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Dimitri Baranoff Rossine
Parfois, je suis en retard. Ce n’est pourtant pas ma pratique dans la vie de tous les jours. En retard pour parcourir certains textes sur nos Sites Internet conventionnels. Je viens seulement de lire, juste à temps pour aborder l’année nouvelle autrement, le texte « Le Togo : l’utopie de la force » de notre ami Anani Alex Gomez. Évidemment, un texte à la togolaise, un texte au parfait reflet de l’éternel apprentissage de l’intellectualisme à la togolaise, c'est-à-dire contradictoire et confus à travers un alignement de mots et de rhétoriques aussi violents, désordonnés que creux et sans conclusion valable, s’il en existe.
Du début à la fin de cet exercice qui se voulait pourtant lumineux, il n’y avait pas la place à la Simplicité volontaire. Bien sûr, Pourquoi faire simple si on peut faire compliqué et paraitre savant en nommant, au passage, le grand sociologue de la rationalité Max Weber? Les occasions sont si rares... C’est justement là, tout le mal de ces apprentis solutionneurs de la situation togolaise, vieux comme jeunes. Ils ont des yeux mais eux-aussi ne voient pas. Ils ont des oreilles mais ils n’entendent toujours point. Alors, nous n’avons pas grand-chose à attendre de leurs réflexions, puisque leurs analyses n’en forment toujours pas une de détachée, d’impartiale et d’achevée dans l’exploration des contours de la réalité togolaise faite de superpositions d’irrationalités et d’erreurs historiques partagées -et c’est un euphémisme délibérément choisi que ce terme erreur. Encore une fois, il va falloir le répéter et ne pas s’en lasser : Au Togo, un seul autre mort politique est un mort de trop! Il faut accepter de changer de paradigme, se pardonner, apprendre à se faire confiance pour rebâtir un autre avenir d’où naîtront la Perfection politique, la Justice et la Démocratie. En somme, accepter le sacrifice de l’imperfection actuelle et travailler courageusement pour les générations futures, à travers la force du Pardon et du Temps. Pourquoi donc? Parce que les bases de l’indépendance du Togo ont été chaotiques et minées par des divisons ethniques que les années suivantes n’avaient qu’exacerbées, pour toutes sortes de raisons. Parce que, utopiques et peu disposés au compromis, les Togolais ont raté leur Conférence nationale souveraine. Parce que, très peu stratèges et toujours d’eternels amateurs politiques, les leaders d'opinion n’ont pas été à la hauteur des ambitions du peuple, de l’ensemble du peuple togolais, pour taire leur division et emprunter la voix du changement, au décès de Gnassingbé Eyadema, en tout cas, entre le 5 février 2005 et le 25 avril 2005. Parce que tout simplement lorsque l’on a échoué, on doit l’admettre et ne pas réclamer la couronne, le sceptre, le manteau et les souliers du vainqueur pour parcourir le monde et les Sites Internet. Encore une fois, il va falloir le répéter et ne pas s’en lasser : les temps changent, la politique et les politiques évoluent aussi; le Togo ne peut plus attendre la contribution effective de tous ses enfants qui doivent se donner le plaisir et l’intelligence d’essayer autre chose que l’agressivité pathologique, la courte analyse, les envolées lyriques, la théorisation excessive de leur propre échec. Je comprends la frustration momentanée des uns et des autres, la montée de fièvre solutionneuse chez certains, las d’attendre leur tour ou des explications convaincantes de leurs leaders politiques. Mais de grâce, la République togolaise des utopies nous l’avons déjà construite de force, de rapidité, d’illusion et de misère. Il nous reste celle du libre choix du compromis, de l’imagination et de l’avancée progressive. Elle nous appelle, où que nous soyons, pour une conspiration du compromis. En fait, elle appelle notre humilité et notre modestie à agir autrement avec une conviction nouvelle créatrice. Bonne année 2008! Silence
Courbet, Femme nue couchée. Fuit-elle le regard des autres?
