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L’une des rares citations que j’ai faite dans "Barack Obama - Un leadership politique médiateur" est celle de Ted Kennedy. Il considérait Barack Obama comme « Un homme d’une très forte personnalité, extraordinairement doué pour le leadership. » C’est unanimement que la planète lui rend hommage à son décès ce mardi nuit, lui cet homme qui en avait vu bien d’autres. À son tour, Barack Obama lui rend un hommage émouvant: « Personnellement, j'ai apprécié ses sages conseils au Sénat, où, peu importe le tourbillon des événements, il avait toujours le temps pour un nouveau collègue. J'ai apprécié sa confiance et son soutien capital dans ma course pour la présidence. Et alors même qu'il menait une lutte courageuse contre une maladie mortelle, j'ai bénéficié en tant que président de son encouragement et de sa sagesse. Son combat nous a donné l'occasion qui nous avait été refusé lorsque ses frères John et Robert avaient été arrachés à notre affection: l’opportunité de rendre grâce à ces moments que nous avons eu pour lui dire merci et au revoir. Les marques d'amour, de gratitude et de bons souvenirs par lesquelles nous portons tous témoignage aujourd’hui constituent une preuve de la manière dont cette figure singulière de l'histoire américaine a touché tant de vies. Pour l'Amérique, il fut un ardent défenseur d'un rêve. Pour sa famille, il était un gardien de Temple.» Et voici ce que Julie Roginsky publie sur lui, chez Forbes, pour résumer la vie de combat et d’engagement du vieux lion comme on appelait Ted Kennedy dans l’arène politique américaine. Il fut aussi grand sinon plus entend-on de partout, au moment où le grand public commence à lui exprimer un ultime respect avant son dernier repos au cimetière d'Arlington en Virginie.
"L'inconvénient de ma situation", a dit un jour Ted Kennedy "C’est d’être constamment comparé à deux frères de grande valeur." Pourtant, tout compte fait, les réalisations politiques de Ted Kennedy ont dépassé de beaucoup celles de John et Robert Kennedy. Aucun autre sénateur des temps modernes n’a laissé un héritage qui dépasse celui d'un président en exercice. Aucun autre sénateur, et il faut saluer à la fois sa longévité et sa ténacité, n’a affecté la vie de tant d'Américains.
Ce benjamin des fils de Joseph Kennedy, lequel avait mis ses espoirs et ses aspirations dans ses trois fils aînés, a laissé sa marque sur presque toutes les lois déterminantes du Sénat américain, en l'espace de deux générations – une œuvre que ses frères ont été incapables de d’accomplir au cours de leur vie tragiquement courte. En délaissant son ambition d’accéder à la Maison Blanche, Ted Kennedy a plutôt été en mesure de contribuer à des politiques qui, dans leur strict champ d'application, ont eu un impact plus important que les réalisations de tout autre président de l’après-guerre - y compris son propre frère JFK.
Rien dans la vie personnelle de Ted Kennedy ou en début de sa carrière ne prévoyait qu'il allait devenir un des leaders politiques les plus importants du siècle.
Au départ, Ted, le plus jeune des quatre frères, n’avait nullement été préparé à être le dauphin politique dans le cas d'une crise familiale. Il avait été renvoyé de Harvard en 1951 pour avoir triché à un examen d’Espagnol et avait échoué dans sa tâche de rallier la plupart des États de l’ouest américain à son frère John, durant l'élection présidentielle de 1960. Ses deux frères ainés s’étaient opposés à la décision de Ted de conquérir le siège de Sénateur délaissé par JFK en 1962, et cela n’avait été possible qu’avec l’appui insistant de son père seul. Au cours de cette première course au Sénat, l'adversaire de Ted Kennedy, se moquait de lui de manière particulièrement inoubliable, affirmant que si son nom était simplement "Edward Moore", plutôt que "Edward Moore Kennedy", sa "candidature serait une plaisanterie".
Joseph Kennedy avait préparé chacun de ses fils à la présidence, et il est très probable que tous les trois aînés auraient atteint ce niveau n’eut été la fin tragique de chacune de leurs courtes carrières. Candidat à l'investiture démocrate en 1980, Ted Kennedy savait que son rôle dans la mort de Marie Jo Kopechne, à Chappaquiddick, devrait l'empêcher de gagner. Il laisse toutefois le témoignage qu’avec sa ténacité il a pu exercer un impact qui aurait sans doute été moins grand s'il avait réalisé son ambition d'accéder à la Maison Blanche.
Libéré du rêve présidentiel, Ted Kennedy avait exercé un tel niveau d'influence qu’il a éclipsé l’héritage important de ses frères auxquels il se comparait si défavorablement dans le passé. Il a laissé son empreinte sur pratiquement chaque avancée importante de la législation concernant les droits civils au cours des quatre dernières décennies. Son premier discours au Sénat portait sur l’adoption de la Civil Rights Act de 1964, laquelle interdisait la ségrégation. Il avait contribué à rendre illégales les pratiques discriminatoires dans l’immigration, il avait créé des centres de santé communautaire pour desservir les patients à faible revenu, il avait travaillé à la réforme de l'enseignement public et un accès égal au logement. Il avait joué un rôle capital dans la fourniture de repas à domicile aux personnes âgées ainsi que dans les programmes nutritionnels et les services de santé pour les femmes démunies, les enfants et les nourrissons. Il était un champion pour les Américains ayant une déficience et avait veillé à ce que les enfants handicapés aient accès à l'éducation publique. Il avait fourni aux familles de militaires des services de garde d'enfants et des programmes de formation professionnelle pour les personnes à l'aide sociale et au chômage.
