Diplomatie Ouverte |
|
|
Profil
Pierre S. Adjété
Archives
Galerie
Dernières notes
Infos
Nos liens
|
Daniel Edwards
Les pesanteurs de ce fameux complot d’un fils Eyadema contre l’autre resteront longtemps sur la vie politique du Togo post-Eyadema. Maintenant que nous disposons d’assez d’éléments de cette affaire instruite par… Jeune Afrique auprès duquel non pas une fuite a été organisée mais tous le dossier a manifestement été déposé, il me semble être temps de passer à autre chose. A beaucoup trop d’égards, il est difficile de nier l’existence d’un complot de l’un contre l’autre. Erreur malheureuse ! Parce que cette Affaire possède un fort cachet familial sous lequel la solution se doit d’être envisagée dans une perspective durable, il serait judicieux que sous cet unique ombrage un accommodement raisonnable soit trouvé. En effet, avant d’être une affaire d’État, ce cas pathétique de descension et d’incompréhension, pour avoir été de nature familiale y plonge également toutes ses racines, au point de devenir une intrigue politique si seulement elle est maintenue dans la sphère publique, trop médiatisée. En optant pour cette approche de compromis, il faut reconnaitre le risque de créer un précédent. Mais bon ! Pourquoi alors vouloir d’une solution juridique classique qui mettra encore plus d’incertitude dans le paysage politique togolais ? L’alternative, organiser un procès téléguidé, dans les faits ou en apparence, ne serait pas plus un bon service à rendre à dame Justice. Simplement dit, l’Affaire Faure-Kpatcha me semble avoir une meilleure issue dans un compromis informel à l’Africaine, bien loin des projecteurs aveuglants. Il serait ainsi temps de passer à autre chose, le pardon aidant tout comme le temps. L’audace de cette solution n’en fait pas moins une approche difficile à accepter de prime abord ; elle me fait penser d’ailleurs et instantanément, aux œuvres de Daniel Edwards dont certaines, au-delà de leur beauté, suscitent bien de polémiques autour de l’artiste new-yorkais. En tout cas, dans la posture togolaise actuelle qui exigence une renaissance effective de ce pays, je ne vois pas un meilleur doigté politique.
Daniel Edwards, Britney Spears
Diplomatie Publique
« Nous sommes des singes dans une cage (…) Les singes ne se préoccupent pas des visiteurs et, de temps en temps, arrive un humain et ils se disent : allons examiner celui-là et ils s’approchent de lui». Et John Lennon ajouta, « En fait la cage est tellement vaste qu’on n’en voit pas les barreaux. » Après 7 jours de Bed-In, une publicité historique pour la Paix qui consista à tout simplement s’installer au lit et faire vibrer le monde entier, John Lennon et Yoko Ono avait décidé de chanter et d’enregistrer le fameux et légendaire « All we’re saying... Give peace a chance » dans la chambre 1742 du Reine Elizabeth à Montréal. Quarante ans plus tard, le message puissant pour la paix du charismatique John Lennon et de la militante infatigable de la paix Yoko Ono se fredonne d’une drôle de manière dans un procès-enquête du coroner Robert Sansfaçon, sur la mort par balle tirée par un policier le 9 août dernier. À peine ouverte, le procès est ajourné indéfiniment par le coroner responsable. Le motif, « Déséquilibre inéquitable fondamentale » car les agents de la police montréalaise disposaient d’une batterie d’avocats et la famille de la victime, Freddy Villanueva, ne pouvait s’en payer elle-même alors que le gouvernement, le ministre Jacques Dupuis en l’occurrence, refusait d’en assumer les frais pour la famille démunie et éplorée. Ce dont il est question ici, ce qui a provoqué le malaise de tout le monde et que le gouvernement ne voyait pas du tout, c’est bien l’iniquité des rapports de force. Au-delà, c’est aussi une occasion unique pour aider à améliorer les rapports entre la police et certains citoyens de Montréal appartenant à des communautés culturelles. Il me semble que restituer la quiétude et la paix dans certains arrondissements de Montréal vaut mieux l’élargissement du mandat pour explorer tous les aspects du rapport entre la police et les citoyens. À Montréal, il faut bien redonner une chance à la paix. Homme-singe, nous devons penser en dehors de nos cages même si l'on a le pouvoir... qui au Niger pour dissoudre un parlement, qui au Québec pour tronquer l'évidence.
