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Au-delà des articles de journaux, la vivacité des lecteurs et des lectrices apporte un particulier piquant aux textes initiaux. C’est donc un délice de lire les commentaires que génèrent de nombreux articles de journaux ici et là, à la faveur de l’internet. Et celui de Christian Rioux dans le quotidien Le Devoir sur Nicolas Sarkozy et son passage cahoteux à la Francophonie avec une déclaration controversée sur les relations Québec-France-Canada a retenu mon attention. Il ne me plait guère de revenir sur les propos du Président de la République française. Pour ceux et celles qui ne le savent pas, ce n’est point grave… C’est seulement un prétexte pour mettre en valeur les commentaires suivants de Serge Charbonneau, un lecteur du Devoir qui a su restituer les limites confuses du texte du journaliste québécois basé à Paris, en même temps que certains travers de la société québéco-canadienne ainsi que les insuffisances mêmes de la prétentieuse déclaration de Nicolas Sarkozy. C’est un texte qui vaut le détour, c’est un texte ambitieusement réussi ; j’en ai félicité l’auteur et je ne peux ne pas le partager… Il date du vendredi 24 octobre 2008. Il s’adresse enfin à ce même personnage qui un jour, à Dakar, trouva l’Afrique et les Africains absents de l’histoire et de la modernité… Depuis, il n’a pas changé et j’exagère à peine. Après sa croisade contre l’Afrique qu’il ne connaît pas, il est venu en faire autant ici –un Québec et un Canada qu’il ne connaît nullement, et maintenant, il est annoncé à Washington DC pour changer le capitalisme, dit-il, un capitalisme qu’il ne connaît manifestement pas et commence déjà à confondre avec certaines institutions régulatrices. C’est comme si quelqu’un veut changer la Liberté après que tout le monde y ait gouté, changer les humains et les spéculateurs tant qu'à y être. Vous voyez le genre… Enfin !
Bernard Buffet, Les Folles
Je ne sais pas si c'est partout pareil, mais je n'ai pourtant rien remarqué de semblable nulle part ailleurs où je me suis promené.
Il y a, bien sûr, au Venezuela, où l'on trouve une polarisation politique très intense. On s'invective sévèrement un clan contre l'autre, les chavistes contre les anti-Chávez. Mais cette division se comprend facilement. Juste à voir la tenue vestimentaire, le moyen de locomotion ou l'habitation dans laquelle vivent les antagonistes et nous sommes fixés. C'est une lutte des classes. Les démunis de toujours, les bafoués, les moins que rien contre les nantis, les riches, l'oligarchie.
Mais ici !
Dans la rue, à l'épicerie, au centre d'achat ou dans les salles de spectacles, on ne décèle rien. On ne peut se douter qu'il puisse y avoir cette fraction. Deux clans, une polarisation souvent extrême. Deux groupes ayant des visions opposés, qui poussent parfois jusqu'à la haine. Les "séparatistes" et les "fédéralistes".
Aucun des groupes ne peut être désigné comme le champion de l'intolérance. Les deux clans sont égaux. Leur inconciliable différend les pousse à s'affronter constamment comme si un consensus était totalement utopique. Quelle tristesse!
Quelle tristesse lorsqu'on ne peut plus se parler! Quelle tristesse "l'irréconciliabilité", quelle tristesse lorsque le compromis ne peut être envisagé. Comme si le Québec ne réussira jamais à faire un tout, comme si notre division servira toujours les intérêts des colonisateurs.
Avec le sujet que soulève M. Rioux aujourd'hui, j'entrevois déjà les propos déplacés, les exagérations incroyables, les invectives les accusations et les insultes.
Le cours de débat 101 devrait être obligatoire. L'art de défendre son point de vue en attaquant les arguments et non les personnes. L'art d'exposer et d'étayer son idée et d'affaiblir les arguments adverses par de meilleurs. L'art de rester poli et civilisé même si tous ne partagent pas notre opinion. L'art d'admettre ses torts et ses faiblesses plutôt que de démolir, les deux yeux fermés tout en étant bien enragé.
« Il n'est pas facile de parler calmement de la France au Québec. »
Il n'est pas facile de parler d'indépendance au Québec.
Il n'est pas facile de parler de religion au Québec.
