Dozière, un autre élu picard. L’équipe Sarkozy, en 2007, avait été surnommée «la firme» pour son côté tribal, fermé, brutal. «Lui voulait prendre le pouvoir. Nous on veut l’exercer» conclut l’eurodéputée Catherine Trautmann. ///////// Richard Werly


Rédigé par psa le 27/04/2012 à 07:35

Hier s’en était allé de Bamako à Dakar, en exil forcé par un malheureux évènement du 22 mars 2012, Amadou Toumani Touré (ATT). Personnage charmant et agréable à vivre, ATT ne constitue pas moins une aberration démocratique, militaire qu’il fut, haut-gradé en inaction politique qu’il restera. Pour tout héritage laissé derrière lui, son pays est aujourd’hui divisé en deux, occupé dans sa partie septentrionale par des forces islamistes radicales, une fois identifiée clairement que le Mali constituait sous la gouverne d’ATT l’archétype du maillon faible d’une ligne de front qui se voulait pourtant vigilante contre la propagation du terrorisme international dans les difficiles dunes du Sahara africain. Au Québec, ATT a un cousin proche en incompétence politique, un tout aussi beau parleur et blagueur, un fort en contemplation et en déni des faits : Jean Charest. Indignation!


Eliana Minillo, Les uns et les autres
Eliana Minillo, Les uns et les autres
Arrivé au pouvoir aussi par le pur des hasards en piégeant son adversaire lors du débat pré-électoral, le Premier ministre du Québec règne sur une province gangrenée par un niveau de corruption politique jamais inégalé. Ici et là répandus dans l’espace politique québécois, les entremetteurs, les corrupteurs et les corrompus de tout acabit font la loi autour des projets gouvernementaux, des marchés publics et des élections clé-en-main.

« On est resté dans l’opposition pendant longtemps… il faut placer notre monde maintenant! » aurait déclamé une des personnes identifiées à ce douteux sérail. Tout y passe alors, et complaisamment : juges nommés, contrats accordés, ponts déchaussées, routes chaussées, garderies subventionnées, services démantelés, santé à-deux-vitesses institutionnalisée, séjours sur terre-et-mer dorés, avantages privés, richesses naturelles privatisées, coûts environnementaux collectivisés, cadeaux personnalisés, informations privilégiées, amitiés consolidées, départs du gouvernement rentabilisés, loi électorale étouffée, élus récompensés, etc.

Dès le début du mandat de Jean Charest –renouvelé par deux fois au moment où ses adversaires politiques étaient en grande réorganisation, le ferment pour faire croître la corruption à un haut niveau et remplir les caisses du parti au pouvoir était ensemencé : chaque ministre devait faire rentrer, annuellement, une somme déterminée par le Premier ministre lui-même dans les caisses du parti au pouvoir. Aucun dirigeant d’une République bananière ou celui d’un État manioceux n’aurait pu trouver mieux. C’est au Québec de Jean Charest que tout cela se passe ainsi.

Une décadence clé-en-main en démocratie
Mais alors, « Trop n’est jamais assez » pour faire la démonstration de l’incompétence politique dont on est porteur. Il faut identifier les plus vulnérables de la société et les cibler par une des politiques les plus abjects à l’ère de la mondialisation et du règne du savoir : tarifer les études et la scolarité. « Vous, enfants gâtés du Québec qui voulez étudier, vous qui ne pensez qu’à étudier au collège ou à l’université au lieu d’en sortir au plus s… et aller occuper les emplois précaires, vous les boutonneux et les bougonneux d’éternels insatisfaits, vous allez payer plus cher vos frais d’études. » Aussitôt pensés, aussitôt imposés dans le budget : ces frais déjà majorés de 100$ sur chacune des cinq dernières années ne connaitront pas de répit et seront désormais majorés de 325$ pour chacune de ces cinq autres et très prochaines années. Trop, c’est comme pas assez du tout!

Si 100$ de majoration lors des inscriptions à toutes les sessions de ces cinq dernières années ont pu passer, certainement que 325$ de plus à chaque occasion, sur les cinq années suivantes, devraient également passer. Ainsi raisonne-t-on dans tout un gouvernement au Québec, poussant l‘essentiel des étudiants des niveaux collégiaux et universitaires, particulièrement ceux et celles qui n’ont pas la chance d’être inscrits dans des établissements privés, d’aller en grève et d’y rester pratiquement depuis plus de deux mois.


Manifestations, affrontements, arrestations, menaces, injonctions, judiciarisation, et tout y passe jusqu’à la bonne vieille recette du Diviser pour régner: diviser les associations d’étudiants, cultiver la zizanie par des tactiques dilatoires; tout faire pour monter ceux qui ont les moyens de payer les hausses déraisonnables des frais d’études contre ceux qui seront obligés de s’endetter pour étudier, infantiliser astucieusement les étudiants contestataires et accablés dans une société où il est entendu que ce sont ces jeunes qui paient leurs études, généralement, en travaillant des heures durant en semaines et par temps de vacances scolaires. Diviser pour faire régner l’incompétence, la condescendance et la non-écoute.

À tout cela il faut dire non! Un gros Non citoyen!

C’est ce que font les étudiants pour la plupart. C’est ce que font les enseignants pour l’essentiel. C‘est ce que font les syndicats et groupes divers. C’est ce que les citoyennes et citoyens feront de plus, jeunes et vieux, en manifestant par solidarité dans les rues de Montréal ce dimanche 22 avril 2012.

Voilà ce que sont de nos dirigeants incompétents qui sévissent sans éthique sous tous nos cieux, minimisant et blaguant même sur leurs responsabilités. Vivement les élections pour mettre fin à ce mandat de trop de Jean Charest, un mandat cauchemardesque pour tous, un mandat qui a totalement perdu le nord de la bonne gouvernance, perdu son Plan Nord, mordu sa propre crédibilité. Vitement même, les élections.

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Rédigé par psa le 20/04/2012 à 18:32
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