Diplomatie Ouverte

Recherche

Profil
Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété


Sondage
L'Effet Gbagbo se dessine-t-il au Bénin de Boni Yayi?





RSS ATOM RSS comment PODCAST Mobile

La Liberté ne fatigue pas les peuples; car, les peuples ne sont pas candidats à la servitude volontaire et éternelle. Il se rapporte même qu’à un moment donné de notre histoire commune, à un quelque part qui pourrait bien être le partout de chez-nous aujourd’hui, se produit une chose qui parait depuis longtemps aller de soi dans tout pays où l’honneur et la dignité ne sont pas que des mots : « Les lois, et même les formes de gouvernement, ne sont plus reconnues sans examen et sont rejetées si leur dureté et leur injustice sont trop grandes. Les rapports politiques sont soumis à une discussion et deviennent l’objet d’une critique suffisante et assidue». Tout se faisait dans l’agora après une marche de convergence populaire, le jour du grand marché. Besoin de liberté? Non! Devoir de Dignité!


Éclairer l’unique voie vers la République perdue
Éclairer l’unique voie vers la République perdue


Les revendications sont désormais claires : la situation du citoyen ordinaire le plus favorisé par le système doit être étendue à tous les autres citoyens défavorisés. C’est la naissance de la clause du citoyen le plus favorisé… au Togo. Cette clause démocratique donne la mesure de la responsabilité véritable de diriger le Togo. Elle pointe du doigt l’injustice actuelle ainsi que l’impérieuse nécessité d’assumer le Togo autrement.

Voilà pourquoi l’on marche au Togo tous les samedis : on y marche pour un Togo promis à tous les Togolais, on y marche pour la démocratie et accessoirement contre l’injustice politique flagrante et la misère galopante. Une telle marche ne peut pas s’arrêter sans un résultat probant. Une telle marche ne peut s’arrêter que dans la dignité.

Dans le Togo d’aujourd’hui, se mêlent la triste fiction et la dure réalité; les deux sont indissociables et se distinguent à peine l’une de l’autre. Les régions, les villes, les populations et les citoyens ont dit Non, eux qui vivaient toujours d’espoir et de diaspora. Et ils y ont mis la forme et la manière : le silence et le pacifisme. Voici ce qui se produit au Togo, là où une vieille approche de traitement du peuple associée à une stratégie désuète d’irrespect de l’opposition, prennent l’eau et font perdre pied au pouvoir conservateur dans son refus obstiné d’entendre raison.

Peu importe! Pour avoir été trop souvent trompé et contraint, le peuple togolais exige désormais l’application de toutes les clauses de son contrat de citoyenneté. Il réclame l’application des clauses longtemps mises en veilleuse, pour ne pas être accusé un jour d’avoir été complice de son propre asservissement.

Il n’y a aucun mal à se faire du bien : c'est-à-dire vouloir une place dorée au souverain bien commun. La Liberté ne fatigue réellement pas les peuples, puisqu’elle exprime leur désir de dignité, de délibération et d’émancipation. Mieux vaut leur servir, assez tôt et avec la Liberté, la bonne foi, la transparence et le compromis, plutôt que l’humiliation, la tromperie et la brutalité. Les Togolais n’échappent pas au destin commun des peuples.


Fini la servitude volontaire
Au Togo, pour avoir trop souvent trompé leurs compatriotes, les gouvernants sont aux prises avec un regain de revendications d’un nouveau genre : la demande tranchante du respect d’une série de clauses de citoyenneté. Manifestement, il y a une perte profonde de confiance dans le pouvoir politique togolais incapable de réellement risquer la démocratie pour faire émerger le pays du passé. Les revendications deviennent alors pressantes :

• La clause de la région la plus favorisée est la résultante de la nécessité d’offrir les mêmes chances à toutes les régions du Togo sans qu’elles n’aient forcément eu à enfanter les gens du pouvoir. Désormais, l’application de cette clause est réclamée à cor et à cri, même à hue et à dia par le peuple togolais.

• La clause de la ville la plus favorisée, c’est le devoir de satisfaire les urgences des grands pôles de concentration de la population togolaise dans leurs besoins d’assainissement, d’infrastructure, de représentation démocratique et de valorisation distinctive.

