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Il va falloir s’entendre un jour là-dessus et en convenir le plus largement possible au Togo : la formation d’un espace politique crédible devient essentielle et cette démarche nécessite une véritable créativité, loin des expériences partisanes mises en œuvre jusqu’à maintenant. La course vers la division politique qui s’est engagée au Togo depuis si longtemps, et avec des crocs-en-jambe réguliers, doit réellement s’inverser au profit d’une délibération qui ne pourrait se permettre de faire l’économie des acteurs et des idées. Il en est désormais ainsi, d’autant plus que les différents cercles concentriques du pouvoir politique ont réellement montré leur limite, individuelle et collective, en échouant littéralement d’imaginer, de concevoir et de redéployer avec enthousiasme, compétence et respect, un Togo moderne à la place de celui qui fait si mal aux citoyens et reste toujours sujet à controverse. Après tant de gaz lacrymogène et de confusion, c’est probablement en forçant le coffre-fort des égoïsmes que la classe politique paiera la dette d’un autre Togo aux citoyens.
Une classe politique dénudée
Le dernier avatar de cette descente vers le bas, le lieu diviseur commun, réside dans l’incapacité de ce qui reste de cette opposition active qui n’arrive pas à reconnaitre explicitement la dette qu’elle a envers les citoyens du Togo, celle de dépasser ses clivages d’antan, afin d’accéder à une véritable refondation consécutive au naufrage définitif de Gilchrist Olympio; ce qui n’est pas rien dans le paysage politique togolais. En soi, l’hypothèque Gilchrist Olympio levée sur l’opposition togolaise à travers l’éclatement de sa bulle longtemps gonflée à l’égoïsme, c’est à une redistribution des rôles que cette opposition se doit de procéder, en mettant de côté les dissensions passées et en capitalisant sur les données nouvelles. Oui, la classe politique du Togo a une dette vis-à-vis des citoyens!
Contrairement à l’histoire mythique de l’homme le plus fort qui ait existé, Samson –et Gilchrist Olympio était exagérément fort au plan politique togolais compte tenu de la particulière histoire du Togo et avant qu’il n’ait succombé au charme dalilahesque du « partage du pouvoir », il est désormais clair que les cheveux qui faisaient sa force ne sauront jamais repousser pour réhabiliter la capacité d’action porteuse du changement longtemps attendu de ce fils du seul président démocratiquement élu dans l’histoire du Togo.
Le temple politique togolais ne disparaitra donc pas avec un quelconque retour en force de Gilchrist Olympio. Sa décision de regagner précipitamment Faure Gnassingbé, plutôt que de perdre pied et contrôle sur son parti, est purement erratique, réactive et orgueilleuse, en plus d’être clairement rejetée par la frange de la population au nom de laquelle il prétendait redéfinir une nouvelle stratégie d’action politique –chose dont il n’a jamais été capable dans toute son aventure en politique, un domaine qui est loin de correspondre à ses réelles capacités... N’est pas politicien qui veut!
Le Togo politique survivra alors, mais autrement, au très couteux pèlerinage terrestre de Gilchrist Olympio en politique; les Togolaises et les Togolais doivent donc agir en conséquence, ramasser tous les pots cassés, remettre de l’ordre dans le décor politique togolais, décloisonner et aérer tout l’espace pour dissiper la fumée de la confusion politique semée. Un nouvel ordre social se doit de naitre au Togo. Et c’est justement la gouvernance actuelle du Togo qui, plus que tout autre, doit ouvrir le jeu politique dans la bonne foi.
L’art de répéter la solution connue… la décrispation
Le parcours sinueux vers des lendemains meilleurs au Togo, un pays vrai, appelle très sérieusement un changement d’approche. En réalité, c’est un véritable changement de paradigme qu’il faut désormais à la classe politique togolaise dans son ensemble, afin d’éviter les récurrentes erreurs du contrefacteur aux yeux rivés sur le seul modèle qu’il connait et qu’il tente de reproduire la tête baissée, oubliant les évolutions ambiantes et les inévitables subtilités. Tant il est désormais vrai au Togo que : tous les partis politiques que l’État peut curieusement dissoudre, démembrer, ignorer et reconfigurer à sa guise n’offrent plus le cadre idéal pour penser un Togo d’avenir au profit des citoyens de plus en plus exigeants qui ne trouvent toujours pas satisfaction et ne débordent pas d’enthousiasme dans l’équipe dirigeante traditionnelle et ses nouveaux alliés. Cela ne veut nullement dire que le salut existerait en dehors des partis politiques non plus. Le mal togolais sort de l’ordinaire et est tenace. Quoi faire alors?
Commencer par le commencement! Faire le service politique minimum pour commencer. Un pas à la fois, et le premier pas est celui de la décrispation, celui de la détente politique, de la relaxation même, pourquoi pas de la décontraction et du répit, du respect, de la diplomatie, la diplomatie des petits pas; juste un coup de téléphone d’abord, une conversation à la fois, une conversation pour voir... Ce pays a soif d’autre chose que de l’orgueil de ses acteurs politiques.
En effet, que Faure Gnassingbé appelle Jean-Pierre Fabre et dans une certaine mesure Agbéyomé Kodjo –son ami dans un passé pas si lointain, a partie liée avec le dégel politique au Togo et la suite des choses.
Le plus sérieusement du monde, il faut convoquer la bonne foi au service du Togo. Il faut oser le Togo différemment : risquer et oser l’éthique politique au service du Togo. Il faut essayer autre chose que ce qui a été mise en œuvre jusqu’à maintenant, ces dernières années surtout, et le faire dorénavant dans la bonne foi et le respect des adversaires et des citoyens du Togo. Introduire l’humanisme dans la démarche.
C’est bien connu : les chefs d’État sont des personnes désespérément seules face aux contradictions du pouvoir que leur donne l’autorité de leur fonction et l’hypocrisie, voire les intérêts inavoués des sollicitations qui sont à la source de leurs décisions. Les chefs de partis politiques ne sont pas à l’abri d’une telle situation. Au service du Togo, il faut se donner les moyens francs d’écouter le Togo, bien loin des complaisances et des fréquentations habituelles. Et la bonne foi suggère fortement que le destin du Togo ne commencera à changer que lorsqu’un signal humainement fort et vrai sera donné : le chef d’État togolais, Faure Gnassingbé, doit prendre la responsabilité d’appeler ses vrais adversaires, inopinément mais franchement et sans réserve mentale, pour mettre en branle un processus vers un vrai dégel politique.
En l’état actuel du paysage politique togolais, c’est véritablement un geste de décrispation politique qui serait fondateur d’un nouvel horizon. En effet, appeler Jean-Pierre Fabre et introduire une nouvelle perspective de solution politique et de délibération reste toujours une nécessité. Par la suite seulement, un groupe de travail ou une commission sous l’autorité d’une personne de grande envergure politique servira de cadre à une écoute formelle des uns et des autres, dans un délai raisonnable, pour ensuite faire rapport public, transparent et indépendant assorti de recommandations. Il est réellement temps d’agir pour débloquer le Togo, réinitialiser le Togo, redémarrer définitivement le Togo.
L’inaction politique coute cher au Togo; la tromperie politique et l’absence de bonne foi aussi. C’est à cela que s’apparente clairement le bilan politique après toutes ces dernières intempéries dont le rapprochement Faure Gnassingbé – Gilchrist Olympio; une véritable diversion qu’aucun Togolais n’a trouvé drôle jusqu’à maintenant ni réparatrice du structurel déficit démocratique et dialogique qui caractérise le pays. La question du Togo, sa problématique, ne saurait être individualisée ou confisquée pour prétendre répondre aux besoins de tous les autres citoyens.
Mieux que quiconque, Faure Gnassingbé sait qu’il est loin du compte politique et n’a pas encore tenu sa promesse de réconciliation vis-à-vis des Togolaises et des Togolais. C’est désormais l’urgence de maintenant qui prévaut, et le Togo se doit de remplir cette obligation historique : forcer le coffre-fort des égoïsmes de tous les acteurs politiques et changer fondamentalement le destin du Togo.
Le vrai Togo attend au bout des pas de chacun, au bout des responsabilités partagées du nouveau camp présidentiel et d’une opposition nouvelle refondée. Après tant de revers communs, tant de déceptions nationales et tant d’indifférences internationales, après tant de gaz lacrymogène, après tant de courses poursuites et d’arrestations, après tant de jets de pierres et de sable, après tant de prières et de marches, après tant de procès et de condamnations, après tant d’accords et de décrets, il faut bien que nous guidions nos propres pas vers un processus collectif d’apprentissage qui rendrait possible le vivre-ensemble démocratique au Togo. Nous le ferons en réinventant notre propre diplomatie, celle de la décrispation avec nos véritables adversaires politiques, ceux et celles que l’on ne choisit pas toujours, et que le seul souci d’un autre Togo recommande fortement. Pourvu que la bonne foi y soit cette fois-ci!
Togo.Diplomatie-de-la-décrispation.pdf
(283.69 Ko)
Rédigé par psa le 01/09/2010 à 08:00
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Dernier round pour Bernard Kouchner? Annoncé comme victime probable du prochain remaniement, le ministre des Affaires étrangères a assuré ce jeudi «avoir combattu pour la survie» du Quai d'Orsay durant ses trois ans et demi à sa tête, et justifié sa priorité au développement du «soft-power» culturel français dans le monde, lors de la conférence annuelle des ambassadeurs.
Alors que deux de ses prédécesseurs et d'anciens secrétaires généraux ont jugé que les moyens d'action du Quai d'Orsay ont été progressivement rognés, Bernard Kouchner s'est défendu contre «quelques critiques répétées, parfois un peu lourdes». «Je vais vous dire combien j'ai combattu pour la survie de ce ministère. La critique est facile mais l'art est difficile», a-t-il dit. Il a invité à «comparer avec les autres ministères», estimant que le Quai d'Orsay «a été mieux traité».