Le cas Abdoulaye Wade facine et intrigue à la fois. Ici, l’effet miroir est un effet Wade omniprésent. C’est à croire qu’il est actuellement en état de nuire et de faire mal aux constuitutionalistes qu’à la gente de la science administrative, en plus de laisser perplexes tous les observateurs. Ainsi, L’Aurore (Wal Fadjri) nous apprend que : « (…) à y voir de près, dans ce projet de loi, l’on relève des incohérences et incongruités comme il n’y en a jamais eu par le passé. D’abord, il n’est fait mention, dans aucune Constitution au monde, de l’ordre de préséance, contrairement au texte du projet de loi instituant un vice-président, ajouté à l’article 26 de la Constitution : ‘Le vice-président occupe, dans l’ordre de préséance, le deuxième rang…’. De l’avis de tous les constitutionnalistes interpellés, c’est la première fois dans l’histoire du droit constitutionnel que la notion de préséance est mentionnée dans une Constitution. » et de poursuivre : « A propos de cette partie du texte (‘le vice-président occupe, dans l’ordre de préséance, le deuxième rang…’), le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Madické Niang, en réponse aux députés de l’opposition qui ont qualifié ce poste ‘d’institution trop inutile et sans apport réel’, a indiqué qu’il ne ‘s’agit ici nullement d’une nouvelle institution de la République’. Or, l’article 6 de la constitution dispose que ‘les institutions de la République sont : le président de la République, l’Assemblée nationale et le Sénat, le gouvernement, le Conseil constitutionnel, la Cour suprême, la Cour de cassation, la Cour des comptes et les Cours et tribunaux’. Alors quand le vice-président occupe le deuxième rang après le chef de l’Etat, c’est dans l’ordre de quelle préséance si ce n’est celle des autres institutions que sont les deux chambres du Parlement, le gouvernement, etc. Cela veut dire qu’il est bel et bien une institution de la République qui coiffe le président du Sénat bien que ce dernier soit chargé d’assurer l’intérim du chef de l’Etat en cas de vacance du pouvoir, le président de l’Assemblée nationale, le Gouvernement et le Judiciaire. » RFI aussi semble bien reporter la nouvelle avec un brin de perplexité que restititue ici Jean-Baptiste Placca dans son billet de la semaine… L’image que donne le président Wade par les temps qui courent est assez nette et inquiétante.
Joseph Misraki
Après neuf ans de pouvoir, Abdoulaye Wade dit avoir besoin, pour faire face à ses innombrables obligations, d’un vice-président. Après tout, cela peut se comprendre, de la part d’un chef d’Etat aujourd’hui âgé de 83 ans, qui non seulement est très sollicité, mais sait s’inviter dans tous les dossiers continentaux et partout où il s’estime indispensable. La fonction de vice-président, telle que définie par le chef de l’Etat, est une coquille vide, même si le titulaire arrivera en second, dans la hiérarchie protocolaire de l’Etat. Il sera nommé et révoqué par le président, et ses attributions seront celles que celui-ci voudra bien lui déléguer.
Dans un Sénégal suspicieux à l’égard de la plus anodine des décisions présidentielles, ce projet suscite d’autant plus d’émoi que les indices se sont accumulés, ces dernières semaines, qui confortent la crainte de voir Abdoulaye Wade imposer un de ses rejetons pour lui succéder. Ainsi de l’entrée de Karim Wade au gouvernement, début mai, avec un portefeuille aussi exorbitant qu’incongru : ministre d’Etat, ministre de la Coopération internationale, de l’Aménagement du territoire, des Transports aériens et des Infrastructures ! En privé, quelques membres du camp présidentiel – sans doute des jaloux – prétendent que le fils est « ministre de tout ce qui est important et peut rapporter beaucoup d’argent ». « On a mal ! On est choqués, parce qu’on croyait que cela ne pouvait arriver que dans les autres pays », entend-on, à voix de moins en moins basse, à Dakar et dans la diaspora sénégalaise. Après le débarquement, sur ordre, du président de l’Assemblée nationale, puis la sortie, en catimini, d’un ministre du gouvernement, pour cause de passé judiciaire encombrant, trois jours après sa nomination, voilà donc un poste de vice-président pour le confort du chef de l’Etat ! Beaucoup s’interrogent sur la pertinence, sinon sur la lucidité de ces décisions à la chaîne, qui tranchent avec l’image de cette administration rayonnante qui faisait naguère la fierté de l’Etat au Sénégal. Les Sénégalais en sont à demander à leur président de faire la preuve de sa bonne foi. « Que mijotez-vous par rapport à cette vice-présidence ? Président Wade, vice-président Wade ? N’est-ce pas un peu beaucoup ? » Même Jacques Chirac aurait déconseillé à son ami Eyadéma de confier la présidence de l’Assemblée nationale à un de ses fils. Alors, si ce n’est pas pour Karim, c’est donc pour Idrissa Seck, l’enfant prodige tout juste rentré au bercail, qui s’engagerait, en contrepartie, à protéger… « son » jeune frère ? Sauf que, au regard de la férocité dont on est capable au sein de cette famille-là, nul ne peut jurer de ce que vaudra une promesse faite à Abdoulaye Wade, lorsque celui-ci ne serait plus …en état de nuire.//// J-B Placca, RFI
