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Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Actuellement fonctionnaire dans l’administration fédérale canadienne, PSA est essayiste, partisan du « Grand Pardon » et adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




Ce n’est plus une rumeur… Macron veut la tête de Talon. Pour y parvenir, il n’y a pas meilleur serviteur que Faure Gnassingbé qui n’attendait que pour rendre service et demander protection à la France...


BÉNIN… Patrice Talon contre Faure Gnassingbé



Ce n’est plus une rumeur… Macron veut la tête de Talon. Pour y parvenir, il n’y a pas meilleur serviteur que Faure Gnassingbé qui n’attendait que pour rendre service et demander protection à la France...


Ça tombe bien : l’une des femmes de Faure Gnassingbé, Reckya Madougou, accessoirement conseillère spéciale de rang de ministre, a aussi l’ambition de devenir présidente du Bénin. Voilà que la pièce est montée. Reste à trouver un bon metteur en scène relevant directement de Paris… On ne sait jamais ; plusieurs sûretés valent mieux qu’une.

La FrançAfrique n’est pas morte. Dans son manuel des coups fumeux et abscons, il faut un ambassadeur servile, rampant et obséquieux comme un conseiller-vizir, pour tout couvrir. Celui qui avait officié à Lomé où il faisait condamner les journaux luttant contre la dictature togolaise, en a tout le profil. Marc Vizy est nommé à Cotonou qui avait trouvé la chose inhabituelle et même suspecte…

Faire traverser la frontière à un ambassadeur est assez rare, mais aucunement illégal sous les conventions diplomatiques. À peine trois ans au Togo, Marc Vizy est alors précipité depuis septembre 2020 au Bénin en remplacement de Véronique Brumeaux qui y était en poste plus de quatre années déjà. Vizy s’était imposé au Togo en souverain maître en sacralisant les intérêts de la vieille FrançAfrique, ceux de Bolloré en tête, en plus de participer à l’enlisement dictatorial du Togo. Marc Vizy qui avait travaillé à l’Élysée sous François Hollande et connaissait Emmanuel Macron est vraiment indiqué pour commercer les mêmes intérêts, appliquer la vieille recette servie au Togo aux autorités béninoises.

Effectivement, les intérêts français sont en souffrance au Bénin. Depuis l’arrivée de Patrice Talon, le groupe Bolloré a fondu comme neige sous le soleil béninois. Le port de Cotonou bien sûr, la boucle de chemin de fer Abidjan-Ouaga-Niamey-Cotonou surtout, doivent revenir aux intérêts français, confondus à ceux de Vincent Bolloré et son fils devenu ami de Macron.


Tous contre Talon


Beaucoup plus proche de l’ancien président Yayi Boni, le mentor de Reckya Madougou, Faure Gnassingbé n’a jamais eu une grande amitié avec l’actuel président du Bénin, Patrice Talon. C’est donc assez tôt que l’ambition de celle qui est devenue l’une des femmes de Faure Gnassingbé a été exhibée, comme menace de remplacement, sous les yeux de Patrice Talon. Royalement, Patrice Talon, audacieux parieur, avait ignoré la menace Reckya Madougou

Finalement, c’est un club de France-Africains, des anciens et des nouveaux, un axe Paris-Dakar-Abidjan-Lomé-Niamey-Abuja qui enserre dorénavant Patrice Talon. La Présidentielle béninoise du dimanche 11 avril 2021 prend une autre allure et ça va se savoir au fil des jours. Faire plier Patrice Talon qui a réussi à se faire assez d’ennemis politiques et économiques, aussi bien au Benin comme à l’extérieur, est l’enjeu véritable de la prochaine présidentielle.

Divisée, l’opposition béninoise n’a pu se réunir autour de Reckya Madougou, la candidate aux gros moyens togolais ; ressources financières, matérielles et humaines confondues. Jusqu’au dernier moment, l’on attendait au moins le rapprochement entre le duo Reckya MadougouPatrick Djivo, informaticien d’un côté et celui formé par Frédéric Joël Aïvo, professeur constitutionnaliste et Moïse Kérékou, économiste et fils de l’ancien président Mathieu Kérékou. Les négociations reprendront entre ces deux pôles de l’opposition, si deuxième tour il y a.

Pour atténuer le risque du deuxième tour, Patrice Talon a choisi la première vice-présidente de l’Assemblée nationale du Bénin, Mariam Chabi Talata Zimé, comme sa colistière. Femme du Nord du pays, l’indispensable équilibre sud-nord est ainsi fait comme a su également le réaliser le tandem Fréderic Joël Aïvo – Moïse Kérékou.

Les électeurs béninois ne sont pas dupes de tous les enjeux et acrobaties. Manifestement. Déjà bruissent les réseaux sociaux de tous les commentaires, aussi épicés les uns que les autres, du rôle de la France à celui du Togo et de Faure Gnassingbé, le rôle des présidents Thomas Yayi Boni et Emmanuel Macron décidés à prendre leur revanche sur Patrice Talon. Finalement, c’est du Tous-contre-Talon qui est en préparation à la Présidentielle Bénin 2021.



