Diplomatie Ouverte

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«En quoi avoir des ovaires a-t-il quelque chose à voir avec la réalisation d’un film?» L’acteur principal de Démineurs, Jeremy Renner, a fini par exploser devant les questions persistantes des journalistes, lundi à l’issue de la 82e cérémonie des Oscars.


Gilles Rousset
Gilles Rousset

«En quoi avoir des ovaires a-t-il quelque chose à voir avec la réalisation d’un film?» L’acteur principal de Démineurs, Jeremy Renner, a fini par exploser devant les questions persistantes des journalistes, lundi à l’issue de la 82e cérémonie des Oscars. Sa réalisatrice, Kathryn Bigelow, venait de devenir la première femme de l’histoire à être sacrée «meilleur réalisateur». Mais pas une question sur la qualité de l’œuvre, la meilleure à ce jour sur le bourbier irakien. Pas une question non plus sur le miracle qui a vu ce petit film indépendant plébiscité contre son exact contraire, Avatar, par une Academy composée de producteurs qui avaient claqué la porte au nez de Kathryn Bigelow. Non, le sujet du jour, c’était la femme. Avec dignité, sans jouer la pasionaria et sans laisser éclater une joie hystérique, la cinéaste a récolté une autre victoire en ne se laissant pas entraîner sur ce terrain miné par les préjugés.
Sitôt la cérémonie terminée, les blogs et forums internet se sont pourtant mis à bruisser, essentiellement de voix féministes et outrées. Comment Kathryn Bigelow a-t-elle pu adresser des remerciements en souhaitant un retour sain et sauf aux troupes enlisées au Moyen-Orient, au lieu de parler en tant que femme et aux femmes? Celles-ci peuvent-elles être fières de voir l’une des leurs l’emporter sur un terrain de jeu masculin, un film de guerre où le seul personnage féminin est une Pénélope qui attend servilement les appels de son soldat de mari? Et d’ailleurs, comme le titraient sans vergogne plusieurs forums, «Kathryn Bigelow est-elle vraiment une femme», elle qui signe depuis trente ans essentiellement des films d’action? Comme s’il s’agissait à présent de redéfinir les genres non plus selon le sexe des artistes, mais en mesurant la part de féminité ou de masculinité contenue dans leurs œuvres… Hollywood peut se frotter les mains et perpétuer la cinématographie la plus machiste de l’Occident. Le débat sur l’inégalité de traitement réservée aux femmes dans l’industrie du cinéma est étouffé. Les femmes préfèrent se crêper le chignon.///////Thierry Jobin

Rédigé par psa le 09/03/2010 à 05:47 | Permalien

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Carole Tinel, Songe d'une nuit
Carole Tinel, Songe d'une nuit
Encore une fois, les élections n’ont rien réglé au Togo. Le constat est amer : le Togo sort de nouveau meurtri et divisé des élections présidentielles de ce mois de mars 2010. Comme des rescapés d’une véritable guerre, un Togolais demande : « À quoi servent les élections au Togo? » À chacun sa réponse. De la capitale togolaise, Lomé, le premier message reçu au lendemain de l’annonce des résultats est encore plus explicite : « Le message hier c'était circulez il n'y a rien à voir. Nous nous sommes réveillés avec une gueule de bois. Comme on le dit, ici il n'y a rien de nouveau. Faut-il en rire ou en pleurer? Mais le mal ne serait-il pas plus grave et sérieux que l'on ne le croit? Bon dimanche amigo! » On ne fait pas un pays avec tant de déçus de la politique, des naufragés d’un bateau toujours ivre, les rescapés d’une aventure aux attentes surdimensionnées, des fatigués d’une démocratie sans cesse reportée. Dans ce Togo, de nouveau, tout est à refaire, des solitudes sont à réunir. Un Togo perdu reste à retrouver et à bâtir. Surlendemains de longues veillées d’armes, les uns et les autres sont fatigués; fatigués de toujours perdre sans aucun péril, fatigués de toujours gagner sans aucune gloire. De ces élections présidentielles togolaises, se pourrait-il qu’il n’y ait ni vainqueurs ni vaincus?

Rédigé par psa le 07/03/2010 à 10:00 | Permalien

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Quel retour de flamme sur la théorie du réchauffement climatique! Le doute semblait levé. Par le 4e rapport du GIEC en 2007 surtout, qui a qualifié d’indéniable le problème. Or, depuis quelques mois, de plus en plus de gens jugent cette prophétie exagérée. Les plus ultras des «climato-sceptiques» ont devant eux un boulevard. Ouvert par des semblants de preuves d’un complot ourdi par les climatologues.


Bernard Lafont
Bernard Lafont
Il s’agit moins de minimiser celles-ci que d’analyser la manière dont le GIEC en a (à peine) pris acte. Pour évoquer le thème du réchauffement, l’information a parfois cédé le pas à la communication. Celle-ci joue de récits radicalisés, de corrélations trop rapides, d’allégations alarmistes. Au point de gaver émotionnellement un public qui plus est largement culpabilisé. La bipolarisation exacerbée du débat et la peur infondée de servir les sceptiques ont alors laissé peu de place, dans les messages des chercheurs, à ce qui constitue le cœur de la démarche scientifique: l’incertitude, la saine remise en question des acquis. Et le domaine du climat n’est pas exempt de lacunes dans la compréhension des phénomènes: elles concernent notamment les prévisions climatiques (et non météorologiques) au niveau régional, le rôle des aérosols ou la dendrochronologie. Mais si ces «trous» existent, c’est – comme dans l’emmental – parce qu’il y a autour une matière consistante et authentique: la Terre vit dangereusement, au-dessus de ses moyens. La fièvre qui la saisit ne va pas faiblir de sitôt. Et le seul vrai risque à estimer concerne les mesures à prendre: elles seront d’autant plus lourdes que l’on attend pour agir. La science, climatique ou autre, n’a pas pour but de produire des certitudes. Mais de se départir de tout biais pour établir des faits en minimisant les marges d’erreur. Pour ce faire, elle a besoin de méthodes rigoureuses, objectives, transparentes. Des codes qui doivent aussi lui permettre d’évoluer au fil des découvertes. Le GIEC a mal assuré toutes ces conditions. Bien plus que sur le fond, c’est sur la forme que ses membres doivent désormais œuvrer.////// Olivier Dessibourg

