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Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Actuellement fonctionnaire dans l’administration fédérale canadienne, PSA est partisan du « Grand Pardon » et adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




Chantre d’un franc CFA au service du développement, Kako Nubukpo est devenu plus qu’un symbole. Jusqu’à ce dimanche où il a cru bon de publier un Communiqué de presse inutilement autoaccusateur. Très rapidement, les commentaires ont germé pour semer le doute sur l’excès d’excuses du professeur d’économie… Avant tout, lisons le Communiqué de Presse de Kako Nubukpo…


Sauver le Soldat Kako...
Sauver le Soldat Kako...



Communiqué


Suite à mes propos relayés par la presse, faisant suite à une conférence-débat sur le Franc CFA que j’ai animée à l’université de Lomé le 24 mai 2017, je tiens à effectuer un certain nombre de clarifications :
Le thème de la conférence était relatif à un ouvrage collectif paru en octobre 2016, sous ma co-direction, intitulé « Sortir l’Afrique de la servitude monétaire : à qui profite le Franc CFA ? ».


Le public concerné par la conférence était celui des étudiants de la faculté des Sciences Économiques et de Gestion (FASEG) de l’université de Lomé, dans le souci de contribuer à développer leur esprit critique sur des questions économiques d’actualité.

Cette conférence s’inscrivait dans la suite de celle donnée quinze jours auparavant au sein de la même Faculté, par le Directeur National de la BCEAO pour le Togo, sur le thème du Franc CFA.


Je trouve regrettable et déplorable que la presse et des participants non universitaires se soient faits l’écho dans les médias et les réseaux sociaux, à des fins non avouables, de certains de mes propos sortis de leur contexte.

En particulier, dans mes propos, je faisais état d’une hypothétique requête formulée à l’endroit du Chef de l’État togolais par son homologue ivoirien, afin de me relever de mes fonctions ministérielles entre 2013 et 2015, suite à mes interventions critiques sur le franc CFA.

Même si le traitement journalistique de mes propos me paraît fortement sujet à caution, il n’en demeure pas moins que j’ai expressément cité leurs noms sans preuve formelle, et je le regrette profondément.


Une certaine partie de la presse togolaise, qui s’est faite largement l’écho de ces allégations, devrait prendre conscience de sa responsabilité dans le maintien d’excellentes relations entre la Côte d’Ivoire et le Togo et faire preuve de retenue dans le compte rendu d’un exposé à caractère exclusivement universitaire.

Je tiens également à rappeler aux professionnels de l’amnésie, que c’est le Président de la République togolaise, Son Excellence Faure Essozimna GNASSINGBE, qui a fait de moi un ministre de la République, et c’est également grâce à lui que j’ai pu être le candidat des quinze pays de la CEDEAO au poste de Commissaire de l’Union Africaine, chargé des Affaires Économiques, pour ne citer que deux des nombreux actes qu’il a régulièrement posés pour assurer ma promotion, ce dont je tiens à l’en remercier.

Aux Présidents Faure Essozimna GNASSINGBE du Togo et Alassane OUATTARA de Côte d’Ivoire, que j’ai malencontreusement mis en cause dans les propos que j’ai tenus, je tiens à exprimer mon profond regret et je leur présente mes excuses les plus sincères.


Fait à Lomé, le 28 mai 2017

Professeur Kako NUBUKPO
Agrégé des Facultés de Sciences Économiques


kako_nubukpo_communique.pdf Kako NUBUKPO Communiqué.pdf  (305.11 Ko)


Mot à Maux


Rédigé par Pierre S. Adjété le 28/05/2017 à 23:19



Sous la bannière de la démocratie, «Il faudra peut-être songer un jour à couper les deux bouts de l’omelette pour que les gens raisonnables gouvernent ensemble et laissent de côté les deux extrêmes qui n’ont rien compris du Togo» disons-nous, aujourd’hui encore, pour paraphraser Alain Juppé. C’est aussi cela l’échec de Faure Gnassingbé : n’avoir pas su réconcilier le Togo en un tour de mandat, n’avoir pas su succéder à son père autrement que par la continuité d’une gouvernance désuète en brutalité et en clientélisme ; n’avoir jamais su précipiter le Togo dans la modernité.