Cependant, la véritable et unique cause de la carrière de Kennedy était l'accès universel aux soins de santé. C'est une mission qu'il s’était donnée il y a 40 ans et qu'il avait défendu à plusieurs reprises au cours des décennies qui ont suivi. Bien qu'il n'ait pas vécu pour conduire la réforme des soins de santé jusqu’à l’étape de la loi, Ted Kennedy a néanmoins laissé une empreinte unique sur toutes les pièces importantes des lois sur les soins de santé pendant sa présence au Sénat. Grace à lui, les Américains ont une couverture en matière d’assurance qui reste transférable lorsqu’ils changent ou perdent leur emploi, et les enfants dans tous les États ont un meilleur accès aux soins de santé.
Chaque président américain de l'ère moderne peut exhiber une liste de ses réalisations historiques. Mais, la liste de Ted Kennedy est si vaste et si fondamentale que ni son frère ni aucun autre président de l’après-guerre ne peut prétendre avoir eu un impact aussi significatif que lui sur la vie de tous les Américains. Peut-être en fin de compte, la plus grande ironie de la vie de Ted Kennedy a été son incapacité à accéder à la magistrature suprême sur terre – ce qui lui a permis de disposer du temps et de la liberté dont il avait besoin pour laisser une influence beaucoup plus déterminante sur toute la nation américaine.
Rédigé par psa le 27/08/2009 à 00:08
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Silence
Notre ami Pierrick Sorin est à Genève cette semaine avec une dizaine d’artistes illusionnistes comme Guy Cassiers et d’autres irrésistibles réputés que sont Fredo Viola, Wayn Traub, Hiroaki Umeda, Tim Etchells, Peter Von Poehl, Pierre Droulers, etc. Ceci tombe bien : Zurich n’est pas loin de Genève. Ainsi, Rock Gnassingbé et Gabriel Ameyi pourront se rendre aussi à Genève, après Zurich, le lieu de leur rendez-vous de la dernière chance avec les autorités de la FIFA. Une ultime rencontre avec le plus profond de leur moi, leur moi dernier dirait le pathétique Pierrick. Objectif de nos autres amis Rock et Gabriel, mettre fin à cette ridicule association qui, une fois de plus devient gênant pour tout le monde, pour tout un pays. Cette séance de prolongation et de crêpage de chignon à la direction du football togolais doit cesser. Élections, nouveau bureau et on en parle plus. Fin de séquence pour cette auto filmage où les deux seuls acteurs sont aussi les auteurs de l’imbroglio.
Pierrick Sorin: La femme crêpée
Petit déjeuner : je me prépare des crêpes. J’adore manger des crêpes, le matin.
Seulement le matin.
Je ne sais pas pourquoi. Affaire de métabolisme ? Chimie secrète du corps ?
Souvenirs inconscients ?
Je les aime épaisses et pas trop cuites, avec juste un peu de sucre.
Pierre, béat et songeur, assis à une table, déguste sa crêpe.
J’apprécie leur contact, sous mes doigts, dans ma bouche, leur peau est élastique.
J’aimerais vêtir une femme à la fine silhouette, de crêpes. Des pieds jusqu’à la tête.
Je l’appellerais : « la femme crêpée » ou alors « la crêpière »
ou encore : « La femme en peau de crêpes ».
Fondu enchaîné très lent sur la surface mouchetée de taches brunes d’une crêpe (plein cadre). Pierre l’effleure de ses doigts.
Atelier de Pierre. Plan taille : une femme de dos, nue.
Pierre appose des crêpes sur son corps. Il les badigeonne avec un sirop de sucre pour qu’elles adhèrent à la peau.
Paul (l’ex-beau-frère de Pierre) assiste à la scène, en retrait. Il s’adresse à Pierre :
C’est un peu moins ringard que tes autres idées.
Mais ça n’va pas plus loin que du Jean-Paul Gaultier.
Ellipse. La femme est maintenant debout, le corps entièrement moulé dans sa combinaison alimentaire. Elle prend une ou deux poses.
Des crêpes se détachent, tombent au sol, découvrent partiellement son ventre et ses seins. Pierre, d’un geste pudique, occulte l’objectif de la caméra.
Fin de la séquence. ///// Pierrick Sorin
Rédigé par psa le 23/08/2009 à 23:23
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Diplomatie Publique
Celle qui écrit ces lignes faisait partie d’un gouvernement de réformes démocratiques qui a précipité le Québec dans la modernité : Lise Payette. Ici, elle établit un lien pertinent sur la nécessité pour les États-Unis d’avancer vers cette réforme de leur système de santé qui tourne, actuellement, en bataille idéologique. Et pourtant elle est indispensable dans la société la plus riche au monde. Riche, dites-vous ? Non ! Seulement, une richesse qui, dévêtue, révèle bien de tristesses dans la société américaine. Les États-Unis doivent avoir un système de santé universel digne de leur rang.
