Diplomatie Ouverte

Lutte des Évala
Lutte des Évala

Ne parlons plus de la première version du projet d’Accord politique du Dialogue intertogolais. La version révisée du projet d’Accord politique proposé par le Bureau du Dialogue semble avoir de la difficulté à prendre. Il n’est pas étonnant que des tractations soient en cours pour en arriver à une troisième version ou faire le saut vers des médiateurs dont le choix et l’acceptation seront une difficulté en soi. Mais ce qui frappe à la lecture du document en tractation, ce n’est pas tant le contenu, relativement modeste et surtout très administratif et trop quincaillerie. Une dimension sans doute importante puisque la crise de confiance au Togo suggère que les détails soient abordés. Malheureusement, ces détails se reposent sur quasiment rien. Simplement dit : il est énoncé clairement onze chapitres de préoccupations et, à coté, ces préoccupations sont oubliées puisque les différentes solutions envisagées ne se rattachent pas, explicitement à tel chapitre ou tel point de préoccupation antérieure. On aurait voulu noyer le poisson qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Si Achille a un talon, il donc bien là ; avant tout, si ce document à une faiblesse, il est bien là qu’il témoigne de l’incapacité à relier les solutions proposées aux problèmes clairement énoncés auparavant. Naturellement, l’UFC dénonce pratiquement de telles solutions, de la première à la dernière, aidée par un tel flou difficilement imaginable d’un avocat d’expérience comme Maître Yawovi Agboyibo, président du bureau du Dialogue. De l’extérieur, ce que nous pouvons conclure, c’est que le dialogue a été mené sans aucune approche rigoureuse quant au contenu, mais probablement avec des faux-fuyants pour donner l’impression que des progrès sont réalisés. Certains ont dû bien rigoler en se demandant : On verra bien comment il s’en sortira avec une telle approche. En tout cas, je me poserais bien cette question si j’étais dans cette fameuse salle de lutte fratricide qu’est la salle Evala. En somme, les résultats sont douteux alors que la volonté de départ était assez chancelante. Quoi faire maintenant que le document d’accord n’a pas aidé à camoufler le désaccord persistant au Togo ? Que fait-on lorsque le poisson survit à la noyade?
Rédigé par psa le 30/06/2006 à 09:24 | Permalien

Silence

Éloge à la démocratie
Éloge à la démocratie
« Monsieur le Président, vous venez d'être porté à la magistrature suprême au terme d'un processus électoral qui, en dépit de quelques vicissitudes, a connu un heureux dénouement grâce à la maturité politique de vos concitoyens et à leur attachement à la démocratie. Le résultat que vous avez obtenu vous confère une légitimité incontestable et a clairement exprimé l'aspiration au changement du peuple béninois. Cette élection réussie, qui s'est déroulée dans des conditions très satisfaisantes, a donc marqué une nouvelle étape de l'enracinement de la démocratie dans votre pays et sur le continent africain. Une fois de plus, le Bénin a fait figure d'exemple.
C'est au Bénin, en effet, que fut donné en 1990 le signal de la démocratisation en Afrique, avec la tenue de la première conférence nationale des forces vives de la Nation qui allait aboutir à l'instauration d'un régime démocratique. Cet exemple devait être suivi par bien d'autres pays sur le continent avec, il est vrai, des fortunes diverses.
Mais tout au long de ces quinze dernières années, vos compatriotes ont montré leur attachement sans faille à un processus, désormais irréversible, qui a fait du Bénin un Etat de droit (…) Nous avons assisté à l'émergence d'une véritable conscience citoyenne, qui s'est notamment manifestée lors de la dernière élection présidentielle. »
Brigitte Girardin, ministre déléguée à la Coopération, au Développement et à la Francophonie de la France
Rédigé par psa le 29/06/2006 à 15:59 | Permalien