C’est le nom annonciateur de Jésus, fils de Dieu, Emmanuel (Dieu est avec Nous). Ce prénom, dans toutes ses déclinaisons langagières, est assez répandu et toujours au goût du jour. Il peut bien être le prénom de votre ami, collègue, voisin, conjoint, parent, frère, ou fils. Des gens célèbres, de Kant à Levinas en passant par de grands artistes, sportifs et autres l’ont porté et le portent encore, autant que d’illustres inconnus qui peuplent la face de la terre. Ces derniers jours mon attention a été retenue par un particulier Emmanuel, né quelque part dans la jungle colombienne sous surveillance des FARC - les Forces armées révolutionnaires de Colombie, des seins de la collaboratrice d’Ingrid Betancourt, Clara Rojas, alors en charge de la communication publique de l’ancienne candidate aux élections présidentielles de ce pays. D’ailleurs, cette délicate récupération, Opération Emmanuel, qui devra se dérouler en toute Transparence internationale et sous les regards et les projecteurs des médias et des personnalités comme Oliver Stone, nous l’espérons, aboutira à la libération effective de la parlementaire Consuelo Gonzalez, de Clara Rojas et de son fils Emmanuel. Mais après! Mais après que le cirque médiatique se sera dissipé, quelle sera la vie de cet être innocent, Emmanuel, conçu probablement avec la contribution jouissive d’un rebelle, désirable ou violeur, et né dans les conditions de fragilité humaine qui suscitent une myriade d’interrogations. Clara Rojas aura le droit de préserver la vie privée naissante –quoique très publique déjà, de son enfant, et refuser de révéler les détails de l’expérience intime qui à donner vie à Emmanuel. Emmanuel existe pour un destin de vie assez lourd à porter, chaque jour durant, avouons-le. Cette vie là fait penser à celle qu’à porter pendant au moins les vingt premières années de son existence édifiante, Gérard Lenorman. Le chanteur français vient de révéler le secret de son existence lui, Enfant de la honte né d’une « Faute grave » indélébile de lien charnel de sa mère avec un soldat allemand du temps de l’occupation de la mère patrie, la France. Alors, l’être innocent issu de cette aventure et nourri au mensonge d’un lourd bouillon de secret de famille, n’a eu de choix que de raser les murs de sa vie, avant de se jeter à corps perdu dans la musique. Une vie d’artiste de talent et de grands succès, certes. Jamais une vie du bonheur d’être, malheureusement; mais un handicap pour la vie nous révèle aujourd’hui Gérard Lenorman dans son livre Je suis né à vingt ans. Et Emmanuel ? Comment vivra-t-il sa vie? Il nous faudra un autre prophète Isaïe pour nous l’annoncer. En attendant, qu’il sorte de là pour accueillir la nouvelle année, 2008, en dehors de cette zone incertaine au danger permanent.
SilenceMot à Maux
Tristesse, Ngoc-Thu Flament
Il n'est pas de trop de joindre notre voix à la multitude pour dire que la faiblesse du mal demeure son incapacité à faire du bien. Tout autant, la radicalité ignore complètement ce qu'elle manque en refusant d'expérimenter la médiété. C'est là où nous en sommes aujourdh'hui en apprenant, impuissants tous, comme si nous y avons assisté en voyant venir le mal, cet assassinat de Mme Benazir Bhutto, ancienne Première ministre du Pakistan et Présidente du Pakistan People Party (PPP). Toutes les capitales et les chancelleries auront beau dénoncé cet assassinat en incriminant les fameux et dégoutants "terroristes", on a l'impression que ces autorités font assez peu pour la paix. Tout le monde voyait venir ces instants tragiques, et les propos de Benazir Buttho elle-même en faisaient écho, il y a quelque deux mois à peine:
" Je n’ai pas vécu jusqu’à mon âge pour me laisser intimider par des kamikazes. Une bataille fait rage au Pakistan, une bataille pour les cœurs et les esprits d’une nouvelle génération, une bataille pour l’avenir du Pakistan en tant que nation démocratique. La nouvelle génération choisira la modération ou l’extrémisme, elle choira l’éducation ou l’illettrisme, elle choisira la dictature ou la démocratie, la tolérance ou la bigoterie. Elle choisira aussi entre la paix et la guerre. Je suis revenue au Pakistan la semaine dernière afin de mener ce combat pour la démocratie. Avec le sang de mes partisans répandu dans la rue et sur nos vêtements, je réaffirme notre engagement au