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Pierre S. Adjété
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Anna Lietti traduit 2011 en cet échange de correspondances entre le Vicomte de Valmont –toujours resté dans Paris, et son amie la Marquise de Merteuil en voyage au Château... Quel Château et où? Pas important du tout, juste un Château reculé et digne d’une retraite sans twitter! Comment le Baron de Déessequaz, un véritable « garde-baiser », s’est-il littéralement effondré devant la déesse Ophélie venue du si lointain Fouta? Œuvre de tant d’années en un jour de 2011 effacé? L’œuvre originale et très inspirante de Pierre Choderlos de Laclos, depuis le XVIII siècle, ces fameuses «Les liaisons dangereuses » (1782), se révèlent encore sous les traits du sieur Valmont et de dame de Merteuil. On gagne beaucoup à les écouter nous raconter le fait marquant de 2011… leur fait étonnamment marquant en ces Lettres recueillies dans une société et publiées pour l’instruction de quelques autres.


Adieu, cher ami. Vous me pressez de revenir, mais tous vos arguments me persuadent de rester.
Adieu, cher ami. Vous me pressez de revenir, mais tous vos arguments me persuadent de rester.


Le Vicomte de Valmont à la Marquise de Merteuil

Revenez, chère Marquise, revenez; Paris sans vous manque singulièrement de piquant. Que faites-vous, que pouvez-vous faire dans cette campagne reculée qui nous prive de vos attraits?

Tenez, gageons que vous n’y avez même pas été instruite des dernières aventures du Baron de Déessequaz. Quel balourd que cet homme-là! Souvenez-vous: il avait, dans le Nouveau Monde, brillé par ses talents d’argentier et nourri une renommée des plus flatteuses. La Cour n’attendait que son glorieux retour, sa fortune était faite. Las! Il réussit l’exploit de réduire à néant un si bel édifice. Et la cause de sa disgrâce, s’il vous plaît? Le troussage d’une domestique!

En vérité, mon amie, face à tant de gaucherie, je reste incrédule comme au premier jour: ce que ma main écrit, mon esprit peine à le concevoir. On m’explique qu’aux Amériques, l’honneur d’une femme de chambre vaut celui d’une marquise. A la bonne heure! En quoi cela empêche-t-il l’homme averti de trousser les marquises sans nuire à sa -réputation?

Mais j’abrège car jusqu’ici, l’affaire vous est connue. Voici la suite. Rentré à Paris en homme libre quoique humilié, M. de Déessequaz retrouvait peu ou prou une prestance. La Baronne a du bien, assez pour assurer à la maisonnée un train de vie et une fidèle compagnie. Au reste, l’on dit que des deux, c’est elle qui aspirait le plus ardemment aux honneurs de la Cour.

Mais voici que le scandale frappe de plus belle. D’abord, on a vu s’épancher, à la une des gazettes, la fureur de certaine demoiselle de Banon, une blonde à la bouche en bouton de rose dont la douceur apparente n’a d’égale que la rudesse qu’elle met à accabler notre homme; ce «cochon», ce «babouin» qui, profitant d’un entretien pourtant arrêté sous les auspices de la stricte moralité, a forcé sa pudeur, dit-elle, au point qu’elle n’a trouvé son salut que dans la fuite. Le piquant de l’affaire est que la scène s’est produite voici huit ans. La belle dit s’être tue par crainte du scandale, sur conseil de sa mère.

Mais l’outrage subi de nuit en nuit la hante…

La demoiselle réclame aujourd’hui justice. Elle risque fort à s’exposer ainsi et j’avoue que ce mélange d’audace et de fragilité éveille ma curiosité. Il faut que j’aille ausculter la créature d’un peu près. Au reste, la réconcilier avec la gent masculine serait un acte de pure charité. Je m’engage à me faire moine si je n’obtiens tout le contraire de notre babouin: la conclusion, sans les protestations.