Selon une tribune parue dans le quotidien Le Monde mercredi et signée de trois anciens secrétaires généraux du Quai d'Orsay, François Scheer, Bertrand Dufourcq et Loïc Hennekine, «l'outil s'amenuise d'année en année jusqu'à parvenir à un point critique». Le budget du ministère représente moins de 0,2% du produit intérieur brut (PIB) et ses 140 centres culturels «fonctionnent grâce à une dotation comparable à celle du seul Opéra de Paris», écrivent-ils. Ils fustigent «l'aveuglement» dans les nouvelles baisses de crédits et d'effectifs imposées.
«Ne croyez pas que vous avez été abandonnés, au contraire»
Début juillet, deux anciens ministres des Affaires étrangères, Alain Juppé et Hubert Védrine, avaient appelé à arrêter «l'affaiblissement sans précédent (des) réseaux diplomatiques et culturels de la France». Bernard Kouchner a répondu à ces critiques en rappelant sa loi adoptée en juillet portant création de «l'Institut français» chargé de mieux coordonner l'action culturelle à l'étranger. «Il faut lui donner les moyens de sa légitimité», a-t-il plaidé.
Cette réforme du «soft-power» français a été en 2010 «peut-être le plus grand chantier et le plus difficile», a-t-il confié, notamment parce qu'«il fallait convaincre les agents de ce ministère». Rappelant que la loi place les opérateurs de l'action extérieure sous l'autorité des ambassadeurs, il a lancé à ceux-ci: «Ne croyez pas que vous avez été abandonnés, au contraire.»
Soft Power
PS : Le modèle de Soft Power est d’essence britannique, correspondant au flegme de plusieurs de ses citoyens dans l’espace public, des artistes et écrivains en passant par des politiques. En matière diplomatique, le Soft Power a été remis au goût du jour par Joseph Nye en 1990, professeur à Harvard. Naturellement, le Soft Power s’oppose au Hard Power, la diplomatie par la contrainte et la force.
Rédigé par psa le 27/08/2010 à 00:45
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Il est difficile de ne pas donner écho à cette lettre de notre compatriote et ami Komdedzi Kofi Folikpo détenu illégalement à la maison d’arrêt de Lomé. Les conditions de détention de Kofi et de ses milliers de compagnons d’infortune sont inhumaines et suffisamment révoltantes pour être gardées. La publication large de son message, une Lettre ouverte, est surtout un geste de soutien envers notre infortuné compatriote. Il est temps de Libérer Komdedzi Kofi Folikpo. Celui-ci crie son désarroi dans cet appel à tous.
Conditions de détention de Folikpo à Lomé… Épouvantables!
Lettre ouverte de K.K. Folikpo au HCDH depuis la prison civile de Lomé
Lomé, le 19 Aout 2010
Monsieur le Directeur,
Je viens respectueusement en ma qualité de prévenu de la maison d’arrêt de Lomé protester de vive voix auprès de votre noble Institution contre les conditions de détention déshumanisantes et épouvantables que je vis au quotidien depuis quelques jours ensemble avec plus de 1.700 codétenus.
En effet, j’ai été arrêté le 11 aout 2010 en plein jour dans la rue et déféré à la maison d’arrêt de Lomé le vendredi 13 aout 2010 de manière rocambolesque sous le motif d’accusation mensonger et fallacieux « d’outrage envers des agents » et attends avec Patience le jour de mon jugement.
Je partage une cellule de 45m2 environ avec plus de 63 détenus de toutes catégories (condamnés, prévenus, dossiers en Instruction) et issus de toutes les couches sociales et de toutes les origines ethniques. Cette cellule appartient à un vieux complexe immobilier datant de l’époque coloniale allemande et française, puis complété par un immeuble récent de taille modeste. Elle sert à la fois de dortoir, de salle à manger, et de salle de séjour.
Elle n’est équipée ni d’installations sanitaires propres et décentes, ni lit ou de couchette sur laquelle dormir, et encore moins de placards pour nos effets vestimentaires et personnels.
Deux grands contenants en plastique sont placés chaque nuit au milieu de la cellule pour collecter l’urine et les matières fécales nocturnes à la main pour tous les détenus de la cellule. Ceux-ci doivent évacuer chaque matin ces matières fécales et l’urines dans les latrines collectives extérieures selon un plan de corvée qu’ils doivent établir eux-mêmes.
La collecte nocturne de l’urine et des matières fécales se fait à tour de rôle par 9 codétenus qui doivent se tenir debout en rang toute la nuit sur l’aile gauche, sur l’aile droite et au fond de la cellule (échappement dans le jargon carcéral en raison de sa chaleur torride) de 17heures 30 à 6heures au lendemain matin.
L’entretien quotidien de la cellule est assuré par les détenus eux-mêmes à travers un simple coup de balai suivi d’un nettoyage rudimentaire du sol avec de l’eau mélangée avec du détergent en poudre (Soklin, omo, etc...) et de la javel.
Puisque notre cellule à l’instar de toutes les autres cellules de la maison d’arrêt de Lomé n’est pas dotée de lit ou de couchette, des nattes sont déroulées chaque soir peu avant 17 heures et chaque détenu s’y couche pour toute la nuit (17 heures 30 à 6heures au lendemain matin). Soit sur flanc gauche ou soit sur son flanc droit selon le schéma en annexe (Prière de se référer au schéma en annexe). Tous les détenus se lèvent naturellement chaque matin avec des courbatures et des torticolis.
Et puisque notre cellule à l’instar de toutes les autres cellules n’est pas dotée de placard pour nos effets vestimentaires et personnels, ces effets sont entassés dans des sacs en toiles et en plastique qui sont ensuite accrochés au dessus de nos têtes à des clous enfoncés de manière rudimentaires dans les murs. Le risque naturellement évident lié à cet état de choses est la rupture, brusque et inattendue de ces sacs pesant généralement 3kg à 15 kg pour s’écraser sur nos têtes pendant le sommeil !
Notre cellule n’est équipée non plus d’aucun système de communication (sonnette d’alarme, interphone, etc.) relié avec le/les postes de surveillances de la prison et un détenu qui a le malheur funeste de piquer une crise de santé en pleine nuit a toutes les chances de mourir fatalement dans la cellule aux cotés des autres détenus totalement désarçonnés !
Toute l’institution carcérale ne dispose par ailleurs d’aucun système de haut-parleurs extérieurs pour faire passer des annonces ou pour inviter les détenus à rencontrer au portail principal celles et ceux qui leur rendent visite.
Les détenus ont donc mis courent régulièrement entre le portail principal et les différents endroits de la maison d’arrêt afin de permettre aux détenus de rencontrer leurs visiteurs. Ce service interne coute 300F CFA à 500F CFA (selon les humeurs des crieurs et des portiers) pour chaque détenu, présente le grand risque de collision violente et mortelle entre les coursiers ambulants et les autres détenus entassés dans l’espace exigu de la cour de la prison.
Il importe par ailleurs de revenir sur l’état des lieux internes des cellules pour souligner que notre cellule ne dispose d’aucun système pour faire évacuer convenablement les gaz respiratoires rejetés toute la nuit par tous les détenus enfermés dans la cellule. Les 9 codétenus qui se tiennent debout de 17 heures 30 à 6 heures au lendemain matin pour collecter l’urine et les matières fécales sont donc tenus de ventiler à la main toute la cellule au moyen de larges éventails fabriqués de manière artisanale par les détenus eux-mêmes avec de vieux cartons et des sacs de riz.
Le « régime » alimentaire quotidien proposé par l’Administration pénitentiaire repose sur un seul « repas » par jour. Ce « repas » consiste habituellement en 3 boules de « Gbokaya/ bokaya » qui est une sorte de pâte dégelasse de maïs grossièrement moulu et accompagnée d’une sorte de bouillon insipide sans viande ni poisson et habituellement appelé « sauce claire ». Deux autres « repas » quotidiens proposés parfois par l’Administration pénitentiaire consiste en deux poignées de farine de manioc (communément appelée « Gari ») ou de deux poignées de haricot sec préparé sans huile ni condiment.
Cette situation insupportable oblige la quasi-totalité des détenus à veiller eux-mêmes à leur régime alimentaire équilibré et sain en demandant à leurs proches parents vivant à Lomé et dans ses environs de leur amener à manger chaque jour leur repas équilibré, ou à préparer eux-mêmes à ciel ouvert leur repas équilibré et propre dans la cour très exiguë de la maison d’arrêt.
Les conditions d’hygiène sont des plus épouvantables que je n’ai personnellement jamais vues dans d’autres pays du monde que j’ai déjà eu l’occasion de visiter. Pour une Institution carcérale initialement conçue pour 600 détenus au maximum mais abritant actuellement plus de 1.700 détenus, il existe en tout environ une trentaine de latrines publiques et 4 salles de douche publique d’environ 20 mètres carrés pour chacune.
Cette situation a pour conséquences immédiates une insalubrité dégoutante et généralisée ainsi qu’une violation insupportable de l’Intimité sexuelle des détenus !
Le liste des conditions épouvantables de Détention à la Maison d’Arrêt de Lomé (et sans doute dans les autres maisons d’Arrêt du Togo) est très longue et ne peut pas être étalée in extenso dans la présente Lettre Ouverte.
Mais il serait très salutaire pour tous les 1.720 détenus environ actuellement embastillés dans la Maison d’Arrêt de Lomé et pour une image honorable du Togo sur le plan international que des solutions idoines, rapides et humaines soient apportées dans les jours et semaines à venir aux différents problèmes cruciaux évoqués plus haut dans la présente Lettre Ouverte.
Je compte très fermement sur votre Diligence à entreprendre assez rapidement toute Action pragmatique susceptible d’apporter les Solutions souhaitées, et compte également sur votre Autorité morale à transmettre la présente Lettre Ouverte à Qui de Droit.
Je tiens à exprimer du fond du cœur toute ma gratitude à vous-même et à tous les Fonctionnaires du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’Homme tant au Togo qu’à Genève (SUISSE) pour toute l’Assistance précieuse que vous m’avez apportée depuis mon Arrestation rocambolesque le 11 août 2010 à Lomé.
