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Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Actuellement fonctionnaire dans l’administration fédérale canadienne, PSA est partisan du « Grand Pardon » et adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




Cezanne - La tentation de Saint Antoine
Cezanne - La tentation de Saint Antoine
Mon hypothèse est toute simple. Bien de raisons font la force de Barack Obama dans la présente campagne électorale. Sa rhétorique tout à fait supérieure à celle de ses adversaires, sa jeunesse et sa fraicheur physique qui lui font incarner parfaitement le changement et l’espoir dans il est porteur, sa grande capacité à s’organiser sur le terrain électorale et à l’occuper efficacement, son équipe de communication talentueuse et aguerrie face aux nouvelles technologies de l’information, etc. Mais lorsque je lis dans le Washington Post de ce mardi, sous la plume d’Alec MacGillis, que le discours de Barack Obama est creux et ne tiendra pas la route l’été, le printemps et l’automne prochains, je sens le besoin de faire un arrêt de réflexion. Je me demande ce qui fait que Barack Obama « marche et fait réellement fureur » à travers un si grand et vaste pays aux réalités diverses. Fondamentalement, je pense que ce gars n’est pas en train de mener tout le monde en bateau aux Etats-Unis. Et alors vient mon hypothèse : Barack Obama apporte une réponse plus satisfaisante aux défis et besoins des citoyens américains que tout autre candidat de son camp des Démocrates. Il se pourrait que la réponse ne soit pas unique face à la diversité des gens et de leur besoin. En écoutant ce matin l’ancien candidat démocrate Chris Dodd, le sénateur, qui donnait son appui à Barack Obama, lui estimait surtout que Barack pouvait unifier le pays plus que tout autre. On se souvient que Ted Kennedy avait comme une des raisons le fait que Barack Obama faisait une campagne électorale plus élégante et qu’il ne pouvait pas, lui Ted, supporter longtemps que ses amis, les Clinton, attaquent le jeune candidat sans grande raison que la pure démagogie; cela a suffit à Ted Kennedy de sortir de sa réserve, légendaire, pour supporter Barack. Caroline Kennedy, la fille de John F. Kennedy, disait quant à elle, que Barack Obama, plus que tout autre, inspirait la jeunesse américaine souvent désillusionnée face à la politique et plus largement, face à une société dans laquelle les jeunes ne se retrouvaient plus. Cette inspiration manquante est souvent le témoignage qu’elle reçoit des milliers de personnes dans le milieu éducatif auquel elle appartient et aussi, à travers les propos de plusieurs autres citoyens qui lui parlent de son père JFK. Dans cette même perspective, il y a quelques jours, un chercheur invité à la Carnegie Endowment for International Peace faisait état des propos d’un étudiant américain qui disait qu’il a toujours gardé l’espoir caché de vivre les mêmes mouvements de fierté publique que ses parents avaient vécus au début de leur jeunesse dans les années 60 ; Barack Obama lui donnerait aujourd’hui cet engouement pour vivre ce rêve ultime qu’il ne laisserait personne lui enlever. Bien au début de cette campagne, particulièrement à la fin de l’été dernier, dans ma surveillance des écrits, des faits et des gestes précédant le début des hostilités électorales actuelles, un couple de coopérants américains avaient témoigné dans le New York Times en souhaitant, à la fin, que le futur président des États-Unis puisse leur procurer le respect perdu dans les autres pays à travers le monde. Et seulement de mémoire, j’aurais pu ainsi citer plusieurs autres raisons qui font converger les uns et les autres, partout à travers le monde, vers la candidature de Barack Obama… Je vous en fais grâce ! Donc, sauf démagogie, il est difficile d’admettre que la majorité qui se profile autour de la personne de Barack Obama ne sait pas ce qu’elle désire et que le discours et la personnalité de Barack Obama soient vides de capacité et de savoir-faire à succéder à un… Georges W. Bush. Bien sûr qu’Hillary Clinton voudrait bien être la personne portée par cette vague quasi universelle. Tous, on avait parié sur elle il y a quatre ans. Mais les données ont changé de manière drastique; attendant qu’un boulevard lui soit offert au terme des mandats de Georges W. Bush, notre Hillary est restée souvent les bras croisés, snobant même Barack Obama au Sénat américain au lieu d’aller à la conquête du jeune loup arrivé à Washington DC par un matin froid de janvier 2005. Même si les insinuations de légèreté chez Barack Obama ne sont pas motivées par le désespoir actuel de dame Hillary Clinton, il est surprenant que les analystes ne soulèvent pas cette réalité incontournable : la campagne électorale en cours est une démarche progressive qui s’adaptera aux différents contextes jusqu’à son terme le 4 novembre 2008. Comment alors peut-ont être vide du début à la fin dans une campagne électorale aux États-Unis? Il est temps de se rendre compte que nous sommes en face d’une page nouvelle de l’histoire du monde que Barack Obama nous aide, tous et toutes, à écrire. La page est peut-être vide à ses débuts, mais l’homme l’est moins pour avoir réussi à arriver là. Et l’histoire n’est jamais vide d’enseignements. À mon avis, nous n’en sommes qu’à ses débuts: la tentation d'Obama est grande et loin d'être injustifiée.


Ad Valorem


Rédigé par psa le 26/02/2008 à 18:30
Tags : obama Notez