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Pierre S. Adjété
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DAVOS… en continu point par point
Alors, capitalisme ou capitalisme d’état?
Plongée directe dans le grand bain ce mercredi matin avec un débat sur l’avenir du capitalisme. À ma droite, David M. Rubenstein, fondateur de la société d’investissement Carlyle, se montre pessimiste sur l’état de l’Occident. «Les pays émergents ont suivi ce qui se passait a l’ouest et commencent, depuis quelques années, à nous dépasser. Ils font même mieux que nous avec leur capitalisme d’état. Regardez ce qui se passe en Chine. Il y a davantage de jobs créés et de manière plus rapide que chez nous. Si nous ne réglons pas rapidement nos problèmes majeurs, comme celui de la dette, ce type de capitalisme risque de prévaloir.»
Une menace, ce capitalisme d’état? À ma gauche, Raghuram Rajan, professeur de finance à l’université de Chicago, le craint. «Je ne suis vraiment pas certain que ce capitalisme d’état fonctionne à long terme pour l’innovation, qui est le moteur de la croissance. En Chine, ce sont les petites structures, les petites entreprises, qui sont les plus innovantes, pas les grands groupes. Or, nous avons un sérieux problème à l’ouest car la demande glisse de plus en plus à l’est. Nos petites entreprises pourront-elles régater avec des entreprises d’état orientales? Pas certain. Pas certain non plus que celles-ci créent à long terme de la croissance.» Alors, quelle solution? Faciliter l’innovation à l’ouest, glissent les orateurs, aider les entrepreneurs et cesser de leur mettre des barrières. (Anouch Seydtaghia)


FMI: «Nous pouvons faire face aux dette»
L’un des plus hauts responsables du Fonds monétaire international (FMI) s’est déclaré confiant. Certes le problème des dettes des pays développés est gigantesque et totalement inédit mais le monde peut y faire face pour autant que tout le monde participe au sauvetage, pays avancés et pays en développement. (Pierre Veya)


Davos, situation financière
Interrogée sur la situation financière des banques et la solidité des emprunts publics, une majorité des participants d’une session de discussions (pour l’essentiel des banquiers) estime qu’elle est plus grave. L’Europe suscite toujours le plus grand scepticisme sur sa capacité politique a se reformer. La crainte est de vivre une récession de 10 ou 15 ans.

«18% des directeurs vont couper dans leurs effectifs»
Davos, hôtel Steigenberger Belvédère, 18h30. Attention à ne pas se tromper d’entrée dans l’hôtel, devenu le QG des réviseurs: Deloitte, PricewaterhouseCoopers et KPMG sont présents. Président de PwC, Dennis M. Nally présente, mains dans les poches, les résultats de son sondage annuel auprès de 1258 directeurs d’entreprise issus de soixante pays. Le tableau demeure sombre. «Il y a un an, 23% des directeurs annonçaient qu’ils allaient tailler dans leurs effectifs, aujourd’hui 18% disent qu’ils le feront dans les douze prochains mois», affirme Dennis Nally.
Seuls 15% des patrons interrogés pensent que l’économie mondiale va s’améliorer en 2012, alors qu’ils sont 40% à penser que le chiffre d’affaires de leur entreprise va augmenter durant l’année en cours. Il y a un an, cette proportion était de 48%. Bref, cela se gâte, et selon le responsable de PwC, plus de la moitié des directeurs s’estiment, d’une manière ou d’une autre, affectés par la crise de la dette.
Mais dans le sondage de PwC, effectué au troisième trimestre 2011, ne manque-t-il pas le regain d’optimisme enregistré à la toute fin de 2011 et durant les premiers jours de 2012? «Non pas du tout. De notre point de vue rien n’a changé, nos propres clients confirment d’ailleurs qu’il y a un mauvais climat actuellement», assure Dennis Nally. Et pourquoi les entreprises sont-elles plutôt positives dans l’évaluation de leur situation (beaucoup parlent d’engager des talents cette année) et négatives concernant la situation globale? «Les directeurs ont appris des crises précédentes, leur société est mieux armée face aux conditions actuelles, les sociétés réagissent plus rapidement», assure le responsable de PwC. (Anouch Seydtaghia)