Je saisis par ailleurs cette occasion particulière pour exprimer à toutes les concitoyennes et à tous les concitoyens tant de Nationalité suisse que de nationalité togolaise ma sincère Gratitude et Reconnaissance pour tout le soutien matériel et moral qu’ils n’ont cessé de m’apporter de diverses manières depuis le 11 Août 2010.
Je vous prie humblement de trouver ici, Honorable Monsieur le Directeur, l’expression de mes cordiales salutations et mes sentiments de Respects.
K. Kofi FOLIKPO (M.A., Dipl. Inform. UNI)
Prison civile de Lomé
Adresse privée en Suisse
Badstrasse 15
5400 Baden (Suisse)
Adresse privée au Togo :
Rue des Jones
Lomé-Togo
Tel : 906 59 28
E-mail : kofi.folikpo@weto-communication.com
Ampliation :
1-Siège du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, Genève (SUISSE)
2-Département Afrique de l’Ouest du Comité International de la Croix Rouge (CICR), Genève (Suisse)
3-Organisation Internationale de lutte contre les Crimes contre l’Humanité TRIAL (« Track Impunity Always »), Genève (Suisse)
4-Amnesty International, Section Suisse, Berne (Suisse)
5-Presse Privée Togolaise et Internationale
6-Collectif des Associations en Lutte Contre l’Impunité (CACIT), Lomé (Togo).
7-Commission Nationale des droits de l’Homme (CNDH), Lomé (Togo)
8-Ligue Togolaise des Droits de l’homme (LTDH), Lomé (TOGO)
9-Ministère Togolais des Droits de l’Homme, Lomé (Togo)
Rédigé par psa le 22/08/2010 à 03:33
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Diplomatie Publique
Le 1er août 1960, à zéro heure devant le Palais des Gouverneurs à Porto-Novo, en présence d’une foule immense, joyeuse et enthousiaste, Hubert Maga 1er ministre proclame solennellement l’indépendance du Dahomey. Le nouvel emblème national Vert Jaune Rouge est hissé au mât sous les ovations d’une population en délire venue des quatre coins du pays. 101 coups de canon tonnent. Comme l’exprime si bien le titre de l’hymne national écrit par le Père Gilbert Jean Dagnon, une « Aube Nouvelle » commence. L’heure de la responsabilité a sonné pour tous les citoyens à quelque niveau de l’échelle sociale qu’ils sont. Depuis, 50 ans, soit un demi-siècle, sont passés avec de nombreuses péripéties. Radioscopie de ces dates, 50 au total rassemblées pour la circonstance par Ephrem Quenum, avec un recul par rapport à la période récente. Ces dates marquent des événements majeurs qui ont jalonné la marche du peuple vers la prospérité. En rappel, nous faisons un ajouts de la liste des différents présidents du Bénin, toute appelation confondue; ce qui n'a pas empêché le Bénin d'être un modèle de démocratie dans l'espace francophone africain. Bonne fête Bénin !
Armand Pascal Aniambossou, Et quand le peuple se lèvera
1 1er août 1960 : proclamation de l’indépendance du Dahomey.
2 22 septembre 1960 : admission du Dahomey aux Nations Unies.
3 26 novembre 1960 : Adoption par référendum de la 1ère constitution.
4 11 décembre 1960 : Hubert Maga est élu 1er président de la République – élection de la 1ère Assemblée nationale législative.
5 28 octobre 1963 : Chute du régime de Hubert Maga et fin de la 1ère République. Le pouvoir est exercé par le colonel Christophe Soglo.
6 19 janvier 1964 : Sourou Migan-Apithy et Justin Ahomadégbé sont élus Président de la République et Vice-président.
7 22 décembre 1965 : chute de la 2e République : le général Christophe Soglo, chef d’État-major des Forces armées dahoméennes prend le pouvoir.
8 17 décembre 1967 : les jeunes cadres de l’armée renversent le gouvernement du général Soglo. La direction du pays est assurée par le lieutenant-colonel Alphonse Alley.
9 17 juillet 1968 : Suite à l’annulation du résultat des élections présidentielles de mai 1968, le Dr Emile Derlin Zinsou, désigné par les militaires est investi Président de la République.
10 10 décembre 1968 : Chute du gouvernement du Président Zinsou, victime du coup d’état du Colonel Maurice Kouandété.
11 12 décembre 1969 : un Directoire Militaire comprenant les lieutenants- colonels Paul Emile de Souza, Benoît Sinzogan et Maurice Kouandété dirige le pays.
12 3 avril 1970 : Annulation des élections législatives et présidentielles pour cause d’irrégularités. Le Directoire appelle la classe politique et leurs 4 leaders à former un gouvernement d’union nationale. Le Dr Emile Derlin Zinsou refuse la proposition ; Maga, Apithy, Ahomadégbé l’acceptent.
13 7 mai 1970 : Investiture du Conseil présidentiel composé des trois leaders. Hubert Maga est le 1er à occuper le poste de Président du Conseil présidentiel, chef de l’Etat, chef de gouvernement.
14 7 mai 1972 : Début du mandat de Justin Ahomadégbé Tomètin à la tête du Conseil présidentiel.
15 26 octobre 1972 : Fin du régime du Conseil présidentiel; proclamation de la Révolution par le chef de bataillon Mathieu Kérékou.
16 30 novembre 1972 : Publication du Discours Programme de Politique Nouvelle d’Indépendance Nationale.
17 30 novembre 1974 : Adoption du Socialisme Scientifique comme voie de développement basée sur le marxisme-léninisme.
18 30 novembre 1975 : le Dahomey change de nom et devient République Populaire du Bénin. Le nouveau drapeau est le vert frappé dans l’angle supérieur gauche d’une étoile rouge à cinq branches – Création du Parti de la Révolution Populaire du Bénin. Désormais la fête nationale est fixée au 30 novembre, appelée les Trois Glorieuses, à savoir 30 novembre 1972, 30 novembre 1974, 30 novembre 1975.
19 16 janvier 1977 : Échec de l’agression militaire contre le Bénin.
20 29 juin 1977 : Mgr Bernardin Gantin créé Cardinal par le Pape Paul VI.
21 30 décembre 1978 : Démarrage des émissions de la télévision.
22 4 février 1980 : Installation de l’Assemblée nationale révolutionnaire. Ignace Adjo Boco élu président du Comité permanent.
23 17 février 1982 : Première visite du Pape Jean-Paul II au Bénin.
24 15 au 17 janvier 1983: Visite de François Mitterrand, président de la République française.
25 7 décembre 1989 : Abandon de l’idéologie marxiste-léniniste.
26 19 février 1990 : Ouverture de la Conférence nationale des forces vives ; Mgr Isidore de Souza est élu président.
27 27 février 1990 : Nicéphore Soglo élu 1er ministre du gouvernement de transition par la Conférence.
28 28 février 1990 : Clôture de la Conférence. Le président Mathieu Kérékou prend l’engagement à faire mettre en œuvre de manière réaliste toutes les décisions issues des travaux. La période du renouveau démocratique est née.
29 1er mars 1990 : La RPB devient la RB ; à nouveau le drapeau national est vert, jaune, rouge.
30 27 mars 1990 : Investiture de Nicéphore Soglo comme 1er ministre par le Haut Conseil de la République (Hcr) ; formation du gouvernement de transition.
31 2 décembre 1990 : adoption par référendum du projet de constitution qui
instaure un régime présidentiel et le multipartisme intégral.
32 11 décembre 1990 : Promulgation de la nouvelle constitution par le Président de la République.
33 17 février 1991 : Organisation des premières élections législatives du renouveau démocratique ; 23 partis politiques participent au scrutin pour les 64 sièges à l’Assemblée nationale.
34 10 mars 1991 : 1er tour des premières présidentielles du renouveau démocratique.
35 24 mars 1991 : 2nd tour entre M. Kérékou et N. Soglo ; ce dernier remporte le scrutin avec 67,5% M. Kérékou obtient 32,5%.
36 4 avril 1991 : investiture de Nicéphore Soglo, 1er président de l’ère du renouveau démocratique – formation du gouvernement provisoire.
37 7 avril 1991 : Installation de l’Assemblée nationale.
38 29 juillet 1991 : formation du 1er gouvernement de Nicéphore Soglo.
39 3 au 5 février 1993 : 2e visite de Jean-Paul II. Le Pape rencontre les dignitaires de l’islam à Parakou et les adeptes du culte vodoun à Cotonou.
40 7 juin 1993 : Installation de la première Cour Constitutionnelle.
41 28 mars 1995 : 2e élections législatives.
42 1er décembre 1995 : Visite officielle au Bénin du président français Jacques Chirac.
43 Du 2 au 4 décembre 1995: VIe Conférence des chefs d’État et de gouvernement ayant le Français en partage.
44 3 et 18 mars 1996 : 1er et 2e tour des présidentielles : Mathieu Kérékou remporte le scrutin avec 52,49% contre 47,51% pour Nicéphore Soglo.
45 8 avril 1996 : Formation du 1er gouvernement Kérékou avec 18 membres ; Me Adrien Houngbédji est nommé 1er ministre.
46 8 mai 1998 : Démission de Me Adrien Houngbédji du poste de 1er ministre et des trois ministres membres de son parti, le Prd.
47 13 mars 1999 : Décès de Mgr Isidore de Souza, archevêque de Cotonou, ancien président de la Conférence nationale, ancien président du Hcr.
48 8 mai 2000 : Décès de Hubert Maga, 1er président du Dahomey indépendant.
49 6 avril 2006 : Investiture à Porto-Novo du Dr Boni Yayi, 3e président de l’ère du renouveau démocratique.
50 22 mai 2008 : Obsèques du Cardinal Bernardin Gantin à Cotonou. Le gouvernement béninois décide de donner son nom à l’aéroport international de Cadjèhoun.
