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Les grandes inconnues des élections présidentielles togolaises demeurent effectivement Agbéyomé Kodjo et Jean-Pierre Fabre candidats malheureux selon les décomptes de la CÉNI, la commission électorale nationale indépendante, qui a proclamé hâtivement des résultats contestables samedi dernier. À ces deux opposants irréductibles vient s’ajouter, pour les besoins de l’analyse, la personnalité de Kofi Yamgnane. Ce trio de choc, bien décidé, conteste avec grande détermination les résultats des présidentielles togolaises. C’est curieux que l’État major de Faure Gnassingbé qui a presque tout prévu –des intervenants sur les sites internet togolais et dans les émissions des radios locales et internationales aux arrestations préventives et autres, n’ait pas pensé à cette perspective de contestation farouche. Exit Gilchrist Olympio, les adversaires de Faure n’avaient plus d’ordre à recevoir de loin ou encore attendre des instructions particulières de leur Maréchal... Gilchrist Olympio. C’est une réalité autre désormais que la donne politique togolaise devrait rapidement se jouer dans cette marge d’incertitude, d’autant plus qu’Agbéyomé Kodjo a vite fait de donner sa caution et sa reconnaissance à Jean-Pierre Fabre comme le véritable vainqueur des élections présidentielles. Un trio FAK (Fabre-Agbéyomé-Kofi) est la plus redoutable des alliances politiques togolaises qui peut faire front à la machine Faure : c’est la copie originale du FRAC, version parisienne, facilité par l’ancien ministre de l’intérieur François Boko. Le charisme politique d’Agbéyomé et la visibilité internationale de Kofi viennent ainsi renforcer la popularité nationale de Fabre et de son parti. Le pouvoir Faure userait-elle de la force pour disperser les manifestations ? Ce serait un énorme risque politique avec un effet de contagion et de débordement quasi certain dans certaines préfectures du Togo. Le pouvoir Faure procéderait-il à l’arrestation préventive de ces leaders du trio infernal FAK ? Alors il risquerait sa crédibilité internationale et devrait courir le risque de voir les autres leaders en attente se mettre également dans un mode de confrontation ouverte tout comme la diaspora togolaise qui reprendra rapidement du service, dépassant ses propres clivages. Le doute de la proclamation des résultats électoraux est tellement énorme parce que non conforme aux procédures que le risque du débordement est loin de profiter au pouvoir Faure. Ainsi, le changement des acteurs qui s’opère dans la vie politique au Togo semble être porteur d’une réalité nouvelle.
Rédigé par psa le 08/03/2010 à 00:00
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Il y a un manque de rigueur chronique dans l’analyse des faits politiques au Togo. Pour être parti de ce pays assez tôt, peut-être, et tout en y gardant une forte présence, ce manque de rigueur m’a toujours frappé parce que tinté d’une animosité sans pareil qu’il est rare de voir chez d’autres peuples et intellectuels africains. Le rôle de l’intellectuel, fut-il togolais, est d’éclairer par sa capacité de manier les idées et les perspectives en décrivant la réalité, en l’explicitant au travers d’une grille de compréhension et si possible en proposant des pistes de solutions et de dépassement des situations problématiques.
Chez les Togolais, il s’est installé plutôt une partisannerie de peu d’effort, se limitant seulement aux insultes des prétendus bons sur certains des leurs, à jamais indexés comme des mauvais. Le manichéisme togolais s’est même élevé au rang de l’impensable : les démons et je veux bien dire de vrais démons d’un côté, les dieux et il faut bien comprendre des dieux vivants et intouchables de l’autre.
Sous des dehors idéologiques et de pure haine, les intellectuels togolais -pour certains de ces plus tardifs bavards au rang desquels vient de s’inscrire un Édoh Folly Dotsè se déclamant depuis Washington DC- la petitesse du raisonnement vient encore sonner le glas de cet intellectualisme louvoyeur professé au nom d’une toute petite idée de la démocratie, au nom de cette haine viscérale de l’autre, au nom d’un manque de jugement et de distance utile dans l’analyse, au nom d’une vendetta populiste qui ne veut pas s’arrêter du tout, même pas la veille d’une élection importante : les présidentielles togolaises.
Pour respectable que puisse être notre ami Victor Komlan Alipui, dira-t-on qu’il vivait sur la lune dans des institutions comme la BCEAO ou le FMI et n’était pas au courant de la nature du régime Eyadema avant de venir travailler pour lui? Il se pourrait bien que oui –si nous nous accordons un moment de complaisance analytique, mais ceci est difficile à croire et à soutenir longtemps. Car, il n’existe pas d’institutions économiques et monétaires aussi politisés que le FMI et la BCEAO, nous le savons, pour peu que nous soyons à la hauteur du sujet, et quoi qu’en dit le ministre togolais des finances dans un des récents débats pré-électoraux. Apprenez-le une fois pour toutes les autres occasions : la politique n’est jamais bien loin de l’économique partout ailleurs, qu’il s’agisse de la Grèce endettée d’aujourd’hui que du Togo d’il y a vingt ans, lourdement déficitaire en démocratie.
Dès lors, à lui monsieur Alipui -que M. Dotsè absout par un tour de main plumitif, comme à d’autres et à tout le monde d’ailleurs, doit alors s’appliquer la loi du retour de l’enfant prodigue, si tant est que la fréquentation du pouvoir Eyadema est à considérer comme un coupable égarement.
Et, ils sont nombreux ceux et celles qui avaient fréquenté ce régime dont Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo. Puis un jour, Agbéyomé Kodjo s’est ravisé pour s’éloigner du régime Eyadema. Cela fait partie de l’histoire politique récente du Togo, tout simplement un parcours de politicien. Agbéyomé Kodjo, probablement un des génies politiques que compte le Togo, toutes familles politiques confondues, a beaucoup plus légitimement et volontairement fait le saut hors du RPT et de son sérail que beaucoup trop de Togolaises et de Togolais n’avaient été contraints par un système de parti-État-unique, prévalant sur une partie du monde à l’époque, n’avait régenté le Togo, et pas seulement le Togo.
Le Benin voisin qui a pourtant servi de modèle à l’amorce démocratique en milieu francophone africain, était même tombé plus bas que notre Togo natal dans ce système totalitaire de l’époque, le marxisme-léninisme en plus.
Nous rentrons ici au cœur de la fausseté de certains intellectuels togolais, éveilleurs de conscience, éméchés et incapables d’articuler une analyse sans haine et sans jalousie.