Les thèmes de Davos
Le World Economic Forum de Davos (WEF) s’ouvre aujourd’hui avec deux thèmes qui dominent déjà dans la tête des participants: le risque de récession mondiale et la situation particulière de l’Europe. On attend beaucoup d’Angela Merkel qui, ces derniers jours, donne l’impression qu’elle est prête à bouger pour aider à la mobilisation des fonds nécessaires à l’Italie et à l’Espagne. Mais c’est évidemment la situation économique globale qui inquiète tout le monde, même si la Chine et l’Inde continuent de croître et semblent résolues à se lancer rapidement dans de nouveaux plans de relance si la situation devait se dégrader.
Bien entendu, le capitalisme est au centre des réflexions. A l’évidence, toutes les mesures de régulation annoncées en 2009 sont en discussion; les exigences de fonds propres pour les banques divisent encore et toujours les États.
Autre thème que l’on devine: la montée des inégalités qui discrédite les politiques publiques et met sous pression les chefs d’État mais également tous les décideurs économiques. A Davos, on ne décide de rien, on parle, on échange. «Espérons que les participants seront un peu plus optimistes à la fin du forum», faisait remarquer un cadre britannique d’une grande banque, surpris de voir autant de neige dans les Alpes suisses, «les Grisons», lui a-t-on fait remarquer, en posant le pied à Davos Platz. (Pierre Veya)


Rédigé par psa le 25/01/2012 à 05:44
Will Salisbury, Génocide Rwanda
Will Salisbury, Génocide Rwanda
En désignant l’enceinte du camp de la garde présidentielle, bastion du pouvoir hutu, comme le lieu d’où ont été tirés les deux missiles qui ont abattu l’avion du président Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994, les experts convoqués par le juge d’instruction Marc Trevidic ont secoué l’opinion française. Depuis une quinzaine d’années en effet, les ordonnances du juge Bruguière, largement relayées par des livres et des articles, avaient accrédité l’idée d’un attentat commis par le Front patriotique rwandais (FPR, pro-Tutsi), qui aurait ainsi déclenché le dernier génocide du siècle dernier.


Au lendemain de la communication du rapport d’expertise, qui exonère le FPR de cette accusation, les avocats des neuf personnalités rwandaises incriminées par le juge antiterroriste, Maîtres Lev Forster et Bernard Maingain, ont tiré les premières conclusions de ce revirement de l’enquête. La première, c’est qu’ils espèrent que leurs clients, de hautes personnalités du régime de Kigali, dont James Kabarebe, l’actuel ministre de la Défense, bénéficieront d’un non-lieu lorsque, après trois mois environ, toutes les conclusions du rapport d’expertise auront été tirées.

La seconde constatation, c’est que l’enquête sur le terrain a été minutieuse et complète: six lieux de tirs possibles ont été visités, 56 missiles ont été examinés avant que le SA-16 d’origine russe soit désigné comme l’arme du crime. Une arme sophistiquée, dont la manipulation exige plus d’une centaine d’heures de pratique. Ce constat rejoint déjà la remarque de l’un des avocats de la famille Habyarimana, qui a rappelé que les Forces armées rwandaises (FAR) n’avaient pas été formées au maniement de tels engins.

Le troisième point qui a frappé les avocats, c’est que la déconstruction de l’enquête du juge Bruguière est désormais entamée. Rappelons que le célèbre magistrat avait instruit uniquement à charge et refusé de se rendre sur le terrain, au contraire de Marc Trevidic qui fut longtemps son disciple. Cette déconstruction passe par la remise en cause des témoins, dont la plupart (comme Abdul Ruzibiza ou Emmanuel Ruzindana) se sont rétractés, mais aussi par le dévoilement des véritables réseaux de désinformation ayant opéré en marge de l’«enquête»: des universitaires comme André Guichaoua ou Claudine Vidal ont apporté leur caution scientifique, des journalistes comme Pierre Péan ont vulgarisé la version, tandis que de nombreuses pièces du dossier démontrent une totale proximité entre enquêteurs, témoins, traducteur et magistrat.

C’est ainsi que Pierre Payebien, l’enquêteur principal de Jean-Louis Bruguière, a utilisé comme traducteur Fabien Singaye, un ami de Jean-Luc Habyarimana (l’un des fils de l’ex-président) et beau-fils de Félicien Kabuga, le financier du génocide. Fabien Singaye avait été présenté à Pierre Payebien par l’ancien gendarme de l’Élysée, le capitaine Paul Barril, omniprésent dans les opérations de diversion (lire ci-dessous). Ce réseau de connivences, cet «enfumage» du dossier, suivant les termes de Me Maingain a d’ailleurs incité les avocats à déposer plainte pour «tentative d’escroquerie à jugement» et subornation de témoins.

Le rideau de fumée s’est étendu à la Belgique et Me Maingain a rappelé le rôle joué par le professeur anversois Filip Reyntjens qui aurait entre autres conseillé l’enquêteur Pierre Payebien et eu des contacts avec le colonel Bagosora à propos des missiles. Les manœuvres ne sont sans doute pas terminées: on peut s’attendre à de prochaines «révélations» sur de possibles infiltrations de combattants du FPR à l’intérieur même du camp Kanombe, ce bastion hutu, et Théogène Rudasingwa, ancien secrétaire général du FPR, en rupture avec le président Paul Kagame, ainsi que d’autres ex-rebelles accusés de corruption, retrouvent soudain la mémoire et revendiquent l’attentat.