Les différents chefs d'État du Bénin (ex-Dahomey)
Les chefs d’État (président, vice-président, chef de directoire, etc.) du Bénin, ex Dahomey, depuis les cinquante ans d’indépendance (1er aout 1960- 1er aout 2010) sont respectivement ans l’ordre de leur première apparition dans l’une de ces responsabilités au Bénin, étant entendu que certains étaient revenus deux fois (Hubert Maga, Christophe Soglo, Justin Ahomadégbé Tomètin, Maurice Kouandété, Mathieu Kérékou):
1. Hubert Maga
2. Chistophe Soglo
3. Sourou Migan-Apithy
4. Justin Ahomadégbé Tomètin
5. Alphonse Alley
6. Émile-Derlin Zinsou
7. Maurice Kouandété
8. Paul Émile de Souza
9. Benoît Sinzogan
10. Mathieu Kérékou
11. Nicéphore Soglo
12. Yayi Boni.
Rédigé par psa le 01/08/2010 à 10:11
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Je sens l’âme d’une invitation à écrire... l’âme d’une incitation à la vigilance publique. Assez d’entendre qu’aucun dialogue n’est possible au Togo. Fini les je-vous-l’avais-bien-dit! Il faut sortir de l’école des ressentiments et marcher vers le Togo, là où il est étalé de tout son long –de Lomé à Cinkassé, et le relever d’une nouvelle intelligence et pour une nouvelle posture. Le président togolais qui devrait appeler ses véritables adversaires ne semble toujours pas avoir compris l’importance et la symbolique du verbe et de la communication; ce défi reste pourtant à sa portée. Il le demeure toujours.
Le Togo n’en peut plus d’attendre. Il lui faut renouer avec la raison, toutes les raisons. La nation n’est pas une donnée, encore moins un cadeau du ciel. Elle se forge particulièrement dans les moments chauds et difficiles, et à coup de délibérations citoyennes, et en risquant davantage la démocratie : la seule certitude qui reste pour le salut du Togo.
Il y a un rôle nouveau à attribuer à la politique au Togo; c’est de l’utiliser comme un moyen pour venir à bout de nos suffisances d’abord, venir à bout de nos insuffisances ensuite; venir à bout de nos erreurs et de nos errements de ces vingt dernières années. Il en est ainsi, il est possible de penser ainsi car, par nature, la politique est pratique, la politique est l’art du possible. Et, lui donner une mission et un rôle de combler nos carences, c’est l’élever au niveau des ambitions de tous les Togolais d’avoir un pays autre, un État qui marche en rangs serrés, une République, une démocratie.
Il faut prendre le Togo là où il est, là où il se retrouve après ces années et mettre la politique à son service comme un levier. Mais il est vrai que tout cela ne peut se faire sans la bonne foi et loin de la tromperie qui a trop marqué la politique au Togo.
Il faut alors redéfinir un objectif commun et partagé, en termes d’étapes graduelles parfois anodines, sur lesquelles de larges consensus peuvent se faire. Et ainsi, par pallier, progresser vers l’objectif principal.
Il ne s’agit plus de jouer un Togo contre un autre, ni le nord contre le sud, ni la démocratie contre la dictature, ni les bons contre les mauvais, ni le RPT contre l’UFC, ni les forts contre les faibles encore moins les Faure contre les Fabre. Il s’agit de faire le Togo à partir du Togo, de faire le Togo avec les seuls matériaux disponibles : les Togolaises et les Togolais tels qu’ils sont et non tels que l’on voudrait qu’ils soient.
Fini les citoyens qui aiment rester dans la salle d’attente de leur propre pays; fini les donneurs de leçons et les sceptiques; fini les je-vous-l’avais-bien-dit; fini les seules-les-armes-feront-le-changement-au-Togo; fini les vous-me-donnerez-des-nouvelles-de-ce-Togo-dans-vingt-autres-années. Il faut remettre la main à la pâte, remettre la main à la patrie Togo.
L’esprit de révolte, désormais sublimé dans les marches hebdomadaires aboutissant sur les sables fins de Lomé et les pages Internet de la diaspora, doit quitter ce confort et emprunter le chemin de la convergence patriotique. Nul ne mettra fin ainsi aux marches, aux veillées et aux incantations virtuelles sur les sites Internet, certes; pas plus les arrêts des tribunaux que les arrêtés ministériels. Mais une certaine catégorie de personnes, les politiques, d’un côté comme de l’autre, doivent savoir qu’ils ne peuvent véritablement s’en tenir qu’à la seule force de leur imagination, la seule force de leur intelligence à mettre au service d’une solution de sortie de crise au Togo… C’est une invitation à l’éveil patriotique.
Togo.Incitation-Eveil-Patriotique.pdf
(271.08 Ko)
Rédigé par psa le 23/07/2010 à 01:47
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Selon APA, 26 personnalités africaines ont été selectionnées par l’Union africaine (UA) pour promouvoir l’année 2010 de la paix et de la sécurité en Afrique, a appris APA, vendredi de source proche de l’organisation continentale.
Les ambassadeurs de la paix choisis pour promouvoir cette initiative de paix et de sécurité sont l’Archevêque Desmond Tutu, Frederick de Klerk, Salim Ahmed Salim, Amara Essy, Alpha Oumar Konaré, Edem Kodjo, Henri Lopes, le Dr Graça Ma¬chel, Bethuel Kiplagat, Dr. Luisa Diogo, le Dr Mo Ibrahim et le professeur Wangari Maa¬thai.
Sont également retenus Manu Dibango, Sadok Sassi, Angélique Kidjo, Paulina Chiziane, Maria Mutola, Paul Tergat, Michael Essien, Oliver Mtukud-zi, Waris Dirie, Abedi Pele, Teshaynesh Hewak Teka Legesse, Rabah Madjer, Youssou N’Dour et Salif Keita.
Le 31 août 2009 à Tripoli au cours d’une session extraordinaire sur la résolution des conflits en Afrique, les chefs d’État et de gouvernement de l’UA ont décrété 2010 comme l’année de la paix et la sécurité sur le continent.
Suite à cette décision, le président de la Commission de l’UA, Jean Ping a mis en place un Conseil consultatif de haut niveau et nommé des ambassadeurs de la paix afin de faciliter la mobilisation des ressources nécessaires et l’appui politique, ainsi que d’aider à la mise en œuvre d’activités spécifiques.
Lors du Sommet de l’UA tenue à Addis-Abeba en janvier 2010, les 53 chefs d’État et de gouvernement africains ont réaffirmé leur attachement à la Déclaration de Tripoli et les objectifs de l’Année de la paix et la sécurité sur le continent.
Le slogan de l’Année de la paix et la sécurité en Afrique est « Œuvrer pour la paix »
Rédigé par psa le 17/07/2010 à 15:44
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Le défi d’un Togo d’avenir est assez élevé. Être à la hauteur du Togo aujourd’hui, exige une présence et un engagement sans équivoque et sous plusieurs raisons. Une telle exigence ne relève pas du domaine de l’impossible. Elle tient à la bonne foi, à la volonté politique, au Grand Pardon et au savoir faire méthodique, diligent et courageux. Il est pratiquement impossible d’imaginer une autre issue rationnelle au Togo. Heureusement, il y a bien longtemps que gouverner est un art devenu rationnel -s’enseignant même comme métier pratique, pour s’affranchir des seules tentations partisanes inopportunes et des improvisations circonstancielles intempestives uniquement. Le temps est bien arrivé d’assumer le Togo d’avenir; le temps est venu de mobiliser les raisons au Togo pour y réussir à mobiliser ensuite les cœurs et les gens.
Partout, il y a modernité dans la gouvernance publique. La modernité de la gouvernance publique prend sa source dans les insatisfactions facilement justifiables et le désir ardent de mieux faire, le culte du résultat concret et mesurable en termes d’adhésion non partisane et la suprématie de l’éthique publique en plus. Une telle modernité se nourrit de l’audace du dépassement et de l’autorité de la raison; cette modernité se développe ainsi au moyen d’une raison élargie et ouverte, une raison démocratique et participative, c'est-à-dire une raison non imposée, non aliénée, non sectarisée et non réduite.
Dès lors et en rapport avec la Terre-de-nos-Aïeux, c’est à l’intérieur des contraintes mêmes de la société togolaise qu’il faut concevoir et réaliser chacun de ses pas pour son avancée, chacune de ses conquêtes quotidiennes pour son salut. Gouverner le Togo aujourd’hui revient à l’optimiser au meilleur des Togolais et non à leur évitement; gouverner le Togo aujourd’hui c’est l’agiliser afin de l’extraire, au mieux, de son état quasi-végétatif sans en briser tous les ressorts. Un pays qui ne bouge pas et ne soulève plus l’enthousiasme de ses propres citoyens est un pays du passé, un pays bien éloigné de la gouvernance moderne, c'est-à-dire un pays végétatif, apathique et indolent. Nul n’aimerait son pays dans cet état.
Il s’agit véritablement pour les dirigeants du Togo, Faure Gnassingbé en particulier, de donner un sens moins suspect à la démocratie elle-même, moins étiqueter la démocratie en somme. Par la suite, il pourra féconder ses pensées et ses actions loin du conservatisme ambiant et avec une audace démocratique raisonnée et sans dol.
C’est bien là l’éthique républicaine qui toujours fonde nos attentes répétées. Mieux encore : « C’est bien là de nos cœurs, le plus ardent désir » nous dit l’hymne national du Togo. Et, parce qu’une philosophie unique, aussi puissante soit-elle, ne peut faire un pays d’avenir toute seule et à son seul rythme, ceux qui ont la responsabilité de gouverner le Togo se doivent d’avoir des repères et des perspectives clairement lisibles et identifiables de partout et par tout le monde.
