Diplomatie Ouverte

La caricature de Sean Delonas
La caricature de Sean Delonas

Effectivement, la caricature de New York Post paru le 18 février 2009, à seulement moins d’un mois de la prise de fonction de Barack Obama et alors qu’il était aux prises avec les soutiens possibles à arracher au Congrès américain pour l’acceptation du financement de son plan de relance économique, le fameux Stimulus Bill, une telle caricature était innommable. Et elle propose crument l’image d’un policier blanc venant d’abattre un chimpanzé sous le regard glorificateur de son collègue policier blanc qui approuvait en ces mots : « Ils doivent trouver quelqu’un d’autre pour écrire la prochaine loi de relance économique » (They’ll have to find someone else to write the next stimulus bill). Et puis, comme toujours, certains porteurs d’eau de race noire ont été envoyés pour dire qu’une telle caricature ne distillait pas du tout du racisme et n’en puait pas non plus. Et après, quelques timides excuses sont apparues jusqu’à hier. D’ailleurs, hier encore sur CNN, le révérend Al Sharpton -tout comme auparavant le gouverneur de l’État de New York David A Paterson et la Sénatrice désignée et remplaçante de Hillary R. Clinton, Kirsten Gillibrand - n’ont cessé de demander des excuses claires du tabloïd newyorkais. Huit jours et des pressions répétitives plus tard, ces excuses viennent de tomber avec un Communiqué de presse du richissime propriétaire du New York Post lui-même. Il a donc fallu du temps pour que le milliardaire Rupert Murdoch se rende à l’évidence qu’il avait besoin de sortir de sa retraite pour exprimer de réelles excuses. En fait, ce que nous n’avons pas oublié est que Rupert Murdoch s’était ouvertement opposé au candidat Barack Obama, lançant à ses trousses ses médias et ses gens de la droite pure. Cette chasse continue-t-elle ? En tout cas, Rupert Murdoch se dit responsable au dernier ressort de ce qui se publie dans le New York Post et assure que cette offense dégradante qui vise à perpétuer la comparaison des personnes de race noire aux primates ne serait plus de mise dans son journal. La suite des choses nous renseignera, puisque c’est aussi connu que cet homme sait où se situe son intérêt pour ne pas s'empêcher de s'y accrocher... sans trébucher.

Rédigé par psa le 25/02/2009 à 20:25 | Permalien

Mot à Maux

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Il y a quatre ans, le président Abdoulaye Wade sermonnait pratiquement Faure Gnassingbé dans son ambition de succéder à son père de président décédé, Gnassingbé Eyadema. Aujourd’hui, le tout Sénégal observe les faits et gestes du même Abdoulaye Wade et en arrive au constat que celui-ci, à son tour, prépare bien son fils Karim Wade pour lui succéder. Le passage du témoin politique des pères aux fils, que ce soit réel ou potentiel, que ce soit au Togo, au Sénégal, au Gabon, en Guinée équatoriale ou ailleurs, ce geste à saveur monarchique dans des expériences nouvelles des très embryonnaires démocraties africaines soulèvent des questions. Je pense même à mon ami Léhady Soglo, actuellement porteur de l’ambition de continuité présidentielle de ses parents, Nicéphore et Rosine, aux côtés des siens propres ; ce qui semble gêner bien de Béninoises et de Béninois –lesquels ignorent de ce fait même les capacités intrinsèques à Léhady. Toujours est-il que le cas Karim Wade monte suffisamment aux nez des Sénégalais pour que notre ami Madior Fall s’y attarde si admirablement dans le texte suivant. Et surtout, en attendant que de grands juristes et éthiciens de la politique –à l’instar du professeur Maurice Glèlè-Ahanhanzo qui termine ces jours à Cotonou la conférence sur « Les défis de l’Alternance démocratique » en Afrique- n’en viennent à nous éclairer suffisamment sur toutes ces gymnastiques politico-constitutionnelles. Le cas Karim Wade fait assez de bruit pour que nous le sortions de l'ombre et l'écoutions dorénavant au pas de course de l'interessé lui-même; et c’est l’occasion…


