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La Grande manifestation de ce mardi 9 mars 2010, à Lomé, est une marche pacifique : elle n’est dirigée contre personne et est conforme aux valeurs démocratiques des Togolaises et des Togolais, en tout respect des dispositions légales en vigueur dans le pays. C'est un Engagement Républicain envers tous les Togolais.
1. Que le Togo est patrie unique et indivisible pour l’ensemble de ses citoyennes et ses citoyens, quelle que soit leur origine sociale ou leur affiliation politique.
2. Que toute vie humaine perdue pour l’avènement de la démocratie au Togo est une mort de trop qui n’est plus digne de la volonté affirmée du vivre ensemble dans un État républicain.
3. Que la démocratie est une cause commune, une valeur universelle et un moyen à mettre au service du développement du Togo, et elle ne peut être dirigée contre personne au Togo ou ailleurs.
4. Que la pratique de l’alternance politique et son avènement constituent essentiellement un mode de changement de la gouvernance publique et en aucun cas un prétexte pour l’exercice d’une forme quelconque de vengeance, de règlement de comptes, de chasse aux adversaires ou de stigmatisation des individus et collectivités.
5. Que toute citoyenne togolaise ou tout citoyen togolais peut introduire une demande d’amnistie républicaine, à effet suspensif de toute poursuite, dans le but d’obtenir une grâce républicaine et d’adhérer à une éthique citoyenne.
6. Que les forces de sécurité exerçant ou ayant exercé leurs fonctions sous l’autorité des dirigeants politiques ne peuvent être tenues responsables de leurs interventions et des effets de tels commandements et ordres reçus.
7. Que l’équilibre ethnique soit pratiqué de manière positive, citoyenne et républicaine afin de garantir l’éthique publique, l’unité nationale, la paix sociale, la représentativité humaine et le développement durable du Togo.
8. Que les hauts dirigeants et dignitaires ainsi que les partis politiques représentatifs du Togo jouissent d’un statut spécial, selon qu’ils soient en exercice de leur autorité ou de leur fonction, dans l’opposition ou en retrait de la vie publique.
9. Que tous les droits et devoirs citoyens et institutionnels au Togo soient désormais porteurs de valeurs républicaines garantissant la justice, le respect et l’équité ainsi que la tolérance de l’autre et l’ouverture au monde.
10. Que la conscience nationale d’un Togo, unique cadre d’opportunité pour l’exercice des talents dont tous ses enfants sont pourvus, soit valorisée et laissée en amplification et en partage aux générations.
Togo.Decalogue-Mars2010.pdf
(228.5 Ko)
Rédigé par psa le 08/03/2010 à 02:28
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Diplomatie Publique
En même temps que l’Algérie, une autre guerre coloniale ravageait le Cameroun. Et il semble que la diaspora africaine reste toujours éberluée face à cette fête combinée qui se prépare sur les Champs Élysées, sous une pluie annonçée : napalm ou champagne ? Debout!
Ron Mueck
Deux mois après sa répression meurtrière des manifestations indépendantistes de mai 1955 organisées notamment à Douala, le pouvoir colonial frappait d’interdit l’Union des populations du Cameroun (UPC), contraignant cette formation à prendre le maquis. En septembre 1958, Ruben Um Nyobé, figure de l’UPC, était capturé par les militaires français et abattu. L’indépendance octroyée par Paris en 1960 s’est effectuée sur fond de violences, l’armée française prolongeant une vraie guerre conduite contre les militants nationalistes. Ce fut la première intervention néocoloniale en faveur du gouvernement Ahidjo, choisi et contrôlé par l’ex-métropole. Le soutien durera jusqu’en janvier 1971, lorsque fut exécuté le dernier dirigeant maquisard, Ernest Ouandié. Toujours ignorée de l’opinion française, cette guerre contemporaine de celle d’Algérie a laissé une plaie à vif dans la mémoire camerounaise. D’où l’effarement ayant accueilli le dernier gadget sarkozyen concernant l’Afrique : inviter les chefs d’état des ex-colonies dans la tribune officielle pour le défilé du 14 Juillet prochain. Premier titre quotidien, le Messager vient de publier une longue lettre ouverte à Nicolas Sarkozy signée Badiadji Horretowdo, rappelant la cruauté de cette « campagne d’extermination : sagaies contre armes automatiques, à grand renfort de napalm »…
Interrogé, Moukoko Priso, actuel secrétaire général de l’UPC, souligne : « La présence sur les Champs-Élysées de chefs d’État de l’Afrique dite francophone serait la confirmation du fait que nous vivons toujours dans un système de nature coloniale. L’initiative française peut être perçue comme une espèce de deuxième discours de Dakar ; une nouvelle insulte… » Quant aux présidents qui répondront ? « Ils vont chez le maître boire le champagne… » Samuel Mack-Kit (dirigeant UPC également) ajoute : « La diaspora africaine est excédée par l’arrogance des milieux gouvernementaux français… »///////Jacques Chatain
Ousmane Sow, de Gaulle
Rédigé par psa le 18/02/2010 à 00:18
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Diplomatie Publique
Quarante années de petites politiques assorties de peu de résultat, ça laisse des traces. Et, lorsqu’on a pour seul label qu’exister en tuant le temps et toute action politique évolutive, on perd tout sens de l’intérêt commun. Il a beau y avoir panique à Lomé 2, les membres de l’opposition togolaise trouvent encore moyen de se diviser autour d’un si petit dénominateur : une candidature unique pour les présidentielles de ce février 2010. L’initiative d’un des leurs, François Boko, avait le mérite d’offrir aux uns l’appât de la grandeur et du dépassement. La réunion à Paris à cet effet semble avoir tourné court. La mise aurait néanmoins été sauvée par quelques téméraires, nouvellement arrivés à la tête de leur formation et soucieux d’une certaine ambition évolutive –Fabre, Agbéyomé, Yamgnane le recalé, tandis que les « vieux de la vielle » par Adjamagbo et Agboyibo représentés, n’en finissent pas de trouver matière à redire. Dans sa Longue marche vers la Liberté, Nelson Mandela est souvent présenté comme profondément humain avec un sens élevé de la grandeur de l’humilité que l’icône mondiale qu’il n’a pourtant pas évité d’être. C’est un affilié permanent à l’altruisme politique, celui qui sait produire des résultats de grande valeur pour le commun de ses concitoyens. C’est une telle grandeur que le monde entier trouve toujours moyen de célébrer. Et, vingt ans après sa sortie de prison, il y a effectivement lieu de porter un regard admirateur sur l’audace du compromis dont Mandela a su faire preuve pour sauver son pays des affres de l’égoïsme et de l’exclusion. Au moment où les politiques togolais se cherchent en disant qu’ils étaient bien là avant les autres, nous autres, sommes en fête et en grande joie. Heureux d’avoir connu et partagé avec le monde entier cette émotion du 11 février 1990, lorsque Mandela franchissait dans le bon sens les portes de sa prison. Libre depuis sa naissance, malgré ses 27 années de prison, Mandala n’a jamais été prisonnier des chaines de la haine. À l’air libre, les politiciens togolais ne demeurent pas moins prisonniers de la dissension et de la petitesse calculatrice. Jusqu’à quand ? Et pourtant, ce pays a besoin d’une opposition organisée et efficace. Jusqu’à quand les Togolaises et les Togolais devrons attendre ?