Mais revenons au récit des exploits de M. de Déessequaz. Car je ne vous ai encore pas dit le plus fort. Après la demoiselle outragée, c’est le rabatteur de filles de joie qui achève de souiller la réputation de notre homme. Tout Paris se délecte ces jours des circonstances d’une affaire, dite «du Carlton», où il est question de maquereaux de haut vol, de leurs immanquables bons amis dans la police et d’une poignée de puissants amateurs de parties fines. Notre baron en est et devinez quels arguments il avance pour sa défense?

Concédant un penchant pour les soirées «libertines», il jure ses grands dieux que ses compères, grands ordonnateurs de ces voluptés collégiales, l’ont tenu dans l’ignorance de l’origine de leurs participantes. N’est-ce pas effroyable? Le pauvre croyait avoir affaire à d’honnêtes femmes du monde, aspirant au plaisir glorieux de se faire trousser par un si grand homme. Il n’a eu que des putains et ne s’est aperçu de rien, ce qui, soit dit en passant, ne fait que me renforcer dans ma conviction: les femmes d’esprit ne sont pas là où l’on croit.
Adieu, ma belle amie, et à très bientôt: il me tarde de rire avec vous des déboires de ce vieux débutant.


Paris, ce 20 décembre 20**

Jeff Koon, Ballon Dog
Jeff Koon, Ballon Dog
La Marquise de Merteuil au Vicomte de Valmont


Vous voulez rire, Vicomte, quand l’heure est à pleurer. Votre récit m’a mise de méchante humeur et je vous en veux de votre légèreté. Un monde s’effondre et vous riez. Rirez-vous encore quand je vous rappellerai que ce monde est le nôtre, et que nous sombrons de concert?

Ainsi, M. de Déessequaz se prétend «libertin». Quelle tristesse. Quelle imposture. Voyez à quoi ce mot-là est réduit. L’autre jour encore, dans la pauvre gazette qui abreuve cette campagne, une réclame vantait les charmes d’une auberge reconvertie dans la spécialité. La «soirée libertine» s’achète comme on achète, au marché, la livre de saucisse. Le bourgeois emmène là sa bourgeoise pour se désennuyer du spectacle de ses fesses, auxquelles il tient pourtant à rester marié. Ça veut de l’imprévu, mais pour Dieu! Ça ne souffre aucun risque.

Ou alors, ces tristes assemblées qualifiées de «coquines» voient parader des hommes comme votre baron: des notables à l’esprit de conquête ramolli par le peu de nécessité qu’ils rencontrent à l’exercer. Des rustauds qui confondent séduire et prendre, qui s’empiffrent de femmes jusqu’à l’indigestion et comptent sur leur prestige pour renouveler le garde-baiser.

Tenez, Vicomte, ce mot que je viens d’inventer, je vous le dédie. Je sais que le gourmet que vous êtes en fera un usage judicieux car en ces matières, notre philosophie s’accorde. Séduire est un art et rares sont ceux qui peuvent se flatter de le maîtriser. C’était vrai hier comme ça l’est aujourd’hui, mais au moins, dans le monde où nous avons brillé, abondaient les candidats à la virtuosité. Tandis qu’en ce jour funeste où je vous écris, les quelques maîtres restants ne trouvent plus d’apprentis.

«Libertin», dit-il. Quelle prétention. Sait-il seulement que la discrète confrérie que ce mot désigne jamais ne s’en réclame? Qu’elle met sa gloire à faire trembler l’édifice des bonnes mœurs, non à conforter celui du vice réglementé? Non, Vicomte, le Baron de Déessequaz n’est pas seulement maladroit. Il déshonore ceux à qui il prétend ¬ressembler.

Adieu, cher ami. Vous me pressez de revenir, mais tous vos arguments me persuadent de rester. Il n’est pire ennemi d’une femme que le soupçon d’être passée de mode. D’une femme, dis-je, mais vous, qu’en dites-vous?

