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Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Actuellement fonctionnaire dans l’administration fédérale canadienne, PSA est partisan du « Grand Pardon » et adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




"L’homme de Dieu qui a combattu toute sa vie pour l’émancipation intellectuelle, religieuse et humaine du continent africain s’en est allé." Ce sont là les mots introductifs du brillant texte de l'excellent Jean François Channon publié ce matin par Le Messager, journal camerounais. Un texte qui vaut bien notre attention pour ces débuts d’hommage à notre Grand frère Jean-Marc Éla... Un Grand des Grands Africains...


Alain Baraton, Christ en croix-5
Alain Baraton, Christ en croix-5
Mars 1986. Il est 19h. Un repas fraternel rassemble au réfectoire du Collège Le Sillon Jeanne Amougou, fondé par le révérend père Engelbert Mveng, prêtre de la compagnie de Jésus assassiné en avril 1995, un groupe de prêtres et de scolastiques jésuites, et la congrégation des pères de Skeut encore appelé pères Cicm. Outre les pères jésuites Engelbert Mveng, Joseph Huet, Vincent Foutchsancé et le frère Philipe Azeufack de la même congrégation religieuse, les pères Cicm de nationalité congolaise Laurent Mpongo, Cyprien Mboka, mais aussi abbés Prosper Abega et Jean Marc Ela. Ce dernier est l’attraction de l’assistance. Cet intérêt de ses pairs, Jean Marc Ela ne le doit pas à son dernier livre de l’époque, « Ma foi d’Africain » qui vient de sortir, mais à un de ses articles paru dans le quotidien Cameroun Tribune quelques jours avant avait provoqué une forte polémique au sein de l’Eglise locale. Jean Marc Ela s’attaque au tout puissant et très redouté nonce apostolique de l’époque, Monseigneur Donato Squictuarini dans cet article au titre véritablement provocateur : « A quoi sert un nonce apostolique ? ». L’abbé y fustigeait entre autres, les pratiques mafieuses, le trafic d’influence et l’esprit de domination des faibles qui prévalaient dans les méthodes de travail de celui qui était alors le représentant du Saint siège au Cameroun. Dans une église locale où la plupart des membres du clergé passaient leur temps à soigner leur image face à « l’Œil du Pape au Cameroun », il fallait avoir un courage à la limite de la témérité pour affronter à un tel dignitaire de l’Église. Évidemment le nonce avait répondu. Non pas pour réfuter ce que l’abbé Jean Marc Ela avait dit, mais plutôt pour menacer le journal, « d’avoir donné la parole à un tel individu ». Donc, au cours de ce repas fraternel chez le père Engelbert Mveng, presque tout le monde a passé la soirée à féliciter l’abbé Jean Marc Ela, « qui a su dire à travers son article au représentant du Saint siège que les églises locales avaient soif d’être respectées, mais surtout d’être appuyées dans leur désir d’émancipation théologique et anthropologique et d’autofinancement », pour reprendre les arguments que l’auteur a lui même utilisé ce soir là, pour défendre sa sortie médiatique. Mais le conflit né à travers cet article était parti pour durer. Convaincu de ses idées, Jean Marc Ela entendait poursuivre le débat. Il s’apprêtait d’ailleurs à donner une autre réplique au nonce apostolique lorsque feu Mgr Jean Zoa, alors très respecté archevêque de Yaoundé l’en dissuade. <<<

Ad Valorem


Rédigé par psa le 17/12/2008 à 08:20
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