Montalivet, dans un interrogateur `Vêtu de Nu`
Pendant les mois qui ont précédé la réforme de l'assurance automobile, quand le Québec tout entier était contre, je gardais en tête une phrase de Machiavel qui disait à peu près ceci: si vous entreprenez une réforme, sachez que vous aurez contre vous tous ceux à qui le système tel qu'il est profite, aussi bien que tous ceux qui ont peur du changement et qui aimeront mieux garder ce qu'ils ont déjà. Ce n'est pas le mot à mot, mais le sens y est.
J'y repensais en regardant le président américain Barack Obama qui porte sa réforme de ville en ville, espérant que le bon sens finira par vaincre les résistances qui sont nombreuses et souvent parfaitement farfelues. J'ai frémi quand j'ai vu des citoyens américains se présenter à une rencontre avec le président, armés comme s'ils partaient pour la guerre et un commentateur expliquer que la Constitution américaine garantit aux Américains le droit de porter des armes partout, à condition qu'elles soient visibles.
Ces armes, c'est ce qu'il a affirmé, «permettent aux bons citoyens d'empêcher de méchants citoyens de commettre de méchantes actions». La réforme de l'assurance-maladie aux États-Unis n'est pas gagnée, loin de là. La tâche est incroyablement difficile. Si Obama devait échouer, il faudrait un siècle avant qu'un autre président puisse en reparler.////////Lise Payette, Le Devoir
Rédigé par psa le 22/08/2009 à 07:07
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Horizon
C’est effectivement le devoir des citoyens d’être exigeant vis-à-vis de leur dirigeant. C’est ce que démontre Corneliu Kirjan dans une lettre publiée hier par le quotidien montréalais Le Devoir. Une lettre traduisant un malaise assez palpable que les journaux canadiens n’osent pas aborder de leur propre chef… On est pourtant en démocratie au Canada. Un pays où l’audace journalistique avait depuis pris les champs de la paresse. Heureusement que les citoyens veillent au grain et font sauter de temps à autre les limites de la réflexion complaisante.
Jean Van Cleemput, Nu-terroriste
Depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2006, le premier ministre Stephen Harper n'a épargné aucun effort pour faire perdre au Canada la crédibilité internationale dont jouissait le pays depuis les années Pearson. Il y a quelques jours, au Sommet des dirigeants nord-américains de Guadalajara au Mexique, notre premier ministre a blâmé le Canada pour les visas que son gouvernement a imposés sans préavis aux touristes mexicains.
Après avoir insulté la Chine et contribué au refroidissement des relations Canada-Chine, après avoir laisser des citoyens canadiens sans assistance à l'étranger et après avoir fait les manchettes pour son retard répété à des moments officiels de la réunion des chefs d'État du G8 et G20, voilà qu'il blâme publiquement son pays pour les mesures irresponsables prises par son propre ministre. Et cela, après avoir essayé, à la manière des républicains américains, de passer en douceur certaines mesures concernant l'immigration dans la Loi d'exécution du budget, au début d'avril 2008.
Déjà en 1997, quand il était vice-président de la National Citizens Coalition, un groupe d'extrême droite canadien, Harper, grand admirateur du système politique américain, a déclaré à une réunion du Council for National Policy, organisation américaine de droite: «Canada is a Northern European welfare state in the worst sense of the term, and very proud of it» («Le Canada est un État-providence de type scandinave, dans le pire sens de cette expression, et il en est très fier»). Dans une seule phrase, il a insulté plusieurs pays démocratiques (Suède, Norvège, Danemark et Finlande) ainsi que son propre pays, le Canada, et l'ensemble de ses concitoyens.
Le travail du premier ministre est de promouvoir le Canada et de défendre les intérêts du Canada. Au lieu de cela, nous avons un premier ministre qui ne cesse de critiquer notre pays et de nuire à nos intérêts à l'étranger. Comment la population du Canada peut-elle faire confiance à un premier ministre qui ne fait que dénigrer son propre pays et le mettre dans l'embarras sur le plan international?
Rédigé par psa le 18/08/2009 à 07:09
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Mot à Maux
Quarante ans après, quel est l’héritage du festival de Woodstock? Derrière la récupération commerciale, le rêve vit toujours. C’est le constat de Jean-Claude Péclet.
Per Krohg : Alice Prin, surnommée Kiki, l’excès précurseur de Woodstock.
La fortune ne sourit pas toujours aux audacieux. Les organisateurs de Woodstock, débordés par leur succès, durent décréter le festival gratuit en cours de route et mirent onze ans à rembourser leurs dettes. Warner Brothers, qui avait racheté les droits pour 100 000 dollars, en gagna 500 millions avec le disque et le film, selon les estimations de la revue Rolling Stone.
