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Pierre S. Adjété
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La chienlit ou le malaise est définitivement à droite ; bien à droite des Dati, Boutin, Raffarin, Juppé et autres Villepin. Au point qu’une raffarinade a germé sur le terreau fertile créé par cette dérive sarkoziste sécuritaire : «La pensée politique ne doit pas être la monoculture de la sécurité mais une polyculture dans laquelle toutes les valeurs de l'humanisme sont présentes ». Les récoltes attendues de cette culture seront encore appréciées dans les prochaines semaines de cette rentrée politique. À l’Express, on le constate bien, même si l’on attend le grand ménage du remaniement qui tentera de tout ramener au centre… Juppé et autres aidant.


Une France cultivée du fond au comble sécuritaire
Le discours présidentiel de Grenoble le 30 juillet laissera des traces profondes. Très critiqué à gauche, le tour de vis sécuritaire de Nicolas Sarkozy indispose aussi dans les rangs de l'UMP. Et désormais c'est l'ensemble des anciens Premiers ministres de Jacques Chirac qui s'émeuvent du climat ambiant.

Après Alain Juppé et Dominique de Villepin, c'est Jean-Pierre Raffarin qui est monté au créneau ce mardi pour s'étonner du mutisme de François Fillon. Invitant l'actuel Premier ministre "à prendre la parole", celui qui dit incarner l'aile humaniste de la majorité s'en est pris directement à la surenchère du parti présidentiel: "C'est l'UMP qui aujourd'hui sur ces sujets pose problème". Pour le sénateur de la Vienne, le parti présidentiel est entré dans "i[une dérive droitière qu'il convient de corriger".

"La pensée politique ne doit pas être la monoculture de la sécurité mais une polyculture dans laquelle toutes les valeurs de l'humanisme sont présentes", a lancé Jean-Pierre Raffarin sur RMC.
L'attaque la plus sévère est venue lundi de Villepin. Après avoir laissé tout au long du mois d'août ses lieutenants critiquer la surenchère sécuritaire, le président de République solidaire a franchi encore un cap dans une tribune publiée dans Le Monde datée du 24 août, qualifiant la politique du gouvernement de "tache de honte sur notre drapeau".

Il a réitéré ses charges ce mardi matin sur RTL: "Ma famille politique n'a pas à être tirée vers l'extrême-droite comme elle l'est aujourd'hui". Très dur sur la politique contre les Roms qu'il juge "indigne", il a indiqué qu'à ses yeux "la droite française, ce n'est pas cela!". "François Fillon ou Michèle Alliot-Marie ne peuvent pas être très à l'aise", a-t-il ajouté.

Même la pourtant très sarkozyste Rachida Dati est aussi allée de sa critique. Dans une tribune au Monde du 24 août, elle a dénoncé "l'amalgame entre immigration et délinquance". Le virage à droite, elle le juge "regrettable" et "pas sain". "Cessons donc d'opposer les Français les uns aux autres", ajoute-t-elle, taclant au passage le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux.
Jointe par LEXPRESS.fr lundi 23 août, Christine Boutin s'est fait écho des critiques de l'Eglise."Répondre à l'exaspération des Français par la stigmatisation de populations est inacceptable", a fustigé la présidente du Parti Chrétien-Démocrate, mettant "en suspens" la question de l'association de son mouvement avec l'UMP.
Sur France Inter le 18 août, l'ancien Premier ministre Alain Juppé a jugé que "parfois le gouvernement dérape!". Une critique destinée à Nicolas Sarkozy mais aussi à son ministre de l'Industrie Christian Estrosi, qui proposait de sanctionner "les maires laxistes".

Ces différents rappels à l'ordre seront t-ils entendus par l'exécutif? La rentrée sociale avec l'examen de la réforme des retraites et du budget 2011 devrait permettre de mettre entre parenthèses, au moins progressivement, les questions sécuritaires.
Au Quai Juppé ? Juste avant la trêve estivale, l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac, Alain Juppé, a été reçu par Nicolas Sarkozy. Bien qu'il continue de marquer sa différence -par exemple, sur la sécurité- il est alors tenté d'entrer au gouvernement, à l'occasion du remaniement. Il a demandé à ses proches de lui chercher un chef de cabinet, au cas où sa nomination se confirmerait. C'est le Quai d'Orsay qui est le plus souvent évoqué. Dans la majorité, certains s'interrogent toutefois du sort qui serait réservé au maire de Bordeaux si Michèle Alliot-Marie, qui fut, elle aussi, ministre de Chirac, remplaçait François Fillon à Matignon. "Rappeler l'un et promouvoir l'autre, ce serait trop!" remarque un ministre. Un autre nom circule pour succéder à Bernard Kouchner, dont le sort paraît réglé: celui du secrétaire général de l'Élysée, Claude Guéant, habitué aux missions à l'étranger depuis 2007./////Eric Mandonnet/Guillaume Stoll


Rédigé par psa le 25/08/2010 à 00:55 | Permalien

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Vincent Van Gogh (1853-1890)
Vincent Van Gogh (1853-1890)
Vincent Van Gogh (1853-1890), souvent dans la dèche, a peint plusieurs tableaux "fleuris". C'est celui-ci qui semble avoir disparu de manière rocambolesque au Caire. Perdu, déclaré retrouvé puis non retrouvé par les autorités du Caire, le Coquelicots est véritablement aux larges comme en 1977. Pour combien de temps cette fois-ci?

Rédigé par psa le 22/08/2010 à 18:22 | Permalien

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Vincent van Gogh, Un crabe sur le dos
Vincent van Gogh, Un crabe sur le dos
La pratique scandalise: chaque année en Chine, des centaines – peut-être des milliers – d’organes provenant de condamnés à mort alimentent un lucratif trafic de transplantations. La Chine doit respect aux règles internationales et cesser d’être à contre courant.

Celui-ci n’est pas le fait d’un État qui l’organiserait de façon centralisée, mais résulte d’arrangements locaux entre l’armée, des responsables du Parti et des cliniques. Si les récits sur ce commerce de la mort sont rares – le témoignage de l’ex-policier chinois qui cherche asile en Suisse révélé par Le Temps est à ce titre exceptionnel –, Pékin en reconnaît pourtant partiellement la réalité et affirme vouloir y mettre un terme. Sa législation – qui a évolué en 2007 – n’est toutefois pas suffisante pour exclure l’exploitation de condamnés à mort (et même de prisonniers d’opinion, selon le Falungong), qui nourrissent un réservoir d’organes à des fins de transplantations chèrement tarifées.

Les groupes pharmaceutiques qui produisent les médicaments contre le rejet d’organes transplantés ne peuvent ignorer cette situation. Sur le marché chinois, les pionniers et les mieux implantés dans ce secteur sont Novartis et Roche. En appelant les deux groupes bâlois à se doter d’un code de conduite pour «éviter de se rendre complices d’abus» de droits humains puis à faire pression sur les autres acteurs de la branche, Amnesty International Suisse espère mettre les autorités chinoises sous pression.

