Diplomatie Ouverte

Recherche

Profil
Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété


Sondage
L'Effet Gbagbo se dessine-t-il au Bénin de Boni Yayi?





RSS ATOM RSS comment PODCAST Mobile
L'implorante de Camille Claudel
L'implorante de Camille Claudel
« S. Royal La gazelle étant affaiblie, les éléphants chargent. (...) Ne soyons pas dupes: ils la méprisaient, elle les ignorait se privant du même coup de leur appui. (…) Un terrain sur lequel, elle reçoit régulièrement l'appui d'un Président particulièrement solidaire pour avoir subi les mêmes retours de bâton. Bref tandis que le verrouillage du parti s'organise, la présidente du Poitou-Charentes doit retrouver un semblant de sérénité et reconnaître qu'elle n'était pas sinon au niveau, du moins prête pour un tel combat. »
Hubert Coudurier, Le Télégramme



Rédigé par psa le 28/06/2007 à 16:50

Un enseignant et un journaliste condamnés à la prison ferme pour offense au chef de l'État. C'est le Show de la réalité démocratique, lorsque le président de la république du Mali n'est pas content, et pas du tout. Tout un sujet de choix pour une future pièce de théâtre ou de film à grand succès…


'La maîtresse du président': une école réalité
LA FABLE pourrait s'intituler La Maîtresse du président de la République, le Professeur et le Procureur. Elle raconte comment un enseignant et une brochette de journalistes se sont trouvés en fâcheuse posture pour avoir offensé un chef d'État africain pourtant réputé démocrate.

L'affaire commence dans une salle de cours de Bamako, quelque temps après la réélection triomphale du président Amadou Toumani Touré, dit ATT. Un professeur de lettres propose à ses élèves de seconde de disserter sur un texte de son cru. Bassirou Kassim Minta a imaginé l'histoire d'une étudiante, qu'il a appelée Dily, contrainte de monnayer ses charmes pour subvenir à ses besoins.

La « prostituée économique » est prise dans une de ses « escapades charnelles » dans les « griffes du président de la République jusqu'à ce que grossesse s'ensuive ». Le géniteur présumé tente sans succès de la contraindre d'avorter en la menaçant d'assassinat. Après son accouchement, Dily parvient à interrompre un Conseil des ministres pour plaider sa cause devant les membres du gouvernement. Le premier ministre se range à son avis. Dans sa grande sagesse, le président finit par reconnaître l'enfant et promet de demander la main de sa maîtresse.

Procès à huis clos
La classe doit résumer le sujet au quart de son volume réel et commenter sous forme de dissertation le comportement du personnage central, la jolie Dily. L'exercice de littérature se gâte avec l'entrée en scène de Seydina Oumar Diarra, un journaliste d'Info-Matin prévenu de l'originalité de l'exercice. Interrogé, l'enseignant croit bon d'expliquer qu'il a voulu traiter un fait de société et indique qu'il s'est « inspiré des réalités qui l'entourent » . « La valeur d'un sujet traité n'est pas seulement pédagogique et intellectuelle, elle doit s'étendre au volet moral et civique », précise-t-il.

Deux semaines après la publication de l'article, la gendarmerie arrête le professeur et le journaliste. L'affaire de « la maîtresse du président » s'emballe. Les responsables de quatre journaux d'opposition qui ont repris l'information ou évoqué les embastillements sont à leur tour inculpés. Une grève générale des journalistes est décrétée. Seul un quotidien pro-gouvernemental continue de paraître.

Le procès des accusés s'est déroulé hier dans un palais de justice cerné par les forces de police par crainte de débordements. Il s'est déroulé à huis clos en l'absence des avocats de la défense, qui ont dénoncé une « mascarade ». L'enseignant a été condamné à deux mois de prison ferme et s'est vu notifier une interdiction d'exercer son métier. Le journaliste auteur du scoop a écopé de treize jours d'emprisonnement.

Les quatre directeurs de journal ont été condamnés à des peines de prison avec sursis pour avoir évoqué les frasques extraconjugales d'un chef d'État. Imaginaire, ce dernier n'a pu réagir. Quant au vrai président Amadou Toumani Touré, il garde le silence et prépare le premier tour des élections législatives qui se déroulent dimanche à Bamako.