Utopie et commerce: comme la boue des champs de Bethel, ce mélange contre nature colla aux basques du festival dès le premier jour et contribua pour une bonne part à enterrer le doux rêve hippie. «Trois jours de musique et de paix», clamait l’affiche du festival. Quarante ans plus tard, la musique est devenue omniprésente, sinon anesthésiante. Et la paix règne dans les supermarchés climatisés.
Point final?
C’est plus compliqué que cela. Woodstock exprimait aussi des valeurs auxquelles on prêtait peu d’attention à l’époque, comme le respect de la planète. Un an après le festival, le Club de Rome publia le rapport Meadows sur les limites de la croissance, qui fut lui aussi abondamment moqué et démonté par les «réalistes».
Or dans quatre mois, 200 gouvernements vont se réunir à Copenhague pour limiter des émissions polluantes dont plus personne ne conteste aujourd’hui le danger. La collaboration de la nouvelle administration américaine, plus sensible que les précédentes au problème, sera un enjeu clé de ce sommet. Le succès dépendra au final du sens de l’écoute et de la collaboration des participants. Une façon différente, plus souple, de faire de la politique et construire quelque chose ensemble, en somme. Cela aussi était une valeur défendue il y a quarante ans déjà dans les champs de Bethel.
Woodstock l’exprimait avec la naïve arrogance de la jeunesse, sans se préoccuper du «comment?». Mais la vision n’était pas si absurde que cela. //////Jean-Claude Péclet, Le Temps
Rédigé par psa le 15/08/2009 à 00:15
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Diplomatie Publique
Les plumes ne se dessèchent guère. Bien au contraire, savoir écrire semble-t-il aide en politique. C’est ce que nous révèle notre ami Benjamin Sportouch de l’Agence France Presse, dans ce relaxant texte d’été qu’il intitule : « Plume des politiques, une antichambre du sommet de l'État ». Il commence ainsi : « Qu'ont en commun Georges Pompidou, Laurent Fabius, Alain Juppé et François Bayrou? Avant d'accéder à de hautes responsabilités, ils ont tous été des "plumes", mains de l'ombre qui rédigeaient les discours de leurs mentors politiques. » Et il poursuit...
Julliard André... Les plumes se découvrent
"Trouvez-moi un normalien qui sache écrire": cette célèbre requête du général de Gaulle scella le destin de Georges Pompidou. Laurent Fabius, autre normalien, a vu s'ouvrir les portes de Matignon après avoir été l'artisan des interventions de François Mitterrand entre 1976 et 1981. "Il y a un cycle: on commence en écrivant des discours qu'on ne prononce pas, on termine en prononçant des discours qu'on n'a pas écrits", sourit le responsable socialiste qui revendique cependant auprès de l'AFP la paternité de ses propres grands discours. Alain Juppé, normalien lui aussi, travailla pour Jacques Chirac tout comme Christine Albanel, qui lui succéda à la Mairie de Paris avant l'Élysée.
C'est à elle que l'on doit l'un des textes les plus marquants du septennat de Jacques Chirac, en 1995, sur la responsabilité de la France dans la déportation des Juifs. Il "ne fut pratiquement pas retouché", se souvient-elle. Elle trouva aussi les mots élyséens après la mort de François Mitterrand. "Il faut s'oublier pas mal pour se rapprocher le plus près possible de la personne qui parle", explique cette agrégée, qui a connu parfois l'"angoisse" de la feuille blanche. Cette place au cœur de l'exécutif fut une "antichambre" du pouvoir, admet celle qui devint ministre de la Culture en 2007.
A la fin des années 70, François Bayrou mit son agrégation de lettres au service de Jean Lecanuet, alors à la tête de l'UDF. Il le rappelle sur son blog: "c'est formidablement formateur, quand on a vingt et quelques années, de se mettre à la place d'un leader de premier plan". Les "nègres" des politiques ont en commun leur jeune âge. Hakim El Karoui a commencé à travailler pour Jean-Pierre Raffarin à 30 ans et lui concocta de 2002 à 2005 quelque "300 à 500 discours". Reconverti dans la finance, ce normalien-énarque affirme que la fonction peut pousser à la schizophrénie, tant il faut "entrer dans les réflexions, mais aussi les réflexes" de son pygmalion. "Je savais exactement quels mots clefs il retiendrait", se souvient le jeune homme qui pour autant n'adhérait pas à 100% à ses idées. Il a d'ailleurs appelé à voter Ségolène Royal en 2007. Mais il fait figure d'exception. En général, la relation est quasi fusionnelle. Igor Mitrofanoff est dans le sillage de François Fillon depuis 19 ans.
"Avant même de rencontrer Jospin, j'étais déjà jospiniste", confie Aquilino Morelle, qui fut son styliste des mots à Matignon de 1997 à 2002. "C'est plus qu'un métier et on ne peut le faire qu'une fois dans sa vie pour quelqu'un qu'on aime". Médecin de formation et énarque, il se souvient des heures passées avec le Premier ministre PS à peaufiner un discours de politique générale ou la réponse à une motion de censure. "Plus qu'un littérateur, j'étais un contributeur à la formulation d'une pensée et je participais à la nourrir", raconte M. Morelle qui a échoué à devenir député en 2007, mais n'a pas enterré ses ambitions politiques.