De tels codes de conduite existent déjà pour l’industrie d’extraction (hydrocarbures, minerais) ou encore les technologies de l’information. Ils ne sont pas une fin en soi. Mais ils permettent aux entreprises de ne pas avancer en ordre dispersé face à des États trop puissants pour faire prévaloir les valeurs éthiques qu’elles affichent chez elles. En souscrivant à cet appel, Novartis donne les gages d’une entreprise responsable. Le silence de Roche est pour l’heure incompréhensible. Les différences de mentalité ou de culture des Chinois à l’égard de la mort n’excusent rien. Le dégoût devant un tel trafic est bien universel. Mentalité ou culture ne justifie rien.////////Frédéric Koller

Rédigé par psa le 16/08/2010 à 00:16 | Permalien

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Il y a véritablement problème lorsqu’un chef d’État de l’une des puissances mondiales n’a pas de valeur suffisamment haute pour traiter de manière égalitaire tous ses citoyens. C’est une tentative de recul qui certes ne passerait pas de si tôt comme loi en France. Mais la seule énonciation de cette possibilité traduite d’ailleurs dans les faits par un arsenal de mesures musclées du bout-au-feu, soulève autant notre étonnement que notre indignation. Encore une fois, Nicolas Sarkozy n’arrive pas à incarner la France et le monde. Il n’en demeure pas moins l’élu des Français à la tête de leur pays ; un élu qui sème le doute sur ses capacités d’assumer la France qu’il ne rassure nullement ses compatriotes et le monde entier sur les valeurs fondamentales qui le gouvernent personnellement. Pratiquement au même moment que l’instance des Nations unies qui vient de blâmer la France, le gouvernement français donc et ses plus hautes autorités sur cette dérive fondamentalement xénophobe, mon professeur Alain Juppé prend une position différente de celle de Nicolas Sarkozy ; cela ne m’étonne de lui. J’ai toujours soutenu que le Québec a mieux restitué celui qui était déjà une des plus grandes intelligences françaises contemporaines… Il prend soin de rappeler Montesquieu pour ne pas tomber dans l’obséquieux débat en cours depuis le discours de Grenoble : “Quand il n’est pas nécessaire de faire une loi, il est nécessaire de ne pas en faire.”


La démesure sécuritaire sarkozyste recadrée par Juppé
La majorité, nous dit-on, doit en revenir à ses “fondamentaux”. Soit. Et parmi, ces “fondamentaux”, figure en première ligne la sécurité.
En tant que simple citoyen, mais aussi en tant que maire, j’attache à la sécurité de mes proches et à celle de ma ville une grande importance et même une claire priorité. La sécurité est bien la première des libertés, ou, en tout cas, une liberté fondamentale.
Personne ne discute qu’en la matière, la responsabilité incombe d’abord à l’État. Mission régalienne, s’il en est.
Comment l’assume-t-il aujourd’hui dans notre pays? Le débat est animé, en cette période estivale. Plusieurs cas de violence récents, où la loi républicaine a été bafouée de manière inacceptable, expliquent ce retour en force de la question dans l’actualité politique.
Comme je m’efforce de le faire le plus souvent possible, je voudrais m’exprimer sur le sujet avec mesure.

D’abord un constat qui, je le sais, ne convaincra personne: notre pays n’est pas à feu et à sang; quand on considère ce qui se passe à l’étranger, dans des États économiquement et socialement comparables au nôtre, on voit que nous ne faisons pas plus mal que les autres. Il y a des quartiers difficiles partout ailleurs en Europe et en Amérique du Nord.

Deuxième constat, et ici je m’appuie sur mon expérience de maire de Bordeaux: des progrès indéniables ont été accomplis depuis quelques années. On m’objectera qu’on fait dire aux statistiques tout et son contraire. Mais lorsque la méthode de calcul est la même au fil du temps, l’évolution des chiffres a une signification incontestable. Or, les chiffres de la criminalité et de la délinquance, notamment ceux de la délinquance de voie publique, ont connu une baisse régulière. Et, fait plus significatif encore, le taux d’élucidation des affaires est lui en hausse, ce qui veut dire que, sous l’impulsion des responsables politiques, les services de police et la justice sont plus efficaces. Un signe ne trompe pas: il y a dix ans, une part importante des débats dans les conseils de quartier de Bordeaux, tournait autour de la sécurité ou plutôt de l’insécurité; depuis 4 à 5 ans, la question est rarement soulevée, de manière spontanée, par les participants. Le sentiment populaire rejoint l’enseignement des statistiques officielles.

Est-ce à dire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes? Ce serait un déni de réalité que de le prétendre. Il y a bien, en France, des zones de non-droit où les lois sont bafouées et où la police hésite à pénétrer. Et globalement, même si les crimes et délits sont moins nombreux, c’est toujours trop. L’équilibre, même dans les secteurs réputés paisibles, est fragile.

Alors, que faire?

Durcir la loi? Ce peut être nécessaire. À condition que la loi nouvelle ne soit pas de pure circonstance et surtout qu’elle soit applicable et appliquée dans la durée. Je ne suis pas sûr que ce soit toujours le cas. Souvent les textes en vigueur suffiraient, s’ils étaient vraiment appliqués.
S’agissant par exemple de l’extension des motifs de déchéance de la nationalité française, je note avec intérêt l’interrogation de Gérard Larcher, président du Sénat, dans Le Figaro d’aujourd’hui:
“Applique-t-on réellement le droit déjà en vigueur? L’article 25 du Code civil ne fournit-il pas déjà la réponse à la plupart des questions posées? C’est ce que nous devrons vérifier. ”

Je rappellerais volontiers, dans la foulée, cette belle maxime de Montesquieu: “Quand il n’est pas nécessaire de faire une loi, il est nécessaire de ne pas en faire.”

La priorité sécuritaire ne doit pas non plus conduire à des exagérations, peu compatibles avec nos valeurs fondamentales. L’argument selon lequel une mesure recueille la faveur des “sondés” est à manier avec modération. Il est probable que, si au lendemain d’un crime odieux, on demandait, par sondage, aux Français leur opinion sur le rétablissement de la peine de mort, leur réponse serait sans ambiguïté. Faudrait-il pour autant suivre la tendance majoritaire? Ou croyons-nous toujours qu’il existe des principes eux aussi “fondamentaux”?

De là à soutenir que les libertés publiques sont en danger en France, il y a évidemment de la démesure. Malgré toute l’estime et même l’amitié que j’ai pour lui, je trouve que Michel Rocard, lorsqu’il évoque Vichy et le nazisme, perd le sens commun.

Il est même possible d’affirmer, au contraire, que plusieurs réformes récentes ont renforcé nos libertés de citoyen français. Je pense notamment à l’ouverture, voulue par Nicolas Sarkozy, des possibilités de saisine du Conseil constitutionnel. Désormais, un simple citoyen, à l’occasion d’un litige particulier, et sous certaines conditions, peut demander à notre cour suprême de se prononcer sur la constitutionnalité d’une loi qui ne lui a pas été déférée au moment de son vote. La procédure dite QPC (question préalable de constitutionnalité) a déjà eu des effets remarquables, notamment l’injonction faite au gouvernement de modifier les règles et les pratiques de la garde à vue dans notre pays.

Pour en revenir à la sécurité des personnes et des biens, le plus important, si j’en juge toujours d’après mon expérience de maire, c’est que la politique soit globale. Elle doit associer tous les acteurs concernés: la police, la justice, mais aussi les élus locaux, et le réseau associatif dont le rôle est primordial en matière de prévention, de formation, de ré-insertion…

Dans cet esprit, la loi donne au maire un rôle de chef d’orchestre fondé sur sa proximité avec les citoyens. C’est le maire qui préside le “conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance” (CLSPD) où se retrouvent tous les partenaires que j’ai cités. On y fait du bon travail, du moins si je me réfère au cas de Bordeaux.