Il n'est pas facile de parler du crucifix au Québec. Tout comme du voile, d'ailleurs.
Il n'est pas facile d'exprimer son opinion au Québec.
Il n'est pas facile d'être de gauche au Québec.
Il n'est pas facile de débattre au Québec. Ça vire rapidement en chicane. Paradoxalement, nous sommes reconnus pour le peuple qui n'aime pas la chicane. Je crois plutôt que nous sommes le peuple qui a toujours eu peur de mettre ses idées de l'avant. À l'intérieur même de nos familles respectives et avec nos amis, on hésite à dire un peu trop ses idées. «On n'aime pas la chicane !»
On devrait plutôt dire: Nous sommes incapables de débattre. Nous sommes incapables de faire la part des choses. Comme M. Rioux qui est incapable de dissocier humour et racisme: « ce sketch grinçant où Gérard D. Laflaque disait à Nicolas Sarkozy qui s'était mis dans la tête de récupérer des otages français au Québec: «Servez-vous. Ça tombe bien. Y'a plein de Français qu'on aimerait bien qu'ils repartent.» Imagine-t-on la même réplique concernant des Noirs ou des Juifs? »
Ouf ! Les Noirs ou les Juifs !
M. Rioux ne craint pas le ridicule. Il me semble que son parallèle est douteux et inadéquat. M. Rioux semble vouloir jeter de l'huile sur le feu dès le départ. Ici, il provoque bien plus qu'il fasse réfléchir.
Heureusement, M. Rioux poursuit avec plus de retenue. C'est bien évident que ce ne sont pas quelques mots d'un petit politicien qui peut changer certains "acquis" historiques du Québec en France. La France nous aime toujours!
Mais, il faut aussi convenir que le discours de M. Sarkozy dénotait la maladresse ou l'inconscience du président français. J'ai l'impression que le "Vive le Québec... Vivvve le Québec liiiibrrre!" du Général était beaucoup plus réfléchi. Ces mots n'ont pas été lancés en débarquant d'un avion et pressé de prendre le vol suivant. Ils ont été lancés devant une foule en liesse et après avoir parcouru lentement tout le chemin du Roy. Après plusieurs, discours tout au long du parcours qui préparait le terrain à cette «affirmation», à cette consécration.
Le petit discours de Sarkozy est à son image. Un hyperactif sans grande envergure qui voudrait bien être de la trempe des Grands. M. Sarkozy aurait avantage à prendre des leçons d'Histoire et de diplomatie. Il apprendrait ainsi qu'il y a une différence entre dire quoi faire comme l'avait fait Clinton qui nous disait comment voter et quoi penser et livrer son émotion comme l'a fait le général de Gaulle en 1967.
Sarkozy, à l'instar de ses idoles états-uniennes, aime bien dire au monde quoi faire. Il aime bien signifier qu'il connaît LA voie, comme l'administration Bush connaît LE bien.
Il y a une différence énorme entre dire ses sensations et dire quoi faire.
Dire "Vive le Québec libre" est bien différent que de dire que le Canada DOIT rester uni.
Au premier on peut lui dire: Vous n'avez pas raison mon Général et à l'autre on peut carrément lui dire: Aille bonhomme, mêle-toi de tes affaires. Les Québécois et les Canadiens sont capables de régler leurs problèmes entre eux. Retourne chez toi, règle tes choses et laisse-nous régler nos affaires. Hein ?
C'est accordé beaucoup trop d'importance aux propos de ce petit personnage pompeux qu'est M. Sarkozy de dire: "ses propos à la citadelle de Québec représentent à leur manière une copie en négatif du célèbre «Vive le Québec libre!»."
Comme dit si bien M. Rioux: «n'est pas de Gaulle qui veut!»
Non, M. Sarkozy est bien loin d'être de Gaulle! Et son appui "ingérente" à l'unité canadienne est bien loin du "Vive le Québec libre" du Général.
« Si l'ingérence en faveur d'un petit peuple qui cherchait à s'émanciper était pour certains «inacceptable» en 1967, on ne voit pas pourquoi celle en faveur d'un riche pays du G8, allié des États-Unis et dont l'unité n'est guère menacée le serait moins en 2008. »
« Ingérence empreinte d'un paternalisme »
Voilà la marque de commerce de M. Sarkozy. Comme c'est aussi la marque de commerce de l'Impérialisme économique et militaire de nos voisins du sud.