Thierry Oberlé, Le Figaro ("La maîtresse du président", un mauvais conte malien)



Rédigé par psa le 27/06/2007 à 11:29

Si vous n’avez qu’un texte à lire aujourd’hui, lisez celui-ci et ne vomissez pas. Mettez-vous plutôt en colère contre le peu de valeur qui guide nos politiciens déshumanisés et sans vision. Prenez aussi le temps de vous demander si vous laisserez aujourd’hui votre enfant de 18 ans, fille ou garçon, partir faire la guerre en Afghanistan. Pour ma part, je ne le laisserai pas faire…


Une jeunesse de paix en 2007
Une jeunesse de paix en 2007
« Sur l'écran de la télé de RDI surgit le visage d'un adolescent de 17 ans. Il porte le casque militaire, la mitraillette, bref, le costume du fantassin. Dans quelques semaines, entraîné par l'armée canadienne depuis quelques années déjà, il quittera sa Mauricie pour Kandahar.
Il viendra alors tout juste d'avoir ses 18 ans, cet âge merveilleux où, au Canada de Stephen Harper, Stéphane Dion et Gilles Duceppe, on peut aller faire la guerre à l'autre bout du monde, dans un pays misérable, chasser et tuer le taliban ou ce qui lui ressemble ou se faire tuer avant même de commencer à vivre. Cela, au nom de la défense de la démocratie!

Il a hâte de partir, l'ado, parce que la guerre, estime-t-il, c'est une activité «extrême». Ça va le changer des mollesses familiales, précise-t-il, et de sa soeur, sans doute une mauviette, qui voudrait bien qu'il ne parte pas: elle ne se rend pas compte, elle, qu'à 17 ans, on est un vrai homme, quand même! Et que la démocratie, on le sait si bien à cet âge de grande sagesse, ça se défend, ça se promeut par les armes!

À quoi s'attend-il au juste, en Afghanistan?
«Je l'sais pas trop, j'suis jamais allé à la guerre... !», répond-il, le visage encore poupin traversé d'un sourire gêné. Ses «frères d'armes», comme ils disent, affirment à la caméra que cet enfant a du caractère. Ils ont, du haut de leurs 22 ou 23 ans, l'air d'être fiers du jeune, et ils vont éventuellement le protéger, leur benjamin!

La larme qu'on pourrait avoir envie de verser devant ce spectacle ahurissant, sinon obscène, se transforme rapidement en rage vive quand apparaissent peu après, sur les écrans, ces sépulcres blanchis de politiciens qui viennent bêler leur discours propagandiste et mensonger sur la justesse de cette guerre et le respect dû aux soldats. Ces jeunes, affirment-ils, vont volontairement risquer leur vie, risquer de verser leur sang, en notre nom, pour le mieux-être de ces pauvres Afghans et, surtout, de ces pauvres Afghanes qui, on l'aura remarqué, ont la burqa très opportune aux mains de la bande de Stephen Harper et de ses vassaux, y compris ceux qui pérorent à l'Assemblée nationale du Québec en dénigrant les opposants à la guerre et à l'armée.

Car enfin, n'y a-t-il pas quelque chose de proprement odieux à entendre nos politiciens, seigneurs de guerre, ceux-là mêmes qui envoient nos jeunes soldats mourir dans la violence et la souffrance à mille lieues de chez eux, accuser, le trémolo dans la voix, les pacifistes antiguerre de manquer de respect aux soldats? On croirait rêver devant tant d'évidente mauvaise foi!

Faut-il comprendre que le Canada en est vraiment rendu à accepter de sacrifier ses propres ados sur le champ de bataille, sous prétexte que s'ils le veulent, s'ils sont prêts à risquer leur vie pour défendre la démocratie, la liberté d'expression et les droits fondamentaux de la personne -- toutes choses qui, comme le laissent entendre les politiciens, sont des évidences lumineuses dans l'esprit des ados en mal de voyage --, il faut les y expédier?

