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Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Actuellement fonctionnaire dans l’administration fédérale canadienne, PSA est partisan du « Grand Pardon » et adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




La bande à Macky-Boni-Compaoré et tous les autres taiseux tapis dans l’ombre ont échoué. Plus rien en Afrique ne sera comme avant, et les chefs d’État africains réfractaires à la démocratie doivent s’y résoudre : il y a bien longtemps que l’Afrique est prête pour la démocratie. Il y a bien longtemps aussi que la CEDEAO et autres représentants de l’ONU en Afrique de l’Ouest –les Mohamed Ibn Chambas de ce monde, jouent à ce jeu dangereux d’éviction des Peuples africains de la détermination de leur avenir démocratique. L’étau s’est définitivement refermé sur les putschistes aux privilèges perdus à Ouagadougou ainsi que leurs alliés. On ne peut pas constamment aller à contre-courant de l’histoire en Afrique et se moquer des populations éternellement. La reddition du RSP et son démantèlement au profit d’une autre force républicaine sont bien au programme du Burkina Faso démocratique.


Le bal des mal-aimés
Le bal des mal-aimés


La bande à Macky-Boni-Compaoré et tous les autres taiseux tapis dans l’ombre ont échoué. Plus rien en Afrique ne sera comme avant, et les chefs d’État africains réfractaires à la démocratie doivent s’y résoudre : il y a bien longtemps que l’Afrique est prête pour la démocratie. Il y a bien longtemps aussi que la CEDEAO et autres représentants de l’ONU en Afrique de l’Ouest –les Mohamed Ibn Chambas de ce monde, jouent à ce jeu dangereux d’éviction des Peuples africains de la détermination de leur avenir démocratique. L’étau s’est définitivement refermé sur les putschistes aux privilèges perdus à Ouagadougou ainsi que leurs alliés. On ne peut pas constamment aller à contre-courant de l’histoire en Afrique et se moquer des populations éternellement. La reddition du RSP et son démantèlement au profit d’une autre force républicaine sont bien au programme du Burkina Faso démocratique.

Il est toujours étonnant de constater comment les chefs d’État africains sont complètement déconnectés de la réalité de leur population. Il est encore plus surprenant d’observer certains de ces présidents de l’Afrique francophone, Macky Sall du Sénégal et Yayi Boni du Bénin notamment –tous deux démocratiquement élus pourtant, prendre aussi lamentablement fait et cause pour le coup de force du 17 septembre 2015 au Burkina Faso sans aucune fermeté démocratique. À Ouagadougou, Macky Sall et Yayi Boni avaient tout simplement joué à des apprentis sorciers, prenant tout le monde –le président de la transition Michel Kafando y compris, comme des bourricots à charger de leur innommable mensonge et malhonnêteté.

Le ridicule de la médiation de la CEDEAO et des résultats produits sous la forme de projet de Protocole d’Accord, par Macky Sall est même d’une telle raillerie que les présidents du Tchad et du Niger –qui ne sont pourtant pas des phares démocratiques s’en sont publiquement offusqué. Comment Macky Sall pouvait-il penser qu’un tel Protocole d’accord pouvait passer dans une Afrique en indignation et un incorruptible Burkina Faso d’aujourd’hui? Quels Sénégalais pourraient donc être fiers de leur président pour une prestation si lamentable sur le terrain de la démocratie?

Déjà en partance du pouvoir au Bénin, vivement la disparition du décevant personnage qu’est Yayi Boni du décor politique africain dans les mois prochains. Les Béninois autant que de nombreux Africains ne supportaient pas d’ailleurs le ridicule dont le président Boni s’était entouré tout le long de ses mandats désespérément émergents. Il faut le dire bien haut et clairement aussi, tout notre souhait est de voir Macky Sall être l’homme d’un seul mandat au Sénégal pour une telle honte servie aux Sénégalaises et aux Sénégalais. Honte, Macky Sall!