Rédigé par psa le 11/02/2010 à 00:11
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L’esprit des utopies est-il en train de revenir dans les idées et les cités? C’est ce que semblent indiquer les nombreuses manifestations organisées pendant toute l’année 2010 sous le titre «Utopies & Innovations, inventer pour dépasser les crises», de Bâle à Chalon-sur-Saône en passant par Besançon, Yverdon, Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds, Dijon, Mulhouse et, bien sûr, les Salines royales d’Arc-et-Senans, modèle de cité idéale édifié à la fin du XVIIIe siècle.
Patrick Wecksteen
Au même moment, la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne propose un cycle de conférences et de débats sur le même sujet. Et un film de Richard Dindo, racontant l’aventure d’un groupe d’Américains qui va s’installer sur Mars pour faire naître une nouvelle civilisation et une nouvelle race d’êtres humains, sort bientôt sur les écrans.
L’utopie désigne un lieu hors du monde réel où pourrait s’établir une société idéale qui garantisse le bonheur. Le mot, inventé par Thomas More au début du XVIe siècle, et le projet utopique ont accompagné le développement cruel de l’industrie jusqu’au XXe siècle. D’innombrables individus ont tenté de les inscrire dans la réalité et de mettre sur pied des communautés de vie et de travail, y compris en Suisse. Mais le désir d’utopie semblait s’être éteint après les années 1960-1970 et surtout depuis la chute du communisme soviétique, qui a longtemps confisqué l’espérance. Cela n’empêchait pas de rêver de corps et d’esprits impeccables, d’imaginer des horizons harmonieux et de nourrir de nouveaux espoirs alimentés cette fois par de nouveaux dangers, l’urbanisation débridée, les inégalités croissantes, le terrorisme, les menaces sur le climat ou sur la santé. Et de confier l’avenir à la science, comme dans les anciennes utopies. Or toutes les tentatives de les réaliser se sont transformées en cauchemars parce que le bonheur organisé dans les moindres détails, la volonté de maîtrise totale sur l’avenir et l’abolition des incertitudes engendrent aussitôt le contrôle, la surveillance et la conformité comme règles. Les nouvelles utopies ne ressemblent pas aux précédentes qui prétendaient asservir une nature inépuisable; nous savons qu’elle ne l’est pas. Mais le visage grimaçant des vieilles utopies réapparaît dans l’obsession de tout prévoir sous prétexte de sauver l’essentiel.////////Laurent Wolf
Rédigé par psa le 30/01/2010 à 08:26
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Toute la semaine, ce sont des cris d’horreur qui sont poussés dans le monde américain des affaires contre le président des États-Unis. Les mêmes cris sont poussés sur la petite île artificielle qui jouxte Montréal, Île-des-sœurs, dont les responsables municipaux ont cru répondre au vouloir de leurs citadins-nouveaux-riches en retirant de la vue des enfants, un nu de Carl Duplessis, Se prélasser. Parce que « La censure, c’est l’éteignement de l’esprit! » dit un des nombreux déçus, restons alors sous les lumières clinquantes qui se dégagent des yeux des taureaux newyorkais qui sévissent sur l’autre île, celle de Manhattan. Les titres de Forbes à eux seuls sont des plus éloquents : One Year Of Obama - Do I regret voting for him? Obama The Destroyer, etc. Plus loin, en Suisse, on en a une idée autre, celle du bon combat financier contre la cupidité humaine.
Carl Duplessis, Se prélasser
Aux banquiers de Wall Street qui espéraient un retour du «Business as usual», Barack Obama a apporté un démenti catégorique. La vigueur du président américain en a surpris plus d’un, à en juger par le net recul en bourse des actions bancaires qui a suivi son intervention Bien sûr, tout reste à faire. Le Congrès acceptera-t-il de restreindre le champ d’activité des grandes banques et d’en limiter la taille, comme le demande Barack Obama? Après le cinglant revers essuyé par les démocrates au Massachusetts en début de semaine, rien n’est gagné. Cependant, le «combat» que le président américain se dit prêt à mener est le bon. Contrairement à ses homologues européens qui tapent sur les bonus pour flatter leur opinion publique, Barack Obama s’attaque au vrai problème: maîtriser le risque systémique posé par des établissements devenus trop grands pour faire faillite.