La police, dans son rôle principalement dissuasif et répressif, a bien sûr une responsabilité tout à fait essentielle. Comment lui permettre de travailler le mieux possible? Je ne suis pas un spécialiste de l’organisation policière et je me garderai donc bien de présenter “mon plan”. Je constate simplement deux choses: d’abord l’importance de la chaîne de commandement, de Paris au terrain, et notamment de l’engagement des préfets et des directeurs départementaux de la sécurité publique. Disons le crûment: il y a des fonctionnaires plus efficaces que d’autres. J’ai la chance à Bordeaux d’avoir des bons.

Ensuite le maillage territorial. Qu’on appelle cela police de proximité ou autrement pour éviter toute polémique, qu’on tire les leçons des expériences passées, plus ou moins réussies, j’en suis d’accord. Mais qu’on soit réaliste: la présence de policiers bien formés et bien encadrés sur le terrain, selon des formules diversifiées en fonction des situations elles mêmes diverses (il est vrai que la circonscription de police de Bordeaux n’est pas le 9-3) est un moyen d’action incontournable. Quand le gouvernement a annoncé la mise en place des UTEQ, ces unités territoriales de quartier qui doivent justement assurer une présence policière quotidienne dans les zones sensibles, tous les maires ont applaudi des deux mains, moi le premier. Je souhaite que le déploiement annoncé de ces unités se concrétise au plus vite. C’est ce que nous demande la population. C’est ce que la pratique recommande.

En retour, il appartient à nos municipalités de mettre à la disposition de la police nationale (et de leurs propres polices municipales) les moyens adéquats. En particulier des caméras de vidéo- surveillance ou de vidéo-protection (de grâce, faisons l’économie des querelles de vocabulaire: il s’agit bien de surveiller pour protéger!), dont l’efficacité est reconnue. J’ai vu moi-même comment le système permet de déclencher en temps réel l’intervention d’une brigade anti-criminalité, quelques instants après que le PC municipal a détecté, sur ses écrans, un individu se préparant à utiliser son arme contre un passant. Pourquoi les dirigeants socialistes (pas tous les élus locaux socialistes heureusement!) continuent-ils à mener une guerre idéologique désuète contre un dispositif technique dont la mise en œuvre est strictement encadrée par la loi?

Moins d’idéologie, plus de pragmatisme, des moyens suffisants, une volonté politique nationale et locale forte, la mise en réseau des tous les partenaires concernés, y compris les associations engagées dans la prévention… il n’y a certes pas de recette miracle, dans une société souvent portée à la violence, mais il y a des voies de progrès possibles.


Rédigé par psa le 14/08/2010 à 05:05 | Permalien

Mot à Maux

Faure Gnassingbé est-il émotionnellement détaché des problèmes du Togo? La question mérite d’être posée à plus d’un titre. Cela ne veut pas dire qu’il n’agit pas; ceci veut dire qu’il n’agit pas assez, il n’agit pas en véritable leader politique en direction des Togolais pour que ceux-ci, hommes et femmes, sentent qu’il est aux commandes d’un pays, le leur. Tout cela fait bien désordre lorsqu’aucune main aguerrie et professionnelle ne semble pas être aux commandes de tout un pays en plein désarroi.


Antoine Wiertz, La liseuse de romans
Antoine Wiertz, La liseuse de romans


La chose est réellement perceptible. Dans le tumulte de cette affaire équivoque de deux congrès extraordinaires du plus grand parti de l’opposition togolaise qu’est l’Union des forces du changement (UFC), nonobstant l’alliance qu’il s’est donnée avec Gilchrist Olympio, Faure Gnassingbé a littéralement passé la main à ses ministres, même pas au Premier ministre dont la présence là, à cette charge, devient de plus en plus injustifiée… ceci est une autre histoire.

Donc, l’inaction, le silence de Faure sont-ils le signe d’un détachement émotionnel du chef de l’État togolais? Faure serait-il dans une forme de quiétude contemplative?

Il y a exactement un mois, Daniel Freedman, un chroniqueur de Forbes posait la même question au sujet du président Obama. Ce dernier, alors ne savait pas où donner de la tête, an début du mois de juillet, face aux questions diverses qui l’assaillaient : espions russes, Général McChrystal, Goldman Sachs, chômage, déficit, Iran, Corée du nord, Israël, baisse de popularité, etc.

Dans son analyse, Daniel Freedman relevait (ma traduction rapide aidée par Google) que:

« Bien que tout cela peut sembler insurmontables -particulièrement pour les démocrates qui se préparent pour les élections de mi-mandat, en réalité cela ne l’est pas. Les problèmes et les accusations de détachement émotionnel sont en fait liés. Et pour changer le cours des choses le président a besoin d'ajouter un élément important qui manquait à son processus de prise de décision: la lecture des grandes œuvres de la littérature.
Le problème avec l'équipe du président (et les décideurs d'aujourd'hui en général) est que l'approche décisionnelle qu’ils adoptent en politique est comme celle qu’ils utiliseraient dans une expérience scientifique de laboratoire: ils analysent le problème, éliminent les variables et arrivent à une conclusion. C'est un processus (à froid) purement rationnel basé rien que sur des faits et pas sur des sentiments.
La vraie vie n'est pas comme une expérience scientifique, au contraire. Les êtres humains ne sont pas des êtres purement rationnels. Ils ont des phobies, des préjugés et d'autres éléments irrationnels. Le Moi, la haine et des expériences de vie ne sont pas quelque chose qui peut être transformée en statistiques. Dans un monde purement rationnel, la menace de sanctions, assorties de certaines mesures souples, serait sans doute suffisante pour convaincre la Corée du Nord de Kim Jong-il et les théocrates de l'Iran à mettre fin à leurs stratégies malhonnêtes; mais ce n'est pas la façon dont fonctionne le monde dans sa réalité.
C'est là que les grandes œuvres de la littérature peuvent aider. Précisément parce qu'elles ne sont pas concernées par la réduction de tous les événements à des faits et à des chiffres, (…) elles décrivent le monde tel qu'il est réellement - et sont donc essentielles à la prise de décisions politiques bien avisées.
Des grands leaders ayant réussi dans le passé, on entend dire que pour eux, lire de la littérature est tout aussi essentiel à la prise de décision que l’analyse des Notes d'information préalables aux décisions. Ils étaient de grands lecteurs de la littérature, ou ils se sont assuré que leurs conseillers en étaient effectivement de grands consommateurs. Winston Churchill, par exemple, affectionnaient précieusement les Mémoires d'un Cavalier de Daniel Defoe, Alexandre le Grand ne partait jamais sans avoir avec lui l'Iliade et la reine Elizabeth demeure une passionnée de Cicéron.
»

Vous devinez bien la suite de l’analyse de Daniel Freedman… Lisez! Dirigeants, lisez les grands auteurs et les grandes œuvres littéraires; vos problèmes ne sont pas nouveaux dans ce vieux monde; vous apprendrez beaucoup de la sagesse du monde… lisez Barack! Lisez Sarko! Lisez Faure!
Bon! J’en arrive là et suis un peu hésitant… Il n’y a pas de bibliothèque à l’Université de Lomé -et ce n’est pas une blague, voilà que d’un pays où l’on peut emprunter des dizaines de livres pour une ou deux sessions (4 à 8 mois) des bibliothèques universitaires qui en débordent, voilà que je suis sur le point de demander que le chef d’État togolais s’abreuve de grands écrits pour se nourrir de sagesse, et faire face aux défis momentanés de sa charge... Au fond, je ne suis pas réaliste… Je vais le dire quand même et autrement…

Faure doit s’assurer d’être solidement entouré, il doit désormais être capable de s’affranchir de certaines personnes qui ont fait leur temps avec son père et qui n’ont pas la réputation d’avoir été des gens particulièrement éclairés –même s’ils l’avaient été il est temps qu’ils passent la main et je pense nommément à nos deux respectables oncles Moussa Barqué et Charles Debbasch, faire le tri dans les proches collaborateurs et, sans forcément passer le temps à la bibliothèque, réinvestir dans l’intelligence plutôt que dans les muscles et les démonstrations des forces de sécurité.