Il est grand temps que l'on retrouve un monde pluripolaire et que chacun s'occupe de SES affaires et cesse de dire à tous et chacun quoi faire chez lui.
Chaque nation a sa voie, chaque tribu a sa culture, chaque région ses caractéristiques et chaque peuple a sa fierté et sa dignité. Le monde se portera mieux lorsque ceux qui se croient supérieurs, cesseront leur ingérence effrontée.
De conclure à un recul du mouvement souverainiste qui justifierait le choix du discours opportuniste de M. Sarkozy, m'apparaît facile. Je ne crois pas que le mouvement souverainiste soit si défait. Je crois plutôt que nous sommes à la croisée des chemins quant au choix de société dans laquelle nous voulons vivre. Aussitôt ce choix clarifié, le mouvement souverainiste rejaillira avec plus de vigueur. Les racines du souverainisme sont trop profondes pour être négligées.
Il est clair que l'attitude déplacée de M. Sarkozy reflète son opportunisme de bas étage. On sent bien qu'il veuille se rapprocher des États-Unis et du Canada de droite. On sent bien que ce petit président discourt en fonction des sondages et des contrats lucratifs. C'est de la petite politique et effectivement, M. Sarkozy ne s'est pas fait de grands amis ici lors de son passage éclair.
Je l'invite à aller voir ailleurs qu'au Québec, s'il y est.
Serge Charbonneau,
Québec
Rédigé par psa le 26/10/2008 à 03:38
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Ad Valorem
«Allons enfants de la Patrie| Le jour de gloire est arrivé|
Contre nous de la tyrannie |L'étendard sanglant est levé |
Entendez vous dans les campagnes |Mugir ces féroces soldats |
Ils viennent jusque dans vos bras égorger vos fils, vos compagnes|
Aux armes citoyens! Formez vos bataillons! Marchons, marchons |
Qu'un sang impur abreuve nos sillons.»
Théophile Alexandre STEINLEN
Pur archaïsme rétrograde que de vouloir jouer les hymnes nationaux dans les stades de football, avant le début des rencontres sportives, au risque de les voir chahuter et siffler par une partie des spectateurs, même si c’est La Marseillaise française. L’amour de la patrie n’exclut pas que l’on ait le droit d’exprimer son désaccord avec son pays. Il y a lieu d’écouter, bien au contraire, les raisons de ce mal-être qui fait que certains citoyens ne se retrouvent pas dans les normes d’exclusion qui semblent désormais être leur quotidien dans leurs propres pays. Et ces Tunisiens qui auront sifflé la Marseillaise, parce qu’ils sont aussi des Français exclus de leur société, ont le droit de s’exprimer et de se faire entendre. La valeur du drapeau ou de l’hymne national n’est pas à confondre avec les vraies valeurs que la France s’est données dans sa devise : Liberté Égalité Fraternité. En autant que certains citoyens français sont concernés, ces valeurs sont loin d’être respectées, et ces citoyens ont le droit de lutter, pacifiquement, contre leur exclusion. On est pas moins Français en protestant contre la France, contre cette France là qui ne voit pas, qui n’écoute pas, qui ne reflètent pas la réalité de sa société actuelle. Pour s’en convaincre, juste prendre une des photos du Onze National français, l’équipe nationale de football –de loin le sport le plus populaire et le plus représentatif, et une photo de l’équipe gouvernementale française, disons de 1998 à 2008, les comparer et on a vite fait de s’en convaincre qu’on ne parle pas de la même réalité si tant est qu’on parle de la France. Pour s’en convaincre encore, relire les différentes strophes de La Marseillaise, lesquelles ne passeront jamais de nos jours, le moindre test de la modération ou celui de la devise même de la France ; seule la force de l’histoire et le droit d’en conserver les reliques permettent de préserver les propos très particuliers de La Marseillaise, lesquels propos, désuets voire caduques, appartiennent à une époque autre et révolue. Le radicalisme révolutionnaire, le fanatisme étatique et la récupération politique sont généralement sources du totalitarisme au détriment des valeurs universelles auxquelles les enfants de la France réelle d’aujourd’hui s’identifient aisément. Allons, enfants de la patrie, tous autant que vous êtes, enlevez les hymnes nationaux des stades de football et le sport s’en porterait mieux. Si les hymnes nationaux étaient si nécessaires, la vie se devait d’être arrêtée tous les matins pour que nos journées commencent par ces chansons. C’est de la pure illusion traînée à travers les âges que cette adoration fanatisante qui relève du passé plutôt que de l’avenir des États. Ces chants de ralliements sont nécessaires à certains moments seulement ; ils sont loin d’être indispensables à notre vie laborieuse et à nos loisirs d’existence… sauf respect !