Longtemps restés dans la coulisse, les "plumes" se montrent désormais. Henri Guaino, se multiplie dans les radios et télés pour défendre la parole présidentielle de Nicolas Sarkozy à laquelle il a imprimé sa marque. Une médiatisation venue droit des États-Unis où les "speech writers" sont des personnalités exposées, à l'image du jeune Jon Favreau, plume de Barack Obama. /////Benjamin Sportouch, AFP
Rédigé par psa le 12/08/2009 à 22:22
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Silence
Maudit Paparazzi... des privilégiés du droit à l'interposition!
Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, l’horreur se lisait dans tous les regards ; chacun semblait avoir été touché dans son être, même les pays d’Amérique du sud, relativement épargnés: autant de victimes civiles que militaires interrogeait toutes les consciences. La fin dramatique de cette guerre par l’usage de l’armement nucléaire consolidait surtout la nécessité de la protection des populations civiles. Quoique née plus d’un siècle plutôt, La Convention de Genève se retrouva dans une posture encore plus internationale et vit sa portée renforcée, avec un leadership déterminant du Comité International de la Croix Rouge (CICR). Ce 12 août 2009, cette mère des grandes conventions modernes fête ses 60 ans, rajeunie souvent, il est vrai, par quelques accords postérieurs, des cures de jouvence constantes et nécessaires. Mais alors, où en sommes-nous ? Le droit humanitaire qui se trouve être consolidé par La Convention de Genève s’en trouve-t-il renforcé comme prévu par ses pères fondateurs? La force du droit prévaut-il toujours sur le droit de la force ? L’arbitraire a-t-il disparu des rapports internationaux ? Le droit à l’ingérence doit-il toujours prévaloir au nom de la solidarité internationale ? Quelles sont les limites de cette compétence universelle que certains pays se sont donnée et exercent, surtout lorsque cela les arrange ? Nous en sommes encore à des questions plutôt qu'à des réponses… C’est peut-être cela qui fait la force du droit constant à la dignité humaine ; le seul droit qu’il tarde de créer face aux intérêts des États et de certains privilégiés de notre temps.
Rédigé par psa le 09/08/2009 à 21:09
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Diplomatie Publique
Le rendu de Serge Truffaut du quotidien Le Devoir, sur ce qu’il a qualifié de « Combat Dobbs-Obama » est révélateur de la guerre acharnée qu’une certaine droite américaine livre à Barack Obama. Le « petit Noir » est effectivement le président de ces suprématistes blancs qui digèrent toujours très mal la chose. Du coup, celui que personne n’arrive plus à suivre sur CNN trouve et invente toute sorte d’ineptie pour illégitimer Barack Obama, les immigrants et quoi encore. Les lecteurs du Devoir, chose assez rare, ont quasi-unanimement endossé cette dénonciation des exagérations du journaliste prédicateur droitiste qu’est Lou Dobbs. On se croirait à une époque que l’on pensait révolue, qui semble se rajeunir à la Madonne…
Madonna, à 20 ans, sous l'œuvre de Lee Friedlander
C'est l'histoire d'un animateur qui a perdu tout sens de la mesure et d'une chaîne télé qui le protège pour des motifs strictement ou plutôt bassement financiers. L'animateur s'appelle Lou Dobbs. Tous les soirs, gracieuseté de CNN, l'atrabilaire en chef de la télévision américaine aiguise la fibre du racisme, se délecte dans le mensonge, se pose en caisse de résonance des pires rumeurs qui soient pour le bonheur de la faction regroupant les acariâtres du Parti républicain. Pour faire court, disons que Dobbs est un mélange de Jean-Marie Le Pen et d'André Arthur.
Au cours des dernières semaines, il a fait la chronique en alimentant l'ineptie suivante: Barack Obama n'étant pas né aux États-Unis, contrairement à ses prétentions, il doit démissionner puisque la Constitution ne permet pas à un étranger de se porter candidat. Pour mémoire, on se rappellera que lorsque Obama s'est lancé dans la mêlée il y a des mois et des mois de cela, il a évidemment fourni copie de son acte de naissance, qui stipule qu'il a vu le jour à Hawaii.
Mais voilà, au lieu de reconnaître la crédibilité du document en question, Dobbs est intervenu à la télé en demandant au président de communiquer un acte de naissance autre que celui présenté. Son compère Rush Limbaugh, le fou furieux de la radio poubelle, s'est signalé en formulant le trait d'esprit (sic) suivant: «Dieu et Obama ont ceci de commun qu'ils n'ont pas communiqué d'acte de naissance.»
Si cette histoire avait duré le temps d'une journée ou deux, on pourrait la ranger dans le livre noir du journalisme, mais il se trouve que des millions et des millions d'Américains y croient dur comme fer. Pire, par le biais d'Internet, le Saint-Graal informatique devant lequel on se prosterne, ces citoyens amplifient le phénomène en y greffant les préjugés racistes d'une profondeur si abyssale qu'elle s'avère un écho puissant à une peste brune née, elle, à Munich au milieu des années 1920.