Il y a véritablement urgence que le Togo soit pris en main; que le gouvernement s’occupe de gouverner et se peine à gouverner réellement, au lieu de semer la zizanie à l’UFC ou vouloir instrumentaliser toutes les erreurs d’enregistrement des décisions internes des partis politiques et des associations ainsi que les querelles des familles et des églises du Togo.

La meilleure sécurité que Faure pourrait se donner est d’investir dans l’intelligence, délaisser la petite politique partisane qui fatigue les Togolais, calmer les Pascal Bodjona et autres, s’occuper du Togo, appeler Jean-Pierre Fabre –de toutes les façons Faure n’a plus rien à gagner avec Gil, appeler Jean-Pierre Fabre effectivement, engager un dialogue de bonne foi avec l’opposition, etc. Et tout cela peut-être initié en une semaine, et donnera des signaux clairement différents aux populations.

Demander seulement à ses ministres de moins se précipiter à lui et lui faire des Notes d’information de 2 pages maximum afin de supporter et justifier toutes les décisions, feraient travailler autrement tous ces faucons prêts à faire des démonstrations de muscle au Togo. C’est tout cela qui se trouve dans les sagesses du monde, transmises à travers le temps par des livres et des auteurs puissamment outillés.

Même prendre le bon vivant de Rabelais, et l’adopter comme Togolais, et traduire sa « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » dans la réalité du Togo politique d’aujourd’hui, permettrait à Faure de ne pas remonter jusqu’à Aristote avant de s’approprier des bienfaits de l’éthique. Ainsi, il donnera meilleure réponse à la forte impression d’inaction, de quiétude et de détachement qui est implicite à la question de départ. Lire ou/et investir dans l’intelligence, c’est assumer mieux le Togo.

Au passage, Stephen Harper ne lit pas plus de grands auteurs (« Tant que Stephen Harper sera Premier ministre du Canada, je promets de lui envoyer par la poste, un lundi matin tous les quinze jours, un livre réputé faire épanouir la quiétude. » Dixit Yann Martel, l’auteur de L’histoire de Pi qui, en ce milieu d’août est à son 87e livre envoyé à Harper : le Livre Numéro 1: La mort d’Ivan Illitch, de Léon Tolstoï et le Livre Numéro 87: Home Sweet Chicago, de Ashton Grey); sauf que son pays est moins à la traine comme l’est véritablement le Togo. Il faut qu’il se passe quelque chose d’autre qui ressemblerait à une gouvernance moderne au Togo; c’est désormais crucial!



Rédigé par psa le 09/08/2010 à 18:13 | Permalien

Mot à Maux

Le top-modèle devra dire à la barre si le chef de guerre lui a bien offert un diamant du sang en 1997, ce qui prouverait que l’ancien homme fort du Liberia a bien été en possession de pierres précieuses, ce qu’il a toujours réfuté. Ce jeudi, Naomi Campbell n'aura de choix que de dire la vérité, toute la vérité. La table est mise...


Naomi Campbell contre Charles Taylor
Entamé en janvier 2008 à La Haye, le procès-fleuve du président déchu du Liberia, Charles Taylor, le deuxième ancien chef d’Etat à être jugé par une cour internationale après le Serbe Slobodan Milosevic, a peu à peu été délaissé des chroniqueurs. Ce jeudi, il accaparera de nouveau toute l’attention des médias, y compris des gazettes people. Le mannequin Naomi Camp-bell se présentera à la barre à 9 h pour expliquer si un soir de septembre 1997 à Pretoria, en Afrique du Sud, l’homme fort de Monrovia lui a oui, ou non, offert un imposant diamant brut.

La fougueuse beauté britannique se serait bien passée d’une telle mise en lumière. Mais elle n’a pas eu le choix: après avoir refusé de s’entretenir avec l’accusation, elle a été citée à comparaître par les juges du Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL). Si sa déposition ravive l’intérêt pour le procès, elle pourrait aussi «faire s’écrouler toute la défense de Taylor», affirme l’avocat genevois Alain Werner, qui fut l’assistant de la procureure, l’Américaine Brenda Hollis. Pour Courtenay Griffiths, l’avocat britannique de Taylor cité par l’AFP, ce témoignage n’aura au contraire «aucune importance».

En juillet 2009, Charles Taylor, le premier appelé à témoigner pour sa propre défense, a affirmé ne jamais avoir été en possession de diamants (bruts), à l’exception de certains bijoux. Or l’accusation soutient que lorsqu’il régnait sur le Liberia, il a armé les rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF) qui s’étaient alliés au Conseil révolutionnaire des forces armées (AFRC), pour supplicier la Sierra Leone, de 1991 à 2002. Ce parrainage à distance lui aurait permis de mettre la main sur les ressources naturelles du pays, ses bois précieux et ses diamants. Charles Taylor doit répondre devant le TSSL de 11 chefs d’accusation de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, qu’il réfute en bloc.

C’est précisément les poches pleines de ces «diamants du sang», avance l’accusation, que l’ex-rebelle fraîchement élu à la présidence du Liberia avait traversé le continent en 1997, se rendant d’Afrique du Sud au Burkina Faso, en passant par le Nigeria ou la Libye. Durant cette tournée, il aurait négocié l’achat d’une cargaison d’armes, livrées un an plus tard aux rebelles de la Sierra Leone. Et c’est lors de la première étape de son périple, à Pretoria, qu’il se serait délesté d’une pierre, la faisant livrer dans la chambre d’hôtel de Naomi Campbell, qui venait de le subjuguer au cours d’une réception donnée par Nelson Mandela et son épouse Graça Machel. Telle est en tout cas l’histoire rapportée par l’actrice américaine Mia Farrow, elle aussi du dîner, sur la base des confidences que lui aurait faites le mannequin, abasourdi par ce «cadeau».

Appelées elles aussi à témoigner au procès, Mia Farrow, tout comme Carole White, qui était à l’époque l’agent du mannequin noir, confirmeront lundi à La Haye cette version déjà contée aux médias, mais niée par l’ancien chef de guerre. Naomi Campbell, elle, qui n’a jamais été au Liberia, a toujours refusé de s’en expliquer, sous prétexte de protéger les siens. «Si elle ment, en témoignant sous serment, elle encourt la prison», rappelle Alain Werner.

