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Pierre S. Adjété
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Liu Bolin
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Manifestement, Claude Guéant, le ministre français de l’intérieur, ne connaît rien de ce dont il parle. Dans ce froid qui traverse toute l’Europe –jusqu’en Afrique du nord même, une partie de l’homme a certainement gelé pour qu’il puisse en arriver à sortir ces mots de peu d’éclats et de trop de buées : Toutes les civilisations ne se valent pas!

Et voilà que Claude Guéant affirme, par la suite, être sans regret, aucun, pour de si grandes sentences idéologiques, absolutistes et protectionnistes qui seraient propres à la droite: «Contrairement à ce que dit l'idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas. (…)Celles qui défendent l'humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient. Celles qui défendent la liberté, l'égalité et la fraternité nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique. En tout état de cause, nous devons protéger notre civilisation

S’il est facile de comparer un fer à repasser à un autre, facile avec des critères précis toutefois de comparer une voiture à une autre, il est déjà diablement difficile de comparer un individu à un autre, voire toute une civilisation à une autre. Et ça, le ministre miroir de Nicolas Sarkozy ne le sait pas. L’ignorance est ici à son apogée; vivement qu’elle décline.

Et pour cause, les raisons données par Claude Guéant pour supporter cette frayeur électoraliste : la Liberté, l’Égalité et la Fraternité notamment, ne sont pas les inventions d’une civilisation. Et le Guéant ne le sait pas. Mieux encore, la trilogie Liberté-Égalité-Fraternité a beau être la devise de la France, elle la pratique à peine… Mais là n’est pas le débat, puisque Claude Guéant n’est pas la France; la France n’est donc pas en cause lorsque l’un de ses citoyens, ministre ou pas, s’égare dangereusement et semble s’y complaire en réaffirmant, ce jour même : «Toutes les cultures ne se valent pas!» Pauvre Guéant! Il va falloir le sauver littéralement le soldat Claude envoyé à la pêche aux voix, en cet avant-veille des présidentielles.

Ce Claude Guéant, idéologue insondable et élite française diplômée de Science Po et de l’ÉNA n’a décidément pas la culture digne de son rang. Lamentable! Seule consolation, les dérapages vont sans aucun doute inspirer les professeurs et spécialistes divers à engager des débats, dans les niveaux d’éducation appropriés, et permettre surtout aux jeunes de lever les équivoques fragrantes de l’absolutisme de Claude Guéant. On pensait avoir avancé un peu sur cette terre qu’il faut encore se lever, par ce beau dimanche, pour répéter qu’il n’existe pas d’étanchéité entre les civilisations, que rien ne ressemble à un humain qu’un autre humain. Et quoi encore?

Rédigé par psa le 05/02/2012 à 17:00
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Will Salisbury, Génocide Rwanda
Will Salisbury, Génocide Rwanda
En désignant l’enceinte du camp de la garde présidentielle, bastion du pouvoir hutu, comme le lieu d’où ont été tirés les deux missiles qui ont abattu l’avion du président Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994, les experts convoqués par le juge d’instruction Marc Trevidic ont secoué l’opinion française. Depuis une quinzaine d’années en effet, les ordonnances du juge Bruguière, largement relayées par des livres et des articles, avaient accrédité l’idée d’un attentat commis par le Front patriotique rwandais (FPR, pro-Tutsi), qui aurait ainsi déclenché le dernier génocide du siècle dernier.


Au lendemain de la communication du rapport d’expertise, qui exonère le FPR de cette accusation, les avocats des neuf personnalités rwandaises incriminées par le juge antiterroriste, Maîtres Lev Forster et Bernard Maingain, ont tiré les premières conclusions de ce revirement de l’enquête. La première, c’est qu’ils espèrent que leurs clients, de hautes personnalités du régime de Kigali, dont James Kabarebe, l’actuel ministre de la Défense, bénéficieront d’un non-lieu lorsque, après trois mois environ, toutes les conclusions du rapport d’expertise auront été tirées.

La seconde constatation, c’est que l’enquête sur le terrain a été minutieuse et complète: six lieux de tirs possibles ont été visités, 56 missiles ont été examinés avant que le SA-16 d’origine russe soit désigné comme l’arme du crime. Une arme sophistiquée, dont la manipulation exige plus d’une centaine d’heures de pratique. Ce constat rejoint déjà la remarque de l’un des avocats de la famille Habyarimana, qui a rappelé que les Forces armées rwandaises (FAR) n’avaient pas été formées au maniement de tels engins.

Le troisième point qui a frappé les avocats, c’est que la déconstruction de l’enquête du juge Bruguière est désormais entamée. Rappelons que le célèbre magistrat avait instruit uniquement à charge et refusé de se rendre sur le terrain, au contraire de Marc Trevidic qui fut longtemps son disciple. Cette déconstruction passe par la remise en cause des témoins, dont la plupart (comme Abdul Ruzibiza ou Emmanuel Ruzindana) se sont rétractés, mais aussi par le dévoilement des véritables réseaux de désinformation ayant opéré en marge de l’«enquête»: des universitaires comme André Guichaoua ou Claudine Vidal ont apporté leur caution scientifique, des journalistes comme Pierre Péan ont vulgarisé la version, tandis que de nombreuses pièces du dossier démontrent une totale proximité entre enquêteurs, témoins, traducteur et magistrat.

