Diplomatie Ouverte |
|
|
Profil
Pierre S. Adjété
Archives
Galerie
Dernières notes
Infos
Nos liens
|
Horizon
Ombre et Lumière
'' Cela va sans dire, la majorité des Québécois ne sont pas xénophobes. Le problème, c'est que ceux qui le sont occupent tout l'espace parce que leur discours d'intolérance est non seulement répercuté par les médias, mais a été légitimé par nos leaders politiques, au tout premier chef par le premier ministre Charest.
Dans une lettre ouverte publiée aujourd'hui, ce dernier tente de calmer le jeu. Trop tard. On aura beau dire que Mario Dumont, en parfait petit démagogue, a «surfé» sur la vague d'indignation provoquée par quelques accommodements «déraisonnables», il reste que c'est M. Charest qui était aux commandes quand cette saga a débuté, et que c'est lui qui lui a donné de l'importance, en créant une commission d'enquête qui allait puissamment contribuer à dramatiser l'affaire. M. Charest, dans son texte, invoque René Lévesque pour mieux s'en prendre au projet Marois, lequel priverait une partie des citoyens de leurs droits politiques. Il est bien vrai que M. Lévesque aurait été le premier à conspuer le péquiste qui aurait osé proposer un projet pareil. Même la loi 101, dans sa version initiale, paraissait trop répressive à René Lévesque. Mais s'il avait été au pouvoir l'hiver dernier, c'est en deux temps, trois mouvements que M. Lévesque aurait mis fin à l'absurde débat lancé à Hérouxville, et l'affaire se serait dégonflée. Mais évidemment, pour faire cela, il faut avoir de l'autorité morale et des convictions. On se demande jusqu'où Jean Charest, que l'on croyait libéral au vrai sens du terme, est prêt à aller pour suivre le vent. Le voici maintenant qui promet d'amender la Charte québécoise des Droits pour y inscrire la primauté du principe de l'égalité des sexes sur celui de la liberté religieuse. Qu'un politicien, croyant sauver sa peau, se permette de jouer avec des droits fondamentaux en griffonnant un amendement sur le coin d'une table est proprement désolant, surtout venant d'un homme qui, jusqu'à cette année, avait toujours été sensible aux droits des minorités. Car ne nous méprenons pas, la minorité visée ici ce sont les musulmanes qui porteraient le foulard, soi-disant signe d'oppression des femmes. '' Lysiane Gagnon, La Presse Ad Valorem
Octavian D. Opronescu, Des fleurs à madame la présidente
Les péronistes sont aux anges dans cette Argentine qui se consolide à gauche. Pas de surprise, la Cristina Fernandez, épouse Nestor Kirchner, est devenue la première présidente élue d’Argentine en succédant à son mari. Bravo Madame la Présidente! Elle est bien élue Cristina Fernandez de Kirchner par près de 45% de ses concitoyens, 44,9% disent certaines sources actuellement… De là mon intérêt pour les règles démocratiques argentines. Ainsi, la présidente avait besoin au premier tour soit de 45% des votes, soit de 40% avec une différence de 10% sur la personne qui la suit en deuxième position ; celle-ci se trouve être une femme par ailleurs –laquelle, Elisa Carrio, candidate centriste de la Coalition Civile a rassemblé 23% des voix. Intéressant tout ça qu’une majorité qualifiée, aussi intelligemment déterminée par la Constitution argentine, puisse permettre d’éviter un deuxième tour inutile. Dans un régime démocratique et présidentiel –par opposition au système parlementaire, c’est ce que j’ai vu de plus songé pour rallier tout le monde et éviter en même temps un second tour coûteux. Ajoutons tout de même qu'en Argentine, les élections sont obligatoires. Ainsi, pendant les quatre prochaines années celle qui a fait beaucoup parler de sa garde-robe en même temps que de ses grandes promesses va retenir l’attention du monde entier. Elle ne veut pas être comparée à Hillary et Bill, ses amis par ailleurs. Elle a tout de même semer le rêve et l’intelligence politique pour susciter l’espoir qu’elle porte aujourd’hui.