Qui donc, dans ce pays, manque de respect aux soldats: les antiguerre ou ces tristes politiciens qui acceptent d'armer des cégépiens en mal de sport extrême et de les dresser contre des populations démunies? C'est à vomir! »

Jacques Keable, texte d'opinion dans Le Devoir (À 17 ans, fin prêt pour Kandahar)



Rédigé par psa le 27/06/2007 à 10:49

Ad Valorem


Distortion
Distortion
Pour la première fois, un grand parti politique présent à l’assemblée nationale du Québec va être dirigé par une femme, Pauline Marois. Il était temps! C’est un moment de plaisir et un pas décisif dans l’espace politique québécois qu’il me plait de souligner. Comme souvenir, en 1998, j’avais partagé un autobus de campagne avec Pauline Marois; on ne se connaît pas plus que cela… Ce qui est davantage sûr est que les choses semblent bien bouger, à gauche et à droite, et c’est tant mieux : Parité entre les hommes et les femmes dans le gouvernement Charest à Québec, entrée représentative des minorités françaises d’origine africaine au gouvernement de Nicolas Sarkozy; de plus en plus, les gouvernants ressemblent à la société de laquelle ils émanent. Ce n’est qu’un début, j’espère. Je garde aussi l'espoir qu'avec Pauline Marois, la réalité publique sera moins falsifiée et que nous parlerons bientôt d'une manière féminine de faire la politique au Québec.


Rédigé par psa le 26/06/2007 à 19:09
L'abandon
L'abandon
« Les obstacles sont énormes et l'absence, à Paris, des belligérants, comme celle de l'Union africaine, montrait les limites de l'exercice. Cette conférence ne pouvait être une conférence de paix; elle pouvait, (…) constituer une étape pour qu'un "nouvel élan" diplomatique prenne son essor afin de sortir du traitement purement humanitaire du conflit. (...) Le Darfour est un test du rapprochement entre Paris et Washington. L'insistance de la France pour une solution politique et celle des États-Unis sur des sanctions à l'égard de Khartoum ne sont plus incompatibles. »
Pierre Rousselin, Le Figaro

« "Le silence tue". Le cri de N. Sarkozy est beau, généreux, nécessaire. Il sonne un peu comme du Zola passé au crible d'une "droite décomplexée". La tragédie du Darfour mérite bien, en tout cas, qu'on hausse enfin le ton, y compris avec un brin de lyrisme (…). Pas moins de 200.000 personnes en quatre ans. (…). Saluons donc la Conférence internationale convoquée hier à Paris, en présence des représentants des grandes puissances, dont la Chine et les États-Unis. D'autant plus que le résultat semblait tendre, en soirée, vers l'optimisme." »
Didier Pobel, Le Dauphiné Libéré



Rédigé par psa le 26/06/2007 à 14:30

J’aime bien ce texte, SAMEDI Une guêpe chez le coiffeur; une description décoiffante de cette société qui sait intensifier le rien. Quelle coïncidence! Hier seulement, mon président Yao Paul Assogba avouait aussi son incapacité à magnifier l’insignifiant, lors d’une occasion particulière qui lui était destinée. Dans son cas, on sait qu’il préfère démasquer la raison, comme dans son dernier livre... Mais ici c’est le chimère consacré à la Alice Key.


L’insignifiant possède-t-il une beauté déformée comme chez Alice Key
L’insignifiant possède-t-il une beauté déformée comme chez Alice Key
« Je ne vais jamais chez le coiffeur le samedi. Trop de monde, trop d’attente, trop de femmes au mètre carré. Mais ces derniers jours je me suis mal débrouillée, avec le temps, avec les horaires de train, avec le sommeil. Et tant qu’à tout faire à l’envers, autant enfoncer le clou un peu plus profond. Je me trouve immobilisée à côté d’une dame qui se plaint de la chaleur. La même qui demain se plaindra de la pluie, j’imagine. Comme je dois commencer mon journal pour Libération, j’écoute les conversations plus attentivement que d’habitude et perçois l’intensité du rien un cran plus fort. Je m’en veux de ne savoir apprécier ces petits moments où tout s’arrête. Pourquoi ne suis-je pas capable de parler de la chaleur en toute décontraction, de l’orage qui va arriver, des saisons qui ne se font plus ? Pourquoi suis-je toute raide dans mon fauteuil alors que la patronne se plaint de son apprentie, avec la bénédiction des clientes ? Oui, vraiment, Malika est une sale gamine. Elle a cassé un miroir la veille en nettoyant le salon. Un coup de balai en plein dans le mille. La patronne rend service en prenant des apprentis - c’est ce qu’elle dit - et c’est tout le remerciement qu’elle en a. Tout le monde approuve, olé ! S’ensuit le couplet sur les jeunes qui ne respectent rien, qui pensent que ça va tomber tout cuit. Discussion de comptoir un matin en France, mépris ordinaire, complicité vulgaire. Pour faire écran entre la haine et moi, je sors de mon sac le livre qui me réjouit en ce moment : l’Ange au gilet rouge de Pierre Autin-Grenier. Imaginez un Régis Jauffret version anarchiste et poète : de quoi remettre toutes ces dames à leur place. Je me retiens de rire trop fort en lisant. Mais le plaisir est interrompu - c’est le propre du plaisir - par un événement. Une guêpe s’est introduite par la porte grande ouverte, et c’est la révolution. Chacune y va de sa théorie, de ses conseils, de son histoire d’allergie et de mort subite. Je suis épatée, comme toujours, de voir comment les humains s’inventent une vie palpitante, comment ils conjurent le vide, comment ils existent. »
BRIGITTE GIRAUD, Libération