C’est ainsi que Pierre Payebien, l’enquêteur principal de Jean-Louis Bruguière, a utilisé comme traducteur Fabien Singaye, un ami de Jean-Luc Habyarimana (l’un des fils de l’ex-président) et beau-fils de Félicien Kabuga, le financier du génocide. Fabien Singaye avait été présenté à Pierre Payebien par l’ancien gendarme de l’Élysée, le capitaine Paul Barril, omniprésent dans les opérations de diversion (lire ci-dessous). Ce réseau de connivences, cet «enfumage» du dossier, suivant les termes de Me Maingain a d’ailleurs incité les avocats à déposer plainte pour «tentative d’escroquerie à jugement» et subornation de témoins.

Le rideau de fumée s’est étendu à la Belgique et Me Maingain a rappelé le rôle joué par le professeur anversois Filip Reyntjens qui aurait entre autres conseillé l’enquêteur Pierre Payebien et eu des contacts avec le colonel Bagosora à propos des missiles. Les manœuvres ne sont sans doute pas terminées: on peut s’attendre à de prochaines «révélations» sur de possibles infiltrations de combattants du FPR à l’intérieur même du camp Kanombe, ce bastion hutu, et Théogène Rudasingwa, ancien secrétaire général du FPR, en rupture avec le président Paul Kagame, ainsi que d’autres ex-rebelles accusés de corruption, retrouvent soudain la mémoire et revendiquent l’attentat.

Les avocats ont aussi tenu à rappeler que les dix Casques bleus belges massacrés au camp Kigali ont été parmi les premières victimes de la désinformation: c’est une source française qui avait désigné les Belges comme les auteurs de l’attentat… ////////////Colette Braeckman



Chronologie
6 avril 1994 Le président Juvénal Habyarimana est tué après deux tirs de missile contre son avion à Kigali.
Avril-juillet Génocide des Tutsis accompagné d’assassinats de Hutus modérés: 800 000 morts.
Juin-août Intervention française (opération «Turquoise»).
17 novembre 2006 A l’issue de son instruction, le juge Jean-Louis Bruguière met en cause le régime de Paul Kagame, le président rwandais.



Plusieurs milliers de femmes ont défilé mardi soir au Caire pour protester contre le pouvoir militaire et la manière dont il traite les manifestantes. L’image d’une jeune fille frappée et dénudée par les soldats lors des derniers affrontements a choqué bon nombre d’Egyptiens.


Les Égyptiennes se fâchent

La place Tahrir est plongée dans le noir. Il est à peu près 19 heures mardi soir quand le cortège de femmes arrive sur la place centrale du Caire, qui a été le théâtre de la révolution égyptienne, et qui est devenu depuis un mois le lieu d’affrontements à répétition entre les manifestants et les forces de l’ordre.

Depuis le début de la nouvelle vague de violences, il y a six jours, l’éclairage public ne fonctionne plus sur la place, comme pour intimider les protestataires. Mais cela n’empêche pas les quelque 4000 femmes présentes de donner de la voix. «Où sont les soldats? Les filles d’Égypte sont ici!» crient-elles, rageuses. Des femmes de tous âges et de tous les milieux sociaux. Voilées en grande majorité, certaines en niqab, d’autres cheveux au vent. «Frapper des femmes, les traîner par terre, ce n’est pas acceptable, on ne peut pas laisser passer ça. Ceux qui font ça, ce ne sont pas des hommes!» s’exclame Faiza, une femme au foyer de 42 ans. «Le Conseil militaire des forces armées accuse la contre-révolution pour les violences, mais c’est lui-même qui est à la tête de cette contre-révolution


La fille en bleu

De chaque côté du cortège de femmes, une ligne d’hommes qui se tiennent la main, pour les protéger. Le 8 mars dernier, elles n’étaient qu’une centaine à manifester sur la place Tahrir pour défendre leurs droits, un mois seulement après la chute de Moubarak. Elles avaient été violemment attaquées par des dizaines d’hommes. Cette fois, elles ont été beaucoup plus nombreuses à répondre à l’appel du Mouvement du 6 avril et des supporters de Mohamed ElBaradei (l’ancien président de l’AIEA). On parle de la plus grande manifestation de femmes en Égypte depuis la révolution de 1919, quand elles défilaient contre l’occupant britannique.

«J’ai vu les images de cette fille tabassée, traînée par terre et dénudée. C’est pour cela que je suis descendue dans la rue», explique Ingi, un manager de 33 ans. L’image de celle que l’on appelle désormais «la fille au soutien-gorge bleu», tourne en boucle depuis trois jours sur les réseaux sociaux, et a poussé bon nombre de femmes présentes mardi soir à manifester. «Il faut remettre les choses dans leur contexte», s’était contenté de déclarer lundi lors d’une conférence de presse le général Emara, l’un des membres du Conseil suprême des forces armées, à propos de l’incident.