Normalement, il devrait nous être difficile de reprocher à quelqu’un sa fortune, s’il en possède et de quelque nature et niveau que ce soit. Il n’y a pas qu’au Togo que l’on fait fortune en politique; cela se fait et cela prévaut aussi bien au Togo, qu’au Bénin, au Gabon, au Ghana, au Canada, aux États-Unis et ailleurs, comme d’autres font fortune ou échouent carrément, par toutes sortes de manières, en menuiserie, en télécommunications, en consultation, en journalisme, en transport et autres, qu’ils soient dans ce même Togo ou en Égypte, au Brésil, en Espagne ou ailleurs au Burkina Faso.
Et c’est d’une petitesse grave que de constater que l’un des tréteaux analytiques de M. Dotsè soit un chef d’accusation malicieusement fondé sur de vraies fausses considérations comme la fortune. Est-ce la pauvreté qui doit rendre plus éligible à la politique au Togo? Toute l’architecture argumentative développée par la suite par Édoh Folly Dotsè dégoulinant de haine devient boiteuse, racoleuse, tripoteuse et calamiteuse avant de s’effondrer piteusement par les suffisances d’un donneur de leçons de citoyenneté et de démocratie d’une cafouilleuse médiocrité, car tout simplement calomnieuse, diffamatoire et insatiable.
Agbéyomé Kodjo qui ne connaissant manifestement pas bien l’âpreté du régime Eyadema et qui a pourtant avisé de ce qui se tramait en janvier 1993 avait-il plus tors que ceux qui connaissaient très bien le régime et n’avaient pas pris au sérieux sa mise en garde révélatrice du risque ou encore ceux-là même qui avaient tellement une connaissance du système qu’ils vont y sacrifier des centaines de jeunes en 2005 pour faire la preuve de leur grande compétence politique aux yeux du monde?
La médiocrité: un piège politique
Aussi longtemps que la simple réalité du dépassement, la responsabilité partagée, la mémoire déformante, l’incompétence politique, la division nord-sud, la haine et la jalousie prégnantes ne seront revisitées avec lucidité, nous assisterons toujours à ces déclarations intempestives qui resteront démesurément tributaires de la vulgarité analytique de ces mécènes politiques qui n’en n’ont pas du tout la stature.
On dirait que chez certains Togolais, la médiocrité analytique, le silence sélectif, la parole insultante et la vendetta politique constitueront un éternel cache-misère intellectuel à n’en plus finir.
Le Togo ne peut être candidat à la démocratie sans l’éveil de ses intellectuels. Les divers ratios de l’improvisation intellectuelle, de la radicalisation définitive et des jugements péremptoires (mangeoire, trahison, etc.) sur les réflexions de qualité et de grande étanchéité pour durer dans le temps sont beaucoup trop élevés et épousent une facile tendance à la continuité qu’il faut s’en inquiéter sérieusement.
À la veille d’une élection présidentielle, c’est rien de moins qu’une dizaine de pages de verdâtre venin que le bien pensant Édoh Folly Dotsè trouvent à offrir à l’intelligence des siens, préoccupés et retenant leur souffle pour tous ces prochains jours. Il faut le faire! Il faut surtout s’attendre que certains ne se taisent pas devant une telle énormité avilissante et bassement gratuite. En quoi le pamphlet du sieur Dotsè éclaire peu ou prou les seules prochaines heures des élections et de l’après-élection au Togo.
Observons. Il est de plus en plus rare et presque impossible de bénéficier d’une appréciation innovante des réalités politiques togolaises. Dans des directions différentes, Agbéyomé Kodjo n’était pas moins Togolais hier que Dossouvi Hilaire Logo –l’un des hommes du « 5 octobre », celui que j’avais surnommé DHL et ne peux plus désigner autrement sans me sentir bizarre moi-même, ne l’est aujourd’hui en travaillant avec Faure ou ne le sont, selon leur intime conviction, Lydia Adanlété, Djovi Gali, François Boko, Dahuku Péré, Amah Gnassingbé, etc. Les choix individuels façonnent l’histoire politique; ils ne la définissent pas sans la prise en compte des autres attributs importants qui sont loin d’être soldés au Togo.
C’est de la normalité évolutive qu’une certaine fluidité existe et demeure dans les alliances politiques des partis et des acteurs. Rien de tout cela n’invalide le patriotisme ou la sagesse politique. Au contraire, cela relève de l’universalité politique et de son essence même, toutes aussi présentes au Togo qu’au Bénin par exemple; le premier pays végétant dans l’incohérence, le second pays expérimentant allégrement les bornes de variance de la démocratie après s’être invité à un pardon collectif et réparateur.
La continuelle circularité du raisonnement analytique d’une certaine clientèle politique togolaise, toujours portée à désigner des coupables étrangers à sa propre incapacité, vaut bien cet arrêt pour relever l’inconsistance et la naïveté qui semblent conforter les uns et les autres dans ce qui devient comme une éprouvante caractéristique togolaise : des togolaiseries dont il faudra désormais se méfier. Je pensais ces togolaiseries passagères; elles deviennent persistantes et insidieuses au point de décourager les gens capables au profit des incapables.
J’en veux pour preuve le sort que ces incapables avaient réservé à la DIASTODE, après leur coup d’État au président élu, réduisant la structure à une simple coquille vide, sans jamais être en mesure de la gérer avant d’être sauvée des eaux dernièrement par des déclarations de soutien usant d’un langage datant d’une autre époque.
Sachons identifier dorénavant ces togolaiseries comme d’inacceptables situations qui constituent : un modèle de réflexions et de comportements structurellement et répétitivement partial, statique, redondant, déficient et inefficace pour ne pas permettre une évolution politique intégratrice de toutes les compétences humaines du Togo. Une sorte de vendetta politique, une Fatwa radicale prononcée et renouvelée constamment au nom d’une pureté citoyenne uniformiste qui ne possède aucun attribut républicain.
Cette somme de médiocrité analytique, toujours haineuse et trompeuse, a-t-elle son siège à Washington DC ou sa demeure à Paris et ailleurs qu’elle mérite d’être confrontée à ses propres aberrations jusqu'à ce qu’un ajout de raisonnement moins primaire lui soit inoculé afin de la sauver de cette déficience et de cette inefficacité maladives. Il est normal que des gens ordinaires se basant sur le sens commun s’arrêtent trop longtemps sur des raisonnements primaires. Que des intellectuels s’y confortent et refusent d’emprunter l’escalier de la gradation analytique pour accéder à des niveaux supérieurs de conceptualisation et de compréhension du mal et de l’insuccès togolais relèvent non plus de la simple fourberie individuelle mais bien d’un amas de togolaiseries avilissantes desquelles nous devrions tous être moins fiers.