Donné pour durer dix-huit mois à ses débuts, le procès de Charles Taylor se poursuit, jour après jour, dans une salle prêtée par la Cour pénale internationale au TSSL. «Il a pris du retard, mais le plus important est qu’il se déroule bien, avec un procureur, des juges et une défense très compétents», souligne Elise Keppler, de Human Rights Watch. Au cours des treize premiers mois, l’accusation a fait défiler 91 témoins, qui ont décrit le pire, les mutilations, le cannibalisme et les cadavres entassés au bord des routes. «La preuve est solide comme du «béton»; 35 témoins de «l’intérieur» ont été produits», affirme Alain Werner, qui travaille aujourd’hui pour l’ONG britannique Aegis. Depuis juillet 2009, la défense a pris la parole, sous la houlette experte de Courtenay Griffiths. Toujours tiré à quatre épingles et très poli, Charles Taylor s’est raconté durant une quinzaine de semaines. Dix-huit autres témoins appuient sa défense, dont ces jours-ci Issa Sesay, l’un des meneurs du RUF, condamné à 52 ans de prison par le TSSL. «Cette phase devrait s’achever à la fin de l’année et le jugement sera probablement rendu au milieu de l’année 2011», indique Salomon Noriba, le porte-parole du TSSL.
Ce dernier avait été mis sur pied en 2002 par la Sierra Leone et les Nations unies pour juger, à Freetown, les principaux auteurs des exactions commises durant la guerre civile. Des poursuites ont été lancées contre treize accusés, y compris Charles Taylor, le seul dont le procès ait été dépaysé en Europe et le seul qui soit toujours en cours. Trois accusés sont morts, un autre court encore. Les huit derniers ont été condamnés à des peines de 6 à 52 années de prison, qu’ils purgent au Rwanda où ils ont été transférés en octobre 2009. S’il est condamné, Charles Taylor effectuera la sienne en Grande-Bretagne.//////// Angélique Mounier-Kuhn


Rédigé par psa le 05/08/2010 à 00:05 | Permalien

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Jacques Majorelle, 1886-1962
Jacques Majorelle, 1886-1962
Le louvoiement particulier de notre ami Yayi Boni a fini par avoir raison de lui-même d’abord. Il a beau se faire appeler Docteur Yayi Boni pour son doctorat en économie de Paris IX-Dauphine que le Bénin demeure malade de lui –heureusement que ce n’était pas à la Sorbonne ou dans l’une des universités de l’Ivy League, il aurait soulé de toute son incompétence politique. les ¾ des Béninois ayant voté pour lui. On comprend que la déception soit à cette hauteur aujourd’hui.

Eh oui! Tout ce bruit que vous entendez vient effectivement du Bénin. C’est un grand bruit politique, un vacarme social, un séisme économique qui sonne désormais le désarroi des Béninois, jusque dans les rangs mêmes des partisans du chef de l’État béninois. Du n’importe quoi présidentiel et pas moins!

Cela ne mérite même pas que l’on s’y attarde à quelques mois des prochaines élections : les Béninois ont l’habitude de vite remercier les insouciants, eux qui ont chèrement acquis leur avancée démocratique. Seule leur « pagaille » leur résiste, jamais un chef d’État endormis, conséquemment dormeur et rêveur, ne pourrait réussir par son dernier sursaut à éviter la sanction des urnes. Figurez-vous que Yayi Boni parle maintenant de la refondation du Bénin… à la porte de son mandat. Il faut le faire.

C’est sous cette couteuse ère de délitement de la gouvernance au profit de l’affairisme que des Béninoises et des Béninois ordinaires vont perdre leurs épargnes dans ce qui a tout l’air d’une fraude pyramidale. Le banquier qui aimait se faire appeler docteur dormait et ces institutions financières frauduleuses proliféraient. Le résultat est là aujourd’hui… Ruineux! Piteux!
Il faut penser seulement à notre ami Pascal Koukpaki, en espérant qu’il ne laisserait pas trop de plumes dans cette aventure. Celui qui a toujours tenu la maison Bénin, le Ministre d’État Chargé de la Prospective, du Développement, de l’Évaluation des Politiques Publiques et de la Coordination de l’Action Gouvernementale, est effectivement et tout naturellement le président du Comité de crise sur cet autre fiasco de Yayi Boni.

Souhaitons donc que Pascal réussisse à retracer et à récupérer certains de ces fonds –voilà… pour avoir travaillé au Fonds Pascal doit savoir retrouver les fonds perdus par les épargnants...je le luis souhaite! En tout cas, souhaitons que Pascal rejoigne prochainement les Houngbédji, Amoussou, Léhady, Idji, Séhouéto et consorts pour les échéances de 2011. Une autre histoire, je l’avoue, rien qu’à voir la détermination de Bio-Tchané. Quand le docteur-président fatigue tout un peuple, tout est possible et il ne faut rien exclure.




Rédigé par psa le 10/07/2010 à 00:10 | Permalien

Mot à Maux

Les armées africaines, plusieurs armées africaines, seront sur les Champs Élysées en ce mois de juillet, le 14 juillet 2010 précisément. L’historien Laurent Gbagbo lui, a cherché longtemps le sens de cette célébration jusqu’au « Panthéon des imbéciles »… il a fini par décliner l’invitation au nom de la Côte d’Ivoire. Pour l’artiste burkinabé Smockey -qui ne désire se moquer de personne, il y a effectivement quelque chose de gênant dans cette invitation où « l’invité paie éternellement la note » et doit déclarer publiquement « être heureux d’avoir été invité »… ceci a un nom : Compte d’opérations! C’est de l’art pur comme nous l’aimons et que doivent l’aimer aussi « Ceux qui tremblent à l’évocation du mot alternance ». C’est le tube de juillet 2010! Juillet 2010 seulement... Écoutons-le! Écoutons Smockey…


Nicholas de Staël, Parc des Princes
Nicholas de Staël, Parc des Princes

Approchez,
Approchez, approchez mesdames et messieurs
Et écoutez sonner ce joli mot que l’on appelle indépendance
Laissez-vous emporter pas la consonance du mot Liberté
Écoutez les sonner
Quand pour sonner ils sonneront,
Mais ils resteront des mots



Écoutez sonner le glas de nos indépendances
50 ans d’incompétence sans autres conséquences
Que de faire croire aux abrutis
Que le moment est venu
De festoyer d’abord et de réfléchir ensuite

Depuis lors ça continue malgré les déficits
Si les cons savaient voler, ils seraient sur satellite
Ce sont les mêmes qui commémorent
Qui battent tous les records
Dans le bas du classement des indices de développement
Premiers à monter au créneau dès qu’il s’agit de réconforts
Sans avoir à fournir le moindre effort
Car s’ils pensaient travailler
Ils n’auraient pas le culot
De fêter quelque chose qui leur a été octroyé
Vous la voulez l’indépendance ? Disait le général
Alors ils nous l’ont donné
C’est depuis lors que l’on danse sans pouvoir s’arrêter


On fête quoi ?
5O ponts ? Non
50 routes ? Non
Ou 5O ports ?
50 ans d’indépendances !
Ça alors ! Tu veux dire de dépendance
Et la France, et consort,
Elle s’en sort ?
Elle est d’accord ?
Elle garanti son assistance !
Arrête ça, qui te l’a dis ?
Monsieur Sarkozy !



