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Pierre S. Adjété
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L'Effet Gbagbo se dessine-t-il au Bénin de Boni Yayi?





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Shanghai aligne les performances jusqu’à cette exposition universelle de tous les superlatifs. Aujourd’hui, c’est la vitrine de la nouvelle puissance chinoise. Un dynamisme vertigineux, mais autoritaire et opaque.


Haibao, mascotte de Shanghai 2010
Haibao, mascotte de Shanghai 2010
Difficile de ne pas s’extasier devant l’énergie de Shanghai, autoproclamée ville-monde du XXIe siècle. L’ex-Paris de l’Orient avait certes un passé. Mais la rapidité de son jaillissement, depuis 20 ans, depuis que Deng Xiaoping l’a libérée des fers imposés à la prise du pouvoir communiste en punition de ses débauches, est sans précédent historique. Des gratte-ciel par milliers, les trains les plus rapides, de nouveaux aéroports ultramodernes, de nouveaux ports, de nouvelles autoroutes, Shanghai aligne les performances jusqu’à cette exposition universelle de tous les superlatifs. Ce rendez-vous, vieux d’un siècle et demi, avait perdu de son lustre? Shanghai lui rend son éclat. Et l’on se précipite, du monde entier, vers cette métropole de 20 millions d’âmes exhalant à nouveau son irrésistible parfum d’aventure.
Hier, Shanghai était un greffon, une concession, une impureté aux yeux de l’empire. Aujourd’hui, c’est la vitrine de la nouvelle puissance chinoise. Elle a une fonction précise: faire rêver les foules chinoises, jusque dans les campagnes les plus reculées, attirer les investisseurs étrangers pour leur extirper les technologies du futur.
Son exposition universelle est une étape dans l’ouverture du pays. C’est aussi un show, un relais de la propagande «communiste» pour affirmer la nouvelle position de la Chine: centrale et dominante. Comme son pavillon en forme de couronne évoquant une sorte de sacre des temps modernes pour les nouveaux empereurs rouges.
Mais Shanghai, c’est aussi un masque. Plus ouverte, plus moderne, elle n’en est pas moins composée du même ADN que le reste du pays, celui de ce capitalisme autoritaire inflexible dans le registre politique. À certains égards, elle paraît même davantage contrôlée que Pékin, la capitale toujours méfiante. C’est son principal handicap dans sa course à la prédominance régionale: moins transparente, moins sûre sur le plan légal, en clair moins démocratique. Telle est sa limite.///////Frédéric Koller


Rédigé par psa le 30/04/2010 à 01:12
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Cinquante ans, c’est court pour juger du destin d’un continent dont l’indépendance a été en réalité bien plus courte que cela. «Y a-t-il vraiment quoi que ce soit à commémorer, ou faut-il au contraire tout reprendre?» se demande l’intellectuel camerounais Achille Mbembe à propos du cinquantenaire des indépendances africaines.


Gustav Klimt, Le théâtre de Taormina
Gustav Klimt, Le théâtre de Taormina


La question a le mérite de la franchise. Économiquement, humainement, ce demi-siècle s’est révélé un échec d’autant plus cuisant qu’il fut jalonné de «décennies du développement» et autres «objectifs du millénaire» dont la seule existence rappelait la vanité ou l’hypocrisie des efforts précédents. Il en est resté une littérature afro-dépressive qui remplirait une bibliothèque.
Mais, n’en déplaise à Achille Mbembe, on ne peut rembobiner le film. «Tout reprendre» est un slogan, il faut faire avec l’existant. À commencer par une population qui a franchi la barre du milliard d’habitants en 2009. Une population jeune qui cherche du travail dans des villes surpeuplées, ou le salut dans l’exil. La diaspora africaine envoie plus d’argent sur le continent que toutes les entreprises privées des pays développés. Elle amène davantage que cela. Les Africains de l’extérieur – qui voyagent désormais bien au-delà des ex-métropoles belge, britannique ou française – se frottent avec d’autres cultures et deviennent moins patients face à la «politique du ventre]i». Le fossé entre les élites politiques corrompues qui s’accrochent au pouvoir et les forces vives qui se manifestent dans les arts, l’économie ou les médias est plus large que jamais. Suivant son issue, cet affrontement peut mener l’Afrique vers de nouveaux heurts sanglants, ou sur la voie d’un progrès choisi par les Africains eux-mêmes.
Cinquante ans, c’est court pour juger du destin d’un continent dont l’indépendance a été en réalité bien plus courte que cela, et demeure très relative. La «Frani[çafrique» agonisante remue encore, les circuits économiques ne sont pas devenus beaucoup plus équitables.
L’événement déterminant de ces dernières années a été l’arrivée en force de la Chine, de l’Inde, des pays du Moyen-Orient et du Brésil. Les Africains ont à nouveau le choix de leurs partenaires, mieux qu’au temps de la Guerre froide. Les pessimistes disent que la corruption s’en trouve accrue. À quoi les Africains rétorquent que le temps des leçons de morale est révolu.
La décolonisation économique reste encore largement à faire. Celle des esprits est plus avancée qu’on ne l’imagine – pour le pire et, peut-être, le meilleur.///////Jean-Claude Péclet