Ad ValoremAd Valorem
« Traumatisés par deux guerres mondiales et leur cortège de morts et d’éclopés à vie, ceux qui mirent en place notre système de santé solidaire après-guerre misaient sur quatre hypothèses: forte natalité, lente progression de l’espérance de vie, forte croissance économique et poussée ininterrompue des salaires. Aucune de ces hypothèses ne se vérifie plus aujourd’hui: le taux de natalité est largement inférieur au taux de remplacement, l’espérance de vie atteint des hauteurs inégalées, la croissance économique est relativement faible et nous vivons sous le régime de la modération salariale. En conséquence, de moins en moins de jeunes, au pouvoir d’achat insuffisant, sont condamnés à payer les soins de personnes âgées de plus en plus nombreuses et par définition les plus consommatrices: la lutte des générations prend le pas sur la lutte des classes. A côté d’un progrès des technologies médicales heureusement sans limite, il faut attendre du décodage du génome humain une nouvelle génération de médicaments aussi “intelligents” que coûteux. Dans ce contexte, imaginez que notre système de soins puisse survivre sans réforme d’envergure relève de l’aveuglement ou de la malhonnêteté intellectuelle. Deux sentiments qui semblent, volontairement ou pas, animer Michael Moore dans son dernier et brillant opus: Sicko. »
Nicolas De Pape, Institut Atlantis Ad ValoremHorizon
La Venus d’Urbino
La Suisse s’est dévoilée, de tout son long et à droite, tout en se protégeant pudiquement de sa main gauche. En Pologne, les frères jumeaux Kaczynski, Lech le président de la République et Jaroslaw le Premier ministre, virulents conservateurs de droite, ont vu leur domination réduite par une gauche libérale dont le pays a bien besoin. Ici comme là-bas, les jeux sont faits, les citoyennes et les citoyens ont parlé. Reste à voir comment les grands enjeux de l’heure seront négociés par les partis gagnants. L’immigration en Suisse et le retour agréable et moins arrogante de la Pologne dans l’Union européenne; ce sont là des sujets d’importance qui retiendront l’attention des uns et des autres dans les prochains mois. En attendant, il y a lieu de célébrer la fin de cette anomalie de la démocratie que de voir deux frères diriger un pays comme la Pologne. Fini nos grandes discussions politiques : la prochaine fête nationale de la Pologne, le 11 novembre, mérite bien une virée avec nos amis polonais.
Mot à Maux
Joséphine Baker
« Foin des catéchismes, ouvrez les fenêtres, regardez dehors, changez principes et programmes! Quel est le contenu de cette modernité débridée ? La chose reste à préciser par un travail de fond. Mais s'ils ne veulent pas endosser l'habit des grincheux, incarner la coalition des immobiles, les socialistes ne pourront pas se contenter de se serrer autour de l'antique totem en agitant des amulettes mitterrandiennes. La rénovation du PS est l'étape qui conditionne toute opposition crédible. S'ils ne bougent pas, les socialistes laisseront Royal seule en piste. Ils ont déjà donné... »
Laurent Joffrin, Libération Mot à MauxDiplomatie Publique
Demande, Jacques Leinne
Personnage digne d’intrigue dans un mélodrame des temps modernes, Cécilia María Sara Isabel Ciganer-Albéniz, mieux connue comme Cécilia Sarkozy, s’en est allée de l’Élysée, presque sur la pointe des pieds. Elle dira qu’elle n’aimait pas cette vie de Première Dame de la France aux côtés de son ex de Nicolas Sarkozy. C’est aussi vrai que faux. Et c’est cela la personnalité changeante de celle qui, il y a quelques semaines encore, étaient sous les projecteurs du monde entier, raccompagnant les fameuses infirmières Bulgares à Sofia. Elle n’y retournera d’ailleurs pas pour savourer le titre de Citoyenne d’honneur de cette ville aux portes des Balkans. Personnalité aux mille facettes, la désormais Cécilia Ciganer voulait retrouver sa Liberté avant ses 50 ans. Repartir sa vie autrement, sans continuer à se mentir, après la succession, ces derniers mois, des évènements d’un destin qui mériterait le début d’une nouvelle page. La soumission aux règles de conquête de l’Élysée, le projet de vie de son deuxième mari de président de la République française –pas son rêve à elle, suivie quelques semaines après du décès du premier mari, Jacques Martin. Lorsqu’on y ajoute certains autres désaccords profonds qu’elle considérait comme autant d’humiliations dont elle doit se laver à tout coup cessant, rien alors ne pouvait l’arrêter. Et moi, le côté People de la chose m’importe peu. Il m’est seulement venu à l’idée cet autre schisme conjugal qu’il y a eu entre Patience Dabany (Joséphine Bongo) et son Omar Bongo Ondimba. Joséphine Bongo aussi avait une présence remarquable aux côtés de son ex-mari. Mais sa vie ne devait pas se limiter aux lustres du Palais de la Rénovation librevilloise et aux grandes visites à travers le monde. Alors, elle s’en est allée aux États-Unis pour se recréer en musicienne et grande chanteuse qu’elle a toujours été. Là où se retrouvera bientôt Cecilia, fort probablement, tentant de faire son Jogging anonymement dans le Central Park de la grande île de Manhattan. Et pourquoi ne pas retrouver son talent et son amour, la Musique, comme une certaine Patience Dabany ? Deux destins édifiants et curieux de lointaines ex-Premières Dames.
Diplomatie PubliqueSilenceDifficile d'identifier le vrai gagnant des élections législatives. Le peuple, les partis politiques, tous les partis ou certains seulement... Laissons la vague s'échoir pour voir plus clair.
