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Pierre S. Adjété
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Petite histoire de la grande humanité. Vers la fin du Ve siècle et au début du IVe siècle avant Jésus- Christ, le peintre Zeuxis jouit d’une immense réputation dans toute la Grèce antique. L’humanité reste toujours fascinée par l’art, malgré les controverses qui l’entourent de temps à autres. En ce jour L’Afrique, berceau d’une humanité qui aujourd’hui même compte sept milliards d’âmes, a encore des secrets à livrer sur l’origine monogénique des humains ainsi que leur devoir d’inventer un vivre ensemble.



Alain Gilen, Humanité
Alain Gilen, Humanité
Vers la fin du Ve siècle et au début du IVe siècle avant Jésus- Christ, le peintre Zeuxis jouit d’une immense réputation dans toute la Grèce antique. Il y a alors une concurrence féroce entre les artistes. On organise des compétitions. À l’occasion de l’une d’entre elles, Zeuxis peint des raisins avec un tel réalisme que des oiseaux viennent les picorer. Reste à voir l’œuvre de son adversaire. Parrhasios tient son ouvrage à la main. Zeuxis voit un rideau et demande qu’on le retire. Le rideau de Parrhasios est si bien peint qu’il a trompé le plus grand artiste de son temps.

Zeuxis reconnaît sa défaite.

L’idée selon laquelle la peinture parfaite devrait reproduire si fidèlement la réalité qu’elle trompe le regard des oiseaux et même le regard des hommes est profondément ancrée dans notre vision de l’art. Elle repose sur des mythes qui ont traversé les millénaires, comme celui de la vision naturelle. Zeuxis a vécu, Parrhasios aussi, les récits en témoignent. Mais personne n’avait jamais vu la peinture de leur époque, si ce n’est par des mosaïques ou des copies romaines. Jusqu’en 1977, avec l’ouverture d’un grand tumulus, pas loin de Thessalonique.

Depuis une trentaine d’années, les découvertes se multiplient en Grèce du Nord et elles exhument peu à peu le royaume légendaire de Philippe II et d’Alexandre le Grand. Peu à peu, dans de vastes tombes ornées de peintures et remplies d’objets, recouvertes de terre pendant près de 2500 ans, on met au jour les témoignages de la vie à Aigai (Aigéai, Ægæ, Égé ou Èges), la capitale du royaume. Un grand nombre de ces objets sont exposés en ce moment au Musée du Louvre, à Paris: le visage d’Alexandre le Grand, un médaillon en tête d’Athéna surmontée d’une Méduse si mouvementé qu’il paraît sorti des mains d’un sculpteur baroque, ou des statues polychromes dont on devine l’éclat sous l’usure.

L’archéologie et la recherche des vieux trésors fascinent encore; le succès d’Indiana Jones , du Secret de la Licorne et du tourisme d’antiquités en témoigne, bien que la planète soit conquise jusqu’au moindre recoin et que l’inconnu se réfugie dans l’infiniment petit ou dans l’infiniment grand. Mais les mythes sont souvent plus solides que l’atome, plus difficiles à maîtriser que le mystère des étoiles. La belle exposition du Musée du Louvre montre qu’ils nous parlent encore et qu’il y a encore sous la terre des secrets à découvrir et à comprendre parce qu’ils sont le secret de notre humanité. ////////////Laurent Wolf






Rédigé par psa le 31/10/2011 à 21:30
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Silence


Une semence de génie...


24 février 1955 - 5 octobre 2011
24 février 1955 - 5 octobre 2011

« En hommage aux fous. Aux rebelles. Aux fauteurs de troubles…
Ceux qui voient les choses différemment.
Alors que certains les voient fous, nous voyons des génies.
Parce que les gens qui sont assez fous pour penser qu’ils peuvent changer le monde sont ceux qui le font.
»
Steve Jobs


Les 10 Commandements de Steve Jobs
1. Différemment, tu penseras
2. Ta spécificité, tu cultiveras
3. La religion du produit, tu auras
4. La beauté, tu honoreras
5. L’innovation, tu chériras
6. Ton sillon, tu creuseras
7. Tes propres magasins, tu développeras
8. L’échec, tu sublimeras
9. Sans compromis, tu dirigeras
10. Secret, tu resteras