Certaines féministes se demandaient mercredi si cette manifestation était le signe d’un «réveil» des femmes. Les Égyptiennes ont eu un rôle essentiel dans le soulèvement de janvier. Elles n’ont pas seulement nourri les révolutionnaires et soigné les blessés, elles ont participé, malgré les risques, à toutes les manifestations, et pour certaines ont mené la bataille aux côtés des hommes face à la police et aux baltaguis, les hommes de main du pouvoir. Mais après cet épisode héroïque, elles ont été peu nombreuses à s’engager dans les nouveaux partis politiques.


Pour les élections, chaque liste électorale a l’obligation d’intégrer une femme, mais les rares candidates sont le plus souvent en toute fin de liste, dans des positions non éligibles. «Comme nos compagnons de lutte masculins nous ont écartées des mouvements créés dans le sillage du soulèvement, nous avons décidé d’avoir notre propre organisation, pour faire entendre notre voix», explique Dina Abu el-Soud. Avec une vingtaine d’autres femmes qui ont participé au soulèvement, cette trentenaire a créé au printemps dernier la Coalition des femmes de la révolution. «Changer les mentalités, cela va prendre des années. Mais cette manifestation nous donne de l’espoir.» Nina Hubinet


Rédigé par psa le 21/12/2011 à 21:04
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En un an, «Indignez-vous!», livre minuscule de Stéphane Hessel, s’est vendu à plus de trois millions d’exemplaires. Le résistant nonagénaire a rencontré les Indignés genevois. De l’autre coté des frontières, Elsa Fornero, la ministre italienne du Travail et de la Prévoyance sociale, ni comédienne ni actrice, verse de touchantes larmes : témoignages de l’ampleur des sacrifices sociaux. Deux mondes pour un élan commun. Indignés de tous les pays…


Pour les larmes d’Elsa… Continuez à vous indigner
L’un porte une casquette Zimstern et une veste polaire. L’autre un costume trois pièces, une cravate sombre et un imperméable. Hier dimanche après-midi, Stéphane Hessel, ancien résistant, ambassadeur et corédacteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme a rencontré Stéphane Amsellem, ex-punk, coursier à vélo et Indigné genevois. Deux mondes pour un élan commun. L’auteur d’Indignez-vous!, vendu à plus de trois millions d’exemplaires en une année, a salué l’engagement des campeurs des Bastions: «Genève est un lieu où l’on peut se donner une cible, le dysfonctionnement de l’économie mondiale.» «C’est la première. Nous reprenons l’esprit de Genève, l’altruisme et la solidarité», a répondu le cadet, promettant: «On ne fera pas couler de sang, mais seulement coucher de l’herbe». Une foule bigarrée a écouté l’échange, jeunes savamment négligés, coquettes grisonnantes, chiens jappant. «Bon courage, continuez», a conclu Stéphane Hessel, 94 ans, après avoir fait le tour des tentes et reçu chocolats, poèmes ou compliments émus.
En conférence à l’Université de Genève mardi dernier, sur l’obtention de justice, vérité et réparation pour les victimes de crimes graves, Stéphane Hessel est aussi bien en dates qu’en paroles
1917: naissance à Berlin
1941: naturalisé français depuis 1937, il entre dans la Résistance
1944: arrêté par la Gestapo. Il s’échappe à deux reprises
1946: devient diplomate aux Nations unies, pour lesquelles il corédige la Déclaration universelle des droits de l’homme
1977: ambassadeur auprès de l’ONU, à Genève
2010: publie «Indignez-vous!»

Pour les larmes d’Elsa… Continuez à vous indigner
-Il y a une année sortait «Indignez-vous!». Depuis nous avons assisté à quelques révolutions arabes et de nombreuses mobilisations se revendiquant de votre titre. Un commentaire?
Stéphane Hessel: Cela m’enchante; on est toujours content quand une chose que l’on a faite a du succès. Mais cela m’inquiète car ce titre provocant, qui n’est pas de moi mais a été proposé par la maison d’édition Indigène, peut susciter des indignations différentes. Je souhaite qu’elles se fondent sur les valeurs indiquées dans mon livre et figurant dans le programme du Conseil national de la Résistance et la Déclaration universelle des droits de l’homme. La façon dont ce petit livre s’est répandu dans une trentaine ou quarantaine de pays prouve qu’il y a une angoisse sur la façon dont est menée l’économie mais aussi la politique mondiale. En Espagne, en Tunisie ou à New York des citoyens se sont mobilisés en brandissant mon texte.


– Vous mettez donc les révolutionnaires arabes et les Indignés genevois ou madrilènes dans le même sac?
Ces situations sont évidemment très différentes les unes des autres mais elles ont en commun le désir de ne pas accepter le fonctionnement actuel. A Madrid, celui d’un Zapatero n’ayant pas réussi à donner suite aux besoins fondamentaux des Espagnols. A New York contre les dérives de Wall Street… Je pensais à la France en écrivant ce texte mais il a trouvé un écho dans bien d’autres pays.