Assumer le Togo… du Défi Éthique au Bréviaire Faure
Encore une fois, c’est notre conviction qu’il faut désormais assumer le Togo. Faure Gnassingbé doit assumer le Togo autrement. En quoi faisant? Eh bien, en se donnant un bréviaire audible, lisible, visible, sensible et reconnaissable. Un bréviaire autre que celui qu’il a utilisé jusqu’à maintenant, un bréviaire différent et meilleur, par exemple un bréviaire neuf à neuf points d’actions, de résultats et de raisons, spécialement un bréviaire Faure démocratique comme celui-ci :
1. Communiquer et être en contact direct avec les Togolaises et les Togolais ainsi que ceux qui contestent le pouvoir;
2. Favoriser et soutenir la délibération démocratique dans un espace public sain doté d’une presse indépendante;
3. Professionnaliser et rendre l’administration publique efficace et indépendante des allégeances et des partisanneries politiques;
4. Concevoir et partager un idéal commun, rassembleur et respectueux de tous les citoyens du Togo;
5. Proscrire et bannir la violence tout comme le recours à la force et à l’humiliation de la vie politique du Togo ainsi que dans les rapports entre les citoyens et tous les détenteurs de pouvoirs;
6. Libérer les prisonniers politiques ainsi que les prisonniers d’opinion au Togo;
7. Redonner la fierté aux Togolaises et aux Togolais en suscitant en eux l’enthousiasme du Togo ainsi que leur participation au développement du pays;
8. Réunir les deux solitudes togolaises et valoriser réellement la diaspora togolaise;
9. Gouverner et gérer par responsabilisation et par résultats.
Ainsi donc, assumer le Togo reste un défi éthique d’avenir qui ne peut plus tarder d’être clairement énoncé et relevé, un défi distinctement annoncé, partagé, réalisé, évalué et célébré… collectivement. Le Togo le mérite largement de tous ses dirigeants et de ses enfants que leur regard soit réellement tourné vers l’avenir avec un enthousiasme certain.
Certes, la philosophie de l’histoire est séduisante et très tentante. Cette approche se dégage d’ailleurs comme la dominante de l’action politique de Faure Gnassingbé. Sauf que la philosophie de l’histoire demeure irrationnelle par essence et peu évolutive, voire même très conservatrice et redondante par nature.
Faure Gnassingbé ne peut plus baser sa politique sur la philosophie de l’histoire pour mobiliser les gens, les ramener à une vision unique, à un parti politique fédérateur, etc. Il risque de ne se retrouver qu’avec les conservateurs de son camp, les laudateurs incertains et sans conviction ni projet ainsi que les aigris des partis politiques adverses. Tout cela est le portrait de la petite politique, l’ordinaire et le passé d’un Togo qui se doit d’être propulsé ailleurs, dans la diversité des raisons politiques, dans la fertilité de l’adversité.
Il tarde au Togo de toujours attendre son redémarrage par tous ses citoyens. La situation créée par la facilité de la philosophie de l’histoire est réellement celle d’un pouvoir qui, au lieu d’être ouvert, se referme progressivement sur lui-même en ne comptant que les victoires gagnées par lassitude et conflit des adversaires; la situation créée par la facilité de la philosophie de l’histoire est effectivement celle d’un État toujours frileux de la démocratie et qui finit par faire écran au Togo en empêchant tous les Togolais d’accéder à leur pays, de le réaliser et de l’enrichir de leur différence.
C’est pour tout cela qu’il urge de corriger cette philosophie de l’histoire en mobilisant toutes les raisons au Togo. Car il devient clairement irrationnel et difficilement acceptable de conserver tout un pays à l’abri et hors de portée de ses citoyens. Le Togo ne peut plus demeurer rien qu’un rêve pour une partie de sa population, quelle que soit cette partie de Togolaises et de Togolais.
Mobiliser les raisons au Togo évitera, particulièrement au pouvoir exécutif et au pouvoir administratif, de surprotéger le Togo et d’empêcher les Togolaises et les Togolais de faire leur pays. C’est bien là assumer un Togo moderne.
Assumer le Togo consiste véritablement à mobiliser les raisons, toutes les raisons disponibles dans le grand espace public togolais. Assumer le Togo c’est bien user d’un bréviaire à large spectre qui permet d’interpréter et de retranscrire le Togo dans la modernité et à l’encre indélébile d’un avenir original et motivateur. Assumer le Togo c’est indubitablement se donner les moyens de rester connecter aux traits constants de l’enthousiasme des citoyens sans renoncer à l’effort continu pour y parvenir et en maintenir l’éclat.
Tout ceci peut et doit se tracer avec un large consensus dans ce Togo, à Lomé même la capitale du pays, dans la bonne foi, à moindre coût politique, à forte valeur ajoutée républicaine.
Le Togo en est à cet ardent désir d’avenir, là, maintenant, aujourd’hui.
11 juillet 2010
(Fin de la Coupe du Monde 2010 de football en Afrique du Sud)
Togo.Moins Suspecter la Démocratie et Mieux Mobiliser les Raisons.pdf
(446.07 Ko)
Rédigé par psa le 12/07/2010 à 00:41
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À mon texte « Faure doit Assumer le Togo… Faure doit Parler à Jean-Pierre » il m’a été demandé par notre ami Loukman (intervention 14 - hyperlien ci-dessous) ce qui suit, sur TogoCity :
Jacques Leinne, Lumière
"(…) Permettez-moi maintenant de poser une question liée à la discussion : je comprends la position du compatriote Pierre Adjété qui préconise un dialogue Faure-Fabre à l’initiative du chef de l’État. Bon, à supposer que Faure y soit favorable, pensez-vous que Jean-Pierre Fabre y soit disposé, vu le radicalisme et la démagogie dont celui-ci fait montre lors des manifestations du FRAC et qui sont devenus en quelque sorte la seule stratégie de mobilisation dont il dispose ?"
La réponse la plus songée que je puisse donner est que M. JP Fabre n’aura de choix que d’y répondre. JP n’aura de choix que de répondre à Faure, surtout à un premier appel venant de Faure. Et j’entends par répondre, avoir une première discussion amicale avec qui sans aucun doute restera d’abord campé sur sa position… Mais, ce doit être le ton de Faure, user de la convivialité et rien que de la convivialité et de l’humour pour d’abord en arriver à un seul résultat avec JP : le rencontrer ou lui envoyer une équipe pour l’écouter et voir raisonnablement ce qu’il est possible de faire. Un tel dégel et une équipe stratégiquement, composée, si possible de gens de confiance et autres que Pascal et Moussa pourrait définir les termes et le calendrier d’une négociation. Je ne crois pas JP préparé à une discussion de ce genre; je le trouve assez ouvert pour s’entourer des gens d’expérience, et pas seulement des gens de l’UFC ou de ce qui lui en reste autour… En tout cas un appel de Faure forcera la note de la responsabilité républicaine dans le camp de JP et la porterai à un autre niveau.
En réalité, la difficulté de l’amorce n’est pas avec JP; elle est du côté de Faure et de sa capacité –je veux dire sa disposition- à déclencher le processus, sachant qu’il lui est facile de se trouver confortable dans sa position actuelle. Mais l’un des arguments pour le convaincre est que lui, Faure, autant que JP en sortiront gagnant-gagnant.
Faure n’a pas gagné grand-chose dans son accord avec Gil; toutes les chancelleries du monde le savent. Cela ne les empêchera pas d’écouter les représentants de Faure ou du gouvernement et de les féliciter. Tout le monde sait qu’en dehors de la symbolique, le pouvoir avait changé de main dans l’opposition et n’était plus avec Gil.
Si Faure prend le pari politique d’appeler JP et qu’il s’y est bien préparé, en inscrivant le résultat dans un avenir moyen –pas dans un jeu médiatique instantané, alors il donnera une autre dimension au débat. Et c’est en jouant à fond la carte Togo que JP et les siens répondront et en viendront à regagner le centre après avoir vérifié et senti le respect. Le résultat pourrait être étonnant : les gens sont aussi autre chose que ce qu’ils affichent comme image. Il faut savoir aller les chercher là où ils sont…
On ne peut tout prévoir, certes. Mais le cas Togo peut bien évoluer véritablement, dans le respect de tous, vers une solution durable. Et cette fois-ci, tout peut se faire ici-même, là, à Lomé, discrètement, honnêtement, durablement. La situation me parait parfaitement mûre pour une évolution raisonnable au Togo, qui à terme rejaillirait favorablement sur Faure autant que JP. J’en ai une conviction profonde et les outils d’avancement sont disponibles, en toute bonne foi.
Faure doit assumer le Togo autrement.
Black Star Square à Accra... Go Black Stars Go! Baghana Baghana...
http://www.togocity.com/article.php3?id_article=5659
Rédigé par psa le 02/07/2010 à 00:00
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C’est un impératif catégorique que Faure Gnassingbé doit désormais assumer le Togo, un pays toujours absent et encore bloqué. Pour l’instant, le Togo n’est nullement assumé à la hauteur des attentes légitimes d’une masse importante de ses citoyens, où qu’ils se trouvent. Et, assumer le Togo est une responsabilité politique concrète : une éthique républicaine. Assumer le Togo aujourd’hui est un changement complet de paradigme. Assumer le Togo c’est sortir des erreurs récurrentes, des erreurs classiques au Togo politique: défaut de communication politique, usage délibéré de la force, recours constant à l’humiliation des adversaires, absence d’une idée partagée comme idéal permettant d’éviter d’improviser le Togo au seul gré des incidences partisanes. En toute logique, assumer le Togo après le 4 mars 2010 c’est d’abord parler à Jean-Pierre Fabre pour ouvrir la voie sur un pays autre que celui-ci qui présente Faure comme un être pris au piège du triomphalisme.
