Profil
Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Économiste, administrateur et essayiste, PSA est un partisan assumé du «Grand Pardon» et un adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




Travail louable que ce texte de notre ami Rodrigue Kpogli. Louable, parce qu’il fait appel à une capacité de réflexion qui sait se mettre en œuvre : chose rare dans la diaspora togolaise et œuvre difficile dans la communauté des intellectuels du Togo, où que se trouve cette famille de gens. D’ailleurs, je discutais avec l’ami Ray de cette sclérose en pensée, à mon dernier passage à Montréal. En fait, celui-ci me disait son admiration pour le Groupe de Réflexion et d’Action pour le Dialogue, la Démocratie et le Développement (GRAD), de notre ami Victor Komlan Alipui. La prétention de Ray est que le Grad fait œuvre utile non pas toujours à travers ces réflexions, mais davantage par ces propositions mêmes insuffisantes. Pour un jugement à la Salomon, difficile de battre Ray! Effectivement, le grand mérite du Grad demeure son existence ainsi que la capacité de son président et initiateur de pouvoir drainer des soutiens financiers et autres, pour entretenir des cadres de réflexion sur le Togo. Mais de résultats concrets, je n’en vois pas assez. Il est peut-être tôt de juger le Grad mais jusque là le groupe manque cruellement d’originalité, du fait même qu’il n’a opéré aucune distance par rapport à la réalité togolaise. Ainsi, il radote à partir de certains présupposés consécutifs d’ailleurs à son allégeance politique trop criarde. À mon avis, c’est là une confusion du genre excusable sous d’autres cieux, n’eut été l’urgence du moment togolais, après les élucubrations toutes chaotiques des récents grands architectes de la démocratie togolaise. C’est à ce jeu de réflexion que se prête également notre ami Rodrigue Kpogli. Sauf que la vocation contributive de son exercice est noyée par un manque évident de rigueur qui précipite le résultat de ses efforts dans les mêmes travers. Je ne suis pas sévère dans une telle appréciation, je comprends difficilement pourquoi il existe une telle complaisance d’analyse chez les miens de ce pays. Avec toute l’indulgence et la bonne volonté au monde, j’ai parcouru le texte de Rodrigue Kpogli, un crayon à la main, et encore une fois je ne peux m’empêcher de constater ce que je nomme souvent de manque de rigueur analytique qui se traduit d’ailleurs dans la caducité des actions proposées, la contradiction dans le discours analytique, et que sais-je encore. J’offre en exemple, ici, l’insuffisance notoire des propos de notre ami Rodrigue Kpogli, seulement après une première lecture de ma part. Travail louable -je le répète, mais réflexion courte et suffisamment courte pour dire que les Togolais doivent faire mieux, tout simplement. Parce que tout ceci devient une lourde lecture à laquelle je n’aimerais pas trop vous astreindre, ces crochets [ ] vous donneront la saveur de mes observations sur le texte -Pourquoi est-il si difficile d’avoir un leadership responsable au Togo- de notre ami Ro Kpogli… Des paragraphes souvent creux, vides et sans fondement pour pouvoir asseoir une conclusion fiable et crédible.


