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Pierre S. Adjété
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Mot à Maux
L'autre immigration... douloureuse
« Le témoignage involontaire de l’un des naufragés du navire fantôme, donne une idée de cette terrible traversée de l’Atlantique, que beaucoup prenaient pour la mer Méditerranée. Sur une note trouvée sur le bateau, le jeune Diao Souncar Diémé, âgé de 29 ans, griffonne : «La situation dans le bateau est si pénible que je ne crois pas que je vais en sortir vivant. Je voudrais que ceux qui me trouveront transmettent à ma famille à Bassada cette somme d’argent. Adieu et pardonnez-moi. Ma vie finit ici, sur cette grande mer marocaine.» Tim Slinger, reporter au journal de Barbade, The Nation news, déclare que, cette note de Diao Diémé a permis de savoir que sur le bateau, au départ, avaient embarqué 52 personnes. De ce nombre, certains avaient changé d’avis peu après, tandis qu’une bonne partie a fini son aventure dans le ventre de l’Atlantique. Les habitants de la Barbade ont été choqués d’apprendre que ces jeunes ouest-africains sont morts de faim et de soif. »
Mohamed Gueye, Le Quotidien Mot à Maux
État de quoi?
« Le contrat première embauche visait à donner une chance d'insertion professionnelle à des jeunes sans qualification. (…) Le gouvernement avait, certes, mal délimité sa cible, mais certains se sont peut-être trompés de combat en niant la diversité de la société française. (…) Quel que soit le traitement que nous réservions désormais aux candidats à l'immigration, il ne nous dispense pas de repenser le traitement social des banlieues et de leurs populations telles qu'elles sont. A Montfermeil et ailleurs. Il est plus facile de décréter l'état d'urgence que de répondre à une situation d'urgence ».
Pierre Fréhel, Le Républicain Lorrain Horizon
10 Commandements
Avant que nous ne sombrions, corps et âmes, dans le football mondial pour ces quelques prochaines semaines, il semble que la nature du problème auquel l’Afrique est toujours confrontée est politique plutôt que d’ordre économique. Cette perspective accorde une place fondamentale à la gouvernance et au processus des décisions étatiques, au détriment de l’assistance économique et de l’aide au développement tout azimut. Mieux, l’idée renouvelée par un certain Greg Mills dans un texte (Ten Things that Africa Can Do for Itself) publié dans le bulletin Heritage Lecture, le 27 février 2006, avance que nous savons déjà Quoi faire -à travers rapports et analyses, et qu’il nous manque cruellement le Comment faire. Tout naturellement, notre ami Greg Mills nous le donne en 10 points, en 10 stratégies pour le développement de l’Afrique:
1. Commencer à l’intérieur, par le commencement, en établissant les règles du jeu et en valorisant les personnes, tout autant sinon plus que les infrastructures de base et les équipements. 2. Différencier les approches et les politiques de développement selon les catégories de pays. Ici, l’auteur se base sur 6 catégories de pays empruntées au professeur Jeffrey Herbst. En somme, place à la nuance! 3. Accepter les échecs. Il s’agit de tenir compte des contraintes, des imprévus, des effets pervers et autres dommages collatéraux… Persévérez! 4. Valoriser la qualité. Trop d’aide au développement ne sera pas nuisible. Mais la définition de cibles précises à privilégier serait grandement préférable au saupoudrage, même si les besoins sont multiples et souvent urgents. 5. Participer à la mondialisation. Tout simplement et sans hésitation, se présenter au rendez-vous de cette Aventure ambiguë, y apporter du soi et de ses atouts pour mieux en tirer avantage. Sachant que la compétition est rude, célébrons les succès africains. 6. Renforcer la société civile et la démocratie, en toute occasion, comme des outils d’aide au développement. 7. Créer des points d’entrée à travers des pôles de priorités sectorielles, des grappes technologiques, par pays, par secteur, par industrie et surtout, sans grande bureaucratie. 8. Changer de perspective, de paradigme et de débat face à la question même du développement : imaginer clairement et positivement le résultat final et travailler pour l’atteindre. 9. Lier croissance et développement en investissant les fruits des opportunités de revenus provenant des ressources naturelles dans la confection d’un tissu d’infrastructures industrielles génératrices de valeur ajoutée. 10. Fixer des priorités et les faire connaître largement aux partenaires et acteurs nationaux et internationaux du continent africain. En passant, notre ami Greg Mills est… africain. Il sombrera probablement dans le foot avec nous dans les prochains jours. Son pays accueillera la prochaine Coupe du Monde de ce sport roi en 2010. D’ici là, et à partir de ce jour d'ouverture du Forum économique sur l'Afrique en Afrique du Sud,il nous invite à l’action. Horizon
Bossu trois cornes de G. Fortuné
La réflexion est sortie comme de nulle part … le Bélier noir togolais, M. Agboyibo, chef du parti CAR. L’homme est au cœur de certaines décisions visibles, ces quinze dernières années. On l’oublie souvent, son choix à primé lors de la Conférence nationale des Togolais : Le choix Joseph K. Koffigoh. Aux élections d’avril 2005, sa stratégie a été retenue dans le mécanisme de désignation du candidat unique; la suite nous le savons. Sage idée que de lui confier la présidence du directoire du dialogue intertogolais; j’en suis convaincu. Et j'en passe. Que devons-nous attendre de ses habiletés, particulièrement au moment ou les digues qui retiennent ce dialogue sont encore bien ébranlées? Qu’enfourcheront désormais les cornes du bélier? La réflexion se poursuit… Silence
Vivre le compromis et faire naître la confiance
Le problème togolais est beaucoup plus complexe qu’il ne paraît. On est au 11e ou 12e dialogue et les résultats attendus sont loin d’être évidents. Pour certains, on vogue de « mensonge en mensonge » à chacune de ces rencontres, persuadés que personne n’appliquerait les résolutions à la fin du présent dialogue; pour d’autres, l’exercice mènerait à « une sortie de crise par le bas » qui se confondrait tout simplement à une compromission. Il se pourrait que les choses en soient ainsi. Mais avons-nous le choix depuis que l’occasion du changement a été ratée par cette même opposition togolaise, friande de radicalisme et de très peu de stratégie. L’occasion ratée du changement véritable, démocratique pour tous, sans vengeance et qui n’aliène pas les héritiers du système et de la personne de feu Eyadema a bien été dilapidée sur l’autel des égos politiques de quelques leaders qui n’ont jamais eu assez de respect pour eux-mêmes pour s’entendre sur un minimum d’apprentissage du compromis et du réalisme dans leur propre rang.
