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Pierre S. Adjété
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Reste les comptes de fées laissés à côté des petits souliers en cartes de crédit.
Bonne Année nouvelle 2010!


Personnalité de l’année
Personnalité de l’année

Rédigé par psa le 27/12/2009 à 15:15 | Permalien

Mon Blog-Note

Lendemain du jour de naissance de son fils, partons à la rencontre de Joseph. Doux, attentif, concret. «Epoux non possessif de sa femme et de son fils». Le mari de Marie est «l’ancêtre des pères d’aujourd’hui». De plus, voilà un homme qui accepte sans broncher de s’occuper d’un enfant qui n’est pas de lui, «comme tant d’hommes sont amenés à le faire aujourd’hui». C’est un scoop : Joseph est le modèle des pères modernes.


Mangilli
Mangilli
La psychanalyste française Marie Balmary, auteur de La Divine Origine: Dieu n’a pas créé l’homme, interroge quant à elle la Bible depuis vingt-cinq ans. Et en tire la surprenante conclusion que, dans la suite d’Abraham et Sarah, c’est le couple formé par Marie et Joseph qui est moderne, «s’il est vrai que ce que nous cherchons aujourd’hui, c’est une relation entre un homme et une femme où chacun a sa juste place». Un couple qui est tout le contraire de celui, raté, d’Adam et Eve: d’abord, parce que, lorsque Joseph apprend que Marie est enceinte, «il ne la désigne pas comme coupable». Ensuite, parce que «Marie, contrairement à Eve, résiste à la promesse mirifique, à la tentation de faire un enfant toute seule avec l’Eternel». A la naissance de Caïn, en effet, Eve dit: «J’ai acquis un homme avec YHWH (Dieu).» Elle ne mentionne pas la paternité d’Adam. Marie en revanche, lorsque l’ange lui annonce qu’elle enfantera le fils de Dieu, s’étonne qu’une telle chose soit possible puisqu’elle ne connaît pas d’homme. «Relation sans connaissance? Symbole à interpréter?» se demande Marie Balmary. Voilà en tout cas un homme, Joseph, «époux non possessif de sa femme et de son fils». Et une femme, Marie, qui «n’est pas une mère porteuse», mais signifie clairement que la place à ses côtés est occupée par Joseph. «Ton père et moi nous te cherchions», dit-elle à Jésus lorsqu’elle le retrouve au temple. «D’une certaine manière, conclut Marie Balmary, Marie et Joseph représentent un accomplissement. Car une mystérieuse réussite a lieu lorsque l’humain n’est issu ni d’un père tout-puissant ni d’une mère toute-puissante, mais d’une relation puissante.» Cette passionnée de la Bible, qui s’est mise à apprendre l’hébreu après avoir découvert les traductions d’André Chouraqui, va plus loin dans ses écrits: elle est parvenue à la conviction que, dans le texte, Dieu lui-même n’est pas tout-puissant. Et que «cette figure d’ogre» qui s’est imposée à nous est bien souvent issue de la tête des lecteurs et des traducteurs. Dans le texte original, note Marie Balmary, le Père dit «nous»: «Nous ferons l’humain en notre image.» «Où est la mère, se demande la psychanalyste? Serait-ce l’humanité?» En tout cas, pour elle, les choses sont claires: «On est dans une religion de la relation.» Pas de la possession, pas de la toute-puissance, pas de l’exclusion. De la relation. Que Dieu l’entende. //////Anna Lietti



Rédigé par psa le 26/12/2009 à 01:36 | Permalien

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La crise financière, et la crise économique qui l’a suivie n’ont pas déboulonné la statue du libéralisme. Mais celle-ci n’est pas sortie indemne des turbulences de l’année 2009.
Il y a tout à coup comme un grand vide dans les sociétés occidentales. Les mythes ont disparu de l’horizon humain. Les grandes idéologies se sont effondrées. Dieu est mort. Les instances politiques et religieuses peinent à donner du sens à la vie individuelle et collective. La raison, la technologie et la science n’y parviennent pas davantage. Le matérialisme? Une aspiration plus qu’un rêve, dévoyée par la cupidité des chasseurs de primes qui ont voulu en faire la finalité du fonctionnement économique et social. Le fracas de cette illusion anéantit la dernière croyance contemporaine.