Du château de…,
ce 22 décembre 20**




Rédigé par psa le 28/12/2011 à 15:00
Notez WikioEs Tags : Laclos Merteuil Valmont

Comme la Tunisie s’était annoncée en décembre 2010 avant de marquer l’année 2011, la Russie frappe déjà à la porte de 2012. Une Russie sans Poutine, c’est Poutine Dégage que clament les manifestants dont le vieux Mikhaïl Gorbatchev. Il y a des révolutions qui ont besoin d’être complétées; elles sont partout où l’éthique reprend ses droits, ici et là où les politiques ne peuvent penser tromper leur peuple éternellement. Non, l’éthique n’attend pas !


2012... la Russie, les Autres et l’Éthique
À la grande liste des rendez-vous qui nous sont déjà donnés -Sénégal, France, États-Unis et autres, vient s’ajouter la Russie de la « Russie Unie » de Vladimir Vladimirovitch Poutine. Une Russie assidûment trompeuse de ses propres citoyens au point de penser que les gens ne voient pas la supercherie et l’indécence du retour aux affaires de Poutine, après son temps de bluff comme Premier ministre de son ami et postiche Medvedev.

L’homme de la Pérestroïka, Gorbatchev n’a pas hésité depuis le début de la contestation à joindre sa voix à celle de la population russe, nombreuse à demander que les voix des citoyens soient mieux entendues, depuis les élections frauduleuses du début de ce mois de décembre. Quelques jours seulement après ces élections frelatées, des manifestations étaient orchestrées par un bloggeur, avocat et tribun implacable, Alexeï Navalni, pour canaliser la contestation, particulièrement à Moscou. C’est bien depuis lors que Gorbatchev comme d’autre dont l’écrivain Boris Akounine et même l’ancien ministre des finances de Poutine lui-même Alexeï Koudrine ont donné leur soutien aux contestataires. La répression qui s’est abattue sur les manifestants ne semble pas avoir découragé le rêve de ces citoyens russes voulant à tout prix et au prix fort le départ de l’imposteur Poutine.

C’est encore Gorbatchev, Prix Nobel de la Paix, qui résume mieux la situation dans sa sortie sur les ondes d’une radio privée de Moscou : «Je conseillerais à Vladimir Vladimirovitch de partir maintenant. Il a déjà fait trois mandats: deux en tant que président, un en tant que Premier ministre - trois mandats, ça suffit !» Dans les rues de Moscou, on entendait bien ce samedi : « trois mandats c’est trop ! », «des législatives anticipées», «libération des prisonniers politiques», etc. Comme l’on pouvait s’y attendre, l’exaspération contre Poutine est plutôt vaste et largement partagée.

C’est en cela que le règne de l’Éthique ne fait que commencer. Mieux vaut bien faire les choses avec respect et honnêteté que de se la faire dire par les autres, par la rue pratiquement. La perspective noble du bien commun n’a jamais quitté l’espace public, contrairement à ce que pensent les dirigeants : on ne peut tromper impunément les peuples. À Québec, Jean Charest a passé une année à nier la corruption dans le domaine de la construction avant de se résoudre à y faire face sous la pression populaire ; encore là, il a utilisé tout les astuces pour échapper à une véritable commission qui s’occuperait de la chose adéquatement. Vainement, puisque le bon vieux peuple a fini par lui faire rendre gorge.

À Paris, notre ami Sarkozy a cru bon ficeler des lois de dernières minutes pour rendre punissable de lourdes peines la contestation du génocide arménien ; quelques voix des Arméniens de France dans les futures élections présidentielles pourraient faire du bien… Mais la contestation et la validité même de la supercherie –visible de loin car cousue de gros fils blancs dans un décor assez sombre de résultats sarkozystes faibles et trompeurs, se trouvent à semer la zizanie dans les rangs de son propre camp, en plus de donner l’impression aux spécialistes que le projet passerait difficilement les tests de la constitutionalité. Devant un Barack Obama affaibli, à Washington DC, nos autres amis les Républicains par leur volonté de blocage à tous les coups, finissent par lasser la population, déjà, et redonner progressivement de l’oxygène au président américain restés proche des mesures favorables à la classe moyenne étatsunienne. Le vieux Abdoulaye Wade, Gorgui, se fait adouber comme candidat à sa propre succession –pour un troisième mandat svp, alors qu’il lui est désormais impossible de soutenir un discours cohérent pour un temps relativement long… Retraite, Wade connait pas ! Il aurait un plan pour le Sénégal, un plan pour son fils, Karim Wade, diront ses adversaires… l’éthique peut attendre.