Quelle idée que d’exclure un Edem Kodjo au moment même où il fallait négocier avec la communauté internationale? Quelle idée que de faire des marches de soutien à vos adversaires politiques alors que d’autres sillonnaient le monde à plaider leur « bonne foi » politique, malgré leurs erreurs? Quelle idée que de choisir un Bob Akitani pour rivaliser avec Faure Gnassingbé? Faute d’avoir pratiqué l’art du compromis dans ses propres rangs, l’opposition togolaise doit se mettre à cette école de la diplomatie des petits pas politiques; durement, mais inévitablement. Mais ici encore, personne ne parle de la responsabilité de ceux là qui ont jeté des jeunes Togolais dans les rues, sachant bien ce qui les attendait… Une partie de l’opposition togolaise doit faire preuve de modestie, agir en Hommes d’État et travailler à mériter le pouvoir. Ad Valorem
Sueurs de servitude et Économie de traite à compenser
« Votre présence en terre africaine nous donne ainsi une précieuse opportunité que nous devons saisir pour exprimer notre part de vérité. Notre histoire mêlée à la vôtre fait de nous des « Ayant droit à la France ». Nous avons droit à la France autant sinon davantage que certains ressortissants européens qui s’installent désormais sans nulle barrière de Dunkerque à Avignon. Nous avons droit à la France en raison des sueurs de toutes servitudes, en raison du sang communément versé pour la liberté, de notre langue commune, de l’exception culturelle ensemble revendiquée, de l’économie de traite à compenser.
Nulle raison pour que passent avant nous : allemands, bulgares ou autrichiens, hongrois, écossais, polonais ou croates – sauf pour des motifs d’options sociales à mémoire sélective. Si pour des considérations ‘‘pratiques’’ devenues malheureusement impérieuses notre droit à la France doit se trouver abusivement limité, je voudrais que votre visite chez nous serve au moins à reconnaître ce déni de justice et à éveiller en votre esprit – reconnu vif, fécond et créateur - des initiatives audacieuses, rédemptrices du mal qui risque de nous opposer durablement. » Albert Tévoêdjrê, dans Lettre ouverte à M. Nicolas Sarkozy Horizon
Droit dans les yeux
« [Pour N. Sarkozy], faire un tri entre immigrés "intéressants" (…) et immigrés jugés indésirables n'est sans doute pas la meilleure façon d'engager une nouvelle politique africaine pour la France. (...) Il aura avantage à méditer la lettre ouverte que lui a adressée un des principaux conseillers du président du Bénin qui revendique (…) [en vertu des] liens séculaires avec l'ancienne puissance (…) [un] "droit à la France autant sinon davantage que certains ressortissants européens qui s'installent désormais sans nulle barrière de Dunkerque à Avignon". »
Gérard Noël, La Liberté de l’Est Mot à Maux« La valeur d’un État, à la longue, c’est la valeur des individus qui le composent. (…) Un État qui rapetisse les hommes, afin qu’ils puissent être entre ses mains des instruments dociles de ses projets (même bienfaisants), s’apercevra qu’on ne peut faire de grandes choses avec de petits hommes. » John Stuart Mill Mot à Maux
Ne pas avaler la relève
[Mody Niang nous fait découvrir le président Wade dans tous ses états. Dur portait que ce tableau qui par endroit, compare Me Abdoulaye Wade au légendaire Dieu Chronos qui avalait tout rond ses fils, de peur qu’ils ne lui succèdent un jour. Chez l’harmattan, les curieux trouveront les détails de cette odyssée de la politique sénégalaise qui déroute toujours tous les observateurs. L’histoire ne précise pas lequel des fils échappera au Chronos sénégalais, même si Idrissa Seck (Idy) semble être prêt à jouer ce rôle de Parricide. En voici un extrait :]