• La clause de la population la plus favorisée est un devoir face à l’accentuation des clivages ethniques ainsi que la violence répétée des uns contre les autres; les deux solitudes ont trop duré et elles ne cessent de se cristalliser dans les partages inégaux et inefficaces des responsabilités politiques au Togo.

• La clause du citoyen le plus favorisé est à ce point un impératif qu’il est inconcevable qu’à la même table du Togo, les assiettes des uns soient restées désespérément vides, en face même des autres qui n’ont pas arrêté de se régaler au gros rôt. Il existe pourtant une limite à une indécence si comploteuse et à une existence si conspiratrice en ce bas monde.

Un pays ne se construit pas avec de tels amoncèlements de mépris et de si fréquentes humiliations de ses propres concitoyens. Un pays ne se bâtit pas sans la bonne foi de ses gouvernants; une valeur civilisatrice léguée par l’histoire, un devoir de loyauté, d’honnêteté et d’éthique qu’il est impossible d’énumérer sans risque de le limiter. Un pays ne se gouverne plus aujourd’hui sans la lucidité et le pari franc de la démocratie.

Il est raisonnable d’aimer le changement démocratique et de l’exiger après que la promesse en ait été faite à tous les rendez-vous. Les Togolais sont à ce niveau de rejet de la servitude volontaire qu’ils réclament désormais la vertu politique dans l’espace publique, la mise en application de toutes les clauses de dignité qui justifient leur appartenance au même pays.

Il est alors inutile de demander pour qui sont allumées toutes ces bougies et pour qui résonnent tous ces pas. Le bruit des pas sonnent le glas d’une époque exagérément émeutière du règne de l’arbitraire qui n’en fini pas de finir; et les chandelles aux flammes vacillantes ne cherchent qu’à éclairer l’unique voie vers la République perdue.

Citoyens contraints ou trompés dans le passé, le désir du changement politique chez les Togolaises et les Togolais est désormais réel et invitant, que le pouvoir conservateur jusqu’à maintenant intransigeant doit lui-même trouver les moyens transparents et non trompeurs de s’y inscrire. C’est la clause ultime de dignité qu’il convient à chacun d’appliquer avec sagesse, et pour un Togo différent de celui qui est aujourd’hui offert en honteuse tragédie, impossible de cacher à la face du monde. Voilà pourquoi le Togo crie toujours… Dignité!




togo_clause_dignite.pdf Togo.Clause-Dignité.pdf  (351.93 Ko)


Rédigé par psa le 28/07/2010 à 06:01
Notez WikioEs Tags : Dignité Togo

Je sens l’âme d’une invitation à écrire... l’âme d’une incitation à la vigilance publique. Assez d’entendre qu’aucun dialogue n’est possible au Togo. Fini les je-vous-l’avais-bien-dit! Il faut sortir de l’école des ressentiments et marcher vers le Togo, là où il est étalé de tout son long –de Lomé à Cinkassé, et le relever d’une nouvelle intelligence et pour une nouvelle posture. Le président togolais qui devrait appeler ses véritables adversaires ne semble toujours pas avoir compris l’importance et la symbolique du verbe et de la communication; ce défi reste pourtant à sa portée. Il le demeure toujours.


Incitation à l’éveil patriotique
Le Togo n’en peut plus d’attendre. Il lui faut renouer avec la raison, toutes les raisons. La nation n’est pas une donnée, encore moins un cadeau du ciel. Elle se forge particulièrement dans les moments chauds et difficiles, et à coup de délibérations citoyennes, et en risquant davantage la démocratie : la seule certitude qui reste pour le salut du Togo.

Il y a un rôle nouveau à attribuer à la politique au Togo; c’est de l’utiliser comme un moyen pour venir à bout de nos suffisances d’abord, venir à bout de nos insuffisances ensuite; venir à bout de nos erreurs et de nos errements de ces vingt dernières années. Il en est ainsi, il est possible de penser ainsi car, par nature, la politique est pratique, la politique est l’art du possible. Et, lui donner une mission et un rôle de combler nos carences, c’est l’élever au niveau des ambitions de tous les Togolais d’avoir un pays autre, un État qui marche en rangs serrés, une République, une démocratie.