Les avocats ont aussi tenu à rappeler que les dix Casques bleus belges massacrés au camp Kigali ont été parmi les premières victimes de la désinformation: c’est une source française qui avait désigné les Belges comme les auteurs de l’attentat… ////////////Colette Braeckman



Chronologie
6 avril 1994 Le président Juvénal Habyarimana est tué après deux tirs de missile contre son avion à Kigali.
Avril-juillet Génocide des Tutsis accompagné d’assassinats de Hutus modérés: 800 000 morts.
Juin-août Intervention française (opération «Turquoise»).
17 novembre 2006 A l’issue de son instruction, le juge Jean-Louis Bruguière met en cause le régime de Paul Kagame, le président rwandais.



Le griot qui voulait être roi

Analyse d’une ambition. Le chanteur Youssou N’Dour a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle sénégalaise. Depuis deux ans, il louvoyait. Youssou N’Dour, dans son boubou ciré de star planétaire, jouait tour à tour au futur président, au parrain des sociétés civiles, au manipulateur des foules extatiques, à l’arbitre des élégances politiciennes et au patron de presse influent.

Il avait dans un premier temps renoncé officiellement à une candidature déjà largement commentée dans les gazettes sénégalaises. «Je ne me présenterai pas. Si je le faisais, les Sénégalais mangeraient des pierres.» Il avait dit, il se dédit. Comme son adversaire, le chef d’État en exercice Abdoulaye Wade, qui longtemps avait repoussé l’hypothèse d’un troisième mandat et sera finalement en lice le 26 février prochain. Youssou au palais? Ultime tour de force d’un griot qui se voyait roi.


Youssou N’Dour a 52 ans. Il est un enfant béni de la Médina, l’un des quartiers les plus populaires de Dakar. Peu d’école mais une trajectoire artistique et humanitaire qui plaide pour lui. Lors de son annonce, sur sa propre chaîne de télévision, le chanteur a rejeté l’argument de son incompétence qui devrait encombrer sa campagne: «C’est vrai que je n’ai pas fait d’études supérieures, mais la présidence est une fonction et non un métier. J’ai fait preuve d’engagement, de rigueur et d’efficience à maintes reprises. A l’école du monde, j’ai beaucoup appris. Le voyage instruit autant que les livres.» Dans un pays où le premier président, Léopold Sedar Senghor, était un poète latiniste et où l’actuel se revendique «l’Africain le plus diplômé de son temps», difficile de dire si les miles de voyages autour du monde accumulés sur sa carte de crédit suffiront à convaincre l’électorat.


Même si la nouvelle de cette candidature n’a pas fait la première page des journaux sénégalais, reléguée souvent derrière la grève des transporteurs, la plupart d’entre eux prennent malgré tout au sérieux ce nouveau venu. Pour Amath Dansokho, renard sage de la politique dakaroise et ancien ministre septuagénaire, Youssou n’est absolument pas ridicule dans le rôle du présidentiable: «Quand je l’ai connu, il ne pouvait pas articuler une phrase en français. Mais il a fait beaucoup de progrès. Vous savez, cela fait longtemps qu’il est invité au G8, en tant qu’artiste bienfaiteur, alors que même le président Wade en est absent. Il a une expérience de la politique internationale. De toute façon, le pays est si déglingué que chacun a sa chance, même s’il ne va sans doute pas dépasser le premier tour

Le seul projet qui semble aujourd’hui fédérer l’essentiel de la classe politique au Sénégal, c’est celui de faire partir Abdoulaye Wade. Élu pour un premier mandat en 2000 en mettant fin à 40 ans de règne socialiste, le président est aujourd’hui un octogénaire népotique dont le régime ne cesse de se durcir. Fadel Barro, l’un des piliers du mouvement de contestation «Y’en a marre», accueille la candidature de Youssou comme toutes les autres: «Nous allons évaluer son programme et nous prononcer sur ses idées plutôt que sur son nom.» A titre personnel, il déplore la «désacralisation des institutions» que le régime de Wade a engagée. «Le président a fait croire que n’importe qui pouvait devenir n’importe quoi.» Géant du rap sénégalais, Didier Awadi se refuse à commenter la candidature d’un artiste que chacun considère au choix comme l’ambassadeur parfait de la culture sénégalaise ou un citoyen puissant dont il ne faudrait pas risquer la colère: «Il a le droit de se présenter. Encore faut-il un projet politique. La popularité n’est pas un gage de succès.»

Difficile de se figurer ce que Youssou N’Dour incarne au Sénégal. Depuis trente ans, sa voix accompagne la geste nationale. Il a été, pour les présidents successifs, une sorte d’allié objectif, griot impeccable aux louanges choisies – même pour Wade avant que des litiges autour d’une concession pour une chaîne de télévision n’obscurcissent une relation presque filiale. Youssou a créé des affaires à succès. Il a fait de la publicité pour presque toutes les marques d’importance dans le pays. Il a défendu des causes internationales, comme la lutte contre le sida ou le paludisme. Et surtout, il a réussi à mettre sur la carte ce pays sahélien.