service de ces valeurs. Je connais les forces qui me craignent comme leur ennemie. Zia ul-Haq, le dictateur prêt à tout du Pakistan dans les années 1980, a dit une fois que la plus grande erreur de sa vie fut de ne pas m’avoir tuée quand il en avait la possibilité. La bataille pour le futur des Pakistanais, elle fait rage dans chaque village, à chaque coin de rue. Les foules qui se sont rassemblées à l’aéroport de Karachi étaient venues de partout, en dépit des menaces, malgré les risques encourus. Elles sont le vrai visage du pays, le centre modéré. L’avenir du Pakistan devrait être décidé par des élections libres et honnêtes à la fin de cette année. Les extrémistes useront de tous les moyens sanglants à leur disposition pour frapper et empêcher la cause de la démocratie. Ils recourent à la violence pour restreindre la liberté d’association et la liberté d’expression. Ils veulent faire dérailler la transition vers la démocratie. L’attaque dirigée contre moi était plus qu’une attaque contre un individu. Il s’agissait d’une attaque contre toutes les forces politiques pakistanaises qui veulent la démocratie. C’était une attaque contre le Pakistan lui-même. Une attaque contre les droits politiques et humains de tout citoyen et contre le processus politique. L’objectif était d’intimider et de faire chanter tous les partis politiques de notre société. Les extrémistes prospèrent sous la dictature. Ils savent que la modération et la démocratie signeront leur fin. Ils ne reculeront devant rien pour les détruire toutes les deux. (...) Toutes nos pensées, toutes nos prières vont à ceux qui ont donné leur vie ou souffert dans leurs corps, et à leurs familles. Ils ont fait le sacrifice ultime au nom de la démocratie et des droits fondamentaux du peuple. Puisse Dieu donner à leur âme le repos éternel. Le plus beau mémorial que l’on puisse offrir à ces citoyens courageux, c’est un Pakistan démocratique, fort, viable et modéré. " Triste fin qui ne peut être que la defaite de tous ou l'espoir d'un véritable memorial pour la paix, fragile et chaque jour brisée. Mot à MauxHorizon
Un forum des Togolais de l'extérieur, telle est l'idée que le ministre de la coopération internationale, Gilbert Bawara a émis dernièrement dans un entretien avec un journaliste de la presse togolaise. Comme auraient dit les candidats aux élections présidentielles américianes à venir: J'approuve ce message et lui donne mon entier appui. L'idée me parrait assez pertinente quoi que tardive. Tardive, car les occasions n'ont pas manqué; la dernière est la formation du gouvernement actuel qui, à mon étonnement, n'a pas officialisé l'importance de la communauté togolaise de l'extérieur en accordant la responsabilité de cette charge de manière explicite à un ou une ministre. Mais nous le savons, c'est M. Bawara qui est en charge de cette délicate communauté dont les sympathies vont généralement à l'opposition togolaise, la plupart de ces Togolais étant d'ailleurs les relicats de la situation démocratiquement déficitaire qui a trop longtemps prévalu au Togo. Pertinente ensuite, cette idée devient un ferment de rapprochement entre les uns et les autres, capables de dépassement des inefficaces querelles des chapelles poltiques, pour amorcer des mouvements convergents et multiplicateurs, face aux efforts de renaissance du Togo; des efforts jusque là très éparpillés. En effet, il est grand temps qu'une initiative serieuse et professionnelle serve de canal de valorisation de la contribution de la dispora togolaise à une nouvelle donne au Togo. Naturellement, tous les Togolaises et les Togolais de l'extérieur ne seront pas près pour cette démarche contributive. N'empêche que cette idée est une étape nécessaire. Et, en terme d'organisation, de partout, chacun doit se préparer à apporter sa contribution effective et compétente. Les petits farceurs... s'abstenir s'il vous plaît. J'espère que ce ne sera pas non plus un lieu d'exhibition de diplômes universitaires et d'exposés de grandes dialectiques vantardisantes et désespérement creuses. C'est vrai, il est tôt de tracer les contours de cette rencontre future, attirante, prometteuse et souhaitable. Seulement dire ouvertement: Bonne idée et En avant!
HorizonAd ValoremMANCHESTER, NH - Barack Obama est devenu un astucieux cheval gagnant. Mais quel est donc son truc secret?