Il faut savoir, voire préciser que Dobbs, en nationaliste fervent, adore nourrir la mentalité d'assiégé en cassant du sucre sur le dos de tous les immigrants. Sachez que la crise économique n'a pas été causée par les institutions financières ou on ne sait qui, mais bel et bien par l'immigrant. Cet étranger qui, entre autres choses, est à l'origine des 7000 cas de peste répertoriés par monsieur Dobbs. C'est pas des blagues! Dobbs a fait passer une avocate des suprématistes blancs pour un médecin ayant calculé que 7000 personnes l'avaient contracté... Et ce, pour mieux stigmatiser l'autre en insinuant qu'il avait contaminé le sang pur de l'Amérique.
Le pire c'est que CNN, à l'instar de la bourgeoisie d'affaires allemande au début des années 1930, laisse faire parce que sa direction a une peur bleue que son concurrent Fox le récupère. Bien. CNN est la honte du journalisme télé. Quant à son patron, le fait, le seul fait qu'il feigne d'ignorer que «nous sommes tous des accidents géographiques» en fait un lâche. /////////Serge Truffaut
Rédigé par psa le 08/08/2009 à 10:08
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Mot à Maux
Ron Mueck
C’est le titre d’un livre que j’aimerais bien écrire : « Profession : Fils de président africain »; car ils sont généralement fils, bien en selle et ambitieux, aux côtés des sœurs agissant davantage comme conseillères, à l’exemple incontournable de Pascaline Bongo et Isabel Dos Santos. J’en ai une idée assez claire et j’ai eu le temps de jeter le plan mais… mais je crois que l’autre temps à investir dans les rencontres des intéressés me manquerait. Enfin, je le crois encore… C’est dire que le sujet est d’actualité et mérite qu’il soit analysé sous un angle ou un autre. Avec ce qui arrive à cette catégorie particulière de citoyens, les Joseph Kabila, Faure Gnassingbé, Ali Bongo Ondimba, Karim Wade, Teodorin Obiang Nguema, Ousmane Conté, Ousmane ‘Gober’ Tandja, Hadia Doulaye Tandja, Frank Biya, Francis Bozizé, Socrate Bozizé, N’Zanga Mobutu, Denis Christel ‘Kiki’ Sassou Nguesso, Gamal Moubarak, Seif el-Islam Kadhafi, Lehady Soglo, Jean Wilfred Kérékou, Modeste Kérékou, Michel Gbagbo et autres, il nous faut soumettre la situation, minimalement, à un test de citoyenneté concrète et équitable. Avant tout, sommes-nous jaloux d’eux? Peut-être, mais pas toujours chez la plupart des gens, dont leurs concitoyens. Sont-ils des citoyens comme les autres? Dans bien des cas : Non; et en réalité : Pas du tout! Devront-ils alors être privé de certains de leurs droits acquis à la naissance sans leur faire subir de graves préjudices, et ce dans le seul et unique but de les mettre sur le même pied d’égalité que les autres citoyens devant leur ambition à accéder à la fonction suprême de Chef d’État? Par exemple, devraient-ils avoir des dispositions écrites ou non-écrites évitant une succession directe d’un enfant, un frère, un neveu à un Chef d’État africain? Devrait-il y avoir comme un intermède -comme c’est le cas au Bénin, si jamais notre ami Lehady parvenait au pouvoir plusieurs mandats après d’autres présidents plus tard, son père Nicéphore Soglo? Dures questions qui durent et perdurent! Nul ne saurait y répondre tout de go sans démarche suffisamment structurée.
Mara Carfagna
Tu seras héréditairement élu, mon fils.
C’est alors que la question de ces Chefs d’État africains qui semblent façonner les choses afin que leurs proches, seuls, puissent leur succéder méritent bien un arrêt, un arrêt de réflexion. Parce que la tentation de conserver le pouvoir fait aussi partie de l’humaine condition. Mais il est vrai que cette tentation comporte des risques énormes. Pas seulement des risques reliés à l’instauration d’une dynastie pas forcément méritoire et compétente à l’intérieur d’une république monarchique, mais aussi des guerres féroces peuvent survenir à l’intérieur même de ces clans et de ces fratries africaines, souvent généreusement pourvus en moyens et en liens de famille. Le plus célèbre cas est évidemment celui des frères Kpatcha et Faure Gnassingbé toujours incapables de s’entendre, aux dernières nouvelles. Mais les plus hippiques situations restent à imaginer : « Blaise Campaoré ne réussit pas à modifier la Constitution pour se représenter ad vitam aeternam. Le frère Jean-François Campaoré venant de triompher de l’ami Salif Diallo, continue sa progression et s’empare du parti et du pouvoir. Ce dernier reviendra-t-il aux enfants de Blaise ou de Jean-François, après que les enfants de Blaise auront grandi? » Bisbille dans la famille avec un tel scénario purement fantaisiste de ma part… Tout de même!