En 1994, en duo avec Neneh Cherry, Youssou N’Dour était le premier artiste à mettre la langue wolof dans les oreilles du monde. A l’époque, l’Américaine Verna Gillis était sa productrice, elle se souvient d’un artiste au triomphe quasi messianique: «Il suffisait de se promener dans Dakar cinq minutes pour entendre la voix de Youssou. Je l’ai toujours vu comme un animal politique. Son premier disque s’appelait Nelson Mandela, il a souvent traité des questions sociopolitiques, comme dans sa chanson «Immigrés». Il a participé à des tournées mondiales pour le CICR ou Amnesty International. Il est engagé et articulé

Depuis que la plateforme d’opposition Bennoo n’a pas réussi à s’entendre sur un candidat unique, les annonces se multiplient ces derniers jours pour reprendre son siège à Abdoulaye Wade. Le journaliste Abdou Latif s’est lancé un instant, avant de se retirer faute d’argent: «L’éparpillement des voix n’est pas un vrai problème. Ce qu’il faut, c’est que Wade ne passe pas au premier tour. Ensuite, je suis convaincu que nous nous allierons tous contre lui pour le deuxième tour. Wade est incapable de mener cette campagne. Il a été évacué à Paris pour des raisons de santé. Il est gravement malade. Il nous faut du changement.» Agacé par une alternance politique ouverte il y a 11 ans et dont les résultats probants se font encore attendre, le peuple sénégalais pourrait être séduit par une option qui ne soit pas fondamentalement politique.

Hors des logiques partisanes, indemne des promesses non tenues et de la corruption massive qui touche tous les rangs de l’administration nationale, Youssou N’Dour joue sa partition. Celle d’un enfant prodigue, capable de chanter et de faire chanter. //////////Arnaud Robert


Rédigé par psa le 11/01/2012 à 22:05

Diplomatie Publique


Anna Lietti traduit 2011 en cet échange de correspondances entre le Vicomte de Valmont –toujours resté dans Paris, et son amie la Marquise de Merteuil en voyage au Château... Quel Château et où? Pas important du tout, juste un Château reculé et digne d’une retraite sans twitter! Comment le Baron de Déessequaz, un véritable « garde-baiser », s’est-il littéralement effondré devant la déesse Ophélie venue du si lointain Fouta? Œuvre de tant d’années en un jour de 2011 effacé? L’œuvre originale et très inspirante de Pierre Choderlos de Laclos, depuis le XVIII siècle, ces fameuses «Les liaisons dangereuses » (1782), se révèlent encore sous les traits du sieur Valmont et de dame de Merteuil. On gagne beaucoup à les écouter nous raconter le fait marquant de 2011… leur fait étonnamment marquant en ces Lettres recueillies dans une société et publiées pour l’instruction de quelques autres.


Adieu, cher ami. Vous me pressez de revenir, mais tous vos arguments me persuadent de rester.
Adieu, cher ami. Vous me pressez de revenir, mais tous vos arguments me persuadent de rester.


Le Vicomte de Valmont à la Marquise de Merteuil

Revenez, chère Marquise, revenez; Paris sans vous manque singulièrement de piquant. Que faites-vous, que pouvez-vous faire dans cette campagne reculée qui nous prive de vos attraits?

Tenez, gageons que vous n’y avez même pas été instruite des dernières aventures du Baron de Déessequaz. Quel balourd que cet homme-là! Souvenez-vous: il avait, dans le Nouveau Monde, brillé par ses talents d’argentier et nourri une renommée des plus flatteuses. La Cour n’attendait que son glorieux retour, sa fortune était faite. Las! Il réussit l’exploit de réduire à néant un si bel édifice. Et la cause de sa disgrâce, s’il vous plaît? Le troussage d’une domestique!

En vérité, mon amie, face à tant de gaucherie, je reste incrédule comme au premier jour: ce que ma main écrit, mon esprit peine à le concevoir. On m’explique qu’aux Amériques, l’honneur d’une femme de chambre vaut celui d’une marquise. A la bonne heure! En quoi cela empêche-t-il l’homme averti de trousser les marquises sans nuire à sa -réputation?

Mais j’abrège car jusqu’ici, l’affaire vous est connue. Voici la suite. Rentré à Paris en homme libre quoique humilié, M. de Déessequaz retrouvait peu ou prou une prestance. La Baronne a du bien, assez pour assurer à la maisonnée un train de vie et une fidèle compagnie. Au reste, l’on dit que des deux, c’est elle qui aspirait le plus ardemment aux honneurs de la Cour.