Silence, il y a Sarkozy qui parle,
Il dit dans une de ses déclarations
Que la France économiquement n’a pas besoin de l’Afrique
Avec 2700 filiales sur le continent,
Les entreprises françaises s’invitent même dans le politique

Quand le rapace attaque, les pigeons fuient la menace
Les africains sont bien les seuls à se laisser pigeonner
Puis à se faire inviter à la table du rapace
T’a entendu parler des fameux comptes d’opérations ?
Parait que c’est pour maintenir le cours de notre monnaie
Alors ont nous amène à faire exporter toutes nos devises
Pour qu’ils aient la sympathie de récupérer nos intérêts
Cet argent nous sera re-prêté sans doute plus tard
Pour te donner une idée, cela fait 8.000 milliards
En sens inverse c’est de l’aide au développement
Mais ca rappelle étrangement un comportement de dealer
Le genre de situations où la victime est le client


On fête quoi ?
5O ponts ? Non
50 routes ? Non
Ou 5O ports ?
50 ans d’indépendances !
Ça alors ! Tu veux dire de dépendance
Et la France, et consort,
Elle s’en sort ?
Elle est d’accord ?
Elle garanti son assistance !
Arrête ça, qui te l’a dis ?
Monsieur Sarkozy !



Bois, diamant, uranium, or noir,
Phosphates, cuivre, transport, télécom, gaz,
Eau, BTP, produits de pèche et agricoles
Sous le sol, sur le sol et même au dessus du sol
En retour, la superpuissance imprime du CFA
Celui avec lequel nous fêtons l’indépendance
Celui qui nous a permis, 50 ans de subsistance
Après des siècles marqués pas des missionnaires
Dont la mission était le nettoyage des consciences
Puis le soutien à nos pantins que nous appelons excellence
Ceux qui tremblent à l’évocation du mot alternance
C’est pas eux c’est sûr qui en feraient une histoire
Si on nous refilait l’apocalypse en suppositoire

On fête quoi ?
50 ponts ? Non
50 routes ? Non
Ou 50 ports ?
50 ans d’indépendances !
Ça alors ! Tu veux dire de dépendance
Et la France, et consort,
Elle s’en sort ?
Elle est d’accord ?
Elle garantit son assistance !
Arrête ça, qui te l’a dis ?
Monsieur Sarkozy !



Hommage à tous ceux qui se sont battus pour l’indépendance
La vraie
Un héritage que d’aucun piétinent
Et traînent inexorablement jusqu’au panthéon des imbéciles




Approchez! Célébrons! 50 ans de dépendance…C'est l’apocalypse en suppositoire

Rédigé par psa le 01/07/2010 à 21:05 | Permalien

Mot à Maux

Marianne James en Terre con’nue française, Zimmerman 2009
Marianne James en Terre con’nue française, Zimmerman 2009
Et pourtant, c’est très français! C’est même trop français pour que ministres, dirigeants et autres journalistes et simples observateurs des Bleus s’en émeuvent et crient au loup. À la faveur des propos déplacés de Nicolas Anelka -s'il les a prononcés, Raymond Domenech s’en tire bien et va devoir noyer son incompétence et son incurie sous les faux prétextes ainsi trouvés. L’incompétence coûte cher, très cher même, en plus de provoquer des frustrations diverses dont les résultats sont facilement imaginables.

Dans un pays où l’on se lance des "Pauvre Con ! Fils de Pute ! Bande d’enculés !" et autres camaraderies quotidiennes et multi-quotidiennes, du président de la République française aux joueurs de football en passant par les millions d’automobilistes, il est surprenant que les mêmes propos -"Vas te faire enculer, sale fils de pute" qui seraient débités par un Anelka gonflé de frustrations dans un environnement de haute pression mondiale devienne affaire nationale, indignation publique de toutes ces prétendues vierges subitement offensées. Mais, c’est depuis au moins deux ans que l’incompétence de Raymond Domenech dure et fait des ravages partout et partout. Dans un contexte où l’on a barré déjà les excès de langages de Rama Yade sur les coûts du logement des Bleus, des prix disproportionnels par rapport à leur rendement attendu et obtenu, au vu et au su de tout le monde, Nicolas Anelka vient faire parfait mouton noir pour sauver les âmes pures politico-footballistiques d’une certaine France.

Elles sont déjà nombreuses ces âmes offensées, nous dit-on : Le vice-président de la Fédération française de football, Christian Teinturier dont personne ne connaissait l'existence jusqu'à ce jour: "Si les mots ont été employés (...) il aurait dû être expulsé (du groupe) tout de suite, ou s'excuser. Sinon, il ne devrait pas réapparaître sous un maillot d'entraînement de l'équipe de France" ; et l’ancien sélectionneur des Bleus (1976-1984), Michel Hidalgo, d’ajouter : Anelka "ne doit plus porter le maillot de l'équipe de France. À mon avis, il ne portera plus jamais ce maillot" pendant que tombe le sec communiqué de Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et des Sports -la secrétaire d’État en charge des Sports, Rama Yade, étant rayée depuis... Et la digne Bachelot de pontifier: "la très forte pression qui pèse sur les Bleus n'autorise pour autant aucun dérapage. Les joueurs doivent se rappeler qu'ils portent les couleurs de la France et qu'ils sont considérés comme des modèles par beaucoup de jeunes. Cela les oblige à la retenue et à la dignité".

La France tolererait des excès mais ne saurait apprécier ceux de certains. Curieuse France ! Celle qui absout Domenech depuis des années et condamne Anelka à tous les coups ! Celle qui expulse Nicolas Anelka et expulsera bientôt Rama Yade du gouvernement. Curieuse France où, de guerre lasse, tous les Nicolas ne riment pas ! En cette Terre connue pure française, Gloire et Honneur au brave Domenech l'incompétent, par qui tout arrive en réalité! On ne rit plus... En sport de haut niveau, ce qui se dit au vestiaire reste au vestiaire. C'est pour cela que la politique est viscéralement exclue du sport de la FIFA. C'est pour cela que les grands ne se mêlent pas souvent des petits mots que personne n'a entendu et que tous se plaisent à attribuer au parfait mouton noir, le Dreyfus du Mondial raté des Bleus, des dirigeants aux joueurs, de l'entraineur au ministre. Cette France là, cette petite France, cette France des traites et des petites personnes qui rapportent les petits mots de vestiaire pour le plaisir des politiciens récupérateurs, cette France dégouline vers le bas et elle fait pitié.


Tout est jouable en politique, sauf la légitimité que l’on ne peut se permettre de hasarder. De l’Afghanistan au Togo, cette légitimité est en jeu après les dernières élections catastrophiques désormais confirmées par le Rapport émis par la mission des observateurs de l’Union européenne, dans le cas du Togo particulièrement. Au Togo, derrière des portes closes et à l’appât de quelques postes ministériels essentiellement, le pouvoir présidentiel semble avoir réconcilié les citoyens. Convaincu de la chose, le camp présidentiel organise ses marches de réconciliation. C’est une mauvaise approche. L’accord est réalisé à minima avec une personne qui n’arbore plus aucune légitimité. C’est à cela que Faure Gnassingbé s’est prêté, en plus de s’acharner sur son ami d’hier, Agbéyomé Kodjo, au point de dissoudre le parti OBUTS au mépris de la loi et du bon sens. C’est réellement une mauvaise approche. Elle ressemble bien au désir de contrôle que son père voulait exercer en ne faisant prévaloir que son propre plan devant la volonté démocratique du peuple togolais en 1990. Il ne s’en était jamais remis, quinze années durant… et le Togo aussi. Cette approche-là n’avait pas réussi; elle avait plutôt exacerbé les tensions. Élection catastrophiques aussi en Afghanistan, mais l’approche est différente et témoigne de la bonne volonté d’Hamid Karzaï malgré les difficultés pratiques. Après des jours de discussions entre clans en effet, tout le monde s’accorde sur la nécessité de discuter avec les combattants. Après trois jours de discussions, un plan a été élaboré pour leur offrir l’amnistie et du travail.