Rédigé par psa le 28/04/2010 à 01:00
En Crimée comme en Risée
Croyez-le ou non, il y a à peine quelque jours, jeudi nuit notamment, après la remise du doctorat honorifique à Mme Sheila Fraser par l’ÉNAP, je discutais politique avec une amie et étions arrivés, au constat que d’entre les anciens pays de l’ex URSS, seule l’Ukraine piétine toujours… comme le Togo le fait depuis la même période comparative. Cette analyse m’était encore venue à l’esprit hier, ne sachant pas que le jour du cinquantenaire d’indépendance du Togo, le 27 avril 2010, l’Ukraine allait s’offrir en si grand spectacle, exposant sa désunion au monde entier par des empoignades et des coups de poings entre parlementaires. Motif : la reconduction ou le renouvellement du bail consacrant la présence d'une flotte russe à Sébastopol, en Crimée, sur la mer Noire, jusqu'en 2042, au lieu de la fin prévue en 2017. À la clé, 30% de réduction du prix du gaz russe ainsi que des promesses de bouclage du budget avec des investissements privés, l’aide du FMI, etc. Désolant ! Au Togo, l’on n’a pas fait mieux ce 27 avril 2010, jour du cinquantenaire. Un pays divisé s’est aussi offert au regard du monde, médusé par l’incapacité collective des Togolais à venir à bout de leur division politique. Le président togolais n’a particulièrement pas joué haut à travers son discours de circonstance. Sans avoir lu aucun commentaire sur le discours de Faure à l’adresse de ses concitoyens, j’ai senti depuis hier que les mots qui étaient utilisés manquaient de sens et de portée adaptée à la situation. Je suis même sur qu’un Debbasch facturerait ce discours au prix fort, pour le peu de travail qu’il a pu y apporter, probablement aux côté d’autres Togolais. Le résultat demeure plutôt moyen, très moyen même. Le résultat reste plutôt un amoncellement de mots et de noms incapables de toucher les gens, incapables de traduire une volonté et une conviction. Faure n’est pas connu pour être un intellectuel ; il n’ ya avait aucune raison de lui agencer des mots qui ne lui ressemblent pas. Non ! Faure doit faire le ménage dans ses conseillers : on n’a pas le plaisir de lire ses discours une deuxième fois… on imagine même toute la peine qu’il s’était donnée lui-même à le lire une seule fois. Un discours peut faire un événement, surtout qu’au Togo, personne ne se parle entre pouvoir et opposition. Un discours peut servir de référence depuis le long silence de Faure lui-même et face à la contestation assidue de son pouvoir et sous sa fenêtre. L’enjeu était grand ; je ne crois pas qu’il a été relevé adéquatement ; le président togolais devrait s’en servir beaucoup plus que ce qu’il a fait de cette occasion. Que ce soit en Ukraine ou au Togo, il y a l’après 27-avril-2010 qu’il faut commencer à gérer sérieusement. Évidemment le cas Togo m’interpelle davantage… Encore une fois, Bonne fête Togo ! ... Si réellement l’heure du Pardon a sonné, il doit être l’heure du Grand Pardon!



