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La traque de l’homme réclamé par la justice américaine a fait au moins 50 morts. Le narcotrafiquant reste introuvable. Cheveux ras et fin collier de barbe encadrant un visage de boxeur, Michael Christopher Coke, 41 ans, était jusqu’au milieu de la semaine dernière un parrain discret, redouté et respecté de la pègre en Jamaïque. Plus soucieux de faire fructifier son juteux business officiel lié aux travaux publics et au transport de marchandises que d’attirer l’attention par ses frasques, «Dudus» – comme il est surnommé – s’était prudemment tenu à l’écart du maelström médiatique. Ses nombreuses accointances politiques, tant au sein du Parti travailliste jamaïcain (JLP, au pouvoir) que du Parti national du peuple (PNP, opposition) lui valaient une paix souveraine qui lui permettait de blanchir tranquillement les fabuleux bénéfices générés par le trafic de drogue et d’armes à destination de l’Amérique du Nord. Mais tout peut avoir une fin.
Sylvie Breysse
Prise sous la pression insistante de Washington, la décision du premier ministre Bruce Golding de le faire arrêter et de l’extrader vers les États-Unis a déclenché une véritable guerre civile à Kingston, capitale de la Jamaïque. Les Américains le considèrent en effet comme le «parrain le plus dangereux du narcotrafic à la surface du globe» et veulent le juger sur leur territoire où il risque la prison à vie et des millions de dollars d’amende. Des milliers de ses partisans, puissamment armés et venus de tous les coins de l’île, affrontent la police et l’armée depuis une semaine dans son antre de Tivoli, un quartier populaire de la capitale décrit par la presse locale comme une «mini-république du crime». Les combats auraient déjà fait au moins 60 morts et plus de 200 blessés, dont 44 civils tombés sous le feu croisé des belligérants. Les forces de l’ordre, souvent moins bien dotées en arsenal, ont peiné à rétablir le calme. Sur les barricades érigées pour empêcher la police de progresser, les partisans de Coke narguaient les autorités en scandant: Leave Dudus alone. L’homme court toujours.
Car «Dudus» Coke, outre le nom prédisposé dont il a hérité pour un narcotrafiquant, est un «capo» populiste et populaire dans les bas quartiers de Kingston et dans le département limitrophe de Saint Andrew (sud-est). Véritable «Christ» ou «Robin des Bois» pour ses aficionados, lui et ses hommes de main distribuent des milliers de dollars aux chômeurs, payent les soins médicaux pour les plus défavorisés, fournissent blouses, cahiers, livres et stylos aux élèves du primaire et font régner un semblant d’ordre dans ces quartiers délaissés par les autorités. «Il a transformé un quartier en proie au crime et à la violence en un endroit où les gens peuvent gagner de l’argent», confiait lundi au journal Jamaican Observer son ancien avocat, le sénateur Tom Tavares Finson. L’homme politique, proche de Coke et ancien mari de la Miss Monde 1976 Cindy Breakspeare (elle-même ex-femme du chanteur Bob Marley et mère de son fils Damien), voit en «Dudus» Coke un «honnête homme d’affaires». Sur le modèle peut-être des mafias colombiennes des années 1980, et notamment du redoutable cartel de Medellin dirigé d’une main de fer par Pablo Escobar, héros des pauvres. Au point de s’approprier, en l’adaptant à la sauce locale, le célèbre précepte des mafias colombiennes: «Mieux vaut une tombe en Colombie [ndlr: en Jamaïque] qu’une prison chez les Yankees.»
La mémoire du père
Coke, également connu dans Tivoli comme le «président» ou Shortman, a hérité de l’empire du crime construit dans les années 1980 par son père, Lester Lloyd Coke, fondateur du Shower Posse (le «gang des douches», nommé ainsi parce qu’il a la réputation «d’arroser» ses victimes de balles). Son refus obstiné de l’extradition pourrait trouver ses racines dans la saga paternelle: Lester Coke est mort en 1992 dans un mystérieux incendie qui a embrasé sa cellule alors qu’il attendait lui-même d’être extradé aux États-Unis. Des commentateurs ont avancé qu’il était détenteur d’informations susceptibles de mouiller le gouvernement d’alors. Deux frères et une sœur de Christopher Coke ont aussi perdu la vie. «Dudus» a pour sa part su faire prospérer la fortune dynastique en menant d’ambitieux projets de construction financés par des fonds publics octroyés par l’administration Golding. Le premier ministre s’était d’ailleurs fait élire parlementaire dans la circonscription où Coke et son Shower Posse ont leur quartier général. En y établissant son plein pouvoir et en y réglementant la vie quotidienne, Coke était de fait devenu l’allié principal du politicien dans ces zones difficiles. Jusqu’au brusque retournement de Golding, qui a décrété dimanche l’état d’urgence pour un mois en promettant désormais de «combattre les puissances du mal».///////// Gérard Thomas
Rédigé par psa le 27/05/2010 à 00:32
Faudrait-il appeler désormais Karim Wade, M. le Président de la République ? La question mérite d’être posée et l’exercice de prononciation commencé à temps. D’autant plus que la volonté supposée ou réelle du Chef de l’État sénégalais, celui-là même, qui décourageait Faure de succéder à son père Eyadema, de se faire succéder par son fils à la tête de la magistrature suprême se confirme chaque jour davantage par des actes que pose Abdoulaye Wade. Après la sortie remarquée de l’ancien ministre des Affaires étrangères Cheick Tidiane Gadio, après Youssour Ndour qui tombe dans l’escarcelle présidentielle, tous les jours voient une sortie pro ou contre la dynastie Wade mise en orbite. C’est maintenant Abdoulaye Thiam qui en fait de cette forte fièvre répulsive de la pratique monarchique en gestation au Sénégal. Un fils reste un fils… Et, tu seras président mon fils.