Rédigé par psa le 20/10/2008 à 00:20
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Mot à Maux
Auguste-Jules Robert
Rien n’a pratiquement changé après les élections canadiennes : toujours un gouvernement qui sera conduite par une minorité parlementaire du Parti conservateur à Ottawa… Rendez-vous manqué donc ! Ce qu’il y a réellement d’excitant c’est que nos amis du Parti Libéral du Canada vont devoir penser à changer de chef. Le professeur d’université et moins excitant Stéphane Dion, ci-devant chef des Libéraux, va probablement trouver les moyens de démissionner de lui-même. Pour l’heure, il faut rester élégant et donner le temps à Stéphane Dion de sortir de sa réflexion après une défaite si cuisante qu'est la perte de dix-neuf députés par les Libéraux. Un autre rendez-vous manqué.
Rédigé par psa le 15/10/2008 à 20:34
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Silence
Raph Delorme
C’est assez curieux, mon vieil instituteur nous le disait aussi –à nous jeunes bambins, que l’ignorance peut devenir une grave faute si l’on s’y complait. C’est essentiellement le cas par ces temps où la complaisance a fait nid partout, particulierement dans les médias et mettant ainsi à mal, et la raison et le bon sens. Mais il en reste certains qui sortent de ces pièges pour inscrire leur réflexion dans l’audace et la vivacité, quitte à frôler l’impertinence. On l’a vu avec Joseph E. Stiglitz qui, de la Maison Blanche à la Banque Mondiale n’a pas eu de cesse de fonder sa réflexion économique sur la nécessité d’une présence étatique renouvelée ; il en a été récompensé par un prix Nobel au tournant de ce siècle, en 2001. Aujourd’hui même ou hier c’est selon, son ami Paul Krugman adepte de ce renouveau du keynésianisme est aussi honoré par le Nobel 2008. Cette plume admirable qui sévit dans le New York Times en vulgarisant la réflexion audacieuse mérite bien cette reconnaissance qui vient faire un pied de nez aux fanatiques du marché sous le règne finissant de W. De ces incompétents portés au pouvoir par le simple des hasards, Paul Krugman écrivait un jour : «J’ai utilisé pour la première fois en octobre 2000 le mot "Orwellien" pour décrire l’équipe Bush. Même à cette époque, il était évident que George W. Bush ne s’entourait que de gens qui insistent pour dire que le haut se trouve en bas, et que l’ignorance est une force. Mais le coût global que son déni de la réalité a causé ne commence que maintenant à se faire jour. Le Président Bush et le vice-président Dick Cheney ont une capacité sans égal pour se tenir à l’écart de la réalité lorsqu’elle ne les arrange pas. Ils dirigent un parti qui contrôle les trois branches du gouvernement, et ont en face d’eux des médias d’information qui parfois se révèlent être des fervents partisans, ou du moins sont réticents à rapporter complètement que ces hommes politiques ne disent pas la vérité. Et aussi, ils bénéficient toujours de ce qu’il reste de la confiance qui leur a été accordée après le 11 septembre. Ceci leur a permis de s’engager dans ce qu’Orwell appelait "le contrôle de la réalité". Dans le monde de l’administration Bush, nos dirigeants sont infaillibles, et leurs politiques réussissent toujours. Si les faits ne correspondent pas à cette vérité, ils les nient tout simplement. En tant que stratégie politique, le contrôle de la réalité a très bien fonctionné. Mais en tant que stratégie de gouvernement, cela a conduit à un désastre prévisible. Lorsque les dirigeants vivent dans une réalité inventée, ils font un très mauvais travail pour s’occuper de la vraie réalité. (…) Pourquoi l’économie a-t-elle connu