(Par Dominique Nora )


Rédigé par psa le 06/10/2011 à 03:34
Pierre Dansereau, 1911-2011
Pierre Dansereau, 1911-2011
Difficile de ne pas le ressentir.
C’est l’appel d’un autre prof qui vient de m’apprendre le départ de Pierre Dansereau, mon Prof. L’un savait l’admiration, l’attachement et le respect que j’avais pour l’autre. Ce Pierre Dansereau, celui qui aimait m’entendre l’appeler Papa à l’époque –une révélation à moi révélée par un de ses assistants de laboratoire, Pierre Dansereau n’était rien de moins qu’un Grand.

Lorsqu’on a eu la chance de connaÎtre et d’être passé entre les mains d’un si merveilleux homme, on peut réellement s’estimer heureux. C’est probablement ce bonheur que je me dois d’avoir avant tout. Ce Nobel raté était là, à la naissance de l’Alliance Togolaise Internationale (ATI), c’est vous dire… Il pouvait ne pas être là; mais il était bien là et avait prononcé une conférence sur la sagesse africaine à travers l’œuvre de Hampaté Bâ.

Pierre Dansereau qui aimait nous dire : ''On définit une chose par ce quelle est, mais on la définit aussi par ce quelle n’est pas'' fait partie de ces scientifiques humains qui avaient le regard, le geste et le ton compatible à tout. Un pur produit de Pierre Dansereau ne pouvait pas être qu’un scientifique, il lui fallait aussi être tout ce que la science a besoin pour assoir son rationnel; connaitre l’éthique comme le politique, l’administration, la géographie et quoi encore. Pierre Dansereau est tout aussi dense qu’humble, en tout temps et en tout lieu, au laboratoire comme dans la nature, en croisant un Pierre Bourque au Jardin botanique de Montréal ou le journaliste de Le Devoir attitré à l’environnement, Louis-Gilles Francoeur, au coin d’une rue à Outremont.

D’instinct je me dois d’écrire ces lignes, probablement pour un premier "Salut Papa" qu’il savait toujours accueillir de son sourire. Le scientifique multidisciplinaire et humain s’en est allé… Salut Papa!



Rédigé par psa le 29/09/2011 à 14:49
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Silence


C’était il y a quarante ans… à New York aussi. C’était un jeudi, un jeudi de lancement d’Imagine par John Lennon. À l’avant-veille des dix ans du 11 septembre 2001, le 9 septembre 1971 de John Lennon et de son rêve d’Imagine devient un arrêt obligatoire : en route pour le 11, le détour du 9 a une autre saveur, celle de l’audace et du calme… le calme avant la catastrophe du 11 et son déferlement d’images et de paroles qui nous attendent. Nothing to kill or die for... And no religion too. C’est probablement la chanson à fredonner tous ces prochains jours.


John Winston Lennon
John Winston Lennon



Imagine there's no Heaven
It's easy if you try
No hell below us
Above us only sky
Imagine all the people
Living for today

Imagine there's no countries
It isn't hard to do
Nothing to kill or die for
And no religion too
Imagine all the people
Living life in peace


You may say that I'm a dreamer
But I'm not the only one
I hope someday you'll join us
And the world will be as one


Imagine no possessions
I wonder if you can
No need for greed or hunger
A brotherhood of man
Imagine all the people
Sharing all the world


You may say that I'm a dreamer
But I'm not the only one
I hope someday you'll join us
And the world will live as one


Rédigé par psa le 09/09/2011 à 07:21

Agota Kristof fumait beaucoup et parlait peu. Venue de Hongrie en 1956, elle avait péniblement appris le français, accaparée par son travail à l’usine et ses trois enfants. Le français deviendra ensuite sa langue exclusive d’écriture. La romancière d’origine hongroise est morte hier à Neuchâtel où elle vivait depuis 1956. «Le Grand Cahier», paru en 1986, l’a inscrite d’emblée parmi les grands auteurs francophones du XXe siècle.