Horizon

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Semer le trouble
Semer le trouble
« Chirac et Jospin nous renvoient aux relents nauséabonds de 2002. On pourrait en rire si cela ne révélait une tragique inaptitude au renouvellement de notre classe politique. (…) La démarche de Jospin n'est guère plus estimable que celle de Chirac. Toutes deux s'inscrivent dans une volonté de semer le trouble et d'exploiter les rivalités qui règnent à gauche comme à droite. Au moins L. Jospin est-il enfin sorti du bois. (…) [Mais], pour se présenter, il faudrait qu’il soit sur d’être élu. C’est la faiblesse de Jospin : ce faux modeste est trop imbu de sa personne. »
Jacques Camus, La République du Centre
Rédigé par psa le 29/06/2006 à 11:16 | Permalien

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En attente du nouveau
En attente du nouveau
Au départ de ma réflexion se situe l’interview de M. Claude Améganvi à la télévision togolaise TV7. Instructif ! L’éloignement relatif rend nécessaire cette mise à jour des positions des uns et des autres qu’offre cette revue des actualités togolaises. Si j’ai bien compris, l’homme et son parti sont d’option communiste. Pourquoi pas ? Il faut un peu de tout pour bâtir un paysage politique diversifié. Sauf que les arguments développés sont un peu courts et surtout très retro, c’est- à -dire identiques à ceux d’avant février-avril 2005.
C’est symptomatique qu’au Togo les leaders qui sont appelés à conduire le peuple soient si ancrés dans l’ère Eyadema. La facilité d’analyse fait croire que le système survit après Eyadema. Certes, et il serait naïf de penser qu’il disparaîtra d’un coup de réflexion magique. Il n’en demeure pas moins vrai que l’adéquation Le Fils = Le Père est un tantinet facile, trop facile même. Cette erreur a été à la base de la gestion de la période cruciale post-Eyadema. Même si les uns et les autres désiraient un changement au Togo, cette opposition là n’avait pas assez de crédibilité pour recueillir leur appui. Le fils de l’autre incarnait mieux, à leurs yeux le changement ; quitte à lui recommander, fortement, une association avec ses adversaires politiques. On peut aimer ou ne pas aimer : le fait est que cette opposition là affiche un tel degré d’amateurisme qu’elle inspire très peu confiance.
C’est une dimension fondamentale qu’il va falloir admettre que nous sommes dans une ère post-Eyadema. C’est un élément de rhétorique qu’il va falloir oublier que les pages des 11 premiers dialogues sont closes et quasi inexistantes, mêmes si les gens doivent y tirer enseignements divers. C’est une réalité qu’il faut tenir Faure Gnassingbé comptable de son Premier Dialogue Intertogolais. Aucun leader politique ne peut prétendre aujourd’hui cerner le fait togolais sans prendre en compte cette dure réalité que le Bilan des actes engagés entre 1990-2005 devrait être fait depuis longtemps et que l’heure se doit d’être au déploiement d’une nouvelle stratégie. C’est de la stratégie qui manque le plus à cette opposition là ; tout le monde en parle, personne n’en fait preuve chez les prétendants à la gestion du Togo. La situation est d’autant plus grave qu’elle semble venir des plus jeunes des aspirants au pouvoir au Togo qui manquent manifestement d’audace analytique.
Je comprends qu’un bon révolutionnaire doit savoir «Demander l’impossible » pour se sentir réaliste, jusqu’au dernier qui survivra à l’idéologie toujours suspecte des seules explications historiques qu’offre le communisme. Allons, camarades, accouchons de notre mieux pour bâtir la République du Centre, celle dont le Togo a le plus besoin!

Rédigé par psa le 29/06/2006 à 09:03 | Permalien

Silence

Lier les bottes
Lier les bottes
« Comme ces vieux acteurs qui ne parviennent pas à quitter la scène ou qui brûlent d'y revenir, J. Chirac et L. Jospin s'offrent une dernière tournée avant les vacances. (...) L'un comme l'autre oublient que la place est prise par la génération suivante. A droite, N. Sarkozy a dérobé l'UMP au président sortant et à ses héritiers. A gauche, S. Royal a volé à Jospin le rôle du recours face à la pléthore des autres candidats socialistes, dont aucun ne s'impose. Les Français veulent du neuf. (…) ils voient que les protagonistes ont vieilli. (…) Et leurs vieilles ficelles ne prennent plus. »
Bruno Dive, Sud-Ouest
Rédigé par psa le 29/06/2006 à 07:40 | Permalien