Tout change... Les hommes passent
Tout change... Les hommes passent



Les jours passent, et le Togo recule désespérément. Comme dans l’éducation des enfants, les citoyens aussi apprennent par l’exemple de leurs dirigeants. Obnubilé par les friandises du pouvoir, Faure Gnassingbé ne fait pas exemple ; il n’a jamais su quoi faire de noble, et de déterminant, à la tête du Togo. Le résultat est lamentable : une douzaine d’années pour rien, et même la destruction du dialogue sociopolitique entre toutes les solitudes togolaises. Le Togo reste figé !

Mais la question togolaise n’est pas une question de division ethnique ou d’antagonisme politique. Le problème togolais est celui, clair et sans équivoque, centrale et sans extrême, de la compétence politique et de l’audace républicaine. Faure Gnassingbé ne possède ni l’un ni l’autre ou n’en a donné la preuve suffisante, douze années durant.

À l’école du pouvoir, aux côtés de son père Gnassingbé Eyadema, Faure Gnassingbé n’aura manifestement retenu que le mutisme, la tromperie et la brutalité en politique, en plus de ne pas aimer la contradiction jusque dans son prétendu cercle de confiance. En ces temps nouveaux, il faudra beaucoup plus que la distribution de l’idolâtrie encapsulée pour servir le Togo. Tout bouge partout. Le Togo ne peut échapper au permanent changement des choses et des êtres.


La démocratie sauve… Le temps presse… Le monde change

En politique, rouler et enfariner ses adversaires est une voie non pérenne, sans aucune issue et avec nul lendemain. Autant, manquer d’arguments et n’exhiber que la force de sa position transforme, très rapidement, les proches en aplatis courtisans et en fieffés Adowuinon. D’ailleurs, tout le monde se rabat sur le Togo pour des affaires et des choix de carrière, non pas parce que le Togo va bien, mais parce qu’il y a à manger jusqu’à confondre ventres et tambours.

Faure Gnassingbé a échoué de restituer la dignité humaine aux Togolaises et aux Togolais, en comparaison avec les peuples frères voisins du Bénin, du Burkina Faso et du Ghana. Un peuple à dignité bafouée est un peuple en colère. Dans les circonstances, le meilleur service à offrir à Faure Gnassingbé est de lui faire la démonstration que son pouvoir n’a d’avenir que dans l’audace de la renonciation aux indolences de l’inaction et de l’indécision, et au profit d’un appel franc et sincère au Grand Pardon ; lequel reste un acte éthique d’humilité, plutôt que de simples paroles incantatoires.

Le modèle togolais de renaissance reste à inventer. Pour autant, il ne s’agit pas de réinventer la roue : tant d’exemples existent à nos portes mêmes. L’avenir du Togo est probablement hors de vision de Faure Gnassingbé qui ne semble plus être partie lié au pays qu’il dirige. Le modèle togolais à assumer reste dans l’engagement de Faure Gnassingbé à passer à l’histoire aux côtés du peuple togolais lui-même. Aucune autre issue n’existe. Le salut de Faure Gnassingbé réside dans son adhésion, sans restriction aucune, à la démocratie pure, toute la démocratie, rien que la démocratie au Togo. Le monde a changé. Depuis lors, seule la démocratie peut sauver durablement.

Du Nord au Sud, dans l’opposition comme dans les rangs de son parti auquel chacun adhère rien que pour se protéger de la brutalité du régime et pour se sucrer le bec, Faure Gnassingbé doit concevoir que l’avenir réside dans la dissidence et dans le courage de la transgression des règles obsolètes d’un Togo périmé. Le temps presse. Faure Gnassingbé doit se rendre à l’évidence que c’est à lui de s’adapter au Togo qui bouillonne de partout, et non demander le contraire. Tous ces bruits grinçants que tout citoyen entend, c’est le Togo Faure Gnassingbé qui se déboulonne. Immanquablement, un autre Togo se lève.



togo_quoi_faire.pdf Togo Quoi faire.pdf  (321.83 Ko)


Silence


Rédigé par psa le 17/05/2017 à 00:00



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