La Vague, Guillaume Seignac
Diplomatie Publique
Gérard Latortue, l’ancien Premier ministre Haïtien qu’on ne peut soupçonner de connivence avec l’opposition togolaise, se trouve être très pressé à Lomé où il se trouve actuellement ; Pressé, il l’est, de son grand corps imposant doté d’un verbe soutenu, de voir proclamer les résultats des élections législatives togolaises, aussi rapidement que possible. Effectivement, les Togolais vivent un moment d’angoisse particulier. Les rues sont relativement déserts quarante huit heures après la fermeture des bureaux de vote, l’attente des résultats intrigue, les soupçons de manipulation pèsent sur l’organisme organisateur des élections, la CENI : tous les ingrédients d’une insatisfaction sont réunis. Ce monsieur bagarreur qu’est Gérard Latortue, on le comprend, ne pouvait pas cautionner ce retard soupçonneux. Il est vrai que le cas togolais n’est pas des plus simples, au plan politique. Incroyable mais vrai : les résultats sont négociés avant leur publication. Du jamais vu pour notre ami Latortue pourtant habitué des circonvolutions africaines lors des élections qu’il avait eu la chance de vivre auparavant sur certaines terres africaines, dans son ancienne vie de fonctionnaire international. Une question demeure : les résultats qui seront proclamées et que nous connaîtrons seront-ils les vrais ? Nous espérons que, cette fois-ci, les Togolais nous surprendrons agréablement. Diplomatie PubliqueMot à Maux
Et la maîtresse dans tout ça ?
"En tous domaines, le pouvoir sarkozyste semble n'avoir qu'une seule ligne de conduite : montrer au pays qu'il en est devenu le seul maître. C'est confondre une élection, fût-elle présidentielle et le vote de pleins pouvoirs qui dessaisirait pour cinq ans les citoyens de leur droit d'intervention. N. Sarkozy en rêve peut-être, mais la démocratie n'a pas été mise entre parenthèses le temps de son mandat. La société lui résiste et il ne pourra l'ignorer Pierre Laurent, L'Humanité "Pour N. Sarkozy, le danger n'est pas là. (…) Il est dans les premiers signes d'usure que traduisent les enquêtes d'opinion. Pas de danger immédiat, mais des clignotants orange qui s'allument. L'accumulation des réformes annoncées fait naître des doutes quant à leur faisabilité et des inquiétudes quant au climat social. (…) C'est pourquoi la grève de jeudi prochain constituera un enseignement important, non pas pour l'immédiat, mais pour le moyen terme. Au moment de négocier le virage des municipales, par exemple." Patrice Chabanet, Le Journal de la Haute-Marne Mot à MauxAd ValoremIl y a vingt ans que Thomas Sankara s’en est allé (1949-1987), assassiné par des balles dont la provenance demeure aussi claire qu’inconnue. L’homme, Sankara, valait sont pesant d’Afrique ; une Afrique fière et digne, une Afrique solidaire du genre humain où qu’il tente d’exister, une Afrique débordante dans sa soif de l’éthique publique qu’il faut comprendre comme le désir de rendre simple et actuel le « bien dire » et le « bien faire » dans l’espace politique. On s’en souvient, le vieux sage Mitterrand disait de lui, Sankara, qu’il « ne vous laisse pas la conscience tranquille ». En effet, son intégrité à tue-tête, éventait des interrogations dont les échos parvenaient jusqu’aux âmes insensibles, où qu’elles pouvaient se trouver. Ici, son discours à la tribune des Nations Unies en octobre 2004 est le témoignage de la profondeur de ce personnage unique et incomparable. Difficilement, j’ai pu extraire quelques morceaux instructifs, inaliénables et impérissables.
« Monsieur le Président, Monsieur le secrétaire Général,
Honorables représentants de la Communauté internationale Je viens en ces lieux vous apporter le salut fraternel d’un pays de 274000 km², où sept millions d’enfants, de femmes et d’hommes, refusent désormais de mourir d’ignorance, de faim, de soif, tout en n’arrivant pas à vivre véritablement depuis un quart de siècle d’existence comme État souverain, siégeant à l’ONU. Je viens à cette Trente-neuvième session vous parler au nom d’un peuple qui, sur la terre de ses ancêtres, a choisi, dorénavant de s’affirmer et d’assumer son histoire, dans ses aspects positifs, comme dans ses aspects négatifs, sans complexe aucun. Je viens enfin, mandaté par le Conseil National de la Révolution (CNR) du Burkina Faso, pour exprimer les vues de mon peuple concernant les problèmes inscrits à l’ordre du jour, et qui constituent la trame tragique des évènements qui fissurent douloureusement les fondements du monde en cette fin du vingtième siècle. Un monde où l’humanité est transformée en cirque, déchirée par les luttes entre les grands et les semi-grands, battue par les bandes armées, soumise aux violences et aux pillages. Un monde où des nations, se soustrayant à la juridiction internationale, commandent des groupes hors-la-loi, vivant de rapines, et organisant d’ignobles trafics, le fusil à la main.