Rédigé par psa le 02/03/2010 à 00:20 | Permalien

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Où est-il ? Que fait-il? Je me demande parfois, à l’écoute de cette cacophonie politique qui s’élève de son pays, le Togo. Il est le genre à se prendre de fous rires à l’occasion. Certainement pas au vue de ce spectacle-ci. Il doit avoir ses moments de colères, certainement pas pour l’évidence de l’amateurisme politique répétitif qui caractérise les siens. Et puis, je me découvre à fouiller pour savoir s’il fait l’actualité quelque part, au Madagascar ou au Sénégal, à Brazzaville ou à Maputo. Rien, par ces temps! Mais je tombe sur un texte de moi, écrit il y a quelques années déjà, en 2004, à la sortie de son premier roman « Au commencement était le glaive ». Un texte que sans doute je ne retrouverai pas facilement dans mes propres archives. Voici que ce texte parle justement des guerres fratricides, comme il s’en fait actuellement dans son coin de pays, le Togo, sur fond d’élections présidentielles prévues exactement pour dans dix jours. Une bonne raison pour me réapproprier ce texte de six ans qui n’a pas trop vieilli. En reprenant le livre de ma modeste bibliothèque, je constate que l’éditeur avait inséré une page d’avertissement : « Cet ouvrage est un roman, c'est-à-dire une pure fiction, imaginée par l’auteur. Toute ressemblance des personnages avec des hommes et des femmes vivant ou ayant existé ne peut être que fortuite. » M’enfin, si ce n’est pas un pays, il se peut bien que ce soit l’autre… En tout cas, on aime bien ne pas s’aimer dans ce pays là aussi... Et voici ce qui était publié alors comme critique de «Au Commencement était le glaive» d’Édem Kodjo, aujourd’hui à la retraite politique, dit-il lui-même; je dirai moi, en retraite politique plutôt.


Irina Brookler
Irina Brookler
Sur tout un continent et au-delà, dans le cercle des initiés et de ceux et celles qui pratiquent l’Afrique moderne d’aujourd’hui et de demain1, monsieur Édem Kodjo est sans doute l’homme politique africain qu’on ne présente plus. Vu de loin, la densité de sa personnalité fait bien soupçonner ses capacités multiples qui peuvent suggérer autant l’admiration que la jalousie chez ceux que la nature a peu comblés. Un peu plus près, l’homme se présente souvent attentionné, raisonnablement passionné et bon communicateur. Et alors, on attend qu’il se révèle davantage, qu’il se laisse aller... Voilà qui est fait maintenant, à travers son premier roman, Au commencement était le glaive paru le 25 mars dernier en France, aux Éditions de La Table Ronde, disponible dans les grandes villes africaines et européennes, et celles d’Amérique du nord.



À travers ces quelques 300 pages, Édem Kodjo se jette véritablement à l’eau en jouant avec de multiples bouées, ses personnages, dont aucun ne vole la vedette à l’autre. Au fait, a-t-il peur de se noyer en coulant à pic à son premier saut dans l’océan littéraire ? Au commencement était le glaive est un roman nomade qui déménage sans cesse lecteurs et lectrices entre la célébration de la beauté et la condamnation de la haine, jusqu’au jour du dernier jugement ordonné par un «Volcan en furie», le Moromoro, déçu des excès de l’espèce humaine.

Des excès dites-vous ? L’auteur ne s’en est pas privé. Au chapitre de la beauté physique fulmine la divine Fantamadia Funlayo érigée en «Monument national». Ce patrimoine d’élégance africaine, sculpté d’une main de connaisseur de la gente féminine par un Édem Kodjo littéralement en transe, est au centre d’un panthéon où rayonnent la beauté intérieure de la reine mère Immaculée Kagerassa, la beauté spirituelle du père franciscain Idelphonse Mfuni, la beauté intellectuelle de Ranassom -le prince pétri de connaissances et de délicatesses et, enfin, la beauté philosophique du vieux fou, le sorcier Mankan, s’appuyant par endroit sur une beauté naïve et naissante du petit orphelin Aznari.

Aux côtés des sublimes, la cupidité humaine sert de passerelle à une haine dévastatrice entre personnages hauts en couleurs et en épopées. Rignin (Rien) ne sera épargné dans un camp (Hamouris) comme dans l’autre (Bamounas) pour sortir cannons, conseillers, généraux, princes, courtisans, charlatans, journalistes, chevaux et glaives pour en finir et faire gicler du sang, partout. Rignin! assène souvent Chafou le Terrible, le seul et unique chef, le Conducator colérique du peuple des Bamounas. Chafou le Terrible a hérité de ses ancêtres Bamounas une dent très longue contre le peuple voisin des Hamouris et la dynastie des Cheikh Saleh qui y gouverne. Le duel, corps à corps, entre ces deux dirigeants voisins, Saloum Cheikh Saleh et Chafou le Terrible, transformera toute la riche contrée en un univers de violence aveugle et inutile qui constitue encore la triste réalité de certains peuples.

La première œuvre romanesque d’Édem Kodjo a une prise solide et ferme sur la réalité politique de l’Afrique, d’une Afrique encore ventripotente d’inutiles cycles de ressentiments vengeurs. Édem Kodjo a d’abord écrit un roman qui lui ressemble; il a épousé la femme qu’il a toujours fréquentée et qu’il connaît le mieux : l’Afrique. Noces alléchantes, pari gagné!