Justement, l’éthique n’attend pas ! La moquerie politique ne peut avoir raison de la dignité des peuples. C’est bien pour cela que de Londres à Lomé, d’Ottawa à Ouagadougou, de Madrid à Moscou l’heure est effectivement au bien ; au bien dire, au bien faire, au bien communiquer, au bien public inaliénable : la dignité et la liberté qui jamais n’ont fatigué les peuples au grand désespoir de Francis Fukuyama, celui-là même qui nous avait promis « i[la fin de l’histoire
»… Non, ce n’est qu’un début ! C’est pour tout cela que 2012 ne semble pas bien s’annoncer pour notre ami Vladimir Vladimirovitch Poutine. Celui-là même qui pensait avoir une combinaison gagnante pour revenir au pouvoir… impunément en contournant les règles éthiques qui demeurent au-dessus des lois.





Rédigé par psa le 24/12/2011 à 16:32

Le seul pouvoir connu de la fragilité demeure toujours l’écoute. L’écoute de soi, l’écoute des autres, l’écoute de son environnement… l’écoute. C’est aussi cela Noël… Bon à écouter!


Daniel Robinson, Fragilité
Daniel Robinson, Fragilité


Une nouvelle version de la banalité du mal est à l’œuvre dans nos sociétés, dit la philosophe et psychanalyste française Julia Kristeva, qui la décèle dans «l’automatisation en cours de l’espèce humaine». De nos jours, elle se loge par exemple dans certains automatismes que génère la soumission à des contraintes auxquelles l’homme ne peut plus échapper, comme la performance au travail, l’urgence ou la compétitivité. On la voit à l’œuvre dans l’injonction «réussis ou crève» qui semble flotter dans l’air du temps. Elle est aussi perceptible dans la difficulté à tenir compte des ressources limitées de la planète.

Elle a pour corollaire une culture de l’éphémère, une perte de la mémoire longue, une hyperactivité effrénée qui nous rend incapables de réfléchir, et une communication souvent vide de contenu. Nous vivons à l’époque de la performance insignifiante, dit le philosophe italien Fabio Merlini dans un livre récent -L’époque de la performance insignifiante, Éditions du Cerf. La machine tourne à vide. La désorientation est totale. Cette situation engendre des souffrances et des protestations que l’on aurait tort d’ignorer.

Il est peut-être utile de tourner nos regards vers cet enfant né dans une étable au sein d’une famille pauvre. Sa vie et sa mort sur une croix ont été à l’origine d’une nouvelle civilisation qui a engendré, sans toujours parvenir à les respecter, des valeurs altruistes précieuses et pacifiantes. Noël est le symbole du pouvoir de la fragilité. En effet, plus qu’une faiblesse, elle est une force. Car ce n’est qu’en se reconnaissant vulnérable que l’être humain peut créer les conditions de sa survie, et travailler à un monde plus équitable, moins violent et plus respectueux des ressources disponibles.

La fragilité sauvera-t-elle le monde, pour paraphraser Dostoïevski? Ce n’est pas certain, tant il est évident que l’homme a de la peine à tirer des leçons de ses erreurs, comme le montrent les catastrophes nucléaires. À vrai dire, nous n’avons plus d’autre choix que d’écouter notre vulnérabilité.///////////// Patricia Briel


Rédigé par psa le 24/12/2011 à 00:55

Plusieurs milliers de femmes ont défilé mardi soir au Caire pour protester contre le pouvoir militaire et la manière dont il traite les manifestantes. L’image d’une jeune fille frappée et dénudée par les soldats lors des derniers affrontements a choqué bon nombre d’Egyptiens.


Les Égyptiennes se fâchent

La place Tahrir est plongée dans le noir. Il est à peu près 19 heures mardi soir quand le cortège de femmes arrive sur la place centrale du Caire, qui a été le théâtre de la révolution égyptienne, et qui est devenu depuis un mois le lieu d’affrontements à répétition entre les manifestants et les forces de l’ordre.