Le puissant discours qu'il a développé dans les dernières étapes de la campagne d'avant Noël est une oeuvre de toute beauté, un discours de 40 minutes prononcé sans notes qui renforce ses chances pour le caucus de l'Iowa le 3 Janvier et pour la première primaire, ici, à New Hampshire cinq jours plus tard. Hillary Clinton n'a rien pour l'égaler. John Edwards a de périodiques accès d'éloquence. Mais Obama a atteint un niveau tel qu'il est en mesure de livrer un discours personnalisé, pratiquement sur commande, et d'atteindre différents publics avec un effet assuré. Son discours est sans faille et est devenu son doudou confortable. Ce discours a été lancé à la Jefferson-Jackson Dîner à Des Moines plus d'un mois auparavant lorsque Obama avait encore du mal à rivaliser avec Clinton et Edwards dans l'Iowa. Il a tout de suite suscité des critiques dithyrambiques de ce grand auditoire et du chroniqueur David Yepsen de Des Moines Register, et Obama savait qu'il avait là un cheval gagnant. Il l'a donné de nouveau à la tribune du Comité national démocratique lors du Forum des candidats dans le Nord de la Virginie et a obtenu des éloges. Alors il donna le même type de discours quatre autres fois, quand il était en tournée de campagne avec Oprah Winfrey à Des Moines et Cedar Rapids, en Iowa; à Manchester, et à Columbia, SC, devant une foule palpitante d'environ 60000 personnes dans les quatre endroits. Il livre le même discours maintenant dans les petites villes de toute l'Iowa, et ici, dans le New Hampshire, il l'a donné plus de six fois en deux jours la semaine dernière. C'est une oraison grandiose de discours. À l'instar de certaines des symphonies de Beethoven, il commence sur une assez calme et même langoureuse note. Il rencontre une première salve d'applaudissements en rappelant au public que l'an prochain "George Bush, ce nom, ne sera pas sur le bulletin de vote." Les Démocrates acclament alors le futur départ de l'homme qu'ils méprisent. Et puis Obama blague, "Ni mon cousin, Dick Cheney". Tournure délicate pour faire découvrir aux gens que lui aussi faisait partie de la famille." Il semble revenir après à un ton normal en faisant remarquer l'importance de la prochaine élection, pour rapidement transformer ses propos en une flèche en direction de Hillary Clinton, même s'il ne fait pas mention de son nom. En raison des enjeux, dit-il, il ne suffit pas de changer ou de présidents ou de parti politique dans cette élection à venir; la triangulation et le simple ajustement ne seront pas suffisants." Puis Obama se paye le style populiste à la Edwards --s'en prenant aux entreprises de lobbyistes de Washington, qui ont bloqué pendant des années les politiques sur les soins de santé et la législation en matière d'énergie- aucune d'entre elles, promet-il, ne figurera dans l'agenda d'une journée de travail d'une administration Obama. Puis il accélère les pulsions cardiaques de divers membres des organes constitutifs du parti démocratique, promettant du travail pour élever le salaire minimum à chaque année; se faisant aussi prometteur de salaires généreux aux enseignants et aux bons étudiants de nouvelles bourses et aides scolaires pour payer leurs frais de scolarité. Et enfin, vient la péroraison, citant Martin Luther King sur «l'urgence de maintenant», en expliquant pourquoi il ne peut pas attendre patiemment son tour pour une autre élection présidentielle. Ce chemin est un peu comme une passerelle parce qu'il veut insister sur une autre différence avec Hillary. Contrairement à d'autres, dit-il, il n'avait pas un plan de carrière depuis des années pour cette fonction et il ne considère pas non plus la présidence comme son droit ou quelque chose qu'on lui doit. L'anecdote de clôture est basée sur un incident survenu lors d'un rassemblement à Greenwood, SC, où, par un matin miséreux, devant une maigre foule, une seule femme noire présente dans l'assistance à la toute première sortie publique d'Obama, a ravivé l'ambiance de toute la salle en criant des mots d'encouragements et en réussissant à faire chanter tout le monde, et faire scander, "Fired up!" "Ready to go!" Losqu'il raconte cette histoire devenue familière, Obama adopte une tonalité propre à une conversation avant de passer à celle d'un cri de ralliement et explique que le chant est devenu sa marque de commerce et un slogan. Donc, il dit à son auditoire, "J'ai une chose à vous demander. Êtes-vous FIRED UP? Êtes-vous PRÊT À ALLER? FIRED UP! READY TO GO!" Et puis, comme le cri devient presque trop fort à supporter, il ajoute les cinq mots de son message bien rôdé et renvoie ses électeurs à leurs manteaux d'hiver et à la porte dans un brouhaha général: «Let's go! Allons changer le monde", lance Obama. Et ça sonne vrai. Dans toutes les foules que j'ai vues, il y a une vibration de pure énergie électrique sur ces dernières paroles. Des larmes coulent sur certaines joues - et certaines personnes ont l'air un peu foudroyées par le message. David S. Broder, Washington Post, 23 décembre 2007 Mot à MauxDe la politique au Canada en ces temps de bilan, c'est probablement la synthèse qu'il faut lire, notre Tepidarium relaxant et comparatif. Comme quoi: Blanc bonnet, Bonnet blanc...