Mot à Maux

Horizon

D'autres artistes sont au rendez-vous
D'autres artistes sont au rendez-vous

Très sérieusement, le Ghana s’est bataillé, tous muscles dehors, le cœur au ventre et l’âme vaillante. L’adversaire était simplement de taille et disposait d’une expérience hors du commun confirmée par la vingtaine de passes -entre les joueurs brésiliens, et qui a donné le troisième but assommoir concédé par l’équipe africaine. Du beau football, nous en étions servis cependant et le régal par artistes inerposés était bien au rendez-vous. Bravo aux Black Stars du Ghana dont il faut d’ores et déjà souhaiter la présence en 2010, en Afrique du Sud. Devons-nous dire autant du Togo ? Pas avant que le ménage ne soit fait à la Fédération Togolaise de Football et qu’une relève sportive soit mise à contribution ; le Togo est resté le seul point d’ombre dans la participation africaine à cette Allemagne 2006.
Rédigé par psa le 27/06/2006 à 18:13 | Permalien

Horizon

Horizon

Pour l'amour du football
Pour l'amour du football
Ça promet! Les Brésiliens africains, les Black Stars du Ghana, rencontreront probablement le Brésil, la grande nation de football. Deux écoles alléchantes de football pour un seul et grand spectacle, pour un délire des yeux, auquel s’invitent déjà quelques grands noms comme le roi Pelé, Koffi Annan et des carnavaliers et carnavalières des grandes villes du Brésil et du Ghana, le 27 juin 2006 à Dortmund -le seul jour de congé qui mérite d'être pris pour cette deuxième phase de la Coupe du monde. Même si un tel régal finira par sortir l’une de ces merveilleuses équipes, le bonheur est bien là, sous nos yeux, et pour le plaisir.

Rédigé par psa le 22/06/2006 à 15:09 | Permalien

Horizon

Des
Des "fleurs fragiles de la différence" qu'évoque Claude Levi-Strauss et qu'il faut à tout prix préserver
« Au nom de ce sentiment de respect et de reconnaissance, j'ai décidé en 1998, en plein accord avec le Premier ministre, M. Lionel Jospin, la création de ce musée. Il s'agissait pour la France de rendre l'hommage qui leur est dû à des peuples auxquels, au fil des âges, l'histoire a trop souvent fait violence. Peuples brutalisés, exterminés par des conquérants avides et brutaux. Peuples humiliés et méprisés, auxquels on allait jusqu'à dénier qu'ils eussent une histoire. Peuples aujourd'hui encore souvent marginalisés, fragilisés, menacés par l'avancée inexorable de la modernité. Peuples qui veulent néanmoins voir leur dignité restaurée et reconnue. (…) Au cœur de notre démarche, il y a le refus de l'ethnocentrisme, de cette prétention déraisonnable et inacceptable de l'Occident à porter, en lui seul, le destin de l'humanité. Il y a le rejet de ce faux évolutionnisme qui prétend que certains peuples seraient comme figés à un stade antérieur de l'évolution humaine, que leurs cultures dites "primitives" ne vaudraient que comme objets d'étude pour l'ethnologue ou, au mieux, sources d'inspiration pour l'artiste occidental.
Ce sont là des préjugés absurdes et choquants. Ils doivent être combattus. Car il n'existe pas plus de hiérarchie entre les arts et les cultures qu'il n'existe de hiérarchie entre les peuples. C'est d'abord cette conviction, celle de l'égale dignité des cultures du monde, qui fonde le musée du quai Branly.»
Jacques Chirac, Discours d’inauguration du musée du Quai Branly; Paris, 20 juin 2006.
Rédigé par psa le 21/06/2006 à 14:27 | Permalien

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Aujourd'hui, le Quai Branly s'ouvre sur l'Autre Monde
Aujourd'hui, le Quai Branly s'ouvre sur l'Autre Monde
« Le président pourra savourer pleinement aujourd'hui l'inauguration du " Musée du quai Branly " au terme de si nombreuses polémiques et autres controverses sur le bien-fondé et le coût de ce projet. (...) Ainsi Paris, ancienne capitale d’un empire colonial volontiers condescendant pour des cultures indigènes, rend hommage à des œuvres qui ont précédé - et de loin – nos civilisations occidentales. Il faut donner crédit à J. Chirac de cette démarche d'une grande intelligence, si fidèle au rayonnement français dans ce qu'il a de meilleur. »
Olivier Picard, Les Dernières Nouvelles d'Alsace