Depuis le début de la nouvelle vague de violences, il y a six jours, l’éclairage public ne fonctionne plus sur la place, comme pour intimider les protestataires. Mais cela n’empêche pas les quelque 4000 femmes présentes de donner de la voix. «Où sont les soldats? Les filles d’Égypte sont ici!» crient-elles, rageuses. Des femmes de tous âges et de tous les milieux sociaux. Voilées en grande majorité, certaines en niqab, d’autres cheveux au vent. «Frapper des femmes, les traîner par terre, ce n’est pas acceptable, on ne peut pas laisser passer ça. Ceux qui font ça, ce ne sont pas des hommes!» s’exclame Faiza, une femme au foyer de 42 ans. «Le Conseil militaire des forces armées accuse la contre-révolution pour les violences, mais c’est lui-même qui est à la tête de cette contre-révolution


La fille en bleu

De chaque côté du cortège de femmes, une ligne d’hommes qui se tiennent la main, pour les protéger. Le 8 mars dernier, elles n’étaient qu’une centaine à manifester sur la place Tahrir pour défendre leurs droits, un mois seulement après la chute de Moubarak. Elles avaient été violemment attaquées par des dizaines d’hommes. Cette fois, elles ont été beaucoup plus nombreuses à répondre à l’appel du Mouvement du 6 avril et des supporters de Mohamed ElBaradei (l’ancien président de l’AIEA). On parle de la plus grande manifestation de femmes en Égypte depuis la révolution de 1919, quand elles défilaient contre l’occupant britannique.

«J’ai vu les images de cette fille tabassée, traînée par terre et dénudée. C’est pour cela que je suis descendue dans la rue», explique Ingi, un manager de 33 ans. L’image de celle que l’on appelle désormais «la fille au soutien-gorge bleu», tourne en boucle depuis trois jours sur les réseaux sociaux, et a poussé bon nombre de femmes présentes mardi soir à manifester. «Il faut remettre les choses dans leur contexte», s’était contenté de déclarer lundi lors d’une conférence de presse le général Emara, l’un des membres du Conseil suprême des forces armées, à propos de l’incident.

Certaines féministes se demandaient mercredi si cette manifestation était le signe d’un «réveil» des femmes. Les Égyptiennes ont eu un rôle essentiel dans le soulèvement de janvier. Elles n’ont pas seulement nourri les révolutionnaires et soigné les blessés, elles ont participé, malgré les risques, à toutes les manifestations, et pour certaines ont mené la bataille aux côtés des hommes face à la police et aux baltaguis, les hommes de main du pouvoir. Mais après cet épisode héroïque, elles ont été peu nombreuses à s’engager dans les nouveaux partis politiques.


Pour les élections, chaque liste électorale a l’obligation d’intégrer une femme, mais les rares candidates sont le plus souvent en toute fin de liste, dans des positions non éligibles. «Comme nos compagnons de lutte masculins nous ont écartées des mouvements créés dans le sillage du soulèvement, nous avons décidé d’avoir notre propre organisation, pour faire entendre notre voix», explique Dina Abu el-Soud. Avec une vingtaine d’autres femmes qui ont participé au soulèvement, cette trentenaire a créé au printemps dernier la Coalition des femmes de la révolution. «Changer les mentalités, cela va prendre des années. Mais cette manifestation nous donne de l’espoir.» Nina Hubinet


Rédigé par psa le 21/12/2011 à 21:04
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La responsabilité de chaque pays résolu à «aller de l’avant» est engagée. Ce n’est pas à Bruxelles, mais dans les capitales et dans les parlements, que se jouera, dans les semaines à venir, la crédibilité politique de la réponse à la crise


Euro: Un Élan et des Doutes
David Cameron est donc reparti plus isolé que jamais. Au bout de la nuit, le premier ministre britannique a choisi d’entamer le virage, risqué, d’une marginalisation de son pays au sein de l’Union européenne. Une décision à vrai dire peu surprenante, tant la volonté allemande d’imprimer une culture de stabilité, basée sur des règles communes plus strictes et une intégration budgétaire affirmée, contredit le souverainisme des conservateurs britanniques. Il est trop tôt pour mesurer l’impact de cet «opt-out» sur le fonctionnement futur de l’UE.