Monsieur le Président
Je n’ai pas ici la prétention d’énoncer des dogmes. Je ne suis ni un messie ni un prophète. Je ne détiens aucune vérité. Ma seule ambition est une double aspiration : premièrement, pouvoir, en langage simple, celui de l’évidence et de la clarté, parler au nom de mon peuple, le peuple du Burkina Faso ; deuxièmement, parvenir à exprimer aussi, à ma manière, la parole du "Grand peuple des déshérités", ceux qui appartiennent à ce monde qu’on a malicieusement baptisé Tiers Monde. Et dire, même si je n’arrive pas à les faire comprendre, les raisons que nous avons de nous révolter. Tout cela dénote de l’intérêt que nous portons à l’ONU, les exigences de nos droits y prenant une vigueur et la rigueur de la claire conscience de nos devoirs. Nul ne s’étonnera de nous voir associer l’ex Haute-Volta, aujourd’hui le Burkina Faso, à ce fourre-tout méprisé, le Tiers Monde, que les autres mondes ont inventé au moment des indépendances formelles pour mieux assurer notre aliénation culturelle, économique et politique. Nous voulons nous y insérer sans pour autant justifier cette gigantesque escroquerie de l’Histoire. Encore moins pour accepter d’être "l’arrière monde d’un Occident repu". Mais pour affirmer la conscience d’appartenir à un ensemble tricontinental et admettre, en tant que non-alignés, et avec la densité de nos convictions, qu’une solidarité spéciale unit ces trois continents d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique dans un même combat contre les mêmes trafiquants politiques, les mêmes exploiteurs économiques. Reconnaître donc notre présence au sein du Tiers Monde c’est, pour paraphraser José Marti, "affirmer que nous sentons sur notre joue tout coup donné à n’importe quel homme du monde". Nous avons jusqu’ici tendu l’autre joue. Les gifles ont redoublées. Mais le cœur du méchant ne s’est pas attendri. Ils ont piétiné la vérité du juste. Du Christ ils ont trahi la parole. Ils ont transformé sa croix en massue. Et après qu’ils se soient revêtus de sa tunique, ils ont lacéré nos corps et nos âmes. Ils ont obscurci son message. Ils l’ont occidentalisé cependant que nous le recevions comme libération universelle. Alors, nos yeux se sont ouverts à la lutte des classes. Il n’y aura plus de gifles. Il faut proclamer qu’il ne peut y avoir de salut pour nos peuples que si nous tournons radicalement le dos à tous les modèles que tous les charlatans de même acabit ont essayé de nous vendre vingt années durant. Il ne saurait y avoir pour nous de salut en dehors de ce refus là. Pas de développement en dehors de cette rupture. (…) Cette crainte se justifie d’autant plus que la petite bourgeoisie africaine diplômée, sinon celle du Tiers Monde, soit par paresse intellectuelle, soit plus simplement parce qu’ayant goûté au mode de vie occidental, n’est pas prête à renoncer à ses privilèges. De ce fait, elle oublie que toute vraie lutte politique postule un débat théorique rigoureux et elle refuse l’effort de réflexion qui nous attend. Consommatrice passive et lamentable, elle se regorge de vocables fétichisés par l’Occident comme elle le fait de son whisky et de son champagne, dans ses salons à l’harmonie douteuse. On recherchera en vain depuis les concepts de négritude ou d’"African Personality" marqués maintenant par les temps, des idées vraiment neuves issues des cerveaux de nos "grands" intellectuels. Le vocabulaire et les idées nous viennent d’ailleurs. Nos professeurs, nos ingénieurs et nos économistes se contentent d’y adjoindre des colorants parce que, des universités européennes dont ils sont les produits, ils n’ont ramené souvent que leurs diplômes et le velours des adjectifs ou des superlatifs. Il est nécessaire, il est urgent que nos cadres et nos travailleurs de la plume apprennent qu’il n’y a pas d’écriture innocente. En ces temps de tempêtes, nous ne pouvons laisser à nos seuls ennemis d’hier et d’aujourd’hui, le monopole de la pensée, de l’imagination et de la créativité. Il faut, avant qu’il ne soit trop tard, car il est déjà trop tard, que ces élites, ces hommes de l’Afrique, du Tiers Monde, reviennent à eux-mêmes, c’est-à-dire à leur société, à la misère dont nous avons hérité pour comprendre non seulement que la bataille pour une pensée au service des masses déshéritées n’est pas vaine, mais qu’ils peuvent devenir crédibles sur le plan international, qu’en inventant réellement, c’est-à-dire, en donnant de leurs peuples une image fidèle. Une image qui leur permette de réaliser des changements profonds de la situation sociale et politique, susceptibles de nous arracher à la domination et à l’exploitation étrangères qui livrent nos États à la seule perspective de la faillite. (…) D’autres avant moi ont dit, d’autres après moi diront à quel point s’est élargi le fossé entre les peuples nantis et ceux qui n’aspirent qu’à manger à leur faim, boire à leur soif, survivre et conserver leur dignité. Mais nul n’imaginera à quel point " le grain du pauvre a nourri chez nous la vache du riche". (…) Nous avons choisi de risquer de nouvelles voies pour être plus heureux. Nous avons choisi de mettre en place de nouvelles techniques. Nous avons choisi de rechercher des formes d’organisation mieux adaptées à notre civilisation, rejetant de manière abrupte et définitive toutes sortes de diktats extérieurs, pour créer ainsi les conditions d’une dignité à la hauteur de nos ambitions. Refuser l’état de survie, desserrer les pressions, libérer nos campagnes d’un immobilisme moyenâgeux ou d’une régression, démocratiser notre société, ouvrir les esprits sur un univers de responsabilité collective pour oser inventer l’avenir. Briser et reconstruire l’administration à travers une autre image du fonctionnaire, plonger notre armée dans le peuple par le travail productif et lui rappeler incessamment que sans formation patriotique, un militaire n’est qu’un criminel en puissance. Tel est notre programme politique. (…) Nous jurons, nous proclamons, que désormais au