Jacques Leinne, Implore
Défaut de communication
Le défaut de communication est toujours une des faiblesses incontestables de la classe politique togolaise; c’est l’un des héritages politiques de Gnassingbé Eyadema et d’un système qui n’a pas valorisé les échanges d’idées et les avis divergents; un système qui a toujours considéré la liberté d’émettre des avis dissidents et argumentés comme signe d’insubordination. Fatalement, cette situation favorise l’unicité des perspectives et affaiblit la capacité de communication du premier magistrat qu’il se propose de protéger. Longtemps, cette situation a prévalu autour de Gnassingbé Eyadema lui-même, mais aussi autour de Gilchrist Olympio que personne n’osait contredire dans ses nombreuses insuffisances politiques. Et c’est ce qui semble prévaloir chez Faure Gnassingbé et autour de lui. Le défaut de communication dont Faure lui-même est conscient ne peut se corriger que dans son ouverture à la délibération et aux échanges d’idées, dans son acceptation et son encouragement de la dissidence et de la survivance des voix discordantes et des avis moins flatteurs qui ne sont pas moins pertinents. Rien ne permet de croire que Faure adhère suffisamment à ces principes fondamentaux qui devraient, instinctivement le porter à communiquer, à soutenir et à argumenter dans l’espace public togolais. Ne pas aller au devant de ses compatriotes assez régulièrement par le biais des interviews et des rencontres de presse fréquentes, c’est tout simplement avouer que l’on a des choses à se reprocher ou à cacher, avouer que l’on ne peut pas communiquer et convaincre les siens, avouer que l’on préfère s’auto-gratifier avec les mêmes laudateurs. De nos jours, du commencement jusqu’à la fin de toute ambition politique quelconque, il reste et demeure encore ce besoin inassouvi d’une communication efficace dans l’espace politique togolais. Il urge que Faure Gnassingbé communique à la hauteur d’un Togo différent… C’est réellement cela assumer le Togo aujourd’hui.
Usage délibéré de la force
Le manque de délibération accroit la tentation du recours constant à la force au Togo. L’usage délibéré de la force répressive est caduque et dommageable de nos jours et Faure Gnassingbé est le premier à en être conscient. Sauf que son rapport à l’usage de la force est flou et même incertain. Il oscille entre le recours clair à la force et le recours déguisé à la force par plusieurs autres moyens et contraintes. Le redémarrage même du Togo et l’adhésion d’un grand nombre à cette volonté doivent faire prévaloir « la force du droit et non le droit de la force »; ce que Faure Gnassingbé lui-même avait décrété au lendemain de l’arrestation de Kpatcha Gnassingbé, son frère. Le recours quasi régulier à la force, souvent disproportionnée, fait du Togo un pays particulier où le respect des droits humains laisse encore à désirer. Et qui de mieux indiqué que Faure Gnassingbé pour sortir la violence du vécu togolais comme il l’avait promis par ailleurs… C’est singulièrement cela assumer le Togo aujourd’hui.
Recours constant à l’humiliation
Le recours constant à l’humiliation des adversaires est devenu la marque caractéristique de la gouverne politique au Togo. Il est particulièrement triste et très peu élogieux pour tous les Togolais de constater qu’au Togo, au-dessus de toutes les règles de droit, l’atteinte à la dignité et l’humiliation sont consacrées comme la Grundnorm, la norme fondamentale. Et pourtant, c’est écrit et le Togo a adhéré à cette Déclaration universelle que les valeurs humaines et les principes généraux du droit -bien au-dessus des constitutions, des lois et des traités- exigent par ailleurs: « Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants». Le triomphe totalitaire sans aucune porte de sortie honorable à l’adversaire et l’humiliation facile demeurent encore la règle au Togo, et cette règle n’a aucune limite lorsqu’elle s’emballe sur le chemin des traitements dégradants. La dernière trouvaille dans ce registre est la dissolution et la disposition des biens du parti politique OBUTS d’Agbéyomé Kodjo, en total reniement du droit. Car, tout inculpé a le droit de ne pas être déclaré coupable en raison d’une action ou d’une omission qui, au moment où elle est survenue, n’avait pas de caractère délictuel ou criminel d’après les principes généraux du droit reconnus par l’ensemble des nations. L’humiliation servie par Faure Gnassingbé à son ancien ami et aujourd’hui adversaire et président du parti dissout n’honore aucunement tout le Togo devant la communauté internationale qui tient là une preuve énorme de l’asservissement et de l’instrumentalisation de la justice au Togo. Cet exemple comme bien d’autres constituent des humiliations inutiles à proscrire dans la philosophie politique du Togo. Humaniser l’adversité et éduquer la pratique politique au moyen du compromis, de l’élégance, de la raison et de la juste mesure s’imposent désormais. Si un jour le Togo doit être une nation, il le sera sans cette humiliation constante de ses enfants ; une tâche que Faure Gnassingbé doit commencer sans aucune réserve mentale et en toute circonstance… C’est véritablement cela assumer le Togo aujourd’hui.
Absence d’un idéal politique partagé
Dans tout ce Togo, aucune idée claire ne traverse les divergences et n’atténue les rivalités. On ne fait pas un pays sans un idéal partagé en tout temps et en tout lieu : un possible petit dénominateur commun. L’absence d’une idée politique partagée par tous les Togolais est en soi un drame national. Rien ne fait consensus au Togo. Dans l’histoire passée autant que dans les évènements récents, les points de convergence des Togolais sont difficilement repérables. On ne fait pas un pays sans des points de ralliement suffisants et puissants. Tout est dilué ou tout est diviseur : des institutions aux personnalités, des évènements aux symboliques, du tout politique au tout social en passant par le tout économique et le tout autre. Rien au Togo ne fait date et n’est repris en chœur; tout est fait à la marge du Togo et sans créativité, trop souvent avec arrogance, dol et mépris politiques. Même les attributs de la nécessaire réconciliation sont, à chaque occasion, dilués dans la controverse par des calculs partisans seuls qui ne trompent plus personne au Togo. Nul ne peut conduire un pays sans une réelle base de lancement consensuelle. Il appartient à Faure Gnassingbé de constituer cette rampe de lancement du Togo et l’arrimer à des balises solides de la bonne foi, de l’équité, du raisonnable et de l’éthique reconnaissables par toute Togolaise et par tout Togolais, quelle que soit son allégeance politique… C’est définitivement cela assumer le Togo aujourd’hui.
Assumer le Togo à grande hauteur
Dans un Togo toujours bloqué malgré le rapprochement d’ailleurs divisif avec les Amis de Gilchrist Olympio, dans un Togo bloqué avec la dissolution d’ailleurs politique du parti politique OBUTS, dans un Togo bloqué par le refus de reconnaitre le changement d’ailleurs normal du leadership dans l’opposition officielle, dans un Togo bloqué par l’abandon d’ailleurs frileuse de la diaspora togolaise, dans un Togo bloqué par des marches et des veillées de prières seulement hebdomadaires, il est difficile de passer à coté de la réalité d’un malaise et d’un manque d’audace politique.
Cette réalité demeure complexe en apparence seulement : les peuples ont la résilience en partage. La réalité togolaise reste donc gérable et elle commencerait bien par le commencement : Faure Gnassingbé doit parler à celui-là même qui conteste son pouvoir, Jean-Pierre Fabre. Parler à Jean Pierre Fabre c’est inscrire le Togo dans la durée avec un certain courage politique, une certaine audace républicaine vers laquelle l’équipe présidentielle doit savoir clairement amener le chef de l’État, si tant est qu’il est encore dubitatif sur l’issue de ce noble et inévitable tournant.
Assumer le Togo aujourd’hui c’est véritablement accepter que le Togo ne puisse toujours s’improviser en dehors des limites de la raison et de l’éthique publique. Faure Gnassingbé doit réellement assumer le Togo, autrement et sans aucun faux fuyant de la réalité comme elle est aujourd’hui et comme elle se dessine pour demain. Assumer dignement le Togo est désormais un préalable à toute autre initiative. Et cela est entièrement de la responsabilité de Faure Gnassingbé.
Togo.Faure-doit-Assumer-le-Togo.pdf
(353.9 Ko)
Rédigé par psa le 01/07/2010 à 00:00
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On s’attendait à la disparition du G8, le club sélect des vieilles gloires qui n’avait plus tellement sa raison d’être face aux enjeux mondiaux beaucoup plus inter-reliés. Mais non! Une entourloupette a été trouvée : les questions de politiques économiques, financières et de développement iront au G20; les sujets de sécurité et de paix dans le monde seront désormais les rayons d’action du G8. Le tour est joué : G8 différent et voisin du G20.
Gilles Rousset, Dos tourné à la réalité
Les pays du G20 ont trouvé un consensus et renvoyé à plus tard les questions qui fâchent. Finalement, un compromis a été trouvé. C’est la bonne nouvelle. Malgré leur différend ces dernières semaines, les pays du G20 ont convenu dimanche de réduire leur endettement, de manière à ne pas compromettre une reprise qu’ils qualifient de «fragile». L’effort est chiffré et tenu par un calendrier.
Peut-on y croire? L’incapacité des États européens à respecter le Traité de Maastricht constitue un mauvais précédent. On peut cependant espérer que la crise de la zone euro a servi de leçon, et que la discipline budgétaire finira par être respectée. Par ailleurs, l’assainissement va prendre trois ans. Et il n’impose pas un retour à l’équilibre brutal, ce qui devrait éviter une rechute de l’économie mondiale. Du côté de la stabilité financière, le moment déterminant interviendra plutôt à Séoul, en novembre. Il s’agira alors de quantifier les nouvelles exigences prudentielles.
La réunion de Toronto s’achève aussi, cependant, sur trois mauvaises nouvelles. Tout d’abord, le G20 a revu à la baisse ses ambitions en matière de commerce. L’engagement pris en septembre dernier à Pittsburgh de conclure le Cycle de Doha d’ici à la fin 2010 a disparu. Tant pis pour les pays émergents, à qui il aurait le plus profité. Et pour l’économie mondiale, que le G20 veut soutenir mais qui ne profitera pas d’une ouverture accrue des échanges.
La deuxième déception concerne le climat. La lutte contre le réchauffement ne semble plus figurer parmi les priorités du G20.
