Profil
Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Actuellement fonctionnaire dans l’administration fédérale canadienne, PSA est partisan du « Grand Pardon » et adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




Personne n’a su lui faire entendre raison. Il dit être convaincu de sa victoire en Côte d’Ivoire comme l’est son adversaire. Seulement, son adversaire est reconnu sur la base des principes arrêtés d’accord commun et entourant les élections de novembre 2010. Des élections qui étaient attendues depuis 2005, après un pouvoir arraché au bout de la rue en 2000. Une rue mal balayée par le balayeur balayé général Gueï. Depuis, la dérive était autocratique et violente jusqu’à ce qu’une rébellion n’éclate en 2002 contre lui.


Étrange tribu: Roland Dumas et Jacques Vergès en soutien à Laurent Gbagbo, fin décembre à Abidjan.
Étrange tribu: Roland Dumas et Jacques Vergès en soutien à Laurent Gbagbo, fin décembre à Abidjan.
Avoir été longtemps opposant n’est nullement le gage d’une ascendance démocratique. Les uns après les autres, tous les États africains ont fini par se convaincre de son intransigeance maladive; ses amis aussi, ses anciens amis aussi. Seuls sont restés autour de lui, ceux qui pouvaient laver aussi noir que lui : c’est la ribambelle des ces Africains qui se croient plus Africains que les autres Africains, parce qu’estampillés anti-impérialistes, anticolonialistes, anti-sarkozistes et anti-américanistes comme seuls principes d’africanité; c’est une caste de clientélistes hétéroclites allant de Roland Dumas à Guy Labertit en passant par Jacques Vergès et quelques néo-africanistes et consultant en droit de l’homme africain.

L’ami Laurent, auquel tout le monde pratiquement pouvait parler auparavant, il n’y a pas si longtemps –et moi-même lui avait déjà parlé et avait gardé longtemps son téléphone, l’ami des amis dont Antoine Kango Lare Lantone et autres, l’intransigeant ami devenu chef d’État a viré boulanger enfarineur du monde entier. C’est au bout de cette logique qu’il s’est piégé dans sa propre rue, un cul-de-sac abidjanais -rare au demeurant dans la capitale économique ivoirienne. C’est au bout de ce processus que le blocus est intervenu pour éviter le chaos aux citoyens. Lorsqu’il te faut plusieurs résolutions du Conseil de sécurité et des voix respectables comme celles de Kofi Annan, Jimmy Carter, Desmond Tutu et autres sages, peut-être qu’il est temps d’écouter la raison et te dire que tu ne dois pas être plus Ivoirien ni Africain ou plus démocrate que les autres humains.

L’expérience Gbagbo, une si coûteuse aventure reste un exemple à fuir dans la quête démocratique et l’éthique politique en Afrique. Laurent, l’intransigeant ami, mérite amplement son sort, pour que triomphe la parole donnée, même par les chefs d’État; c’est bien de cette dignité africaine dont il est question. Sans aucun doute que la Côte d’Ivoire a la chance de bénéficier d’un homme de la trempe d’Alassane Ouattara qui devrait nous faire penser à la sagesse du Vieux Houphouët. La tache ne sera pas facile. Pour l’heure, c’est la fin de la récréation, même si d’autres trouvent le temps de signer des Pétitions à la gloire de Laurent Koudou Gbagbo, seul contre la raison, isolé par l’entêtement et l’incompétence politique. Le seul parti pris pour la Côte d’ivoire aujourd’hui est le choix audacieux de la personne d’Alassane Ouattara avant cet autre audacieux de l’ancien séminariste et courageux Guillaume Soro qui avait très tôt sonné l’alerte. Un œil sur le blocus, un autre œil sur l’avenir, la Côte d’Ivoire doit redémarrer.





Mot à Maux


Rédigé par psa le 08/04/2011 à 08:00