– Vous trouvez que la France se porte mal?
Je suis un opposant depuis toujours, un socialiste. Il me semble bon de prendre position contre la façon dont le président Sarkozy gère mon pays, à savoir sa proximité avec les riches et le peu de souci qu’il a des immigrés ou des Roms. Pour résumer: son allégeance au néolibéralisme sans régulation financière.


– Vous reconnaissez-vous dans les mouvements qui brandissent votre livret?
Je ne me reconnais que comme un lançeur de mots. La manière dont cette indignation est vécue varie selon les pays. J’ai été par exemple gêné par les Espagnols agitant mon livre et attaquant le parlement ou jetant des pierres. Je me retrouve en revanche dans les revendications, qui ont toutes pour principale cible le dysfonctionnement de l’économie mondiale.


– Quid des révolutions arabes?
Je suis fondamentalement un démocrate et je pense qu’il revient aux peuples de décider de qui les gouverne. Il faut s’indigner lorsque l’Etat est autoritaire mais il s’agit ensuite d’aboutir à la démocratie. Et là se pose la question: l’Islam est-il compatible avec la démocratie? Je réponds oui, voyez l’exemple turc – bien qu’imparfait. Les formes de démocraties peuvent être diverses et respecter les traditions, tant qu’elles sont en accord avec la Déclaration universelle des droits de l’homme.


– Dans «Indignez-vous!», vous citez largement le programme du Conseil national de la Résistance et la Déclaration universelle des droits de l’homme. Avez-vous lu les projets du Conseil national de transition libyen ou encore des gouvernements tunisien ou égyptien?
J’ai essayé de comprendre les revendications tunisiennes. J’y suis allé à plusieurs reprises. Je suis également de près les élections égyptiennes. J’ai naturellement un sentiment mélangé parce que je suis un partisan acharné de la non-violence. Je peux la comprendre de la part de gens soumis à une violence extrême de la part de l’État mais je pense que la non-violence courageuse permet les meilleurs résultats. Voyez les Syriens qui continuent à protester pacifiquement.


– Et qui sont durement réprimés là où les Libyens et l’OTAN ont éliminé Kadhafi au prix de combats.
Il y a des cas où il est légitime que la violence intervienne. Mais la résolution du Conseil de sécurité visait à détruire les armes du tyran en évitant de tuer des gens. Il y a cependant eu des victimes. Cela devient un problème philosophique sur la guerre juste.


– Quels sont les défis majeurs aujourd’hui?
Je vois au moins deux grands périls contre lesquels il faut agir. D’une part, l’extrême pauvreté face à la scandaleuse richesse, l’écart s’accroît. D’autre part, nous avons exagérément exploré les ressources de notre petite planète.


– Dans «Engagez-vous!», publié quelques mois après «Indignez-vous!», vous proposez la création d’un Conseil de sécurité économique et sociale et d’une Organisation mondiale de l’environnement. Vous évoquez encore des initiatives plus individuelles et plus locales. Par exemple?
Il est possible de se mobiliser localement dans le cadre d’une économie sociale et solidaire. C’est ce que proposent par exemple les Amap en France, des coopératives, des mutuelles. Il s’agit d’un échange entre le producteur et le consommateur permettant de développer une économie sans profit. Un autre exemple serait de s’occuper des immigrés en situation difficile. Les rencontrer, leur parler, essayer de faire pression sur la préfecture ou les autorités en cas de menace de renvoi. J’ai envie de dire aux jeunes: ne restez ni indifférents ni découragés.


– Comment les percevez-vous ces jeunes?
Je les trouve un peu léthargiques, endormis. Mais, et c’est au moins aussi grave, ils sont découragés parce qu’ils ont l’impression que ce qu’ils font ne sert à rien. Ce livre vise à leur dire de ne pas baisser les bras.


– Vous évoquez l’économie et l’environnement comme défis majeurs. Que dire des droits humains, vous qui avez corédigé leur Déclaration universelle?
C’est ce qui me préoccupe personnellement le plus. Nous disposons heureusement d’une organisation, dont l’un des sièges est ici à Genève, les Nations unies, qui a mis en place un nombre considérable d’instances et d’institutions pour résoudre ces problèmes. Qu’est-ce qui leur manque? Une certaine efficacité. Trop souvent ce sont des discours, quelquefois des résolutions excellentes, mais qui ne sont pas appliquées. Cela cloche pour des raisons que nous connaissons bien: le veto du Conseil de sécurité notamment. Nous aurions besoin d’une organisation où les décisions seraient prises à la majorité des deux tiers. Quant au Conseil des droits de l’homme, la difficulté est de concilier droit et politique. Globalement, nous allons dans la bonne direction, sauf quelques retours en arrière. Je pense aux années qui ont suivi la chute des tours de Manhattan, succession de bêtises et de crimes.


– Vous avez été invité à Genève par l’association Enfants de Gaza. Le Proche-Orient est l’un de vos grands motifs d’indignation?
J’ai connu la Deuxième Guerre mondiale et la Shoah. J’ai été de ceux qui se sont réjouis de la création de l’État d’Israël. On parlait alors de Palestine mais non de Palestiniens; aussi je suis resté un peu tristement indifférent à ce que ce peuple appelle la Nakba, c’est-à-dire l’obligation de quitter 55% de leurs terres et leurs villages en 1948. J’ai commencé à m’indigner lors de la guerre de 1967 et je suis, depuis, chaque année plus sévère. Israël a aujourd’hui à sa tête le pire gouvernement qu’il n’ait eu, quasi fasciste. Je suis donc devenu le parrain du Tribunal Russell sur la Palestine, qui appelle à citer témoins et experts sur ce qui n’est pas acceptable.