Rédigé par psa le 27/04/2010 à 14:00

Nécessaire arrêt sur l’histoire de la Terre de nos Aïeux. Lorsque l’on a grandi au cœur de cette histoire, à quelques mètres seulement de cette maison mythique, lorsque l’on a toujours été bercé par des anecdotes aussi succulentes que patriotiques de toute une lignée qui avait participé à l’évènement de diverses manières, l’on ne peut qu’être surpris par un torrent d’émotion. Au sortir de tout cela –parce qu’il faut en sortir et tout en se débattant avec l’éloignement, au sortir de tout cela, dis-je, pour ce cinquantième anniversaire d’indépendance du Togo, on se consolerait bien de cette ferveur : le regard déterminé d’une vieille femme, la concentration d’un jeune enfant qui sent le poids du flambeau qui lui est donné et puis, et puis ce discours sobre et puissant livré dans une nuit culte scintillant d’une adoration sublime. Tout est rassemblé pour une grandiose fête nationale du Togo, un monumental cinquantenaire, mais c’est dos-à-dos que les Togolaises et les Togolais s’y rendent. Rendez-vous manqué! Mince consolation ou plaisir oublié? Ce pourrait être pire! Ah bon? Je n’y avais pas pensé jusqu’à cet instant. Contentons-nous alors de ce texte fossilisé par le temps et les courants marins audibles les nuits de sa conception, un discours qu’il convient aussi de graver dans du marbre et du granit pour l’éternité. Ici, dans les différentes présentations offertes à travers les documents ci-joints, l’équilibre de la beauté et de la profondeur et du solennel aussi ne se disputent guère. C’est cet équilibre que le Togo appelle aujourd’hui, que tout le pays désire réinventer aujourd’hui; en somme, un Grand Pardon sincère pour enfin passer à autre chose. En attendant, Bonne fête d’indépendance tout de même aux Togolaises et aux Togolais. Bonne fête Togo! Pourquoi pas… Bonne fête Afrique du Sud!


"Instant historique aussi"




Sentinelle, que dis-tu de la nuit?
«La nuit est longue, mais le jour vient», répond la sentinelle.



Excellences,
Mesdames,
Messieurs,
Le grand jour tant souhaité est enfin arrivé!

Notre pays, le TOGO qui, depuis 1884, a été successivement
Protectorat allemand,
Condominium franco-britannique,
Territoire sous tutelle de la France,
Retrouve en ce jour du 27 avril 1960 sa liberté d'antan.

De ce moment et à jamais,
Affranchi de toute sujétion, de toute entrave,
Maître de ton destin,
TOGO, mon pays, te voilà libre enfin,

Libre d'être toi-même,
De suivre tes idées et tes inclinations,
De choisir selon ta raison et tes sentiments,
De décider d'après ta propre volonté,
Libre enfin,
Dans la dignité retrouvée,
De prouver et d'affirmer ta personnalité.

Notre joie est profonde, immense.
Si profonde qu'elle ne peut s'empêcher d'être grande aussi.
Le jour est venu, mais la nuit a été longue.

Tant d'années avant d'avoir pu être compris,
Tant d'espoirs pour rester ferme tout au long de cette route semée de déceptions,
Tant de volonté pour connaître enfin cette heure que nous ne saurions vivre avec légèreté.

Mais le jeune Togo est là,
Fier de sa force, impatient d'entrer dans l'arène.
Il porte sur le front l'orgueil d'un peuple libre
Et son cœur ardent s'emplit d'enthousiasme devant la tâche,
Certes rude mais combien exaltante, qui lui est offerte.


Que sa joie éclate!
Que dans tout le pays,
Nul autre sentiment ne partage les cœurs afin que cet instant,
Unique dans la vie d'une nation,
Reste pur dans le souvenir de ceux qui l'auront vécu.

Instant historique aussi.

À ce lieu,
En ce jour,
À cette heure,
Au nom du peuple togolais,
Je proclame solennellement l'Indépendance du TOGO,
Notre patrie.

Et maintenant,
Togolais et Togolaises,
Allons, comme l'hymne national nous y convie,
Allons tous ensemble bâtir la cité.