Mais voici que le scandale frappe de plus belle. D’abord, on a vu s’épancher, à la une des gazettes, la fureur de certaine demoiselle de Banon, une blonde à la bouche en bouton de rose dont la douceur apparente n’a d’égale que la rudesse qu’elle met à accabler notre homme; ce «cochon», ce «babouin» qui, profitant d’un entretien pourtant arrêté sous les auspices de la stricte moralité, a forcé sa pudeur, dit-elle, au point qu’elle n’a trouvé son salut que dans la fuite. Le piquant de l’affaire est que la scène s’est produite voici huit ans. La belle dit s’être tue par crainte du scandale, sur conseil de sa mère.

Mais l’outrage subi de nuit en nuit la hante…

La demoiselle réclame aujourd’hui justice. Elle risque fort à s’exposer ainsi et j’avoue que ce mélange d’audace et de fragilité éveille ma curiosité. Il faut que j’aille ausculter la créature d’un peu près. Au reste, la réconcilier avec la gent masculine serait un acte de pure charité. Je m’engage à me faire moine si je n’obtiens tout le contraire de notre babouin: la conclusion, sans les protestations.

Mais revenons au récit des exploits de M. de Déessequaz. Car je ne vous ai encore pas dit le plus fort. Après la demoiselle outragée, c’est le rabatteur de filles de joie qui achève de souiller la réputation de notre homme. Tout Paris se délecte ces jours des circonstances d’une affaire, dite «du Carlton», où il est question de maquereaux de haut vol, de leurs immanquables bons amis dans la police et d’une poignée de puissants amateurs de parties fines. Notre baron en est et devinez quels arguments il avance pour sa défense?

Concédant un penchant pour les soirées «libertines», il jure ses grands dieux que ses compères, grands ordonnateurs de ces voluptés collégiales, l’ont tenu dans l’ignorance de l’origine de leurs participantes. N’est-ce pas effroyable? Le pauvre croyait avoir affaire à d’honnêtes femmes du monde, aspirant au plaisir glorieux de se faire trousser par un si grand homme. Il n’a eu que des putains et ne s’est aperçu de rien, ce qui, soit dit en passant, ne fait que me renforcer dans ma conviction: les femmes d’esprit ne sont pas là où l’on croit.
Adieu, ma belle amie, et à très bientôt: il me tarde de rire avec vous des déboires de ce vieux débutant.


Paris, ce 20 décembre 20**

Jeff Koon, Ballon Dog
Jeff Koon, Ballon Dog
La Marquise de Merteuil au Vicomte de Valmont


Vous voulez rire, Vicomte, quand l’heure est à pleurer. Votre récit m’a mise de méchante humeur et je vous en veux de votre légèreté. Un monde s’effondre et vous riez. Rirez-vous encore quand je vous rappellerai que ce monde est le nôtre, et que nous sombrons de concert?

Ainsi, M. de Déessequaz se prétend «libertin». Quelle tristesse. Quelle imposture. Voyez à quoi ce mot-là est réduit. L’autre jour encore, dans la pauvre gazette qui abreuve cette campagne, une réclame vantait les charmes d’une auberge reconvertie dans la spécialité. La «soirée libertine» s’achète comme on achète, au marché, la livre de saucisse. Le bourgeois emmène là sa bourgeoise pour se désennuyer du spectacle de ses fesses, auxquelles il tient pourtant à rester marié. Ça veut de l’imprévu, mais pour Dieu! Ça ne souffre aucun risque.

Ou alors, ces tristes assemblées qualifiées de «coquines» voient parader des hommes comme votre baron: des notables à l’esprit de conquête ramolli par le peu de nécessité qu’ils rencontrent à l’exercer. Des rustauds qui confondent séduire et prendre, qui s’empiffrent de femmes jusqu’à l’indigestion et comptent sur leur prestige pour renouveler le garde-baiser.

Tenez, Vicomte, ce mot que je viens d’inventer, je vous le dédie. Je sais que le gourmet que vous êtes en fera un usage judicieux car en ces matières, notre philosophie s’accorde. Séduire est un art et rares sont ceux qui peuvent se flatter de le maîtriser. C’était vrai hier comme ça l’est aujourd’hui, mais au moins, dans le monde où nous avons brillé, abondaient les candidats à la virtuosité. Tandis qu’en ce jour funeste où je vous écris, les quelques maîtres restants ne trouvent plus d’apprentis.

«Libertin», dit-il. Quelle prétention. Sait-il seulement que la discrète confrérie que ce mot désigne jamais ne s’en réclame? Qu’elle met sa gloire à faire trembler l’édifice des bonnes mœurs, non à conforter celui du vice réglementé? Non, Vicomte, le Baron de Déessequaz n’est pas seulement maladroit. Il déshonore ceux à qui il prétend ¬ressembler.

Adieu, cher ami. Vous me pressez de revenir, mais tous vos arguments me persuadent de rester. Il n’est pire ennemi d’une femme que le soupçon d’être passée de mode. D’une femme, dis-je, mais vous, qu’en dites-vous?