Il faut prendre le Togo là où il est, là où il se retrouve après ces années et mettre la politique à son service comme un levier. Mais il est vrai que tout cela ne peut se faire sans la bonne foi et loin de la tromperie qui a trop marqué la politique au Togo.

Il faut alors redéfinir un objectif commun et partagé, en termes d’étapes graduelles parfois anodines, sur lesquelles de larges consensus peuvent se faire. Et ainsi, par pallier, progresser vers l’objectif principal.

Il ne s’agit plus de jouer un Togo contre un autre, ni le nord contre le sud, ni la démocratie contre la dictature, ni les bons contre les mauvais, ni le RPT contre l’UFC, ni les forts contre les faibles encore moins les Faure contre les Fabre. Il s’agit de faire le Togo à partir du Togo, de faire le Togo avec les seuls matériaux disponibles : les Togolaises et les Togolais tels qu’ils sont et non tels que l’on voudrait qu’ils soient.

Fini les citoyens qui aiment rester dans la salle d’attente de leur propre pays; fini les donneurs de leçons et les sceptiques; fini les je-vous-l’avais-bien-dit; fini les seules-les-armes-feront-le-changement-au-Togo; fini les vous-me-donnerez-des-nouvelles-de-ce-Togo-dans-vingt-autres-années. Il faut remettre la main à la pâte, remettre la main à la patrie Togo.

L’esprit de révolte, désormais sublimé dans les marches hebdomadaires aboutissant sur les sables fins de Lomé et les pages Internet de la diaspora, doit quitter ce confort et emprunter le chemin de la convergence patriotique. Nul ne mettra fin ainsi aux marches, aux veillées et aux incantations virtuelles sur les sites Internet, certes; pas plus les arrêts des tribunaux que les arrêtés ministériels. Mais une certaine catégorie de personnes, les politiques, d’un côté comme de l’autre, doivent savoir qu’ils ne peuvent véritablement s’en tenir qu’à la seule force de leur imagination, la seule force de leur intelligence à mettre au service d’une solution de sortie de crise au Togo… C’est une invitation à l’éveil patriotique.

togo_incitation_eveil_patriotique.pdf Togo.Incitation-Eveil-Patriotique.pdf  (271.08 Ko)


Rédigé par psa le 23/07/2010 à 01:47
Notez WikioEs Tags : Démocratie Togo
L’envers du conservatisme
Les choses se bousculent. Il y a une particulière effervescence dans le paysage politique togolais. Naturellement, je considère tout cela comme une bonne effervescence lorsque des idées sont en bouillonnement.

D’abord et j’insisterai davantage sur ce point, Faure Gnassingbé tente de corriger son défaut de communication politique. La nomination de notre ami Essodeina Pétchézi est un bon signal. Selon republicoftogo.com le nouveau directeur de la communication est déjà au travail: « Essodeina Pétchézi (41 ans en novembre prochain), ancien journaliste à la Télévision togolaise et en poste depuis 2002 à la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique en Éthiopie, est le nouveau Directeur de la Communication de la Présidence de la République. Titulaire notamment d'un DEA en Droit international public et d'un DESS en journalisme, M. Pétchézi est également un passionné des Lettres. Il a remporté, le 17 mars 2005, le Trophée de la langue française à Amiens en France, en faisant 0 faute à la dictée proposée par Bernard Pivot et titrée : « La ronde des mots ». Un exploit en raison des difficultés du texte proposé. » Il faut espérer qu’au-delà des relations de presse, ce sera toute la philosophie de communication de Faure Gnassingbé qui va prendre un virage moderne et visible du commun des Togolais, un virage à résultat politique citoyen et non seulement administratif. Le défi d’Essodeina est donc grand, très grand : il s’agit de faire parler Faure Gnassingbé plus souvent et non pas parler à sa place; rendre Faure Gnassingbé accessible aux médias togolais et à la population togolaise.