« Le pouvoir est donc fait pour être géré par lui, et par lui tout seul. Il en est le siège et l’épicentre. Il le perçoit comme un système d’où tout part de lui et revient à lui. Il ne sait surtout pas partager. (…) C’est cette même vision de la gestion de l’Etat et du pouvoir, qu’il a appliquée au Pds depuis sa création en 1974. Rien d’étonnant donc qu’il ait eu à se séparer successivement de ses numéros deux et de nombreux autres responsables du Pds. (…) L’opposant Wade affichait les mêmes attitudes. Ses seconds et autres hommes et femmes de tempérament d’un certain niveau, n’ont jamais été à la fête au Pds : il fallait rester et accepter d’avaler régulièrement des couleuvres ou partir. C’est pourquoi, le Pr Ousseynou Kane, chef du Département de philosophie de l’Ucad dit de Me Wade qu’il souffre du complexe de Chronos. «Chronos était, selon le professeur, une divinité grecque qui avalait ses enfants dès leur naissance de peur d’être détrôné. La mythologie raconte qu’il n’y a que Zeus (Jupiter dans la dénomination latine) qui y a échappé. Parce que sa mère a trompé Chronos en lui faisant avaler une pierre emmaillotée à la place de l’enfant qu’il voulait avaler. C’est finalement Zeus qui trouvera les moyens de détrôner son père. Me Wade semble renvoyer la même image.» Et le professeur Kane de s’interroger : «Qu’est-ce qu’il a fait avec Fara Ndiaye, Serigne Diop, Ousmane Ngom, Jean-Paul Dias, Idrissa Seck, etc. ? Comment comprendre cette propension qui fait que ses fils attitrés aient été liquidés dans les conditions que l’on sait pour rester seul ?» M. Kane poursuit son sévère et pertinent réquisitoire : «Avaler ses enfants parce qu’on a peur d’être détrôné par eux ! Je crois que cela exprime le fait que le Président Wade a un problème avec le temps. Chronos, en même temps qu’il symbolise le temps, lutte contre le temps. Sa façon de lutter contre le temps, c’est de lutter contre le devenir, c’est-à-dire d’imaginer qu’il n’y a pas d’avenir sans lui (…). Quand j’ai entendu Maky Sall dire, au sortir d’une audience avec Me Wade qui venait de le nommer Premier Ministre, qu’il est le fils d’Abdoulaye Wade, je me suis dit qu’il signait son arrêt de mort. Parce que tout fils de Wade est destiné, comme celui de Chronos, à être avalé.» Si nous avons tenu à citer aussi longuement M. Kane, c’est que la peinture qu’il fait du personnage, en le comparant à Chronos, est remarquable. Les développements ultérieurs illustreront en abondance ce trait de caractère de Me Wade. » Mody Niang Ad Valorem
Souvenir
Est-ce que le jeu en vaut vraiment les bottines aux couleurs du drapeau togolais? À cette question la firme Adidas a semblé répondre par un oui éclatant de Vert-Jaune-Rouge. En réalité, ces couleurs sont d’ailleurs très standard et se retrouvent aussi dans les drapeaux de la plupart des pays africains. Un coup de publicité qui aurait marché également si le mali ou le Sénégal s’est qualifié à la place du Togo; le Cameroun ou le Bénin à la place de la Côte d’Ivoire; le Zimbabwe à la place de l’Angola ou encore la Guinée au lieu de la Tunisie. Les ventes suivront-elles? Attendons la réponse d’Adidas après le 9 juillet 2006. Horizon
La fouille
Le Canada a aussi ceci de particulier que l’uniformisation s’y fait souvent par et vers le bas, au point de tout précipiter dans la banalisation et l’absence de reliefs avenants. « Tout le monde à la fouille », même un dignitaire comme Abdou Diouf doit lever les bras, écarter les jambes –grandement dans son cas, et se faire tâter le corps à l’aéroport Lester B. Pearson de Toronto au nom d’une certaine Sécurité qui, ici, reste comparable à la vulgarité. L’absence d’élégance et le contournement osé des règles élémentaires des conventions diplomatiques font mal paraître, aujourd’hui, les fonctionnaires et le gouvernement fédéral dans leurs petits souliers de zélés… Plus rien à ajouter! Ad Valorem
Illusion migratoire
« Le ministre fait beaucoup d'efforts pour rassurer sur ses intentions. L'immigration choisie ne serait pas un tri, il ne s'agit pas de dépouiller les pays d'Afrique de leur main d'ouvre la plus qualifiée, et en diminuant la générosité d'accueil de notre pays, on luttera humainement contre le racisme et la xénophobie. (...) M. Sarkozy laisse consciemment planer l'illusion d'un changement radical. En n'écoutant que ce qu'ils ont envie d'entendre, certains Français pourraient imaginer que bon nombre d'"immigrés" -dont la plupart sont déjà 100 % Français- pourraient disparaître de leur paysage. »
Olivier Picard, Les Dernières Nouvelles d'Alsace |