Discours d’indépendance du Togo

togo_discours_independance_1960_sylvanusolympio_granit.pdf TOGO.Discours Independance 1960-SylvanusOlympio-Granit.pdf  (223.22 Ko)
togo_discours_independance_1960_sylvanusolympio_fossilemarin.pdf TOGO.Discours Independance 1960-SylvanusOlympio-FossileMarin.pdf  (219.8 Ko)
togo_discours_independance_1960_sylvanusolympio_marbreblanc.pdf TOGO.Discours Independance 1960-SylvanusOlympio-MarbreBlanc.pdf  (219.83 Ko)


Rédigé par psa le 27/04/2010 à 00:00
Gilles Rousset, 2010
Gilles Rousset, 2010
Ce n’est qu’un début. Ce n’est qu’un modèle pilote que nous mettons en branle en France. Vous êtes homme, surtout un Africain ou d’ascendance africaine. Peu importe : vous vous connaissez mieux que quiconque, Français de souche ou de bouche, vous vous reconnaissez surtout polygame, dénoncez-vous au plus vite. Vous pensez avoir des tendances de polygamie : au moins une maitresse, actuellement ou par le passé, vous êtes concerné, vous êtes polygame ou vous êtes sujet à polygamie. Il vous est arrivé au moins une aventure, de jour ou de soir –surtout celle inacceptable de plein jour, vous avez sans aucun doute des chromosomes de polygamie. Mieux vaut vous dénoncer pour vérification. Parlant d’aventure, d’aventure amoureuse de jour ou de soir, de voyage ou de voisinage, de copinage ou de collégial, une précision s’impose : nos services nous signalent qu’il est préférable que les Français de mouche qui connaissent des amis ou voisins polygames ou à tendance douteuse, que ces Français de mouche dénoncent d’ores et déjà ces personnes, sous peine de se voir accuser de complicité de polygamie ou d’encouragement à la polygamie. La République est en danger ! Les sondages sont au plus bas. Même dans nos rangs, il y a des poussées de fièvres électoralistes qu’il faut baisser vitement, et par tous les moyens. Le bas est notre métier, notre domaine de prédilection. Il doit désormais être celle de la Frrrance entière. Rien de plus facile et difficile que de gagner le bas par le bas. Nous y sommes presque, Français de pouche, un peu d’effort en poussant vos collègues, amis, voisins à se dénoncer eux-mêmes. Aux armes, citoyens ! Formez vos bataillons ! Allons, Allons, enfants de la patrille. Gardez les yeux ouverts vers le bas, vers la mamelle succulente de la France perdue qu’il nous faut retrouver et préserver, rénover même, s’il le faut.

Polygames de tous les pays… Dénoncez-vous ! Racaillez-vous !
Un Français polygame, c’est un Français de trop ! Je dirai mieux : un polygame français est une France polygame ! Ce que nous ne saurons tolérer, naturellement. Vous comprenez alors pourquoi la République est en danger ? Pourquoi le Maccarthisme de l’ère de la fragmentation de l’information doit être réinventée dans notre pays, ici-même et pas ailleurs ? C’est l’empire moderne de demain qu’il nous faut mettre bas, ici, là, ici et là, chez nous, dans l’hexagone comme dans les extragones. Je veux être clair : certains Français de couche s’exercent à la polygamie à l’extérieur de notre juridiction. Ils ne passeront pas le test de légitimité, le test du Français pôche piochant partout, le test qui donne une coche à la France, le test qui a donné une tâche à la France de la grippe A H1N1 dont nous commémorons le premier anniversaire. Ceux-là qui se donnent même des airs et des ambitions grandioses oublient que la France a changé depuis 2007 ; ils seront surpris par la rupture. Et même celles-là qui semaient ou entretenaient la rumeur sur la rupture, prétextant des bouche-à-bouche par ci, des couche-à-couche par là… Voyons donc ! Toutes ces personnes, doivent savoir que l’heure de la rupture a sonné. Oui, nous avons fait la rupture en douceur, la Frrrance ne s’envolera pas, elle ne se voilera pas. Elle ne sera pas une Frrrance voilée elle sera une France unique et identitaire, une France dévoilée, une France dévoyée, une France déracaillée, une France ouverte, ouverte et couverte de l’intérieur… Nous y veillerons. Nous y regarderons de partout, par tous les trous et trouvailles. Nous regarderons de prêt pour que les retrouvailles, toutes les retrouvailles soient marquées du sceau authentique de l’État : l’unigamie, la soligamie, la monogamie, la persogamie, la bigamie, la duogamie… pas plus ! Compter sur moi pour compter, là, là où l’État à sa place, là ou l’état a toute sa place, là ou l’État doit être présent et observateur, présent et interrogateur, présent et voyeur: la chambre à coucher. Là où vous laisserez tout tomber, là où vous vous laisserez aller, là où vous vous relâcherai, l’État, votre État –et c’est ma promesse pour vous aujourd’hui, votre État vous protégera, vous endormira, il vous couvrira de son grand voile… un linceul bleu, un linceul blanc, un linceul rouge. C’est une question d’identité, ma France macchabée, une France déniée et déniqabée!