Le flou s’est ensuite installé. Au final, les vingt-six autres pays membres pourront rejoindre, courant 2012 ou après, le traité qui donnera naissance à «l’Union pour la stabilité», autour du noyau dur de l’Eurozone. Mais la liste, on le sait, reflète des situations ambiguës. La Hongrie, criblée de dettes et de populisme, est imprévisible. La République tchèque, où le ressentiment anti-européen est exploité par son chef d’État, a malmené le Traité de Lisbonne. La vertueuse Suède, toujours hostile à modifier les traités, s’interroge.

Les pays de l’Eurozone, et ceux qui sont engagés à la rejoindre, doivent dès lors se préparer à des débats de fond. Car le traité intergouvernemental envisagé aura, pour tous, des conséquences bien au-delà des «règles d’or». L’obsession allemande est de tout faire pour que l’Europe de 2020-2025 soit compétitive dans la mondialisation. Ce qui suppose des efforts nationaux considérables, difficiles à imposer dans le débat démocratique.

La responsabilité de chaque pays résolu à «aller de l’avant» est engagée. Ce n’est pas à Bruxelles, mais dans les capitales et dans les parlements, que se jouera, dans les semaines à venir, la crédibilité politique de la réponse à la crise. Les dirigeants concernés, à commencer par Nicolas Sarkozy en campagne électorale, ont mis sur les rails une nouvelle Union, avec un calendrier. Ils doivent maintenant défendre, devant leurs opinions, les institutions communautaires qui restent les mieux équipées pour faire respecter la discipline. Et justifier les inévitables concessions de souveraineté qu’entérinera le nouveau traité.///////Richard Werly


Rédigé par psa le 10/12/2011 à 06:01
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En un an, «Indignez-vous!», livre minuscule de Stéphane Hessel, s’est vendu à plus de trois millions d’exemplaires. Le résistant nonagénaire a rencontré les Indignés genevois. De l’autre coté des frontières, Elsa Fornero, la ministre italienne du Travail et de la Prévoyance sociale, ni comédienne ni actrice, verse de touchantes larmes : témoignages de l’ampleur des sacrifices sociaux. Deux mondes pour un élan commun. Indignés de tous les pays…


Pour les larmes d’Elsa… Continuez à vous indigner
L’un porte une casquette Zimstern et une veste polaire. L’autre un costume trois pièces, une cravate sombre et un imperméable. Hier dimanche après-midi, Stéphane Hessel, ancien résistant, ambassadeur et corédacteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme a rencontré Stéphane Amsellem, ex-punk, coursier à vélo et Indigné genevois. Deux mondes pour un élan commun. L’auteur d’Indignez-vous!, vendu à plus de trois millions d’exemplaires en une année, a salué l’engagement des campeurs des Bastions: «Genève est un lieu où l’on peut se donner une cible, le dysfonctionnement de l’économie mondiale.» «C’est la première. Nous reprenons l’esprit de Genève, l’altruisme et la solidarité», a répondu le cadet, promettant: «On ne fera pas couler de sang, mais seulement coucher de l’herbe». Une foule bigarrée a écouté l’échange, jeunes savamment négligés, coquettes grisonnantes, chiens jappant. «Bon courage, continuez», a conclu Stéphane Hessel, 94 ans, après avoir fait le tour des tentes et reçu chocolats, poèmes ou compliments émus.
En conférence à l’Université de Genève mardi dernier, sur l’obtention de justice, vérité et réparation pour les victimes de crimes graves, Stéphane Hessel est aussi bien en dates qu’en paroles
1917: naissance à Berlin
1941: naturalisé français depuis 1937, il entre dans la Résistance
1944: arrêté par la Gestapo. Il s’échappe à deux reprises
1946: devient diplomate aux Nations unies, pour lesquelles il corédige la Déclaration universelle des droits de l’homme
1977: ambassadeur auprès de l’ONU, à Genève
2010: publie «Indignez-vous!»