Rédigé par psa le 10/12/2011 à 00:50
Yvo Jacquier, Allegro
Yvo Jacquier, Allegro
Naturellement, j’ai parcouru du début jusqu’à la fin, le texte du sieur Sénouvo Agbota Zinsou : « De petits pas vers la vérité ». C’est un exercice particulier de lecture qu’appelait mon devoir du Togo. Mais je ne le reprendrais pas de si tôt, tellement de cette fourmilière sortait tout, de tous les côtés : du bonjour-donné-lorsque-retenu-comme-membre-du-HCR togolais à combien-en-as-tu-tué-toi et autre parler-pour-parler sur un sujet aussi crucial. Et quoi encore –sans écouter l’autre parler, continuer à jouer au répétiteur de trop, celui qui ignore sa propre hésitation de telles lignes tout en nous l’avouant!

Le texte est pourtant commis en réponse au document, unique et rarissime, « Oser la vérité pour sauver le Togo » produit par Messan Agbéyomé Kodjo, ancien ministre, ancien Président de l’Assemblée nationale, ancien Premier ministre et actuel Président national du parti politique OBUTS; un mémoire livré à la Commission Barrigah, c'est-à-dire la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) actuellement en cours au Togo; un mémoire courageux dans un Togo toujours éprouvé par ses violences physiques et psychologiques persistantes, un Togo balafré de partout par sa haine et sa déraison constantes.

À ma connaissance, le témoignage ainsi livré par le Premier ministre Messan Agbéyomé Kodjo reste le seul du genre versé au dossier de la Commission Barrigah, la seule déposition d’une personnalité d’un si haut rang, ouvertement apportée dans l’agora républicaine, à la gouverne et à l’attention directes des citoyens du Togo, où qu’ils se trouvent.

De la part d’Agbéyomé Kodjo, l’exercice n’est pas nouveau. À travers diverses interviews, l’homme avait toujours évoqué les contours de ses responsabilités, surtout clamer son ignorance du plan diabolique ayant conduit aux froids assassinats de la place dite Fréau Jardins à Lomé, au cœur de la capitale togolaise, en janvier 1993. Et pourtant! Ni plus ni moins, de tels assassinats étaient explicitement et implicitement attribués à Messan Agbéyomé Kodjo. Un pénible fardeau dont personne n’a osé s’approcher pour aider à en alléger les effets dévastateurs sur cette personne et les siens. Un devoir éthique dont personne d’autre ne s’est chargée jusqu’à maintenant d’éclaircir aux côtés de l’éternel incriminé, et à l’adresse des Togolaises et des Togolais.

Durant longtemps a donc pesé sur Agbéyomé Kodjo, l’accusation ouverte des uns –bien nombreux, le silence coupable des autres –responsables politiques divers, que ce massacre ait été l’œuvre funeste de ses pensées et de ses mains, parce que ministre de l’intérieur, à l’époque, du régime répressif qui sévissait au Togo et que les uns et les autres combattaient.

Plus souvent qu’autrement, Agbéyomé Kodjo a été cloué au pilori avec une férocité digne de la lâcheté politique et de l’irrationnel analytique très caractéristiques des débats au Togo et sur le Togo. Certains, toute leur vie durant, doivent être des suppliciés, d’autres resteront intacts, purs et donneurs de leçons dans un domaine politique où leur compétence reste invariablement insuffisante. Ainsi reste biaisé le paysage politique togolais, ouvert aux critiques acerbes d’un coté, très protecteur des incompétents et des naufragés de tout poils de l’autre.


Une quête de démocratie toujours décalée
Ceux qui savaient réellement les limites des responsabilités des uns et des autres, jamais ne disent rien au Togo; ceux qui croient savoir, parce qu’un jour ils s’étaient retrouvés au cœur d’un évènement parcellaire d’un vaste tableau politique, se posent en diseurs d’histoires, en diseurs de belles historiettes très amusantes pour la galerie et surtout pour leur égo.

L’objectif d’Agbéyomé Kodjo est clair et légitime : rétablir certains faits et leur donner un écho historique susceptible d’aider à restituer la vérité de sa non-implication dans la planification, l’organisation et l’exécution des froids assassinats de Fréau Jardins. Ici, tout est à l’honneur de Messan Agbéyomé Kodjo à la place duquel personne ne s’était jamais mise, ouvertement, noblement et vertueusement. Raison de plus à l'interessé d’assumer sa propre défense : un droit humain fondamental, quelle que soit la taille du parchemin ou la couleur du papier entête utilisé; ce que l’on ne se gêne même plus à lui reprocher. Parce qu’il est seulement question d’Agbéyomé Kodjo, nous formater la démocratie par papier mâché et craché, vitement, à nous faire avaler? Une démocratie coupée et décalée à nous faire danser sans aucun rythme ni harmonie? Non merci!