Je trouve aussi intéressant l’analyse juridique de Sylvestre Apédo de l’arrêt portant sur la dissolution du parti OBUTS. Le seul fait d’avoir pris le temps de procéder à cette analyse juridique me parait une bonne opération citoyenne. Quoi dire de cette curieuse publication du texte de Robert Dussey avant même sa communication dans le cadre d’une intervention au colloque international sur « décolonisation et indépendances africaines ». L’objectif est sans doute noble, je le suppose. Eh bien, nous l’avons lu… Mais le texte est insuffisamment illustré d’exemples. Beaucoup d’affirmations non étayées ni suffisamment soutenues ; ce pourrait être le style européano-africain. Sinon, je serai d’avis que la production intellectuelle et culturelle africaine n’a pas diminué, bien au contraire. Peut-être leur médiatisation a changé… Je ne donnerai pour preuve que la contribution d’une personne que M. Dussey connait bien : Joachin Atsutsé Agbobli, le regretté. C’est un grand intellectuel, c’était un grand intellectuel me faisait remarquer Yao Paul Assogba. Créatif Joachin ? Médiatisé Joachin ?

On peut discuter de tout ce bouillonnement d’idées et de stratégies politiques. Curieux tout de même… J’écris ces lignes au moment même où je constate la naissance du conservatisme au Togo… ce sera l’une de mes prochaines sorties sans doute. Eh bien ! Le bouillonnement est donc l’envers du conservatisme.



Rédigé par psa le 18/07/2010 à 19:44
RePenser l’Afrique et Oeuvrer pour la Paix
Selon APA, 26 personnalités africaines ont été selectionnées par l’Union africaine (UA) pour promouvoir l’année 2010 de la paix et de la sécurité en Afrique, a appris APA, vendredi de source proche de l’organisation continentale.

Les ambassadeurs de la paix choisis pour promouvoir cette initiative de paix et de sécurité sont l’Archevêque Desmond Tutu, Frederick de Klerk, Salim Ahmed Salim, Amara Essy, Alpha Oumar Konaré, Edem Kodjo, Henri Lopes, le Dr Graça Ma¬chel, Bethuel Kiplagat, Dr. Luisa Diogo, le Dr Mo Ibrahim et le professeur Wangari Maa¬thai.

Sont également retenus Manu Dibango, Sadok Sassi, Angélique Kidjo, Paulina Chiziane, Maria Mutola, Paul Tergat, Michael Essien, Oliver Mtukud-zi, Waris Dirie, Abedi Pele, Teshaynesh Hewak Teka Legesse, Rabah Madjer, Youssou N’Dour et Salif Keita.

Le 31 août 2009 à Tripoli au cours d’une session extraordinaire sur la résolution des conflits en Afrique, les chefs d’État et de gouvernement de l’UA ont décrété 2010 comme l’année de la paix et la sécurité sur le continent.

Suite à cette décision, le président de la Commission de l’UA, Jean Ping a mis en place un Conseil consultatif de haut niveau et nommé des ambassadeurs de la paix afin de faciliter la mobilisation des ressources nécessaires et l’appui politique, ainsi que d’aider à la mise en œuvre d’activités spécifiques.

Lors du Sommet de l’UA tenue à Addis-Abeba en janvier 2010, les 53 chefs d’État et de gouvernement africains ont réaffirmé leur attachement à la Déclaration de Tripoli et les objectifs de l’Année de la paix et la sécurité sur le continent.

Le slogan de l’Année de la paix et la sécurité en Afrique est « Œuvrer pour la paix »

Rédigé par psa le 17/07/2010 à 15:44
Pius Njawe… Il avait choisi de vivre libre!
Évidemment, c’était un collègue, un ancien collègue. À la direction d’Afrique Tribune, à la naissance même d’Afrique Tribune j’avais travaillé avec notre ami Pius Njawe, nous avions travaillé avec Pius. Pius nous avait donné un coup de main et un de ses journalistes avait continué le périple avec nous. À certains de ses passages à Montréal on échangeait…

C’est un grand homme que nous venons de perdre. Il avait un engagement pur et avait contracté la liberté assez tôt. Les mois de prison et les semaines d’arrestation n’avaient pas réussi à le guérir : il ne s’était jamais fatigué de la liberté. C’est d’ailleurs en mission pour la liberté, pour cette conférence de la diaspora sur les chances de l’alternance politique au Cameroun en 2011 qu’il s’était fait piéger par le tragique du destin, l’envers de la vie. Le voilà mort de liberté… Dans son cas, rien ne pouvait avoir raison de lui sauf la Liberté. C’est notre seul soulagement!

Quel soulagement? Aucun soulagement… Pas pour moi qui ai toujours détesté la mort dans sa brutalité et sa finitude aveugle et sans discernement.