Pour les larmes d’Elsa… Continuez à vous indigner
-Il y a une année sortait «Indignez-vous!». Depuis nous avons assisté à quelques révolutions arabes et de nombreuses mobilisations se revendiquant de votre titre. Un commentaire?
Stéphane Hessel: Cela m’enchante; on est toujours content quand une chose que l’on a faite a du succès. Mais cela m’inquiète car ce titre provocant, qui n’est pas de moi mais a été proposé par la maison d’édition Indigène, peut susciter des indignations différentes. Je souhaite qu’elles se fondent sur les valeurs indiquées dans mon livre et figurant dans le programme du Conseil national de la Résistance et la Déclaration universelle des droits de l’homme. La façon dont ce petit livre s’est répandu dans une trentaine ou quarantaine de pays prouve qu’il y a une angoisse sur la façon dont est menée l’économie mais aussi la politique mondiale. En Espagne, en Tunisie ou à New York des citoyens se sont mobilisés en brandissant mon texte.


– Vous mettez donc les révolutionnaires arabes et les Indignés genevois ou madrilènes dans le même sac?
Ces situations sont évidemment très différentes les unes des autres mais elles ont en commun le désir de ne pas accepter le fonctionnement actuel. A Madrid, celui d’un Zapatero n’ayant pas réussi à donner suite aux besoins fondamentaux des Espagnols. A New York contre les dérives de Wall Street… Je pensais à la France en écrivant ce texte mais il a trouvé un écho dans bien d’autres pays.


– Vous trouvez que la France se porte mal?
Je suis un opposant depuis toujours, un socialiste. Il me semble bon de prendre position contre la façon dont le président Sarkozy gère mon pays, à savoir sa proximité avec les riches et le peu de souci qu’il a des immigrés ou des Roms. Pour résumer: son allégeance au néolibéralisme sans régulation financière.


– Vous reconnaissez-vous dans les mouvements qui brandissent votre livret?
Je ne me reconnais que comme un lançeur de mots. La manière dont cette indignation est vécue varie selon les pays. J’ai été par exemple gêné par les Espagnols agitant mon livre et attaquant le parlement ou jetant des pierres. Je me retrouve en revanche dans les revendications, qui ont toutes pour principale cible le dysfonctionnement de l’économie mondiale.


– Quid des révolutions arabes?
Je suis fondamentalement un démocrate et je pense qu’il revient aux peuples de décider de qui les gouverne. Il faut s’indigner lorsque l’Etat est autoritaire mais il s’agit ensuite d’aboutir à la démocratie. Et là se pose la question: l’Islam est-il compatible avec la démocratie? Je réponds oui, voyez l’exemple turc – bien qu’imparfait. Les formes de démocraties peuvent être diverses et respecter les traditions, tant qu’elles sont en accord avec la Déclaration universelle des droits de l’homme.


– Dans «Indignez-vous!», vous citez largement le programme du Conseil national de la Résistance et la Déclaration universelle des droits de l’homme. Avez-vous lu les projets du Conseil national de transition libyen ou encore des gouvernements tunisien ou égyptien?
J’ai essayé de comprendre les revendications tunisiennes. J’y suis allé à plusieurs reprises. Je suis également de près les élections égyptiennes. J’ai naturellement un sentiment mélangé parce que je suis un partisan acharné de la non-violence. Je peux la comprendre de la part de gens soumis à une violence extrême de la part de l’État mais je pense que la non-violence courageuse permet les meilleurs résultats. Voyez les Syriens qui continuent à protester pacifiquement.


– Et qui sont durement réprimés là où les Libyens et l’OTAN ont éliminé Kadhafi au prix de combats.
Il y a des cas où il est légitime que la violence intervienne. Mais la résolution du Conseil de sécurité visait à détruire les armes du tyran en évitant de tuer des gens. Il y a cependant eu des victimes. Cela devient un problème philosophique sur la guerre juste.