Et la gifle enregistrée le 22 mars 2009 lors des élections municipales n’ébranle guère le président Wade. Pour rappel, Karim Wade, avait été battu dans son propre bureau de vote à Point E.
Pour répondre à cet avertissement des Sénégalais, Abdoulaye Wade, attribue à son fils le titre de ministre d’État, Ministre de la Coopération internationale, de l’Aménagement du territoire, des Transports aériens et des Infrastructures. Karim Wade contrôle la Terre, la Mer et le Ciel. L’armée est confiée au numéro 2 de la Génération du Congrès. Et comme si cela ne suffisait pas, Karim Wade est invité dans tous dossiers.
Dans l’audience burlesque que son père avait accordée aux patrons de presse ; l’attribution de fréquence TFM à Youssou Ndour, Karim Wade omniprésent, double le ministre de l’Information.
Maintenant, il “phagocyte“ le département des Affaires étrangères. Sinon comment comprendre que le père ait choisi le fils pour intervenir dans le dossier de Clotilde Reiss. La diplomatie sénégalaise tant chantée depuis Léopold Sédar Senghor aurait-elle perdu de sa superbe ?
Non ! Nous ne le pensons pas. Le Sénégal dispose de diplomates chevronnés capables de gérer sans tambours ni trompettes, les dossiers les plus sensibles au monde.
L’immixtion de Karim Wade dans toutes les affaires, démontre simplement si le besoin en était, la dévolution monarchique du pouvoir prêtée à Abdoulaye Wade.
Pourtant, le secrétaire général du PDS s’est montré tout le long de son parcours qu’il était “allergique“ à toute forme de dyarchie au niveau de son parti mais aussi au sommet de l’État.
Sérigne Diop, Ousmane Ngom, Jean Paul Dias, en ont fait les frais avant l’accession de Wade au pouvoir le 19 mars 2000.
Idrissa Seck, le fils putatif également. Macky Sall qui a su traduire les “éléphants blancs“ du Maître en réalité ne dira pas le contraire.
Mais le fils peut lui, se permettre de gérer plus de 400 milliards sans rendre compte à qui que ce soit. Il peut même se permettre de payer des lampes à coût de millions ; réfectionner le bureau de son garde du corps à des dizaines de millions ; être mêlé dans l’affaire de la Sudatel. Mais le fils reste le fils. La justice est tenue de rester à carreaux. Quant à l’Assemblée nationale véritable caisse de résonance des Wade, gare au député qui osera l’inviter à s’expliquer. La machine est mise en branle. Et tous les coups sont permis. Mais la souveraineté nationale appartient au peuple. Un peuple qui a déjà donné son avertissement le 22 mars 2009. Même si Wade refuse de voir la réalité ! /////////////Abdoulaye THIAM
Rédigé par psa le 26/05/2010 à 06:00
Au Togo, les compteurs sont proches de zéro. Chaque logique politique a pratiquement atteint le bout de sa randonnée solitaire, fidèle aux Deux Solitudes très caractéristiques de ce pays. Heureusement, le pays existe toujours… mais dans quel état et pour quel avenir? Il est même trop tard de se permettre le luxe d’être pessimiste. Quoi faire maintenant que tout semble être bloqué? Quoi faire maintenant que les deux extrémités se rejoignent et rien se semble bouger pour autant? Alors là seulement, il faut redevenir réaliste et demander l’impossible aux acteurs politiques en interpellant leur responsabilité collective face à l’histoire: la réforme politique comme moyen de concrétiser le Grand Pardon et la Bonne Foi. Osez reconquérir l’enthousiasme de tout un peuple; enthousiasme sans lequel aucun pays ne peut se construire ! Osez l’optimisme: convoquez la Bonne foi et le Grand Pardon au service du Togo et de l’enthousiasme de ses citoyens. Il est urgent d’agir! Ce projet d’une Commission Nationale sur l’Avenir du Togo, en tant que modèle de réforme politique ou changement volontaire de large consensus, est présenté comme suite logique à l’évaluation du professeur Yao Assogba dans son récent texte: « La raison historique : la voie pour la renaissance du Togo ». Le présent texte est supporté par un schéma explicatif en addendum.
La précarité de la situation politique du Togo a trop duré qu’il est raisonnablement difficile de concevoir le triomphe d’un camp au détriment de l’autre, sans aucun péril ni risque. Dans un pays où tout est pratiquement décrédibilisé, fondamentalement les attributs premiers d’un État de droit d’essence éthique, il est grand temps de s’éveiller à l’essentiel pour ne pas trop se perdre en conjectures et en présuppositions inutiles que la déconfiture hypothétique d’un camp profiterait à l’autre par enchantement ou ralliement.
