Il n’est plus un secret pour personne que les partis politiques au Québec bénéficient largement des retro commissions sur certains contrats de services, ici et là obtenus du gouvernement. L’écœurantite aigüe qui en a résulté pour les citoyens a atteint un degré tel que monsieur et madame Tout-le-monde voudrait savoir comment les choses ont pu en arriver là, malgré les interdictions légales, malgré la vigilance dont plusieurs institutions –du domaine de la construction aux gardiens des règles électorales en passant par les corps de police eux-mêmes, ont fait preuve.
Les derniers en date, les derniers avant les impassibles militants du PLQ, sont les avocats qui ne pouvaient pas ne pas dégonfler la passe à Charest, désavouer carrément le Premier ministre du Québec : « Au terme de notre première analyse, nous ne pouvons avaliser totalement cette commission, puisque trop de questions demeurent en suspens. Le gouvernement a fait un pas important en acceptant de créer une commission d’enquête, il doit maintenant lui donner les moyens d’atteindre les résultats visés », explique le bâtonnier du Québec, Me Louis Masson, Ad. E.
« Les récentes allégations qui éclaboussent le gouvernement en matière de collusion dans le secteur de la construction sont dévastatrices pour la confiance du public dans ses institutions, dans l’État et dans le fait que les lois et règlements sont respectés dans l’attribution des contrats de construction et de gouvernance des chantiers. Le gouvernement a donc la responsabilité d’assurer à la population que tout est mis en œuvre pour que soient respectées les lois, incluant l’absence de corruption et de favoritismes et que l’État fait une saine gestion des deniers publics », réitère le bâtonnier Masson.
En réalité, ce sont les insuffisances du Premier ministre du Québec qui sont exposées au grand jour par cette sortie rapide du Barreau du Québec, vingt quatre à peine après la création de la pseudo-commission. Une situation embarrassante qui devrait forcer Jean Charest –normalement et pour peu que quelque chose lui reste comme devoir ou désir de respecter la demande généralisée des différentes couches de la population, à se rétracter, faire marche arrière et offrir une vraie commission à la population et aux professionnels du Québec.
En fait, il y une limite à vouloir tromper le peuple tout le temps. C’est l’histoire des échecs politiques : c’est une très vieille tradition de l’humanité que les dirigeants possèdent, généralement, un certain « talent d’incompétence » à toujours fuir la réalité en s’imaginant de fausses solutions ou en se faisant servir de faux conseils. L’éthique guérit de tout cela de nos jours… Vivement des cours d’éthique à monsieur le Premier ministre du Québec.