Profil
Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Actuellement fonctionnaire dans l’administration fédérale canadienne, PSA est partisan du « Grand Pardon » et adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




Le jeu vaut bien l’audace
Le jeu vaut bien l’audace
Dans ce pays où tout est possible en bien et rien n’est impossible en nuisance, il faut prendre le temps de s’arrêter et dire Bravo et Merci à ceux qui savent faire la différence. Au-delà de la partie visible de l’iceberg, c’est un travail de géant que vient d’abattre l’équipe des démissionnaires de la Fédération Togolaise de Football (FTF) pour venir à bout de l’innommable pratique qui s’était installée à la place d’une gestion professionnelle de l’instance dirigeante du Sport-roi. Il fallait de l’audace dans le contexte togolais. Et il fallait particulièrement un sacré culot pour porter le tout au grand jour, avec méthode et efficacité, sans tomber dans les pièges des querelles de personnes. C’est ce chemin que Tino Adjété a ouvert en décembre 2005 par une lettre solidement ficelée, pour ne pas laisser la place à aucune autre interprétation ni détournement de sens.
Il faut le dire, pendant longtemps au Togo, pour peu que les maladresses des uns pouvaient fragiliser leur noble cause, les autres n’hésitaient pas à se nourrir de desseins machiavéliques pour anéantir le messager et son message. Tino a su bien faire les choses en secouant les fondements de cette malfaisance relayée et consolidée par des courtisans de tout acabit. Il a gardé les yeux rivés sur l’objectif, réadapté sa stratégie sans la confondre avec sa propre personne, faire des alliés, résister au salissage dont la plus spectaculaire a été faite auprès du Premier ministre Edem Kodjo, au temps chaud du Mondial 2006, après que le même besogneur de bas étage eu tenté vainement de le corrompre en lui proposant de se faire rembourser « Ses dépenses ». « Que vous ai-je vendu? », « Vous aurais-je donné une facture de quelques dépenses pour accepter paiement de votre part? » sont certaines des réponses que l’entremetteur avait reçu de Tino.
Tino avait une occasion qu’il a su transformer au profit du football togolais. Son abnégation face à l’isolement dont il avait fait l’objet n’avait d’égal que sa détermination lucide qui a fini par convaincre d’autres à se joindre à lui, plus tard, dans le désaveu complet que méritait bien Rock Gnassingbé. Il faut, encore et de nouveau, lever toute équivoque. Ceci n’est pas une guerre Anti-Gnassingbé. Et il faut avoir le courage de faire le parallèle pour saisir la portée du travail audacieux initié pour changer les choses à la FTF : Autant Faure Gnassingbé –malgré ses erreurs de départ, a été aidé par l’amateurisme légendaire de l’opposition togolaise, autant Rock Gnassingbé a subit la rigueur du professionnalisme dénonciatif de Tino Adjété. Le fait est rare dans le paysage togolais où, faute de repère exemplificateur, tout le monde s’improvise capable de tout, sans aucune appropriation du métier politique, sportif, communautaire, etc. La diaspora togolaise ou ce que nous considérons comme tel, n’échappe pas à cette improvisation. Ce qui rend tout à fait exceptionnel l’œuvre de ceux qui réussissent à nous faire avancer, à faire avancer tout un pays sur le chemin du mieux faire.
Il n’y a pas de propos peu ou trop élogieux, aujourd’hui, à adresser à Tino Adjété. Il y a lieu de restituer les choses dans leur pleine dimension, puisque la FTF et sa mal gouvernance sont souvent réduites à une question de « Primes aux joueurs »; cet aspect n’étant qu’une conséquence, triste, d’une plus grande dérive administrative, totalement irrespectueuse d’aucune règle. Et cela pouvait durer si personne n’ouvrait et ne maintenant la fronde comme Tino l’avait engagée, courageusement, dans la fameuse lettre de décembre 2005 adressée à Rock Gnassingbé, avec copie au président du Comité olympique togolais, au Premier ministre togolais et au Président de la République togolaise ainsi qu’une lettre de relance, six mois plus tard, en avril 2006. C’est cet homme de terrain, ce praticien du travail bien fait, cet aimable citoyen, cet amoureux de la juste mesure que Rock Gnassingbé à appelé ce samedi 6 janvier 2006 pour, dira-t-il, « (...) te présenter mes voeux de bonne année». Le Rock lui-même, appelant Tino en rigolant et en lui demandant si les gens qui font désormais équipe avec lui savent bien qu’ils auront à faire à un homme rigoureux. La suite de l’histoire est du genre convivial et instructif.
C’est ce coté instructif qui me fait prendre plume pour dire ma satisfaction à Tino, mais aussi ma fierté de Togolais pour ce qu’il a fait faire comme pas, important, au football de ce pays. Persuadé, je le suis, qu’il sera réélu. Et dans l’équipe nouvelle où il officiera comme Trésorier général, il trouvera l’occasion de contribuer adéquatement au développement du football et de la jeunesse togolaise.
Même si tu te demandes s’il ne vaut pas mieux te consacrer davantage à Agaza FC, pour l’audace de ton travail, Merci Tino!



Ad Valorem


Rédigé par psa le 08/01/2007 à 00:00