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Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Actuellement fonctionnaire dans l’administration fédérale canadienne, PSA est partisan du « Grand Pardon » et adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




Le printemps arabe est en train de fleurir au sein même du Conseil des droits de l’homme. Pour longtemps? Pas si sûr!


Yvo Jacquier, Renaissance
Yvo Jacquier, Renaissance

Il y a des convergences qui ne relèvent pas du hasard. Le Conseil des droits de l’homme vient de vivre les moments les plus trépidants de sa jeune existence. Entre une session spéciale de vendredi qui condamne fermement la barbarie de Kadhafi tout en recommandant la suspension de la Libye, et une journée de lundi, où la diplomatie mondiale est venue à Genève pour fustiger le régime de Tripoli, jamais le principal organe onusien chargé des droits de l’homme n’avait joui d’une telle crédibilité. L’événement est considérable. Le Conseil n’avait jamais parlé d’une voix aussi univoque. En quelques jours, il a réussi le prodige de faire oublier ses pires dérapages et de clouer le bec aux souverainistes conservateurs qui n’ont cessé de le décrier.

Cette percée intervient alors que des jeunes Tunisiens, Égyptiens ou Libyens bravent pacifiquement les dictatures pour réclamer l’exercice de leurs droits fondamentaux. Le printemps arabe est en train de fleurir au sein même du Conseil des droits de l’homme, parce que son inspiration est au cœur de la mission de cet organe subsidiaire de l’Assemblée générale des Nations unies. En son sein, les fronts semblent bouger et faire fi, du moins pour l’instant, de l’antagonisme qui sépare le monde islamique et l’Occident. Les Chinois, eux, sont restés très discrets. Les États-Unis ont pu constater que promouvoir les droits de l’homme ne participe pas d’un idéalisme naïf, mais que cela peut permettre aux bourgeons démocratiques d’éclore librement. En faisant des droits humains l’un des piliers de sa politique étrangère, la Suisse a su, quant à elle, se positionner de façon opportune sur la scène internationale.

Ces notes d’optimisme sont peut-être éphémères et ne doivent pas faire oublier que pour que le Conseil des droits de l’homme et le printemps arabe continuent de nous surprendre, il faudra beaucoup de persévérance. Le regard altéré que les Chinois, Américains, Européens, Arabes, Africains et Asiatiques risquent de porter désormais envers l’Autre est en tout cas de nature à bouleverser les vieux équilibres. ///////Stéphane Bussard


Horizon


Rédigé par psa le 02/03/2011 à 06:23