Chasseriau, Le Tepidarium
"La lecture des journaux, en cette fin d'année 2007, ne laissera pas un très bon souvenir à Stephen Harper. Son attitude agressive, ses attaques personnelles et sa partisanerie alimentent des commentaires extrêmement sévères à son endroit. Encore hier, le chroniqueur Don Martin se permettait un jeu de mots assassin dans le National Post et le Calgary Herald. «Harper a les moyens [means] mais est-il trop mesquin [mean]?»
Martin se demande pourquoi un premier ministre qui a gouverné sans scandale n'arrive pas à solidement devancer la faible opposition libérale dans les sondages. En fait, les conservateurs sont même moins populaires maintenant qu'ils l'étaient aux élections du 23 janvier 2006. L'hypothèse de Martin: «Il est un leader-né, mais il fait trop souvent preuve d'une agressivité partisane et est trop prompt à user d'intimidation pour que les Canadiens soient à l'aise avec l'idée qu'il soit majoritaire.» James Travers, du Toronto Star, va dans le même sens et parle du «paradoxe Stephen Harper». «Au moment de gérer une crise, le premier ministre emmêle ses talents de leader, que les Canadiens admirent, et sa mesquinerie de petit dur de cour d'école, qui révulse [ces mêmes Canadiens].» Par conséquent, il peut être difficile de convaincre des indécis de voter pour un premier ministre qui les met mal à l'aise. Car «ils ne savent pas s'il peut calmer ses pires instincts quand la conciliation et le compromis, et non une bagarre de ruelle, servent mieux les intérêts du pays». Le Globe and Mail s'est montré impitoyable. Dans un premier éditorial, il fait état de la partisanerie qui a conduit le gouvernement à demander à Daniel Paillé d'enquêter sur les dépenses de sondages des gouvernements précédents. Le quotidien s'amuse du résultat. Daniel Paillé n'a rien trouvé pour embarrasser les libéraux. Ce sont les conservateurs qui ont été démasqués. Ils ont dépensé davantage en sondages que les libéraux avant eux, assez pour tenir plus de deux sondages par jour ouvrable, certains versant carrément dans la partisanerie. «Ce rapport expose les dangers d'une partisanerie débridée», écrit le Globe. Le quotidien dénonce dans un second éditorial les attaques du premier ministre à l'endroit de la présidente de la Commission canadienne de sûreté nucléaire à la suite de la fermeture du réacteur de Chalk River et de la pénurie d'isotopes radioactifs qui en a découlé. Au lieu de débattre du fond de la question, à savoir le non-respect par Énergie atomique du Canada des conditions de fonctionnement du réacteur, «le premier ministre a inventé un complot voulant qu'une fonctionnaire de carrière, qui tentait de faire respecter les règles en matière de sûreté nucléaire, aurait en toute connaissance de cause mis des vies en danger. Et pourquoi? Pour aider les libéraux à marquer des points contre les conservateurs. Voilà de la politique poubelle», tranche le Globe, indigné. «En d'autres mots, poursuit-il, diffamer quelqu'un au profit de tactiques parlementaires n'est pas un défaut. De toute évidence, le gouvernement prend plus au sérieux la politique partisane que la sûreté nucléaire ou l'organisme créé pour y veiller, et il ne se soucie guère de qui en sortira blessé.» Toujours dans le Globe, Brian Laghi constate que, si Stephen Harper a le don d'exploiter les faiblesses de ses adversaires, il semble incapable de gérer les crises inattendues avec doigté et a de la difficulté à improviser lorsque les événements le forcent à s'écarter de son plan de match. Laghi cite des conservateurs anonymes qui confirment que le premier ministre a besoin de temps pour réfléchir et qu'il prend trop de décisions lui-même, ce qui le prive parfois du recul nécessaire. Susan Riley, du Ottawa Citizen, est plus dure dans un texte repris par la plupart des journaux de CanWest. Selon elle, Harper devra bientôt «nous rappeler en quoi son gouvernement est plus transparent, plus honnête et plus responsable que les libéraux». Elle note le temps écoulé avant de rendre public le rapport Paillé et la décision de le faire