Le Togo va mal. Le Togo est bloqué, victime de lui-même, victime du manque d’audace politique et victime d’un manque de vision partagée et de perspectives sur le long terme. Il est temps d’agir, et la balle est dans le camp de tous les citoyens, et particulièrement à portée de la volonté d’action du pouvoir exécutif qu’incarne Faure Gnassingbé.
La collection relativement impressionnante des lettres de félicitation, diplomatiques, adressées par les chancelleries internationales permettront difficilement de rétablir la confiance interne perdue entre les principaux acteurs politiques. De plus, ce que l’unique fête du cinquantenaire d’indépendance n’a pas pu réaliser le 27 avril 2010, il est difficile de l’espérer des vestiges d’une élection présidentielle du 4 mars 2010 qui traine d’énormes insuffisances au point de provoquer un schisme politique comme jamais auparavant. Le ralliement hypothétique même de Gilchrist Olympio au pouvoir, et l’allégeance de ses Amis ne semblent pas sonner l’adhésion de tout un peuple, encore confus devant les évolutions politiques en cours. Et ce peuple reste troublé de voir son chef d’État prêté serment derrière une vitre blindée, après un plébiscite électoral des 2/3 de la population togolaise.
Du leadership du pouvoir exécutif vers un cap de nouvelles espérances
Que se passe-t-il réellement au Togo? Que s’est-il alors passé depuis tant d’années? À l’œil nu, on peut dire que le temps est vite passé par là ; la relève des acteurs politiques vite arrivée; une jeunesse toujours exaspérée et en colère; des citoyens désillusionnés et meurtris par la politique; manifestement, le Togo va mal. Dans une telle confusion politique, le Togo ira mal aussi longtemps que son peuple ne se sentira pas avoir été entendu. C’est une question de dignité humaine que la classe politique se doit d’intégrer dans son approche.
Au-delà des positions antagonistes, au-delà même des allégeances et des alliances de circonstance, il reste toujours à gérer le défaut de légitimité né de l’exacerbation et du pourrissement de la division politique au Togo. Le risque de la dérive même de l’institution étatique devient réel, face au refus de coopération de toute une partie de la population. Le président de la république togolaise, Faure Gnassingbé, s’était rendu à cette évidence qu’il ne pouvait plus continuer à ignorer la contestation récurrente, longtemps minimisée, mais toujours effective de son pouvoir.
Dans son discours du cinquantenaire de l’indépendance, le portrait public tardif et désespérant que le chef de l’État togolais a dressé du pays qu’il gouverne depuis cinq ans, à la suite de près de quarante années de règne de son père, est le témoignage de cette dérive ininterrompue du Togo. Il est trop tard pour continuer ainsi!
Il est même trop tard pour être pessimiste aurait dit Yann Arthus-Bertrand dans les circonstances. Il faut prendre action, il faut retrousser nos manches. Il faut désormais ramener le Togo à quai, prendre le temps de refaire ses principaux voiles, renouveler l’enthousiasme à bord, se donner de nouveaux horizons, et reprendre le cap de nouvelles espérances.
Inscrire le Togo à ce travail audacieux de renaissance politique et de redémarrage vers les objectifs de développement, appeler les Togolaises et les Togolais autour de cette œuvre commune du « Bâtissons la Cité », nécessitent un acte de foi en ce pays et en la capacité de ses citoyens à s’inventer collectivement un avenir harmonieux et un vivre ensemble réparateur des malentendus, certes. Mais c’est aussi un engagement certain et authentique qui ne doit laisser aucun doute dans les esprits afin d’assurer le plein succès à cette mission de réincarnation de tout un pays. C’est un acte politique qui interpelle, désormais et avant tout, la conscience de Faure Gnassingbé et relève de sa plus haute responsabilité.
Le leadership politique du chef de l’État togolais réside même dans cette opportunité à transformer les velléités contestataires en un renouveau national. Ce n’est pas une chose facile pour Faure Gnassingbé qui est né et baigne depuis toujours dans un environnement et une logique militaires où les renseignements, la stratégie et l’opération tendent à transformer le paysage politique et ses acteurs en théâtre de guerre; là où la ruse se doit d’amener au triomphe, particulièrement dans un cas qui s’apparente à la contre-insurrection.
Les théories militaires dominantes de l’environnement dans lequel Faure Gnassingbé a toujours évolué redoutent tellement ces situations de type insurrectionnel et de désobéissance civile, qu’il leur est difficile de ne pas confondre « citoyens à gérer » et « rebelles à éliminer ». En tout cas, tout tend à démontrer cette approche guerrière quasi-permanente; et la preuve du contraire se doit d’être faite désormais par celui qui incarne ce pourvoir exécutif au Togo.
Bien souvent et à travers l’histoire, lorsque le destin d’un peuple se heurte à la tragédie de la désunion, exacerbée par une mémoire collective encore affligée de rancœurs et de soupçons, la conscience citoyenne renait autour de la Bonne foi et du Grand Pardon dans une réforme volontairement initiée, orchestrée et mise en œuvre. C’est ce que demande le Togo aujourd’hui, bien plus qu’une évolution lente, passive et non enthousiaste dans les conditions actuelles, encore moins une révolte aléatoire ou une révolution radicale.
Une Commission Nationale sur Notre Avenir Commun…
Au point où en est le Togo, après toutes les tribulations des accords politiques antérieurs dont les fruits restent insuffisants, après toutes les tentatives de raccordement sociopolitiques au moyen des structures de réconciliation sans ferveur citoyenne, c’est avec courage que l’émanation de l’État togolais, le pouvoir exécutif, doit se regarder et se donner les moyens d’avancer.