Léonard de Vinci, L'homme de Vituve
Léonard de Vinci, L'homme de Vituve

Comment habiter une vie sans repères? On pressent que la réponse se situe du côté de la spiritualité. De la spiritualité, et non de la religion, qui suscite craintes et méfiance. Mais dans une société désormais sécularisée, attachée à sa laïcité, le christianisme a-t-il encore quelque chose à dire? Sans doute. A condition de trouver un langage qui puisse se frayer un chemin vers le cœur de l’être humain. C’est l’épreuve du feu. Comme le dit le théologien, philosophe et psychanalyste français Maurice Bellet dans l’entretien qu’il nous a accordé, «la culture chrétienne est devenue comme une langue morte ne parlant plus qu’à quelques initiés». Or le vide spirituel est propice à la montée des intégrismes et fondamentalismes de toute obédience, c’est pourquoi il devient urgent de le combler. Pas avec des formules désuètes ou une spiritualité vague qui s’apparente à une quête de bien-être personnel. C’est le sens de l’humain qu’il nous faut retrouver. Un défi à la mesure de la foi chrétienne, dont la préoccupation essentielle, contrairement à ce qu’on en retient d’habitude, n’est pas la relation de l’homme avec Dieu, mais des hommes entre eux. Que signifie Noël sinon que Dieu s’est fait homme? Oublions donc Dieu, un terme obscurci par trop de malentendus. Et tournons-nous vers l’être humain. Car l’enjeu est de préserver ce qui fait que l’homme est humain. De fertiliser ce terreau sur lequel ont grandi la compassion, l’amour, la générosité, tant d’autres valeurs cardinales de notre civilisation. Et de veiller ainsi à ce que la lumière qui habite l’homme ne s’éteigne pas.////// Patricia Briel