le jour de la comparution de Brian Mulroney afin qu'il passe inaperçu et de ne pas exposer le recours abusif aux sondages par les conservateurs. Toujours le même jour de la comparution de Mulroney, le gouvernement a annoncé sans bruit que le Canada rejoignait un club de pays faisant la promotion de l'énergie nucléaire, une initiative de George W. Bush. Après avoir cité d'autres dossiers passés en douce ou soustraits au débat, elle évoque un air de déjà vu. Ce qui lui a fait prédire, avant même les entrevues de fin d'année de Harper, qu'il n'y aurait pas d'enquête publique sur l'affaire Murloney-Schreiber. À suivre. Sur le plan de l'éthique, les conservateurs se voulaient plus blancs que blancs, surtout dans leurs relations avec les lobbyistes. Ils ne sont peut-être pas à leur solde, mais il faut croire qu'ils peuvent avoir leur oreille puisque certains des leurs n'ont pas hésité à se lancer dans cette industrie. Don Martin, du National Post, évoque le cas de Ken Boessenkool, qui a travaillé étroitement avec Stockwell Day, aujourd'hui ministre de la Sécurité publique et responsable de la GRC, avant d'aider tout aussi assidûment Stephen Harper. Boessenkool est maintenant le lobbyiste à embaucher à Calgary et son dernier client n'est nulle autre que l'entreprise Taser International. La Loi sur la responsabilité des conservateurs prévoit pourtant un délai de cinq ans avant qu'un attaché politique puisse approcher ses anciens patrons à titre de lobbyiste. Mais on attend toujours les règlements. Martin cite un expert qui souligne à quel point le fait d'avoir ses entrées auprès des principaux acteurs du gouvernement actuel est de plus en plus précieux puisque ce dernier est dirigé par un cercle très fermé d'individus. «Qui vous connaissez au bureau du premier ministre est toujours la voie rapide pour obtenir qu'Ottawa agisse», conclut Martin." Manon Cornellier, Le Devoir Mot à MauxAd Valorem
Serena Williams
C'est avec un calme olympien que notre ami Barack Obama voit les choses venir à lui, et s'accumulant les unes contre les autres, ces opportunes bonnes nouvelles... Plusieurs éditorialistes, majoritairement, lui donnent leur soutien au détriment de Hillary Clinton dans le camp des démocrates. Bill et Hill, même à deux, n'arrivent pas à contenir l'enthousiasme du changement dont est porteur ce phénomène de la politique. De leur côté, les sondages ont fini par tourner à l'avantage du nubien, Barack Obama. Mais, aucun cri de victoire ne doit être poussé avant le 3 janvier 2008 au soir, lorsque sortiront les vrais résultats de l'Iowa, l'État qui ouvre les primaires dans ses 99 comtés. Difficile toutefois de ne pas saluer, d'ores et déjà, le travail colossal de ce Barack Obama et son équipe pour réussir a tenir contre toutes les attaques. En cette longue veillée d'arme imposée par les fêtes de fin d'année, je reste confiant que le momentum est véritablement Obama. Pourquoi pas ne pas se préparer à lui apporter des fleurs prochainement?
Ad ValoremSilence
Picasso
Il n’aura jamais mérité le titre de « Tout Feu Tout Faure » qu’au soir du 13 décembre dernier : le gouvernement togolais avait plus que des surprises, il sentait l’audace, voire la témérité digne du chiffre 13. Faure Gnassingbé n’avait pas fait que déjouer tous les pronostics, les miens aussi. Il s’est donné l’équipe gouvernementale qui lui ressemble ; celle qui soit capable de conduire sa politique et le reporter au pouvoir en avril 2010. Mais alors, comment fait-on pour sortir son frère Kpatcha Gnassingbé du gouvernement, lorsqu’il est de notoriété publique que depuis le 5 février 2005, le très politisé ex-ministre de la Défense et des Anciens combattants, Kpatcha, talonnait Faure de près ? On comprend alors pourquoi ceux-là, annoncés comme des proches de Kpatcha, se sont retrouvés non-appelés au gouvernement, Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo compris. De toutes les façons, ce qui est fait est fait, avec au moins le mérite que cette équipe gouvernementale est beaucoup plus ramassée. Serait-ce alors signe d’efficacité ?
