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Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Actuellement fonctionnaire dans l’administration fédérale canadienne, PSA est partisan du « Grand Pardon » et adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




Lumière, Studio Lydie Fauteuil
Lumière, Studio Lydie Fauteuil
Je publiais cemême titre il y a sept mois, le 21 février 2011: Que fait encore Jean Charest à la tête du gouvernement du Québec?. L’introduction du texte se présentait ainsi :
Se pourrait-il que tous les signes d’incompétence politique dont son parcours est pavé ne lui soient pas visibles? N’existe-t-il personne dans son entourage qui lui soit suffisamment différent pour lui dire de ne pas sombrer le parti politique –le Parti libéral du Québec, qui n’a jamais été le sien –lui le conservateur parachuté chez les Libéraux, et faire du Québec une terre brûlée avant son inévitable départ? Qui sonnera bientôt à la porte des Charest pour leur dire… Ben, il est peut-être temps d’aller voir ailleurs pour te refaire, non?

Aujourd’hui, rien ne semble avoir changé. Le Premier ministre du Québec n’a pas cru devoir lire un rapport dévastateur devant lequel tout un État, le Québec, est en ébullition. Pour une raison simple : des liens probants existent entre l’industrie de la construction et le financement des partis politiques, après le détour connu des gonflements de factures. Le Québec est devenu un haut lieu de la corruption sur les marchés publics.

Dans un contexte démocratique et suivant la tradition politique ambiante, le degré de collusion et d’infiltration de la Mafia dans la vie publique exigerait une enquête publique. C’est un tel rapport que celui qui prétend être à la tête d’un État démocratique n’a pas lu, n’a pas osé lire. Comble d’incompétence politique et de cynisme, il ose se présenter devant les journalistes, persuadés qu’il jouera au fin politique sans qu’une si grande lacune ne soit constatée.

Il est vrai que la dernière commission du genre dans le paysage politique a été dévastatrice pour le parti politique qui l’avait déclenchée. Mais, la raison partisane doit-elle toujours prévaloir sur la raison d’État? Lorsqu’arrive ces intrigues, lorsque surgissent ces dilemmes, c’est alors que l’on distingue les gens de caractère et de dimension éthique. Il est clair que Jean Charest n’est pas de cette trempe : ni de ce caractère, encore moins de cette dimension. On comprend pourquoi l’émoi s’élève pour nommer les insuffisances de ce Jean Charest et réclamer son départ, exiger sa démission si ce n’est le déclenchement des élections pour laisser parler le bon peuple.

C’est en cela que l’Éthique, de la mise à mort de Socrate au modèle de vie de Mandela, l’Éthique est un ferment utile à l’espace public. Sous une autre forme, je paraphrasais Rabelais en écrivant ailleurs : « Politique sans éthique n’est que peine perdue ». La résistance non-éthique de Jean Charest, son non-souci du bien, le noble bien public et non partisan, ce refus creuse inlassablement le trou dans lequel reposeront bientôt les ambitions politiques simplistes du Premier ministre du Québec.

De nos jours, un tel degré d’incompétence politique n’est plus permis d’un chef de gouvernement officiant dans un environnement démocratique. Cela ne vaut même plus la peine de lui demander de quitter son poste. Monsieur le Premier ministre Jean Charest, restez là! Continuez! Vous le faites tellement bien et la bêtise vous va tout aussi bien! Que serait le Québec sans vous?


Que fait encore Jean Charest à la tête du gouvernement du Québec?

Horizon


Rédigé par psa le 16/09/2011 à 21:30
Tags : Québec Éthique Notez