Qu’est ce qui fait courrir Karim Wade?
Curieux Sénégal et ses Sénégalais. Tout et son contraire s’y déroulent sans que cela ne gène outre mesure, la population qui est certes, plus préoccupée les temps qui courent par un cours perturbé de la vie qui s’enchérit chaque jour d’avantage, sans que sa bourse puisse suivre, loin s’en faille. Elle s’émeut de moins en moins des turpitudes politiciennes. Tant pis donc si l’opposition « gazée » samedi 21 février à Dakar pour avoir manifesté aux côtés du Collectif René Sanchez pour la sauvegarde du stade Assane Diouf de Rebeuss a été sévèrement réprimée par les forces de l’ordre.
Venus apporter leur soutien, certains leaders de la Coalition Benno Siggil Senegaal ont été durement pris à partie par des policiers enragés, attachés à faire régner l’ordre républicain et les manifestants ont été dispersés à coup de gaz de lacrymogène. La Médina de renouer avec les heures chaudes de la contestation, une journée de week-end. Le regain d’activité de l’opposition ne semble cependant être motivé que par les élections locales du 22 mars prochain où elle entend démontrer l’impopularité du pouvoir en place en battant à plate couture sa coalition ou ses coalitions.
Elle accepte, étrangement, de participer aux élections locales, avec le même fichier qu’elle avait pourtant tant décrié aux législatives de 2007 au point de se priver d’Hémicycle. Elle n’a rien obtenu qu’elle n’avait pas en 2007, Cheikh Tidiane Sy, le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur de le marteler, mais le risque de devoir en cas de non-participation à nouveau, se mouvoir en marge de la République et de ses institutions mêmes décentralisées, l’a certainement conduit à reconsidérer sa position boycotteuse.
Pendant ce temps, Me Wade et son camp déroulent. Quoi au juste ? L’idée, la mieux partagée au sein de la classe politique toutes obédiences confondues et de l’opinion, est que le président de la République, bien qu’il s’en défend, travaillerait à une dévolution à son « ingénieur financier » de fils, du pouvoir reçu par deux fois pourtant des Sénégalais par le biais des urnes. Le vieux accuse dit-on, le poids des ans et voudrait passer le témoin « à des mains sures et expertes… en économie parce que la situation actuelle exige une bonne connaissance des questions économiques et financières… » Ainsi tous ses faits et gestes sont lus à cette aune. Dernier acte en date d’un tel scénario : la présentation au Khalife général des Mourides, Serigne Bara Falilou Mbacké à la veille du Grand Magaal, de Karim par son père de président de la République qui a paru ainsi solliciter un « ndigueul » pour l’enfant, présenté ou perçu par ce fait, comme le successeur désigné, même s’il devra passer par les urnes du suffrage universel ? Le politologue Abdou Aziz Diop a relevé le silence du marabout à ce sujet.
Me Wade veut donc pour héritier au trône Sénégal, son fils. Rien de moins sur. Le président est un homme qui se définit lui-même comme nuancé, très nuancé peut-on même dire. Si certains parmi ceux qui se réclament de ses proches ou de sa cour renseignent à profusion sur ses intentions de faire la courte échelle à son conseiller spécial de fils, et de lui passer le témoin pas plus tard que cette année 2009 même (le mandat présidentiel de cinq ans, cette fois-ci, s’achève en 2012), d’autres par contre, se voulant prudents, avancent plutôt que le fils biologique comme les fils d’emprunt n’ont été et ne sont que des pions de la pérennisation de son pouvoir. Selon cette catégorie de « scrutateurs » des intentions présidentielles, il n’a nullement l’intention de « refiler » le pouvoir à qui que ce soit, fut-il son propre fils, mais plutôt d’en user autant que faire se peut. Autant qu’en permettront ses artères ?
Mais alors qu’est-ce qui fait courir Karim, même si jusqu’ici l’intéressé semble tout faire par procuration ? Il conseille son père de président. Préside encore au Conseil de surveillance de l’Agence nationale pour l’Organisation de la conférence islamique (Anoci), gère l’Etat entre deux avions, travaille à son propre bisness,-au fait lequel ?-, les Sénégalais aimeraient bien connaître la nature et la raison de ses affaires. Leur importance et ce que cela lui rapporte au point de lui permettre de voyager en jets privés et de s’ouvrir les portes de l’Elysée si ce n’est de partager la table avec quelques Emirs, quelques Cheikhs et rois du Golfe. Entre en politique, brigue la mairie de Dakar, intente des procès à la presse de son pays. Tout cela quasiment par procuration. Si son père est prolixe, certes de moins en moins depuis un certain temps, du moins avec la presse sénégalaise, lui est avare en parole. Il ne dit quasiment rien en public. On dit donc que c’est le pouvoir, tout le pouvoir qui fait courir le premier des « concrétistes ». On lui prête beaucoup, il réclame peu, mais comme le « cube Jumbo », il est dans toutes les sauces ces cinq ans, s’occupant de tout ou faisant semblant de s’occuper de tout.
Au point que l’Elysée semble en faire un interlocuteur privilégié aujourd’hui. La présidence française ne serait pas dit-on la seule à vouloir plus parler à Wade fils qu’à Wade-père, susurre-t-on du côté de l’avenue Léopold Sédar Senghor. En moins d’un an, il est reçu deux fois à l’Elysée par le maître des céans en personne. Rares sont les ministres du président Wade qui peuvent s’honorer d’une telle attention de la part du président français. On les compterait depuis 2007 sur les doigts d’une main s’il en existait même. Nicolas Lui, a adoubé Karim qu’il tutoie disent nos « impénitents » confrères de « Bakchich.info ».
La presse a rapporté la semaine dernière que M. Karim Wade a été reçu encore une fois par son « ami » Nicolas. A son arrivée comme la fois passée à l’Elysée, le président du Conseil de surveillance de l’Anoci, a été accueilli par Claude Guéant, le Secrétaire général de la Présidence française qui semble être son « sésame » à Paris avec l’appui de Robert Bourgi, l’autre frère de l’Ump, avocat de son état.
L’histoire ne dit pas si cette fois l’audience française du conseiller spécial du président Wade a été aussi longue que la dernière fois, toujours est-il que la visite projetée cette année au Sénégal du président français a été, dit-on au cœur de l’entretien ainsi que la situation économique internationale et nationale avec à la clé la dette intérieure qui a vu un concours important et intéressé de Paris. On a reparlé dit-on aussi de la fameuse centrale nucléaire civile qui impliquerait trois parties que sont la France, le Sénégal et des pays arabes amis. Tout comme des ambitions du fils qui sont de plus en plus bien comprises par l’Elysée qui, contrairement au Quai d’Orsay plus circonspect, plus réservé là-dessus, donnerait même l’impression de jouer le fils contre le père. Questions culturelles et de culture, réceptivité, question de génération ? Tout à la fois certainement. Le président Wade passe pour quelqu’un de difficile à convaincre. Trop docte, donneur de leçons, moins enclin à un langage diplomatique. Le président Sarkozy lui ressemble trop pour s’entendre avec lui, même si Me Wade revendique son amitié.
Toujours est-il qu’à Paris, au Quai surtout, on a vite fait de lire le retour de Idrissa Seck comme un moyen de contrer ce qui passe aux yeux de plusieurs observateurs comme une hâtive prise de pouvoir par la génération du concret. L’ex-édile libéral de Thiès, ex-Premier ministre, ex-n° 2 du Parti démocratique sénégalais (Pds), ex-jardinier des rêves du président est de retour au bercail et compte y rester, a-t-il même récemment souligné. On se souvient que bille en tête, il s’était dès sa première sortie publique attaqué aux tenants de la génération du concret. Ces derniers le lui ont rendu aussitôt et se sont débrouillés pour faire capoter les listes communes Rewmi-Pds, même si cela a créé des listes parallèles au sein de la majorité présidentielle, notamment au sein du Pds. Le parti lui, s’est abstenu ou a requis son droit de réserve. Me Wade quant à lui, joue lequel de ses fils contre l’autre ? Le départ de Macky Sall, l’ancien président de l’Assemblée nationale, l’ex-Premier ministre bosseur, le directeur de campagne gagnant, « chassé » dit-on par le fils biologique a ramené l’autre fils d’emprunt qui avait, il est vrai, occupé toutes les fonctions du « vidé » Macky Sall. Pour servir de bouclier ? //////

Madior FALL, Sud Quotidien

Rédigé par psa le 24/02/2009 à 12:15 | Permalien

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C’est l’éditorial de Paul Henri du Limbert. Pas extraordinaire comme réflexion. Mais le parfait témoignage du manque d’inspiration et d’idée qui est devenu la règle, partout, sur le terrain politique ; autant chez les acteurs directs que les grands observateurs et journalistes. Ici, cet homme, éditorialiste à la vénérable Le Figaro, voit son président de la République sombrer, se noyer littéralement. Et comme cri de secours ou de désespoir il pousse un « Rien à voir... Circulez ! ». Pathétique ! Ce gars aurait pu ne pas écrire ce texte ce matin… il n’avait simplement rien à dire ce matin où les sondages, malgré la profondeur de la crise américano-internationale, confirment toujours le leadership d’Obama auprès de la population américano-mondiale. Votre Sarko national avec ses gesticulations, ne l’a tout simplement pas, vous dira-t-on du côté Québec. Enfin… Instructif toutefois ce texte ! Lisez donc.