Rédigé par psa le 03/03/2010 à 00:03
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Dans le contentieux helvéto-libyen, désormais européanisé, l’UE attend une solution avant la fin de la semaine. Nous y sommes ou presque. Du coté du Niger, las de l’ignominie et de la bassesse de leur président Mamadou Tandja, les militaires reprennent du service pour rétablir la dignité, la bonne gouvernance et la démocratie que tout le monde voyait fuir. C’est un coup d’État attendu et partagé qui renvoie Tandja, et même son premier ministre Ali Badjo Gamatié –pourtant jeune, honteusement à la retraite politique. Du côté du Lac Léman comme des bords du fleuve Niger, l’on va devoir faire vite : la comédie avait trop duré. Pour une fois, le Niger ressemble à la Suisse dans un combat de dignité politique pour s’extirper des barbelés de l’humiliation.
Au terme d’une journée marquée par un intense ballet diplomatique, la résolution de l’affaire libyenne, devenue européenne, semble progresser. L’UE attend une solution avant la fin de la semaine. Mais il est difficile d’esquisser une perspective claire, car le différend a fortement gagné en complexité. C’est aussi ce que cherchait la Suisse en faisant valoir son droit de veto dans le cadre des visas Schengen: elle est servie. L’affaire est complexe parce qu’elle constitue une addition de vengeances expansives. A l’arrestation musclée d’Hannibal Kadhafi, la Libye a répondu par la prise en otage de deux Suisses. En guise de contre-attaque, la Suisse a actionné le levier Schengen, qui a empêché 200 Libyens de se déplacer en Europe. En réplique, Tripoli refuse l’accès de son territoire aux ressortissants des pays de l’espace Schengen. Ces blocages ont eu un premier effet: le dialogue direct entre Berne et Tripoli a été renoué. Micheline Calmy-Rey et son homologue libyen, Moussa Koussa, ont pu s’entretenir sous l’œil attentif de la présidence espagnole de l’UE. Mais les tensions restent très vives, et rien ne permet d’affirmer que le dégel attendu sera rapide. D’autres médiations seront peut-être nécessaires.
Pour ne rien arranger, l’UE n’affiche pas un front uni. L’Italie entretient une relation historique avec la Libye qu’elle ne souhaite pas rompre. L’Allemagne, qui s’est engagée au côté de la Suisse, a davantage de recul envers Tripoli, et il n’est pas interdit de penser que la concurrence entre régions productrices de ressources énergétiques y soit pour quelque chose. Du côté suisse, on ne peut nier que des fautes ont été commises à Genève, principalement la fuite qui a permis au quotidien local de publier des photographies du fils Kadhafi prises après son arrestation. Le communiqué diffusé par le procureur Daniel Zappelli, s’il ne dit rien de neuf, est en soi un événement. Il montre que quelque chose bouge enfin au bout du lac. Mais ce communiqué ne suffira pas. Un résultat est nécessaire, histoire de montrer à la Libye, qui pratique une forme de justice très aléatoire, que la Suisse est, elle, un authentique Etat de droit. //////Bernard Wuthrich
Rédigé par psa le 19/02/2010 à 05:02
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Où étiez-vous le 5 février 2005 ? La question est essentielle pour tous les Togolaises et les Togolais. Ils se souviennent tous, chacune et chacun, pratiquement de ce qu’ils faisaient lorsque l’annonce du décès du président Eyadema leur était tombée dessus. Comme par hasard, j’étais devant un ordinateur, peaufinant un texte, en réalité une présentation sur la situation togolaise, un document qui devait être publiée quelques jours après : la borne de variance.
Jacques Leinne
Dans ce texte, je voyais l’évolution de la situation politique au Togo à travers la mise en selle des politiques les plus modérés que je situais davantage au centre de l’échiquier. La morts du président Gnassingbé Eyadema venait conforter l’essentiel de ma réflexion sut la nécessité d’un rapprochement entre les extrêmes qui sévissent toujours au Togo. Ce sont ces extrêmes qui ont, aujourd’hui encore, poussé au rejet de la candidature de Koffi Yamgnane. Entre 2005 et 2010, les Togolais ne se sont pas beaucoup rapprochés. Et rien ne permet de croire que les élections nouvelles que ce pays prépare amèneront ses citoyens à mieux cohabiter.
Le cas togolais demeure pathétique, De la méfiance au mépris, il est difficile d’établir un soupçon de confiance autant entre les acteurs de l’opposition eux-mêmes, qu’entre ces derniers et les détenteurs du pouvoir. Manifestement, la belle occasion que fut le décès subit d’Eyadema n’a pu être mise à profit pour un dégel des consciences. Cinq années plus tard, au plan politique, rien ne semble avoir bougé. Les retraites ont frappé divers acteurs : à part Me Yawovi Agboyibor qui traine encore dans le décor, tout le reste a consciemment pris acte du passage du temps. Certains, à cause de leur pur échec et par un dernier naufrage, d’autres de manière plus élégante, en tirant poliment révérence.
Le nouvel ordre politique qui se met en place au Togo établit désormais la nouvelle borne de variance, encore flottante pour être saisie par une analyse fondée en faits. Faure est loin d’avoir répondu aux attentes et loin d’avoir tenu ses propres promesses. Son premier mandat en était-il un d’observation et d’apprentissage du pouvoir ? Il a aujourd’hui des acteurs différents en face de lui : particulièrement Jean-Pierre Fabre et Agbéyomé Kodjo. Ce dernier, très décidé, demeure une bête politique sans pareil dans le paysage politique togolais. Quel rapport Agbéyomé possède-t-il avec et Faure et Fabre ? C’est l’une des données de l’inconnue politique qui prévaut au Togo. À y voir de près, le trio Faure-Agbéyomé-Fabre constitue les pôles essentiels des prochaines élections présidentielles au Togo : une nouvelle borne dans laquelle la politique togolaise va se mouvoir en ces prochaines semaines. Restons à l’Écoute !
Rédigé par psa le 05/02/2010 à 00:40
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Collègues de classe et professeurs font le siège de l’exécutif gabonais. Immongault, Toungui, Engonga Owono, etc. Ne pensez pas à une grève à Libreville! Le premier mois de l’année se termine bien en sourire, malgré un décès le premier jour de l’an.