– Quels sont les défis majeurs aujourd’hui?
Je vois au moins deux grands périls contre lesquels il faut agir. D’une part, l’extrême pauvreté face à la scandaleuse richesse, l’écart s’accroît. D’autre part, nous avons exagérément exploré les ressources de notre petite planète.


– Dans «Engagez-vous!», publié quelques mois après «Indignez-vous!», vous proposez la création d’un Conseil de sécurité économique et sociale et d’une Organisation mondiale de l’environnement. Vous évoquez encore des initiatives plus individuelles et plus locales. Par exemple?
Il est possible de se mobiliser localement dans le cadre d’une économie sociale et solidaire. C’est ce que proposent par exemple les Amap en France, des coopératives, des mutuelles. Il s’agit d’un échange entre le producteur et le consommateur permettant de développer une économie sans profit. Un autre exemple serait de s’occuper des immigrés en situation difficile. Les rencontrer, leur parler, essayer de faire pression sur la préfecture ou les autorités en cas de menace de renvoi. J’ai envie de dire aux jeunes: ne restez ni indifférents ni découragés.


– Comment les percevez-vous ces jeunes?
Je les trouve un peu léthargiques, endormis. Mais, et c’est au moins aussi grave, ils sont découragés parce qu’ils ont l’impression que ce qu’ils font ne sert à rien. Ce livre vise à leur dire de ne pas baisser les bras.


– Vous évoquez l’économie et l’environnement comme défis majeurs. Que dire des droits humains, vous qui avez corédigé leur Déclaration universelle?
C’est ce qui me préoccupe personnellement le plus. Nous disposons heureusement d’une organisation, dont l’un des sièges est ici à Genève, les Nations unies, qui a mis en place un nombre considérable d’instances et d’institutions pour résoudre ces problèmes. Qu’est-ce qui leur manque? Une certaine efficacité. Trop souvent ce sont des discours, quelquefois des résolutions excellentes, mais qui ne sont pas appliquées. Cela cloche pour des raisons que nous connaissons bien: le veto du Conseil de sécurité notamment. Nous aurions besoin d’une organisation où les décisions seraient prises à la majorité des deux tiers. Quant au Conseil des droits de l’homme, la difficulté est de concilier droit et politique. Globalement, nous allons dans la bonne direction, sauf quelques retours en arrière. Je pense aux années qui ont suivi la chute des tours de Manhattan, succession de bêtises et de crimes.


– Vous avez été invité à Genève par l’association Enfants de Gaza. Le Proche-Orient est l’un de vos grands motifs d’indignation?
J’ai connu la Deuxième Guerre mondiale et la Shoah. J’ai été de ceux qui se sont réjouis de la création de l’État d’Israël. On parlait alors de Palestine mais non de Palestiniens; aussi je suis resté un peu tristement indifférent à ce que ce peuple appelle la Nakba, c’est-à-dire l’obligation de quitter 55% de leurs terres et leurs villages en 1948. J’ai commencé à m’indigner lors de la guerre de 1967 et je suis, depuis, chaque année plus sévère. Israël a aujourd’hui à sa tête le pire gouvernement qu’il n’ait eu, quasi fasciste. Je suis donc devenu le parrain du Tribunal Russell sur la Palestine, qui appelle à citer témoins et experts sur ce qui n’est pas acceptable.


Rédigé par psa le 10/12/2011 à 00:50

Ah! J’avais oublié de le dire…


Roger Federer… Un art d’être


C’est mon préféré de sportif, depuis toujours… Roger Federer.

Tout est ici rassemblé et exemplifié en lui: le métier, l’humilité, l’élégance, la classe, la tempérance, le caractère, l’assurance, le plaisir et la présence, une grande et sereine présence. Tout un art d’être, une sûre valeur sportive, c’est ce qu’il est ce Roger, un talent généreux et pur, raffiné et simplifié pour être visible de partout.

Et puis, quelle année époustouflante que ce 2011.

À mon tour… Bravo!

Roger Federer… Un art d’être

Rédigé par psa le 01/12/2011 à 00:00
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