Plusieurs acteurs sortent des observations convergentes, lorsqu’on explore leurs propos et leurs écrits: tôt ou tard, un rapprochement et un dialogue sérieux doivent être établis entre le pouvoir et l’opposition; l’occupation des rues et les marches de protestation feront augmenter la tension sociale, avec les manifestations régulières jugées constitutionnelles d’un côté et les répressions ou les interdictions administratives de l’autre; les conséquences politiques, économiques, sociales et médiatiques sur le Togo ne serviront pas l’intérêt du pays; la division nord-sud du Togo, manifeste dans plusieurs institutions, gangrène toujours et lourdement le Togo; les bienfaits de la réforme politique et même ceux de l’alternance doivent s’intégrer dans une volonté réelle de vivre ensemble; les citoyens et la diaspora doivent enfin prendre la parole et se sentir écouter; etc.
Il s’agit donc de prendre les moyens pour concevoir la dynamique d’une réforme qui, en même temps, baissera les tensions en ramenant la confiance, c’est à dire : la Bonne foi et le Grand Pardon, les deux s’alimentant réciproquement. Une Commission nationale sur l’avenir du Togo, placée sous la présidence effective et compétente d’une sommité à la hauteur du défi de la connaissance de l’État, est alors tout indiquée.
Une telle Commission qui dans la pratique prendrait aussi le nom de la personne qui en assumera la présidence, sera dotée d’un mandat large devant lui permettre, par exemple, de : écouter le peuple togolais, sa clase politique et ses élites; recevoir des propositions sous forme de mémoires ou de présentations directes des acteurs et de toutes les forces vives du Togo et de sa diaspora; intégrer judicieusement les initiatives politiques existantes; faire un rapport au pouvoir exécutif dans un délai raisonnable; faire des recommandations selon des perspectives novatrices et identifier les dispositions pour leur mise en œuvre; plus généralement, explorer et faire des propositions pratiques sur l’avenir politique du Togo.
Une telle démarche républicaine serait susceptible de baisser les tensions, arrêter les contestations sous toutes ses formes et faire place aux idées concrètes, en même temps que d’aider à faire la démonstration que les Togolaises et les Togolais sont en mesure de se donner un destin et un avenir communs, négociés par eux, au moyen de leur propre histoire et selon leur conception du pays.
Naturellement, il faut une organisation pratique et très professionnelle d’une telle Commission qui prendrait appui sur les expériences modernes significatives existant à travers le monde, adaptées et domestiquées selon le contexte togolais. Sans aucun doute que l’État togolais ainsi que ses partenaires traditionnels seront en mesure de fournir les moyens financiers, matériels et humains adéquats pour assurer l’opérationnalisation de cette Commission.
Ainsi, le Grand pardon et la Bonne foi, comme vecteur de compromis, seront en œuvre dans l’honneur même de la personne qui assumerait la présidence de cette Commission et également dans le respect, la dignité et la considération qui seront ainsi restitués au souverain peuple togolais et à tous les acteurs politiques.
Pour faire face à un tel défi, les plus hautes autorités togolaises doivent dégager un profil de personnalité suffisamment élevé pour garantir et mener cette responsabilité historique. Certains de ces critères sont la formation et l’expérience en tant que compétence administrative, gouvernementale, politique, sociale, économique et autres, ainsi que l’envergure internationale, la densité intellectuelle, la distance en termes d’ambition propre, tout comme la proximité vis-à-vis des enjeux actuels ainsi que la confiance des élites du nord et du sud du Togo.
Il est alors difficile avec un tel profil de ne pas penser, tout naturellement, à Édem Kodjo. L’homme rassemble une dense expérience d’État, au plan national et international, ainsi qu’une capacité d’analyse et de perspective tout comme de réelles habiletés de convergence diplomatique dont le Togo doit tirer avantage dans les circonstances historiques du moment.
Par ailleurs, le point où le Togo se retrouve aujourd’hui, correspond exactement aux prévisions et propositions antérieures du seul Édem Kodjo avec son idée du « Grand Pardon » (1) togolais, l’équivalent d’autres expériences initiées partout à travers le monde, dont celle mise en œuvre avec conviction en Afrique du Sud par un certain Nelson Mandela.
C’est bien de la conviction qu’il faudra pour faire aboutir une telle volonté d’action et, dans le contexte togolais, Édem Kodjo en a les moyens, maintenant que les Togolais eux-mêmes se doivent d’imaginer leur plan de sortie de crise. Les récriminations passées envers Édem Kodjo, souvent basées sur des incompréhensions et des jugements hâtifs et décontextualisés, n’aliènent nullement la capacité de cette personnalité de grande dimension à diriger une Commission nationale sur l’Avenir du Togo avec toutes les exigences d’intégrité, de rigueur et de flexibilité qui rallieraient les différents pôles d’intérêt politique, économique, social et militaire autour de l’application des principales recommandations.