Au tournant de cette Commission Barrigah qui entame son siège ultime à Lomé, nous restons à l’écoute. À l’écoute des faits, ceux provenant des institutions comme les Forces armées togolaises, ceux émanant des femmes et des hommes courageux pour emprunter le chemin ainsi ouvert par les Joseph Kokou Koffigoh, Messan Agbéyomé Kodjo et les autres anonymes de ce Togo resté meurtri.

Et après seulement après, nos placoteurs et petits diseurs d’histoires, nichés ici et là, auront la tâche de la confrontation analytique de ces faits qui nous seront soumis. Pour leur gouverne : le Togo en est là aujourd’hui, également, à cause de cette complaisance analytique qui est loin d’être innocente, puisque généralisée et toujours servie inlassablement aux mêmes personnes. Fini l’immunité argumentaire des contînmes et des englobâmes, des conteurs et des embaumeurs!

Pour une fois au Togo, écoutons les autres parler, écoutons celles et ceux qui se donnent la peine de se présenter devant la CVJR, restons à l’écoute de la parole, cessons de polluer la Grande Histoire par nos petites chroniques semainières : audi alteram partem! C’est aussi le prix à payer pour qu’un autre Togo advienne, à Petits pas vers la vérité, par cette imparfaite Commission Barrigah ou une autre structure; l’imagination des uns restant toujours fertile et la vengeance des autres encore inassouvie. Pendant combien de temps encore?

togo_audialterampartem.pdf Togo-AudiAlteramPartem.pdf  (406.91 Ko)
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Rédigé par psa le 03/11/2011 à 20:45
Notez WikioEs Tags : Démocratie Kodjo Togo

C’est une très vieille tradition de l’humanité que les dirigeants possèdent, généralement, un certain « talent d’incompétence » à toujours fuir la réalité en s’imaginant de fausses solutions ou en se faisant servir de faux conseils. Mais un jour…


La blague à Jean Charest
La faiblesse de Jean Charest c’est qu’il n’a pas d’autres expériences de travail que celle de la politique partisane. C’est nettement insuffisant pour diriger un État! C’est effectivement d’un Premier ministre à la petite semaine dont dispose le Québec depuis une dizaine d’années. Et le désamour des citoyens pour la politique confortant malheureusement son règne, Jean Charest vit dans l’illusion d’être ce qu’il ne pouvait jamais être… un Homme d’État.

Incontestablement, Jean Charest vient de « rater son rendez-vous avec l’histoire » à en croire ses adversaires politiques à l’Assemblée nationale du Québec. Une histoire du Québec et du Canada qui, tant bien que mal, sait mettre les intérêts supérieurs au-dessus de tout, particulièrement lorsque les bases mêmes de la démocratie sont ébranlées.

Paul Martin en a donné le meilleur exemple récent, en mettant en branle la Commission Gomery qui devrait le balayer lui-même par la suite, et ouvrir la voix à Stephen Harper depuis lors. Paul martin voulait faire du bien à la démocratie canadienne; c’était un autre Socrate qui s’en était allé vers sa Mort pour que la vérité lui subsiste pour toujours.

L’histoire retiendra néanmoins que Paul Martin avait agit en véritable Homme d’État. Avant Paul Martin, le juge Dennis O’Connor (Commission O’Connor) en Ontario a éclairci le laxisme coupable institué dans la gestion de l’eau dans la municipalité de Walkerton alors que les guerres syncidicales au Québec avaient également, auparavant, necessité la Commission Cliche.

Mélancolique et pudique, l’histoire n’ose même pas regarder la face à Jean; un Jean Charest surpris une main dans le sac à mensonge et, dans l’autre main, une « patente à gosse » qui n’est rien d’autre qu’une commission basée sur aucune loi du Québec. Une véritable escroquerie politique, une grosse blague, une pure « arnaque » politique; les mots ne manquent pas pour décrire le jeu politique du Premier ministre du Québec, qui croit ainsi sauver son parti –le parti libéral du Québec, ainsi que sa carrière personnelle, lui qui se voyait déjà en route pour diriger le Canada un jour prochain.

La blague à Jean Charest
Il n’est plus un secret pour personne que les partis politiques au Québec bénéficient largement des retro commissions sur certains contrats de services, ici et là obtenus du gouvernement. L’écœurantite aigüe qui en a résulté pour les citoyens a atteint un degré tel que monsieur et madame Tout-le-monde voudrait savoir comment les choses ont pu en arriver là, malgré les interdictions légales, malgré la vigilance dont plusieurs institutions –du domaine de la construction aux gardiens des règles électorales en passant par les corps de police eux-mêmes, ont fait preuve.

Les derniers en date, les derniers avant les impassibles militants du PLQ, sont les avocats qui ne pouvaient pas ne pas dégonfler la passe à Charest, désavouer carrément le Premier ministre du Québec : « Au terme de notre première analyse, nous ne pouvons avaliser totalement cette commission, puisque trop de questions demeurent en suspens. Le gouvernement a fait un pas important en acceptant de créer une commission d’enquête, il doit maintenant lui donner les moyens d’atteindre les résultats visés », explique le bâtonnier du Québec, Me Louis Masson, Ad. E.