SilenceMon Blog-Note
Intermède peu glorieux où le présent Carnet de notes n’était pas disponible sur le réseau… C’est ma faute ! Occupé à plusieurs choses ces derniers temps, après une escapade lyonnaise exigeante mais très satisfaisante, je pensais à tout sauf à mon propre oubli de renouveler le nom de domaine, surtout qu’aucun avis ne m’était envoyé. C’est si simple que ça! Au prix que cela m’a couté de remettre la main dessus avant que le domaine ne tombe dans l’espace public virtuel, je crois que je serai un peu plus attentif la prochaine fois… Heureux d’être là, « Toujours vivant » comme dirait Gerry, le regretté Gerry Boulet.
Horizon
Modigliani
Des informations contradictoires nous parviennent de Lomé, au sujet de la composition du prochain gouvernement. Contradictoires vraiment? Pas tout à fait. Il s'agit seulement que tout un chacun a été déboussolé par la personnalité choisie pour assumer la coordination gouvernementale au poste de Premier ministre. Dès lors, les oracles se sont portés sur la suite des choses et les suputations vont bon train. De reflexion en coup de fil à Lomé, j'avoue ne pas y comprendre grand chose... Seulement qu'il me semble probable le retour d'Agbéyomé Messan Gabriel Kodjo. On le sait bon ami de Faure avant les évènements qui l'ont précipité en disgrâce et en exil. Depuis son retour et sa traversée du désert, il est cité comme proche de Kpatcha. Dans tous les cas, la surprise serait qu'Agbé ne soit pas appelé à un poste ministériel. Encore jeune et politiquement solide, il représente aussi une volonté de dépassement du passé et d'ouverture sur les autres. Est-il revenu au Rassemblement du peuple togolais (RPT) après sa profonde brouille avec Maurice Péré? Je ne saurais le dire, d'autant plus que la persistance de ce divorce politique qualifie mieux Agbé à sa propre renaissance politique. Ainsi vont les choses, parfois, que si tu n'es pas avec notre adversaire, tu peux devenir fréquentable; cette théorie politique semble accroître les chances d'Agbé. Mais tout cela, c'est de la petite ouverture...
Petite ouverture également vers les autres un peu plus loin, c'est aussi la présence des autres acteurs politiques au gouvernement de M. Mally. Je serai pour que cette seconde petite ouverture du gouvernement RPT soit faite vers la société civile et les partis non présents à l'Assemblée nationale. De ce fait, simplement dit, je serai heureux que l'opposition parlementaire s'éloigne de la gouvernance quotidienne pour offrir aux Togolais des idées alternatives basées sur la critique objective des actions du gouvernement à venir. En somme, la situation est telle que l'émancipation et la responsabilité doivent être effectives dans le paysage politique togolais, afin que les uns et les autres soient placés devant l'impérieusse nécessité de l'heure: chacun à sa place, et tout le monde va voir clair pour jouer au meilleur de ses capacités. La véritable grande ouverture est donc celle de la clarification et de la responsabilisation. L'enjeu aujourd'hui n'est plus l'Assemblée nationale, mais bien les Présidentielles, en 2010, que chaque grande famille politique doit préparer dès maintenant. Mais, j'ai bien peur que pour préparer les prochaines Présidentielles, certains stratèges politiques ne se trompent encore de cibles et de moyens en s'épuisant dans des batailles oratoires à l'Assemblée nationale. L'ouverture, la grande, est donc aillleurs que l'on ne peut le penser, et surtout devant, dans deux ans et demi, après le dépassement de l'immédiate tentation de se glorifier de la seule présence à l'Assemblée nationale. L'ouverture devient alors un poids que chacun doit savoir porter pour ne pas s'en trouver écrasé et en mal d'imagination pendant qu'il est encore temps. HorizonQuoique controversée, l'idée semble convenir aux gens du Québec. Manifestement, le statu quo est loin de convenir pour sauvegarder le fait français au Québec...
Toute la Constitution
"Selon un sondage Léger Marketing commandé par l’universitaire et auteur Jean-François Lisée, 63 % des Québécois aimeraient qu’une constitution interne protège la prédominance du français, le patrimoine historique, l’égalité des sexes et la laïcité des institutions.