Ses annonces complètent intelligemment la taxe spéciale annoncée la semaine dernière, qui vise à prélever une sorte de prime d’assurance sur les grandes banques. Il est cependant trop tôt pour juger de leur efficacité. Les idées mises sur la table hier restent vagues. Comment, dans le détail, interdire telle ou telle activité et contraindre la taille des banques? Les réponses sont multiples. Pour régler un problème proche de celui de Washington, la Banque nationale suisse a préféré une autre voie. Pour éviter de devoir une nouvelle fois venir au secours d’UBS, la BNS a préféré le renforcement des fonds propres.
Une question se pose maintenant pour les banques étrangères: quel mode de fonctionnement adopter aux États-Unis. Déjà, des voix commencent à s’élever en Suisse pour appeler à une coordination internationale de la régulation bancaire. Pour le moment, les Américains ont lancé leur débat. Il sera ensuite d’autant plus facile d’harmoniser les pratiques que le leader mondial, d’où est partie la crise, cherche des solutions dans la bonne direction./////// Frédéric Lelièvre
Rédigé par psa le 22/01/2010 à 22:22
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Devant l’immensité du besoin, nul ne peut rester indifférent. De la proposition du président sénégalais d’accueillir les Haïtiens en Afrique à la volonté des écoliers maliens désireux d’envoyer des livres en Haïti, en passant par le million de dollars déboursé par le Gabon ainsi que les lettres de condoléances envoyées par plusieurs autres États africains, il faut faire quelque chose, faire appel à l’imagination et agir, agir encore pour Haïti, individuellement et collectivement. Partout il y a mobilisation : Chris Martin, George Clooney, Angelina Jolie, Brad Pitt, Oprah Winfrey, Lance Armstrong, Alyssa Milano, Anthony Kavanagh, Wyclef Jean, Jimmy Jean-Louis, etc. En France, des célébrités se mobilisent aussi. À l'initiative de la chaîne Trace TV, Charles Aznavour, Les Neg'Marrons, Passi, Grand Corps Malade, Youssou N'Dour et Stomy Bugsy, parmi une quarantaine d'artistes, ont accepté de participer à l'enregistrement vendredi à Paris d'une chanson "Un geste pour Haïti Chérie". Mis à la disposition de toutes les chaînes, le clip sera diffusé en France ce lundi 18 janvier 2010, Jour de MLK aux États-Unis.
Gilles Rousset
Les images épouvantables qui arrivent d’Haïti provoquent la peine, la compassion, la générosité et l’engagement. Mais aussi une stupeur de l’esprit devant ce spectacle terrifiant dont l’humanité devient le témoin d’un bout à l’autre de la planète grâce aux photographies, aux reportages des télévisions et à Internet. Chacun est cloué sur place par ce qui advient ailleurs et glacé de l’intérieur face à l’ouvrage de la mort.
Autrefois, les communautés avaient leurs symboles, leurs rituels, leurs histoires racontées, qui leur permettaient d’intégrer l’inexplicable, l’inacceptable à leur propre existence. Les religions, les philosophies, l’art, tout ce qui concourt à représenter la disparition contribuait à rétablir l’équilibre des sentiments, à connaître la mort qui viendra, à ressouder les êtres autour du désir de vivre. Aujourd’hui, chaque catastrophe particulière est mondialisée. Ce qui se passe en des lieux éloignés se passe aussitôt ici. Ce qui arrive à d’autres nous arrive aussi. Et nous ne savons pas comment faire face, pris entre l’indifférence qui guette et l’empathie vertigineuse. Comment trouver des réponses à ces douleurs planétaires d’autant plus amères qu’elles ne sont rien à côté de la souffrance des victimes réelles?
À Paris, une exposition de Christian Boltanski, un artiste français né à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, propose la vision symbolique de la mort qui attend les autres et qui nous attend aussi, des milliers d’habits étalés au sol, enlevés par une grue qui les rejette avec indifférence dans le vacarme de 400 battements de cœur diffusés par une sono puissante. L’art ne guérit pas les plaies; il ne ressuscite personne. Mais le choc est immense entre ses images et celles qui viennent en ce moment de la catastrophe. Il peut nous réapprendre à les voir, à comprendre ce qui nous bouleverse, et à reconnaître ce que le déni de la mort s’emploie à nous faire oublier.//////// Laurent Wolf
Rédigé par psa le 17/01/2010 à 21:17
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Le musée du quai Branly accueille jusqu'au 31 janvier 2010 une exposition thématique autour de la revue littéraire Présence africaine. En effet, depuis le 10 novembre, le musée des arts et civilisations d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et des Amériques dévoile une série d'ouvrages, de photographies et d'enregistrements audiovisuels sur l'émancipation culturelle africaine. Suivant un parcours chronologique, à partir des années 20, l'exposition retrace l'émergence de diverses tribunes pour la pensée et les revendications du monde noir, dont la revue Présence africaine. Un gout de liberté et d’émancipation qui ne s’est jamais démenti.
En construction...50 ans « La vraie générosité envers l'avenir consiste à tout donner au présent. » Albert Camus
Fondée en 1947 à Paris par le Sénégalais Alioune Diop, que son compatriote Senghor tenait pour un "Socrate noir", la revue Présence africaine sut d'emblée attirer dans ses colonnes la fine fleur des ethnologues, anthropologues, écrivains et philosophes. De Balandier à Sartre, de Césaire à Camus, tous les procureurs de l'ignorance et du colonialisme y ont trouvé une tribune. "Mais Présence fut aussi un mouvement et un réseau", insiste Sarah Frioux-Salgas, commissaire de l'exposition sobre et riche qu'héberge le musée du Quai Branly.