Jack Vettriano, The-Singing-Butler
Jack Vettriano, The-Singing-Butler


«La plupart des membres de la jirga se sont mis d’accord sur un texte appelant à un dialogue avec les talibans. C’était le souhait d’Hamid Karzaï. Le président a eu ce qu’il voulait, il a gagné en légitimité, ce qui lui faisait défaut depuis sa dernière élection catastrophique». Les débats auront duré trois jours. Mille six cents représentants du peuple issus de toutes les provinces étaient réunis sous une immense tente dressée au pied de l’hôtel Intercontinental. Douze mille policiers et une surveillance discrète des soldats de l’OTAN pour sécuriser cette troisième grande jirga depuis fin 2001 n’auront pas permis d’arrêter les talibans. Mercredi, juste après l’ouverture de la réunion, plusieurs roquettes ont été tirées en direction de la tente. Sans gravité.

Concrètement, les représentants du peuple se sont mis d’accord pour financer le ralliement des jeunes combattants au gouvernement, leur offrir une amnistie et du travail. Les chefs pourraient bénéficier d’une clause spéciale pour trouver refuge à l’étranger. «Reste à trouver des pays d’accueil», affirme le chercheur Wahid Mujda, qui ajoute: «Mais attention, le plus dur reste à faire: convaincre les talibans.» Ces derniers ont rejeté la jirga. Ils exigent que les troupes internationales quittent l’Afghanistan avant toute négociation avec Kaboul. «Si tout le monde est à peu près d’accord pour parler aux talibans, tout le monde ne l’est pas forcément sur les modalités. «Il reste encore du chemin à parcourir», confie l’ancien gouverneur de Kaboul, Din Mohammad. L’homme à la longue barbe blanche, désormais sénateur, insiste: «L’amnistie, on est tous d’accord là-dessus. Leur fournir de l’argent, pourquoi pas. Mais ça risque d’entraîner des jalousies, notamment auprès d’anciens miliciens qui n’ont jamais reçu aucune aide et qui ne sont jamais parvenus a se réintégrer. Du travail, je ne vois pas comment. Il n’y en a déjà pas assez pour les autres», dit-il, un brin moqueur.
Pour certains délégués, il faut négocier directement avec le mollah Omar, le chef des talibans. «Nous devons les approcher sans préjugé. Sans condition. Après tout, ce sont des Afghans, comme nous», soutient Amanullah Usmanzai en sortant de la tente. Il appelle les Nations unies à retirer les extrémistes afghans de la liste noire des terroristes. «On doit faire un pas vers eux pour qu’ils nous fassent confiance et ça passe notamment par cette liste», affirme-t-il. D’autres demandent la libération de tous les prisonniers afghans de Guantanamo et de Bagram, la sinistre prison édifiée sur la base américaine au nord de Kaboul.

Pour cette déléguée d’Herat, il n’est cependant pas question de pardonner à tous les talibans. «Ils ont tué mes parents. J’ai dû me cacher, à cause de leur régime sauvage, pendant des années», s’insurge-t-elle. «Pardonner aux petits combattants, pourquoi pas, mais pas aux chefs», dit-elle encore. Pour Nader Naderi, de la Commission afghane des droits de l’homme, il faut avant tout des cadres juridiques pour permettre aux combattants d’intégrer le processus de paix: «Le parlement doit adopter un texte pour la réintégration des talibans». Reste à savoir ce que ces derniers décideront, d’autant qu’ils ont repoussé la jirga. Mais selon Staffan de Mistura, «beaucoup de talibans sont fatigués. Et on est au début du dialogue avec eux. Je crois que les gens sont prêts à discuter, même ceux qui disent non. Cette jirga va apporter ça au moins d’un côté. De l’autre côté, il y aura des contre-propositions, c’est sûr».

Le haut représentant des Nations unies en Afghanistan ajoute: «Il n’y a pas de solution militaire. Ni pour les talibans ni pour les autres. La seule réponse à la crise afghane désormais, c’est le dialogue. Un dialogue difficile, surtout dans les prochains mois, mais pour une solution politique.» Si le président Hamid Karzaï penche, de son côté, pour une ouverture à tout l’état-major taliban, pourvu qu’il renonce aux liens avec Al-Qaida, Washington préférerait d’abord les affaiblir avant que Kaboul n’entame des négociations. Et l’offensive sur le bastion taliban de Kandahar, la grande ville du sud, devrait être lancée cet été.////////// Eric de Lavarène



Rédigé par psa le 06/06/2010 à 02:43 | Permalien

Mot à Maux

John Collier, Le collier du Déserteur, Lilith
John Collier, Le collier du Déserteur, Lilith
L’ère post Olympio a commencé beaucoup plus tôt que prévu. C’est tant mieux! Pour qu’il n'y ait pas de confusion, on parle bien de l’ère post Gilchrist Olympio. En fait, l’UFC dégilchristianise sa pensée, sa philosophie, son avenir même dans le contexte politique togolais. Ainsi, c’est la fin de la sclérose du parti politique le plus populaire et le plus inefficace dans l’histoire du monde. L’UFC a beaucoup plus de chance de réussir aujourd’hui que sous l’ère de Gilchrist Olympio, devenu Gilchrist Gnassingbé depuis mai 2010 au terme de l’Accord politique consacrant l’entrée de son groupe d’amis et fidèles dans le gouvernement.

Une parenthèse… le principe de cet accord est malicieux et donc inacceptable politiquement et qui plus est inefficace au plan des résultats pour les Togolais. Naturellement, je suis contre et bien contre! Je suis contre car le chef de l’État togolais a consacré la division d’un parti politique; c’est de basse facture et peu éthique qu’un chef d’État persiste dans cette voix pour vouloir accentuer l’éclatement d’un parti politique. Ce n’est pas la plus grande des trouvailles politiques et s’y adonner est la preuve que l’on manque d’imagination politique. Faure Gnassingbé semble clairement en manquer et semble bien s’inscrire dans une perspective sans grande hauteur de laquelle il ne gagnerait pas grand’chose, retardant inutilement l’avènement de la réconciliation au Togo. Faure n’a pas parlé avec Jean-Pierre Fabre et le fait avec Gilchrist Olympio avec qui il conclut une Alliance. Le résultat symbolique de cette prise est fort en apparence, mais pour les « Deux Solitudes Togolaises » rien n’aura bougé. C’est donc un Accord sans grande hauteur politique, dans ce sens qu’il a été réalisé avec un chef finissant et en mal de vengeance… Fin de parenthèse.

L’erreur de Faure Gnassingbé réside surtout dans le fait qu’il retarde la réconciliation togolaise. Faure a usé d’un principe de l’art militaire avec lequel il est plus familier, instinctivement : la « rapidité d’action ». Pendant qu’il y avait problème à l’UFC, il a tablé sur l’avantage qu’il aurait à tirer profit de la situation, rapidement, en allant le plus loin possible… C’est fait! Sauf qu’au Togo on n’est pas en guerre, on est en politique et ce pays est en quête de réconciliation. Même dans le champ politique, l’on peut être tenté de penser que Faure y a intérêt. Mais un intérêt illusoire et très passager qui ne possède aucune valeur dans la durée et surtout décrédibilise totalement le chef de l’État togolais dans sa démarche de réconciliation. C’est assez grave que la personne qui doit prendre le leadership dans la nécessité de réconciliation au Togo soit entourée de soupçon ou soit vue comme usant de tromperie et ne pensant qu’à elle-même plutôt qu’à l’intérêt public dont elle devrait être la garante. C’est de la politique… de la toute petite politique qui ne fait pas les grands hommes d’État. Il est temps que Faure Gnassingbé change de conseillers proches et sorte de la vieille logique du sovietogo qui l’entoure.