Un toute nuance
Du Secrétaire général de la Présidence –Éboué, son petit nom- au directeur du Cabinet du Président de la République –Petit Topo, son petit nom- mon cercle d’amis professeurs et collègue s’agrandit, C’est ce qu’un ami gabonais vient de m’annoncer, tout en me demandant ce que j’attend pour faire un tour à Libreville pour une « Prise de contact » avec tant de gens que je connais dans le nouveau cercle du pouvoir gabonais. C’est amusant ! C’est d’autant plus amusant que, l’instant d’avant, je venais d’apprendre que quelques plaisantins trouvaient matière à me disqualifier de la chose publique togolaise, au travers de mon texte « Le Dernier Naufrage ». Ils ont un grand boulot à abattre ces plaisantins, et il leur faudra toute une force pour m’éloigner de la res publica togolaise… J’exagère à peine ; car c’est davantage un débat d’idées et de compétence politique plutôt que des élucubrations d’amateurs et divers radicaux. Et, sur le plan des idées, plusieurs pourront déjà se rhabiller et attendre le prochain train. Pour l’heure, je dois me réjouir de ce message de confirmation reçu de Libreville sur la nomination de mon professeur de statistique « Petit Topo » qui va diriger le cabinet présidentiel gabonais: « À l’issue du conseil des ministres tenu au palais présidentiel Patrice Otha a été nommé jeudi soir au poste de directeur de cabinet du président gabonais, Ali Bongo Ondimba en remplacement de Jean Pierre Oyiba, démissionnaire depuis novembre 2009. Universitaire, M. Patrice Otha occupait depuis plusieurs années le poste de directeur de cabinet adjoint de feu Omar Bongo Ondimba. M. Otha est en outre le Président de la section Gabon de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE). Au cours de cette même soirée, M. Oyiba a été nommé administrateur général du Compte de refinancement de l’habitat (CRH). M. Oyiba était cité dans le scandale de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), avait annoncé sa démission le 8 novembre et justifié sa décision pour des « raisons d’éthique et de préservation de la bonne gouvernance prônée par le président Ali Bongo Ondimba. » Ici au moins, il y a moins de naufrage… plus de sauvetage.
Rédigé par psa le 30/01/2010 à 00:03
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Je viens de commettre un texte, encore sous embargo jusqu’au 28 janvier 2010. Comme souvent, certaines personnes ont eu le privilège de la lecture de ce document, des gens très perspicaces. Une fois n’est pas coutume : ils ont une appréciation identique de la réalité touchée par le texte, Le Dernier Naufrage, que vous lirez sous peu. Tellement que je me pose une question : Le modèle togolais serait-il en réalité une véritable tromperie, c’est-à-dire un mal togolais durement ressenti et réprimé pendant des années ? Une fois n’est pas coutume, je partage ces commentaires reçus, ces commentaires d’avant match… en cette période de Coupe d’Afrique des Nations durant laquelle le tragique du destin avait aussi frappé le Togo.
1. « Tes messages viennent toujours me changer du train-train ambiant, sinon que ton essai est réparateur (moralement du moins) parce que judicieux. Je suis heureux de chanter la fin de ce mythe avec toi mais que de temps avons-nous mis pour y parvenir!
C'est certain dès à présent, ils n'étaient pas qu'incompétents, il y a pire, c’est de cyniques criminels. Pour preuve, regarde la guéguerre entre Agbéyomé et Gnininvi au sujet des dramatiques évènements de Fréau Jardin de Janv 1993...Pour les besoins de leurs ambitions, des centaines de Togolais peuvent trépasser.
Pour moi le problème est définitivement tranché, ils sont autant nos bourreaux que ceux d'en face. »
2. « J’ai eu un plaisir en tant que citoyen et intellectuel à lire ton texte “Le dernier naufrage”. C’est l’élégance avec laquelle tu manies la langue française pour décrire la vanité, dans tous ses sens (orgueilleux, suffisant, néant, vide pour le Togo) du parcours politique du personnage de Gilchist Olympio, qui est très intéressante. Bravo encore une fois. »
3. « Lecture passionnante, tragiquement vraie traduisant l'égarement collectif d'un peuple trompé depuis des décennies et dont les yeux s'ouvrent désormais dans la douleur. Énorme responsabilité d'intellectuels incapables de discernement et égarés par la haine et la jalousie. Que veux-tu faire de ce papier? »
Rédigé par psa le 26/01/2010 à 20:12
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Cela fait un an que le président américain a pris ses fonctions. Bien que contrasté, son bilan montre qu’il a tenté de changer la donne en «réaliste ambitieux». Nuit d’anniversaire, nuit blanche à la Maison Blanche qui perd l’État de Massachusetts, pourtant laissé en héritage par Ted Kennedy. Martha Coakley n’a pas fait le poids devant le Républicain Scott Brown. An Un. Cela fait un an que Barack Obama occupe la présidence des États-Unis. Malgré les fortes attentes découlant de son élection en novembre 2008, son bilan est contrasté. La prison de Guantanamo, qu’il avait promis de fermer d’ici au 22 janvier 2010, n’est pas fermée. Pourtant, le ton a changé, l’image de l’Amérique s’est améliorée. Le bouclier antimissile souhaité par les néoconservateurs a été abandonné, permettant une embellie dans les relations entre Moscou et Washington. Ex-conseiller du président Bill Clinton, William Gal¬s¬ton, expert à la Brookings Institution, livre son analyse.
Un an après son arrivée à la Maison-Blanche, quel est le bilan de l’action d’Obama?
– Ce qui domine aux États-Unis, c’est la persistance des difficultés économiques. La reprise n’est pour l’heure qu’un phénomène statistique. Elle n’a pas profité à ceux qui n’ont pas de travail ou ceux dont le revenu a diminué. L’évaluation que les Américains font de la situation est donc négative.
Si on devait comparer Obama avec d’autres présidents après douze mois…
– Par rapport à John F. Kennedy, sa première année est tout à fait satisfaisante. Lors des premiers douze mois, JFK avait connu un épisode désastreux à la Baie des Cochons à Cuba, un sommet calamiteux avec Khrouchtchev à Vienne, la construction du mur de Berlin et la majorité de ses projets ont été bloqués par un Congrès à majorité démocrate. Par rapport à George Bush père ou Lyndon Johnson en revanche, son bilan est moins bon. Le vrai défi pour Obama, c’est de tirer les leçons de cette première année. Kennedy a su très bien le faire.
En une phrase, comment résumer son début de présidence?
– Obama est un réaliste ambitieux, conscient des limites des aspirations personnelles, des institutions et de la politique, mais désireux de transformer le monde plutôt que se contenter de le gérer. Une combinaison difficile.
Certains tendent à décrire Obama comme un bon orateur, mais un président incapable de décider…
– Le président Obama a tenu des discours remarquables. Je pense en particulier à celui du Caire, mais aussi à celui d’Oslo (lorsqu’il reçut le Prix Nobel de la paix). Mais il est faux de réduire le président à cette seule dimension. Barack Obama a aussi pris des décisions impopulaires: il a décidé de sauver les banques en difficulté par souci systémique; il a lancé un plan de relance en utilisant les deniers publics; il est venu en aide à l’industrie automobile; il a lancé une réforme de la santé qui lui a valu les quolibets. Il a empoigné des problèmes que ses prédécesseurs n’avaient pas jugés nécessaire de résoudre. Aujourd’hui, lui et son parti en paient le prix politique.