De fait, la maison d'édition créée par Diop publiera les textes de référence des hérauts du panafricanisme et de la négritude. De même, cette mouvance produira Les statues meurent aussi, film brûlot d'Alain Resnais et de Chris Marker, un temps censuré en France. C'est encore sous son aile que vont éclore, dès 1956, le Congrès des écrivains et artistes noirs puis, dix ans plus tard, le premier Festival mondial des arts nègres de Dakar. Au fil de ce voyage au pays d'une pensée combattante, que balisent journaux, lettres, livres, photos, images d'archives et entretiens vidéo, un doute affleure pourtant: où sont, dans l'Afrique d'aujourd'hui, les légataires d'un tel héritage? Penserions alors que Présence Africaine soit devenue une chose commune pour ne plus avoir d’héritiers désignés.Ce grand intellectuel sénégalais, Alioune Diop, l'avait créée dans le but, selon ses termes, "d'ouvrir à la collaboration de tous les hommes de bonne volonté (Blancs, Jaunes ou Noirs), susceptibles d'aider à définir l'originalité africaine et de hâter son insertion dans le monde moderne". De nombreux artistes de la pensée ont participé a ce voyage au bout de l’originalité africaine et pas les moindres, il faut le redire, Albert Camus, Jean-Paul Sartre, Richard Wright, Léopold Sédar Senghor ou André Gide ; mais c’est comme si l’œuvre s’est métamorphosée depuis toujours. On ne doit pas oublier que Présence africaine reprend l'initiative du sénégalais Lamine Senghor de donner la parole aux Noirs, dès les années 20, dans le périodique La voix des nègres. Les écrivains martiniquais Aimé Césaire et Paulette Nardal perpétuent, à partir de 1937, cette ambition culturelle panafricaine en publiant La Revue du Monde Noir, Légitime Défense ou encore Tropiques. C’est à ce retour sur l’Histoire d’Afrique à travers une de sa diaspora que cette exposition invite à Paris. L’occasion du retour sur un des chefs d’œuvre publié dans les colonnes de Présence Africaine: Afrique mon Afrique
Afrique des fiers guerriers dans les savanes ancestrales
Afrique que chante ma grand-mère
Au bord de son fleuve lointain
Je ne t'ai jamais connue
Mais mon regard est plein de ton sang
Ton beau sang noir à travers les champs répandu
Le sang de ta sueur
La sueur de ton travail
Le travail de l'esclavage
L'esclavage de tes enfants
Afrique dis-moi Afrique
Est-ce donc toi ce dos qui se courbe
Et se couche sous le poids de 1'humilité
Ce dos tremblant à zébrures rouges
Qui dit oui au fouet sur les routes de midi
Alors gravement une voix me répondit
Fils impétueux cet arbre robuste et jeune
Cet arbre là-bas
Splendidement seul au milieu des fleurs
blanches et fanées
C'est l'Afrique ton Afrique qui repousse
Qui repousse patiemment obstinément
Et dont les fruits ont peu à peu
L' amère saveur de la liberté.
David DIOP, Coups de pilon dans Présence Africaine, 1956
Rédigé par psa le 01/01/2010 à 05:01
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Clair Obscure de Gadea
Le malaise est grand face à la qualification de la France pour la Coupe du monde de football 2010 en Afrique du Sud. La main fautive de capitaine de l’équipe de France, qui a pratiquement fait du yoyo avec la balle, le handball carrément, jette un froid et surtout des interrogations sur les règles désuètes qui prévalent encore dans le football, surtout lors des grandes compétitions. On demande à un arbitre, simple humain, livré à lui-même sur un vaste terrain de jeu, de tout voir en tout temps et en toute position. Il est vrai qu’il est aidé de deux juges de touche trop souvent préoccupé à détecter les « Hors-jeu » devenus très subtils. Mais il faut bien reconnaitre que c’est largement insuffisant tout ça! Cet incident malheureux du France-Irlande du 18 novembre 2009 apporte de l’eau au moulin de tous ceux qui, comme moi, pensent que les règles du jeu doivent évoluer au bénéfice du football éthique et agréable. Certaines personnes qui me connaissent depuis, retrouveront cet argumentaire que depuis des années, probablement plus d’un quart de siècle, je développe quant à l’évolution de notre Foot roi. Deux domaines m’intriguent suffisamment pour que je persiste à trouver que les règles actuelles sont peu équitables : le contrôle du temps qui n’est pas transparent et doit évoluer pour ressembler à ce qui se fait au basketball d’abord, et le doublement du juge de champ et le triplement du nombre de juges de touche ensuite. Sur ce dernier aspect, deux juges de champ, un principal et un secondaire, qui jouent des rôles complémentaires ne peuvent que sécuriser davantage le jeu. Et, quatre à six juges de touche pour aider les juges de champs ne peuvent qu’aider à rendre le football agréable et plaisant, car suffisamment surveillé. C’est une nécessité implacable que le football doit évoluer et s’adapter aux moyens nouveaux, surtout les moyens d’un encadrement humain adéquat. De plus, les 90 minutes de jeu doivent être le temps effectivement mis dans l’activité lorsque la balle est en jeu : Fini les lenteurs lors des remises en jeu nombreux qui émaillent le football, les temps qui entourent les mille et une contestations ainsi que les caprices sur l’air de jeu qui sont autant de moments de jeu perdus. Comme au basketball et dans plusieurs autres sports collectifs dont le handball, le chronomètre se doit d’être visible à tout le monde et ne tourner que lorsque la balle est réellement en jeu. À défaut de grands moyens de télévision qui permettront les reprises des situations litigeuses et rendront le football élitiste et technologiquement dépendant, il est raisonnablement possible de maintenir la démocratisation du football en augmentant le nombre des juges et surtout avoir des officiels dévolus à la gestion du temps de match. Le cas Thierry Henry pose plusieurs perspectives éthiques également. Il appelle surtout à l’éthique d’une meilleure gestion du football sans en saper son universalité. Il est peut-être temps que la FIFA y travaille sérieusement. En attendant, l’erreur fait partie du jeu et l’arbitre aussi. Et j’espère que cet arbitre suédois, Martin Hansson, ne finira pas aussi malheureusement sa carrière pour n’avoir été qu’un simple humain à qui les exigences du jeu demandaient plus qu’il ne pouvait donner. Pour un chevronné ancien arbitre international suisse, Philippe Leuba, des excuses peuvent être trouvées au trio arbitral, emmené par le Suédois Martin Hansson: «C’est possible que l’arbitre central ait été masqué, et qu’il n’ait pas vu l’attaquant français faire sa faute de main.» Quant à l’arbitre assistant, il devait à la fois s’intéresser au comportement de Thierry Henry et au positionnement des autres Tricolores pour vérifier s’ils ne se trouvaient pas en position de hors-jeu. Une tâche ardue! L’Irlande, méritante est en réalité remplacée par la France. C’est le destin de l’Europe en ce novembre 2009 où des remplaçants discrets comme le Premier ministre belge, Herman Von Rompuy, et la commissaire européenne au Commerce, Catherine Ashton, viennent d’être choisis par les dirigeants de l'UE pour devenir les premières adresses politiques de l’Europe, ceux dont les numéros de téléphones avaient longtemps été demandés par l’intrépide Henry, l’autre Henry, Henry Kissinger. Entre ombre et lumière, l'Europe est comme elle avance, en clair obscure.