Siim Kallas, un ex-prisonnier des cendres
Siim Kallas, un ex-prisonnier des cendres
C’est du vrac ! Ils commencent à retourner chez eux, tous ces refugiés et prisonniers des cendres. La plupart étaient dans des camps aéroportuaires de l’Europe, de l’Asie, des Amériques et d’Afrique. Tout devra rentrer dans l’ordre à partir de ce mercredi et aussi rapidement réglé que la fin de la semaine. On l’espère ! C’est peut être une telle assurance reçue qui a fait sauter de joie le président français Nicolas Sarkozy. Il s’est alors précipité avec une certaine surprise, dans une banlieue parisienne, la Seine-Saint-Denis, annonçant pêle-mêle des sanctions pour les parents autant que les enfants délinquants et, curieusement, flaquant policier-référant à chaque lycée indexé difficile. On aurait pensé à un anniversaire de la guerre aux Racailles des fameuses cités francaises. Mais, non ! C’est plutôt Brasilia, la troisième capitale de l’histoire du Brésil, après Salvador et Rio de Janeiro, qui fête ses 50 ans d’anniversaire (21 avril 1960), lequel correspond vraiment cette année à la libération des prisonniers des cendres du volcan islandais au nom imprononçable du Eyjafjöll, situé sous le glacier de Eyjafjallajokull en éruption depuis le 14 avril. Enfin, Le commissaire européen aux Transports le commissaire européen au Transport, Siim Kallas, peut respirer… moins seul face aux critiques. Des critiques dont ATT, le président malien, s'est éloigné en refusant de changer la Constitution de son pays dans le seul but de briguer un troisième et inutile mandat. Le Mali consolide ainsi sa démocratie; ce que le nouvel entraineur de l'équipe nationale de football, le Français Alain Giresse, va devoir apprécier, lui qui vient de vivre les tumultes d'une élection présidentielle africaine pour le moins endiablé au Gabon.


Rédigé par psa le 21/04/2010 à 01:01

Dans son dernier ouvrage, «Voyage en Postcolonie, le Nouveau Monde franco-africain», l’africaniste va à la rencontre de la nouvelle génération d’Africains, libre de tout lien avec l’ancien colon. Vraiment?
En 2003, Stephen Smith provoquait la polémique avec «Négrologie: Pourquoi l’Afrique meurt», réflexion sur la responsabilité des Africains dans le mal-développement de leur continent. Délesté de son rôle de journaliste, le nouveau professeur de la prestigieuse université de Duke aux États-Unis revient avec un récit de voyage à la parole décomplexée, qu’il défendra lors du Salon africain du livre de Genève (dès le 28 avril). Pour l’ancien responsable des rubriques Afrique au Monde et à Libération, la Françafrique et ses réseaux secrets, qui visaient à préserver les intérêts de l’Hexagone et sa mainmise sur ses anciennes colonies africaines, est bel et bien enterrée. Son dernier livre est un appel à regarder la nouvelle société africaine, qui évolue dans un monde multipolaire où, «entre la France et l’Afrique, chacun est désormais à sa place». les réflexion sur le cinquantenaire ne font que commencer.


Stephen Smith: «La Françafrique n’a plus les moyens de sa politique»
-Aujourd’hui, que reste-t-il de la France en Afrique?
-Stephen Smith: Il demeure surtout ce que la nouvelle génération a bien voulu faire de l’héritage laissé par l’ancien colon. Ce qui était français au départ est devenu africain ou, plus spécialement, sénégalais, malien ou camerounais. Le fait que la France s’accroche encore exaspère d’autant plus les jeunes Africains que cela les empêche d’assumer leur «francité» en toute liberté. Or, le Français d’Afrique vit désormais sa vie en toute indépendance. De ce point de vue, la Françafrique n’existe plus, et ceux qui voient la France plus grande qu’elle ne l’est tardent à l’admettre.