Après toutes les péripéties par lesquelles la nation togolaise est passée toutes ces années, l’heure n’est plus aux critiques; l’heure est à la construction de l’avenir d’un pays bloqué par les démons de la division politique. Un changement de type volontaire (2) est nécessaire pour la sérénité de la république, sans malice ni dol, mais avec un patriotisme immaculé duquel le Togo et les Togolais sortiront gagnants. Un leadership politique médiateur, plutôt qu’un légalisme doctrinaire frileux, est particulièrement requis face à ce besoin de dépassement politique historique au Togo.
… Une Commission pour maintenant et demain
La mise en place de cette Commission national sur l’Avenir du Togo (2-3 mois), la gestion de ses activités (4-6 mois), la production et la publication de son rapport (2-3 mois) ainsi que la mise en place effective des propositions (12-18 mois) redonneront une crédibilité à l’ensemble des composantes de la société togolaise; le tout durant le temps d’un demi-mandat-présidentiel. Le pouvoir exécutif, le chef de l’État togolais notamment, doit ainsi saisir cette opportunité pour rentrer dans l’histoire, en compagnie de tous les acteurs politiques actuels et faire l’indispensable jonction entre les deux solitudes togolaises, entre des leaders clairvoyants et des institutions fortes, entre la légalité et la légitimité, entre l’État de droit et l’éthique publique, entre le passé et l’avenir du Togo.
La souplesse et l’ouverture intrinsèques à la Commission nationale sur l’Avenir du Togo militent en faveur de sa réussite. Le crédit de ce succès réside davantage dans la dynamique du symbolisme, son audace politique et citoyenne, l’enthousiasme participatif partagé de tous ainsi que l’éthique républicaine; plutôt que d’y voir un avantage conféré à une personne ou à une autre, à un camp sur un autre, à un parti au détriment de l’autre.
Une telle proposition d’établissement d’une Commission nationale sur l’Avenir du Togo se doit donc d’être évaluée avec une ambition républicaine devant l’alternative conflictuelle en cours et qui, si l’on n’y prend pas garde, ferait passer le Togo par d’autres grands dommages radicaux propres aux modes de changement dans des sociétés bloquées par de vives dissensions. Tôt ou tard, le Togo devra expérimenter à sa manière, cette indispensable « réforme », cadre idéal du dialogue, du renouveau et de la renaissance de la Nation (3).
L’Afrique comme le Togo peuvent faire l’objet de convoitises d’une certaine communauté internationale. Toutefois, cette dernière ne peut dessiner l’avenir du Togo et des Africains à leur place. Au contraire, c’est à la vue d’une volonté réelle, raisonnable et rationnelle que les partenaires du Togo se verront encouragés à contribuer respectueusement à des perspectives de résultats pour les Togolaises et les Togolais.
À certains moments de l’histoire, chaque peuple se doit d’inventer son avenir. Les Togolaises et les Togolais sont dotés des mêmes capacités pour concevoir, engendrer et réaliser leur propre destin. C’est à ce carrefour historique entre l’espoir et la désillusion, entre le pardon et la vengeance, entre la citoyenneté et la rébellion, entre la république et les récriminations que nous nous trouvons, filles et fils du Togo. Heureusement que les leviers de décision sont encore entre nos mains.
Il est temps d’agir pour le Togo. Le Togo, très affaibli par une confrontation interne sans fin, le mériterait bien de ses enfants. Et pour ses enfants, osons l’action. Osons notre avenir! Agissons maintenant! Il et trop tard pour être pessimiste. Une Commission nationale sur l’Avenir du Togo doit pouvoir ramener la sérénité au Togo, préparant ainsi la voie à une réforme salutaire consensuelle frappée du sceau sacrée de l’honneur et de la dignité. Le Togo en est à ce point que ses enfants eux-mêmes doivent prendre leur destin dans leurs mains propres, et sans tromperie les uns des autres. Il est grand temps pour le Togo.
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(1) Le texte original, conçu par Édem Kodjo aux lendemains des évènements du 5 octobre 1990 et diffusé en novembre 1990, sera de nouveau publié, bientôt, après sa validation par l’auteur. L’intitulé complet du texte d’Édem Kodjo est « Appel pour un renouveau démocratique au Togo : le Grand Pardon ». Vingt années plus tard, cet Appel caractéristique de la pensée politique de son auteur reste d’une étonnante actualité. Faudrait-t-il s’en réjouir ou s’en désoler? Chaque personne en jugera devant le présent balbutiement de l’histoire du Togo.
(2) Dans son récent texte publié le 6 mai 2010 et intitulé La raison historique : la voie pour la renaissance du Togo, le professeur Yao Assogba estime que le changement social emprunte généralement quatre voies: l’évolution, la réforme, la révolte et la révolution. La réforme étant « un changement volontaire recherché par deux catégories d’acteurs sociaux collectifs organisés, et qui s’efforcent d’obtenir ce qu’il faut par un processus de négociation entre elles, sans déclencher ni de grands conflits ni de grandes contradictions.»