Rédigé par psa le 20/11/2009 à 01:00
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Diplomatie Publique
Rédigé par psa le 14/11/2009 à 15:40
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En difficulté au sein de la majorité présidentielle, Rama Yade voit sa cote de popularité renforcée en novembre, suivie par Bernard Kouchner, Dominique Strauss-Kahn et Bertrand Delanoë. C'est ce que révèle le dernier baromètre politique du Figaro Magazine. La cote de confiance de Nicolas Sarkozy est en baisse de 2 points pour atteindre 37%. Celle de François Fillon (39%) est en revanche en hausse. Dans ce pays où tous les politiques ont les yeux rivés sur ce fameux baromètre, Rama Yade doit néanmoins se préparer à affronter un fort vent d’hostilité entretenu par l’Élysée et désormais amplifié sous des dehors paternalistes par Matignon et son hôte François Fillion, voulant à tout prix devoir expliquer la Ve République à la populaire ministre rebelle-enfant-de-la-Patrie, décidée à protéger les sportifs professionnels que d’appliquer une politique publique, sans discernement. En présentant Rama Yade comme celle qui ne connait pas les règles du jeu gouvernemental et moins encore, une personne qui ne sait pas travailler en équipe, la porte de sortie est pratiquement montrée à Rama Yade. Le débat est dans tous les médias français, relayé par les journaux africains… Dans les conditions actuelles, le risque pour Rama Yade de quitter le gouvernement est réel, tout autant que son pari sur l’avenir qu’elle a devant elle, à la différence de plusieurs acteurs du gouvernement français.
Rama Yade désormais à genou à droite…
La suppression du droit à l'image collectif (DIC) pour les sportifs professionnels serait dangereuse pour la compétitivité du sport français, estime la secrétaire d'État aux Sports Rama Yade dans un communiqué. "Cette suppression serait très dangereuse car elle nuirait immédiatement et de manière durable à la compétitivité du sport français", affirme la secrétaire d'Etat, en réaction au vote d'un amendement par la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale, envisageant la suppression immédiate du DIC. "D'abord, explique Rama Yade, croyant limiter les salaires des joueurs professionnels, ceux qui souhaitent la suppression du DIC manqueront nécessairement leur cible puisque le DIC bénéficie d'abord aux clubs, et non aux joueurs, par le biais d'un allègement de leurs charges sociales." "Ensuite, le DIC a démontré son efficacité puisqu'il a permis de retenir ou de faire revenir certains joueurs professionnels en France, comme cela a été récemment le cas avec Sébastien Chabal ou Yoann Gourcuff", argumente Mme Yade. "Enfin, poursuit-elle, le DIC est l'un des rares dispositifs qui permet au sport français de résister à la concurrence farouche des autres pays européens, qui bénéficient, eux, de niveaux de prélèvements obligatoires plus faibles que les nôtres et de facilités d'endettement que notre système de contrôle financier des clubs ne permet pas."
Rama Yade plaide donc pour un maintien du DIC jusqu'en 2012, comme prévu initialement, le temps de trouver une solution à l'échelle européenne, pour aboutir "à la mise en place d'un système de fair-play financier, c'est-à-dire de nouvelles règles financières plus rigoureuses, plus équitables et communes aux clubs européens, afin d'éviter que les capacités d'endettement illimitées de certains clubs européens ne désavantagent le sport professionnel français".