D’une écriture tricotée serrée au début du roman, l’auteur a joué gros, au risque de ne pas accrocher ses lecteurs dans les premières pages. Ne vous y méprenez pas du tout! Tout au plus, soulignez quelques mots pour y revenir, si le cœur vous en dit. Mais ici encore, les vertus de la patience et de l’effeuillage littéraires ainsi que votre propre côté activiste, voyeur et le « Sakabo » en vous - ce que ravive souvent l’auteur, sauront vous gratifier d’une histoire soutenue et des personnages désespérément contemporains et tragi-comiques. Heureusement que ces Chafou et Cie n’existent que dans l’imagination féconde de l’auteur de Au commencement était le glaive : une lecture captivante.


Rédigé par psa le 23/02/2010 à 23:23 | Permalien

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Ce qui devrait être un simple naufrage se transforme en catastrophe politique d’un genre inimaginable que personne n’a vu venir : une submersion. L’on aurait pu qualifier le tout de tragi-comédie s’il n’était pas question du sort de millions de personnes. J’en étais à penser à une analyse nouvelle lorsqu’un long entretien téléphonique m’a amené à réaliser la nécessité de donner large diffusion au texte initial. Au Togo, l’incompétence politique est plus profonde que l’on ne pouvait l’imaginer…Déjà des commentaires initiaux, reçus au sujet de ce texte, en disaient long : d’abord, « Tes messages viennent toujours me changer du train-train ambiant, sinon que ton essai est réparateur (moralement du moins) parce que judicieux. Je suis heureux de chanter la fin de ce mythe avec toi mais que de temps avons-nous mis pour y parvenir! C’est certain dès à présent, ils n'étaient pas qu'incompétents, il y a pire, c’est de cyniques criminels.»; ensuite, « Lecture passionnante, tragiquement vraie traduisant l'égarement collectif d'un peuple trompé depuis des décennies et dont les yeux s'ouvrent désormais dans la douleur. Énorme responsabilité d'intellectuels incapables de discernement et égarés par la haine et la jalousie.». Effectivement, l’incompétence politique a un prix devant lequel nul ne peut rester indifférent, parce que trop lourd.


Gilles Rousset
Gilles Rousset
Probablement un bon père, un bon mari, un bon mononcle, pourquoi pas un merveilleux grandpa et un fabuleux beauf… Mais toujours fidèle à lui-même, il demeure un politicien d’une inefficacité absolue, bien que populaire au point d’être mythique, et ce, malgré le peu de charisme qu’il dégage. L’histoire retiendra difficilement quelque chose de lui qui soit grandiose et noble: un mot, une phrase, un texte, un discours, une décision qui ait pu changer le destin de son pays. Rien! Pas même savoir se retirer dans la dignité.


Au bout de cet itinéraire, un vide intellectuel pour quelqu’un qui serait le fruit de la London School of Economics. Une chance que dans le monde économique, nous en connaissons qui font mieux la renommée de cette institution, toute chose étant égale par ailleurs… Au bout de ce parcours, le néant qui tétanise par son escobarderie autant que par son vide. Au bout de ce sentier devenu étroit en viles prétentions, l’incompétence coûteuse en vies humaines et en répulsion des véritables valeurs politiques de tout un pays. Je l’interviewais un jour lointain, au moment où personne n’osait l’approcher : j’en avais vu bien d’autres... Au hasard des avions, je m’étais retrouvé sur le même vol que lui, entre Washington DC et Montréal : on pouvait rêver mieux pour son pays…

Il est vrai qu’il avait quitté tôt ce pays, particulièrement depuis le drame de ce dimanche matin dans lequel son père laissa la vie. Et, il a erré du rêve d’un pays à celui d’une revanche, le tout cristallisé dans un mépris effroyable qu’il avait de tout le monde. Ce mépris n’est pas sans conséquence. C’est d’ailleurs le seul legs qui lui est reconnaissable et semble lui aller comme un bonnet d’âne: l’incompétence politique.

C’est un bilan désastreux d’une quarantaine d’années qu’il n’est donné à qui que ce soit de produire en politique; et cela n’existe nulle part ailleurs au monde qu’en lui, par lui et avec lui seul. La seule comparaison possible, en forçant la note quelque peu, exclurait même le cas de la Birmane Ang San Suu Kyi, populaire comme son défunt père et toujours en prison elle, mais bien gratifiée de la plus prestigieuse des reconnaissances : le Prix Nobel. Cherchez alors, vous n’en trouverez pas! C’est dire qu’Il aurait pu être dans cette ligue majeure, si seulement il avait de l’imagination politique. Si seulement il n’avait pas raté toutes les occasions de changer le destin de son pays, de ses concitoyens, son propre destin en prime.

Si seulement il avait le flair politique, il serait revenu d’Abuja dans le même avion que son jeune adversaire, main dans la main avec lui, mais aussi avec des paroles appropriées à la bouche, en avril 2005, au lendemain des élections dans son pays… Ce pays se serait alors embrasé d’enthousiasme et de réconciliation; à la place des centaines de morts inutiles sacrifiés sur l’autel de son égo. Un égo qui pèse et qui rime avec le nom et la taille de son pays; ce qui finira par lui donner des maux de dos, cinq années plus tard, cinq années d’errements supplémentaires, cinq années de trop.

Au bord de la route, il n’aura laissé que des victimes, toutes aussi innocentes que naïves. De simples citoyens aux professeurs d’université : chacun ne jurait que par son nom. Les premiers n’avaient peut-être pas la capacité d’analyse suffisante, mais étonnement, les seconds étaient des aventuriers, de ces « intellectuels tarés » que le président Kérékou savait identifier à leur seule écoute. Ainsi est fait le destin de tout un pays : confisqué et embrigadé par l’incompétence politique d’une seule personne aidée et soutenue par la complaisance et le silence coupables d’une partie de l’élite intellectuelle.

Bien sûr que ce pays a un nom : le Togo. Il est aussi mien et celui de ces nombreux enfants et jeunes gens, pas trop gâtés par le hasard de leur naissance, à entendre leurs cris de désolation. De partout, je porte ces cris, persuadé qu’un jour, ils tourneront pour le mieux. Mais seulement à force de travail et d’éthique, à force de parole et d’action, et refusant une autre humiliation, celle du dernier naufragé. Celui dont les appels de désespoir n’émeuvent plus personne, même pas les siens devenus subitement désabusés, désillusionnés, désenchantés, puis silencieux, taiseux, honteux. Ils ont enfin vu la lumière!

