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Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Actuellement fonctionnaire dans l’administration fédérale canadienne, PSA est partisan du « Grand Pardon » et adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




Un spectre hante le Bénin : le spectre de la démocratie. La démocratie bouge encore au Bénin : des résultats normaux y sont même publiés en pleine nuit : une absurdité. La démocratie ose survivre, encore, aux portes du Togo. C’est un vrai danger pour le Togo. Cette affaire de démocratie sans la technologie SUCCÈS est susceptible de continuer à donner des idées aux Togolais, surtout leur donner une tendance déjà perceptible chez certains d’entre eux : « l’atteinte à la sécurité intérieure de l’État » togolais. Achevons la démocratie; terminons le travail et finissons-en ensemble. Vite! Au Bénin, des réformes constitutionnelles, gravitationnelles, conversationnelles et éternelles sont nécessaires pour éradiquer le spectre de la démocratie qui prolifère aux portes du Togo sur des centaines de kilomètres.


"La Nouvelle Démocratie", David Alfaro Siqueiros
"La Nouvelle Démocratie", David Alfaro Siqueiros
C’est connu que la démocratie est endocanabidoïque, et elle diffuse des douleurs dans tout le voisinage. C’est une drogue dont les effets nocifs sont très mal connus. Les dernières études le confirment : la démocratie attaque le cerveau et procure des délires de liberté. Seulement 5% des fonctions du cerveau sont connues; voilà que la démocratie va se loger à 95% dans les activités de la partie inconnue du cerveau qui est de 95%. Logique, claire et scientifique. La menace est réelle; elle est même un danger public.

Pire encore, l’évolution de cette maladie qu’est la démocratie varie et tend à s’aggraver avec le temps, si ce trouble n’est pas traité sérieusement dans les 10 à 15 années de sa détection. C’était d’ailleurs la mission du Dr Boni Yayi à Cotonou; traiter et achever la démocratie au Bénin. Manifestement, il n’a pas réussi. On comprend les cris fréquents de Boni Yayi : Pardon… Pardon… Pardonnez-moi...

On se demande si c’est un vrai docteur ce Dr Boni Yayi; si c’est un vrai médecin ou seulement un titulaire de doctorat qui, contrairement à la pratique chez les francophones, vaudrait se faire appeler absolument docteur. On cherchait un vrai docteur, médecin, pour s’attaquer à un mal qui menaçait de traverser tous les tissus vitaux avant de se fixer au cerveau humain par-delà les frontières béninoises. Une déception que ce Boni Yayi… La démocratie bouge encore au Bénin, et il va falloir l’achever durant ce deuxième tour des présidentielles. Et, inviter la Cour constitutionnelle du Bénin à établir le certificat de décès de la démocratie en imposant un président non-élu. N’ont-ils pas l’équivalent des Forces Armées Togolaises (FAT) au Bénin? Le genre FAT béninoises?


Absurdité totale: des résultats crédibles en pleine nuit

Le Togo doit se remettre au vrai travail de tuer la démocratie au Bénin; une démocratie devenue plus que menaçante. Une démocratie qui bouge aux frontières du Togo? Il faut en finir! Éviter définitivement toute méprise comme celle commise par l’envoyé de la BOAD, Boni Yayi; il n’a pas appris les leçons données au vieux camp de gendarmerie, juste en face de son ancien bureau à Lomé. Et pourquoi pas, ne pas envoyer de vrais tueurs de démocraties : des cohortes d’électeurs togolais avec à leur tête le dieu argent lui-même, la MasterCard des moyens financiers illimités. Un si grand danger aux portes du Togo doit être réglé à la canonnière et à la bonbonnière financière.

Un Danger nommé Démocratie
Comme la vieille Europe aux prises avec les réfugiés venus de sa partie orientale, le vieux Togo antidémocratique doit mériter son nom : agir et se protéger contre ce train d’enfer qu’est la démocratie. Ce n’est plus l’heure des médiations et des dialogues à n’en plus finir. Les médiations et dialogues on les fait désormais loin du Togo, pas au Bénin voisin, mais en Guinée-Bissau par exemple, mieux encore en Gambie si un jour l’ami Jameh aussi voudrait entourlouper son opposition. Comme disait l’autre : n’est-ce pas?

