Profil
Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Économiste, administrateur et essayiste, PSA est un partisan assumé du «Grand Pardon» et un adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




«Allons enfants de la Patrie| Le jour de gloire est arrivé|
Contre nous de la tyrannie |L'étendard sanglant est levé |
Entendez vous dans les campagnes |Mugir ces féroces soldats |
Ils viennent jusque dans vos bras égorger vos fils, vos compagnes|
Aux armes citoyens! Formez vos bataillons! Marchons, marchons |
Qu'un sang impur abreuve nos sillons.»


Théophile Alexandre STEINLEN
Théophile Alexandre STEINLEN
Pur archaïsme rétrograde que de vouloir jouer les hymnes nationaux dans les stades de football, avant le début des rencontres sportives, au risque de les voir chahuter et siffler par une partie des spectateurs, même si c’est La Marseillaise française. L’amour de la patrie n’exclut pas que l’on ait le droit d’exprimer son désaccord avec son pays. Il y a lieu d’écouter, bien au contraire, les raisons de ce mal-être qui fait que certains citoyens ne se retrouvent pas dans les normes d’exclusion qui semblent désormais être leur quotidien dans leurs propres pays. Et ces Tunisiens qui auront sifflé la Marseillaise, parce qu’ils sont aussi des Français exclus de leur société, ont le droit de s’exprimer et de se faire entendre. La valeur du drapeau ou de l’hymne national n’est pas à confondre avec les vraies valeurs que la France s’est données dans sa devise : Liberté Égalité Fraternité. En autant que certains citoyens français sont concernés, ces valeurs sont loin d’être respectées, et ces citoyens ont le droit de lutter, pacifiquement, contre leur exclusion. On est pas moins Français en protestant contre la France, contre cette France là qui ne voit pas, qui n’écoute pas, qui ne reflètent pas la réalité de sa société actuelle. Pour s’en convaincre, juste prendre une des photos du Onze National français, l’équipe nationale de football –de loin le sport le plus populaire et le plus représentatif, et une photo de l’équipe gouvernementale française, disons de 1998 à 2008, les comparer et on a vite fait de s’en convaincre qu’on ne parle pas de la même réalité si tant est qu’on parle de la France. Pour s’en convaincre encore, relire les différentes strophes de La Marseillaise, lesquelles ne passeront jamais de nos jours, le moindre test de la modération ou celui de la devise même de la France ; seule la force de l’histoire et le droit d’en conserver les reliques permettent de préserver les propos très particuliers de La Marseillaise, lesquels propos, désuets voire caduques, appartiennent à une époque autre et révolue. Le radicalisme révolutionnaire, le fanatisme étatique et la récupération politique sont généralement sources du totalitarisme au détriment des valeurs universelles auxquelles les enfants de la France réelle d’aujourd’hui s’identifient aisément. Allons, enfants de la patrie, tous autant que vous êtes, enlevez les hymnes nationaux des stades de football et le sport s’en porterait mieux. Si les hymnes nationaux étaient si nécessaires, la vie se devait d’être arrêtée tous les matins pour que nos journées commencent par ces chansons. C’est de la pure illusion traînée à travers les âges que cette adoration fanatisante qui relève du passé plutôt que de l’avenir des États. Ces chants de ralliements sont nécessaires à certains moments seulement ; ils sont loin d’être indispensables à notre vie laborieuse et à nos loisirs d’existence… sauf respect !

Mot à Maux


Rédigé par psa le 20/10/2008 à 00:20
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