« Longtemps, ces pièces en provenance des civilisations primitives ont été considérées comme des créations de second plan. (…) Aujourd'hui, les arts premiers prennent leur revanche. Et c'est réconfortant. Car ces créations sont souvent bien plus que des œuvres d'arts. Elles ont été conçues, pour beaucoup d'entre elles, par des peuples qui ne possédaient pas l'écrit. Elles représentent en quelque sorte leur mémoire. Ce musée constitue une belle leçon d'humilité. Il montre qu'il n'existe pas de grandes et de petites civilisations. Que toutes possèdent un intérêt. »
Jorge D'Hulst, Libération-Champagne

Rédigé par psa le 20/06/2006 à 10:34 | Permalien

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Silence

L’OBSESSION Edem Kodjo : en explorer tous les méandres et recoins
L’OBSESSION Edem Kodjo : en explorer tous les méandres et recoins
C’est avec un grand plaisir et une certaine délectation que j’ai lu l’article de LC « Du parti charnière au funambulisme : Enfin Edem Kodjo jette le masque ». Le bonheur de la lecture réside ici dans l’argumentation, bien articulée, et partant de la déclaration du Premier ministre togolais que « Les opposants n’ont jamais cru que le train aller démarrer. Or, il est parti sans eux ». Ces deux bouts de phrases, et surtout l’usage du mot Opposant donne bien à penser que l’intéressé s’exclut lui-même de ce groupe. De là, sont partis le raisonnement de notre ami L C et sa conclusion amusante de l’appartenance de Edem Kodjo à la mouvance présidentielle. Amusante, car voici in extenso, les écrits du journaliste raportant les propos de M. Edem Kodjo dans Jeune Afrique: « Beaucoup de choses ont été faites pour apaiser la situation et lutter contre l’esprit de revanche. C’était loin d’être évident. Quant aux critiques de l’opposition radicale, elles me laissent indifférent. Ils n’ont jamais cru que le train allait démarrer, or il est parti sans eux », se félicite-t-il avant d’énumérer, non sans plaisir, « les succès et les signes positifs qu’il faut savoir analyser ».
Mon plaisir n’est nullement de défendre le PM togolais, il sait si bien le faire lui-même. Le plaisir que me donne la démarche de LC réside d’abord dans sa capacité à m’offrir un moment d’attention, supérieur à une lecture rapide, pour détecter ce type de raisonnement idéologique qui parfois saisit les gens et s’empare de leur bonne volonté citoyenne, sans qu’ils ne s’en aperçoivent eux-mêmes. Au service d’un acharnement idéologique, on est prompt à penser qu’un mot mal placé fait de quelqu’un ce qu’il a toujours dit qu’il n’est pas. Quoi de plus facile à Edem Kodjo que d’adhérer au RPT qu’il a créé de ses propres mains, qu’il a quitté par la suite pour fonder d’autres partis politiques. Il a tout simplement le droit de se sentir bien, là où il est, dans une opposition non radicale, qualificatif qui a manqué dans ses propos rapportés. Il n’y a donc pas de quoi fouetter un chat, à moins que l’idéologie soit de faire coûte que coûte de l’intéressé ce qu’il n’est pas aujourd’hui, et qu’il a le droit de devenir ou ne pas devenir, à sa seule guise.
Au Togo, l’étiquetage et l’exclusion des autres sont roi et reine dans certains milieux qui tardent encore à regarder leurs propres comportements. Effectivement, Eyadema était décédé subitement; la pire des choses qui pouvaient arriver aux amoureux de l’alternance que nous sommes, étaient bien d’éviter exclusion pour arriver au résultat toujours rêvé dans un monde civilisé d'un changement dans l'harmonie. Heureusement, que Edem Kodjo ne s’est pas présenté aux dernières élections présidentielles de 2005, et a attendu vainement ceux-là mêmes qui savaient qu’il avait une place parmi eux, et refusaient néanmoins de lui faire appel. Heureusement, qu’il n’était pas candidat en réaction à son isolement. Ne l’accuserait-on pas, par la suite?
Le drame togolais est bien là aussi que les dogmes assombrissent nos raisonnements. Pendant que personne ne voyait l’utilité d’un Edem Kodjo en février-avril 2005, personne ne savait non plus que la violence se préparait et rien ne vaudra le sacrifice suprême de jeter les jeunes Togolais dans les rues, sachant le niveau des antagonismes dans le pays. La suite, on la connaît… et c’est la faute à Edem Kodjo. Bien sûr! Pendant ce temps que faites-vous, Mandarins de l’Opposition? Vous entredéchirer? Nous aimerons bien le savoir un jour!