Burkina Faso, plus rien ne se fera sans la participation des burkinabè. Rien qui n’ait été au préalable décidé par nous, élaboré par nous. Il n’y aura plus d’attentat à notre pudeur et à notre dignité. Forts de cette certitude, nous voudrions que notre parole s’élargisse à tous ceux qui souffrent dans leur chair, tous ceux qui sont bafoués dans leur dignité d’homme par un minorité d’hommes ou par un système qui les écrase. Permettez, vous qui m’écoutez, que je le dise : je ne parle pas seulement au nom du Burkina Faso tant aimé mais également au nom de tous ceux qui ont mal quelque part. Je parle au nom de ces millions d’êtres qui sont dans les ghettos parce qu’ils ont la peau noire ou qu’ils sont de culture différente et bénéficient d’un statut à peine supérieur à celui d’un animal. Je souffre au nom des Indiens massacrés, écrasés, humiliés et confinés depuis des siècles dans des réserves afin qu’ils n’aspirent à aucun droit et que leur culture ne puisse s’enrichir en convolant en noces heureuses au contact d’autres cultures, y compris celle de l’envahisseur. Je m’exclame au nom des chômeurs d’un système structurellement injuste et conjoncturellement désaxé, réduits à ne percevoir de la vie que le reflet de celle des plus nantis. Je parle au nom des femmes du monde entier, qui souffrent d’un système d’exploitation imposé par les mâles. Pour ce qui nous concerne, nous sommes prêts à accueillir toutes les suggestions du monde entier, nous permettant de parvenir à l’épanouissement total de la femme burkinabè. En retour, nous donnons en partage à tous les pays, l’expérience positive que nous entreprenons avec des femmes désormais présentes à tous les échelons de l’appareil de l’État et de la vie sociale au Burkina Faso. Des femmes qui luttent et proclament avec nous, que l’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte libère et nous en appelons à toutes nos sœurs de toutes les races pour qu’elles montent à l’assaut pour la conquête de leurs droits. Je parle au nom des mères de nos pays démunis, qui voient mourir leurs enfants de paludisme ou de diarrhée, ignorant qu’il existe, pour les sauver, des moyens simples que la science des multinationales ne leur offre pas, préférant investir dans les laboratoires de cosmétiques et dans la chirurgie esthétique pour les caprices de quelques femmes ou d’hommes dont la coquetterie est menacée par les excès de calories de leurs repas trop riches et d’une régularité à vous donner, non, plutôt à nous donner, à nous autres du Sahel, le vertige. Ces moyens simples recommandés par l’OMS et l’UNICEF, nous avons décidé de les adopter et de les populariser. Je parle aussi au nom de l’enfant. L’enfant du pauvre, qui a faim et qui louche furtivement vers l’abondance amoncelée dans une boutique pour riches. La boutique protégée par une vitre épaisse. La vitre défendue par une grille infranchissable. Et la grille gardée par un policier casqué, ganté et armé de matraque. Ce policier, placé là par le père d’un autre enfant qui viendra se servir ou plutôt se faire servir parce que représentant toutes les garanties de représentativité et de normes capitalistiques du système. Je parle au nom des artistes (poètes, peintres, sculpteur, musiciens, acteurs), hommes de bien qui voient leur art se prostituer pour l’alchimie des prestidigitations de show-business. Je crie au nom des journalistes qui sont réduits soit au silence, soit au mensonge pour ne pas subir les dures lois du chômage. Je proteste au nom des sportifs du monde entier dont les muscles sont exploités par les systèmes politiques ou les négociants de l’esclavage modernes. Mon pays est un concentré de tous les malheurs des peuples, une synthèse douloureuse de toutes les souffrances de l’humanité, mais aussi et surtout des espérances de nos luttes. C’est pourquoi je vibre naturellement au nom des malades qui scrutent avec anxiété les horizons d’une science accaparée par les marchands de canons. Mes pensées vont à tous ceux qui sont touchés par la destruction de la nature et à ces trente millions d’hommes qui vont mourir comme chaque année, abattus par la redoutable arme de la faim. Militaire, je ne peux oublier ce soldat obéissant aux ordres, le doigt sur la détente, et qui sait que la balle qui va partir ne porte que le message de la mort. Enfin, je veux m’indigner en pensant aux Palestiniens qu’une humanité inhumaine a choisi de substituer à un autre peuple, hier encore martyrisé. Je pense à ce vaillant peuple palestinien, c’est-à-dire à ces familles atomisées errant de par le monde en quête d’un asile. Courageux, déterminés, stoïques et infatigables, les Palestiniens rappellent à chaque conscience humaine la nécessité et l’obligation morale de respecter les droits d’un peuple : avec leurs frères juifs, ils sont antisionistes. Aux côtés de mes frères soldats de l’Iran et de l’Irak, qui meurent dans une guerre fratricide et suicidaire, je veux également me sentir proche des camarades du Nicaragua dont les ports sont minés, les villes bombardées et qui, malgré tout, affrontent avec courage et lucidité leur destin. Je souffre avec tous ceux qui, en Amérique latine, souffrent de la mainmise impérialiste. Je veux être aux côtés des peuples afghan et irlandais, aux côtés des peuples de Grenade et de Timor Oriental, chacun à la recherche d’un bonheur dicté par la dignité et les lois de sa culture. Je m’élève ici au nom des tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde ils pourront faire entendre leur voix et la faire prendre en considération réellement. Sur cette tribune beaucoup m’ont précédé, d’autres viendront après moi. Mais seuls quelques uns feront la décision. Pourtant nous sommes officiellement présentés comme égaux. Eh bien, je me fais le porte voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde, ils peuvent se faire entendre. Oui je veux donc parler au nom de tous les "laissés pour compte" parce que "je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger".