d’aussi mauvais résultats ? Bien après qu’il était devenu évident à tous ceux qui n’étaient pas dans ce gouvernement que la stratégie de réduction d’impôt n’était pas la manière efficace de créer des emplois, les officiels de ce gouvernement continuèrent de promettre de colossales créations d’emploi, incessamment. Personne ne pouvait leur dire autre chose. Pourquoi la chasse aux terroristes fut-elle un tel échec ? Il est évident depuis des années que John Ashcroft ne fait pas seulement peur ; il est aussi effroyablement incompétent. Mais à l’intérieur de ce gouvernement, il est considéré comme l’homme de la situation – et personne ne dit le contraire. La question est que dans un monde réel, en opposition au monde politique, l’ignorance n’est pas une force. Un leader qui a le pouvoir politique de prétendre qu’il est infaillible, et qui utilise ce pouvoir pour éviter de reconnaître ses erreurs, finit par faire de telles erreurs qu’elles ne peuvent pas être dissimulées. Et c’est ce qui est en train d’arriver à M. Bush. »
Rédigé par psa le 14/10/2008 à 00:37
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Horizon
Voici la nouvelle telle qu’elle est apparue sur les ondes de Radio Canada et sur le site internet de cette respectable institution d’information, ce jour même, à 48 heures des élections fédérales du 14 octobre 2008 : « La police de Québec confirme avoir reçu une plainte d’Élections-Canada au sujet de la disparition de trois urnes de vote par anticipation dans la circonscription de Québec. Élections Canada a décidé, samedi, de rappeler toutes les urnes entreposées chez les scrutateurs, dont certaines étaient endommagées. Le sceau de certaines urnes s’était défait et les bulletins de vote étaient accessibles. Trois sont demeurés introuvables. La Sureté municipale à ouvert une enquête. Il y a des soupçons quant à la possibilité qu’il puisse s’agir d’un vol. Pour la première fois, Élections Canada avait permis aux scrutateurs de conserver les urnes à leur domicile jusqu’au soir du dépouillement. Le Soleil rapporte que le porte-parole d’Élections-Canada, André Bédard ne s’avance pas sur la possibilité de reprendre le vote par anticipation dans la circonscription de Québec, tant que les résultats de l’enquête ne seront pas connus. Selon TVA, le Parti conservateur aurait déjà engagé un avocat et s’apprêterait à contester les résultats du vote par anticipation dans la circonscription de Québec. » Oui, nous sommes bien au Canada. Et pourtant, hors de tout entendement, l’institution en charge des élections autorise que des urnes de votes utilisées et donc remplies, soient gardées à la maison, deux semaines durant avant leur décompte. Et il semble que c’est la première fois… par hasard, le tout se passe dans une région où l’on nous annonce que le parti au pouvoir et ses députés sont en difficulté : la Région du Québec. Naturellement, cette enquête déclenchée arriverait tard à une conclusion, et personne n’y comprendra toujours rien. C’est tout le scenario d’une République bananière. Et c’est seulement ce qui est visible à l’œil nu et connu du public. De plus en plus, plusieurs personnes votent par anticipation. Et curieusement, ce dimanche matin même je me faisais dire que les votes par anticipation sont souvent tripatouillés. Et voilà, preuve à l’appui, que nous devons de nouveau perdre nos illusions en gardant le droit de nous demander si nos dirigeants sont vraiment ceux et celles que nous choisissons, ici et ailleurs. Et Paul Krugman, le Nobel 2008 en Économie, a bien raison de dire que la Démocratie est en danger dans ces conditions incroyables...