Rédigé par psa le 24/12/2009 à 08:20 | Permalien

Silence

Mot à Maux

Bertram Brooker, Le nu canadien
Bertram Brooker, Le nu canadien
Nulle part au monde, pas plus au Canada qu'ailleurs, les élections n’ont constitué des solutions aux problèmes politiques de grande envergure, particulièrement en l’absence de démocratie. Elles ne feront donc pas de miracles en mars prochain ni à Madagascar ni au Togo qui font face, tous les deux, à des réalités politiques assez contrastées dans lesquelles les paramètres d’analyse sont souvent brouillés par une certaine lassitude qui ne tarde pas à prendre le contrôle des esprits en commande de ces pays. Le pari d’Andry Rajoelina de nommer Albert Camille Vital comme nouveau Premier ministre à la place d’Eugène Mangalaze désigné le 6 octobre 2009 par consensus entre les différentes mouvances malgaches, est une pure défiance de la logique politique. Cécile Manorohanta n’a donc assumé la fonction de premier ministre que pour quelques heures. De la part du chef d’État intérimaire Rajoelina dont la vivacité d’esprit et l’impatience sont connue de tous, même s’il faut avouer que certains le prédisaient; ils n’avaient donc pas tort. La seule question qui se pose tout le monde est maintenant de savoir comment le TGV passera les nombreuses frontières que constitue la barrière diplomatique internationale qui lui a déjà fait essuyer des revers proches de l’humiliation face à son entêtement. Madagascar serait-il sur la voie royale du Togo longtemps mis au banc des accusés et auquel toute assistance internationale avaient été refusée? Personne n’est obligé de répondre à cette question dans la précipitation tégévéenne. Prenons donc le plaisir d’y méditer en voyant les choses se préciser. Étonnant pari politique que ce rapide tournant électif malgache, tout de même ! Au Togo, on va plutôt très lentement, tout doucement. On va à ce rythme au Togo parce que Faure Gnassingbé doit faire du ménage politique, aussi bien dans ses propres rangs -particulièrement dans son parti le RPT, chez les militaires et ses conseillers qui n’étaient pas forcément les siens ; les mauvaises langues ajouteraient dans sa propre famille aussi, mais personne ne connait ses réelles intentions pas plus que lui-même d’ailleurs ne sait quoi faire de certains membres de sa famille actuellement- que chez ses adversaires politiques –notamment le redoutable et populaire Gilchrist Olympio mais non moins incompétent homme politique et ces vestiges récupérateurs du réveil démocratique togolais qui ont suffisamment montré de leurs limites pour mériter retraites et félicitations, Léopold Gnininvi et Yawovi Agboyibo notamment. Il est vrai que lorsque l’on a été mal élu et que l’on en est conscient comme Faure l’est lui-même, lorsque l’on a tant de poussière à enlever chez soi et chez les autres, on peut rapidement ajouter à la confusion en opérant sans méthode. Mais il demeure que Faure manque d’audace face aux réalités et défis du Togo. On ne peut aller aussi lentement sur une voie de grande vitesse qu’est la conduite des affaires de l’État. À l’analyse, Faure est allé aussi lentement et aussi longtemps qu’il avait la maitrise relative de son environnement politique ; il roupillait pratiquement au volant jusqu’à ce qu’il se fasse klaxonner par deux téméraires politiciens : Kofi Yamgname et Agbéyomé Kodjo. Ces derniers sont devenus les deux valeurs inconnues dans l’équation politique qui se posait à Faure jusqu’à maintenant. Agbé et Kofi sont devenus des inconnues stratégiques à cause de leur audace, certains diront leur témérité et leur fronde à la David. Les lendemains d’élection avec les Olympio, Gnininvi, Agboyibo, Gogué, Lawson et autres, ça c’est du connu, c’est la même bande à mater. Mais vous êtes Faure, vous dormiez et ce ne sont plus les gars à Gil qui font du bruit à la porte, le même bruit et la même musique connus de vous et qu’ils chantent d’ailleurs de très loin pour s’annoncer à vous. Vous ne pouvez plus dire comme d’habitude : « Continuez, je dors ou si vous voulez allez-y voir Blaise à Ouaga ». Mais, ce sont deux hommes, manifestement habiles, qui se chuchotent à peine et s’affairent à introduire différentes clefs dans la serrure de votre chambre. Dormirez-vous encore en Père Noël et pour une bonne partie de votre mandat? Il y a sans doute des problèmes à reconnaitre et à régler tout de suite… bien avant les élections et qui les justifieront par ailleurs. À partir de ce constat et sous d’autres considérations également, et cela est vrai, certains autres prônent l’inutilité même des élections présidentielles au Togo. Le GRAD (groupe de réflexion er d’action pour le dialogue, la démocratie et le développement) lui en demande le report. Cette demande est supportée par plusieurs raisons dont l’essentielle est sans doute le constat que « La crise togolaise est une crise politique qui comme telle doit être réglée politiquement. » Donc, en ces quelques semaines devant, la crise politique au Togo ne saurait être résolue, mieux le Grad a trouvé réponse elle-même à la question qu’elle semblait nous poser : Faut-il s’attendre encore à un accord politique après le scrutin de 2010 ?

Adrien Hébert
Adrien Hébert
Tout en redoutant le OUI à cette question, tout en rejetant cette réponse positive dans tout son raisonnement, voilà que Dr Victor Komlan Alipui arrive fatalement à ce constat : Oui, il faut s’attendre encore à un accord politique après le scrutin de 2010. Une façon tout à fait respectueuse de constater de nouveau que le Grad, dont la noble mission est à louer, fait toujours une étonnante économie de la réflexion à laquelle elle se destine pourtant. Cette erreur constante que fait le Grad dans ces réflexions –qui à la longue finiront par devenir très ordinaires comme la plus banale des trouvailles idéelles émise seulement par une fin de semaine pluvieuse- réside dans cette cécité récurrente à ne pas s’élever au-dessus de partis politiques ; même si le Grad déclare adresser ces recommandations aussi bien aux uns comme aux autres, il ne fait pas la démonstration des bienfaits de ses recommandations pour les uns et les autres, surtout ceux qui pensent trouver avantage dans le statut quo. Les nombreux docteurs et autres respectables qui forment le bureau du Grad doivent enfin comprendre qu’il leur faut faire ce qu’eux-mêmes aiment nommer « une rupture épistémologique » pour aider à proposer une véritable porte de sortie à cette crise politique qui, manifestement, n’est nullement réglée au Togo. Le cas togolais dépasse largement les « Il faut que… » et les « On doit… » ou encore, en ce qui concerne les ONG et autres OSC (organisations de la société civile), leur dire « C’est une mission qui exige… »