Toujours est-il que les Faure, Ali, Karim et autres, fils de leur père de président, les « Papamadit » et les « filsduvieux » de ce monde, ont probablement des rôles à jouer dans leur pays, parfois des devoirs à accomplir pour la stabilité du pays, pour l’avènement d’une véritable nation, chacun dan son cas et avec la particularité de son environnement. Parfois aussi, à les entendre parler, on sent clairement qu’ils en ont la conscience. Pour autant, sont-ils les seuls à disposer de cette capacité? En possèdent-ils véritablement, tous les moyens et les habiletés requises? J’aimerais bien partir à l’exploration de ce sujet excitant qui se pose à la démocratie moderne et naissante dans plusieurs pays africains. Ainsi, le fameux « Tu seras un homme, mon fils » de Rudyard Kipling ne deviendra pas facilement « Tu seras président, démocratiquement élu, mon fils » sous la poussée de la tropicalisation de cette démocratie. Peut-être que les Habib Bourguiba Jr, Gilchrist Olympio, Emmanuel "Chuckie" Taylor, Birama Konaré ou encore Brice Kérékou et autres défunts comme Brahim Deby ne voulaient pas de cette perversion démocratique, qu’ils ont tout fait pour s’en éloigner, chacun à sa manière.
Rédigé par psa le 06/08/2009 à 20:06
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Horizon
Stéphane et Nicole DIMITRIJEVIC, Silence apprivoisé
La manipulation de l’information semble redevenir la règle dans le domaine du journalisme. En fait, je voudrais dire et convenir avec Walter Cronkite que la majorité des médias et des journalistes ne font pas bien leur travail. Triste! Il faut le dire pour que les gens ne prennent pas toujours ce qui est dit dans les journaux comme de la vérité absolue. Trop souvent, et malheureusement, la plupart des médias présentent leurs nouvelles comme crédibles, absolument crédibles, alors que c’est tout le contraire sur des nouvelles importantes et décisives. Les exemples de cette manipulation des consciences foisonnent et sautent à l’observation ces derniers jours; ils vont de CNN à Jeune Afrique, de RFI à Radio Canada en passant par des dizaines d’autres organes de presse nationale africaine. Beaucoup trop de journalistes n’ont pas la distance et surtout la maturité d’analyse nécessaire à dépouiller les informations de leurs propres préjugés et de leurs propres besoins de rentabilité de l’entreprise de presse qui est la leur, ensuite seulement pouvoir se prémunir contre les infestations et pollutions idéologiques externes qui sont souvent à la naissance ou aux sources des informations qu’ils choisissent de mettre en valeur. En démocratie, mieux, en situation de naissance ou de quête de la démocratie, il faudra normalement que la presse joue un rôle d’indépendance à toute épreuve. Du moins une certaine presse qui se veut non partisane et désire forcer le respect comme « nulle part ailleurs ». Cela commence à manquer cruellement, ce respect des lecteurs et des citoyens. Parce que je me dois de donner un exemple tout de même, je vais prendre celui, discrètement annoncé de Jeune Afrique, avec ce fameux sondage sur les élections présidentielles en Côte d’Ivoire. À égale distance des acteurs engagés dans cette course, je trouve totalement manipulateur qu’un journal aille donner une si grande place et faire l’évènement avec un sondage interne d’un parti politique. C’est tout simplement inacceptable. Et cela ne se fera nulle part ailleurs dans un journal sérieux et rigoureux; à peine un entrefilet sur les sondages des différents camps politiques… à peine. C’est d’autant plus inacceptable que la méthodologie du sondage n’est soumise à aucune critique scientifique objective en termes statistiques par les soins de Jeune Afrique lui-même. Et sur deux parutions successives, notre Jeune Afrique récidive. Évidemment, on trouvera bientôt de beaux messages publicitaires des entreprises ivoiriennes : généralement, ce genre de nouvelles n’allant pas sans l’autre contrepartie. Jamais ailleurs, si l’intention n’est pas manipulatrice, un média respectueux de la démocratie et de l’équité politique à un moment si crucial ne s’emparera du sondage d’une des parties prenantes pour en faire un évènement. Ce dernier devant polluer un environnement politique, pas du tout éclairci, comme celui de la Côte d’Ivoire. Ce sont des situations de ce genre qui doivent nous désoler, nous déranger. Et aujourd’hui, sans excès, nous ne pouvons que convenir que dans le cas de ce fameux sondage ivoirien, l’abus de dépendance informationnelle, la manipulation journalistique intéressée est encore « répulsivement » à l’œuvre. Il appartient à l’organe de presse qu’est Jeune Afrique d’offrir, hors de tout doute raisonnable et professionnel, la preuve par la diffusion complète de la méthodologie comme il s’en fait dans tous les sondages crédibles, donnant ainsi l’occasion que la rigueur scientifique soit évaluée par toute personne, avant même de donner Focus à cette manipulation qui trompe l’intelligence des masses non habituées dans l’opinion ivoirienne et africaine, poluer les débats et analyses dans les milieux citoyens et diplomatiques auxquels l’outil pervers est destiné. Cette preuve n’a pas été faite, en dehors des formules alambiquées de