Paul Krugman.LaDemocratieEnDanger.pdf
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Rédigé par psa le 13/10/2008 à 00:13
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Mot à Maux
Gustave Courbet
Il est d’usage d’attribuer le Nobel de la littérature aux plumes rebelles et peu conventionnelles. Dans les six domaines des Prix Nobel (les cinq prix initiaux médecine, chimie, physique, littérature et paix autant que le plus récent, l’économie), seule la littérature offre ce plaisir de ralliement surprenant entre la compétence, la désinvolture, l’audace et la rébellion. JMG Le Clézio en est l’illustration parfaite et la reconnaissance de cette particulière plume audacieuse est un plaisir divin. C’est bien lui qui, perdu dans son identité, a du refaire le voyage vers le continent africain afin de découvrir la parenté avec ses racines identitaires, avant de s’installer au Mexique pour longtemps. Longtemps, sans oublier de fustiger l’abus du matériel dont l’occident s’est rendu friand : « On vit dans une bulle en Europe, quand on croit que tout est donné, qu’on va continuer à vivre indéfiniment sur ces richesses prises au tiers-monde, qu’on va continuer encore longtemps à prendre ici le charbon, là l’uranium, et ailleurs les énergies fossiles. C’est aveugle, c’est déraisonnable » Cet Africain particulier honoré, on ne pouvait pas penser que l’autre Finlandais-Africain, Martti Ahtisaari sera enfin retenu comme le Nobel de la Paix 2008. Comme Alfred Nobel lui-même, ce polyglotte d’Ahtisaari possède une conviction inébranlable sur la force de la diplomatie, depuis son tout premier poste d’ambassadeur en Tanzanie jusqu’à ses dernières médiations post-présidentielles. Mais c’est encore à JMG que je reviens pour illustrer toute la couleur de ces deux personnalités : « J'ai longtemps rêvé que ma mère était noire. Je m'étais inventé une histoire, un passé, pour fuir la réalité à mon retour d'Afrique, dans ce pays, dans cette ville où je ne connaissais personne, où j'étais devenu un étranger. Puis j'ai découvert, lorsque mon père, à l'âge de la retraite, est revenu vivre avec nous en France, que c'était lui l'Africain. Cela a été difficile à admettre. Il m'a fallu retourner en arrière, recommencer, essayer de comprendre. En souvenir de cela, j'ai écrit ce petit livre (L’Africain). »
Rédigé par psa le 10/10/2008 à 08:10
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Diplomatie Publique
Tout est encore possible. Mais, sauf catastrophe, il est désormais entendu –particulierement après l’avant dernier débat entre les prétendants à La Maison Blanche, que Barack Obama sera le prochain président des États-Unis d’Amérique après George Walker Bush. Pourquoi? Parce que dans les démocraties établies, le terrain est le reflet de la réalité : il ne trompe pas. Sur le terrain étatsunien, comme au Canada où nous avons actuellement une élection fédérale tout aussi importante mais moins cruciale, certaines unités électorales, selon leur profil démographique, ont un portrait de vote bien prévisible selon les moments. Il est ainsi impossible en 2008 d’imaginer que la Californie ne soit pas, au total des comtés électoraux, favorable aux Démocrates ou que le Texas ne vote pas pour le candidat Républicain. Après cette arithmétique de base qui donne déjà un certain avantage aux Démocrates, en termes de Grands électeurs, il faut observer les États indécis où la domination d’un camp par rapport à l’autre n’est pas aussi claire, définitive et tranchée. Ces États pourraient donc se retrouver aussi facilement dans un camp comme dans l’autre à la faveur de certains aléas électoraux dont la fraude, qui existe partout, même aux États-Unis et au Canada… les humains étant partout et dans ces démocraties également. Alors, chez nos amis Américains, cette année, nous dit-on, il nous faudra observer particulièrement la tendance dans une douzaine d’États qui peuvent balancer d’un côté comme de l’autre dans ces Swing States. Théoriquement, une analyse qui part de la réalité actuelle et se concentre sur la tendance dans les États baromètres de cette année électorale pourrait raisonnablement prédire si les résultats électoraux seront serrés jusqu’au dernier jour ou s’ils seront à la faveur d’un camp par rapport à l’autre. On connait l’épisode de la Floride il y a huit ans : comme dans une République bananière, le vote qui y était très serré et devait permettre à un camp comme à