Peut-être que je suis de ceux qui attendent un peu trop du Grad qui en fait sans doute assez… Je ne sais pas ! Mais la réflexion a besoin de vraiment s’élever autour du cas Togo par des Togolaises et des Togolais eux-mêmes. Pour l’instant, le résultat tarde à s’élever… cinq années après le fiasco de 2005, vingt ans après les premiers soubresauts démocratiques. Peut-être encore qu’il faudra attendre le ménage fatal qui va s’opérer dans la classe politique prochainement, quelle que soit la période de ces inévitables élections.


Mot à Maux

En fin de compte, la France aura offert à Hans-Rudolf Merz une belle occasion de terminer dans un sursaut de dignité blessée une année présidentielle marquée par des capitulations sans gloire. C’est à celui qui aura signé le certificat de décès du secret bancaire et qui a personnifié l’impuissance et la solitude de la Suisse et de l’Etat de droit, voire son ridicule, face à l’arbitraire du régime libyen qu’il revient de reprendre la main.


Bruno Mangilli, Écorce
Bruno Mangilli, Écorce
Cette occasion survient à point nommé pour le ministre des Finances personnellement et pour le Conseil fédéral plus généralement. Elle lui permet de soulager une exaspération croissante, bien que sourde et pas encore exprimée de façon explicite, contre les concessions que la Suisse a été amenée à faire depuis le début de la crise financière. Le président de la Confédération a pu dire «ça suffit», avant qu’un parti ne s’empare de la fermentation qu’on sentait monter dans le monde politique et ne l’exploite dans son seul intérêt. Il fallait, parmi les nouvelles conventions de double imposition, une victime expiatoire. En se mettant en position de demander la levée du secret bancaire pour exploiter des données volées, Paris fournit à Berne un vrai et authentique prétexte, sans qu’il soit besoin de labourer un terreau fantasmatique pour nourrir et entretenir un courant d’indignation. S’il existe entre la Suisse et la France un contentieux diplomatique, on n’observe pas entre les deux pays de tensions au niveau de la population susceptibles d’être exploitées, aiguisées et détournées. Nous n’avons pas de problèmes avec la pratique de la langue de Molière, nous ne faisons pas de complexes, nous ne nous sentons pas envahis par les immigrés français – tout au moins pas au-delà de la zone frontalière – et l’exploitation de l’aéroport de Cointrin n’est pas prétexte à affrontement entre les deux pays. En regard du seul maintien de la paix civile entre Genève et Romanshorn, on aurait ouvert, à maints égards, un conflit beaucoup plus problématique. ///// Daniel S. Miéville


Rédigé par psa le 17/12/2009 à 01:17 | Permalien

Mot à Maux

Prise avec un très fort téléobjectif, cette image d’actualité rappelle que Galilée a inventé la lunette astronomique il y a juste 400 ans, gloire à lui.


Aussi Grande que Nature


Une pleine Lune surgit sur les premières neiges du Salaz Alp, dans les Grisons. Un instant d’hésitation: le photographe a-t-il assemblé deux images, l’une du satellite naturel de la Terre, l’autre de la montagne grisonne? Après tout, la pratique de la retouche appuyée est aujourd’hui courante dans la photo de nature. A tel point qu’un magazine comme le National Geographic exige désormais que les photographes lui envoient les fichiers «raw» («bruts») de leurs images pour vérifier leur authenticité. Ou plutôt leur degré de manipulation. Mais faisons confiance au photographe Arno Balzarini de l’agence Keystone. A vue de nez, celui-ci a au moins dû se servir d’un téléobjectif 1000 mm avec un doubleur de focale pour obtenir un tel effet de grossissement. Quoi qu’il en soit, la photo peut être aussi prise comme un hommage à Galilée. Le savant italien a inventé le premier téléobjectif (téléscope plutôt) de l’histoire il y a juste 400 ans. La lunette lui a servi à découvrir d’autres lunes, celles de Jupiter, ce qui a lancé à la fois l’astronomie moderne et, pour lui, une série d’ennuis avec les autorités religieuses de l’époque. «E pur si muove!» ////// Luc Debraine