Rédigé par psa le 20/01/2010 à 01:02
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Pour les États-Unis, le tremblement de terre en Haïti et ses conséquences désastreuses sont depuis les premières heures ressentis comme une catastrophe de nature quasi nationale. Le déploiement humanitaire, militaire et les collectes de dons des Américains sont tout à fait exceptionnels. Avec l’intervention de deux anciens présidents – George Bush et Bill Clinton –, c’est même la première fois que Barack Obama obtient un consensus bipartisan pour agir sans entraves.
Sans cette capacité de réaction très rapide de Washington pour soutenir un État décapité, les secours internationaux apportés au peuple haïtien seraient sans doute encore plus laborieux. La gestion de l’aéroport de Port-au-Prince ainsi que celle de la sécurité, essentielle pour les sauveteurs et l’action humanitaire, sont assurées par l’armée d’Obama, les forces de l’ONU ayant été durement touchées. Pour les Haïtiens, c’est une bénédiction, et ces secours massifs ont sans doute permis de calmer la situation. Qui d’autre que les États-Unis aurait pu le faire?
L’Histoire, l’importante communauté haïtienne sur son sol et le grand nombre d’expatriés américains sur l’île permettent de comprendre cet élan. S’il est justifié de s’interroger sur les intentions et les limites de cette intervention – et de ses éventuelles arrière-pensées politiques – comme certains le font déjà en Amérique latine à l’image du Nicaraguayen Daniel Ortega, il faut rappeler que Barack Obama (ne serait-ce que par la couleur de sa peau) est très populaire sur l’île. De passage à Port-au-Prince, Hillary Clinton a déclaré que les États-Unis «seront ici aujourd’hui, demain et pour les temps à venir». Mais elle a pris soin de préciser que c’était à l’invitation du gouvernement du président René Préval et en coordination avec les partenaires de l’ONU.
S’il devait y avoir un calcul politique de la part de Washington, il est sans doute plus de nature interne aux États-Unis que d’une quelconque stratégie pour s’emparer du contrôle de l’un des pays les plus pauvres du monde. Les Démocrates ont à cœur de montrer qu’ils sont différents des Républicains dont la gestion du cyclone Katrina s’était avérée catastrophique.///////Frédéric Koller
Rédigé par psa le 18/01/2010 à 07:18
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Patrie - Vie humaine - Démocratie - Alternance politique - Amnistie républicaine - Forces de sécurité - Équilibre ethnique - Dirigeants et dignitaires - Droits et devoirs - Conscience nationale
1. Que le Togo est patrie unique et indivisible pour l’ensemble de ses citoyennes et ses citoyens, sans discrimination aucune, quelle que soit leur origine et leur résidence.
2. Que toute vie humaine perdue pour l’avènement de la démocratie au Togo est une mort de trop qui n’est plus digne de la volonté affirmée du vivre ensemble dans un État républicain.
3. Que la démocratie est une cause commune, une valeur universelle et un moyen à mettre au service du développement du Togo, et elle ne peut être dirigée contre personne au Togo ou ailleurs.
4. Que la pratique de l’alternance politique et son avènement constituent essentiellement un mode de changement de la gouvernance publique et en aucun cas un prétexte pour l’exercice d’une forme quelconque de vengeance, de règlement de comptes, de chasse aux adversaires ou de stigmatisation des individus et collectivités.
5. Que toute citoyenne togolaise ou tout citoyen togolais peut introduire une demande d’amnistie républicaine, à effet suspensif de toute poursuite, dans le but d’obtenir une grâce républicaine et d’adhérer à une éthique citoyenne.
6. Que les forces de sécurité exerçant ou ayant exercé leurs fonctions sous l’autorité des dirigeants politiques ne peuvent être tenues responsables de leurs interventions et des effets de tels commandements et ordres reçus.
7. Que l’équilibre ethnique soit pratiqué de manière positive, citoyenne et républicaine afin de garantir l’éthique publique, l’unité nationale, la paix sociale, la représentativité humaine et le développement durable du Togo.
8. Que les hauts dirigeants et dignitaires ainsi que les partis politiques représentatifs du Togo jouissent d’un statut spécial, selon qu’ils soient en exercice de leur autorité ou de leur fonction, dans l’opposition ou en retrait de la vie publique.
9. Que tous les droits et devoirs citoyens et institutionnels au Togo soient désormais porteurs de valeurs républicaines garantissant la justice, le respect et l’équité ainsi que la tolérance de l’autre et l’ouverture au monde.
10. Que la conscience nationale d’un Togo, unique et fertile cadre d’opportunité pour l’exercice des talents dont tous ses enfants sont pourvus, soit valorisée et laissée en amplification et en partage aux générations.
Togo.Decalogue2010.pdf
(236.15 Ko)
Rédigé par psa le 04/01/2010 à 06:01
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Maître de conférences en Génie des procédés, Omar Chaalal entame l’année avec un texte puissant qui traduit le désaroi généralisé face à la corruption et ses méfaits quotidiens. Une réalité diurne, aussi bien présente dans les grandes démocraties que dans les pays en développement, au corps défendant des citoyens. Le texte fait école : du visible Afghanistan au plus reculé Bantoustan, d’Oran, la ville du professeur d’université algérien, à Ottawa, la capitale fédérale canadienne, en passant par la pudique Osaka, plus rien ni personne n’échapperait à la corruption qui semble même devenir sainte et auguste, au besoin, surtout lorsque la raison du plus influent est souvent la meilleure: « Acheter un passeport pour visiter les lieux saints est une corruption permise par le bon Dieu ». Comme quoi, la terre de naissance de Camus possède toujours de ces pertinents Révoltés qui lèvent la patte sur tout.
Eija-Liisa Ahtila
Dans ma mémoire se cachent les beaux souvenirs de mon enfance, les inoubliables histoires de mes amis avec qui j’ai fait l’université ou le service national au barrage vert. Ces souvenirs traduisent la bravoure, le sérieux, l’exactitude et la détermination des hommes forts et honnêtes.
Aujourd’hui, le rythme et la mélodie de la musique ont changé. Le globalisme de la corruption impose la chanson: Je m’en moque ! Je m’en fiche ! Ça ne me regarde pas et ce n’est pas mon affaire ! A vrai dire, je ne prétends pas détenir la solution merveilleuse des problèmes de la corruption dans mon pays. Les racines de ce mal sont si profondes qu’on ne sait plus par quoi débuter ni par où commencer. Je ne suis pas un procureur de la République bien couvert par sa toge noire. Je ne suis pas un inspecteur enquêteur qui pioche dans les affaires louches en guise de punir les actes illégaux. Je ne suis pas non plus un sanglier qui rabaisse son groin pour chercher les racines en profond. Je suis tout simplement un Algérien conscient de la situation actuelle dans son pays. Un éducateur qui constate et décrit les faits tels qu’ils sont.
