C'était mercredi 8 février, quelques jours avant les émeutes en Grèce qui ont marqué, dimanche, l'adoption du nouveau plan de rigueur. Valéry Giscard d'Estaing s'exprime à l'Assemblée nationale française à huis clos devant un parterre d'élus, réunis par son fils Louis qui préside le club de réflexion Les-IDées.fr.
"Il aurait fallu que la Grèce sorte de l'euro !", lance soudain l'ancien président de la République qui disserte depuis une heure sur l'Europe et la crise des dettes souveraines. Il n'y a pas de jugement de valeur dans son propos, pas de reproches adressés au gouvernement grec, régulièrement tancé par l'Allemagne pour ne pas en faire assez dans la remise en ordre.
Le "père" de la constitution européenne raisonne en économiste : "on impose à la Grèce l'équivalent d'une dévaluation intérieure, tout en gardant une monnaie forte. C'est une équation insoluble", constate-t-il en mettant en regard la croissance négative du pays, sa dette publique qui atteint 140 % du PIB et les efforts drastiques imposés à la population : baisse de 22 % du salaire minimum, réduction de 35 % du salaire des fonctionnaires, diminution de 20 % des retraites et de 40 % des préretraites... Il aurait été, dit-il, plus sage de privilégier une solution où les responsables grecs auraient eu davantage d'autonomie pour gérer la "période de transition".