Enfin, ils se lèveront et marcheront avec une certaine intelligence politique pour faire un Togo autre que celui du désespoir et du mépris politique des autres, lesquels parfois frisent une haine viscérale. Enfin, ils se joindront à la raison du compromis politique. Ici, et de tout temps, la mort du pécheur n’est pas inscrite au fronton du Togo; là, à la porte d’à côté, seule la rédemption du pécheur compte. L’entrée est vraiment libre, l’accès à ce temple du salut et du « Grand Pardon » demeure sans condition : la volonté seule suffit. Suivez donc la lumière, rapprochez-vous de la réalité politique de votre pays, faites tomber les barrières, incarnez véritablement l’art du possible qu’est la politique, habitez l’ordinaire du commun des citoyens, bâtissez enfin la cité. Nul autre ne le fera à notre place!


togo_le_dernier_naufrage_20100214.pdf Togo.Le dernier naufrage-20100214.pdf  (120.11 Ko)

Rédigé par psa le 15/02/2010 à 00:45 | Permalien

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À la tête de sa Fondation France Libertés, elle se bat maintenant pour un droit égal d’accès à l’eau potable. Sans concession mais pas sans pragmatisme. "On me dit trop radicale, mais aujourd’hui, on a besoin de radicalité. Besoin d’appeler un chat, un chat." Ainsi parle Danielle Mitterrand dans Mot à Mot (Entretiens avec Yorgos Archimandritis), chez Cherche Midi. L’ancienne première dame de France a beau avoir 85 ans, elle n’a rien perdu de sa passion. Résistante elle était, résistante elle veut être. Et aujourd’hui, elle s’élève contre les multinationales de l’eau. "Un milliard de personnes n’ont pas l’eau potable. Je me bats pour que l’accès soit un droit, garanti dans la Constitution. Nos gouvernements ne veulent pas le faire. Certains États l’ont fait, comme la Bolivie, l’Équateur ou l’Afrique du Sud."


Gilles Rousset
Gilles Rousset
Vendredi dernier, "Tatie Danielle" bravait le mauvais temps pour manifester devant le siège de Veolia Environnement. "Je m’insurge contre un système qui nous gouverne. Les hommes qui servent ce système, je m’en soucie peu, plaide-t-elle. Ils sont dans la légalité, mais quand une loi ne répond pas à l’intérêt général, on peut la critiquer! Les multinationales se rendent compte qu’elles sont observées, critiquées, et s’en inquiètent. Parfois je me retrouve à la tribune à côté d’un de leurs représentants, on emploie des mots similaires mais on n’y met pas le même sens. Quand ils disent “eau pour tous”, c’est pour tous ceux qui peuvent payer. C’est leur logique, pas la mienne."
Sur son bureau de la Fondation France Libertés s’étalent des livres. En haut de la pile, le nouveau Hervé Kempf, auteur fétiche d’Hugo Chavez, intitulé Pour sauver la planéte, sortez du capitalisme. Hugo Chávez, Evo Morales ou Rafael Correa, les nouveaux leaders de l’"Amérique latine rouge", sont ses amis. Danielle Mitterrand arpente le monde: "Je ne parle pas une seule langue étrangère, je fais des efforts, j’ai des méthodes Assimil pour l’anglais, le brésilien… mais je n’y arrive pas", sourit-elle. Tant pis, elle voyage quand même et parvient toujours à se faire comprendre. Au fond, elle se sent mieux avec les paysans sans terre brésiliens ou les Indiens boliviens qu’avec ses concitoyens: "En France, j’ai un handicap, j’ai été première dame pendant quatorze ans. C’est un état de fait, je ne m’en plains pas. Les autres premières dames, elles ont un tempérament différent." Elle ne veut pas aller plus loin. Quand un de ses collaborateurs essaie de lui faire dire du mal de Carla Bruni-Sarkozy, elle refuse: "Je suis bien contente qu’elle continue son métier, j’aimais bien l’écouter." Danielle Mitterrand n’est pas devenue sarkozyste pour autant. Elle était plus à gauche que son mari, elle est aujourd’hui plus à gauche que ce qui fut son parti, le PS. "Il y a une droite et une gauche, la droite défend un capitalisme pur et dur qui oublie l’intérêt général, la gauche est plus attentive à la population, c’est vrai. Mais aujourd’hui, le système est si fort qu’il a fini par convaincre des gens qui normalement devraient s’y opposer. Le libéralisme a trompé son monde, avec ce mot qui ressemble tant à celui de liberté." La bataille contre les multinationales de l’eau fait plus clivage: "C’est plus facile de se battre contre un dictateur que contre une dictature mondiale. Au début, il y a treize ans, il y avait dix ou vingt personnes aux conférences, on passait pour des illuminés. Aujourd’hui, on bénéficie d’une grande écoute, des politiques locaux viennent, des municipalités de droite et de gauche veulent retrouver une gestion publique de l’eau, Paris vient de le faire." Danielle Mitterrand est optimiste: "L’argument qui convainc le plus est celui du prix, moins élevé avec une gestion publique." Pour parvenir à ses fins, elle utilise l’argument du coût. Danielle Mitterrand se veut radicale, elle sait aussi être pragmatique.///////Cécile Amar


Rédigé par psa le 07/02/2010 à 14:27 | Permalien

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Le mitraillage vendredi dernier de l’équipe de football du Togo qui se rendait à la Coupe d’Afrique des nations par des rebelles du «Koweït de l’Afrique» ranime un conflit que Luanda disait avoir réglé depuis 2006. Deux morts et un blessé grave dans l’encadrement de l’équipe de football du Togo, victime malencontreuse d’un conflit interminable. C’est à ce prix que les rebelles des Forces de libération de l’Etat ¬du ¬Cabinda-Position militaire (FLEC¬PM), qui ont mitraillé vendredi passé le bus des Eperviers togolais, ont atteint l’objectif qu’ils visaient. Transformer la Coupe d’Afrique des nations (CAN) en Angola en une caisse de résonance pour la lutte qui les oppose depuis trois décennies et demie à Luanda.