Un autre plaisantin manipulateur et félon perfide, Gilbert Diendéré, accessoirement militaire et même général, en réalité homme de main du déchu Blaise Compaoré et incapable de comprendre que le pays des hommes et des femmes intègres, le Burkina Faso, est bien longtemps passé et de manière définitive à la démocratie depuis octobre 2014, se plaît à vouloir tromper tout le monde. Gilbert Diendéré se fourvoie en pensant être en mesure de commettre une autre liberticide au détriment du Peuple burkinabé. Un tel recul que certains chefs d’État francophones attendaient et célébraient même, dans des curieuses retrouvailles et coups de fil, ces stratagèmes ont tout simplement échoué.


Les jeux sont faits : le RSP a joué et perdu contre la démocratie

Le droit à la démocratie ou le faux pari de la bande-à-Blaise
Les pays africains ont véritablement droit à la démocratie; une démocratie vraie et non truquée par les bruits de bottes de certains militaires, certains militaires seulement, les assassinats des jeunes manifestants souvent, les détournements de la volonté populaire en somme. Si chaque militaire, parce qu’il est mécontent des conditions d’organisation des élections doit sortir des armes pour mettre fin au processus et vouloir leur rectification selon son seul vouloir, fut-il des « élections inclusives » comme le prétendait Gilbert Diendéré, plus rien de démocratique ne s’accomplira alors sur le continent africain. À trop souvent régner par la force et prendre leurs privilèges comme des dus, les militaires ont totalement perdu la raison particulièrement dans les pays francophones africains.

Le pari de la bande à Blaise Compaoré a véritablement échoué. La connivence était visible et révoltante d’ailleurs entre Macky Sall et Yayi Boni d’un côté, le général aventurier Gilbert Diendéré à la solde de leur ami Blaise Compaoré de l’autre. Mais cette manigance ne pouvait pas prospérer, malgré toutes les acrobaties non éthiques visibles durant la fin de semaine des prétendues négociations. Aujourd’hui, les risques d’affrontement sont réels entre le Régiment de sécurité présidentielle (RSP) dirigé par Gilbert Diendéré et les forces loyalistes restées républicaines pour défendre la volonté de changement du Peuple burkinabé ainsi que les institutions de transition vers la démocratie.

En réalité, le RSP ne peut tenir à terme devant la détermination de tout un peuple et de son armée républicaine. La reddition du RSP est programmée et elle est même inscrite dans son propre gène : les forces armées antidémocratiques sont fragiles par essence, et ne peuvent indéfiniment user de la force contre leurs compatriotes.

Le président tchadien Idriss Deby Itno ne pensait pas si bien dire, s’adressant au RSP : « il ne faut pas aller à contre-courant de l’histoire ». Le président Deby Itno rejoint d’ailleurs, ouvertement, le président guinéen Alpha Condé et son homologue nigérien Mahamadou Issoufou sur ce point : aucune chance au RSP dans les circonstances, et mieux vaut que le RSP entende raison et abdique devant la démocratie. Les jeux sont faits. Le RSP et tous ses commanditaires ont joué et perdu. Les excuses servies par Gilbert Diendéré, cité dans plusieurs actions douteuses ces trente dernières années, sonnent désormais encore plus faux lorsque l’on connaît les échéances politiques déterminantes du Burkina Faso.

Très proche de Compaoré dont il a été pendant des années le chef d'état-major personnel et commandant du RSP, le fameux Gilbert Diendéré reprochait aux autorités installées après la chute en octobre 2014 du président Compaoré d'avoir dévoyé la transition, notamment en excluant les partisans de l'ex-homme fort des prochaines élections prévues auparavant pour le 11 octobre 2015 . À ne pas oublier surtout, le général Diendéré avait joué un rôle clé dans le putsch de 1987 qui avait porté au pouvoir Blaise Compaoré et s'était soldé par la mort du président Thomas Sankara. On attendait d’ailleurs, cette semaine même, les résultats de l’analyse scientifique des restes humains exhumés de la tombe identifiée « Thomas Sankara ».