Mardi François Fillon s'en est pris vertement à Rama Yade lors d'une réunion du groupe UMP à l'Assemblée. Il "faudra tirer les conséquences le moment venu" de ses prises de position, a dit le Premier ministre. La secrétaire d'Etat s'était exprimée, après les arbitrages, contre la suppression du dispositif d'exonérations de charges sociales pour le sport professionnel, un avis inverse de celui de sa ministre de tutelle Roselyne Bachelot. "Le Premier ministre a rappelé un certain nombre de principes", a dit M. Chatel sur i-Télé. "Quand il y a débat, il y a un certain nombre de lignes rouges, les lignes rouges c'est en particulier que les arbitrages rendus en inter-ministériel, validés par le Premier ministre et le président de la République, doivent être respectés", a-t-il affirmé. "Ce n'est pas à moi de décerner des bons et des mauvais points", a ajouté le porte-parole du gouvernement. "J'ai été DRH (directeur des ressources humaines) dans une vie passée, je ne suis pas DRH du gouvernement", a-t-il ajouté. Alors qu'on lui demandait combien de temps Rama Yade resterait secrétaire d'Etat au Sports, M. Chatel a répondu : "c'est au président de la République et au Premier ministre d'en décider". Sur LCI, interrogée sur la même question, la ministre de l'Economie Christine Lagarde a déclaré : "d'abord ce n'est pas à moi de le dire et deuxièmement il faut apprendre les règles du jeu". "Quand on est jeune, c'est parfois un peu plus difficile, il faut parfois un grand frère ou une grande sœur ou un chef d'équipe pour rappeler les règles", a-t-elle ajouté. Sauf que le vrai chef d'équipe, Nicolas Sarkozy, à mi-mandat, a toujours besoin aussi d'un d'un grand frère, d'une grande sœur...
Rama retrouvera-t-elle Ségolène comme grande sœur ? Probablement pas !
Rédigé par psa le 06/11/2009 à 00:06
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Dans quelques jours, on fêtera le 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin. Le dernier secrétaire général du Parti communiste de l’Union soviétique raconte comment il a vécu la fin du communisme, ses succès et son échec personnel. «On ne saurait porter directement au crédit de Mikhaïl Sergueïevitch Gorbatchev les événements de 1989: il ne les avait pas préparés et n’en saisit que vaguement l’importance à long terme. Mais il en fut la cause permissive et précipita le cours des événements. Ce fut bien la révolution de M. Gorbatchev.» Le verdict est de l’historien Tony Judt qui conclut par ces lignes le chapitre sur «La fin de l’ordre ancien» dans sa monumentale Histoire de l’Europe ( * Tony Judt, «Après-Guerre, une histoire de l’Europe depuis 1945», trad. de l’anglais par Pierre Emmanuel Dauzat. Ed. Hachette Littératures, Paris, 2007.). Mikhaïl Gorbatchev accède au poste de secrétaire général du Parti communiste de l’Union soviétique en 1985 et lance aussitôt la politique de glasnost (transparence) et de perestroïka (restructuration). A l’été 1989, il déclare sans ambiguïté que l’Union soviétique ne s’immiscera plus dans les affaires intérieures de ses États satellites de l’Europe de l’Est. Il sonne la fin d’un empire. L’effet domino sera fulgurant. Politicien toujours engagé et par ailleurs fondateur de la Croix-Verte internationale dont le siège est à Genève, Mikhaïl Gorbatchev explique dans une interview exclusive à Le Temps (Frédéric Koller) comment il a vécu ces événements.
Boris Vallejo
La chute du mur de Berlin est associée à l’effondrement du communisme en Europe. Avec le recul pensez-vous qu’un autre scénario aurait été possible?
Il est difficile de me souvenir des détails, mais ce n’était pas si inattendu. De grands changements étaient en cours en Union soviétique et en Europe de l’Est. Il y avait un grand problème non résolu depuis la guerre: celui d’une Europe divisée qui concernait en particulier les Allemands. L’idée d’un changement s’est imposée, par une union monétaire, puis une confédération de deux Etats allemands. Mais ce devait être graduel. Or les passions se sont exacerbées et les Allemands ont pensé que c’était tout de suite ou que l’occasion serait perdue pour l’unification. En décembre, Hans Modrow [premier ministre est-allemand de novembre 1989 à mars 1990] m’a téléphoné pour me dire: «Ici, hormis les bureaucrates, tout le monde souhaite une unification immédiate.» En janvier 1990, nous faisions la chronique quotidienne des manifestations à l’Est et à l’Ouest pour une réunification immédiate. J’ai réalisé que, dans ce cas, il fallait que nous changions notre politique, celle des nations victorieuses de la Deuxième Guerre mondiale. Aucun leader de ces nations n’était enthousiaste à l’idée d’une rapide réunification. C’étaient les Allemands qui la réclamaient. Margaret Thatcher était contre. François Mitterrand, mon ami, m’a dit: «Nous aimons tellement les Allemands que nous voulons pour eux deux Allemagnes!» C’était son style… Il n’empêche, la chose à retenir c’est que, bien qu’il y ait eu des disputes, tous ces leaders sont parvenus à un accord sans trop de frictions pour une unification allemande. La pomme était mûre, il fallait la cueillir. » Une alternative à cette voie? Oui, cela aurait été possible. Si Erich Honecker, le président de la République démocratique allemande (RDA), avait entamé deux ou trois ans plus tôt le processus des réformes pour démocratiser le pays. Les gens le voulaient. Dans tous les autres pays, le changement était en marche. L’URSS, qui était la forteresse du socialisme, changeait. Honecker, en cette occasion, n’a pas agi. Auparavant, nous voulions que les leaders des pays de l’Europe de l’Est nous suivent. Cette fois-ci nous avons dit: nous voulons la perestroïka. Nous allons la réaliser mais c’est vous qui décidez ce que vous voulez pour votre pays. Nous n’interférerons pas. A deux reprises, des leaders de ces pays ont fait appel à nous pour intervenir…
Lesquels?
Je ne les mentionnerai pas. Nous leur avons dit d’agir au mieux, selon leurs besoins. À vous de décider. Nous ne sommes pas intervenus.
Le 7 octobre 1989, à l’occasion du 40e anniversaire de la RDA, vous rencontrez Honecker. L’épisode s’est imposé dans les mémoires comme le «baiser de la mort». Que lui avez-vous dit exactement?
Cette fameuse bise n’avait aucune signification particulière. Nous avons eu une longue conversation et j’ai compris qu’il ne saisissait pas ce qui était en train de se passer. Le soir même, il y a eu un défilé à la torche de jeunes gens qui demandaient le changement en chantant «Gorbi, aide-nous!» J’étais à côté de Honecker. Il chantait seul de son côté, il ne comprenait pas, et j’en étais désolé.