Du château de…,
ce 22 décembre 20**




Rédigé par psa le 28/12/2011 à 15:00
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Comme la Tunisie s’était annoncée en décembre 2010 avant de marquer l’année 2011, la Russie frappe déjà à la porte de 2012. Une Russie sans Poutine, c’est Poutine Dégage que clament les manifestants dont le vieux Mikhaïl Gorbatchev. Il y a des révolutions qui ont besoin d’être complétées; elles sont partout où l’éthique reprend ses droits, ici et là où les politiques ne peuvent penser tromper leur peuple éternellement. Non, l’éthique n’attend pas !


2012... la Russie, les Autres et l’Éthique
À la grande liste des rendez-vous qui nous sont déjà donnés -Sénégal, France, États-Unis et autres, vient s’ajouter la Russie de la « Russie Unie » de Vladimir Vladimirovitch Poutine. Une Russie assidûment trompeuse de ses propres citoyens au point de penser que les gens ne voient pas la supercherie et l’indécence du retour aux affaires de Poutine, après son temps de bluff comme Premier ministre de son ami et postiche Medvedev.

L’homme de la Pérestroïka, Gorbatchev n’a pas hésité depuis le début de la contestation à joindre sa voix à celle de la population russe, nombreuse à demander que les voix des citoyens soient mieux entendues, depuis les élections frauduleuses du début de ce mois de décembre. Quelques jours seulement après ces élections frelatées, des manifestations étaient orchestrées par un bloggeur, avocat et tribun implacable, Alexeï Navalni, pour canaliser la contestation, particulièrement à Moscou. C’est bien depuis lors que Gorbatchev comme d’autre dont l’écrivain Boris Akounine et même l’ancien ministre des finances de Poutine lui-même Alexeï Koudrine ont donné leur soutien aux contestataires. La répression qui s’est abattue sur les manifestants ne semble pas avoir découragé le rêve de ces citoyens russes voulant à tout prix et au prix fort le départ de l’imposteur Poutine.

C’est encore Gorbatchev, Prix Nobel de la Paix, qui résume mieux la situation dans sa sortie sur les ondes d’une radio privée de Moscou : «Je conseillerais à Vladimir Vladimirovitch de partir maintenant. Il a déjà fait trois mandats: deux en tant que président, un en tant que Premier ministre - trois mandats, ça suffit !» Dans les rues de Moscou, on entendait bien ce samedi : « trois mandats c’est trop ! », «des législatives anticipées», «libération des prisonniers politiques», etc. Comme l’on pouvait s’y attendre, l’exaspération contre Poutine est plutôt vaste et largement partagée.

C’est en cela que le règne de l’Éthique ne fait que commencer. Mieux vaut bien faire les choses avec respect et honnêteté que de se la faire dire par les autres, par la rue pratiquement. La perspective noble du bien commun n’a jamais quitté l’espace public, contrairement à ce que pensent les dirigeants : on ne peut tromper impunément les peuples. À Québec, Jean Charest a passé une année à nier la corruption dans le domaine de la construction avant de se résoudre à y faire face sous la pression populaire ; encore là, il a utilisé tout les astuces pour échapper à une véritable commission qui s’occuperait de la chose adéquatement. Vainement, puisque le bon vieux peuple a fini par lui faire rendre gorge.

À Paris, notre ami Sarkozy a cru bon ficeler des lois de dernières minutes pour rendre punissable de lourdes peines la contestation du génocide arménien ; quelques voix des Arméniens de France dans les futures élections présidentielles pourraient faire du bien… Mais la contestation et la validité même de la supercherie –visible de loin car cousue de gros fils blancs dans un décor assez sombre de résultats sarkozystes faibles et trompeurs, se trouvent à semer la zizanie dans les rangs de son propre camp, en plus de donner l’impression aux spécialistes que le projet passerait difficilement les tests de la constitutionalité. Devant un Barack Obama affaibli, à Washington DC, nos autres amis les Républicains par leur volonté de blocage à tous les coups, finissent par lasser la population, déjà, et redonner progressivement de l’oxygène au président américain restés proche des mesures favorables à la classe moyenne étatsunienne. Le vieux Abdoulaye Wade, Gorgui, se fait adouber comme candidat à sa propre succession –pour un troisième mandat svp, alors qu’il lui est désormais impossible de soutenir un discours cohérent pour un temps relativement long… Retraite, Wade connait pas ! Il aurait un plan pour le Sénégal, un plan pour son fils, Karim Wade, diront ses adversaires… l’éthique peut attendre.