(…)
Si j’ai accepté de me présenter devant cette illustre assemblée pour y prendre la parole, c’est parce que malgré les critiques qui lui sont adressées par certains grands contributeurs, les Nations Unies demeurent la tribune idéale pour nos revendications, le lieu obligé de la légitimité des pays sans voix. (…) C’est la déraison de ceux entre les mains desquelles la direction du monde es tombée par le hasard des choses qui fait l’obligation au Mouvement des pays non alignés, auquel je l’espère, se joindra bientôt l’Etat du Brunei Darussalam, de considérer comme un des objectifs permanents de sa lutte, le combat pour le désarmement qui est un des aspects essentiels et une condition première de notre droit au développement. Il faut, à notre avis des études sérieuses prenant en compte tous les éléments qui ont conduit aux calamités qui ont fondu sur le monde. A ce titre, le Président Fidel Castro en 1979, a admirablement exprimé notre point de vue à l’ouverture du sixième sommet des Pays non alignés lorsqu’il déclarait : "Avec 300 milliards de dollars, on pourrait construire en un an 600000 écoles pouvant recevoir 400 millions d’enfants ; ou 60 millions de logements confortables pour 300 millions de personnes ; ou 30000 hôpitaux équipés de 18 millions de lits ; ou 20000 usines pouvant employer plus de 20 millions de travailleurs ou irriguer 150 millions d’hectares de terre qui, avec les moyens techniques adéquats pourraient alimenter un milliard de personnes…" En multipliant aujourd’hui ce chiffre par 10, je suis certainement en deçà de la réalité, on réalise ce que l’Humanité gaspille tous les ans dans le domaine militaire, c’est-à-dire contre la paix. On perçoit aisément pourquoi l’indignation des peuples se transforme rapidement en révolte et en révolution devant les miettes qu’on leur jette sous la forme ignominieuse d’une certaine "aide", assortie de conditions parfois franchement abjectes. On comprend enfin pourquoi dans le combat pour le développement, nous nous désignons comme des militants inlassables de la paix. Nous faisons le serment de lutter pour atténuer les tensions, introduire les principes d’une vie civilisée dans les relations internationales et les étendre à toutes les parties du monde. Ce qui revient à dire que nous ne pouvons assister passifs, au trafic des concepts. Nous réitérons notre résolution d’être des agents actifs de la paix ; de tenir notre place dans le combat pour le désarmement ; d’agir enfin dans la politique internationale comme le facteur décisif, libéré de toute entrave vis-à-vis de toutes les grandes puissances, quels que soient les projets de ces dernières. Mais la recherche de la paix va de pair avec l’application ferme du droit des pays à l’indépendance, des peuples à la liberté et des nations à l’existence autonome. Sur ce point, le palmarès le plus pitoyable, le plus lamentable _ oui, le plus lamentable_ est détenu au Moyen Orient en termes d’arrogance, d’insolence et d’incroyable entêtement par un petit pays, Israël, qui, depuis, plus de vingt ans, avec l’inqualifiable complicité de son puissant protecteur les Etats-Unis, continue à défier la communauté internationale. Au mépris d’une histoire qui hier encore, désignait chaque Juif à l’horreur des fours crématoires, Israël en arrive à infliger à d’autres ce qui fut son propre calvaire. En tout état de cause, Israël dont nous aimons le peuple pour son courage et ses sacrifices d’hier, doit savoir que les conditions de sa propre quiétude ne résident pas dans sa puissance militaire financée de l’extérieur. Israël doit commencer à apprendre à devenir une nation comme les autres, parmi les autres. Pour l’heure, nous tenons à affirmer du haut de cette tribune, notre solidarité militante et agissante à l’endroit des combattants, femmes et hommes, de ce peuple merveilleux de la Palestine parce que nous savons qu’il n’y a pas de souffrance sans fin. (…) Nous allons bientôt fêter le cent cinquantième anniversaire de l’émancipation des esclaves de l’Empire britannique. Ma délégation souscrit à la proposition des pays d’Antigua et de la Barbade de commémorer avec éclat cet événement qui revêt, pour les pays africains et le monde