Henri Matisse
Henri Matisse
Le président s'expose trop. Il est trop seul. Sa popularité plonge. Il ne tiendra pas la distance. Ce constat alarmiste, beaucoup le font dans la majorité. Alors, comme toujours dans ces cas-là, on échafaude des scénarios et on pense avoir trouvé la solution. Untel explique que Nicolas Sarkozy, pour se protéger, devrait davantage mettre en valeur son premier ministre et les membres du gouvernement. Un autre assure qu'un remaniement pourrait changer la donne et permettrait d'aborder dans de moins mauvaises conditions le gros temps qui s'annonce. C'est à voir.
Le président doit-il prendre un peu de distance avec l'action gouvernementale ? Pourquoi pas, mais est-on certain qu'il en tirerait un quelconque bénéfice ? Les socialistes, qui déplorent son «interventionnisme» tous azimuts depuis mai 2007, lui ont reproché d'avoir trop tardé à évoquer la crise en Guadeloupe. Mais s'il avait pris la situation à bras-le-corps dès le début, s'il s'était rendu à Pointe-à-Pitre pour haranguer les foules, les mêmes lui auraient reproché de faire des moulinets avec ses bras.
Surtout, l'opinion publique n'est pas dupe. Quand François Mitterrand ou Jacques Chirac laissaient leur premier ministre monter en première ligne, elle savait bien, à la fin des fins, qui était réellement à la manœuvre. Dans l'esprit du chef de l'État, l'expression « rois fainéants » s'applique peut-être moins à des hommes en particulier qu'à une pratique de la Ve République qui permettait au chef de l'exécutif de diluer et d'esquiver ses responsabilités. On imagine d'ailleurs mal que le successeur de Nicolas Sarkozy revienne à ces pratiques anciennes, qui certes avaient leur charme, mais qui faisaient de la France un étrange régime, raillé à l'étranger, pas toujours pour de mauvaises raisons.
De plus, le chef de l'État a trop habitué les Français à sa façon de gouverner pour pouvoir en changer radicalement. D'une certaine façon, avec sa manière d'être, il s'est tendu un piège à lui-même. S'il se retranchait subitement derrière les murs de l'Élysée pour observer silencieusement à la jumelle l'évolution de la situation, on interpréterait le phénomène comme un aveu d'impuissance. Hyperprésident il est, hyperprésident il devra rester.
L'autre scénario, c'est celui du remaniement, d'envergure ou non, plus tôt que prévu. Pourquoi pas, mais on exagère toujours la portée d'un remaniement. A-t-on le souvenir d'un grand chambardement gouvernemental qui ait bouleversé l'opinion et renversé le cours des sondages ? Non. Remplacer trois ou quatre ministres de notoriété moyenne par trois ou quatre députés UMP de notoriété moyenne, ça fait parler pendant 24 heures et puis la vie reprend ses droits. Faire entrer des poids lourds, un Philippe Séguin, un Alain Juppé, et oublier les rivalités de jadis ? Pourquoi pas, mais, aussi talentueux soient-ils, ils n'ont pas de recette magique pour résoudre une crise qui est une crise mondiale et qui se moque bien des petites histoires de la vie politique française.
Tout cela ne veut pas dire que Nicolas Sarkozy ne doit strictement rien changer. Mais, face à une crise de cette ampleur, chacun comprend bien que les petites recettes politiques d'hier sont de peu de secours. //////
Paul-Henri du Limbert, Le Figaro

Rédigé par psa le 24/02/2009 à 08:05 | Permalien

Mot à Maux

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Si vous avez à former un particulier onze national, onze personnes à mettre ensemble pendant quelques jours pour que de leur discussion ou interaction sorte un autre Togo, lesquelles choisirai-vous? Avec un brin de réalisme...


Lionel Fourneaux
Lionel Fourneaux
Exercice prétentieux que de vouloir établir la liste des personnalités les plus influentes du Togo. Mais la chose est de bonne guerre quoique peu scientifique. La perspective des élections prochaines, les vraies, celles du président de la République du Togo, a comme provoqué un fourmillement d’idées et d’agitations très caractéristiques en pareille occasion. Ces idées ne sont pas toutes extraordinaires; certaines d’entre elles témoignaient surtout de l’envie des uns et des autres d’obtenir une parcelle d’influence et elles m’ont laissé, par moment, avec un air amusé. C’est d’ailleurs en revenant de l’une de ses railleries salvatrices que je me suis surpris moi-même en train de spéculer sur les personnes qui en réalité, à mon point de vue, possède assez d’influence pour agir et influencer, de manière significative le devenir du Togo. En réalité, je dois reconnaitre que cette réflexion a aussi été consolidée par les échanges avec notre ami Célestin Monga, lors de son dernier passage à Ottawa. Pour M. Monga, dans chacun des pays africains, il existe « quelques deux cents personnes » qui peuvent et pourront raisonnablement servir de pôles d’influence divers dans ces espaces politiques africains avides de changements. Je me suis alors demandé : Qu’en serait-il du Togo? Et si je m’amusais à en confectionner, progressivement, cette liste de personnes disposant d’influence sur le Togo, qui y retrouverions-nous? Pris à ce jeu, j’y suis resté, prenant même plaisir à faire durer l’exercice et à vouloir même y associer toute personne désireuse d’y participer. Mais avouons que l’exercice nécessiterait beaucoup de temps, beaucoup trop de temps pour passer à travers plus de deux cents personnes, et en sortir un portait suffisamment représentative. Mais, à cette « Théorie des 200 » j’adhère, tout en me donnant la flexibilité de l’adapter avant tout à mes capacités et disponibilités en temps matériel. Et, aidé par la querelle ambiante autour du fameux Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC) naissant –une caractéristique très togolaise que tout soit polémique parce qu’aucune confiance n’existe plus entre les différents acteurs politiques- la nécessité d’identifier les acteurs d’influence au façonnement du devenir du Togo s’est même fait urgente.
Une bonne raison pour circonscrire le nombre à une sélection d’une dizaine de personnes. Oui, dix personnes au lieu de 200 ou seulement cent ou encore une vingtaine. Effectivement cherchons, pour le besoins de l’exercice de nous limiter à une dizaine, en fait11 personnes, c'est-à-dire une dizaine en dehors du chef de l’État togolais, Faure Gnassingbé, commis d’office. Peuvent se retrouver dans la dizaine de personnes cependant, celles et ceux qui peuvent prétendre à la nationalité togolaise, par naissance, par filiation, par alliance ou par la détention de titre ou passeport togolais. Je pense particulièrement au professeur Charles Debbasch, proche conseiller du chef de l’État togolais. Mais dans cet exercice, nous prenons le risque d’exclure les militaires, gendarmes et autres assimilés quoique leur influence soit réelle; mais pour les besoins de l’exercice, limitons-nous aux civils pour ne pas trop nous compliquer la tâche. Et d’entre ces civils aussi, ne considérons pas les religieux de toutes les confessions chrétiennes. Et voila pour l’essentiel des règles de ce jeu particulier auquel tout le sérieux sera dévoué, en même temps que son caractère exploratoire ne doit pas être oublié. Il m’est difficile de connaitre toutes les personnes pouvant exercer des influences quelconques mais réelles sur la réalité et le devenir du Togo. Aussi, dois-je faire un « Appel à tous et à toutes » pour pouvoir cerner cette réalité. J’espère qu’ensemble nous y arriverons. Alors, svp, faites vos choix et proposez une dizaine de personnes d’ici le milieu du mois de mars, des personnes biens influentes et susceptibles de façonner le devenir du Togo. À vos réflexions et à vos plumes, avant que la liste pionnière ne sorte en avril. Espérons que nous allons accoucher d’une liste qui sera à la hauteur de cet exercice particulier…
Lionel Fourneaux
Lionel Fourneaux
Rédigé par psa le 23/02/2009 à 17:33 | Permalien