La dignité, richesse commune aux individus et aux Nations. Cette réalité incontournable est de temps à autre mise à rude épreuve. Ce fut le cas il y quelques semaines au Cameroun ; c’est aujourd’hui le cas au Sénégal et particulièrement au Niger. Et à chaque fois, c’est de manière astucieuse et malicieuse que la Constitution est malmenée. Le cas sénégalais d’apparence anodine demeure une fondamentale agression tout de même, compte tenue de la portée plus que symbolique du projet de changement, par l’Assemblée nationale interposée : introduire le poste de vice-président de la République du Sénégal. Les implications de ce grand toilettage constitutionnel sont hautement politiques et pas seulement juridiques. En fait, la Constitution est tellement importante qu’elle ne peut être laissée aux seules mains des juristes. Et alors on comprend la réserve largement désapprobatrice qui s’élève des cœurs des Sénégalaises et des Sénégalais devant la tentative de Me Abdoulaye Wade, devenu incontrôlable dans son désir répété d’imposer son Sénégal envers et contre tous. Au fond, Me Wade dans une perspective uniquement légaliste a semblé ignorer la légitimité qui lui échappe désormais depuis l’effritement de ses appuis populaires consacré par les dernières élections municipales. Ce qui m’étonne particulièrement c’est le silence de son nouveau premier ministre et pourtant très rebelle et autonome en jugement, Me Souleymane Ndéné Ndiaye (S2N). Lorsqu’on connaît la facilité avec laquelle le président Wade procède à des nominations aux plus hautes responsabilités d’État –six PM depuis 2000 : Moustapha Niasse, Mame Madior Boye, Idrissa Seck, Macky Sall, Cheikh Adjibou Soumaré avant lui-même S2N, il n’y a aucun doute que le poste de vice-président serait une porte tournante à la projection de son fils Karim Wade au firmament politique, après un court intermède probable de notre ami Idrissa Seck. La démonstration de cette probabilité intrigante a déjà été faite par le président Wade, dans le traitement même de la défaite de Karim aux dernières municipales ; lesquelles déconvenues sont étonnamment récompensées par sa nomination au gouvernement comme ministre d’État en charge d’un portefeuille immense comme jamais dans l’histoire administrative du Sénégal. Alors, le poste de vice-président est loin d’être une distraction pour les Sénégalais qui ressentent le bafouement répété et incessant de leur dignité par le président Wade. Ainsi, dit-on à Dakar, la Constitution sera toujours modifiée tant que nécessaire. Et ce fut le cas ce vendredi de mi-mai. Peuple de fiers gens, les Nigériens sont l’une des rares nations à faire mention de leur Dignité dans la Constitution de leur pays. Aujourd’hui, ils n’apprécient pas plus la perversion politique que leur chef d’État voudrait soumettre la Constitution du pays en la détournant au profit de son seul et propre intérêt égoïste : bénéficier d’un troisième mandat. Oui, à son tour aussi, Mamadou Tandja a succombé à cette seule et même tentation de garder le pouvoir quitte à toiletter la Constitution d’un parfum malodorant et illégitimement ressenti. Tout porte à croire que le subterfuge du changement constitutionnel passerait difficilement sur les bords du Niger. Pour en finir, amusons-nous avec le cas du Togo… à venir. Dans ce pays, tout le monde est aveuglé par la perspective de la prochaine présidentielle. Et, les réformes constitutionnelles attendues sont alors reléguées aux oubliettes, et avec elles la revendication de la limitation du mandat présidentiel. Elles interviendront ces réformes. Mais dans le deuxième mandat à venir de Faure Gnassingbé. Et alors seulement, la limitation sera proposée à deux mandats consécutifs non renouvelables, le tout devant commencer le troisième mandat de l’actuel président. C’est amusant une telle réalité car, incapable et méprisante, la fameuse opposition togolaise en est toujours à penser aux élections présidentielles, avec candidat unique, comme si la solution à l’imbroglio politique togolaise réside dans une autre élection dont le résultat est déjà connu. C’est vrai que la Constitution mène à tout et est à l’origine de tout… Sortons-en dignement pour aujourd’hui.