l’autre de gagner les élections avait finalement été accordé à George W. Bush dont le jeune frère était justement gouverneur de cet État, par un curieux hasard. Un bon exemple pour certains de nos amis qui imaginent toujours la démocratie comme définitive et parfaite, au lieu de la considérer comme un processus indéfiniment perfectible. Et des exemples caucasses de ce genre existent partout à travers le monde; ils sont tout à fait exotiques selon le niveau du pays dans l’échelle démocratique… Ainsi donc, en cette année 2008 et en moins de quatre semaines des élections, notre ami Barack est tout de même suffisamment en tête dans dix États critiques (Floride, Pennsylvanie, Ohio, Michigan, Caroline du nord, Wisconsin, Colorado, Iowa, Nevada et New Hampshire) contre deux seulement à son adversaire John McCain, la Virginie et l’Indiana notamment. Dix sur douze pour Barack, et souvent avec des avances déjà confortables dans certains États comme le Michigan. En gardant tout cela le plus simple possible et avec une froideur politique, il est tout à fait impossible à John McCain de regagner le terrain perdu. Terrain perdu car, comme chacun peut l’imaginer, Barack Obama dispose toujours d’une armée de bénévoles enthousiastes qui écument des jours et des nuits, admirablement et sans relâche, les quartiers de tous les comtés électoraux de ces États. C’est pour tout cela que je suis certain que l’histoire va se faire, va se voir et se dire, sous nos yeux admirateurs… Sachons attendre l’évidence toutefois! En artistes visionnaires, soyons patients pour ne pas vouloir explorer, plus loin, les insondables chemins du futur sans que nous n’y soyons invités…
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Rédigé par psa le 08/10/2008 à 06:32
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Horizon
Agréable première fin de semaine d’octobre 2008. Invité avec une cinquantaine de personnes, toutes et tous des amis de la même personne, la dame aux mille prénoms reflétant son passage dans plusieurs coins du monde, et désireuse de donner l’occasion à son cercle d’amis de se connaître les uns et les autres. Pas d’occasion spéciale que celle provoquée par une personne qui croit en l’amitié noble, une personne qui possède aussi des mots pour le dire publiquement ; ce qui me donne l’occasion de partager sa croyance en l’amitié…
Un sentiment que je partage avec vous
Depuis des années.
Souvent,
Nos amis nous font découvrir
ce qu’est le bonheur d'être heureux.
Ces êtres humains nous donnent l'espoir
de voir la clarté dans le noir.
Les vrais amis ont une oreille attentive,
apprendre à les écouter
nous aide à avancer.
Nous partageons avec ces merveilleuses
personnes nos plus grandes passions
qui nous donnent tant d'émotions.
J'en appelle à l'amitié, celle qu'on dit éternelle,
Quand on est enfin libre, de donner sa confiance
Et partager nos larmes, comme nos éclats de rire
Ou se laisser aller à faire des confidences.
J'en appelle à l'amitié, celle qu'on dit si belle
Quand on est allongé, sur un lit de douleur
Dans un hôpital gris et déshumanisé,
La porte qui s'ouvre enfin, sur l'ami espéré
Fait scintiller les murs et oublier la peur.
J'en appelle à l'amitié, celle qu'on dit fraternelle
Quand on est différent, soit de couleur de peau
De religion, de classe, ou de façon de vivre,
Sa tolérance est telle, qu'on la trouve si belle.
L'ami qui nous accepte, et nous fait rire
Merci de partager ce moment important.
Alice, Lily, Alice-Eva, Alicia, Eva, Ronel, Aïcha, Fatou, Yawa.
Rédigé par psa le 06/10/2008 à 21:13
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Ad Valorem
Comme l’OktoberFest qui se termine cette fin de semaine, la saison des défilés de mode de Paris, pour le prochain printemps-été-2009, prend aussi fin. Chose ordinaire que de pousser curiosité à savoir ce qui se passe ailleurs, par moment… Surprise! Jean-Charles de Castelbajac dans son extravagance et sa créativité connues a encore étonné en votant simplement Obama. Cette robe jaune noire –les couleurs de ma Modèle lointaine- retenue dans ses manches et à la poitrine est lâchée par la suite pour offrir tout l’espace à l’effigie Obama et receuillir l'approbation populaire. Le monde entier a effectivement voté Obama, la bière est vraiment tirée, « O' zapft is! » aurait dit nos amis allemands; il reste à boire cette bière dans un mois, jour pour jour, à la nouvelle NovemberFest dans le vaste champ mondial.