Justement, l’éthique n’attend pas ! La moquerie politique ne peut avoir raison de la dignité des peuples. C’est bien pour cela que de Londres à Lomé, d’Ottawa à Ouagadougou, de Madrid à Moscou l’heure est effectivement au bien ; au bien dire, au bien faire, au bien communiquer, au bien public inaliénable : la dignité et la liberté qui jamais n’ont fatigué les peuples au grand désespoir de Francis Fukuyama, celui-là même qui nous avait promis « i[la fin de l’histoire
»… Non, ce n’est qu’un début ! C’est pour tout cela que 2012 ne semble pas bien s’annoncer pour notre ami Vladimir Vladimirovitch Poutine. Celui-là même qui pensait avoir une combinaison gagnante pour revenir au pouvoir… impunément en contournant les règles éthiques qui demeurent au-dessus des lois.





Rédigé par psa le 24/12/2011 à 16:32

Le seul pouvoir connu de la fragilité demeure toujours l’écoute. L’écoute de soi, l’écoute des autres, l’écoute de son environnement… l’écoute. C’est aussi cela Noël… Bon à écouter!


Daniel Robinson, Fragilité
Daniel Robinson, Fragilité


Une nouvelle version de la banalité du mal est à l’œuvre dans nos sociétés, dit la philosophe et psychanalyste française Julia Kristeva, qui la décèle dans «l’automatisation en cours de l’espèce humaine». De nos jours, elle se loge par exemple dans certains automatismes que génère la soumission à des contraintes auxquelles l’homme ne peut plus échapper, comme la performance au travail, l’urgence ou la compétitivité. On la voit à l’œuvre dans l’injonction «réussis ou crève» qui semble flotter dans l’air du temps. Elle est aussi perceptible dans la difficulté à tenir compte des ressources limitées de la planète.

Elle a pour corollaire une culture de l’éphémère, une perte de la mémoire longue, une hyperactivité effrénée qui nous rend incapables de réfléchir, et une communication souvent vide de contenu. Nous vivons à l’époque de la performance insignifiante, dit le philosophe italien Fabio Merlini dans un livre récent -L’époque de la performance insignifiante, Éditions du Cerf. La machine tourne à vide. La désorientation est totale. Cette situation engendre des souffrances et des protestations que l’on aurait tort d’ignorer.

Il est peut-être utile de tourner nos regards vers cet enfant né dans une étable au sein d’une famille pauvre. Sa vie et sa mort sur une croix ont été à l’origine d’une nouvelle civilisation qui a engendré, sans toujours parvenir à les respecter, des valeurs altruistes précieuses et pacifiantes. Noël est le symbole du pouvoir de la fragilité. En effet, plus qu’une faiblesse, elle est une force. Car ce n’est qu’en se reconnaissant vulnérable que l’être humain peut créer les conditions de sa survie, et travailler à un monde plus équitable, moins violent et plus respectueux des ressources disponibles.

La fragilité sauvera-t-elle le monde, pour paraphraser Dostoïevski? Ce n’est pas certain, tant il est évident que l’homme a de la peine à tirer des leçons de ses erreurs, comme le montrent les catastrophes nucléaires. À vrai dire, nous n’avons plus d’autre choix que d’écouter notre vulnérabilité.///////////// Patricia Briel


Rédigé par psa le 24/12/2011 à 00:55

Plusieurs milliers de femmes ont défilé mardi soir au Caire pour protester contre le pouvoir militaire et la manière dont il traite les manifestantes. L’image d’une jeune fille frappée et dénudée par les soldats lors des derniers affrontements a choqué bon nombre d’Egyptiens.


Les Égyptiennes se fâchent

La place Tahrir est plongée dans le noir. Il est à peu près 19 heures mardi soir quand le cortège de femmes arrive sur la place centrale du Caire, qui a été le théâtre de la révolution égyptienne, et qui est devenu depuis un mois le lieu d’affrontements à répétition entre les manifestants et les forces de l’ordre.

Depuis le début de la nouvelle vague de violences, il y a six jours, l’éclairage public ne fonctionne plus sur la place, comme pour intimider les protestataires. Mais cela n’empêche pas les quelque 4000 femmes présentes de donner de la voix. «Où sont les soldats? Les filles d’Égypte sont ici!» crient-elles, rageuses. Des femmes de tous âges et de tous les milieux sociaux. Voilées en grande majorité, certaines en niqab, d’autres cheveux au vent. «Frapper des femmes, les traîner par terre, ce n’est pas acceptable, on ne peut pas laisser passer ça. Ceux qui font ça, ce ne sont pas des hommes!» s’exclame Faiza, une femme au foyer de 42 ans. «Le Conseil militaire des forces armées accuse la contre-révolution pour les violences, mais c’est lui-même qui est à la tête de cette contre-révolution


La fille en bleu

De chaque côté du cortège de femmes, une ligne d’hommes qui se tiennent la main, pour les protéger. Le 8 mars dernier, elles n’étaient qu’une centaine à manifester sur la place Tahrir pour défendre leurs droits, un mois seulement après la chute de Moubarak. Elles avaient été violemment attaquées par des dizaines d’hommes. Cette fois, elles ont été beaucoup plus nombreuses à répondre à l’appel du Mouvement du 6 avril et des supporters de Mohamed ElBaradei (l’ancien président de l’AIEA). On parle de la plus grande manifestation de femmes en Égypte depuis la révolution de 1919, quand elles défilaient contre l’occupant britannique.