L’ancien conseiller politique de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, instigateur du controversé projet de loi sur l’identité québécoise proposé il y a quelques semaines par Pauline Marois, intégrera ces résultats dans le mémoire qu’il présentera demain à la commission Bouchard-Taylor. « Cet appui massif nous donne le degré d’attente des Québécois au sortir de la commission Bouchard-Taylor, dit Jean-François Lisée. Ils ne s’attendent pas à des demi-mesures. Ils s’attendent à des actions structurantes et majeures. Avec ces données, je vais dire à la Commission que l’inaction n’est pas une option et qu’il ne faut pas décevoir les Québécois. » Ce sondage, mené entre le 14 et le 18 novembre auprès de 1000 Québécois, révèle également que 72 % des Québécois sont favorables à ce que les immigrants aient l’obligation de détenir une connaissance minimale du français pour voter ou se présenter aux élections québécoises. Par ailleurs, on apprend que 65 % des Québécois croient que l’obligation de connaître le français devrait aussi s’appliquer aux Canadiens des autres provinces qui auraient l’intention de venir s’établir au Québec. Ce sondage paraît quelques jours après le lancement de Nous, un ouvrage dans lequel Jean-François Lisée propose différentes solutions pour réhabiliter une nation franco-québécoise ébranlée par ses rapports avec les minorités. Il fait également suite aux récentes données de Statistique Canada qui démontrent que le français perd du terrain dans les chaumières québécoises. Au Québec, c’est en français que ça doit se passer, dit Jean-François Lisée. Il faut marquer clairement la balise. » La dernière question de ce sondage portait sur une réforme des cégeps. On découvre que 73 % des Québécois sont d’accord pour que l’ensemble des cégépiens suivent les deux tiers de leurs cours en français et le tiers en anglais. Cette proportion est de 76 % chez les francophones et de 61 % chez les non-francophones. « Ce que je trouve intéressant, c’est la forte proportion des non-francophones pour l’ensemble des questions, dit M. Lisée. Ceux qui pensent que ce geste braque uniquement les francophones se trompent. » Jean-François Lisée s’attendait à ce qu’une majorité de Québécois partage cette approche. Mais la forte proportion obtenue l’a surpris. « Voilà une solution qui, malgré la controverse qui a eu lieu au moment de sa sortie, fait un très large consensus au sein de la société québécoise », dit-il. Mario Girard, La Presse HorizonMot à Maux
Thibaut Willemant
Honte aux députés! Il faut vraiment être étroit d'esprit et aveuglé de partisannerie pour pousser un tel cri d'irréflexion à l'encontre des députés, qu'ils soient au Parlement canadien à Ottawa ou à l'Assemblée nationale à Québec. C'est pourtant ce doigt d'honneur que vient de lever le sieur André Pratte à l'encontre de ces élus, au motif qu'ils seraient "partisans" en relevant et en questionnant les financements politiques et personnels, douteux, reçus par certains conservateurs passés et présents de Karlheinz Schreiber, aujourd'hui en rupture de fréquentation. Il est vrai que nous sommes prompts à tirer sur nos élus, dans certains de leurs manquements quasi quotidiens. Mais tout de même! Les élus font bien de la partisannerie tout en tentant de voir un peu plus clair dans cette affaire de financement occulte qui est loin de redorer les blasons de la classe politique. Il faut donc y voir de la honte à vouloir connaitre la vérité, un peu plus. Vraiment? Même en bouchant le nez, je ne suis pas arrivé à la fin de cet éditorial du bas étage journalistique qui est loin de faire honneur au journal La Presse et à son signataire. Il est grand temps que M. Pratte se lance carrément en politique pour nous montrer de quoi il est capable, de ce qu'il peut faire de mieux. Car, ses énnoncés théoriques commencent à manquer de cette lucidité dont il se réclame. Le temps est propice par ailleurs. des gens de grande envergure à l'image des Barack Obama du Québec, nous en avons plus que besoin. Quant aux réflexions ordinaires portées seulement par la seule fenêtre d'un journal respectable, nous pouvons bien nous en passer. D'ailleurs, lorsque l'on commence à écrire de telles inepties, au lieu d'engager des ressources pour un véritable travail d'investigation journalistique sur ce sujet de moeurs et de malfaisance politiques, il est probablement temps d'aller voir ailleurs qu'entre ses jambes...
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