Enfin, le G8 pourrait lui ravir le thème du développement et de l’aide économique. Car le club des vieilles grandes puissances a tenté de renaître ce week-end. Réunis juste avant le G20, les Américains, les Japonais et les Européens, plus la Russie, ont décidé d’une nouvelle division du travail international. Au G8 de traiter les questions de sécurité et de paix internationales. Au G20 de seulement coordonner les politiques économiques à travers la planète. Les Chinois, les Indiens et les Brésiliens apprécieront. La réforme de la gouvernance mondiale espérée lors du sommet de Washington, en décembre 2008, a fait une pause à Toronto.////////Frédéric Lelièvre
Rédigé par psa le 28/06/2010 à 07:51
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Nous assistons peut-être à l’écriture de la version nouvelle du Journal du voleur. Tellement, à travers ces pages tactiles qui tournent et se retournent instantanément sous nos yeux, tout est confondu et tout s’y confond : aujourd’hui est pareil à hier et demain; le présent ne se différencie pas de l’avenir hérité du passé; l’Éthique publique elle-même devient subversion si elle n’est tout simplement pas reniement, démagogie et dénégation. C’est une histoire de fou qui déménage la fiction dans la réalité. Rien n’y est drôle, mais tout y est liberté et quête d’un lendemain. Lequel? C’est là que réside autant la fascination que l’inquiétude. Bienvenue au Togo! Chez nous, l’urgence d’agir est la raison d’être.
Le Roi Pele et la Coupe du Monde
Et pourtant! L’imprévisible situation que vit le Togo actuellement, demeure une aubaine propice à un vrai mouvement sur l’échiquier politique. Le Togo est désormais ouvert sur une réelle fenêtre d’opportunité qui doit y laisser pénétrer la brise de la raison et non celle de la folie, le souffle régulier de l’imagination et non celui de l’improvisation qui a déjà couté des années d’abandon et de pauvreté aux citoyens. Ce pays a besoin de changer!
Soyons clairs : le radicalisme n’a pas triomphé au Togo, encore moins la ruse et la force. Au Togo également, l’égoïsme et le culte de la personnalité ont tourné court dans l’histoire politique du pays : toutes les popularités fabriquées sans aucun ingrédient d’une vision noble et respectueuse ont fini par se faner, se flétrir, se faisander. C’est plutôt la volonté et la détermination pour un autre Togo, un pays réellement démocratique, une République ouverte à l’ensemble des Togolaises et des Togolais, qui est en action sous nos yeux. Un diagnostic sans équivoque et des idées en partage.
Le Peuple togolais marche pour conquérir la République au lendemain d’une autre élection présidentielle dont les résultats restent douteux. Il est vrai que personne n’en espérait autre chose, étant donné que les questions de fond, préalables à l’organisation d’élections transparentes aux résultats incontestables, n’avaient jamais été abordées pour être résolues au Togo.
Tout-et-Tout veut dire… Rien-de-Rien
Il faut bien parler du Peuple togolais avec une certaine admiration et respect: des étudiants sans bibliothèque aux gens d’affaires sans opportunités, en passant par les courageuses femmes littéralement en charge de chacune des familles de ce pays. Les raisons d’une contestation à grande échelle et avec une régularité assurée ne manquent pas à ce Peuple; cette contestation aurait pu être encore monstre si les vannes de la Liberté étaient réellement ouvertes au Togo.
La Liberté ne fatigue pas les Peuples! La Liberté ne semble pas fatiguer les Togolaises et les Togolais. Il est alors inutile de demander : Jusqu’à quand marcheront-ils? Le Peuple togolais marchera longtemps parce qu’il sait pourquoi il marche, il sait contre quoi il proteste par ce moyen; il est loin de faire du tourisme démocratique. Derrière ces visages endoloris de marcheurs patentés, plusieurs jeunes, femmes et hommes sont sans espoir. Que ce soit à une marche où ailleurs, leur avenir ne semble pas leur appartenir et il y a longtemps que le présent a cessé de les exciter après qu’ils aient tout essayé.
La jeunesse togolaise marche et elle marchera parce que seule la Liberté la fait vivre, dorénavant. Et tout dirigeant politique, quel qu’il soit, doit comprendre cette réalité. La jeunesse togolaise est de l’autre côté de la limite; elle ne tient qu’à la Liberté. Dans un pays qui a pour devise « Travail-Liberté-Patrie », le Togo, la jeunesse est sans le Travail promis, sans le sous, désœuvrée; la jeunesse togolaise s’accroche à la Liberté pour espérer avoir une Patrie, une mère-patrie au lieu de prendre la mer ou le désert, avoir un pays à bâtir et à transmettre. Vivre, juste vivre!
Cette jeunesse togolaise désire profondément un autre début d’espoir; elle souhaite seulement le commencement d’une fin; elle veut en finir et elle est impatiente d’en finir pour commencer véritablement une vie. Sa vie. La sienne qui n’a jamais commencée avec une cuillère dorée à la bouche et qu’elle n’en peut plus de voir finir à la bougie. Elle veut une vie autre. Une vie réelle et vraie, une vie à gagner et à mériter. C’est là son rationnel qui lui est d’ailleurs cruel, brutal, rebelle, quotidien, illogique, tout-et-tout c'est-à-dire le rien-de-rien. Comprenez-vous? Comprenez-vous pourquoi il faut véritablement débloquer le Togo? Continuons!
De cet apparent irrationnel du Peuple togolais tout entier doit désormais émerger des visées rationnelles des dirigeants, autant ceux de l’opposition et de ses partis que ceux du pouvoir présidentiel et du camp RPT auquel il faut désormais joindre, et clairement, les Amis de Gilchrist Olympio. Curieux destin!
Par contre, lorsque tous ces dirigeants se laissent aller à la démagogie et à la tromperie, aux excès et aux procès, ils assouvissent leur propre besoin en tourisme démocratique à moins que ce ne soit de l’exhibitionnisme démocratique. Il est clair que le Togo va mal parce que la plupart de ses dirigeants politiques manquent de leadership et se complaisent dans une absence de rigueur patriotique, un défaut de référentiels élevés s’appliquant d’abord à eux-mêmes. Du moins, la preuve du contraire n’a pas été faite jusqu’à maintenant.
Car, depuis le 4 mars 2010, toutes les pages clairement identifiables et associables aux acteurs politiques du Togo, ces pages manuscrites du tout nouveau Journal du voleur qu’il est donné à chacun de lire, ressemblent au scénario d’un avatar démocratique, une tragédie dont le Togo ne peut plus se payer longtemps le prix social, politique et économique.
Tourisme ou exhibitionnisme… le non choix démocratique
Il y a tourisme démocratique dans l’opposition togolaise lorsque réapparait brusquement les mêmes discours radicaux de la Conférence nationale souverainement ratée sous l’impulsion des mêmes idéologues non-repentis. Il y a tourisme démocratique lorsque, sans autre stratégie que la rue, l’on pense que le pouvoir est déjà à portée de main, et même en lieu sûr dans la poche intérieure. Il y a tourisme démocratique lorsque l’on confond le déficit électoral passager de la vérité des urnes à l’énorme dette démocratique qui pèse sur le Togo par rapport à ses voisins immédiats, une dette démocratique qui requiert des actions structurantes coordonnées. Il y a tourisme démocratique lorsque l’opposition ne dispose pas d’alliance stratégique avec aucun pouvoir ou parti politique africain qui sert de relai aux revendications réelles du Peuple togolais. Il y a tourisme démocratique lorsque malgré l’opposition ferme au pouvoir l’on n’explore aucune soupape de discrets dialogues qui véhiculeraient clairement des propositions de sortie de crise à qui de droit. Il y a tourisme démocratique lorsque les participants et alliés du Front républicain pour l’alternance (FRAC) n’envisagent pas des hypothèses d’une restructuration organisationnelle intégrée encore plus efficace et moins informelle. Il y a tourisme démocratique lorsque tout le monde veut être Manitou et discourir, et nul ne veut être Indien et agir.
Ne nous y méprenons pas! Parce que la tentation du tourisme démocratique est assez répandue, bien distribuée et suffisamment connue, à cette demande particulièrement spéculative correspond une offre tout aussi volatile et éphémère, un exhibitionnisme démocratique trompeur. Il faut bien s’en méfier et s’en éloigner en étant encore plus exigeant vis-à-vis de ses autres marchands d’illusions démocratiques qui se trouvent être en charge des pouvoirs institutionnels au Togo. C’est notre devoir de le leur dire clairement.
Il y a exhibitionnisme démocratique lorsque les gouvernants actuels, Faure Gnassingbé en tête, pense qu’il peut nier la contestation de son pouvoir par son seul silence et son manque de communication. Il y a exhibitionnisme démocratique lorsque Faure Gnassingbé croit que le peuple revendicateur ira seulement à la lenteur et à la quasi-indolence du rythme des réformes politiques actuelles au Togo. Il y a exhibitionnisme démocratique au Togo lorsque le pouvoir présidentiel est devenu spécialiste en intrigues politiques, en accélérateur des dissensions chez ses adversaires et un dissolvant pour parti politique dérangeant.
Mais il y a plus grave encore. Il y a exhibitionnisme démocratique lorsque la réconciliation nationale est convertie à rabais en de plus petits accords politiques diviseurs et seulement convoyeurs de ministrables. Il y a exhibitionnisme démocratique tapageur lorsque seules la force et l’humiliation sont déployées contre ses adversaires. Il y a exhibitionnisme démocratique lorsqu’un chef d’État laisse cristalliser aussi longtemps l’adversité et refuse d’appeler son véritable challenger politique clairement déclaré et identifié. Il y a exhibitionnisme démocratique lorsque le mal togolais est présenté et exposé à la face du monde comme une simple querelle entre les familles Olympio et Gnassingbé. Il y a exhibitionnisme démocratique lorsqu’aucun dialogue franc et de bonne foi n’est en cours au Togo, et initié vaille que vaille par une idée clairement exprimée et des documents politiques de référence à l’attention de tous les citoyens. Il y a exhibitionnisme démocratique lorsque la diaspora togolaise reste toujours ignorée et le site internet gouvernemental tient lieu de la Pravda incroyable d’un Sovietogo que l’on croyait disparu. Il y a exhibitionnisme démocratique avancé au Togo lorsque les voyeurs accrédités de la communauté internationale détournent leur regard en disant vertement... Nous avons fait de notre mieux!