Pius, repose libre et tiens toi loin de la mort… Continue à vivre libre… Libre de nous! Libre avec nous!


Pius Njawe… Il avait choisi de vivre libre!

Rédigé par psa le 13/07/2010 à 23:13

Le défi d’un Togo d’avenir est assez élevé. Être à la hauteur du Togo aujourd’hui, exige une présence et un engagement sans équivoque et sous plusieurs raisons. Une telle exigence ne relève pas du domaine de l’impossible. Elle tient à la bonne foi, à la volonté politique, au Grand Pardon et au savoir faire méthodique, diligent et courageux. Il est pratiquement impossible d’imaginer une autre issue rationnelle au Togo. Heureusement, il y a bien longtemps que gouverner est un art devenu rationnel -s’enseignant même comme métier pratique, pour s’affranchir des seules tentations partisanes inopportunes et des improvisations circonstancielles intempestives uniquement. Le temps est bien arrivé d’assumer le Togo d’avenir; le temps est venu de mobiliser les raisons au Togo pour y réussir à mobiliser ensuite les cœurs et les gens.


Moins Suspecter la Démocratie et Mieux Mobiliser les Raisons
Partout, il y a modernité dans la gouvernance publique. La modernité de la gouvernance publique prend sa source dans les insatisfactions facilement justifiables et le désir ardent de mieux faire, le culte du résultat concret et mesurable en termes d’adhésion non partisane et la suprématie de l’éthique publique en plus. Une telle modernité se nourrit de l’audace du dépassement et de l’autorité de la raison; cette modernité se développe ainsi au moyen d’une raison élargie et ouverte, une raison démocratique et participative, c'est-à-dire une raison non imposée, non aliénée, non sectarisée et non réduite.

Dès lors et en rapport avec la Terre-de-nos-Aïeux, c’est à l’intérieur des contraintes mêmes de la société togolaise qu’il faut concevoir et réaliser chacun de ses pas pour son avancée, chacune de ses conquêtes quotidiennes pour son salut. Gouverner le Togo aujourd’hui revient à l’optimiser au meilleur des Togolais et non à leur évitement; gouverner le Togo aujourd’hui c’est l’agiliser afin de l’extraire, au mieux, de son état quasi-végétatif sans en briser tous les ressorts. Un pays qui ne bouge pas et ne soulève plus l’enthousiasme de ses propres citoyens est un pays du passé, un pays bien éloigné de la gouvernance moderne, c'est-à-dire un pays végétatif, apathique et indolent. Nul n’aimerait son pays dans cet état.

Il s’agit véritablement pour les dirigeants du Togo, Faure Gnassingbé en particulier, de donner un sens moins suspect à la démocratie elle-même, moins étiqueter la démocratie en somme. Par la suite, il pourra féconder ses pensées et ses actions loin du conservatisme ambiant et avec une audace démocratique raisonnée et sans dol.

C’est bien là l’éthique républicaine qui toujours fonde nos attentes répétées. Mieux encore : « C’est bien là de nos cœurs, le plus ardent désir » nous dit l’hymne national du Togo. Et, parce qu’une philosophie unique, aussi puissante soit-elle, ne peut faire un pays d’avenir toute seule et à son seul rythme, ceux qui ont la responsabilité de gouverner le Togo se doivent d’avoir des repères et des perspectives clairement lisibles et identifiables de partout et par tout le monde.


Assumer le Togo… du Défi Éthique au Bréviaire Faure

Encore une fois, c’est notre conviction qu’il faut désormais assumer le Togo. Faure Gnassingbé doit assumer le Togo autrement. En quoi faisant? Eh bien, en se donnant un bréviaire audible, lisible, visible, sensible et reconnaissable. Un bréviaire autre que celui qu’il a utilisé jusqu’à maintenant, un bréviaire différent et meilleur, par exemple un bréviaire neuf à neuf points d’actions, de résultats et de raisons, spécialement un bréviaire Faure démocratique comme celui-ci :