Rédigé par psa le 04/10/2008 à 07:35
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Diplomatie Publique
Dans quelques jours l’histoire se fera et elle se dira par des milliers d’échos à travers le monde. Ce mois d’octobre a l’avantage d’annoncer celui d’un novembre particulier qui, je l’espère, connaitra la victoire de Barack Obama aux présidentielles américaines. Nous sommes encore loin de la fibrillation qui devrait s’emparer de nous dans un mois. Alors je prends le temps de dire que ce fut un long parcours que de croire à ce qui était loin d’être aussi claire pour les uns et les autres, même dans mon environnement proche. C’est à un travail de proximité que je me suis destiné depuis bientôt deux ans. Certains on fini par se rallier ; d’autres attendent encore pour y croire. C’est merveilleux tout cela et c’est dans l’ordre normal des choses. Aujourd’hui même, les derniers sondages d’opinion disponibles confirment la tendance inéluctable qui se maintient vers cette elle-même inéluctable victoire. J’en serai d’autant déçu si elle n’advenait pas. Tout simplement, parce que Barack est le meilleur choix, face à l’alternative John McCain. Je reste donc sur cette fascination politique en m’exerçant à dire le moins possible sur les autres sujets politiques qui peuvent avoir des arrières goûts moins jouissifs et subliminaux. C’est le cas de cette sortie bizarre contre François Boko fomenté par un certain LPV de Montréal. Oui de Montréal ! Comme quoi l’inutilité intellectuelle et l’incompétence débridée sont assez bien réparties. Je savais qu’il a existé dans la communauté des Togolais du Canada, certains qui avaient plaisir à prendre photo avec des responsables de la CEDEAO, à l’époque, et se réveiller qualifiés pour libérer le Togo. Je savais que certains avaient eu malin plaisir à détourner la diastode de ses nobles objectifs, à s’en accaparer et depuis, ne pas savoir quoi faire avec, parce que simplement incapables et peu démocrates pour rendre tablier et débarquer pour ne pas ressembler à tous les confiscateurs de pouvoir. Je savais surtout que certains se sont rendu compte que le radicalisme verbomotorisé était nourri par une connaissance très approximative et nettement insuffisante de l’art politique. Ouvrons ici une parenthèse pour dire que beaucoup de Togolais souffrent du Syndrome Eyadema. C’est un sentiment, un état psychosomatique élusif qui fait que certains Togolais, les hommes surtout, pour peu qu’ils aient mis pieds à l’école primaire, et encore plus lorsqu’ils sont titulaires d’un quelconque diplôme –du simple certificat d’étude primaire au baccalauréat, à la maîtrise et surtout un doctorat- pensent être qualifiés, tous autant qu’ils sont, à diriger le Togo. Il y a Syndrome Eyadema chez ces gens parce qu’ils sont persuadés que si sans diplôme connu Gnassingbé Eyadèma a dirigé le Togo, eux aussi, parce que diplômés en tout et en rien, sont nettement qualifiés pour être président de ce pays. On les a vu tous tourner en rond et se mordre queues et nez le 5 février 2005 et nous livrer le désolant et couteux résultat que nous connaissons et pour lequel plus aucun Togolais n’est plus prêt à donner sa vie pour tant d’amateurisme, un véritable pont vers nulle part. Mais aussi et jamais, je ne savais que le syndrome et l’amateurisme se sont si vite propagés au point d’atteindre certains des nôtres ici au Canada. Maladie honteuse sans doute que cette incapacité à s’affranchir de l’amateurisme et s’immuniser contre le syndrome Eyadèma qu’un certain LPV –incapable de se nommer à visage découvert se trouve atteint pour porter son imagination dans un verbiage alambiqué, sans tête ni ventre, pour ensuite aboutir à dégueuler une théorie du complot dont François Boko serait l’agent. Honteux ! Simplement honteux ! Heureusement que nous disposons d’un Évariste Messan –vrai ou faux nom, pour instruire encore ces apprentis politiciens et cyber-militants fossoyeurs des rares actes de bravoure que compte l’univers togolais. Réussie ou pas, l’œuvre Boko mérite respect et nom diffamation et négation. De grâce, offrez-nous un mois d’octobre de grande qualité pour accueillir l’histoire, la grande histoire que d’autres nous donnent en exemple.
Rédigé par psa le 03/10/2008 à 03:03
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