« Les récentes allégations qui éclaboussent le gouvernement en matière de collusion dans le secteur de la construction sont dévastatrices pour la confiance du public dans ses institutions, dans l’État et dans le fait que les lois et règlements sont respectés dans l’attribution des contrats de construction et de gouvernance des chantiers. Le gouvernement a donc la responsabilité d’assurer à la population que tout est mis en œuvre pour que soient respectées les lois, incluant l’absence de corruption et de favoritismes et que l’État fait une saine gestion des deniers publics », réitère le bâtonnier Masson.

En réalité, ce sont les insuffisances du Premier ministre du Québec qui sont exposées au grand jour par cette sortie rapide du Barreau du Québec, vingt quatre à peine après la création de la pseudo-commission. Une situation embarrassante qui devrait forcer Jean Charest –normalement et pour peu que quelque chose lui reste comme devoir ou désir de respecter la demande généralisée des différentes couches de la population, à se rétracter, faire marche arrière et offrir une vraie commission à la population et aux professionnels du Québec.

En fait, il y une limite à vouloir tromper le peuple tout le temps. C’est l’histoire des échecs politiques : c’est une très vieille tradition de l’humanité que les dirigeants possèdent, généralement, un certain « talent d’incompétence » à toujours fuir la réalité en s’imaginant de fausses solutions ou en se faisant servir de faux conseils. L’éthique guérit de tout cela de nos jours… Vivement des cours d’éthique à monsieur le Premier ministre du Québec.

Rédigé par psa le 21/10/2011 à 16:04
Notez WikioEs Tags : Commission Québec Éthique

Plus que le Québec, un homme est à un tournant de sa carrière politique : Jean Charest...


Stéphane Hessel... Prix Nobel de la Paix?
Stéphane Hessel... Prix Nobel de la Paix?
« Apprendre à reconnaitre des évolutions lentes nécessite de ralentir nos rythmes frénétiques et d’accorder autant d’attention à ce qui est subtil qu’à ce qui parait dramatique. » C’est ce vieil enseignement –ici renouvelé par Peter Senge pour les leaders et gestionnaires contemporains, et remis à jour par un jeune homme presque centenaire, Stéphane Hessel, 94 ans le jeudi 20 octobre 2011, c’est à cette sagesse universelle que doit désormais s’abreuver Jean Charest. Accepter d’aller dans le sens de l’histoire que font les événements actuels, et la volonté populaire et en grandir par la suite.

Il est vrai que l’enjeu qui fait encore hésiter le Premier ministre du Québec c’est la perte du pouvoir politique aujourd’hui. Mais à 54 ans près dont l’exacte moitié en politique, il n’est pas exagéré de dire que la vie de Jean Charest, une vie politique ou pas, rebondirait bien ici ou ailleurs. Elle rebondirait bien surtout lorsque le Premier des Québécois leur aurait donné l’impression de les avoir écoutés. Ce n’est pas encore le cas

C’est indéniable qu’il y a un mouvement de fond dans la société québécoise, comme dans plusieurs autres sur la face de la terre. Le mouvement de fond au Québec est que, pour avoir gouté à la Commission Gomery, les Québécois ne peuvent se contenter de moins qu’une Commission publique de cette mouture qui irait « au fond des choses ». De quelles choses parlons-nous? De l’argent sale : la surfacturation de l’État québécois et de ses contribuables, au profit de la corruption et du financement du vaste monde politique, des élections municipales aux partis politiques provinciaux dont celui que dirige Jean Charest, le Parti libéral du Québec, autant que celui de l’opposition actuel, le Parti Québécois.

Un tel déballage vaut bien l’assainissement du paysage politique québécois que réclament les citoyens qui tiennent aujourd’hui une piste pouvant leur faire comprendre, enfin, pourquoi ils payent si chers pour des routes aussi dégradées au Québec, pourquoi personne n’est capable de rationaliser et d’humaniser l’accès aux soins de santé depuis une quinzaine d’années, pourquoi un ministre de la santé publique ne peut trouver mieux à faire que de démissionner pour se joindre au système privé le lendemain, autant que les sous-ministres démissionnent les vendredi pour prendre service les lundis dans des firmes avec lesquelles ils donnaient des contrats publics de puis toujours, pourquoi donc. Pourquoi? Le monde, il veut savoir!

Le monde veut tellement savoir que sur les chantiers de construction, dans les chaumières et dans les universités, on comprend mal les hésitations subites de certaines confréries d’avocats qui trouvent bon d’assener qu’une Commission parlementaire à la Gomery ne serait pas une solution miracle. Heureusement que nous savons que le droit est partout mais pas au dessus de l’éthique. C’est donc de l’éthique publique dont il est question aujourd’hui plutôt que du droit public. Le monde, il veut savoir. Le monde c’est le bien public, depuis l’autopsie de La Mort de Socrate par Platon jusqu’au cri d’espoir Indignez-vous de Stéphane Hessel.