Dans le dictionnaire universel, la corruption, le crime et la honte sont synonymes. La corruption, ce mot qui nous fait peur et dont la pratique se rencontre partout et sous différentes formes. Elle gangrène le secteur public, tue la confiance dans les gouvernements, diminue l’efficience des politiques, affaiblit les régimes et détruit la nation.
Il ne faut pas faire une guerre pour détruire une nation, il suffit d’encourager et enseigner la corruption. Nous sommes en plein milieu de l’une des grandes crises financières de l’histoire. Les affaires louches et les jeux cachés des malhonnêtes dans les banques, les compagnies d’assurance, les sociétés de collecte de l’épargne sont la cause de cette crise.
Lorsque nous ne sommes pas assez intelligents et nous ne demandons pas conseil aux plus intelligents, l’ombre de «Khalifa» nous attire et nous fait rouler comme un couscous. Mais quand nous prétendons être intelligents, experts et bons gestionnaires, les compagnies étrangères nous revêtent notre chaussée d’une mince couche de miel chinois et nous minent le parcours. Enfin, quand nous sommes assoiffés et précipités, les aventuriers nous guettent et nous obligent d’acheter notre eau de mer au prix de la «fuente de agua minéral» (eau minérale espagnole).
J’enseigne à mes étudiants de technologie et je leur apprends que dans le monde des affaires industrielles louches, vous commandez un chat, on vous cède une souris à sa place. Tout comme un golfeur choisit le bâton approprié aux différentes situations du parcours, l’acteur dans le monde de la corruption dispose d’un langage approprié à son influence et adapté à son chantage. Dans ce langage, les mots ont un sens calmant. Le symbolisme les rend difficilement compréhensibles. Le cerveau d’un citoyen honnête ne peut pas déchiffrer ce langage. En écoutant de près une discussion entre les corrompus et les corrupteurs, il nous semble qu’ils utilisent fréquemment le même vocabulaire, les mêmes mots, et pourtant ces mots n’ont pas le même sens. Comme par exemple «Cahoua» ne signifie plus café mais pot-de-vin… la «chipa» est un autre mot dans ce patois corruptif. Les policiers et les juges sont familiers avec ce jargon qui ressemble à une langue étrangère venue d’une autre planète.
C’est dans cette optique que l’on peut voir de simples commerçants, des agents du fisc, des policiers, des douaniers, des greffiers, des notaires ou de simples paysans s’adonner à cette pratique, en acceptant de l’argent contre un service, un faux témoignage, une transaction douteuse ou un titre de propriété irrégulier !
Aujourd’hui, l’administrateur ne supporte pas qu’on lui parle de ce fléau puisque l’administration matérialise le problème et dessine la solution. Il se sent mal à l’aise dans son costume de monsieur honnête commis de l’Etat. De la même manière, l’homme de la rue observe de près et avec une profonde inquiétude la courbe exponentielle ascendante de la corruption. Une corruption ombrée d’affaires politiciennes. Il attend avec impatience le changement radical dans un futur immédiat. Il a donné carte blanche à notre ami et lui fait grande confiance. Il attend le coup fort et irréversible du bâton du grand maître responsable. A l’école, M. Abdelaziz Belkhadem, éducateur que je respecte, nous a appris qu’une mauvaise conduite impunie colle une mauvaise étiquette au dos du maître éducateur. C’est ce que les sages ressentent du baromètre de l’atmosphère sociale dans notre pays ces jours-ci.
L’Algérien n’est pas candide. Il sait absolument que le goût pour le pouvoir est à l’origine de la corruption. Il réalise bien que l’exercice du pouvoir pendant une longue période enfante des tentations chez les hommes qui le pratiquent. Le tamis politique ne cache pas le soleil mais cache le passage d’un ministre dans cinq ministères en un temps record. Un ministre qui enseigne, communique, soigne et transporte la mégalomanie et l’arrogance politique pour ne pas dire une folie incurable là où il passe.
Le fatal «mektoub» dans notre pays veut que les donneurs d’ordres soient positionnés sur une échelle de valeurs chimériques. Sur cette échelle, les ordonnateurs se penchent toujours comme un roseau vers la bise la plus influente même si cette bise ramène un scandale politique. Ils méprisent toute brise qui ramène un savoir-faire, un savoir-vivre, une paix durable, un bien-être, un honneur ou un espoir pour le peuple.
Ils sont restés trop longtemps perchés sur nos têtes. Ils nous font croire qu’ils tombent du ciel avec un droit extraordinaire qui les rend intouchables. Ils possèdent des relations et des techniques abracadabrantes importées de je ne sais où. Ces techniques s’appliquent chez nous comme des miracles à la célérité de la lumière. Ils oublient par contre, que la lumière met en relief leur corruption. Une corruption bâtie sur l’hypocrisie, les mensonges, l’arrogance de l’ignorance, l’erreur et la méchanceté.
En réalité notre pays a un problème avec ses hommes politiques. Trop nombreux, trop protégés, souvent inamovibles pour ne pas dire éternels, pas toujours représentatifs du peuple et venant par hasard du même recto.
Nos élus politiques ne critiquent jamais le système éducatif qui ne conduit ni à la lecture, ni à l’esprit critique, ni à la culture d’accepter l’idée de l’autre. (…) Dans le pénible rouage du quotidien inéluctable et le silence voulu, certains fonctionnaires abusent de l’ignorance et la bonté d’un citoyen pour le faire galoper d’une administration à une autre comme un cheval en rage. Le mont de paperasse demandé au citoyen accouche d’une montagne de corruption chaque jour. A quand l’arrêt de la gabegie ! Si la corruption est dans cet état, c’est bien à cause de la gestion du pays au modèle de la petite auberge espagnole.
Où sont nos élus dans cette marmelade bureaucratique ? Ils sont sûrement à Draria ou Bouharoun entre brochettes et poissons bien grillés à la braise !
Tous nos élus, du député ou sénateur au plus petit des maires, se doivent de donner l’exemple et combattre la corruption puisqu’ils sont élus pour représenter la grandeur et la fierté du peuple et non pas pour représenter la profondeur de leurs poches. Les gens des cafés maures ont compris, depuis bien longtemps, qu’un ex-président du Parlement trop bien introduit dans le monde des affaires et noyé jusqu’au cou dans les pots-de-vin ne considère jamais la corruption comme mal social. Au contraire, il catalyse la réaction alchimique de son influence pour la rendre une corruption de qualité universelle. Il me semble que nous ne sommes pas trop loin du pays africain dont je ne peux citer le nom. Dans ce pays, le peuple demanda un beau jour à son président d’entamer une campagne anti-corruption. Le président, sans aucune ambiguïté, demanda de l’argent contre ce service très délicat.