1. Communiquer et être en contact direct avec les Togolaises et les Togolais ainsi que ceux qui contestent le pouvoir;
2. Favoriser et soutenir la délibération démocratique dans un espace public sain doté d’une presse indépendante;
3. Professionnaliser et rendre l’administration publique efficace et indépendante des allégeances et des partisanneries politiques;
4. Concevoir et partager un idéal commun, rassembleur et respectueux de tous les citoyens du Togo;
5. Proscrire et bannir la violence tout comme le recours à la force et à l’humiliation de la vie politique du Togo ainsi que dans les rapports entre les citoyens et tous les détenteurs de pouvoirs;
6. Libérer les prisonniers politiques ainsi que les prisonniers d’opinion au Togo;
7. Redonner la fierté aux Togolaises et aux Togolais en suscitant en eux l’enthousiasme du Togo ainsi que leur participation au développement du pays;
8. Réunir les deux solitudes togolaises et valoriser réellement la diaspora togolaise;
9. Gouverner et gérer par responsabilisation et par résultats.


Ainsi donc, assumer le Togo reste un défi éthique d’avenir qui ne peut plus tarder d’être clairement énoncé et relevé, un défi distinctement annoncé, partagé, réalisé, évalué et célébré… collectivement. Le Togo le mérite largement de tous ses dirigeants et de ses enfants que leur regard soit réellement tourné vers l’avenir avec un enthousiasme certain.

Certes, la philosophie de l’histoire est séduisante et très tentante. Cette approche se dégage d’ailleurs comme la dominante de l’action politique de Faure Gnassingbé. Sauf que la philosophie de l’histoire demeure irrationnelle par essence et peu évolutive, voire même très conservatrice et redondante par nature.

Faure Gnassingbé ne peut plus baser sa politique sur la philosophie de l’histoire pour mobiliser les gens, les ramener à une vision unique, à un parti politique fédérateur, etc. Il risque de ne se retrouver qu’avec les conservateurs de son camp, les laudateurs incertains et sans conviction ni projet ainsi que les aigris des partis politiques adverses. Tout cela est le portrait de la petite politique, l’ordinaire et le passé d’un Togo qui se doit d’être propulsé ailleurs, dans la diversité des raisons politiques, dans la fertilité de l’adversité.


Il tarde au Togo de toujours attendre son redémarrage par tous ses citoyens. La situation créée par la facilité de la philosophie de l’histoire est réellement celle d’un pouvoir qui, au lieu d’être ouvert, se referme progressivement sur lui-même en ne comptant que les victoires gagnées par lassitude et conflit des adversaires; la situation créée par la facilité de la philosophie de l’histoire est effectivement celle d’un État toujours frileux de la démocratie et qui finit par faire écran au Togo en empêchant tous les Togolais d’accéder à leur pays, de le réaliser et de l’enrichir de leur différence.

C’est pour tout cela qu’il urge de corriger cette philosophie de l’histoire en mobilisant toutes les raisons au Togo. Car il devient clairement irrationnel et difficilement acceptable de conserver tout un pays à l’abri et hors de portée de ses citoyens. Le Togo ne peut plus demeurer rien qu’un rêve pour une partie de sa population, quelle que soit cette partie de Togolaises et de Togolais.

Mobiliser les raisons au Togo évitera, particulièrement au pouvoir exécutif et au pouvoir administratif, de surprotéger le Togo et d’empêcher les Togolaises et les Togolais de faire leur pays. C’est bien là assumer un Togo moderne.

Assumer le Togo consiste véritablement à mobiliser les raisons, toutes les raisons disponibles dans le grand espace public togolais. Assumer le Togo c’est bien user d’un bréviaire à large spectre qui permet d’interpréter et de retranscrire le Togo dans la modernité et à l’encre indélébile d’un avenir original et motivateur. Assumer le Togo c’est indubitablement se donner les moyens de rester connecter aux traits constants de l’enthousiasme des citoyens sans renoncer à l’effort continu pour y parvenir et en maintenir l’éclat.

Tout ceci peut et doit se tracer avec un large consensus dans ce Togo, à Lomé même la capitale du pays, dans la bonne foi, à moindre coût politique, à forte valeur ajoutée républicaine.

Le Togo en est à cet ardent désir d’avenir, là, maintenant, aujourd’hui.