Parce que le Québec risque de pourrir en attendant trop, les indignés québécois ne peuvent plus attendre. L’avenir de Jean Charest peut bien attendre; il peut même se permettre une pause avant de rebondir à Ottawa ou ailleurs. Jean Charest ne peut ne pas accepter d’aller dans le sens de l’histoire qui s'écrit sous ses yeux. Ayant passé la moitié de sa vie en politique, Jean Charest n’a simplement plus le droit à l’apprentissage par erreur dans l’autre moitié.



Rédigé par psa le 28/09/2011 à 06:45

Tant il est vrai que cette Françafrique, de guerre lasse, tient difficilement la route sous le rude climat très favorable à la nouvelle race des [indignados]i. Avec cette Françafrique, Trop c’est comme pas assez c’est comme pas assez disent désormais les Africains qui ont bien hâte de voir autre chose naître de cette relation qui ne demande qu’à grandir entre l’Afrique et la France. Allez-vous-en Françafrique!


René Magritte
René Magritte
Les soutiens de la Françafrique deviennent de plus en plus rares : la France l’a laissé tomber et l’Afrique change de gérance et d’allégeance, refusant de continuer à «échouer si piteusement» selon les mots d’Aimé Césaire. Ainsi parlait aussi Rabelais, bien longtemps cette nouvelle vague de dénonciations : «Ce que les Sarrasins et les Barbares appelaient des prouesses, nous l’appelons maintenant brigandage et méfaits». C’était à la Renaissance, un temps déjà précurseur de celui d’une autre Afrique annoncée depuis cinquante ans.

La nouvelle tient du secret d’État du lendemain du Onze septembre confié à la garde de Polichinelle. Aussi longtemps caché, aussi longtemps révélé : les politiciens français sont financés par les chancelleries africaines. C’est le dernier acte d’un scénario connu de tout le monde; un film rentable, mais joué à satiété pour n’offrir que sourire et simagrée.

L’hexapède République des mallettes qui toujours savait courir plus vite que les populations africaines est dénoncée par un de ses propres porteurs bipèdes, Robert Bourgi : « Je veux une France propre. Je veux une relation avec l'Afrique assainie. » Et le sulfureux Robert Bourgi d’ajouter : «Je veux aider le président (Nicolas Sarkozy) dans sa politique de rupture. Ce n'est pas l'homme à encourager les chefs d'État qui restent 30, 35, 40 ans au pouvoir ». Message reçu, éclaboussures garanties pour une motivation vertueuse encore insuffisante; mais peu importe, la boîte est ouverte de nouveau et son couvercle jeté avec fracas : enquête et procès annoncés ; commission républicaine… pas sûr !

C’est depuis des années que Pierre Péan est spécialiste de ces dénonciations qui l’ont rendu infréquentable dans les capitales africaines. Les «Affaires Africaines» de ce journaliste investigateur étant restées la cause de l'une des plus célèbres colères d’Omar Bongo Ondimba, considéré de son vivant comme pièce maitresse de la Françafrique aux côtés de Jacques Foccart le père fondateur du réseau de l’ombre.

Pour avoir longtemps servi Foccart, l’avocat Pierre Bourgi se recycle désormais, avec une conscience précipitamment dérangée qui éveille des soupçons. Pourquoi maintenant ? Il avoue servir son maitre : Nicolas Sarkozy. Laver un peu plus blanc le chef d’État français en aspergeant des eaux usées, ici et là récupérées, tous les adversaires putatifs de celui-ci dans toutes les familles politiques françaises.

C’est le début d’une saga franco-africaine faite de révélations malheureusement brouillonnes et intempestives. Elle offre toutefois l’opportunité de braquer les projecteurs sur les pratiques obsolètes qui avaient mené à l’instauration et à la cristallisation de la démocrature en Afrique, particulièrement dans les pays francophones du continent, presque tous, devenus la risée de chacun.

Ces dénonciations portent aussi l’espoir de voir certaines cibles se fragiliser dans leur ambition de se confectionner des élections-sur-mesure ; ces consultations coûteuses gagnées et reconnues d’avance par les établissements français et la myriade d’observateurs souvent unis dans leur aveuglement… Il est permit de rêver, même si personne n’attend des miracles des prochaines élections du Cameroun et du Congo démocratique, la situation du Sénégal restant hautement risquée, pour peu que l’on puisse voir à travers le clair-obscur entretenu par l’imprévisible pouvoir des Wade.

Le tocsin entre les mains de Robert Bourgi lui permettra-t-il de réellement sonner la fin de la Françafrique ? Pour l’instant, l’agitation est grande autour de ses révélations connues de tous, et que le prochain Pierre Péan, « La République des mallettes, enquête sur la principauté française de non-droit » va encore mieux étaler. On appréciera alors si la Françafrique est prête à rendre l’âme dignement ou simplement changer d’identité moins remarquable, empruntant d’autres noms que lui donneront de nouveaux «Princes des ténèbres» déjà en file africaine pour un héritage à perpétuer ou à liquider... C’est selon!.

francafrique.pdf Françafrique.pdf  (744.31 Ko)


Rédigé par psa le 12/09/2011 à 02:09
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