justification très savamment distillées ça et là : titres, chapô, interviews, etc. Et cela ne sert personne! Pas plus Jeune Afrique que TNS Sofres dont le fait qu’elle soit cotée à la bourse n’est nullement une preuve de crédibilité quelconque ou du travail bien fait, particulièrement dans le cas de cet exemple ivoirien. Comment peut-on même oser écrire cela dans son journal : « TNS Sofres est un groupe coté en bourse »... Ridiculement insultant! Nous réserve-t-on la même chose pour le Gabon, le Togo, le Burkina Faso, etc.? Un nouveau bar ouvert dans le marché florissant de la manipulation des consciences en Afrique? Notre ami Sesse Rekwa Ayeva avait vu juste, en son temps, en présidant l’ATLMC (je n’y étais pas mais je crois que son Association avait la noble vocation de… Lutter contre la Manipulation des Consciences). Certains journaux et journalistes devraient y adhérer afin d’épouser de nouveau l’éthique fondamentale, avant même la déontologie professionnelle. Et, se gêner eux-mêmes avant d’oser titrer : «Côte d’Ivoire : Le sondage qui dérange », se déranger eux-mêmes autrement… Même ceux-là aux petits raisonnements et qui proclament des liens douteux entre toutes les situations devraient prendre leur carte de membre de l’ATLMC pour s’affranchir de ce mal de la manipulation toujours trompeuse et intéressée, de la partisannerie continuellement excessive dont eux-mêmes ne sont plus conscients: « un Kpatcha en prison et un Faure qui ne réussirait pas plus », cherchez l’erreur; « un Obama né d’une Américaine et qui ne serait pas Américain à la naissance », rions un peu; etc. Le professionnalisme et la rigueur de Walter Cronkite et autres rares perles seront toujours d’actualité. Vivement! Pour la vie démocratique, nous devons tous travailler, particulièrement dans cette Côte d’Ivoire qui revient de loin.
Rédigé par psa le 02/08/2009 à 16:16
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Mot à Maux
Le metteur en scène juif allemand vient de s’éteindre à 83 ans, à Hambourg ou à Vienne, je ne sais pas. Ce chantre dérangeant, artiste doué, aimait seulement provoquer en racontant la réalité par un regard différemment caustique, et au moyen d’une intelligence et d’un talent illimité. Il est mort apaisé d'une sagesse tout aussi dangereuse qu'interrogatrice. Pour Marie-Pierre Genecand «Peter Zadek, artiste ingrat, solitaire, brillant, le metteur en scène allemand est à l’origine de l’académisme du laid». Ce personnage sera le symbole de ce mois d’aout, un mois de tous les dangers et de tous les espoirs au Gabon, un mois où la réalité ne sera pas toujours là où on pourrait l'imaginer.
Frantisek Drtikol, Salomé nue… heureuse avec la tête de Jean-Baptiste
Une Salomé nue dans la Londres puritaine de 1950. Un Marchand de Venise, pièce de Shakespeare considérée parfois comme antisémite, transposé dans les milieux bancaires, en 1988. Une comédienne, la vibrante Angela Winkler, dans le rôle du jeune prince mélancolique Hamlet, en 2000. Mort hier à Vienne à l’âge de 83 ans, le metteur en scène allemand Peter Zadek a toujours multiplié provocations et scandales dans son travail d’actualisation des classiques.
Son esthétique du chaos proche d’un Matthias Langhoff avec lequel il a codirigé le Berliner Ensemble de 1992 à 1995, témoigne de la même obsession: éviter tout glamour et aborder de front, dans un aller-retour entre comique et tragique, le désenchantement de l’humanité.
Provocation encore dans son rapport aux comédiens. Aux professionnels huilés, Peter Zadek préférait souvent les acteurs moins expérimentés et les gueules cassées. «J’aime que Shakespeare soit joué par des amateurs doués, car cet auteur n’a pas besoin de la sûreté lisse des professionnels», avait-il dit dans sa jeunesse. Le mot est resté, car il résume le personnage. Aspérités, difficultés, Zadek fuyait la facilité. «Quand je jouais chez lui à Bochum dans les années 70, son acteur fétiche, Ulrich Wildgruber, bafouillait», se souvient Matthias Zschokke, écrivain bernois établi à Berlin qui a d’abord été comédien. «Je crois qu’il l’aimait précisément pour cette incapacité à bien parler.»
Spécialiste du théâtre contemporain, Georges Banu renchérit. «Peter Zadek est à l’origine de l’académisme du laid propre au théâtre allemand. On peut dire que Frank Castorf et Matthias Lang¬hoff sont nés de sa cuisse. Accessoires, costumes, idées de mise en scène, direction de comédiens, Zadek ne reculait devant aucun excès pour affirmer son approche désillusionnée, cynique des classiques.»
Un exemple? Lorsqu’il monte le Roi Lear, fin des années 70, l’artiste allemand propose une vision particulièrement trash de l’épreuve dite des trois sœurs. Dans la pièce de Shakespeare, le roi vieillissant demande à ses trois filles de dire combien elles le chérissent afin de donner la part du lion à la plus aimante. Sans doute pour traduire le côté immonde de ce chantage, Zadek plonge les trois cobayes dans un tonneau d’excréments, la plus dotée étant celle qui va le plus loin dans cette immersion…/////////Marie-Pierre Genecand, Le Temps
Rédigé par psa le 01/08/2009 à 11:11
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Silence
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