Rédigé par psa le 13/12/2009 à 05:22 | Permalien

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Le sommet sur le changement climatique vient de s’ouvrir et se poursuit à Copenhague. Sur le fond, l’enjeu est crucial : saurons-nous endiguer le réchauffement climatique, et pour cela réduire nos émissions de gaz à effet de serre (cf. Dossier de Terra Nova)? Saurons-nous réduire de seulement 2% la tendance au réchauffement climatique qui se ressent bien en Afrique comme dans le pôle nord, pays des ours polaires autant que celui du Père Noël que nous allons tous solliciter abondamment dans les prochains jours ?


Arctique et Afrique Même Position
Arctique et Afrique Même Position

Plus sérieusement, Copenhague pose aussi des questions fondamentales de gouvernance au plan mondial où les États, comme sujets de droit international, sont toujours réticents à y sacrifier leur autorité souveraine. La question du climat et celle de la gestion durable de l’environnement devront pourtant les amener à cette évidence du destin commun, voire de l’application du principe du Patrimoine Commun de l’Humanité (PCH). Il y a cinquante ans (1er décembre 1959), le Traité de Washington sur l’Antarctique, le pôle sud de la terre, a pourtant réussi à geler les prétentions de souveraineté sectorielles des États sur ce continent pour en changer le destin environnemental depuis lors. Aujourd’hui, de l’Afrique à l’Arctique, le destin et le besoin sont communs qu’il faut arrêter le réchauffement climatique : une nouvelle gouvernance mondiale en environnement, une responsabilité assortie de reddition de compte devant un organe de règlement de différends doté d’un niveau d’appel, devrait être raisonnablement faisable. De part le monde, les éditoriaux le clament, les citoyens actifs l’exigent : c’est devenu un poing de vue crucial et interpellatif de la conscience des dirigeants de ce monde.
Le climat est le premier enjeu politique planétaire à solidarité obligatoire. Il n’y a pas de maîtrise nationale possible du climat. Impossible d’améliorer le climat à Paris si on le dégrade à Washington et Pékin : il s’agit d’un bien public mondial indivisible. Pour le réguler, nous avons besoin d’une gouvernance mondiale. Les engagements de Kyoto ont montré leurs limites. Il s’agit d’un traité juridiquement contraignant mais sans mécanisme de sanctions en cas de non-respect. Le Canada, la Nouvelle Zélande ont laissé exploser leurs émissions en violation de leurs engagements à Kyoto, sans conséquences. Et le traité n’est pas universel : des pays industrialisés comme les États-Unis ou l’Australie ne l’ont pas ratifié ; les pays en développement ne faisaient pas partie de la négociation. Pour pallier ces faiblesses, nombreux sont ceux qui plaident pour l’avènement d’une Organisation mondiale de l’environnement. Une organisation sur le modèle de l’OMC en matière commerciale : à vocation universelle ; et dotée d’un organe de règlement des différends capable de faire respecter les engagements pris sous peine de sanctions. Les États-Unis de Barack Obama ont accepté de revenir dans la négociation climat, à l’inverse de l’Administration Bush, mais ils refusent toute perte de souveraineté nationale. Ils rejettent notamment l’idée de sanctions. Pour les spécialistes de diplomatie multilatérale, cet épisode rappelle fortement les débats qui ont prévalu avant la naissance de l’OMC. Bill Clinton avait arraché au Congrès américain la ratification de l’accord OMC, en acceptant que les États-Unis se retirent s’ils étaient condamnés plus de trois fois par l’OMC. Les États-Unis ont été condamnés à maintes reprises depuis et plus personne ne parle de retrait. Barack Obama saura-t-il obtenir sur le climat ce que Bill Clinton avait réussi à obtenir en matière commerciale ?