...Un printemps qui dure
...Un printemps qui dure
Les premières années de la lutte du Togo pour la démocratie étaient conduites par quelques figures qui ont apparu comme des leaders pouvant rassembler. [Des exemples! Pour prouver la véracité de vos propos ou seulement instruire les gens!] Progressivement, elles se sont décrédibilisées soit par leur incapacité à organiser efficacement la riposte face aux multiples assauts meurtriers du système RPT, soit par leur empressement à jouir des privilèges d’un pouvoir qu’elles n’ont pas encore acquis. Ainsi, de l’inorganisation couplée à l’absence de stratégies, aux retournements de casaque en passant par des indécisions, des hésitations, des incohérences et des querelles interpersonnelles de bas étage, l’embryonnaire leadership togolais s’est considérablement ruiné. Me Yaovi Agboyibo sachant que le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) n’a pas d’avenir sous sa présidence après qu’il ait servi de premier ministre de Faure Gnassingbe, a réalisé un formidable coup de communication en se faisant remplacer par Me Apevon Dodji. Dans un pays où les partis d’opposition sont souvent accusés à tort de ne pas appliquer l’alternance en leur sein, Me Agboyibo a réussi à convertir ce qui est un échec en une victoire éclatante. [Victoire éclatante! Étonnante affirmation] M. Gnininvi, après la signature de l’Accord politique de Ouaga dit Global, fonce la tête baissée. Rien ne semble arrêter la CDPA dans sa logique de gain à tout vent, ignorant que sur « le chemin de la trahison, il n’y a que le fleuve de la honte à traverser ». [Creux!] M. Olympio, courbant l’échine devant la pression d’une improbable Communauté Internationale, mordant à l’appât de la primature promise et obtenant un assouplissement sur le verrou de résidence taillée à sa mesure dans les dispositions électorales, a fait apposer la signature de l’UFC au bas de l’Accord de Ouaga. [Creux!] Quant à Edem Kodjo et Ayeva Zarifou, ils ont convaincu les Togolais sur leur vocation d’éternels prostitués politiques bien avant l’avènement de Faure Gnassingbe au pouvoir. [Creux!] Inutile de souligner le caractère éminemment violent consubstantiel au pouvoir RPT qui, à travers sa formidable industrie de l’impunité crée la peur et l’intimidation. Le débat démocratique faisant l’objet d’une prohibition non-écrite sous ce régime, la constipation gagne les esprits qui auraient pu briller sous d’autres cieux. [Pas si sûr! Être à l’extérieur du Togo n’est nullement un gage de compétence… Idée confuse et jetée sans aucune base justificative]

...Un printemps en danger
...Un printemps en danger
A ces éléments, il faut ajouter que le peuple togolais est caractérisé par une triple contradiction : 1- Lorsqu’un leader est devant lui, le peuple togolais dit qu’il le dépasse. 2- Lorsqu’un leader est à ses côtés, le peuple togolais estime qu’il le pousse. 3- Lorsqu’un leader est derrière lui, le peuple togolais pense que celui-ci le talonne. [Creux! Simple verbiage] Ainsi, au Togo, veut-on un leadership idéal constitué d’immaculés et de Saints. Cette exigence, cette volonté de ne pas laisser des vendeurs d’illusions berner les masses voire les utiliser pour des intérêts personnels, n’est pas une mauvaise chose en soi. Seulement, à partir de cette conception acquise sans doute par expérience, les Togolais sont parvenus à supporter difficilement tout individu désirant prendre le devant des choses. Chacun pense donc être le plus apte et s’estimant être le Saint que tout le monde souhaite voir surgir. C’est certainement pour cette raison là que dès que Madame X sort la tête, on la lui tape dessus. Dès que Monsieur Y pointe son nez, on le lui casse. Dès que le Citoyen Z ose, on le renvoie dans son nid en lui opposant toute sorte de principes qui parfois, ont du mal à tenir la route. Progressivement, des initiatives ont été incidemment découragées. Et la vacuité finissant par gagner nos rangs, y a établi aujourd’hui le printemps de la non-pensée. Après des années d’incubation sournoise, des acteurs de la casse sortent l’artillerie lourde pour mitrailler toute tentative de réflexion et de rappel aux fondamentaux qui nous ont échappés depuis un bon moment déjà. Peut-être que l’inconscient collectif marqué par les 40 ans de traversée du désert sous la férule d’Eyadema Gnassingbé, se dit, plus jamais, il n’a besoin de guide ni de leader pour avancer. Personne ne veut suivre l’Autre, ne serait-ce que le temps de surmonter collectivement les obstacles qui jonchent le chemin. [sur les 2 derniers paragraphes : Faux! Constat erroné… Gilchrist Olympio demeure extrêmement populaire mais reste aussi un médiocre politicien… Popularité n’est pas a confondre avec efficacité. De plus, aucun constat ne peut se faire sur l’intention du peuple togolais qui n'a jamais fait savoir qu'il ne suivra personne et pourquoi… ce ne sont donc que de simples élucubrations d'esprit.] Dans cette panne générale qui assèche la pensée et l’esprit d’initiative, la recherche de la solution individuelle devient la norme. Ce qui écrase l’idée que lorsqu’un problème se pose pour l’ensemble de la collectivité, il ne peut y avoir de solution que celle collective. Les issues individuelles ne peuvent qu’être un pis-aller dans cette situation. Dans le cas togolais, chacun crée son parti politique, chacun crée son association, chacun crée son organisation… Bref, chacun monte sa chapelle en attendant que l’orage vienne emporter toutes ces initiatives qui témoignent de notre incapacité à bâtir un outil collectif de lutte démocratique à la taille de l’enjeu qui est le nôtre. [Lueur d’espoir dans la pensée! Pensée inachevée, toutefois…] Sur cette pente savonneuse, nous avons réussi l’exploit d’avoir 83 partis politiques au Togo. Dans ce Capharnaüm politico-affairiste sans cesse croissant, se fréquentent une certaine opposition constituée de 4 à 6 partis de tendance socialistes, 8 à 10 partis d’obédience libérale, 12 à 15 partis dits socio-démocrates et tous les autres sans idéologie ni gouvernail qui gravitent autour du pouvoir en attendant que le vent tourne dans l’autre sens pour opérer leur virage. Il en est de même pour des structures associatives. Ces doublons au lieu d’enrichir l’arène politique, la grève énormément. [Peut mieux faire!]