Il y a effectivement une exaspération politique sur le cas Togo; une lassitude de voir les Togolais eux-mêmes incapables d’imaginer un destin collectif et partagé. Le succès des uns est loin d’être la victoire des autres. Tout est triche, tromperie et traquenard. Tout est petite politique, pas la grande qui sert de modèle et résiste au temps. Tout est tourisme démocratique ou exhibitionnisme démocratique. Le Peuple togolais y perd toujours au change, et lourdement; le fardeau de la dette démocratique devient pénible à porter.
C’est une histoire qui aurait pu faire rire si elle n’était drame pour d’innombrables familles, des millions de jeunes debout et confondus, là sous nos yeux, partout au Togo, ici à Lomé tous les samedis. Un tel climat ne peut dissoudre les responsabilités des uns et des autres à travers les fréquents communiqués de presse ou comptes rendus de conseil des ministres et autres rapports de missions ou de renseignements. Il y a des signes, palpables à tout un chacun, d’un désarroi collectif doublé d’un besoin d’innovation politique; une soif d’audace qui viendrait redonner fierté et sincérité à l’action et à l’engagement dans une œuvre commune, débarrassée de la partisannerie et portée par le seul vent de la démocratie.
Il existe bel et bien un Togo promis à tous ses citoyens sans aucune distinction : c’est un pays démocratique qu’il ne faut plus hésiter à appeler clairement par son nom, aux côtés du Peuple toujours privé de respect et de dignité. Et c’est de notre responsabilité de le faire aussi longtemps que possible, en y mettant toute l’imagination et la raison nécessaire. Car, la démocratie n’est pas un luxe. C’est par elle que la communauté nationale prend véritablement forme en mettant l’enthousiasme au service des résultats trop longtemps attendus : la Réconciliation et le Développement au moyen de la Bonne Foi et du Grand Pardon.
Il y a bien longtemps que cette démocratie n’est plus un simple état figé, programmé, décrété, voté, assermenté, totalisé, convoqué, auditionné, instrumentalisé, frappé, monnayé, déclaré, chanté, proclamé, dansé et quoi encore. Il y a bien longtemps que la démocratie est un processus délibératif continue, franc et sincère, entre des citoyens libres et égaux clairement engagés dans un dialogue et une argumentation permettant de remanier la gouvernance et non le gouvernement, de refonder et de parfaire l’État et non les états d’âme.
C’est cette démocratie qui libère les gouvernants et les gouvernés en décuplant leur énergie. Cette démocratie ne met pas tout un pays en état de siège permanent, pas plus que ni le pouvoir ni l’opposition ne se sentent assiégés; c’est cette démocratie que recherchent les citoyens togolais, celles et ceux qui ne sont ni touristes ni exhibitionnistes. Ces hommes et ces femmes, où qu’ils soient, et qui commencent à avoir sérieusement mal au Togo. Il est temps que la visée du bien commun, l’Éthique publique, gouverne au Togo. Il est grand temps que des principes nouveaux dirigent les faits et gestes publics au Togo. Il est temps de faire un autre Togo. Je crois qu’on se comprend maintenant. À vous!
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Rédigé par psa le 11/06/2010 à 00:00
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Diplomatie Publique
Le conservateur David Cameron, qui a formé avec le libéral-démocrate Nick Clegg, vice-premier ministre, son gouvernement, a tenu son premier conseil des ministres. Détendus, souriants, riant des blagues de l’autre, David Cameron et Nick Clegg ont entamé leur duo à la tête du Royaume-Uni. Désormais premier ministre et vice-premier ministre, les deux hommes, respectivement leader des conservateurs et des libéraux-démocrates, sont venus exposer leur entente dans les jardins de Downing Street, sous le soleil printanier, pour une première conférence de presse commune mercredi. Une première d'un exemple moderne récent...
Lorette Beaulieu Daoust, Le Grand Écart
«Cette coalition peut être un changement historique et un véritable tremblement de terre pour notre paysage électoral», estime David Cameron, le leader des conservateurs. Nick Clegg confirmait dans un même souffle: «Jusqu’à hier, nous étions des rivaux. Aujourd’hui, nous sommes collègues. C’est un nouveau gouvernement, mais aussi une nouvelle forme de gouvernement.»
L’accord entre les deux partis est certainement historique: il n’y a pas eu de coalition en Grande-Bretagne depuis la Seconde Guerre mondiale. Quand aux libéraux-démocrates, ils n’avaient pas été au pouvoir depuis les années 1920. D’un point de vue arithmétique, les deux partis s’offrent une majorité confortable: ils ont 363 sièges, soit 77 de plus que l’opposition. Concrètement, les libéraux-démocrates obtiennent cinq sièges au conseil des ministres. Ils auront aussi des secrétaires d’Etat dans chaque ministère. Nick Clegg devra cependant s’inventer un rôle. Son poste de vice-premier ministre ne comprend pas de portefeuille. Mais ce n’est certainement pas un titre honorifique. Il était présent au conseil des ministres jeudi, face à David Cameron. Quand ce dernier sera absent, il répondra à sa place aux questions au parlement. Les «lib-dem» disposent aussi de deux postes à l’économie, dont celui du puissant Ministère du commerce, qui revient à Vince Cable. Les principaux ministères reviennent cependant aux conservateurs.
La coalition entre ces deux partis autrefois ennemis peut-elle tenir? Les deux leaders en ont certainement l’intention. Leur évidente entente personnelle aide – ils ont tous les deux 43 ans et viennent de milieux sociaux similairement bourgeois.
Des désaccords
Pour autant, les désaccords potentiels sont nombreux. Entre l’aile gauche des «lib-dem» et l’aile droite des conservateurs, les différences idéologiques sont profondes. L’Union européenne en particulier pourrait être un grand sujet de désaccord. Les conservateurs ont refusé de transiger sur cette question, et ont mis William Hague, leader des eurosceptiques, en charge des Affaires étrangères. Les deux partis se disent cependant confiants sur la solidité de leur entente. «Ma belle famille indienne m’a appris que les mariages de raison marchent parfois mieux que ceux d’amour», s’amuse Vince Cable.
Pour consolider leurs liens, les libéraux-démocrates et les conservateurs ont publié un accord politique détaillé sur quatre pages, comprenant une série de mesures très précises. En particulier, ils imposent un mandat d’une durée fixe de cinq ans pour le parlement, afin que le premier ministre ne puisse plus décider à sa guise d’une dissolution. La date des prochaines élections est donc déjà fixée… au 7 mai 2015! «Avoir un gouvernement pendant cinq ans va nous permettre de prendre des décisions de long terme», estime David Cameron. Mais la vraie priorité concerne la réduction du déficit. La réforme bancaire et une grande réforme fiscale sont aussi en préparation. La suppression du projet d’une troisième piste d’atterrissage à Heathrow a aussi été décidée.
Un autre grand chantier est la réforme politique, dont Nick Clegg sera en charge. Outre la réforme de la Chambre des lords, qui deviendra élue, un référendum sera organisé sur l’introduction d’une dose de proportionnelle dans le mode de scrutin, l’une des principales revendications des «lib-dem», qui étaient désavantagés par le vote uninominal à un tour (le parti de Nick Clegg a obtenu 23% des voix, mais seulement 9% des sièges). Cette future consultation des Britanniques sera cependant un point de friction: les conservateurs, tout en acceptant la tenue du référendum, vont faire campagne contre. L’entente affichée par Nick Clegg et David Cameron pourrait alors faire face à de sérieuses difficultés.////// Eric Albert
William Hague
Ministre des Affaires étrangères, conservateur
Son sens de la répartie et son intelligence aiguë vont donner du fil à retordre au reste de l’Europe. Chef de file des eurosceptiques conservateurs, William Hague fait partie de la garde rapprochée de David Cameron, avec George Osborne. Entre 1997 et 2001, il était le leader des conservateurs, juste après qu’ils eurent quitté le pouvoir. Depuis, il a fait partie des «modernisateurs» du parti. A 49 ans, il devrait mener une politique étrangère typique de la droite britannique: atlantiste et eurosceptique.
George Osborne
Chancelier de l’Echiquier, conservateur
Ce proche de David Cameron, âgé de 38 ans seulement, a l’ingrate tâche de mener la réduction du déficit britannique, qui s’élève actuellement à 12% du PIB. C’est d’ailleurs lui qui a fait du déficit une priorité politique, s’inquiétant dès fin 2008 du trou budgétaire. Instinctivement très méfiant vis-à-vis de l’Etat, il est souvent considéré comme le maillon faible de l’équipe des conservateurs, étant accusé de dogmatisme libéral et d’arrogance par ses opposants. Son intelligence n’est cependant pas en question.
Vince Cable
Ministre du Commerce, libéral-démocrate
Vince Cable, 67 ans, succède à ce poste à la très influente figure des travaillistes, Peter Mandelson. Le «Monsieur Economie» des «lib-dem» est devenu très respecté depuis deux ans, ayant été l’un des seuls hommes politiques à avoir averti des dangers de la bulle financière avant la crise. Cet ancien du Labour (dans les années 1970), et ancien économiste de Shell (dans les années 1990) est l’un des hommes politiques les plus radicaux contre la City. Il propose de limiter les bonus payés en cash de quelques milliers de dollars.
Michael Gove
Ministre de l’Education, conservateur
Il est l’une des têtes pensantes des tories, sans doute une sorte de «gourou» pour David Cameron. Michael Gove, 42 ans, est derrière l’une des politiques phares des conservateurs: permettre aux parents de créer leur propre école, financée par l’Etat, si l’établissement local est de mauvais niveau. Adopté à l’âge de 4 mois, élevé par un père marchand de poisson et une mère laborantine, Michael Gove fait partie de cette branche des «conservateurs compatissants» mise en avant par David Cameron.
Rédigé par psa le 14/05/2010 à 06:24
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