Si l’armée et la hiérarchie militaire régulière étaient restées en retrait depuis le coup d’État du 17 septembre 2015, ce mouvement de troupes républicaines orchestré par le général de brigade Pingrenoma Zagré a changé complètement la donne. Les unités sont bien arrivées à Ouagadougou en sauveur de la démocratie naissante, et ces troupes venaient de l’ouest du pays (Dédougou et Bobo-Dioulasso), de l’est (Kaya et Fada N’Gourma) et du nord (Ouahigouya). Les soldats de Dédougou appartiennent à un régiment de commandos parachutistes formés par des conseillers américains et bien équipés pour leur part. Le 34e régiment de blindés est également à l’œuvre dans cette opération de restitution de la démocratie aux Burkinabès et à la jeunesse africaine. Il était temps qu’une bonne leçon soit servie à tous ces récalcitrants de la démocratie en Afrique. Le sommet d’Abuja convoqué par la CEDEAO devient d’ailleurs caduc.

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Rédigé par psa le 21/09/2015 à 21:12



Afrique, que fais-tu demain? Un autre coup d’État, pour freiner la démocratie et recevoir absolution de tous les crimes politiques… C’est à croire qu’il existe un syndicat de chefs d’État qui ne saisissent pas ou ne veulent rien savoir du besoin de démocratie véritable des peuples africains. De grâce, ne donnez pas d’outils supplémentaires à l’intégrisme et au radicalisme!


Les chefs d’État africains : un syndicat de non démocrates?


Voici les 13 points du Projet de Protocole d’Accord qui sera présenté aux chefs d’États de la CEDEAO le mardi 22 septembre 2015 dans un Sommet extraordinaire. Ce curieux « Compromis », véritable prime au coup d’État du 17 septembre 2015, ressort du communiqué final lu ce dimanche soir à l’hôtel Laïco, à Ouagadougou, par le président de la Commission de la CEDEAO, Kadré Désiré Ouédraogo, un ancien premier ministre de Blaise Compaoré qui ne s’était même pas abstenu de participer à la démarche de médiation.

1. La libération sans condition des personnalités détenues au cours des événements du 17 septembre 2015 ;
2. La restauration des autorités de la transition avec Michel Kafando comme président ;
3. Le retrait des militaires du gouvernement (ce qui signifie que le Premier ministre de la transition, Isaac Zida qui s’était affranchi du Régiment de Sécurité Présidentielle, le RSP, est déchu) ;
4. La reprise du processus électoral avec les élections au plus tard le 22 novembre 2015 ;
5. La CENI doit prendre toutes dispositions nécessaires pour la tenue de la nouvelle date ;
6. Le gouvernement organisera les élections ;
7. Le CNT, le Parlement de transition, s’abstiendra de légiférer dans les matières autres que celles relevant des élections et des conclusions du présent accord ;
8. Les personnes inéligibles du CDP, le parti de Blaise Compaoré, pourront prendre part aux élections ;
9. Toutes les réformes substantielles telles que celles liées à la réforme de l’armée seront laissées à l’appréciation du gouvernement d’après transition ;
10. La cessation de la violence ;
11. Les Forces de Défense et de Sécurité assureront la sécurité des personnes et des biens sur tout le territoire national ;
12. L’acceptation du pardon et de l’amnistie pour les conséquences liées à la présente crise ;
13. Le comité des médiateurs veillera à l’application de ces recommandations.

La précipitation avec laquelle ce projet de Protocole va être adopté par la CEDEAO à Abuja, au Nigeria, le mardi 22 septembre 2015, donne l’impression que les forces républicaines ainsi que le Peuple burkinabè vont être forcés d’ingurgiter un Accord au goût amer. L’Afrique veut une démocratie grande et définitive. Il est donc temps que les dirigeants africains le comprennent, et pardonnent cette faiblesse aux Africains : Nous, Africaines et Africains, sommes de notre temps et ne voulons rien d’autre qui ne soit grandiose, noble, intègre et ambitieuse d’une autre Afrique.

Ad Valorem


Rédigé par psa le 21/09/2015 à 07:07



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