Rédigé par psa le 16/06/2006 à 12:42 | Permalien

Silence

Les choses sérieuses
Pour ce qui ont suivi Les éperviers dans la phase qualificative à ce Mondial en cours en Allemagne, la force de l’équipe a toujours résidé dans la lecture adéquate de jeu dont était capable l’ex-entraîneur, pour renverser le cours des évènements dans les secondes mi-temps. À voir les mêmes Éperviers peiner en deuxième partie contre la Corée, on ne peut qu’avoir une pensée reconnaissante pour Stephen Keshi. Serait-il là que… On ne refera pas du tout ce match Corée-Togo. Il y a lieu seulement d’espérer une présence, effective et meilleure, du gardien Agassa Kossi et du buteur patenté de l’équipe S. Adébayor pour les rencontres à venir. Mais, c’est le jeu, relativement bien structuré de l’Arabie saoudite, assez bien efficace de l'Équateur aussi, qui m’ont fasciné dans ce premier tour de toutes les équipes. Les autres, sans surprise, dans un sens ou dans l'autre. Maintenant, après les crispations du début, commencent les choses sérieuses de cette Coupe du Monde.
Rédigé par psa le 14/06/2006 à 16:21 | Permalien

Horizon

Naïveté
Naïveté
Je suis toujours surpris par la naïveté des Togolais, particulièrement le manque de rigueur de ceux qui s’aventurent dans l’arène politique, directement ou en s’y frottant sous le couvert de leur engagement social. Dernier fait d’arme : une prétendue manifestation contre le Premier ministre togolais, dernièrement de passage à Genève. Légitime en tout point que des Togolais s’accordent le droit de manifester contre leurs responsables politiques. Il est aussi normal que ces derniers prennent des dispositions pour contrer les manifestants. Mais voilà que les organisateurs, contrés ou déjoués, sont incapables de reconnaître qu’ils ont échoué dans leur initiative. C’est une situation très symptomatique que personne au Togo, très rarement du moins, on voit des acteurs reconnaître l’absence de résultats. Un tel manque d’aveu a aussi été remarquable lorsqu’un compatriote s’est donné le privilège de manifester contre Louis Michel à Bruxelles. L’affaire a tourné court, mal ficelée comme toujours et la cible choisie au hasard des humeurs : tous ceux qui ne pensent pas comme nous sont des vendus. C’est un jeu dangereux, l’amateurisme politique. Il a déjà coûté quarante années aux Togolaises et aux Togolais. Il se poursuit sur le terrain à travers une incapacité notoire à articuler le moindre compromis sur tout sujet politique. Ceux qui ont longtemps eu comme seul programme le radicalisme amateur, goûtent à la même médecine aujourd’hui, servie par leurs anciens compagnons. Qu’on se le dise bien : La situation au Togo doit s’améliorer et chacun doit y travailler. Tout le monde ne sera pas politicien professionnel, d’autant plus que le plus populaire des politiques togolais s’est révélé n’être qu’un piètre professionnel de cette chose publique qui a drainé son énergie depuis toujours. Que les amateurs vivent avec leurs idées et surtout, qu’ils permettent qu’une compétence politique naisse et s’affirme au Togo pour bâtir un modèle de sortie de crise pouvant épouser les réalités togolaises qui comportent aussi la somme d’erreurs politiques de tous ces amateurs. Ils se sont répandus à l’extérieur, très curieusement, avec la même naïveté.
Rédigé par psa le 14/06/2006 à 09:26 | Permalien

Silence