Il s’agit de bien manger et partir au combat durant ces deux semaines à venir; point de repos ni de repas par la suite. D’ailleurs, la fameuse CENA béninoise, celle qui a manqué de s’appeler la CENI comme partout ailleurs et lire des résultats confectionnés par les grands spécialistes dont le Béninois, tristement célébrissime, Clément Aganahi, cette CENA va devoir être plus performante et préparer les résultats du second tour avant l’ouverture des bureaux de vote le 20 mars 2016. La CENA, quel nom bizarre comme si on devait y retrouver des sénateurs ou les élus d’une haute Chambre du pouvoir législatif.

Une CENA qui donne des résultats généraux 24 heures après les élections, en pleine nuit? À quoi ça sert de donner des résultats propres et crédibles dans la nuit? Autant attendre le jour, en plein midi non? Collecter des résultats par des téléphones sécurisés, sans les interventions des Alassane Dramane Ouattara de ce monde, et surtout pas avec la technologie SUCCÈS, et en pleine nuit, se présenter aux micros dans une pagaille organisée puis, trahison et parjure suprême : des résultats valides! Quel outrage à la vénérable science électorale!

Puis le gars, le président de cette CENA, Emmanuel Tiando, souhaite bonne nuit à tout le monde. Il se prend même pour Dieu cet Emmanuel, en adoptant le nom de Jésus. Au Bénin, très franchement, il leur faut des réformes institutionnelles, constitutionnelles, informationnelles, fractionnelles, gravitationnelles, insurrectionnelles, additionnelles et surtout confusionnelles. La nuit est faite pour positionner des armements lourds contre les contestataires de résultats préfabriqués et dysfonctionnels. Dans la nuit, on donne de faux résultats ; durant le jour, on proclame de vrais résultats. Pas le contraire !


Qu’une élection impure au Bénin protège le Togo

Qui ne se souvient pas de cette déclaration officielle togolaise sur les bienfaits du SUCCÈS : « un système électronique pour la collecte et la centralisation des résultats, mais également pour être informé pendant les opérations de vote de tout dysfonctionnement dans les bureaux afin d’y apporter les correctifs le plus vite possible. Le procédé dénommé « Succès » permettra à la Ceni d’être informée en temps réel sur les taux de participation. D’une manière générale, ce dispositif permettra de sécuriser l’ensemble du processus. Chacun des 9 000 bureaux de vote accueillera des représentants de tous les candidats afin d’éviter d’éventuelles contestations. Le recours au Succès devrait accélérer la publication des résultats provisoires avant leur validation par la Cour constitutionnelle ». Mon œil!

Évidemment, il faut s’appeler CENI pour pouvoir utiliser un SUCCÈS technologique qui plus est béninois. Voilà ce que c’est que de s’appeler CENA au lieu de CENI. On doit passer maintenant de l’électronique à la mitaine; tout faire à la main et déployer des Togolais au Bénin pour « la collecte et la centralisation des résultats », et surtout leur vote en amont ainsi que le graissage de toutes les circumnavigations et tous les circuits –il faut toujours un mot compliqué et un mot banal pour designer ces choses électorales, à en croire tous les observateurs électoraux.

Oui, le danger de la démocratie est aux portes du Togo : le Bénin voisin. Vite, écartons les mauvais esprits! Aux armes, citoyens, Togolaises et Togolais, guerriers magnanimes en décompte électoral latéral et généreux donateurs de résultats quinquennaux noctambules, des cartes d’identité béninoises vous sont déjà préparées. Allons, allons, marchons, marchons, protégeons et bâtissons la cité; qu'une élection impure au Bénin abreuve nos sillons et protège l’avenir ainsi que la santé de nos filles et de nos fils sur la « Terre de nos Aïeux ». Amen!


Mot à Maux


Rédigé par psa le 09/03/2016 à 01:29