Horizon

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Horizon

Il était arrivé un peu plus tôt d'ailleurs...


À l'accueil, la Gouverneure Générale...
À l'accueil, la Gouverneure Générale...
... avant l'arrivée au Parlement et la rencontre avec le PM
... avant l'arrivée au Parlement et la rencontre avec le PM
Curieusement, c'est Barack Obama qui avait demandé de ressortir pour saluer la foule avant de retourner au Parlement.
Curieusement, c'est Barack Obama qui avait demandé de ressortir pour saluer la foule avant de retourner au Parlement.
Rédigé par psa le 19/02/2009 à 11:27 | Permalien

Horizon

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Pour emprunter les mots de l’auteur du texte suivant, « C'est un président américain aux idées claires en matière de politique étrangère qui se présentera à Ottawa demain (ce jeudi 19 février 2009) pour une courte visite de travail de quelques heures. Un président qui a démontré qu'il s'agissait pour lui d'une véritable priorité.» Au canada, il semble bien que ce soit toujours le vide, le suspens et l’imprécision dans la politique internationnale et dans l’articulation d’une perspective diplomatique aussi distincte que possible aux yeux du monde... Laissons la journaliste Manon Cornellier le dire d’une si directe manière, alors que le Cnada accueille la première sortie officielle de notre ami Barack Obama. En vérité, une petite leçon sur l’état anonyme de la diplomatie canadienne...


Nobuyoshi Araki, Harakiri diplomatique ou la suspendue à nulle part
Nobuyoshi Araki, Harakiri diplomatique ou la suspendue à nulle part
À preuve, Barack Obama n'hésite pas à confier ce dossier à de gros canons. Il a choisi Hillary Clinton comme secrétaire d'État, une femme qu'un grand nombre d'Américains auraient choisie comme présidente. À la conférence sur la sécurité à Munich (où les conservateurs étaient représentés pour la première fois en la personne du ministre de la Défense, Peter MacKay, plutôt qu'en celle du ministre des Affaires étrangères), il a dépêché le vice-président Joe Biden pour transmettre son message de coopération aux pays présents. L'administration Obama a fait savoir à maintes reprises qu'elle ne s'en remettrait pas qu'à la force militaire. La diplomatie va reprendre ses droits, aux côtés des outils économiques, politiques, juridiques et culturels, de dire Hillary Clinton. La «puissance intelligente» (smart power) est le nouveau mot d'ordre. Mais la promesse d'une présence américaine plus dynamique dans les institutions multilatérales s'accompagne d'une condition. «L'Amérique en fera plus. Voilà la bonne nouvelle, a dit Joe Biden la semaine dernière. La mauvaise nouvelle, cependant, est que l'Amérique demandera à ses partenaires d'en faire davantage.» Que répondra le Canada? Impossible de le dire. Stephen Harper doit faire face au nouveau président sans bénéficier d'une politique étrangère clairement articulée. Il était d'ailleurs frappant, la semaine dernière, d'entendre à Ottawa les anciens premiers ministres Paul Martin et Joe Clark parler de politique étrangère avec profondeur et cohérence alors qu'on attend toujours l'équivalent de la part du gouvernement actuel. Au cours des trois dernières années, Stephen Harper a donné la priorité aux forces armées, qui avaient besoin d'être remises sur pied, mais il a tout misé sur elles. L'aide au développement a à peine augmenté et la diplomatie a été émasculée. Joe Clark l'a relevé. Selon ses calculs basés sur les budgets des dépenses du gouvernement fédéral, les Affaires étrangères ont vu leur budget baisser de près de 18 % entre 2007-08 et 2008-09. La Défense a eu droit à une hausse de 8,4 %. «Cela est simplement pervers au moment où la diplomatie devient plus importante que jamais», et la négliger aura un prix, a prédit l'ancien premier ministre. Selon lui, l'influence du Canada sur la scène internationale a toujours découlé avant tout de la qualité de son activité diplomatique et non pas de son poids militaire ou économique. L'absence de politique étrangère claire et la méfiance du gouvernement envers la diplomatie ont effectivement un prix: celui de ne pas être prêt à répondre aux questions et aux attentes américaines. Cela est particulièrement évident dans le dossier afghan. Dans une entrevue accordée à la CBC, Obama a dit qu'il était «absolument convaincu qu'on ne peut résoudre le problème de l'Afghanistan [...] avec seulement des moyens militaires». La diplomatie et l'aide au développement devront faire partie d'une stratégie d'ensemble dont, espère-t-il, M. Harper et lui conviendront de l'importance. (…) La meilleure façon pour le Canada d'éviter des pressions pour une nouvelle contribution militaire est de prendre les devants avec une proposition de son cru. Il doit démontrer qu'il peut aider l'Afghanistan autrement. Diplomatie et reconstruction (ce qui englobe la formation de la police, la justice, l'éducation, la santé) sont deux avenues, mais encore faut-il y avoir réfléchi et avoir un plan cohérent à suggérer. Et encore faut-il croire à la diplomatie. Stephen Harper a voulu garder le contrôle de la politique étrangère en nommant toujours des néophytes à la tête du ministère des Affaires étrangères. Des Peter MacKay, Maxime Bernier et Lawrence Cannon pour faire face aux Condoleezza Rice et Hillary Clinton... Seul David Emerson s'est un peu démarqué, mais pour si peu de temps. Le Canada a désarmé sa diplomatie et se retrouve aujourd'hui mal équipé pour offrir des solutions qui lui sont propres. Son image a pâli dans les cercles diplomatiques. L'ancien ministre Emerson avouait, dans une entrevue à la chaîne CanWest, s'être d'ailleurs fait demander où était passé le Canada. Un Canada effacé a moins d'influence quand il est question de changements climatiques, de réforme des institutions internationales, de relations avec les puissances émergentes, de crise au Moyen-Orient et ainsi de suite. Et par sa propre faute il risque maintenant d'être totalement éclipsé devant un gouvernement américain qui se veut activiste. ////// Manon Cornellier, Le Devoir
Rédigé par psa le 18/02/2009 à 18:18 | Permalien

