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Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Actuellement fonctionnaire dans l’administration fédérale canadienne, PSA est partisan du « Grand Pardon » et adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




Franc Regard comme chez John Raynes
Franc Regard comme chez John Raynes
Semaine particulière sur la scène fédérale canadienne, l’opposition libérale au gouvernement minoritaire conservateur de Stephen Harper se doit de se décider contre le Discours du trône à venir ce mardi. En démocratie, une Opposition doit trouver à redire sur le programme général du gouvernement; il doit alors voter contre le Discours du trône dans le système britannique de Westminster. Et puisque les deux autres partis de l’opposition ont déjà annoncé leurs désaccords sur les points majeurs du programme gouvernemental, le rejet de celui-ci par le Parti libéral canadien (PLC), dans son rôle d’opposition officielle, devrait précipiter la dissolution de la Chambre et provoquer le déclenchement des élections dans tout le Canada. Je parlais amicalement à un député fédéral ii y a deux semaines, de ces probables élections… mon interlocuteur, député dans un parti de l’opposition, trouvait que les électeurs ne voulaient pas d’élection en ce moment. Pas moi en tout cas. Effectivement, tout va bien au Canada, je veux dire l’essentiel : une économie dopée par le cours des ressources naturelles, les prix du pétrole notamment. En prime, le dollars canadien dépasse la devise américaine sur les marchées internationaux. Mais il reste que ce pays a pris une dérive bushière en s’alignant trop sur les politiques américaines de l’heure, rejetées par les citoyens étasuniens eux-mêmes. Pourquoi alors les Canadiens accepteraient de se retrouver dans cette posture inconfortable de suiveurs des États Unis de Georges Bush? La réponse à une telle question, je reconnais, n’élucide pas toute la problématique telle qu’elle se pose à Stéphane Dion, le chef du parti libéral de Canada. Élection ou pas, la décision de M. Dion constituera la vraie réponse à retenir, à analyser. Notre ami Stéphane Dion, ancien professeur à l’Université de Montréal, élu et bien élu à la tête du PLC jouera son avenir politique, très peu élogieux par ailleurs. Si les racines du PLC sont assez profondes au Canada, sa personnalité ne draine pas foule et surtout il fait toujours controverse dans sa propre province, le Québec. Que feriez-vous à la place du sieur Stéphane Dion, pas prêt du tout pour les élections? Que feriez-vous comme chef de l’Opposition officielle sachant que vos chances de gagner les élections sont assez faibles? Que feriez-vous à la place de M. Dion lorsqu’une élection et ses résultats décevants pour votre parti pourront bien ouvrir la voie aux contestations internes de votre leadership, et vous amener de plein gré ou de force à démissionner devant le constat lamentable probable? Pour ma part, lorsque l’équivoque est ainsi visible un chef de parti de l’Opposition doit la lever, sortir de la tergiversation et du confort de son lit théorique, affronter les électeurs pour valider son leadership réel auprès de la population. Et pourquoi ne pas, très légitimement, tenter de gagner les élections et asseoir son autorité. Il me semble bien que Stéphane Dion n’a pas trop de choix que d’obéir à la démocratie et donner l’opportunité aux citoyens de se prononcer sur les enjeux de l’heure : la présence des troupes canadiennes en Afghanistan par exemple. Vivement des élections cette semaine!

Horizon


Rédigé par psa le 07/10/2007 à 14:33