Gustave Courbet
Aux Etats-Unis, on pense que c’est l’intransigeance du président Ronald Reagan qui a précipité la chute du communisme. Qu’en pensez-vous?
Ils ne le disent plus. J’ai visité il y a quelques mois le Musée Ronald-Reagan en Illinois. Là, tout comme dans l’establishment américain, on comprend peu à peu que c’est parce que l’URSS changeait avec une nouvelle génération de dirigeants que les choses ont évolué. Sans ces changements, Reagan aurait pu exécuter toutes les danses qu’il voulait à Berlin, le Mur serait toujours là. Un des premiers problèmes que nous voulions régler en tant que nouveaux leaders était de normaliser nos relations avec les Etats-Unis. Et nous avons eu un certain succès. Par ailleurs, parmi les proches de Reagan, certains avaient compris que Gorbatchev et ses réformes leur offraient une belle occasion. Reagan avait la réputation d’être un guerrier de la Guerre froide. Au début de son second mandat, dans son entourage, on s’interroge sur son héritage. Allait-il rester dans l’histoire comme un guerrier ou un faiseur de paix?
Quelle fut l’importance de la course aux armements dans l’effondrement de l’URSS?
Ce n’était certainement pas le principal facteur. Cela n’a rien à voir avec la dynamique qui mènera à la chute de l’URSS. La course aux armements a engendré des pertes majeures pour nos deux nations et nos deux économies. Les Américains et les Russes ont payé 10 000 milliards de dollars chacun pour cette surenchère, et il y avait une réelle menace de guerre nucléaire. Mais ce sont bien les luttes internes concernant le futur de l’union qui sont à l’origine de la chute de l’URSS. Il faut se baser sur les faits et non sur des concepts issus de l’imagination.
Quel était votre objectif en 1989?
Jusqu’au dernier moment j’ai pensé que l’union de nos républiques pourrait être préservée. Des erreurs ont été commises. La République de Russie était dirigée par des gens qui agissaient contre les principes de la perestroïka, contre une nouvelle forme d’union où toutes les républiques seraient égales. Ces gens étaient comme des animaux, assoiffés de pouvoir, ils ont ruiné le pays, ruiné l’union, ruiné l’économie et leur propre futur. En tant que politicien j’ai peut-être perdu, mais les politiques que j’ai défendues ont permis de réaliser toutes les transformations nécessaires jusqu’en 1991. La perestroïka avait atteint un point de non-retour. J’ai perdu, mais la perestroïka a gagné.
Le concept de «perestroïka» évoluait au fil des événements. En aviez-vous une définition précise?
L’idée de la perestroïka était de mettre un terme au système totalitaire, d’évoluer vers la démocratie, l’économie de marché, la liberté d’expression et de la presse, l’ouverture vers les autres pays. Tout cela s’est réalisé. Ceux qui voulaient un menu, comme au restaurant, des spaghettis, un second plat, ceux qui voulaient que la perestroïka soit une liste, se trompaient. Nous avons bougé graduellement dans la direction qui nous semblait la bonne. D’un point de vue tactique, oui, nous avons fait des erreurs, il a fallu adapter notre trajectoire. Dans un pays comme la Russie avec l’industrialisation que nous avions entreprise, il y avait énormément de défis.
La «perestroïka», c’était des réformes économiques et politiques simultanées. A l’inverse, la Chine mène des réformes économiques avec de vagues promesses politiques. Que vous inspire le modèle chinois, cette antithèse de la «perestroïka»?
Ce que font les Chinois est super! A présent ils ont la Chine nouvelle, et ils ne savent pas très bien quoi faire. Ils devraient y réfléchir plutôt que de s’auto-congratuler. Je plaisante, bien sûr. Plus sérieusement, vous savez que les Chinois ont en fait commencé par une «réforme politique». C’était la Révolution culturelle, elle a duré une décennie, même Deng Xiaoping est parti en camp de rééducation. Ensuite seulement ils ont entamé leurs réformes économiques, mais pas à pas. La Chine est un pays très différent. Nous avions besoin de la perestroïka pour un peuple très éduqué.
Que pensez-vous de la façon dont Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev dirigent aujourd’hui la Russie? Assiste-t-on à un retour en arrière avec ce néo-autoritarisme assumé?
Souvenez-vous que la priorité numéro un du pouvoir actuel était de remédier au chaos légué par Boris Eltsine, un homme tant célébré par l’Occident comme un vrai démocrate. Son legs: chaos dans l’économie, chaos dans l’armée, chaos dans l’éducation, chaos dans la démocratie. Dans tous les domaines, c’était la désintégration. Nos amis à l’Ouest semblent incapables de pardonner à Poutine d’avoir sorti le pays de ce chaos. La Russie a pu se redresser – bien sûr avec une petite aide de Dieu. Dieu s’est dit, OK, aidons un peu ce Poutine! Et le prix du pétrole a commencé à grimper sur le marché international…
La première présidence de Poutine a consisté à consolider le pays. Désormais le pays est stabilisé. Le temps est venu de renforcer la démocratisation des institutions du pays. Mais retenez cela, nous ne sommes qu’à mi-chemin sur la voie de la transition démocratique. Nous affrontons certains problèmes qui ne peuvent pas facilement être réglés par un système démocratique. C’est pourquoi le pouvoir doit parfois user de méthodes autoritaires. On doit dire franchement et ouvertement que si ces méthodes autoritaires peuvent parfois se justifier, elles ne doivent en aucun cas devenir la règle. Nos dirigeants ne doivent pas recréer un système totalitaire. Je ferai de mon mieux pour que le point de vue démocratique l’emporte et que la société civile continue à se développer.