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Pierre Duri : Michaëlle Jean, la Gouverneure Générale du Canada, un regard
Pierre Duri : Michaëlle Jean, la Gouverneure Générale du Canada, un regard
La rumeur est persistante. Et comme toute rumeur, elle s’amplifie faute d’une clarification par une source fiable. La première Dame du Gabon, Édith Sassou Nguesso–Bongo Ondiba ne serait plus de ce monde. Simplement dit, et si la nouvelle se révélait vraie, Édith Bongo aurait souffert ces dernières années de cette « mystérieuse maladie » qui aurait fini par l’emporter, non sans qu’elle ait combattu la fatalité de toutes ses rares forces. Au-delà du drame, ce qui m’est venue à l’esprit, c’est plutôt la délicatesse de la relation entre les grands amis que furent Denis Sassou-Nguesso et Omar Bongo-Ondiba. Aussi grands que puissent être ces deux hommes –dont l’un est effectivement grand de taille et l’autre petit, j’en suis à me dire : Pourvu que cette particulière difficulté puisse les amener à se rapprocher de nouveau. En fait, je voyais la bataille du lieu des funérailles, je voyais la médiation de certains de leurs amis communs dont Jacques Chirac, je voyais tout le reste et je me demandais si certains destins ne se jouaient pas là, sous nos yeux bandés. Chez les Bongo-Ondiba et les Sassou-Nguesso on doit beaucoup se questionner sur la proximité de la fragilité humaine avec la puissance et le pouvoir séculier. C’est un arrêt réflexif que le pèlerinage sur terre nous force parfois à réaliser sur le mystère même de la vie ; ce que Charles Robert Darwin dont nous commémorons les 200 ans de naissance ce 12 février 2009, n’a pas plus compris que tout autre.
Rédigé par psa le 12/02/2009 à 18:09 | Permalien

Silence

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Sortie fracassante de notre ami Pius Njawe dans la publication le Messager, dont il est le fondateur de ce jour même. Sa cible, au-delà du président camerounais Paul Biya, est davantage le système éducatif offert aux jeunes de ce pays. Entre discours et réalité, il est vrai que les systèmes éducatifs reproduisent trop souvent les travers de la société, favorisant les riches au détriment des pauvres. Ce constat est d’autant plus important et incontournable que seuls les mieux nantis vont pouvoir réunir les moyens pour assurer la bonne éducation à leurs enfants. Dans plusieurs pays africains, c’est à coup de millions de monnaies locales, les fameux francs CFA, que les bonnes écoles sont accessibles aux plus offrants. En fait, cette situation déplorable est généralisée à travers le monde : l’éducation, la bonne éducation devient élitiste. Pour prétendre à cette éducation solide aujourd’hui, pour y accéder au Canada comme aux États Unis tout comme au Gabon en France ou dans mon Togo natal, il faut s’attendre à débourser suffisamment et suffisamment. Et le Québec se prépare à lever la barrière qui empêchait les universités d’appliquer des frais exagérement élevés aux étudiants étrangers, comme le reste des États en Amérique du nord. La fatalité semble s’installer autour de l’éducation partout, et bien au Camaroun nous dit Pius.