Gilles Rousset, 2010
Gilles Rousset, 2010

Cabinda, bande de terre de 7270 km² dont les 300 000 habitants sont aussi pauvres que ses forêts sont luxuriantes et son rivage atlantique est gorgé de pétrole, est une extravagance géographique. Elle est coincée entre deux pays francophones, le Congo-Brazzaville au nord et la République démocratique du Congo au sud, mais ne partage pas de frontière avec l’Angola, auquel le colonisateur portugais a pourtant rattaché l’enclave en 1956. Dix-neuf ans plus tard, Luanda s’affranchit du Portugal. Les principaux mouvements de libération (de l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola, l’Unita de Jonas Savimbi, au Mouvement populaire de libération de l’Angola, MPLA, de l’actuel président José Eduardo dos Santos) ratifient l’indépendance.
Mais le FLEC, qui s’était constitué dès les années 1960 pour dénoncer lui aussi la domination portugaise, n’est pas associé aux discussions. Cabinda devient autoritairement la 18e province d’un Angola qui n’entend pas renoncer à ce territoire «indispensable à la survie du régime MPLA, puisqu’il pèse à l’époque pour 80% de ses réserves pétrolières», rappelle Olivier Vallée, économiste indépendant. «Avec la découverte d’immenses gisements le long de la côte de l’Angola, qui surpasse depuis deux ans le Nigeria comme premier pays subsaharien exportateur de pétrole, la part de Cabinda ne devrait plus à terme représenter que 40%», poursuit le spécialiste. C’est encore beaucoup trop pour que «Luanda et les compagnies pétrolières (ndlr: Chevron, Texaco, Elf) envisagent l’émancipation d’un «Koweït» au milieu de l’Afrique», ajoute Didier Péclard, chercheur à la Fondation suisse pour la paix. Au fil des ans, le FLEC, qui fait parler de lui au travers des prises d’otages et d’actes de guérilla sporadiques, se morcelle. En 2003, le FLEC-PM (armé) apparaît.

18e province de l’Angola répressif
A l’époque, les rebelles sont confrontés à une sévère campagne contre-insurrectionnelle. Car en 2002, le MPLA au pouvoir à Luanda a mis à profit la fin de la guerre civile qui l’oppose depuis l’indépendance à l’Unita de Jonas Savimbi, soutenue par l’Occident, pour redéployer 30 000 de ses soldats dans l’enclave. Un pour dix Cabindais, dit-on alors. Le FLEC pâtit de ce quadrillage, et en 2006, sa faction «rénovée», menée par Antonio Bento Bembe, signe un accord qui clôt, sur le papier, le conflit et définit les conditions d’une meilleure redistribution locale de la manne pétrolière.
La réalité sur le terrain démontre le contraire: le reste du front réfute le texte. Pour les plus radicaux, la lutte contre l’occupant angolais continu encore à ce jour. «Il n’y a pas que le FLEC. La mobilisation de la société civile de Cabinda, structurée par le clergé, est très grande. Elle réclame l’autonomie, voire, pour les plus déterminés, l’indépendance», souligne Didier Péclard.
«Le gouvernement refuse, frontalement, tout dialogue», poursuit ce spécialiste de l’Angola. Dans un rapport publié à l’été passé, Human Rights Watch dénonçait la persistance d’une répression très dure à Cabinda, où les médias indépendants n’ont pas droit de cité. «L’armée angolaise et ses services de renseignement maintiennent une présence très large sur ce petit territoire, où ils intimident et harcèlent les gens qui sont perçus comme d’opinion dissidente», note l’organisation américaine, en recensant de nombreux cas de torture et de dénis de justice.
L’organisation de la Coupe d’Afrique des nations, et la décision de Luanda d’organiser des matchs à Cabinda, devait «asseoir la normalisation de l’Angola et démontrer à la communauté internationale et aux pétroliers que la situation était calme dans l’enclave», note Didier Péclard. Une illusion qu’une poignée d’insurgés, dont deux ont été interpellés hier, a fait voler en éclats en mitraillant le bus togolais. «Nous sommes en guerre», a martelé Rodrigues Mingas, le représentant en exil (en France) de la faction FLEC-PM qui revendique l’attaque. En dénonçant dimanche un «acte de terrorisme», alors qu’il donnait le coup d’envoi de la CAN, le président angolais José Dos Santos a lui-même admis, d’une certaine façon, que la question cabindaise n’était pas encore réglée. ///////Angélique Mounier-Kuhn