Vous seriez sur le point de créer un nouveau parti politique. Qu’en est-il?
Nous avons besoin d’un parti politique fort et indépendant, capable de critiquer le gouvernement. C’est à l’agenda. Mais il y a un problème: j’ai 78 ans.
Gorbatchev est très populaire à l’Ouest et très impopulaire en Russie. Comment gérez-vous cela?
Dans le passé c’était vrai. A présent, je n’en suis plus si sûr. Je suis une personne libre. Comme citoyen russe, de quoi de plus aurais-je besoin? Le pouvoir? Je l’ai eu. Maintenant je me contente de mon rôle critique et d’aider les jeunes.
Une évocation de la Femme au perroquet de Gustave Courbet
Rédigé par psa le 02/11/2009 à 02:02
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Diplomatie Publique
Benoît XVI a célébré dimanche 25 octobre à Saint-Pierre de Rome la messe de clôture de la deuxième assemblée spéciale pour l’Afrique du Synode des évêques. Un Synode résolument pastoral, qui s’est voulu à l’échelle de l’Église universelle.
La basilique Saint-Pierre du Vatican le 25 octobre 2009 à l'occasion de la dernière journée du Synode pour l'Afrique.
Kikongo, swahili, yorouba, guèze, mais aussi français, anglais, italien, portugais… et le latin pour l’Évangile. Les langues qui ont résonné ce dimanche dans la basilique Saint-Pierre durant la célébration de clôture du Synode, présidée par le pape entouré de 294 concélébrants, ont été à l’image de ce synode : diverses mais en communion. « Nous nous sommes parlé ! » Au fil des 236 interventions, l’évidence s’est en effet imposée. Une « collégialité affective et effective » a émergé, soulignée par Mgr Edmond Djitangar, évêque de Sarh (Tchad) et l’un des deux secrétaires spéciaux. Et ils en avaient besoin, les évêques d’Afrique, ou plutôt des Afriques.
« Confiance ! Lève-toi, continent africain ! » leur a dit Benoît XVI ce dimanche, leur rappelant « la prédilection de Dieu pour ceux qui sont privés de liberté et de paix, pour ceux qui sont violés dans leur dignité de personnes humaines. » C’est bien en souffrant dans leur chair que ces évêques voient des enfants-soldats à qui on donne des kalachnikovs, qu’ils voient leurs diocèses se vider de millions d’émigrants qui vont mourir dans ces cimetières à ciel ouvert que sont devenus la Méditerranée, le Sahara ou la grande forêt du Congo, qu’ils voient une partie des élites africaines participer au pillage de leur pays, qu’ils voient des familles entières décimées par le sida. Tout cela, ils ont pu le partager entre eux et le dire au monde. Car ce Synode a été véritablement universel.
Le Saint-Père, en passe de devenir pour beaucoup un « guide de l’Afrique », a été présent à la plupart des sessions. Le cardinal Péter Erdö, archevêque d’Esztergom-Budapest et président du Conseil des Conférences épiscopales d’Europe (CCEE), a souligné, pour La Croix, plusieurs analogies : « En Hongrie comme en Afrique du Sud, la transition vers la démocratie s’est accompagnée d’une “dictature des libérateurs”. Et les violences du Rwanda reposent sur des fondements assez proches des drames de l’ex-Yougoslavie. »
L’un des cris majeurs de ce Synode a été l’appel à la « sainteté » des dirigeants, en particulier catholiques. Edem Kodjo, ancien secrétaire général de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), ancien premier ministre du Togo, et professeur de patrologie à l’Institut Saint-Paul de Lomé, était auditeur à ce synode. « Nos gouvernants, trop souvent, ne sont pas à la hauteur, a-t-il confié. L’Église a le devoir d’appeler à plus de justice, plus de solidarité, plus de recherche du bien commun. À plusieurs reprises, j’ai hésité à poursuivre la vie politique : je ne sais pas tuer un adversaire. Chez nous, les chrétiens ne sont pas suffisamment préparés à la politique. » Notamment lorsque celle-ci est traversée par des réseaux occultes en lien avec des sociétés secrètes.
Au déjeuner de samedi, qui a rassemblé les pères synodaux autour de Benoît XVI, celui-ci a esquissé le difficile chemin en ligne de crête de l’Église : « Le thème “Réconciliation, justice et paix” implique certainement une forte dimension politique, mais rien n’est possible sans une profonde purification du cœur qui doit résulter de la rencontre avec Dieu. Sans réalisation politique, cette nouveauté de l’Esprit ne peut se réaliser. Pour éviter la politisation, le danger serait de se retirer du monde. Les pasteurs doivent donc donner une parole concrète, mais spirituelle. » (…)
L’islam a également traversé de part en part les travaux. « Nous avons été écoutés sur le caractère positif possible d’une rencontre avec l’islam », se réjouit l’évêque de Laghouat (Algérie), Mgr Claude Rault. Mais l’exigence de réciprocité a également été exprimée avec vigueur, notamment par Mgr John Onaiyekan, archevêque d’Abuja (Nigeria). « Nous nous sommes expliqués sur une relation possible de partenariat ; c’était nouveau », précise Mgr Rault.
Curieusement, des thèmes largement présents au fil des interventions épiscopales ont peu été repris dans le message ou dans les propositions. Ainsi de l’« impérialisme culturel occidental » ou du « débauchage » de nombreux catholiques par des nouvelles Églises indépendantes. Trois questions essentielles – le célibat des prêtres, l’autofinancement des diocèses et l’inculturation de la liturgie – n’ont fait l’objet que d’allusions. Enfin, beaucoup de pères synodaux ont déploré que, parmi les 73 journalistes accrédités au Synode, rares étaient les Africains. /////Frédéric MOUNIER
Rédigé par psa le 25/10/2009 à 21:54
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