Rédigé par psa le 09/12/2009 à 11:19 | Permalien

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Dix jours après le vote anti-minarets des Suisses, une nouvelle épreuve s’annonce. C’est la dernière trouvaille de l’Union démocratique du centre (UDC), parti de la droite suisse comme son nom ne le suggère pas forcément pour les non-initiés. Faut-il invalider l’initiative populaire de l’UDC, qui demande l’expulsion des étrangers délinquants? Les droits fondamentaux du Jus Cogens seront-ils sous la menace de la démocratie suisse ? L’inquiétude se lève…


Chemin de Faire la Suisse du Centre
Chemin de Faire la Suisse du Centre
La question agite le Conseil des États, appelé à se prononcer cette semaine déjà. En effet, le texte de l’UDC est problématique. Sa compatibilité avec la Convention européenne des droits de l’homme, avec la Convention internationale sur les droits des enfants et avec l’accord sur la libre circulation des personnes est plus que douteuse. Le principe de non-refoulement, fixé dans plusieurs instruments juridiques de portée internationale, ne serait respecté qu’au prix d’une interprétation laissée au bon vouloir des autorités helvétiques.
Une fois encore l’UDC a grossièrement puisé dans la mine d’or des droits populaires pour se profiler comme le seul parti gardien de la sécurité. Mais le vote anti-minarets a secoué ceux qui, jusqu’à présent, misaient sur la grande sagesse du souverain pour désavouer l’UDC. Objectivement, le risque est élevé que la démocratie du nombre s’exerce une nouvelle fois contre le respect de traités acceptés par la Suisse à l’issue de procédures elles aussi démocratiques. Pourtant il existe des moyens politiques de faire barrage à une nouvelle effraction juridique. Invalider immédiatement l’initiative de l’UDC passerait pour un acte de vengeance des perdants du vote contre les minarets. La procrastination tactique de ce dossier délicat peut en revanche se défendre, à une condition: le répit ainsi laissé doit être activement utilisé pour faire mûrir le constat que la souveraineté du peuple ne peut s’exercer contre les engagements juridiques et internationaux de la Suisse. La Confédération a fondé son développement et sa prospérité sur la fiabilité de l’État de droit et sur la confiance durable qu’inspirent ses institutions. Des esprits progressistes ont lentement bâti cet État complexe admiré pour sa formidable stabilité. Quel bénéfice y aurait-il à laisser casser ce qui fait – encore – cette réputation méritée?////////Francois Modoux


Rédigé par psa le 08/12/2009 à 00:08 | Permalien

Silence

Aujourd’hui, 56 journaux de 45 pays ont pris l’initiative inédite de parler d’une seule voix à travers un seul et même éditorial. Nous le faisons car l’humanité est confrontée à une urgence extrême. Ainsi, l'histoire prend date. Et, tout le monde attend...


En attendant des solutions de Copenhague
En attendant des solutions de Copenhague
A moins que nous nous unissions pour mener une action décisive, le changement climatique va ravager notre planète, et avec elle notre prospérité et notre sécurité. Les dangers sont devenus apparents en une génération. Désormais les faits ont commencé à parler d’eux-mêmes: 11 des 14 dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées, la calotte glaciaire de l’Arctique est en train de fondre et le prix du pétrole et de la nourriture, qui ont pris l’ascenseur l’année dernière, donnent un avant-goût du désastre à venir. Dans les magazines scientifiques, la question n’est plus de savoir si on doit blâmer l’être humain, mais combien de temps il nous reste pour limiter les dégâts. Et pourtant la réponse mondiale a jusqu’à maintenant été faible et sans conviction.
Le changement climatique a été provoqué depuis des siècles, il aura des conséquences indélébiles et nos chances de le dominer se joueront pendant les 14 prochains jours. Nous appelons les représentants des 192 pays réunis à Copenhague à ne pas hésiter, à ne pas sombrer dans les querelles, à ne pas se rejeter la faute les uns sur les autres mais bien à tirer parti de l’un des plus grands échecs politiques contemporains. Cela ne doit pas être un combat entre le monde riche et le monde pauvre, ni entre l’Est et l’Ouest. Le changement climatique affecte tout le monde et doit être résolu par tout le monde.
(…)
Venir à bout du changement climatique sera le triomphe de l’optimisme sur le pessimisme, de la vision sur la myopie, de ce qu’Abraham Lincoln appelait «les meilleurs anges de notre nature».
C’est dans cet esprit que 56 journaux du monde entier se sont unis derrière cet éditorial. Si nous pouvons nous entendre sur ce qui doit être fait, avec tant de perspectives nationales et de politiques différentes, alors nos dirigeants le peuvent aussi.
Les politiciens réunis à Copenhague ont le pouvoir de façonner le jugement que portera l’Histoire sur cette génération: dira-t-elle que c’était une génération qui a perçu le défi et qui l’a relevé, ou qu’elle était tellement stupide qu’elle a vu la calamité venir mais n’a rien fait pour l’éviter? Nous implorons nos dirigeants de faire le bon choix.