...Un printemps d'espoir?
...Un printemps d'espoir?
Bientôt vingt ans après le début des hostilités entre une tyrannie soutenue de l’extérieur et portée par une milice militaro-policière et le peuple togolais affamé et écrasé mais connaissant parfaitement l’enjeu, les questions que se posent le mouvement démocratique restent les mêmes : Boycotter ou non des élections perdues d’avance ? Bulletin unique ou multiple ? Candidature unique ou multiple ? Liste électorale refaite ou révisée ? [Inutile!] La persistance de ces questions, en réalité, rudimentaires, est la preuve que le mouvement démocratique a du chemin devant lui. C’est aussi la preuve qu’il n’a pas tiré les leçons des fautes et erreurs du passé. Car, si le diagnostic est fait sans complaisance et les enseignements retenus, ces questions ne se poseraient plus. La seule chose qui vaille la peine dans ce cas, serait de travailler vigoureusement pour la mise sur pied d’une véritable stratégie de conquête du pouvoir avec la complicité du peuple togolais si éreinté par le système RPT. [Surprise! Qu’est-ce le Mouvement Démocratique (MD), puisque chacune de ses constituantes avaient déjà été démolies par vous-même? Ce MD n’existe tout simplement plus, il me semble !] Une autre raison pour laquelle, il est si difficile d’avoir un leadership responsable au Togo, se trouve dans le manque d’écoute entre les différents îlots d’intégrité qui résistent encore. Ce déficit se manifeste en ce que les idées des uns et des autres ne retiennent pratiquement aucune attention. Normalement, c’est à partir d’elles que des alliances de travail doivent se nouer. En somme, c’est le m’as-tu-vu permanent constituant à quelques exceptions, des reprises des idées précédemment mises en évidence qui fleurit. Ces reprises d’idées sans pour autant se rapprocher de leurs auteurs signifient clairement qu’une compétition malsaine de personnes se joue dans nos rangs. [Peut-être!] [NOS rangs! Qui est le NOUS? Pourquoi brutalement vous devenez membre d’un NOUS que vous avez démolis tout le long et qui n'existe plus du fait qu'il n'est pas fréquentable...] A l’orée de la présidentielle de 2010, le mouvement démocratique a donc du pain sur la planche. Il doit surmonter en l’espace d’un an toutes les contradictions qui la minent depuis une vingtaine d’années. Ou, il réussit ce pari et alors 2010 sera une année de succès démocratique ou, il échoue dans la reconstruction et alors, le peuple togolais assistera pour une nième fois à une tragi-comédie électorale. Cela n’est pas une mince affaire quand on sait qu’actuellement les cartes sont complètement brouillées et qu’on ne sait avec exactitude l’identité des uns et des autres après l’APG et son corollaire de gouvernement dit d’union nationale. [Ah! Le fameux MD!] Mais à cœur vaillant, point d’œuvre impossible. Il faut partir de ce qui est en alliant les valeurs d’intégrité, de cohérence et de résistance à toute épreuve, aux idées alternatives qui, par un travail de synthèse, pourraient être fédérées pour toute fin utile. A défaut, seule une planification sur un moyen ou long terme avec un agenda bien précis tenu par des citoyens intègres, foncièrement patriotiques et soutenus moralement, matériellement et intellectuellement, peut constituer la solution. [Conclusion de collégien; conclusion saupoudrée de toutes les vertus! Tout de même, bravo et continuez! C'est déjà mieux que certaines autres réflexions de grands intellectuels et universitaires du Togo]

Mot à Maux


Rédigé par psa le 09/12/2008 à 18:12
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