Bruno Cini, femme fatale
Bruno Cini, femme fatale
Dans son traditionnel message à la jeunesse avant-hier, 10 février 2009, le président de la République, Paul Biya, a validé la formation comme voie royale pour être compétitif dans l’espace de production mondiale et de développement du Cameroun. Ce discours véhicule en effet l’idée que l’éducation institutionnelle et le système des formations offertes à la communauté jeune constituent une sorte d’intégrateur des solutions d’épanouissement personnel et de développement de la nation. Paul Biya suggère la thèse d’une démocratisation des savoirs et savoir-faire, pour donner la chance à tous ceux qui sont ambitieux d’atteindre leurs objectifs. En l’écoutant attentivement, on croit ainsi percevoir, à travers la galaxie des chiffres avancés pour étayer la thèse que l’État fait beaucoup pour la jeunesse, l’image d’une avancée significative de l’offre nationale de formation. L’investissement du cinquième du budget de l’État dans l’édification d’une jeunesse capable d’assurer la relève a également transparu comme indicateur d’une manière de se battre pour l’amélioration des conditions de vie, de formation et éventuellement d’emploi. En réaction à ce discours, comme d’habitude, on a entendu des jeunes et des vieux jubiler, expliquant comment le propos du président était juste et mesuré. Oui, l’homme du 06 novembre 1982 a rappelé la place centrale de l’éducation dans le processus de transformation sociale et de mobilité professionnelle. Cette thèse a été longtemps soutenue par des sociologues fonctionnalistes classiques qui pensaient à juste titre que l’école institutionnelle en Afrique était le centre de rayonnement du village et le levier de développement de la communauté. En observant certains pays de l’Asie du Sud-est qui au début des années 1960 avaient un niveau développement sinon inférieur, du moins égal à celui du Cameroun, on valide tête baissée cette posture idéologique. Ces pays ont en effet investi suffisamment dans la formation des jeunes (environ 30% du budget de l’État chaque année) et on a les résultats aujourd’hui : ils sont passés de pays pauvres à pays émergeants, en transitant par pays à revenus intermédiaires ou pays moyennement avancés. Le Cameroun, lui, est passé de pays à revenus intermédiaires à pays pauvre très endetté ! Cette comparaison semble invalider le schéma classique. Avec raison car depuis longtemps, des partisans de la dissidence critique dont Pierre Bourdieu et, plus proche de nous, Jean-Marc Ela de regretté mémoire, ont montré que l’école est le vecteur de la reproduction des inégalités sociales. Autrement dit, seuls les enfants des riches d’aujourd’hui auront droit à une meilleure formation pour rester leaders et écraser la masse laborieuse qui, déjà, tire la diable par la queue dans la recherche du pain quotidien. Oui, l’État promeut la formation pour tous. Mais combien sont-ils, qui peuvent honnêtement assurer une bonne formation à leurs enfants ? Faut-il le rappeler, environ 51% de la population camerounaise vit avec moins de 1000 Fcfa par jour. Faites un tour dans les quartiers populeux de Kousseri, Maroua, Garoua, Bafoussam, Bamenda, Douala, Yaoundé, … pour voir combien de jeunes ne vont pas à l’école et ne sont inscrits dans aucun centre de formation, faute d’argent. L’essentiel de ceux dont les parents se sont véritablement saignés pour payer une formation de niveau supérieure (BTS, Dut, Licence, maîtrise, …) se tournent les pouces au quartier. Les recrutements se font à travers les réseaux que seuls maîtrisent ceux qui appartiennent aux cercles de pouvoirs. Oui, l’État investit beaucoup dans la jeunesse. Mais où sont les résultats ? Bien malin celui qui pourrait répondre à cette question, car le capitaine Biya mène les jeunes dans un bateau dont l’unique hublot est celui par lequel il voit seul vers où il les mène. Dans son discours d’avant-hier, il a avancé des chiffres (enseignants recrutés, établissements transformés, salles de classes construites, centres multifonctionnels créés, etc.) mais s’est gardé de préciser le niveau de la demande de formation pour permettre à chacun de voir où l’on se situe dans la satisfaction de cette demande. Beaucoup ont expliqué que le discours a été fait dans une dynamique bilan/prospective. Mais le bilan, dans notre acception élémentaire, signifie prévision, provision, réalisation. Biya n’a rien fait de tel. La prospective, quant à elle suppose que l’on se fixe des objectifs clairs et surtout mesurables. Là aussi, on n’a rien senti ! Soit Paul Biya n’a pas l’ensemble de données qui seules donnent sens aux chiffres présentés, soit il s’est gardé de les révéler de peur d’effrayer les citoyens par le fossé qui sépare l’offre de la demande de formation et d’emploi. Là, on le comprend, la logique démagogique reprend le dessus. On se rappelle que le mouvement populaire de revendications sociales de février 2008 s’est déclenché deux semaines seulement après le discours de Paul Biya à la jeunesse. Ces jeunes qui exigeaient de meilleures conditions de vie se sont laissés à des débordements qui ont causé des dommages à certains investisseurs. Reconnaissant la pertinence des réclamations, le président Biya a menacé son gouvernement en lui demandant notamment ce qu’il avait fait pour répondre à leurs revendications légitimes. Le discours prononcé avant-hier devait au moins faire le point pour rassurer. Qu’est-ce qui, un an après, garantit que les jeunes ne peuvent plus se laisser vaincre par une telle manifestation du désespoir ? La gestion malheureuse et mafieuse des biens publics ainsi que le déficit de préservation des intérêts collectifs qui ont plongé la jeunesse dans le découragement restent le seul vrai mode de gouvernance des affaires publiques. Les budgets publics sont systématiquement détournés, les projets sont pilotés avec dilettantisme, … Presque rien ne change dans le fond. Pourtant les dettes contractées aujourd’hui seront remboursées par ces jeunes qui n’en bénéficient que accidentellement. A écouter le président, ceux qui pensent véritablement à cette jeunesse ne peuvent s’empêcher de méditer profondément. Mais vous, jeunes, vous êtes très jeunes pour vous taire. Et c’est trop tôt pour vous résigner./// Pius N. Njawe
Rédigé par psa le 12/02/2009 à 09:17 | Permalien

Mot à Maux

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Quand il est réellement dans ses œuvres, le chef de l’État français est tout simplement inégalable en ignorance. C’est devenu de son ordinaire que le manifeste du sarkozysme soit un refus de l’élégance et du savoir. On peut ne pas partager l’option souverainiste de la moitié des Québécois de devenir indépendants du Canada, mais on peut difficilement traiter ces Québécois de « sectaires » comme le fait le président de la République française. En fait, plusieurs m’ont posé la question ces deux derniers jours… Ma réaction était plutôt amusée, par rapport au personnage même de Nicolas Sarkozy qui a beau être le président français, demeure toutefois petit dans cette fonction grandiose. En banalisant les propos de Nicolas Sarkozy, je crois que j’ai souvent utilisé le mot « incorrigible » pour lui pardonner ses écarts de langages. En effet, il faut bien un jour prendre ce président français là pour ce qu’il est et ce qu’il semble demeurer : désespérément incorrigible pour rester maitre dans les gaffes politiques inutiles. En prime, il suscite des réactions négatives dont la cause canadienne qu’il voudrait défendre se passerait bien. La preuve, Sarkozy réveille encore certains, dont Pauline Marois, Gilles Duceppe et ici, Lise Payette dans un article « Petit Caporal » ; une désignation peu flatteuse qui pourrait tout aussi être attribuée à Sarkozy qu’à Jean Charest… Je ne le sais pas…