Rédigé par psa le 07/12/2009 à 00:07 | Permalien

Mot à Maux

« Quand, enfin, se rendra-t-on compte que le discours de bien des gouvernants, depuis des mois, sur le retour de la croissance, l'efficacité du G 20 et la fin de la crise, n'est qu'une mascarade ? Non seulement rien n'est réglé, non seulement aucune mesure réellement sérieuse n'a été prise, mais encore la gestion de la crise n'a-t-elle, jusqu'à présent, fait que grossir l'avalanche qui dévalera sur les générations suivantes. » C’est Jacques Attali qui parle. Et Jacques Attali, c’est quelqu’un. C’est quelqu’un qui sait ce dont il parle. Et il poursuit…


Buffetrille William, Une des Origines du Monde
Buffetrille William, Une des Origines du Monde
D'abord, les faits : la croissance, dans nos pays, ne repart pas et le chômage, considérable, réduit la capacité des gens à consommer et à rembourser leurs crédits. En France, 4,7 millions de personnes sont en situation de ne pas avoir autant d'heures de travail qu'elles le souhaitent, ou de ne pas en avoir du tout. Aux Etats-Unis, 17,5 % de la population sont dans ce cas, et ceux qui travaillent ne sont occupés en moyenne que trente-trois heures par semaine. La durée du chômage s'allonge partout. Le commerce international se contracte. La baisse des prix mondiaux et celles du dollar et du yuan fabriquent du chômage et poussent encore plus les consommateurs à rechercher les produits à bas prix, ce qui détruit encore plus d'emplois.
Les banques, dont on a dit qu'elles étaient sorties d'affaire, ne pourront pas financer les investissements nécessaires à la reprise : nombre d'entre elles, parmi les plus grandes, que ce soit aux Etats-Unis, en Chine ou en Europe, manquent dramatiquement de fonds propres, au point que Jean-Claude Trichet leur a demandé de ne pas distribuer de dividendes. De plus, les gouvernements des pays industrialisés doivent trouver, cette année et l'an prochain, 12 trillions de dollars pour financer leurs déficits ; leur dette dépassera bientôt 80 % du PIB mondial, ce qui conduira les consommateurs à épargner plus encore pour se préparer à une inévitable hausse des impôts. En outre, les bons du Trésor ne seront plus considérés comme des placements sûrs pour les banques ou les compagnies d'assurances, ce qui mettra en cause les retraites complémentaires et par capitalisation. Enfin, les risques pris, sans transparence, par les banques centrales, sont vertigineux, et les fonds souverains sont gravement touchés, comme le montre ce qui se joue à Dubaï.
Les périls qui en découlent sont pires encore. Menacent à la fois des interruptions de services publics, des faillites de banques, d'entreprises et de nations, la ruine des salariés et des épargnants, en un jeu de dominos conduisant à une spirale dépressive, suivie d'un rebond inflationniste. Et même si la reprise se consolidait, contre toute raison, tous les précédents historiques montrent que l'emploi ne retrouvera pas son niveau d'avant la crise avant au moins deux ans.
On ne peut se contenter d'accepter ces menaces sans réagir, ni laisser l'espérance d'une minuscule croissance artificielle reporter sur l'avenir des difficultés de plus en plus grandes. Il faut, au moins en France, engager d'urgence les réformes de structure qui permettront de retrouver les chemins d'une croissance forte. C'est parfaitement possible. Encore faudrait-il avoir le courage de la vérité, seule justification de l'effort, seul préalable au succès./////Jacques Attali


Rédigé par psa le 05/12/2009 à 11:05 | Permalien

Horizon

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