Rédigé par psa le 12/01/2010 à 00:12 | Permalien

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Patrick Wecksteen, Dos tourné
Patrick Wecksteen, Dos tourné
Il y a des morts qui nous choquent pour plusieurs raisons. Celles-ci frappent pour leur inutilité. Les morts et aussi les blessés de Cabinda pour le compte de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2010) de l’Angola sont inutiles à cause de l’irresponsabilité quasi collective qui entoure ce drame. Ces torts, sont-ils partagés et acceptés par les États (le Togo et Angola particulièrement), la Caf (Confédération africaine de football) et les fédérations nationales ou les structures qui en font office comme c’est la cas de ce groupe de personnes nommées par le gouvernement togolais pour gérer la participation des sportifs togolais que rien, rien malheureusement, ne fera revivre ces personnes perdues à jamais dans leur désir de vivre leur passion, d’accomplir leurs obligations et pour beaucoup de servir leur pays et l’Afrique de football dans le domaine où ils excellent le mieux. Dans ce drame dont le décompte ne sera jamais final, notre ami l’ambassadeur du Togo au Canada a perdu son frère Abalo Amélété, l’entraineur adjoint en charge de la préparation des gardiens de but. On annonce d’ailleurs les blessures des joueurs togolais dont le gardien de but Kodjovi Obilalé. Malheureusement, au passif de cette somme d’amateurisme et d’incompétence ringarde dont la Caf seule est capable malgré tous les moyens dont elle dispose, il faut déjà inscrire le décès de Stan Ocloo, un journaliste. Ainsi, avec le chauffeur angolais et les inconnues blessées de cet itinéraire douteux, ce sont déjà des victimes innocemment fauchées qui s’offrent au sacrifice suprême pour une fête de football qui n’a plus aucune raison d’être. La responsabilité de la Caf est tellement établie que Issa Hayatou, son président, lorsqu’il sortira de son mutisme doit penser à démissionner. Et peut-être alors ses nombreux supporteurs plumitifs continueront-ils à l’encenser pour devenir candidat à la succession de Paul Biya ? Comme si au Cameroun il n’y aurait pas mieux pour une éventuelle succession d’un Paul Biya encore jaloux de son trône. En somme, il faut désormais projeter ce drame de Cabinda dans l’avenir du football. Celui du football togolais d’abord dont l’organisation et la gestion demeurent moribondes et couteuses, comme le sont toutes les inactions et les intrusions inutiles du gouvernement togolais dans les affaires de la fédération togolaise de football (FTF). C’est ainsi et cela a besoin d’être compris une bonne fois pour toute au Togo : le gouvernement peut et doit payer pour ses couleurs nationales mais il ne lui appartient pas de gérer la FTF en créant des comités administratifs bidons ou favoriser l’élection de certains protégés ou encore nommer tous ceux qui ont échoué à se faire élire régulièrement. Ensuite pour le football africain, l’ère du président Issa Hayatou et ses amis est entrée dans une phase d’inefficacité sans autre issue que la poursuite de ce confort malsain dénommé le Principe de Peter, car insensible et éloigné de toutes les subtilités du terrain et de l’efficacité. À entendre l’hérésie déclarative du porte-parole de la Caf, Souleymanou Habouba, tentant de limiter la responsabilité de son organisation en prétendant que la délégation togolaise n’était pas encore arrivée dans leur pré-carré géophysique et que le drame ne saurait alors engager la responsabilité de la Caf, on se croirait aux temps primitifs des balbutiements des théories de la responsabilité jadis étroite, devenue aussi large légalement et moralement de nos jours. Souleymanou Habouba était d’un autre siècle face à la gestion de crise qui est aujourd’hui enseignée dans la plus banale des écoles d’administration publique ou privée. Ce gars aurait du se taire comme son patron Hayatou qui court aux trousses des autorités angolaises et togolaises, et chercher à sauver ce qui reste de cette gestion trop personnalisée du football africain et de son propre honneur. C'est à toute l'Afrique que le président de la Caf, dans sa suffisance outrageuse, vient de faire un mal difficilement contenable sur la planete football. Face à ce drame, que tous les vrais responsables de ce laisser-aller généralisé se désignent par eux-mêmes et agissent en conséquence. Ici également l’incompétence a un prix d’honneur: la démission. Et, il fallait que tout cela arrive à la veille de la première Coupe du monde que l’Afrique accueille sur son sol… Il fallait que tout cela nous tombe dessus au moment où se déroule une honteuse Chasse aux Noirs en Calabre dans la commune de Rosarno soumise à la mafia… Ici et là, il nous faut compter des blessés et des morts inutiles. Condoléances attristées!

Rédigé par psa le 09/01/2010 à 14:10 | Permalien

Mot à Maux

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Gilles Rousset, Nu fauviste sur dos... Face au destin
Gilles Rousset, Nu fauviste sur dos... Face au destin

La tentative d’attentat qui a eu lieu le jour de Noël dans un avion à destination des Etats-Unis a donné le désagréable sentiment d’un éternel recommencement. Les inspections de plus en plus tatillonnes qu’ont à subir dans les aéroports les Américains comme les passagers du monde entier; les listes interminables de suspects potentiels (sur lesquelles figurait bien le nom du jeune Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab); les millions d’empreintes digitales recueillies par les services de sécurité américains… Tout cela n’y pourra rien. Même la collaboration du propre père du jeune «djihadiste» n’a pas été suffisante. Après s’être nichée dans un simple cutter, dans les ceintures, dans les semelles des chaussures ou dans les tubes de pâte dentifrice, «l’inventivité» des candidats au terrorisme continuera toujours de bénéficier d’un coup d’avance. Obama est face à un mandat encore plus exigeant dont l’an II commence bien ce mardi par une réunion stratégique sur la Sécurité. Un face-à-face avec une réalité tenace

Mais à ce sentiment correspond surtout son double sur le grand théâtre des relations géopolitiques. En annonçant, après des mois d’hésitation, l’envoi de dizaines de milliers de renforts américains en Afghanistan, Barack Obama en donnait une indication parfaitement transparente. Le décalage sautait aux yeux: il s’agissait de justifier le renforcement d’un combat, vieux de huit ans déjà, contre les «ennemis de l’Amérique» nichés dans les montagnes afghanes. Mais c’est le Pakistan qui apparaissait de manière bien plus centrale dans le discours du président. Et, au-delà, c’étaient d’autres pays qui pointaient encore: la Somalie, en état de décomposition profonde, ainsi que, de l’autre côté du golfe d’Aden, le Yémen, cette nouvelle base arrière d’Al-Qaida, dans laquelle le jeune prétendant à la guerre sainte avait acquis son matériel explosif ainsi que les instructions visant à l’utiliser.
Aujourd’hui, les républicains ont beau jeu d’accuser le nouveau président de ne pas avoir pris la menace au sérieux. Autant le système actuel de sécurité dans les aéroports que la longue déchéance solitaire du Yémen trouvent en partie leur origine dans les décisions de l’administration Bush. Mais la dénonciation par la Maison-Blanche de cette «hypocrisie», elle non plus, n’y pourra rien. Barack Obama, s’il veut survivre politiquement, devra sans doute donner du muscle face aux récriminations. En tournant la page des années Bush, la majorité des Américains croyait avoir offert au monde un gage de réconciliation. Alors qu’Al-Qaida continue d’envoyer ses kamikazes, elle considérerait désormais toute attitude conciliante comme un insupportable signe de faiblesse.//////Luis Lema

