Profil
Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Actuellement fonctionnaire dans l’administration fédérale canadienne, PSA est partisan du « Grand Pardon » et adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




L’envers du conservatisme
Les choses se bousculent. Il y a une particulière effervescence dans le paysage politique togolais. Naturellement, je considère tout cela comme une bonne effervescence lorsque des idées sont en bouillonnement.

D’abord et j’insisterai davantage sur ce point, Faure Gnassingbé tente de corriger son défaut de communication politique. La nomination de notre ami Essodeina Pétchézi est un bon signal. Selon republicoftogo.com le nouveau directeur de la communication est déjà au travail: « Essodeina Pétchézi (41 ans en novembre prochain), ancien journaliste à la Télévision togolaise et en poste depuis 2002 à la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique en Éthiopie, est le nouveau Directeur de la Communication de la Présidence de la République. Titulaire notamment d'un DEA en Droit international public et d'un DESS en journalisme, M. Pétchézi est également un passionné des Lettres. Il a remporté, le 17 mars 2005, le Trophée de la langue française à Amiens en France, en faisant 0 faute à la dictée proposée par Bernard Pivot et titrée : « La ronde des mots ». Un exploit en raison des difficultés du texte proposé. » Il faut espérer qu’au-delà des relations de presse, ce sera toute la philosophie de communication de Faure Gnassingbé qui va prendre un virage moderne et visible du commun des Togolais, un virage à résultat politique citoyen et non seulement administratif. Le défi d’Essodeina est donc grand, très grand : il s’agit de faire parler Faure Gnassingbé plus souvent et non pas parler à sa place; rendre Faure Gnassingbé accessible aux médias togolais et à la population togolaise.

Je trouve aussi intéressant l’analyse juridique de Sylvestre Apédo de l’arrêt portant sur la dissolution du parti OBUTS. Le seul fait d’avoir pris le temps de procéder à cette analyse juridique me parait une bonne opération citoyenne. Quoi dire de cette curieuse publication du texte de Robert Dussey avant même sa communication dans le cadre d’une intervention au colloque international sur « décolonisation et indépendances africaines ». L’objectif est sans doute noble, je le suppose. Eh bien, nous l’avons lu… Mais le texte est insuffisamment illustré d’exemples. Beaucoup d’affirmations non étayées ni suffisamment soutenues ; ce pourrait être le style européano-africain. Sinon, je serai d’avis que la production intellectuelle et culturelle africaine n’a pas diminué, bien au contraire. Peut-être leur médiatisation a changé… Je ne donnerai pour preuve que la contribution d’une personne que M. Dussey connait bien : Joachin Atsutsé Agbobli, le regretté. C’est un grand intellectuel, c’était un grand intellectuel me faisait remarquer Yao Paul Assogba. Créatif Joachin ? Médiatisé Joachin ?

On peut discuter de tout ce bouillonnement d’idées et de stratégies politiques. Curieux tout de même… J’écris ces lignes au moment même où je constate la naissance du conservatisme au Togo… ce sera l’une de mes prochaines sorties sans doute. Eh bien ! Le bouillonnement est donc l’envers du conservatisme.