Diplomatie Publique
Corine Schubenel
Pour peu que l’on se préoccupe de l’avenir du Togo, particulièrement de sa jeunesse en quête de salut et en face de la situation acceptable qui prévaut dans les pays environnant, notamment le Bénin et le Ghana, il y a lieu de continuer à être imaginatif. Maître Abi Tchessa et les membres de son parti n’en n’ont pas manqué lorsque certaines de leur réflexion font état de cette analyse que « la persistance du poids du passé, des divisions régionalistes, des relations crispées et conflictuelles et du déficit de confiance mutuelle entre la mouvance présidentielle et l'opposition » fragilisent encore l’avenir du Togo. Il est vrai que le premier mandat de Faure Gnassingbé lui aura permis essentiellement d’asseoir son autorité, recevant un « Mes respects Monsieur le président » d’un Gilchrist Olympio que consolidant sa suprématie dans sa propre famille en anéantissant les velléités d’un Kpatcha Gnassingbé. Mais le temps presse et les mois à venir ne peuvent pas seulement servir à régler des différends avec l’opposition ou sa propre famille politique. Et c’est probablement là l’une des faiblesses de Faure Gnassingbé : une absence de réalisations économiques concrètes et de large utilité qui soient allées au-delà de la reprise des relations avec les institutions internationales. Le bilan politique, pour être positif, doit sauter à l’œil nu et être visible de tous les citoyens qui aiment bien ne plus croire mais voir et toucher du doigt le changement dans leur quotidien. Les gens auraient pu se contenter de l’Accord politique global (APG) si seulement c’est une réalisation qui force le respect de tout le monde ; c’est loin d’être le cas, en son esprit et dans ses applications. Au-delà de cette réalité, le manque de confiance légendaire qui prévaut toujours entre les acteurs politiques au Togo place la barre à un niveau élevé pour les gens au pouvoir qui, en tout temps, se doivent de faire la constante démonstration de leur capacité à sortir le pays de sa fâcheuse position. A vrai dire, Faure a tenté à chaque occasion d’aller de l’avant, à sa manière insuffisante, mais à sa manière tout de même. Je l’ai particulièrement remarqué dans le souci de changement dont il fait montre dans le choix des Premier ministres : quatre en quatre ans. Ce qui peut ressembler à une inconstance m’est apparu, à l’analyse, comme un indicateur de volonté de changement et de dépassement à chacune de ces occasions. C’est le fruit de cette semence du changement qui semble toujours tarder à paraître. Et c’est un devoir de pousser Faure dans le dos pour qu’il fasse mieux au lieu d’avoir le regard tourné vers sa réélection qui interviendra de toutes les façons, compte tenu de l’impréparation et du réveil tardif de l’opposition ou de ceux qui s’en réclament les seuls et nobles héritiers, l’efficacité en moins. Et cette dernière incartade n’est pas la moindre de la situation désolante que connait le Togo. Comme preuve : il est tout aussi incompréhensible, maintenant qu’Aimé Gogué en parle lui-même publiquement, que l’UFC ne soit même pas arrivée à s’entendre ou à fusionner avec l’ADDI, le parti le plus proche de lui idéologiquement à travers la personnalité de son dirigeant principal qu’est M. Gogué. On ne réussira pas une alternance au Togo si le parti politique le plus populaire de l’opposition ne rallie pas ou ne réussi à intégrer la moindre des proches formations politiques du pays. Que faire alors des autres partis de l’opposition? C’est le triste paradoxe du Togo que le changement viendrait davantage de la mouvance présidentielle que d’une opposition qui ne s’entend que sur son amateurisme politique et sa désunion légendaire. Drôle de paradoxe qu’au Togo, le rêve du changement soit ailleurs d’un côté et la réalité du changement soit de l’autre côté tout à l’opposé. Traduction : ce pays n’arrête pas d’appeler à un véritable compromis qui aille au-delà des égos. Même là, il faut le voir avant d’y croire.
Ad Valorem
Jamais je ne savais qu’à l’intérieur de son parti, la CPP, on l’aurait appelé Camarade… Au fond, pourquoi pas ! Camarade Edem Kodjo ! A haute voix, cela sonne encore bizarre à mes oreilles. Enfin… C’est ce qui m’a frappé à la lecture de cette motion reçue de Lomé au lendemain du congrès de la CPP. Je n’étais pas étonné qu’Édem Kodjo veuille passer la main à la relève ; nos amis et très représentatifs reflets de la diversité togolaise, Aminata Traoré, René Tiem et Cornelius Aïdam prennent donc les reines de ce parti au nom à la Kwame Nkrumah… la CPP. Je crois d’ailleurs que ce nom n’a pas été donné au hasard ; le panafricaniste Edem Kodjo réhabilitant la mythique CPP ghanéenne ne peut être un simple hasard. Toujours est-il que je m’associe à cet hommage rendu à Edem à travers cette Motion spéciale de félicitation, en lui donnant ici complémentaire diffusion. Il le mérite bien ce mal aimé des Togolais et adoré des Africains qu’est Édem Kodjo.
|