Auguste Rodin
Auguste Rodin
Je suis devant ma télé. J'attends de voir mon bien-aimé Jean Charest se boursoufler de bonheur devant les honneurs qui vont lui être décernées par le président de la France. Les salons de l'Élysée, ce n'est pas rien pour un petit gars de Sherbrooke, et je sens mon premier ministre flotter sur un nuage, un sourire béat sur le visage. Le «Petit Caporal», celui que les Français appellent «Sarko», va parler. Il se tortille et il grimace comme il le fait d'habitude, mais il en rajoute comme le ferait un personnage de Molière dans une mauvaise mise en scène. Il nous ressert la fameuse cassette de l'été dernier, lors de sa visite éclair à Québec, en route vers les États-Unis où l'attendait, croyait-il, son moment de gloire. Il a encore une fois les deux mains dans nos affaires de famille, tripotant l'identité québécoise pour l'arranger à la sauce Desmarais. Il affirme en grimaçant, espérant sans doute faire passer un peu mieux l'énormité de ce qu'il va déclarer, que nous, les Québécois, nous sommes sa famille et que les Canadiens sont ses amis. Que l'heure n'est pas à la détestation et blablabla... Je me dis, en l'écoutant, que cet homme n'a aucune idée de ce qui s'est vécu ici depuis 400 ans. Qu'il dise des choses stupides en les signant Sarkozy, c'est son droit le plus strict, mais qu'il les dise au nom du président de la France, alors qu'il est en fonction, c'est une énormité impardonnable. Je pense que quelqu'un va intervenir, profiter du moment pour remettre la pendule du président à l'heure, trouver la formule qui va corriger immédiatement l'affront qu'il vient de nous faire pour la deuxième fois en peu de temps, mais personne ne bouge. C'est alors que je comprends que Jean Charest va devenir un héros. Il va très calmement et avec dignité refuser la Légion d'honneur. Il va choisir son peuple au lieu de la médaille. Il va afficher son courage et son identité. Il va remercier la France et le président pour tout ce que nous leur devons, mais il va afficher sa fierté d'être Québécois et il va prendre tout son peuple malmené par le président Sarkozy sous son aile parce qu'il est son chef, et que c'est pour ça qu'il est notre représentant. Il va se tenir debout. Et il va pouvoir rentrer au Québec la tête haute, laissant les Français démêler leurs sentiments entre eux en dehors de notre présence. Sarkozy passe la médaille au cou de Jean Charest. J'ai envie de pleurer. J'ai honte de voir que Paul Desmarais applaudit. Jean Charest se fait tout petit pour être à la hauteur de Sarkozy et je sais que s'il rougit, ce n'est pas de honte, mais de plaisir. Si au moins il avait profité du moment pour dire ce que nous sommes, les luttes que nous avons menées pour survivre et celles d'aujourd'hui sans aucune garantie de survie même après tous ces siècles. Il a semblé dire qu'on ne corrige pas le président de la France. Je crois qu'il fallait le faire, au contraire, et en assumer les conséquences. Ce président qui n'aime pas la «détestation» a réussi à faire sortir pratiquement toute la France dans la rue, contre lui, il y a moins d'une semaine. Et cet homme donnerait des leçons aux autres? Je n'ai pas pu m'empêcher de me demander ce que René Lévesque aurait fait dans les mêmes circonstances. Il se serait sûrement tortillé, car lui aussi il avait cette caractéristique. Il aurait fait quelques grimaces, mais je suis convaincue qu'il aurait défendu son peuple avec des mots que Sarkozy aurait compris. Et plus jamais ce président ne se serait permis de donner des leçons aux Québécois quant à la façon de mener leurs affaires. Il s'est conduit comme un malappris, et je crois que Lévesque le lui aurait dit. Quant à Jean Charest, c'est un cas désespéré. Il avait tout en main pour expliquer les relations Québec-Canada à son ami «Sarko», lui à qui Ottawa vient de servir une gifle mémorable dans son dernier budget. Il a choisi le mauvais camp, comme d'habitude. Il a choisi de ne déplaire ni à «Sarko», ni à Desmarais surtout. Sans doute parce qu'il en attend encore quelque chose. J'ai fermé ma télé. J'avais quelque chose comme un mauvais goût dans la bouche. L'impression d'avoir été trahie par un premier ministre qui aurait dû me défendre. Dommage.
Rédigé par psa le 06/02/2009 à 06:06 | Permalien

Horizon

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Yves Poulain, correspondant de Radio Canada à Washington DC, pense que notre ami, Barack Obama, fait face à ses premières difficultés. Probablement que oui, pour un président qui a la transparence comme promesse. Ce qui est aussi merveilleux dans cette tournure, c’est aussi la réaction rapide de ce président qui n’a pas hésité à avouer que des erreurs aient été commises dans le choix de certaines personnes. À retenir dans tout cela, le ton présidentiel a vraiment changé et un humain semble être désormais aux commandes des États Unis d’Amérique. C’est aussi cela la beauté Obama dont le parcours est sans aucun doute semé de nombreux trous après le passage de notre autre ami Georges W. Bush. Et Dieu sait qu’il a commencé à en remplir adéquatement de ces trous pour refaire le passage.


Dorothy
Dorothy
Barack Obama avait promis d'insuffler un vent de renouveau à Washington. Fini les intérêts particuliers, les lobbyistes! Place à la responsabilité, à l'éthique et à la transparence! Mais à peine deux semaines de présidence se sont écoulées que le nouveau chef de la Maison-Blanche est victime de ses propres règles ou des enquêtes bâclées au sujet des membres de son Cabinet. L'ancien leader démocrate du Sénat Tom Daschle, nommé secrétaire à la Santé, a dû renoncer à son poste. On a appris qu'il avait « promis » de payer 140 000 $ en impôts. Il paraissait aussi en grave conflit d'intérêts, puisqu'il avait touché des millions de dollars comme consultant auprès des industries liées à la santé, après son départ du Sénat, en 2005. Tom Daschle était perçu comme le meilleur candidat pour convaincre le Congrès et les divers groupes d'intérêts de doter enfin les États-Unis d'un régime universel d'assurance santé. La réforme de la santé, l'une des priorités du président, sera ainsi retardée de plusieurs mois, sinon davantage. L'opposition républicaine au Congrès et plusieurs journaux, dont le New York Times, avaient souhaité que Tom Daschle renonce à sa nomination. Le « démission » de Tom Daschle est survenue le même jour que celle de la contrôleuse du budget de la Maison-Blanche, Nancy Killefer, également en « indélicatesse » avec l'impôt américain. Le président Obama n'avait guère le choix d'accepter « avec tristesse et regret le retrait volontaire » de Tom Daschle et Nancy Killefer. Ces deux distractions s'ajoutaient à celle de Timothy Geithner, secrétaire au Trésor, confirmé dans ses fonctions malgré ses omissions répétées de régler certains impôts (43 000 $) quand il était à l'emploi du Fonds monétaire international. Dans les tribunes téléphoniques à la radio américaine, plusieurs citoyens commençaient à évoquer la règle des « deux poids deux mesures » devant le fisc. Les humoristes de la télévision avaient aussi commencé à ridiculiser les « distraits » de l'impôt du Cabinet Obama. Ces affaires ont rappelé le goût amer laissé par l'épisode Leona Hemsley, l'ancienne propriétaire de luxueux hôtels à New York. Elle avait affirmé, avant d'aller en prison pour évasion fiscale, que « seules les petites gens » payaient de l'impôt. Sans oublier le cas de Bill Richardson, le gouverneur du Nouveau-Mexique, qui a dû renoncer au poste de secrétaire au Commerce, en raison d'une enquête sur des allégations de corruption dans son administration. On peut aussi ajouter dans la liste le sous-secrétaire à la Défense William Lynn III, nommé en dépit de ses antécédents de lobbyiste pour Raytheon, un des grands fournisseurs militaires du Pentagone. Le président Obama a tenté de limiter rapidement les dégâts après les départs de Tom Daschle et de Nancy Killefer. Il a reconnu avoir manqué de jugement au cours d'une série d'entrevues aux grands réseaux américains de télévision. Il a affirmé: « Je pense que cela a été une erreur. J'ai foiré. (I screwed up) J'en prends la responsabilité et nous allons faire en sorte de régler le problème pour être sûrs que cela ne se reproduira pas ». Tout un contraste avec George W. Bush, qui a pratiquement toujours refusé la responsabilité de toute erreur. Cet aveu d'échec sera-t-il suffisant pour maintenir le lustre de la jeune présidence? À peine 24 heures, après le départ de ses deux collaborateurs, le chef de la Maison-Blanche a tenté de rassurer les contribuables, en annonçant des règles salariales strictes pour les grands patrons des entreprises renflouées par le gouvernement fédéral. Barack Obama, le candidat qui en campagne électorale avait promis de faire de la politique autrement et de changer les moeurs à Washington, écope malgré tout de ses premières tuiles.
Rédigé par psa le 05/02/2009 à 10:45 | Permalien