11 juillet 2010
(Fin de la Coupe du Monde 2010 de football en Afrique du Sud)


togo_moins_suspecter_la_democratie_et_mieux_mobiliser_les_raisons.pdf Togo.Moins Suspecter la Démocratie et Mieux Mobiliser les Raisons.pdf  (446.07 Ko)


Rédigé par psa le 12/07/2010 à 00:41
Jacques Majorelle, 1886-1962
Jacques Majorelle, 1886-1962
Le louvoiement particulier de notre ami Yayi Boni a fini par avoir raison de lui-même d’abord. Il a beau se faire appeler Docteur Yayi Boni pour son doctorat en économie de Paris IX-Dauphine que le Bénin demeure malade de lui –heureusement que ce n’était pas à la Sorbonne ou dans l’une des universités de l’Ivy League, il aurait soulé de toute son incompétence politique. les ¾ des Béninois ayant voté pour lui. On comprend que la déception soit à cette hauteur aujourd’hui.

Eh oui! Tout ce bruit que vous entendez vient effectivement du Bénin. C’est un grand bruit politique, un vacarme social, un séisme économique qui sonne désormais le désarroi des Béninois, jusque dans les rangs mêmes des partisans du chef de l’État béninois. Du n’importe quoi présidentiel et pas moins!

Cela ne mérite même pas que l’on s’y attarde à quelques mois des prochaines élections : les Béninois ont l’habitude de vite remercier les insouciants, eux qui ont chèrement acquis leur avancée démocratique. Seule leur « pagaille » leur résiste, jamais un chef d’État endormis, conséquemment dormeur et rêveur, ne pourrait réussir par son dernier sursaut à éviter la sanction des urnes. Figurez-vous que Yayi Boni parle maintenant de la refondation du Bénin… à la porte de son mandat. Il faut le faire.

C’est sous cette couteuse ère de délitement de la gouvernance au profit de l’affairisme que des Béninoises et des Béninois ordinaires vont perdre leurs épargnes dans ce qui a tout l’air d’une fraude pyramidale. Le banquier qui aimait se faire appeler docteur dormait et ces institutions financières frauduleuses proliféraient. Le résultat est là aujourd’hui… Ruineux! Piteux!
Il faut penser seulement à notre ami Pascal Koukpaki, en espérant qu’il ne laisserait pas trop de plumes dans cette aventure. Celui qui a toujours tenu la maison Bénin, le Ministre d’État Chargé de la Prospective, du Développement, de l’Évaluation des Politiques Publiques et de la Coordination de l’Action Gouvernementale, est effectivement et tout naturellement le président du Comité de crise sur cet autre fiasco de Yayi Boni.

Souhaitons donc que Pascal réussisse à retracer et à récupérer certains de ces fonds –voilà… pour avoir travaillé au Fonds Pascal doit savoir retrouver les fonds perdus par les épargnants...je le luis souhaite! En tout cas, souhaitons que Pascal rejoigne prochainement les Houngbédji, Amoussou, Léhady, Idji, Séhouéto et consorts pour les échéances de 2011. Une autre histoire, je l’avoue, rien qu’à voir la détermination de Bio-Tchané. Quand le docteur-président fatigue tout un peuple, tout est possible et il ne faut rien exclure.




Rédigé par psa le 10/07/2010 à 00:10
C’est l’une des plus ancienne toiles de Rembrandt, La leçon d’anatomie du Docteur Nicholas Tulp, 1632. C’est cette œuvre Baroque du célèbre peintre de l’âme. C’est probablement cette âme que le peintre sud-africain Yiull Damaso, grand provocateur, est allé chercher en mettant en scène un Mandela mort sur la table d’autopsie. Une autopsie pratiquée par le défunt Nkosi Johnson (un enfant né avec le Sida et mort en 2001, à 12 ans) sur Mandela en présence des observateurs comme Desmond Tutu, Jacob Zuma, Thabo Mbeki, Frederik de Klerk, Cyril Ramaphosa, Trevor Manuel et Helen Zille. Naturellement le coup de pub de ce dernier vendredi avant la fin de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud est décrié par une partie importante de la classe politique du pays, notamment les leaders de l’ANC. Voici l’original du tableau et son inspiration. L’art doit-il être sans conscience sociale et respect individuel ?
La leçon d’anatomie du Docteur Tulp

La leçon d’anatomie du Docteur Tulp

Rédigé par psa le 09/07/2010 à 23:33
1 2