noir, une signification d’une très grande importance. Pour nous, tout ce qui pourra être fait, dit ou organisé à travers le monde au cours des cérémonies commémoratives devra mettre l’accent sur le terrible écot payé par l’Afrique et le monde noir, au développement de la civilisation humaine. Écot payé sans retour et qui explique, sans aucun doute, les raisons de la tragédie d’aujourd’hui sur notre continent. C’est notre sang qui a nourri l’essor du capitalisme, rendu possible notre dépendance présente et consolidé notre sous-développement. On ne peut plus escamoter la vérité, trafiquer les chiffres. Pour chaque Nègre parvenu dans les plantations, cinq au moins connurent la mort ou la mutilation. Et j’omets à dessein, la désorganisation du continent et les séquelles qui s’en sont suivies. (…) Si la terre entière, grâce à vous, avec l’aide du Secrétaire Général, parvient à l’occasion de cet anniversaire à se convaincre de cette vérité-là, elle comprendra pourquoi, avec toute la tension de notre être, nous voulons la paix entre les nations, pourquoi nous exigeons et réclamons notre droit au développement dans l’égalité absolue, par une organisation et une répartition des ressources humaines. (…) Nous proposons également que les structures des Nations Unies soient repensées et que soit mis fin à ce scandale que constitue le droit de veto. Bien sûr, les effets pervers de son usage abusif sont atténués par la vigilance de certains de ses détenteurs. Cependant, rien ne justifie ce droit : ni la taille des pays qui le détiennent ni les richesses de ces derniers. Si l’argument développé pour justifier une telle iniquité est le prix payé au cours de la guerre mondiale, que ces nations, qui se sont arrogé ces droits, sachent que nous aussi nous avons chacun un oncle ou un père qui, à l’instar de milliers d’autres innocents arrachés au Tiers Monde pour défendre les droits bafoués par les hordes hitlériennes, porte lui aussi dans sa chair les meurtrissures des balles nazies. Que cesse donc l’arrogance des grands qui ne perdent aucune occasion pour remettre en cause le droit des peuples. L’absence de l’Afrique du Club de ceux qui détiennent le droit de veto est une injustice qui doit cesser. (…) J’ai parcouru des milliers de kilomètres. Je suis venu pour demander à chacun de vous que nous puissions mettre ensemble nos efforts pour que cesse la morgue des gens qui n’ont pas raison, pour que s’efface le triste spectacle des enfants mourant de faim, pour que disparaisse l’ignorance, pour que triomphe la rébellion légitime des peuples, pour que se taise le bruit des armes et qu’enfin, avec une seule et même volonté, luttant pour la survie de l’Humanité, nous parvenions à chanter en chœur avec le grand poète Novalis : "Bientôt les astres reviendront visiter la terre d’où ils se sont éloignés pendant nos temps obscurs ; le soleil déposera son spectre sévère, redeviendra étoile parmi les étoiles, toutes les races du monde se rassembleront à nouveau, après une longue séparation, les vieilles familles orphelines se retrouveront et chaque jour verra de nouvelles retrouvailles, de nouveaux embrassement ; alors les habitants du temps jadis reviendront vers la terre, en chaque tombe se réveillera la cendre éteinte, partout brûleront à nouveau les flammes de la vie, le vieilles demeures seront rebâties, les temps anciens se renouvelleront et l’histoire sera le rêve d’un présent à l’étendue infinie". La Patrie ou la mort, nous vaincrons ! Je vous remercie. ». Mot à Maux
Leal Martinez
Que le Togo ait perdu contre le Mali, cela n’a étonné personne. La forte mobilisation circonstancielle ne peut rien contre l’inconstance, la désunion et le désespoir qui marque la fédération togolaise de football –que nous avons le droit d’écrire maintenant avec de toutes petites minuscules ou dire la FTF. Un désordre décevant institutionnalisé et favorisé, il est vrai, par un manque de leadership flagrant, une querelle de personne stérile et menée sans détachement ni honneur et sans élégance, surtout un abandon et un pourrissement favorisé par une machine politico-administrative qui s’est dévoyée en avalisant une solution abjecte, irrégulière et illégitime.