(3) Une illustration, en renforcement de la présente réflexion, est faite dans le document joint: « Continuum du Grand Pardon et de la Bonne Foi; une appropriation républicaine du changement politique en vue du développement du Togo. »
Togo.CommissionNationaleAvenirTogo-Addendum.pdf
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Togo.CommissionNationaleAvenirTogo-Texte.pdf
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Rédigé par psa le 23/05/2010 à 15:15
Une actrice accuse à son tour Roman Polanski. Le sort du cinéaste continue d’échauffer les esprits… Machine infernale en grand format sur les défenseurs de gens aisées ou de petites gens. Qui saura y répondre à part Kouchner et Lang…
Charlotte Lewis
Le sort de Roman Polanski, assigné à résidence dans son chalet de Gstaad en attendant une éventuelle extradition, continue d’échauffer les esprits. Alors que l’actrice britannique Charlotte Lewis affirmait vendredi à Los Angeles avoir elle aussi été abusée à l’âge de 16 ans par le cinéaste, des figures du monde politique français – Jack Lang et Bernard Kouchner notamment – ont volé à son secours. Les déclarations de Charlotte Lewis, qui était en 1986 à l’affiche du film de Polanski Pirates, ont d’emblée été qualifiées de «tissu de mensonges» ou de «pur opération de chantage» par les avocats français du réalisateur qui n’excluent pas une action en justice pour dénonciation calomnieuse. Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner s’est montré encore plus inspiré en trouvant cette nouvelle accusation «singulière» et en exprimant «sa peine» pour Roman Polanski en ces termes: «Il y a un contenu humain international dans l’arrêt des souffrances morales de cet homme qui devrait être un des patrimoines de l’humanité» Rien de moins.
L’ancien ministre de la Culture Jack Lang, qui était déjà sorti du bois en septembre dernier lors de l’arrestation de Roman Polanski à Zurich, réédite son soutien en grand format dans Le Parisien et Le Matin dimanche et appelle la Suisse à ne pas livrer «l’immense créateur qui honore le cinéma». Tout cela sans vouloir s’immiscer, assure-t-il, dans les affaires intérieures d’un pays tiers.
À son avis, celui du professeur de droit, la Suisse peut refuser d’extrader le cinéaste. Jack Lang ne va pas jusqu’à invoquer la raison d’État – celle qui avait par exemple conduit en son temps la France à libérer de manière jugée ensuite illégale les assassins présumés d’un opposant iranien que la Suisse justement réclamait – mais il pense que ce dossier est trop incomplet pour permettre de livrer Roman Polanski aux Américains.
De cette justice d’outre-Atlantique – «qui peut parfois avancer comme une machine infernale» – et de ses représentants en mal de publicité, l’ex-ministre dit d’ailleurs bien peu de bien. Enfin, Jack Lang se défend de réclamer un quelconque privilège pour celui qui a «beaucoup apporté à l’art, à la culture, à l’Europe». «Si un cas du même genre se présentait pour quelqu’un d’inconnu, je le ferais avec la même conviction.» Parole de défenseur de petites gens et de sans-papiers.
En Suisse, l’Office fédéral de la justice doit se prononcer bientôt sur cette extradition et on ne voit pas très bien l’influence que pourraient exercer en l’état les affirmations de Charlotte Lewis. La conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf – tout en défendant une vision légaliste et soucieuse du respect des Traités – examinera personnellement la décision prise par ses services. La semaine passée, sur le plateau de Mise au point, la ministre a précisé que la Suisse – qui a demandé des informations complémentaires – attendait encore des documents. On ne saura toutefois pas lesquels.///////Fati Mansour
Rédigé par psa le 17/05/2010 à 00:42
Le conservateur David Cameron, qui a formé avec le libéral-démocrate Nick Clegg, vice-premier ministre, son gouvernement, a tenu son premier conseil des ministres. Détendus, souriants, riant des blagues de l’autre, David Cameron et Nick Clegg ont entamé leur duo à la tête du Royaume-Uni. Désormais premier ministre et vice-premier ministre, les deux hommes, respectivement leader des conservateurs et des libéraux-démocrates, sont venus exposer leur entente dans les jardins de Downing Street, sous le soleil printanier, pour une première conférence de presse commune mercredi. Une première d'un exemple moderne récent...
Lorette Beaulieu Daoust, Le Grand Écart
«Cette coalition peut être un changement historique et un véritable tremblement de terre pour notre paysage électoral», estime David Cameron, le leader des conservateurs. Nick Clegg confirmait dans un même souffle: «Jusqu’à hier, nous étions des rivaux. Aujourd’hui, nous sommes collègues. C’est un nouveau gouvernement, mais aussi une nouvelle forme de gouvernement.»
L’accord entre les deux partis est certainement historique: il n’y a pas eu de coalition en Grande-Bretagne depuis la Seconde Guerre mondiale. Quand aux libéraux-démocrates, ils n’avaient pas été au pouvoir depuis les années 1920. D’un point de vue arithmétique, les deux partis s’offrent une majorité confortable: ils ont 363 sièges, soit 77 de plus que l’opposition. Concrètement, les libéraux-démocrates obtiennent cinq sièges au conseil des ministres. Ils auront aussi des secrétaires d’Etat dans chaque ministère. Nick Clegg devra cependant s’inventer un rôle. Son poste de vice-premier ministre ne comprend pas de portefeuille. Mais ce n’est certainement pas un titre honorifique. Il était présent au conseil des ministres jeudi, face à David Cameron. Quand ce dernier sera absent, il répondra à sa place aux questions au parlement. Les «lib-dem» disposent aussi de deux postes à l’économie, dont celui du puissant Ministère du commerce, qui revient à Vince Cable. Les principaux ministères reviennent cependant aux conservateurs.
La coalition entre ces deux partis autrefois ennemis peut-elle tenir? Les deux leaders en ont certainement l’intention. Leur évidente entente personnelle aide – ils ont tous les deux 43 ans et viennent de milieux sociaux similairement bourgeois.