Rédigé par psa le 05/01/2010 à 06:01 | Permalien

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Bertram Brooker, Le nu canadien
Bertram Brooker, Le nu canadien
Nulle part au monde, pas plus au Canada qu'ailleurs, les élections n’ont constitué des solutions aux problèmes politiques de grande envergure, particulièrement en l’absence de démocratie. Elles ne feront donc pas de miracles en mars prochain ni à Madagascar ni au Togo qui font face, tous les deux, à des réalités politiques assez contrastées dans lesquelles les paramètres d’analyse sont souvent brouillés par une certaine lassitude qui ne tarde pas à prendre le contrôle des esprits en commande de ces pays. Le pari d’Andry Rajoelina de nommer Albert Camille Vital comme nouveau Premier ministre à la place d’Eugène Mangalaze désigné le 6 octobre 2009 par consensus entre les différentes mouvances malgaches, est une pure défiance de la logique politique. Cécile Manorohanta n’a donc assumé la fonction de premier ministre que pour quelques heures. De la part du chef d’État intérimaire Rajoelina dont la vivacité d’esprit et l’impatience sont connue de tous, même s’il faut avouer que certains le prédisaient; ils n’avaient donc pas tort. La seule question qui se pose tout le monde est maintenant de savoir comment le TGV passera les nombreuses frontières que constitue la barrière diplomatique internationale qui lui a déjà fait essuyer des revers proches de l’humiliation face à son entêtement. Madagascar serait-il sur la voie royale du Togo longtemps mis au banc des accusés et auquel toute assistance internationale avaient été refusée? Personne n’est obligé de répondre à cette question dans la précipitation tégévéenne. Prenons donc le plaisir d’y méditer en voyant les choses se préciser. Étonnant pari politique que ce rapide tournant électif malgache, tout de même ! Au Togo, on va plutôt très lentement, tout doucement. On va à ce rythme au Togo parce que Faure Gnassingbé doit faire du ménage politique, aussi bien dans ses propres rangs -particulièrement dans son parti le RPT, chez les militaires et ses conseillers qui n’étaient pas forcément les siens ; les mauvaises langues ajouteraient dans sa propre famille aussi, mais personne ne connait ses réelles intentions pas plus que lui-même d’ailleurs ne sait quoi faire de certains membres de sa famille actuellement- que chez ses adversaires politiques –notamment le redoutable et populaire Gilchrist Olympio mais non moins incompétent homme politique et ces vestiges récupérateurs du réveil démocratique togolais qui ont suffisamment montré de leurs limites pour mériter retraites et félicitations, Léopold Gnininvi et Yawovi Agboyibo notamment. Il est vrai que lorsque l’on a été mal élu et que l’on en est conscient comme Faure l’est lui-même, lorsque l’on a tant de poussière à enlever chez soi et chez les autres, on peut rapidement ajouter à la confusion en opérant sans méthode. Mais il demeure que Faure manque d’audace face aux réalités et défis du Togo. On ne peut aller aussi lentement sur une voie de grande vitesse qu’est la conduite des affaires de l’État. À l’analyse, Faure est allé aussi lentement et aussi longtemps qu’il avait la maitrise relative de son environnement politique ; il roupillait pratiquement au volant jusqu’à ce qu’il se fasse klaxonner par deux téméraires politiciens : Kofi Yamgname et Agbéyomé Kodjo. Ces derniers sont devenus les deux valeurs inconnues dans l’équation politique qui se posait à Faure jusqu’à maintenant. Agbé et Kofi sont devenus des inconnues stratégiques à cause de leur audace, certains diront leur témérité et leur fronde à la David. Les lendemains d’élection avec les Olympio, Gnininvi, Agboyibo, Gogué, Lawson et autres, ça c’est du connu, c’est la même bande à mater. Mais vous êtes Faure, vous dormiez et ce ne sont plus les gars à Gil qui font du bruit à la porte, le même bruit et la même musique connus de vous et qu’ils chantent d’ailleurs de très loin pour s’annoncer à vous. Vous ne pouvez plus dire comme d’habitude : « Continuez, je dors ou si vous voulez allez-y voir Blaise à Ouaga ». Mais, ce sont deux hommes, manifestement habiles, qui se chuchotent à peine et s’affairent à introduire différentes clefs dans la serrure de votre chambre. Dormirez-vous encore en Père Noël et pour une bonne partie de votre mandat? Il y a sans doute des problèmes à reconnaitre et à régler tout de suite… bien avant les élections et qui les justifieront par ailleurs. À partir de ce constat et sous d’autres considérations également, et cela est vrai, certains autres prônent l’inutilité même des élections présidentielles au Togo. Le GRAD (groupe de réflexion er d’action pour le dialogue, la démocratie et le développement) lui en demande le report. Cette demande est supportée par plusieurs raisons dont l’essentielle est sans doute le constat que « La crise togolaise est une crise politique qui comme telle doit être réglée politiquement. » Donc, en ces quelques semaines devant, la crise politique au Togo ne saurait être résolue, mieux le Grad a trouvé réponse elle-même à la question qu’elle semblait nous poser : Faut-il s’attendre encore à un accord politique après le scrutin de 2010 ?
Adrien Hébert
Adrien Hébert
Tout en redoutant le OUI à cette question, tout en rejetant cette réponse positive dans tout son raisonnement, voilà que Dr Victor Komlan Alipui arrive fatalement à ce constat : Oui, il faut s’attendre encore à un accord politique après le scrutin de 2010. Une façon tout à fait respectueuse de constater de nouveau que le Grad, dont la noble mission est à louer, fait toujours une étonnante économie de la réflexion à laquelle elle se destine pourtant. Cette erreur constante que fait le Grad dans ces réflexions –qui à la longue finiront par devenir très ordinaires comme la plus banale des trouvailles idéelles émise seulement par une fin de semaine pluvieuse- réside dans cette cécité récurrente à ne pas s’élever au-dessus de partis politiques ; même si le Grad déclare adresser ces recommandations aussi bien aux uns comme aux autres, il ne fait pas la démonstration des bienfaits de ses recommandations pour les uns et les autres, surtout ceux qui pensent trouver avantage dans le statut quo. Les nombreux docteurs et autres respectables qui forment le bureau du Grad doivent enfin comprendre qu’il leur faut faire ce qu’eux-mêmes aiment nommer « une rupture épistémologique » pour aider à proposer une véritable porte de sortie à cette crise politique qui, manifestement, n’est nullement réglée au Togo. Le cas togolais dépasse largement les « Il faut que… » et les « On doit… » ou encore, en ce qui concerne les ONG et autres OSC (organisations de la société civile), leur dire « C’est une mission qui exige… »