Rédigé par psa le 24/06/2007 à 19:59
La Charmeuse de serpent de Rousseau
La Charmeuse de serpent de Rousseau
Pendant que le désordre s’installe au Parti socialiste, un français sur deux approuve la saveur du nouveau gouvernement Fillion – Sarkozy. Pourquoi pas? Nul ne peut être contre l’ouverture politique de la droite vers la gauche au motif de mieux servir la France. Mais il y a mieux, puisque le gouvernement de la France témoigne de l’ouverture devenue nécessaire de la représentation des différentes minorités, les français d’origine africaine notamment, dans le pouvoir exécutif de ce pays. C’est à mon tour de saluer l’audace du président Sarkozy de rétablir ce qui devait être la normalité dans une France qui a bien besoin que tous ses citoyens se reconnaissent dans ses dirigeants. Et pourtant personne ne croyait trop à ce souci d’ouverture du président français. Qu’il est bon de changer et de charme dans cette jungle politique.


Rédigé par psa le 24/06/2007 à 18:49
Travail d'artiste politique
Travail d'artiste politique
Tout change et il n’y a rien de permanent que le changement; je paraphrase Héraclite. Je suis heureux de savoir que le maire de New York, hier, à donner sa démission du Parti républicain encore dirigé par George W. Bush. Ce qui est extraordinaire et fait mon bonheur, c’est que Michael Bloomberg, ce démocrate converti en républicain prône maintenant la non-partisannerie. Et il affirme dans une déclaration hier : « N'importe quel élu qui a réussi sait que les vrais résultats sont plus importants que des batailles partisanes et que les bonnes idées devraient prévaloir sur l'adhésion rigide à n'importe quelle idéologie politique partisane ». Il ajoute : « Travaillons ensemble, alors il n'y aura aucune limite à ce que nous pouvons faire » Le message que cache cette déclaration est que Michael Rubens Bloomberg pourrait être candidat indépendant aux prochaines élections présidentielles américaines. Une candidature qui ferait beaucoup mal aux prétendants démocrates plutôt que ceux venant des rangs républicains. Mais au-delà de tout, c’est la valeur de la réflexion et de la personnalité du maire de New York qui sont rafraichissantes. C’est un résultat auquel toute pensée lucide et solidaire devra aboutir : la partisannerie n’a plus la côte et correspond moins à la recherche du succès dans l’espace politique. On peut aimer Nicolas Sarkozy ou pas, il fait l’ouverture à ses adversaires dans la gestion de la chose publique française, dans un gouvernement d’ouverture. C’est la loi de l’avenir et de la réussite politique que la compétence déborde des frontières partisanes; en politique, l’on doit être capable d’aller chercher les habilitées et les compétences en brisant les rigidités des partis.

Voilà la nouvelle du jour, et même les milliardaires qui peuvent se créer des partis politiques reconnaissent que l’avenir est dans le « Travaillons ensemble » pour mieux vivre ensemble : c’est le principe du succès durable digne de tout artiste politique de talent et d’audace.



Rédigé par psa le 20/06/2007 à 11:58
1 2 3 4