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Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Actuellement fonctionnaire dans l’administration fédérale canadienne, PSA est partisan du « Grand Pardon » et adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




La «verticale du pouvoir» a déresponsabilisé les édiles locaux et les citoyens… La maison prend feu parce qu'elle ne peut prendre de l'eau… La chute menace le triomphe… Toute aide sera appréciée…


Yvo Jacquier, Renaissance
Yvo Jacquier, Renaissance
La roche Tarpéienne est proche du Capitole, disaient les Romains quand la chute suivait le triomphe. Il y a deux ans, la Russie achevait une décennie de croissance annuelle de plus de 7%, parvenant enfin à restaurer son honneur perdu de grande puissance. Au plan international, la conclusion, en avril 2010, d’un nouvel accord Start sur la réduction des armes stratégiques entre les États-Unis et la Russie fut le parachèvement de ce retour en grâce du Kremlin, considéré soudain comme l’alter ego de Washington. L’adoption par Moscou d’une nouvelle doctrine de politique étrangère plus conciliante envers l’Occident en fut la suite logique. Et pourtant, les incendies qui ravagent aujourd’hui la Russie sont la preuve que cet État, longtemps miné par un centralisme paternaliste, est resté d’une grande fragilité interne.

Circonstances atténuantes: le pouvoir russe est confronté, depuis près d’un mois, aux pires incendies que le pays ait connus depuis 1936. Il a cependant été dépassé par les événements en raison de graves dysfonctionnements dans la prise de décision, et cela depuis dix ans. Comme lors de la tragédie du Koursk, le sous-marin russe qui coula en mer de Barents en 2003, le tandem au pouvoir formé de Dmitri Medvedev et de Vladimir Poutine a tardé à mesurer l’ampleur de la catastrophe. En limogeant des responsables militaires pour «négligence criminelle», le président a voulu faire croire qu’il maîtrisait les événements.

Or c’est bien le système politique russe et son organisation selon le principe de la «verticale du pouvoir» qui sont en cause. La centralisation, compréhensible dans un pays traversé par neuf fuseaux horaires, déploie ses effets pervers. Car elle a déresponsabilisé les édiles politiques des régions, et même les citoyens. Pour la forme, la «démocratie dirigée» prônée par Moscou a été récemment assouplie. En confiant, voici quatre ans, la gestion des forêts aux privés et aux autorités locales, Vladimir Poutine a cru qu’il suffisait de décréter la décentralisation dans un secteur peu stratégique pour qu’elle se produise. Dès lors, les incendies questionnent la nature même du pouvoir russe./////////// Stéphane Bussard




Ad Valorem


Rédigé par psa le 07/08/2010 à 11:40