– Mais il est impossible d’ignorer les «réseaux Sarkozy», qui ont notamment poussé la France à valider des élections à la transparence douteuse, comme au Togo ou au Gabon.– Certes, alors qu’il avait promis la «rupture» avec la Françafrique, le président Sarkozy confie sa politique africaine à des «réseaux» gérés par le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant. Mais qu’est-ce qui importe? La fraude dont se rend responsable un régime africain ou la reconnaissance d’une élection par Paris? L’élection de Faure Eyadéma [ndlr: président du Togo] et d’Ali Bongo [ndlr: président du Gabon] a aussi été «validée» par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), par l’Union africaine, les Etats-Unis, l’Allemagne, la Chine, etc. Pourquoi la France serait-elle plus à blâmer que l’Afrique et la communauté internationale? Pourquoi se battrait-elle pour la démocratie à la place des Togolais et des Gabonais? Maintenant, on peut rêver à la conspiration étrangère jusqu’à la fin des temps. Mais ce qui était vrai avant la Guerre froide ne l’est plus du tout aujourd’hui. L’Etat franco-africain ayant été pour l’essentiel démonté, la Françafrique n’a plus les moyens de sa politique.

Stephen Smith: «La Françafrique n’a plus les moyens de sa politique»
– D’après votre livre, en Guinée, au Cameroun ou au Sénégal, les indépendances n’ont pas été acquises de la manière souhaitée par les peuples et leurs dirigeants. Mais existait-il une «bonne» façon de décoloniser?
– Non, de même qu’il n’y a pas de «bonne» façon de coloniser. Les Britanniques appelaient creative abdication leur décision de couper le cordon et de laisser le soin aux élites locales d’inventer une gouvernance moderne à un moment où le rouleau compresseur de la démographie rendait cette tache pratiquement impossible – ce dont on était bien conscient à Londres. La France, elle, est restée dans sa trame faussement assimilationniste, parce qu’elle n’a jamais sérieusement envisagé de devenir, comme disait de Gaulle, «la colonie de ses colonies» au nom d’une loi du nombre – la règle de la démocratie – qui allait à terme jouer contre elle. En 1960, elle a choisi de «partir pour mieux rester». Mais c’était un choix franco-africain. En retenant le colonisateur, la plupart des leaders africains, l’Ivoirien Houphouët-Boigny en tête, pensaient pouvoir le faire «payer».


– La célébration du cinquantenaire des indépendances serait donc une fausse «bonne idée»?– Il y a une différence entre célébrer et commémorer. Dresser un bilan d’étape est utile. 1960 a marqué une césure parce que la souveraineté, même formelle, ce n’est pas rien. Mais cette drôle de décolonisation a donné naissance à une connivence d’élites institutionnalisée, dont faisaient partie nombre de dirigeants africains, souvent des anciens députés ou ministres en France. Chacun trouvait alors son compte dans la «coopération» avec Paris. Ce qui n’est pas, a priori, déshonorant. A l’indépendance, «l’assiette était vide», comme le constatait Houphouët-Boigny. Il faudrait être sourd au sort de l’Africain de base pour trouver le choix facile entre la dignité et la pauvreté… Valait-il mieux grandir dans la Guinée de Sékou Touré, ou au Nigeria, plutôt qu’en Côte d’Ivoire? Oui et non – on voit bien que ce n’est pas évident.//////Sandra Titi-Fontaine



«Voyage en Postcolonie, le Nouveau Monde franco-africain», Editions Grasset, 2010.


Stephen Smith: «La Françafrique n’a plus les moyens de sa politique»

Rédigé par psa le 19/04/2010 à 01:00

Le leader libéral-démocrate, centriste, pourrait jouer le rôle de faiseur de roi après les élections législatives du 6 mai en cas de coalition. Il a convaincu 35% des téléspectateurs qui ont suivi le débat jeudi soir sur ITV et, cette fin de semaine, il est pratiquement en tête des plus grands gains dans tous les sondages politiques. C’est un bond extraordinaire pour celui dont la photo ne disait pas grand’ chose à la plupart des Anglais, il y a encore quelques jours. Le politicien nouveau genre parlant français, allemand et espagnol, va-t-il réussir à briser suffisamment le dualisme politique dans un pays de tradition? Il a tout l’air du Zoulou blanc, le Johnny anglais, que l’on n’attendait pas dans cette lutte au 10 Downing Street.