Au-delà de Faure Gnassingbé, c’est Gilchrist Olympio qui est définitivement enterré, à l’opposé de son père : anathèmes et déshonneur pour le fils qu’il est, gloire et honneur pour le père qu’il avait eu. La seule chose qui lui reste à faire, la chose qui reste à Gilchrist Olympio dans son nouveau rôle c’est d’autoriser contre la volonté du reste de la famille Olympio, le rapatriement des restes de son père Sylvanus Olympio au Togo. Déjà, il se dit que la bisbille a pris dans la famille sur sa collaboration maladroite et de peu de hauteur, dans les circonstances actuelles, avec Faure Gnassingbé. C’est pourquoi il faut bien faire la distinction entre l’héritage de Sylvanus Olympio et son ambition pour le Togo dont les Togolais restent toujours admiratifs et se sentent héritiers, et les errements du fils Gilchrist, son égoïsme maladif, destructeur et retardataire du Togo. De ce fait, il s’agit bien pour l’UFC d’effacer l’incompétence politique de Gilchrist plutôt que la grandeur indélébile de Sylvanus. On parle ainsi de la dégilchristianisation, un vrai déchouquage ou déracinement à l’haïtienne de toutes les entraves que constituait l’incompétence politique de ce fils égaré dans un domaine où il ne devrait jamais s’aventurer, faute de capacité, faute de jugement. La vengeance n’est pas une bonne conseillère, qu’elle ait été contre Étienne Gnassingbé Eyadema auparavant ou qu’elle soit contre Jean-Pierre Fabre aujourd’hui. Dans le déshonneur, le fantassin Gilchrist Olympio, déserteur des rangs du peuple, traine désormais une silhouette timorée qui cache à peine l’écriteau visible en son dos : je suis venu, j’ai détesté, j’ai trahi. Il s'en va, et il s'en va par une fin de vie lamentable...




Rédigé par psa le 01/06/2010 à 12:25 | Permalien

Mot à Maux

La traque de l’homme réclamé par la justice américaine a fait au moins 50 morts. Le narcotrafiquant reste introuvable. Cheveux ras et fin collier de barbe encadrant un visage de boxeur, Michael Christopher Coke, 41 ans, était jusqu’au milieu de la semaine dernière un parrain discret, redouté et respecté de la pègre en Jamaïque. Plus soucieux de faire fructifier son juteux business officiel lié aux travaux publics et au transport de marchandises que d’attirer l’attention par ses frasques, «Dudus» – comme il est surnommé – s’était prudemment tenu à l’écart du maelström médiatique. Ses nombreuses accointances politiques, tant au sein du Parti travailliste jamaïcain (JLP, au pouvoir) que du Parti national du peuple (PNP, opposition) lui valaient une paix souveraine qui lui permettait de blanchir tranquillement les fabuleux bénéfices générés par le trafic de drogue et d’armes à destination de l’Amérique du Nord. Mais tout peut avoir une fin.


Sylvie Breysse
Sylvie Breysse
Prise sous la pression insistante de Washington, la décision du premier ministre Bruce Golding de le faire arrêter et de l’extrader vers les États-Unis a déclenché une véritable guerre civile à Kingston, capitale de la Jamaïque. Les Américains le considèrent en effet comme le «parrain le plus dangereux du narcotrafic à la surface du globe» et veulent le juger sur leur territoire où il risque la prison à vie et des millions de dollars d’amende. Des milliers de ses partisans, puissamment armés et venus de tous les coins de l’île, affrontent la police et l’armée depuis une semaine dans son antre de Tivoli, un quartier populaire de la capitale décrit par la presse locale comme une «mini-république du crime». Les combats auraient déjà fait au moins 60 morts et plus de 200 blessés, dont 44 civils tombés sous le feu croisé des belligérants. Les forces de l’ordre, souvent moins bien dotées en arsenal, ont peiné à rétablir le calme. Sur les barricades érigées pour empêcher la police de progresser, les partisans de Coke narguaient les autorités en scandant: Leave Dudus alone. L’homme court toujours.
Car «Dudus» Coke, outre le nom prédisposé dont il a hérité pour un narcotrafiquant, est un «capo» populiste et populaire dans les bas quartiers de Kingston et dans le département limitrophe de Saint Andrew (sud-est). Véritable «Christ» ou «Robin des Bois» pour ses aficionados, lui et ses hommes de main distribuent des milliers de dollars aux chômeurs, payent les soins médicaux pour les plus défavorisés, fournissent blouses, cahiers, livres et stylos aux élèves du primaire et font régner un semblant d’ordre dans ces quartiers délaissés par les autorités. «Il a transformé un quartier en proie au crime et à la violence en un endroit où les gens peuvent gagner de l’argent», confiait lundi au journal Jamaican Observer son ancien avocat, le sénateur Tom Tavares Finson. L’homme politique, proche de Coke et ancien mari de la Miss Monde 1976 Cindy Breakspeare (elle-même ex-femme du chanteur Bob Marley et mère de son fils Damien), voit en «Dudus» Coke un «honnête homme d’affaires». Sur le modèle peut-être des mafias colombiennes des années 1980, et notamment du redoutable cartel de Medellin dirigé d’une main de fer par Pablo Escobar, héros des pauvres. Au point de s’approprier, en l’adaptant à la sauce locale, le célèbre précepte des mafias colombiennes: «Mieux vaut une tombe en Colombie [ndlr: en Jamaïque] qu’une prison chez les Yankees.»

La mémoire du père
Coke, également connu dans Tivoli comme le «président» ou Shortman, a hérité de l’empire du crime construit dans les années 1980 par son père, Lester Lloyd Coke, fondateur du Shower Posse (le «gang des douches», nommé ainsi parce qu’il a la réputation «d’arroser» ses victimes de balles). Son refus obstiné de l’extradition pourrait trouver ses racines dans la saga paternelle: Lester Coke est mort en 1992 dans un mystérieux incendie qui a embrasé sa cellule alors qu’il attendait lui-même d’être extradé aux États-Unis. Des commentateurs ont avancé qu’il était détenteur d’informations susceptibles de mouiller le gouvernement d’alors. Deux frères et une sœur de Christopher Coke ont aussi perdu la vie. «Dudus» a pour sa part su faire prospérer la fortune dynastique en menant d’ambitieux projets de construction financés par des fonds publics octroyés par l’administration Golding. Le premier ministre s’était d’ailleurs fait élire parlementaire dans la circonscription où Coke et son Shower Posse ont leur quartier général. En y établissant son plein pouvoir et en y réglementant la vie quotidienne, Coke était de fait devenu l’allié principal du politicien dans ces zones difficiles. Jusqu’au brusque retournement de Golding, qui a décrété dimanche l’état d’urgence pour un mois en promettant désormais de «combattre les puissances du mal».///////// Gérard Thomas



Rédigé par psa le 27/05/2010 à 00:32 | Permalien

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