Quarante-trois pour cent des catholiques français souhaitent le départ de Benoît XVI. C'est ce qu'a révélé un sondage Ifop publié par le Journal du dimanche ce week-end. La levée de l'excommunication de quatre prêtres intégristes (parmi lesquels l'évêque négationniste Richard Williamson), l'excommunication d'une Brésilienne suite à l'avortement de sa fille de 9 ans enceinte de jumeaux à l'issue d'un viol, ainsi que les derniers propos du pape sur les préservatifs en Afrique, qui selon lui "augmentent le problème" du Sida, ont largement terni l'image de Benoît XVI. En France, 47 % des catholiques non pratiquants et 31 % des pratiquants espèrent désormais que ce pape se démette.
Bien qu'aucun mortel ne puisse démettre le pape, le code de droit canonique en vigueur, promulgué par Jean Paul II en 1983, permet à celui-ci de renoncer à sa charge de son propre chef (art. 332-2). N'ayant d'autre supérieur que Dieu lui-même, le souverain pontife n'est tenu de faire accepter sa démission par personne. Il est simplement requis pour la validité de sa renonciation "qu'elle soit libre et dûment manifestée". Le phénomène est toutefois resté très rare jusqu'ici. Dans l'histoire récente, trois papes y ont songé mais ne s'y sont pas résolus : Pie XII craignant d'être enlevé par les nazis, Paul VI à ses 80 ans et Jean Paul II en l'an 2000. En tout et pour tout, dans l'histoire de l'Église catholique, seuls quatre papes sur 265 ont effectivement renoncé (Pontien en 235, Félix II en 358, Grégoire VI en 1046 et Célestin V en 1294), le plus souvent sous la contrainte.
Alors, Benoît XVI se joindra-t-il à la liste des Papes démissionnaires ? La question est désormais posée par Chloé Durand-Parenti.