Nick Clegg en Johnny Clegg



Une partie de la Grande-Bretagne s’est découvert un nouvel homme politique jeudi soir. Nick Clegg, leader des libéraux-démocrates, a clairement remporté le premier débat télévisé électoral de l’histoire du pays. Alors qu’encore un tiers des Britanniques ne reconnaissaient pas sa photo jusqu’à présent, il s’est imposé face à près de 10 millions de téléspectateurs de la chaîne ITV, se montrant plus à l’aise que ses deux opposants.
Agé de tout juste 43 ans, Nick Clegg, qui a pris la tête des libéraux-démocrates (parti centriste) voilà plus de deux ans, a longtemps souffert d’un manque de reconnaissance du grand public. Mais entre les leaders conservateurs David Cameron et travailliste Gordon Brown, il avait jeudi soir le plus beau rôle: renvoyer dos à dos ses adversaires, qu’il appelle «ces deux-là».
Dans une Grande-Bretagne profondément déçue de ses hommes politiques, échaudée par le scandale des notes de frais l’année dernière, il a pu jouer le rôle de l’outsider. «Cette élection est une chance fantastique de faire les choses différemment. Ne les laissez pas vous dire que vous n’avez pas le choix.»
Si cette position de troisième homme n’est pas une surprise, son aisance pendant le débat est plus étonnante. Alors que le cadre du débat était très rigide (un spectateur pose une question, chaque candidat a 90 secondes pour répondre, puis une autre minute si nécessaire), il a été le premier à réussir à se détendre. Parlant directement aux spectateurs présents, il s’est montré plus concret que ses deux adversaires.
Cette victoire de Nick Clegg renforce son rôle potentiel de faiseur de roi de l’élection du 6 mai. En cas d’absence de majorité absolue des deux principaux partis, ce que les sondages prédisent, il pourrait aider à former une coalition. Les libéraux-démocrates ont 63 députés actuellement à la Chambre des communes (10% des députés), et ils devraient en compter le même nombre, si ce n’est plus. Pour l’instant, Nick Clegg refuse de s’exprimer sur une possible coalition, sauf à affirmer que le plus grand parti, quel qu’il soit, aura vocation à créer le gouvernement.
Nick Clegg a cependant fait le plus facile jeudi soir. Avec peu de couverture médiatique le reste du temps, il a bénéficié à plein de l’effet de surprise. Maintenant que les feux de la rampe sont tournés vers lui, il va devoir s’expliquer sur son programme qui possède des relents populistes : Il souhaite aussi une séparation complète des banques d’investissement et des banques de dépôts, une proposition qui sera difficile à mettre en œuvre sans accord international; les libéraux-démocrates veulent aussi renoncer au renouvellement du Trident, le système de sous-marins dotés de l’arsenal nucléaire britannique. Cela ne signifie pas la suppression complète de la dissuasion nucléaire, mais son affaiblissement.
Le côté proeuropéen de Nick Clegg peut aussi dissuader quelques électeurs britanniques. Sa mère est néerlandaise, sa femme espagnole, et il parle couramment français et allemand. Il a été député européen jusqu’en 2004.
Pour autant, le vent frais que fait souffler Nick Clegg pourrait être bien accueilli par l’électorat. De plus, l’une de ses cartes maîtresses est Vince Cable, son chancelier «fantôme», qui a pris un rôle très important pendant la crise. Ancien chef économiste de Shell, il est l’un des seuls à avoir averti des risques d’une crise avant l’explosion de la bulle financière. En cas de coalition, il pourrait devenir chancelier de l’Echiquier.
Crédités de 24% des voix selon le dernier sondage, les «lib-dems» pourraient dépasser leur score de 23% en 2005. Nick Clegg a même convaincu 35% des téléspectateurs qui ont suivi le débat, talonnant le leader tory David Cameron (36%) et loin devant Gordon Brown (24%). En cas de coalition, Nick Clegg imposerait à son partenaire une réforme du système électoral, pour le rendre plus proportionnel. Cela changerait à jamais la politique britannique, donnant aux «lib-dem» un poids proche de leur réel soutien populaire, avec presque le quart des votes.///////Eric Albert


Rédigé par psa le 19/04/2010 à 00:00
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