Agota Kristof, 2004, par Olivier Roller
Agota Kristof, 2004, par Olivier Roller
L’exigence et le silence. Ce sont les deux mots qui viennent à l’esprit à l’annonce du décès d’Agota Kristof, hier, à Neuchâtel où elle vivait dans un appartement clair de la vieille ville. Elle qui avait connu une consécration immédiate avec son premier roman, Le Grand Cahier, en 1986, condensé d’effroi sur la guerre et le totalitarisme, n’écrivait plus depuis une quinzaine d’années. Quand on lui demandait pourquoi, elle disait qu’elle n’en avait plus envie. Et rien de plus. Elle laissait au silence le soin d’expliquer qu’elle préférait se taire plutôt que de bavarder. Plutôt que de s’éloigner de la littérature. Son fameux style, ses phrases évidées, comme extirpées de l’enfance, elle les avait trouvés au prix d’un travail acharné, exigence absolue pour dire ce qui ne peut l’être. C’est peut-être de cela en fait qu’elle ne voulait plus s’approcher, en gardant le silence. Le Grand Cahier est traduit dans plus de 35 langues et est étudié dans les écoles du monde entier.

Hongrie, 1956: Agota Kristof et son mari, un professeur d’histoire très engagé politiquement, fuient les chars soviétiques avec leur petite fille de quatre mois. À pied puis en car, ils atteignent Vienne puis Zurich puis Neuchâtel. Elle n’en bougera pas. L’exil, l’arrachement imposé, elle le gardera au cœur à jamais.

Agota Kristof trouve un emploi dans une usine horlogère à Fontainemelon. Elle pointe et se laisse bercer par le bruit des machines pendant cinq ans. Elle écrit des poèmes d’amour en hongrois aux longues et belles phrases. Tout l’inverse de ce qu’elle fera par la suite. Elle apprend le français pendant les pauses dans un gros dictionnaire hongrois-français.

Une fois appris, le français deviendra définitivement la langue d’écriture. Les poèmes d’amour triste sont écartés. Elle écrit plusieurs pièces de théâtre pour la Radio suisse romande, Le Monstre, L’Épidémie, La Route, L’Expiation.

Le Grand Cahier est né de l’envie de raconter à ses enfants son enfance à elle, en Hongrie. Sous forme de nouvelles, elle met sur le papier ses souvenirs avec son frère Jano. Trouvant fastidieux d’écrire à chaque fois, «mon frère et moi», elle opte pour le «nous». L’idée du jumeau est venue ainsi, puis l’idée du roman qui écartera, petit à petit le strict recours à l’autobiographie.

Lorsque le roman paraît, en 1986, au Seuil, il est reçu comme la fable des horreurs du siècle. Agota Kristof a réussi à piéger l’enfer dans ses phrases. Il faut décrire le procédé qu’elle a imaginé. Deux jumeaux, Lucas et Claus, sont mis à l’abri des combats d’une guerre qui tonne quelque part en Europe. Les voilà à la campagne chez leur grand-mère, sale, pauvre, méchante. Face au froid, à la faim, aux cruautés dont ils sont les témoins, ils décident de mater la souffrance. Pour cela, ils vont décrire ce qu’ils voient dans un grand cahier, en s’en tenant aux faits, rien qu’aux faits, en excluant toute émotion.

Le roman se présente donc comme le journal de deux enfants dans la guerre. Avec des phrases dénuées de tout affect, ils décrivent la violence la plus crue. Et en deviennent eux-mêmes acteurs.

La voie du silence s’est éteinte
Le roman secoue, dérange. En 2000, des parents d’élèves d’un collège français avaient porté plainte devant le procureur de la République pour protester contre la mise au programme du roman. Le professeur est arrêté en plein cours et placé en garde à vue. En cause, une scène de zoophilie, décrite froidement, comme toujours, par les deux jumeaux. «L’affaire» avait fait grand bruit. Jack Lang, le ministre de la Culture de l’époque, avait dû intervenir, pour lever la plainte. Au téléphone, depuis son appartement de Neuchâtel, la romancière, d’une voix très douce, avait dit: «Oui, évidemment, cette scène est pornographique. Et alors? Enfants, en Hongrie, nous parlions énormément de sexe. Cela fait partie de la réalité d’une société en guerre. La guerre et ses horreurs, voilà la vraie pornographie

