Profil
Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Actuellement fonctionnaire dans l’administration fédérale canadienne, PSA est partisan du « Grand Pardon » et adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




À la recherche d'un document, me voilà tombé sur ce texte vieux de près de deux ans... Il est encore d'actualité pour le Togo, avec sans doute de legers ajustements à apporter sur certains points. En effet, s'il est vrai que le manque de stratégie est très caractéristique de l'opposition togolaise, il est aussi vrai que cette opposition semble avoir bénéficié du temps pour gagner en maturité. Dans tous les cas, une certaine fatique est perceptible et favorise d'ailleurs les changements de garde politique et de génération qui se font necessaires et s'inscrivent dans la normalité des choses. C'est le vent de l'ouverture émancipatrice qui se lève désormais, en mettant chacun des camps politiques devant ses rôles et responsabilités. Ainsi, les appelés au prochain gouvernement seront moins équilibristes et funambules.


Ouverture émancipatrice
L’échec du radicalisme est enfin effectif au Togo. Dans une opposition qui n’avait aucune stratégie réaliste, sauf s’autodétruire en ne favorisant aucune de ses composantes qui serait à même de générer le changement, la fatigue s’installe… Cette fatigue est celle de la déception des gens de l’intérieur de ce pays, face aux leaders politiques mais aussi face à une certaine diaspora dominée par les négationnistes de la nécessité du Pardon, souvent incapables par ailleurs d’articuler une contribution raisonnable en dehors d’une certaine quête de visibilité au travers du verbiage dénué d’analyse. Le désespoir est perceptible sur ce plan et c’est ce qu’exprime ce participant à un groupe de discussion, Alternative, où certains Togolais font et défont leur pays dans un monde virtuel. Ainsi, ce siège irréel semble ne plus être confortable pour les participants aux groupes de discussions, et l’un s’objecte contre la permanence de la nullité des écrits et des actes:
« Je me suis toujours posé des questions sur vos écrits; je les trouve nuls pour ceux qui veulent un changement dans leur pays. Vous êtes toujours là à critiquer les autres et aussi dans votre camp. On dirait que l'affaire de démocratie togolaise est de montrer aux autres celui qui sait mieux écrire. Tout ceci est l'oeuvre des poltrons; de ceux qui n'ont aucune stratégie. Chez moi, on dit, "Si dans une forêt pour retourner à la maison, tu te retrouves toujours devant le même arbre, sait que tu es perdu." Pire, j'ai l'impression que vous ne savez pas que vous êtes perdus. »
Le Dialogue intertogolais est en cours. Il peut aller à sa fin ou s’arrêter pour mille raisons, connaître des difficultés dans son application… Pourquoi pas! La réalité est tout simplement que l’exercice est inévitable et tout aussi nécessaire : cent fois plutôt qu’une pour conjurer ce destin surréaliste de tout un pays. (...) Fin du rêve radical au Togo? Il serait grand temps!

Silence


Rédigé par psa le 08/12/2007 à 14:16