Peut-être que je suis de ceux qui attendent un peu trop du Grad qui en fait sans doute assez… Je ne sais pas ! Mais la réflexion a besoin de vraiment s’élever autour du cas Togo par des Togolaises et des Togolais eux-mêmes. Pour l’instant, le résultat tarde à s’élever… cinq années après le fiasco de 2005, vingt ans après les premiers soubresauts démocratiques. Peut-être encore qu’il faudra attendre le ménage fatal qui va s’opérer dans la classe politique prochainement, quelle que soit la période de ces inévitables élections.

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En fin de compte, la France aura offert à Hans-Rudolf Merz une belle occasion de terminer dans un sursaut de dignité blessée une année présidentielle marquée par des capitulations sans gloire. C’est à celui qui aura signé le certificat de décès du secret bancaire et qui a personnifié l’impuissance et la solitude de la Suisse et de l’Etat de droit, voire son ridicule, face à l’arbitraire du régime libyen qu’il revient de reprendre la main.


Bruno Mangilli, Écorce
Bruno Mangilli, Écorce
Cette occasion survient à point nommé pour le ministre des Finances personnellement et pour le Conseil fédéral plus généralement. Elle lui permet de soulager une exaspération croissante, bien que sourde et pas encore exprimée de façon explicite, contre les concessions que la Suisse a été amenée à faire depuis le début de la crise financière. Le président de la Confédération a pu dire «ça suffit», avant qu’un parti ne s’empare de la fermentation qu’on sentait monter dans le monde politique et ne l’exploite dans son seul intérêt. Il fallait, parmi les nouvelles conventions de double imposition, une victime expiatoire. En se mettant en position de demander la levée du secret bancaire pour exploiter des données volées, Paris fournit à Berne un vrai et authentique prétexte, sans qu’il soit besoin de labourer un terreau fantasmatique pour nourrir et entretenir un courant d’indignation. S’il existe entre la Suisse et la France un contentieux diplomatique, on n’observe pas entre les deux pays de tensions au niveau de la population susceptibles d’être exploitées, aiguisées et détournées. Nous n’avons pas de problèmes avec la pratique de la langue de Molière, nous ne faisons pas de complexes, nous ne nous sentons pas envahis par les immigrés français – tout au moins pas au-delà de la zone frontalière – et l’exploitation de l’aéroport de Cointrin n’est pas prétexte à affrontement entre les deux pays. En regard du seul maintien de la paix civile entre Genève et Romanshorn, on aurait ouvert, à maints égards, un conflit beaucoup plus problématique. ///// Daniel S. Miéville

Rédigé par psa le 17/12/2009 à 01:17 | Permalien

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Aujourd’hui, 56 journaux de 45 pays ont pris l’initiative inédite de parler d’une seule voix à travers un seul et même éditorial. Nous le faisons car l’humanité est confrontée à une urgence extrême. Ainsi, l'histoire prend date. Et, tout le monde attend...


En attendant des solutions de Copenhague
En attendant des solutions de Copenhague
A moins que nous nous unissions pour mener une action décisive, le changement climatique va ravager notre planète, et avec elle notre prospérité et notre sécurité. Les dangers sont devenus apparents en une génération. Désormais les faits ont commencé à parler d’eux-mêmes: 11 des 14 dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées, la calotte glaciaire de l’Arctique est en train de fondre et le prix du pétrole et de la nourriture, qui ont pris l’ascenseur l’année dernière, donnent un avant-goût du désastre à venir. Dans les magazines scientifiques, la question n’est plus de savoir si on doit blâmer l’être humain, mais combien de temps il nous reste pour limiter les dégâts. Et pourtant la réponse mondiale a jusqu’à maintenant été faible et sans conviction.
Le changement climatique a été provoqué depuis des siècles, il aura des conséquences indélébiles et nos chances de le dominer se joueront pendant les 14 prochains jours. Nous appelons les représentants des 192 pays réunis à Copenhague à ne pas hésiter, à ne pas sombrer dans les querelles, à ne pas se rejeter la faute les uns sur les autres mais bien à tirer parti de l’un des plus grands échecs politiques contemporains. Cela ne doit pas être un combat entre le monde riche et le monde pauvre, ni entre l’Est et l’Ouest. Le changement climatique affecte tout le monde et doit être résolu par tout le monde.
(…)
Venir à bout du changement climatique sera le triomphe de l’optimisme sur le pessimisme, de la vision sur la myopie, de ce qu’Abraham Lincoln appelait «les meilleurs anges de notre nature».
C’est dans cet esprit que 56 journaux du monde entier se sont unis derrière cet éditorial. Si nous pouvons nous entendre sur ce qui doit être fait, avec tant de perspectives nationales et de politiques différentes, alors nos dirigeants le peuvent aussi.
Les politiciens réunis à Copenhague ont le pouvoir de façonner le jugement que portera l’Histoire sur cette génération: dira-t-elle que c’était une génération qui a perçu le défi et qui l’a relevé, ou qu’elle était tellement stupide qu’elle a vu la calamité venir mais n’a rien fait pour l’éviter? Nous implorons nos dirigeants de faire le bon choix.
Rédigé par psa le 07/12/2009 à 00:07 | Permalien

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