Des désaccords
Pour autant, les désaccords potentiels sont nombreux. Entre l’aile gauche des «lib-dem» et l’aile droite des conservateurs, les différences idéologiques sont profondes. L’Union européenne en particulier pourrait être un grand sujet de désaccord. Les conservateurs ont refusé de transiger sur cette question, et ont mis William Hague, leader des eurosceptiques, en charge des Affaires étrangères. Les deux partis se disent cependant confiants sur la solidité de leur entente. «Ma belle famille indienne m’a appris que les mariages de raison marchent parfois mieux que ceux d’amour», s’amuse Vince Cable.
Pour consolider leurs liens, les libéraux-démocrates et les conservateurs ont publié un accord politique détaillé sur quatre pages, comprenant une série de mesures très précises. En particulier, ils imposent un mandat d’une durée fixe de cinq ans pour le parlement, afin que le premier ministre ne puisse plus décider à sa guise d’une dissolution. La date des prochaines élections est donc déjà fixée… au 7 mai 2015! «Avoir un gouvernement pendant cinq ans va nous permettre de prendre des décisions de long terme», estime David Cameron. Mais la vraie priorité concerne la réduction du déficit. La réforme bancaire et une grande réforme fiscale sont aussi en préparation. La suppression du projet d’une troisième piste d’atterrissage à Heathrow a aussi été décidée.
Un autre grand chantier est la réforme politique, dont Nick Clegg sera en charge. Outre la réforme de la Chambre des lords, qui deviendra élue, un référendum sera organisé sur l’introduction d’une dose de proportionnelle dans le mode de scrutin, l’une des principales revendications des «lib-dem», qui étaient désavantagés par le vote uninominal à un tour (le parti de Nick Clegg a obtenu 23% des voix, mais seulement 9% des sièges). Cette future consultation des Britanniques sera cependant un point de friction: les conservateurs, tout en acceptant la tenue du référendum, vont faire campagne contre. L’entente affichée par Nick Clegg et David Cameron pourrait alors faire face à de sérieuses difficultés.////// Eric Albert
William Hague
Ministre des Affaires étrangères, conservateur
Son sens de la répartie et son intelligence aiguë vont donner du fil à retordre au reste de l’Europe. Chef de file des eurosceptiques conservateurs, William Hague fait partie de la garde rapprochée de David Cameron, avec George Osborne. Entre 1997 et 2001, il était le leader des conservateurs, juste après qu’ils eurent quitté le pouvoir. Depuis, il a fait partie des «modernisateurs» du parti. A 49 ans, il devrait mener une politique étrangère typique de la droite britannique: atlantiste et eurosceptique.
George Osborne
Chancelier de l’Echiquier, conservateur
Ce proche de David Cameron, âgé de 38 ans seulement, a l’ingrate tâche de mener la réduction du déficit britannique, qui s’élève actuellement à 12% du PIB. C’est d’ailleurs lui qui a fait du déficit une priorité politique, s’inquiétant dès fin 2008 du trou budgétaire. Instinctivement très méfiant vis-à-vis de l’Etat, il est souvent considéré comme le maillon faible de l’équipe des conservateurs, étant accusé de dogmatisme libéral et d’arrogance par ses opposants. Son intelligence n’est cependant pas en question.
Vince Cable
Ministre du Commerce, libéral-démocrate
Vince Cable, 67 ans, succède à ce poste à la très influente figure des travaillistes, Peter Mandelson. Le «Monsieur Economie» des «lib-dem» est devenu très respecté depuis deux ans, ayant été l’un des seuls hommes politiques à avoir averti des dangers de la bulle financière avant la crise. Cet ancien du Labour (dans les années 1970), et ancien économiste de Shell (dans les années 1990) est l’un des hommes politiques les plus radicaux contre la City. Il propose de limiter les bonus payés en cash de quelques milliers de dollars.
Michael Gove
Ministre de l’Education, conservateur
Il est l’une des têtes pensantes des tories, sans doute une sorte de «gourou» pour David Cameron. Michael Gove, 42 ans, est derrière l’une des politiques phares des conservateurs: permettre aux parents de créer leur propre école, financée par l’Etat, si l’établissement local est de mauvais niveau. Adopté à l’âge de 4 mois, élevé par un père marchand de poisson et une mère laborantine, Michael Gove fait partie de cette branche des «conservateurs compatissants» mise en avant par David Cameron.
Rédigé par psa le 14/05/2010 à 06:24
Gilles Rousset
C’est la bonne nouvelle, saluée par les marchés financiers internationaux: les pompiers européens sont crédibles. En promettant de lever 750 milliards d’euros pour venir en aide aux États en difficulté de trésorerie, les 16 membres de l’Eurozone ont étouffé l’incendie qui menaçait de détruire tout sur son passage. La bataille fut rude et les négociations difficiles, notamment avec l’Allemagne qui a résisté tant qu’elle a pu à signer le chèque en blanc que certains exigeaient d’elle. Quant à la Banque centrale européenne (BCE), elle a renié sa propre doctrine au cours d’une nuit qui restera dans l’histoire comme celle où l’échec politique était interdit.