Il faut bien signaler à notre ami (qui comprend très bien les sous-entendus) qu’un ministre trop longtemps dans son poste construit autour de lui un ensemble de cercles d’affaires congrus à l’ombre. Ces cercles dévorent l’économie du pays, faussent la politique et maintiennent définitivement un climat de haine et de vengeance dans la rue.
Face à ces cercles invisibles, se développent des argumentations très surprenantes de la part de certains de nos dits «élus» … «Les autres font pareil», «La corruption ça a toujours existé», «Nous ne sommes pas des anges» … «Nous sommes du peuple et si nous sommes ainsi… le peuple est donc corrompu !».
Ce raisonnement me fait penser au petit bétail qu’on mène à l’abattoir en lui faisant croire qu’il part en promenade. Comme ça nos députés et nos sénateurs ramènent le peuple vers son destin de malheur tranquille et confiant, en chantant et en applaudissant.
Par un langage politique confus et plat, certains sénateurs facilitent la propagation du ce désastre d’une part et accélèrent la propagande du tout va très bien chez nous, d’autre part. Pour les députés, recevant un salaire astronomique tout juste pour lever la main droite deux à trois fois par an, le changement est dangereux.
Dans un état d’indifférence totale, nos élus profitent des privilèges de monsieur politique et chantent tout bas: c’est la vie de pacha, pourvu que ça dure ! Mais pour nous, pauvres citoyens qui se nourrissent de pain et de lait en sachet, le dur fatigue et déconforte.
Débattre le sujet de la corruption au parlement est presque une grossièreté pour les uns. C’est une aventure politique pour ne pas dire le suicide du gagne-pain pour les autres. Alors, à défaut de parlement efficace, les amis du pain et du lait ensaché utilisent l’idée d’Honoré de Balzac «Le comptoir d’un café est le parlement du peuple». Le débat de la corruption se déroule dans les cafés maures, les places publiques, les marchés hebdomadaires et même aux bains maures ! Dénoncer la corruption est chose plus facile à dire «dans un café maure» qu’à faire dans «les deux chambres cuisine de nos élus – sénateurs et députés».
Du bouillon indigeste de nos politicards, la corruption déborde les pots. La parlote existe mais l’action cherche une place chez nos élus. Pour le dire en toute clarté: le premier devoir des députés et des sénateurs, c’est de veiller à ce que chaque citoyen vive dans la dignité. Une dignité lui permettant de défendre ses droits et d’assumer ses obligations en toute liberté et en toute responsabilité. Députés ou sénateurs, ils doivent tous revenir à l’école pour apprendre comment exercer le métier de représentant du peuple. Le port de la «djellaba» en poil de chameau ne suffit pas pour représenter les fellahs. Le turban haut, incliné et bien serré ne fait pas un cheikh du modèle Emir Abdelkader ou cheikh Al Haddad. Une apparition conditionnée par la présence de la télévision chez cheikh Belkaïd à Oran n’est pas une condition nécessaire et suffisante pour représenter le peuple. Elle peut attirer l’attention de notre ami mais jamais son intention. A vrai dire, notre ami est très intelligent, il sait faire la différence entre un pingouin et un porcelet. Les démarches des deux créatures n’ont pas les mêmes intentions. Le premier se baigne dans l’eau, le second se baigne dans les ordures.
Pour la majorité des Algériens, l’espoir de vivre ou même de mourir sans avoir eu une affaire liée à la corruption est illusoire. Mais pour l’Algérien qui se laisse illusionner par les mensonges politicards, la corruption est utopique dans notre pays. Pour l’Algérien ermite, vivant en marge de la société, la corruption est inexistante.
L’impensable existe. Acheter un passeport pour visiter les lieux saints est une corruption permise par le bon Dieu, nous affirme un garçon de Dieu. Déshabiller Saint Paul pour habiller Saint Pierre, c’est de l’aumône sous forme de corruption sainte qui porte le nom de «charité bien ordonnée commence pas soi-même». Cette corruption est un geste auguste de solidarité, affirme un bigot parvenu. Face à cette honte ubiquiste, l’éthique, la morale et les valeurs d’intégrité, d’honnêteté ne signifient pas grand-chose. C’est la dignité humaine elle-même qui est affectée. C’est la honte absolue, même dans le règne animal.
Que ce soit dans le domaine politique, économique, bancaire, écologique, social, etc., ce sont les systèmes de régulation et de contrôle – qui existent pourtant sur le papier – qui sont inopérants, hormis peut-être la presse parce qu’elle peut agir directement sur l’opinion publique.
Il est enfantin de croire qu’un discours de philosophie démago-politique bien exprimé et très bien applaudi mettra fin à la corruption. C’est la rigueur, le sérieux et l’intégrité des citoyens qui font barrière à ce cancer qui ronge la nation. C’est la législation bien élaborée et non le souhait des farfelus qui engage et définit les moyens de lutte contre la corruption. Que se passe-t-il dans mon cher pays ? La réglementation existe, le policier qui renforce la loi est physiquement omniprésent mais la corruption s’éternise. Ce phénomène de coexistence de choses antagonistes est anormal et inacceptable. Je suis très gêné de dire qu’en quelque sorte le pouvoir et la corruption sont confondus. Si le citoyen ne peut attendre de la justice qu’elle extermine ce fléau qui le hante tous les jours, du moins puisse-t-il espérer qu’elle lui apporte protection, soutien et assistance ou secours une fois victime de ce malheur. Les amusements avec les lois sont si complexes, que notre intelligence humaine ne peut plus expliquer comment un simple douanier gagne sa vie mieux qu’un professeur à l’université pour ne pas dire un officier supérieur dans l’armée nationale qui défend la nation.
Dans un pays où la raison du plus influent est souvent la meilleure, il n’est pas étonnant de voir des commerçants fraudeurs faire la pluie et le beau temps avec leur argent sale et malpropre, certains douaniers défendre leurs privilèges à coups de craie sur les valises, et enfin les «khoubsistes» satisfaits de leur maigre gagne-pain. Il suffit de regarder le mode de vie des uns et des autres pour que la différence vous saute aux yeux. La corruption transforme les bergers des anciens colons qui sentent encore le foin et la laine mouillée des brebis de monsieur Claude en grands entrepreneurs de fortune !
L’expérience démontre que l’argent mal acquis vous fait sauter du dos de votre baudet qui se déplace à quatre pattes au siège de la voiture japonaise quatre-quatre en un temps record. Dans un pays où la justice joue son rôle, la vie de voiture quatre-quatre, cadeau miracle du père Noël, ne dure pas longtemps. La jouissance et le confort d’un argent mal acquis se termine sans faute dans une prison civile. (…) Je suis convaincu que les nationalistes, les honnêtes, les intègres et les libres gagneront la bataille. Notre nation a tous les atouts pour être heureuse et prospère. Une fois la corruption éradiquée, abattue et enterrée, l'Algérie donnera au plus humble de ses citoyens un niveau de vie et de sécurité élevé.