«J’ai vu les images de cette fille tabassée, traînée par terre et dénudée. C’est pour cela que je suis descendue dans la rue», explique Ingi, un manager de 33 ans. L’image de celle que l’on appelle désormais «la fille au soutien-gorge bleu», tourne en boucle depuis trois jours sur les réseaux sociaux, et a poussé bon nombre de femmes présentes mardi soir à manifester. «Il faut remettre les choses dans leur contexte», s’était contenté de déclarer lundi lors d’une conférence de presse le général Emara, l’un des membres du Conseil suprême des forces armées, à propos de l’incident.

Certaines féministes se demandaient mercredi si cette manifestation était le signe d’un «réveil» des femmes. Les Égyptiennes ont eu un rôle essentiel dans le soulèvement de janvier. Elles n’ont pas seulement nourri les révolutionnaires et soigné les blessés, elles ont participé, malgré les risques, à toutes les manifestations, et pour certaines ont mené la bataille aux côtés des hommes face à la police et aux baltaguis, les hommes de main du pouvoir. Mais après cet épisode héroïque, elles ont été peu nombreuses à s’engager dans les nouveaux partis politiques.


Pour les élections, chaque liste électorale a l’obligation d’intégrer une femme, mais les rares candidates sont le plus souvent en toute fin de liste, dans des positions non éligibles. «Comme nos compagnons de lutte masculins nous ont écartées des mouvements créés dans le sillage du soulèvement, nous avons décidé d’avoir notre propre organisation, pour faire entendre notre voix», explique Dina Abu el-Soud. Avec une vingtaine d’autres femmes qui ont participé au soulèvement, cette trentenaire a créé au printemps dernier la Coalition des femmes de la révolution. «Changer les mentalités, cela va prendre des années. Mais cette manifestation nous donne de l’espoir.» Nina Hubinet


Rédigé par psa le 21/12/2011 à 21:04
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La responsabilité de chaque pays résolu à «aller de l’avant» est engagée. Ce n’est pas à Bruxelles, mais dans les capitales et dans les parlements, que se jouera, dans les semaines à venir, la crédibilité politique de la réponse à la crise


Euro: Un Élan et des Doutes
David Cameron est donc reparti plus isolé que jamais. Au bout de la nuit, le premier ministre britannique a choisi d’entamer le virage, risqué, d’une marginalisation de son pays au sein de l’Union européenne. Une décision à vrai dire peu surprenante, tant la volonté allemande d’imprimer une culture de stabilité, basée sur des règles communes plus strictes et une intégration budgétaire affirmée, contredit le souverainisme des conservateurs britanniques. Il est trop tôt pour mesurer l’impact de cet «opt-out» sur le fonctionnement futur de l’UE.

Le flou s’est ensuite installé. Au final, les vingt-six autres pays membres pourront rejoindre, courant 2012 ou après, le traité qui donnera naissance à «l’Union pour la stabilité», autour du noyau dur de l’Eurozone. Mais la liste, on le sait, reflète des situations ambiguës. La Hongrie, criblée de dettes et de populisme, est imprévisible. La République tchèque, où le ressentiment anti-européen est exploité par son chef d’État, a malmené le Traité de Lisbonne. La vertueuse Suède, toujours hostile à modifier les traités, s’interroge.

Les pays de l’Eurozone, et ceux qui sont engagés à la rejoindre, doivent dès lors se préparer à des débats de fond. Car le traité intergouvernemental envisagé aura, pour tous, des conséquences bien au-delà des «règles d’or». L’obsession allemande est de tout faire pour que l’Europe de 2020-2025 soit compétitive dans la mondialisation. Ce qui suppose des efforts nationaux considérables, difficiles à imposer dans le débat démocratique.

La responsabilité de chaque pays résolu à «aller de l’avant» est engagée. Ce n’est pas à Bruxelles, mais dans les capitales et dans les parlements, que se jouera, dans les semaines à venir, la crédibilité politique de la réponse à la crise. Les dirigeants concernés, à commencer par Nicolas Sarkozy en campagne électorale, ont mis sur les rails une nouvelle Union, avec un calendrier. Ils doivent maintenant défendre, devant leurs opinions, les institutions communautaires qui restent les mieux équipées pour faire respecter la discipline. Et justifier les inévitables concessions de souveraineté qu’entérinera le nouveau traité.///////Richard Werly


Rédigé par psa le 10/12/2011 à 06:01
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