PSA
[5 février 2021]


Diplomatie Publique


Rédigé par PSA le 05/02/2021 à 02:55



Le Togo n’est pas dirigé, il est confisqué ! Harponné et pris au piège de l’invouloir, le pays est livré à lui-même, c’est-à-dire pieds et poings liés à divers prédateurs. Rien d’utile et de vrai ne se fait au Togo, et surtout pas avec les Togolaises et les Togolais capables du mieux.






Comment Faire Togo


Chaque jour, davantage, ça se voit : Faure Gnassingbé n’est pas digne du Togo. Aucunement, Faure Gnassingbé ne possède les capacités intrinsèques, innées ou acquises, à diriger un pays. Toutes ses décisions importantes –qui sont généralement des inactions et des tromperies-, restent toujours à la hauteur de son incapacité, de son inaptitude et de sa carence propre.

Ce n’est pas lui faire de la "mauvaise manière" que de le dire publiquement, et de le lui dire simplement. Faure Gnassingbé n’est pas un modèle ou une référence qui puisse inciter et susciter l’émulation publique dans un quelconque domaine. Ça se voit toujours une telle tiédeur. Plus de quinze années de règne confiscatoire, ça finit par se savoir de tout le monde au Togo et partout sur son passage que : Faure Gnassingbé éteint tout le Togo.

Le Togo n’est pas dirigé, il est confisqué ! Harponné et pris au piège de l’invouloir, le pays est livré à lui-même, c’est-à-dire pieds et poings liés à divers prédateurs. Rien d’utile et de vrai ne se fait au Togo, et surtout pas avec les Togolaises et les Togolais capables du mieux. Que ce soit au niveau de la justice, de l’éducation, de la santé, des finances publiques, de l’économie, de l’agriculture, de l’armée, des sports, des télécommunications et technologies de l’information, des libertés publiques, de la fonction publique, des affaires et de l’économie, des élections, des écoles et des universités, des municipalités, des chefferies traditionnelles, de la culture Faure Gnassingbé n’est pas capable d’une once de gouvernance audacieuse qui fasse République.

Maintenant qu’il n’est plus en mesure de voyager à l’extérieur du Togo toutes les semaines à cause des restrictions imposées par la pandémie du coronavirus, Faure Gnassingbé se retrouve, tous les jours, face à ses limites : sa première ministre, ses ministres, ses obligés et Adowuinon divers, son inculture personnelle et son impréparation à la fonction qu’il occupe, sa déconnexion des citoyens et de leurs besoins surtout. Et sa surprise est totale… Ça se dit, ça s’entend et ça se voit.

C’est tellement banal qu’il ne faut cesser de le répéter : la vulnérabilité par incapacité se compense par la légalité ainsi qu’une légitimité issue du charisme personnel. Faure Gnassingbé ne possède aucun de ces attributs ; il ne fait exemple sur aucun axe de ce panorama relativement simple. On ne fait pas pays avec ça… Avec autant de carence, nul ne peut faire Togo, un projet de nation si retardée depuis l’audacieux Sylvanus Olympio.

C’est tellement d’une apparence habituelle qu’il ne faut jamais cesser de répéter cette somme d’exigences capitales, de savoir-faire et de savoir-être qui ont toujours manqué à Faure Gnassingbé. Pour faire pays, le Togo, il faut immanquablement faire État de droit, faire séparation de soi-même et de tous les pouvoirs, faire réconciliation, faire protection des libertés individuelles et des personnes vulnérables, faire droit à l’information, faire transparence et reddition de comptes, faire intégrité et confiance, pour terminer, faire Éthique pour faire Togo.

Faure Gnassingbé n’a su répondre à aucun de ces impératifs catégoriques dont il faut bien avoir une idée, suffisante et éclairée, avant même de s’aventurer et de se perdre en politique, surtout lorsque l’on est le fils de son père Gnassingbé Eyadema. Après quinze années d’errements, plus de quinze années d’apprentissage chaotique, et aussi dix mois après le choix des citoyens à la présidentielle de février 2020 au Togo, il est grand temps de passer la main. Passez la main à l’élu du peuple qui se trouve d’ailleurs être l’une des personnes les plus aguerries en gestion d’État au Togo, et c’est un fait indéniable… Agbéyomé Messan Kodjo. Car, la voix du peuple c'est la voix de Dieu sur le chemin de la Démocratie, de la Réconciliation et du Développement.

Le Togo veut vivre autre chose que de l’incompétence : la combinaison du tragique et du comique qui ne fait plus rire personne, ni au Togo ni dans sa diaspora. C’est de cette diaspora d’ailleurs que vient ce cri de désolation citoyenne qui dit tout : « Des fois, j'ai honte d'être Togolais! Dans quelle République le président n'a pas de femme officiellement? Il pratique le sexe avec n'importe qui passe devant lui, prend les femmes des gens, tue quand il veut, renvoie des gens de leur boulot, fait tous les désordres du monde et, une armée dans cette République ne dit rien? Le Togo est un désordre! J'ai honte de mon pays. »

Faire Togo autrement devient une urgence nationale, avant que les Togolaises et les Togolais ne sombrent dans le désespoir irrévérencieux et irréversible…


PSA

●20 novembre 2020●



Diplomatie Publique


Rédigé par PSA le 20/11/2020 à 06:28



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