Les mesures prises sont exceptionnelles et désarment – pour un temps au moins – les spéculations qui contaminaient peu à peu la zone dollar et risquaient de paralyser les circuits financiers. Mais tout le monde comprend déjà que les causes de l’incendie subsistent. Nombre d’États sont en situation de surendettement chronique depuis trop longtemps et tardent à adapter leur budget.
Cette réalité n’a pas changé avec la décision prise dans la nuit de dimanche à lundi. L’aide promise ne fait que souligner l’urgence de réformes qui se traduiront par un climat d’austérité économique qui, si les remèdes sont trop faibles ou mal adaptés, pourrait décourager le retour de la croissance ou, plus insidieux, déboucher sur une longue période de stagnation. Les risques politiques demeurent tout aussi élevés car, si l’élan de solidarité entre États est remarquable, impressionne, nul ne sait comment les opinions publiques accepteront une discipline budgétaire décidée et imposée par d’autres États, sous la supervision du FMI.
L’Union européenne a réussi à resserrer les rangs et à colmater les brèches les plus dangereuses. Le feu que l’Europe entendait éteindre initialement avec 30 milliards d’euros pourrait reprendre ailleurs, notamment en Grande-Bretagne et aux États-Unis, qui jonglent avec des dettes privées et publiques qui leur brûlent les doigts.
Peu importe au fond la spéculation: la confiance dans une zone monétaire ne se décrète pas. Elle se gagne, se mérite par des actes et une discipline fiscale crédibles.///////Pierre Veya
Rédigé par psa le 11/05/2010 à 01:11
Patrick Wecksteen
Dure vie pour les téléphones cellulaires. Depuis vendredi, au Togo ils sont restés ouverts et n’ont pas le droit de se déchargés dans les prochains jours. Et même la famille est priée de ne pas appeler par ces temps, sans raisons suffisantes si ce n’est pour une question de vie ou de mort. Oui, c’est pratiquement de la survie pour certains en attente de l’appel à participer au gouvernement de large ouverture. Finalement, tout ne se jouera pas seulement cette fin de semaine, il pourrait même y avoir une longue prolongation et le sort des cellulaires s’en trouve peu enviable. D’une simple Opération Cellulaire Ouvert (OCO) l’on vient de passer à une Opération Cellulaire Ouvert Prolongée (OCOP) sans aucune transition ou évaluation de la première phase : c’est une gestion par résultats proactive dans la pure tradition des grandes écoles d’administration publique ou privée. Car, il y a bien une prolongation, et les ambitions, et les tentations, et les jeux sont devenus très ouverts. Tout se passe à Lomé toutefois… alors, les marches de contesttaion de l’intérieur du pays sont comme affaiblies et dégonflées. Plus personne ne veut quitter Lomé où tout se joue : le réseau téléphonique plus stable, et les réunions ainsi que les rencontres formelles et informelles tenues, les concertations réactivées, etc. Le dernier ministre à l’extérieur arrivant ce samedi, personne n’est épargnée et pas même la diaspora dans la lettre « circulaire » de Houngbo II qui a déclenché ce mouvement de foule d’un genre particulier. Le Togo bouge… De toutes les façons, il est trop tard pour être pessimiste pour le Togo. Ce pays doit bouger d’un côté ou de l’autre, mais positivement.
Rédigé par psa le 08/05/2010 à 21:22
Faure Gnassingbé obéit à une logique implacable alternant entre ses deux leviers principaux : Politique et Développement. Cette logique vient de quitter le champ politique pour s’ancrer dans celui du développement clairement confié à Gilbert Houngbo de nouveau. Ainsi sur le plan développement, lui, Faure, n’aura que des arbitrages à faire confiant les opérations à son PM. Il fallait d’ailleurs s’y attendre. Tellement la satisfaction de Faure vis-à-vis de Gilbert Houngbo était grande et immédiate. Le premier indicateur était la nomination de l’amie du PM Houngbo, Mme Dogbé comme directrice de cabinet de Faure Gnassingbé assez tôt dès l’arrivée de ce duo aux côtés de Faure. Le lien Faure-Victoire-Gilbert ne s’est jamais démenti et s’est même renforcé sous les enjeux de la campagne électorale présidentielle de Faure. Ce dernier n’ayant jamais reconduit de PM, fait ainsi entorse à cette règle pour s’assurer ses arrières en économie de développement et s’occuper réellement du jeu politique difficile qui l’attend. Passé le temps des « Et moi… Et moi » pour former le prochain gouvernement attendu tôt en début de semaine, Faure doit faire face à la pression politique du Frac, de Kpatcha, de Gilchrist et ses Amis, de la Constitution, etc. Ramènerait-il pascal Bodjona à ses côtés en le collant davantage à l’intérieur ou le lâcherait-il pour sa défense sur la scène internationale aux Affaires étrangères ? Ne nous y aventurons pas ! Tellement Faure aime surprendre et prend plaisir à la faire. Toujours est-il que la gestion du Frac et de la contestation populaire demeurent son grand défi. Ce qu’il arriverait à bien faire s’il campe adéquatement sur le terrain politique plutôt que sur l’illusion légaliste que représente Charles Debbasch à ses côtés. L’intrigue Faure a désormais une forte opposition en face de lui ; il ne peut plus feindre d’ignorer les réelles capacités de résistance qui résident dans les Fabre-Agbé-Kofi qui lui font front.
Rédigé par psa le 07/05/2010 à 21:50
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