Rédigé par psa le 03/01/2010 à 17:03
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« Quand, enfin, se rendra-t-on compte que le discours de bien des gouvernants, depuis des mois, sur le retour de la croissance, l'efficacité du G 20 et la fin de la crise, n'est qu'une mascarade ? Non seulement rien n'est réglé, non seulement aucune mesure réellement sérieuse n'a été prise, mais encore la gestion de la crise n'a-t-elle, jusqu'à présent, fait que grossir l'avalanche qui dévalera sur les générations suivantes. » C’est Jacques Attali qui parle. Et Jacques Attali, c’est quelqu’un. C’est quelqu’un qui sait ce dont il parle. Et il poursuit…
Buffetrille William, Une des Origines du Monde
D'abord, les faits : la croissance, dans nos pays, ne repart pas et le chômage, considérable, réduit la capacité des gens à consommer et à rembourser leurs crédits. En France, 4,7 millions de personnes sont en situation de ne pas avoir autant d'heures de travail qu'elles le souhaitent, ou de ne pas en avoir du tout. Aux Etats-Unis, 17,5 % de la population sont dans ce cas, et ceux qui travaillent ne sont occupés en moyenne que trente-trois heures par semaine. La durée du chômage s'allonge partout. Le commerce international se contracte. La baisse des prix mondiaux et celles du dollar et du yuan fabriquent du chômage et poussent encore plus les consommateurs à rechercher les produits à bas prix, ce qui détruit encore plus d'emplois.
Les banques, dont on a dit qu'elles étaient sorties d'affaire, ne pourront pas financer les investissements nécessaires à la reprise : nombre d'entre elles, parmi les plus grandes, que ce soit aux Etats-Unis, en Chine ou en Europe, manquent dramatiquement de fonds propres, au point que Jean-Claude Trichet leur a demandé de ne pas distribuer de dividendes. De plus, les gouvernements des pays industrialisés doivent trouver, cette année et l'an prochain, 12 trillions de dollars pour financer leurs déficits ; leur dette dépassera bientôt 80 % du PIB mondial, ce qui conduira les consommateurs à épargner plus encore pour se préparer à une inévitable hausse des impôts. En outre, les bons du Trésor ne seront plus considérés comme des placements sûrs pour les banques ou les compagnies d'assurances, ce qui mettra en cause les retraites complémentaires et par capitalisation. Enfin, les risques pris, sans transparence, par les banques centrales, sont vertigineux, et les fonds souverains sont gravement touchés, comme le montre ce qui se joue à Dubaï.
Les périls qui en découlent sont pires encore. Menacent à la fois des interruptions de services publics, des faillites de banques, d'entreprises et de nations, la ruine des salariés et des épargnants, en un jeu de dominos conduisant à une spirale dépressive, suivie d'un rebond inflationniste. Et même si la reprise se consolidait, contre toute raison, tous les précédents historiques montrent que l'emploi ne retrouvera pas son niveau d'avant la crise avant au moins deux ans.
On ne peut se contenter d'accepter ces menaces sans réagir, ni laisser l'espérance d'une minuscule croissance artificielle reporter sur l'avenir des difficultés de plus en plus grandes. Il faut, au moins en France, engager d'urgence les réformes de structure qui permettront de retrouver les chemins d'une croissance forte. C'est parfaitement possible. Encore faudrait-il avoir le courage de la vérité, seule justification de l'effort, seul préalable au succès./////Jacques Attali
Rédigé par psa le 05/12/2009 à 11:05
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Contrairement à ce qu’avaient prédit les sondages, l’initiative contre la construction des minarets est acceptée à une large majorité, avec 57,5% des voix (résultats officiels). La majorité des cantons est acquise. Dix-neuf et demi d’entre eux sont en faveur de l’initiative, la palme revenant à Appenzell Rhodes-Extérieures (71,5%) et Glaris (68,8%). Seules exceptions, à Genève (59,7%), Bâle-Ville (51,6%), Vaud (53%) et Neuchâtel, le Non l’emporte. Le Conseil fédéral prend acte du résultat dans un communiqué qui tend la main aux musulmans.
Tout au long de la campagne, les sondages avaient prédit le Non à 53% il y a encore deux semaines. Ces derniers jours cependant, le Oui avait légèrement remonté dans les intentions de vote. Un mot revient dans la bouche de tous les commentateurs: la surprise. Les sondages avaient en effet annoncé le Non gagnant Le résultat de la votation faisait la une de plusieurs titres internationaux comme Le Monde ou la BBC en début d’après-midi. Selon l’éditorialiste François Modoux c’est probablement « La Peur et l’Ignorance » qui se serait emparées de la tolérante Suisse que le monde entier admire : « L’acceptation de l’initiative anti-minarets surprend par sa netteté. Les sondages n’avaient pas écarté l’hypothèse d’un succès étriqué. Mais, loin d’une majorité de hasard, c’est un oui sans discussion qui sort des urnes. Une gifle aux musulmans de Suisse. Le peuple a voté avec ses tripes contre une disposition que les autorités helvétiques, le parlement fédéral et la quasi-totalité des élites politiques et économiques lui recommandaient de rejeter, au nom de solides arguments rationnels. L’image maudite qui colle à l’islam depuis de nombreuses années – un intégrisme religieux qui se décline dans des formes aussi choquantes que le terrorisme, la charia, la burka, la lapidation des femmes infidèles, etc. - est certes en total décalage avec la réalité de l’islam vécu par la très grande majorité des musulmans en Suisse. La campagne l’a très bien démontré, elle qui a amené les musulmans du pays à se présenter au grand jour et à s’expliquer sur leurs valeurs, lesquelles puisent à un islam européen, très éloigné d’un islam conquérant et intégriste. Mais c’est pourtant bien cette image négative de l’islam, ancrée dans les esprits de Suisses désécurisés, qui a tout emporté. »
À la même heure, au Togo, dans la Suisse de l’Afrique, Rock Gnassingbé, président de la Fédération togolaise de football, a essuyé un dur coup par un vote de défiance favorable à ses adversaires conduits par le vice-président Gabriel Ameyi. La surprise n’y était plus, encore moins la Peur et l’Ignorance : les gens ont voté largement en faveur du départ de notre ami Rock. Normalement, dans ces conditions, Rock Gnassingbé devrait penser à rendre immédiatement son tablier et laisser le football circuler dorénavant sans lui, au Togo. En Guinée équatoriale aussi, la surprise n’était pas au rendez-vous. Teodoro Obiang Nguema est reconduit à la tête de l’État pétrolier africain avec un score à la Ben Ali tunisienne…
Rédigé par psa le 29/11/2009 à 16:29
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