Si, je n’ai pas à me réjouir de la situation, je dois cependant me féliciter que l’équipe la mieux engagée, celle de nos amis Maliens, sera à Accra au début de l’année prochaine. Ghana 2008, la Coupe d’Afrique des nations de football, sera sans le Togo; ce ne sera pas du tout la fin du monde. Malheureusement, ce ne sera pas la fin de la mesquinerie chez certains, dans ce petit Togo. Puisqu’au Togo, dans le cercle des manipulateurs de l’information, le ridicule se révèle sous la forme de l’imprécision déformante et de l’anonymat confortable, il est vaguement lâché à notre appréciation qu’un scandale secouerait la FTF. Un scandale de corruption, c’est ce que révèle le site gouvernemental, manipulateur en la circonstance, pour camoufler la défaite cuisante des Éperviers du Togo. Voici le texte publié ce samedi 13 octobre 2007, tel que je viens de le lire : « Dommage! Le Mali s'est qualifié pour la phase finale de la Coupe d'Afrique des Nations grâce à sa victoire sur le Togo 2 à 0 (mi-temps: 1-0) en match décalé de la 6e et dernière journée des qualifications (groupe 9) à la Coupe d'Afrique des nations (CAN-2008) de football, vendredi à Lomé. Le Mali avec 12 points termine premier du groupe. C’est évidemment la déception au Togo. La population s’était mobilisée pour cette rencontre convaincue que les Éperviers ressoudés étaient en mesure de se qualifier. Année difficile pour le foot togolais car outre cette défaite, il faut désormais aussi reconstruire la Fédération secouée par un scandale de corruption. » De quelle fédération parle-t-on ? De quelle équipe de la fédération pourrait-il être question ? Je serai étonné que ce soit l’équipe actuelle dirigée par un membre du gouvernement, M. Walla notamment. Je serai aussi surpris que ce soit l’équipe qui n’avait pas rendu de compte à qui que ce soit, celle de notre tout puissant et fragile ami Rock Gnassingbé. Reste alors dans mon champ d’analyse l’équipe, très passagère finalement, de Tata Avlessi, sinon sa personne. À moins que ce soit une guéguerre autour des dernières subsides accordées par le gouvernement : un pactole opportun alors chaudement disputé entre le jeune ministre Atsou et son collègue ministre le sieur Walla. Dans tous les cas, vrai ou faux, le doute est ainsi semé en tout le monde. Et dans ce Togo-là, lorsque l’on dispose d’une cible facile, on en use et on en abuse jusqu’à ce que mort, réelle ou apparente, s’en suive. Ce type d’information est en effet un ballon malsain. Et parce qu’il vient du site Internet gouvernemental, il faut s’en offusquer vertement. C’est comme cela que les petits apprentis sorciers, les plumitifs de l’information, sèment la confusion à des fins de récupération. Dans la théorie des médias, cette approche est celle du Miroir déformant (Distorted Mirror) qu’il est inutile de développer ici. Retenons seulement que tout l’échec de l’équipe Walla –ce dernier promettait incarner et disposer d’une solution avalisée par le gouvernement togolais- se trouve être ainsi occulté par une nouvelle semence informationnelle, la corruption, sur laquelle l’on reviendra plus tard lors de la période des moissons rancunières, occupé maintenant, nous le sommes tous, pour savoir ce que les élections législatives donneront à ce Togo qui en a bien besoin. Et après, évidemment, la corruption ne sera pas trop loin comme arme de disqualification à user contre certaines personnes. La semence du jeu malsain autour du football togolais pourrait encore perdurer, à notre corps défendant, et au détriment de ce sport qui mérite de retrouver ses lettres de noblesse. Ce Togo déformant, sans élégance aucune et qui ne sait pas avancer, je ne l’aime pas. Simplement dit : Assez ! Mot à MauxAd Valorem
Décidément, la rupture ne ressemble en rien à quelque chose de prévisible. Personne n’a vu venir celle-là ; cette mesure que même un membre du gouvernement a qualifié de dégueulasse. Cette France là, virevolte et s’abat sur elle-même, face contre terre, le dos tourné à son histoire. Il est vrai que la question de l’immigration, surtout celle de la régulation du flot des miséreux du monde en développement vers les pôles plus vivables n’offre pas de solution miracle. Ici, il faut faire preuve d’imagination et d’humanité au regard d’une réalité beaucoup plus complexe qu’elle ne parait au terme des analyses hâtives. Tous les Africains n’ont jamais été qu’en Afrique, pas plus que ne sont restés en Europe que les Européens, encore moins les Français et autres. L’histoire n’explique pas tout, mais sa pesanteur est réelle et elle a façonné le monde comme elle est. Que serait les uns sans les autres ? Nous devons tous composer, ensemble, pour redessiner ce monde autrement, au plus proche de notre satisfaction et de nos idéaux. Et ce Monsieur là qui semble arrivé dans un monde bien plus vieux que lui, dans sa volonté de rupture et de changement, doit apprendre à naviguer dans les marges du raisonnable et non dans les eaux stagnantes de la stigmatisation de ceux et celles qu’il considère comme des étrangers. Car, on ne peut pas tout aliéner, voire falsifier la science pour la mettre seulement au service du goût de soi, dans un monde que plus personne ne réussira à cloisonner pour se protéger contre l’autre. Il avait raison ce Français qui disait si bien : Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. Et la France ne ruinera pas son âme en instituant l’inacceptable de la collecte des ADN avant d’émettre des visas de séjour. Et surtout des visas demandés par les Africains. Il faudra bien que quelqu’un lui explique l’Origine du monde qui n’est pas aussi protégée qu’il le pense.
Ad Valorem |