Mot à Maux

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Ce mercredi 4 février 2009, l’Université Saint paul rend hommage à notre défunt ami Aubin Deckeyser. C’est à 12 :00 à la chapelle de l’Université, à Ottawa, sur la rue Main. J’y serai, naturellement. C’est également cette semaine qu’un hommage sera rendu à Jean-Marc Éla à Ottawa, à l’église des Dominicains, sur la rue Empress. Ce sera ce samedi 7 février 2009. Pour ces deux majestueux penseurs, j’empreute les écrits de Célestin Monga. Ce sont des paroles que l’un ou l’autre, Aubin ou Jean-Marc, aurait pu écrire ou ne pas formuler de la même manière… Peu importe !. Seulement, c’est Célestin Monga qui les livre en hommage à Jean-Marc Éla et ces propos me paraissent bien agencés. Des propos qui méritent de résonner de nouveau, pour saluer ces deux personnages discrets et attachants que nous ne cesserons de pleurer, en ces moments où ils nous ont comme tourné le dos.


Aubin Deckeyser et Jean-Marc Éla : À prendre ou à laisser
La pensée sur l’Afrique est aujourd’hui coincée entre trois écueils philosophiques dont il n’est pas aisé de s’écarter. Il y a d’abord les pièges éthiques et conceptuels d’un nationalisme réductionniste et encombrant, qui postule la nature étanche de la culture et de l’Homme africains. Coagulée dans le temps et proclamant l’impérieuse nécessité de réhabiliter l’image d’un paradis perdu, cette vision exclusiviste du monde est prisonnière de ses propres mythes dont elle se nourrit. Il y a aussi les impasses de la thèse opposée, celle qui estime que l’Afrique n’existe pas, qu’elle n’est qu’un amalgame historique et politique ; un panachage artificiel hétéroclite dispersé dans le temps et l’espace ; bref, une simple construction mentale. Entre ces deux thèses erronées, qui valident l’idée d’une altérité incompréhensible des Africains ou l’exotisme intellectuel, il y a la maladroite tentative des démarches apologétiques à la Senghor, qui sont tellement obsédées par le caractère hybride des sociétés et des cultures qu’elles ne proposent que le mimétisme. Tu ne t’es jamais embourbé dans ces querelles pseudo métaphysiques sans importance. Tu as toujours été jaloux de ta foi d’Africain. “Je ne suis pas devenu un autre”, disait Césaire. Comme lui, tu croyais certes qu’il fallait “sortir de la victimisation” mais insistais sur la nécessité de reconnaître une “spécificité africaine” arbitrairement définie peut-être, mais aussi légitime que n’importe quelle autre construction sociale. (…) Ton œuvre permet donc de resituer l’Afrique dans son vrai champ d’étude, à équidistance des intégrismes de tous bords. Elle aide à démystifier les leurres d’un nationalisme essentialiste aveuglé par la nostalgie d’un monde et d’un temps ayant existé surtout dans l’imaginaire de la douleur. Elle permet également de réfuter les formes les plus extrêmes d’un “cosmopolitanisme” qui nie le droit à la subjectivité. Ta parole était le discours africain, sophistiqué mais clair, articulé et eurythmique, sévère mais généreux. Un discours issu de la noble école des savoirs, de la sagesse universelle, de l’exercice des franchises universitaires, de l’école certes, mais de la vie surtout. Un discours en forme de chant, de science verbale, et d’un certain type de foi. (…) Il existe une Afrique surpeuplée de doutes, confisquée par des “dictateurs stagiaires” (Mongo Beti), des “despotes obscurs” (Edem Kodjo), des leaders d’opposition aigris et agités, des diplômés illettrés et des “intellectuels tarés” (Nicephore Soglo), des Feymen dont la fortune appauvrit la société, des étudiants en colère devenus conservateurs, des fonctionnaires qui théorisent la paresse, des jeunes qui risquent leur vie dans les soutes d’avion pour aller chercher un eldorado improbable en Occident, et des femmes désabusées qui consacrent leurs économies dans les cybercafés à chercher des maris sauve-misère dans l’Internet. Mais tu as montré dans tes travaux que l’Afrique, qui compte désormais 1 bon milliard d’individus, est bien plus que cela : c’est aussi le continent des femmes-courage, des paysans-sans-peur, des enfants qui travaillent pour effacer les cicatrices de l’Histoire, bref, le lieu des grands rêves et de toutes les possibilités. Malheureusement, tous ces efforts et sacrifices sont souvent réduits à néant parce que des dirigeants et des élites perverties y ont institué le goût du crime, le désir collectif du suicide. (…) Tes livres ont identifié le problème principal dont souffre l’élite africaine aujourd’hui. Lequel ? Le déficit d’amour-propre et la haine de soi, sentiments déguisés en haine de l’autre. La haine du voisin donc, de celui qui ne parle pas la même langue ou qui ne pratique pas la même religion. L’agitation sadomasochiste autour des mythes de la différence. Dans ce Cameroun qui te préoccupait tant, on parle désigne cet autre (qui n’est donc que soi-même) sous les étiquettes les plus ostensiblement péjoratives. On parle ainsi du «Nordiste», du «Maguida», du «Sudiste», du «Beti», du «Bamiléké», de «l’Anglophone», du «Bassa», du «Douala» ou du «Bafia»… Comme si ces vignettes avaient une signification quelconque dans ce pays où les voyous qui «gouvernent» se recrutent dans toutes les ethnies et pratiquent toutes les religions. Comme si le fait d’insulter et d’humilier le voisin mettait du baume au cœur dans ce pays où les citoyens de toutes les ethnies et religions meurent de faim, ne peuvent pas se soigner ou envoyer leurs enfants à l’école. L’intensité de ton travail et l’élégance de ton mode frugal de vie m’ont permis de mieux comprendre le véritable statut de la pauvreté. Contrairement à ce que l’on a tendance à croire, elle n’est pas l’autre versant de la richesse. Elle est un lieu psychologique, un vécu, une approche de l’existence. Si on ne le comprend pas, on court le risque de tomber dans le piège d’une forme de “pauvreté enrichie”, bien pire que le dénuement matériel. Sony Labou Tansi avait probablement la même intuition quand il disait : “Je ne suis pas à développer, je suis à prendre ou à laisser”.
Rédigé par psa le 02/02/2009 à 15:34 | Permalien

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