Les années 1980 et 1990 ont été des années d’intense activité d’écriture. Agota Kristof en parlait comme d’un flux hémorragique. Elle ne pouvait pas s’arrêter d’écrire au point de se détacher de la vie réelle, de n’être pleinement que dans ses personnages, ses deux jumeaux, prolongements d’elle et de son frère. Après Le Grand Cahier (Prix littéraire européen, 1987), elle ne cessera donc pas d’écrire, dans un seul flot, les deux romans suivants, La Preuve (1988) et Le Troisième mensonge (1991, Prix Livre Inter). L’ensemble forme une trilogie sur les effets silencieux de la guerre, les cicatrices invisibles, profondes, celles qui trouent l’âme sur plusieurs générations.

Après ce souffle d’écriture, le silence donc. Souffrante, elle reste comme en attente, dans son appartement vidé de livres. Elle ne veut plus écrire, elle a donc vendu sa bibliothèque de travail, sa machine à écrire, ses cahiers de notes, ses brouillons aux Archives littéraires suisses. En 2007, elle avait décrit à la Revue Recto/Verso ses tentatives de renouer avec l’écriture. Ses échecs répétés. Les scènes maintes fois écrites mais le blocage à chaque fois. Elle voulait raconter encore une histoire de frère et de sœur, son grand amour, à l’âge de 6 ans, pour le meilleur ami de son père, un pasteur. Le choc qu’elle a reçu quand il lui a annoncé qu’il se mariait avec une autre femme. Elle n’y est pas arrivée. Cela ne l’intéressait plus, au bout du compte. Alors elle fumait dans son appartement clair. En attente./////Lisbeth Koutchoumoff


Rédigé par psa le 28/07/2011 à 00:22
Aux portes d'Oslo, l'île d’Utoeya: un paradis d'enfer
Aux portes d'Oslo, l'île d’Utoeya: un paradis d'enfer
Une dernière semaine du mois de juillet 2011 empreinte de grisaille et de morosité, d'Oslo et son île d’Utoeya -où a eu lieu le massacre des participants de l’Université d’été du parti travailliste norvégien, à Nafissatou Diallo qui apparait sur les écrans en contre-attaque pour ne pas perdre du terrain dans l'opinion, l'incertutude plane au moment même ou David Servan-Schreiber (DSS) à décidé de lever l'ancre. Paix aux âmes meurtries!

Rédigé par psa le 24/07/2011 à 20:54

Alors que de nombreuses démocraties s'apprêtent à rentrer dans une année électorale, politiquement forte, Jacques Attali dénonce la subordination du politique au marché. Le fait est patent, autant en Europe avec la crise de l’Euro que partout ailleurs. Il est même sous-jacent à la crise du déficit aux États-Unis et son bras de fer entre le Congrès républicain et le pouvoir Exécutif démocrate. C’est effectivement au nom de cette subordination de la démocratie au marché que tous les sorciers se promènent maintenant à visage découvert, au grand jour, coupant tous les emplois des personnes fragiles ainsi que les programmes de soutien aux citoyens dans le besoin et généralement taxés d’incapables. « Les coupures auront bel et bien lieu » tient fermement à nous dire le Républicain Boehner ce samedi 23 juillet 2011. La démocratie d’abord, la gouvernance ensuite, sont en danger. Mais en même temps, se lève un débat sur la citoyenneté et la richesse de sa diversité multiculturelle que certains voudrais bien réduire en poudre explosive uniquement exclusive. Retrouvons Jacques Attali en attendant les faux débats de 2012.


Lucian Freud s'est éteint cette semaine, à 88 ans
Lucian Freud s'est éteint cette semaine, à 88 ans




Etrange ironie: 2012 sera, dans de très nombreuses démocraties, à commencer par la nôtre, une année électorale très importante. Et dans tous les autres pays encore soumis à des dictatures, les peuples aspirent à des élections libres. L'humanité tout entière semble donc prendre en main son destin.

En réalité, il n'en est rien: les marchés sont partout, au contraire, en train d'imposer leurs lois ; et les peuples ne vivent de la démocratie que l'illusion et les apparences.

Dans les pays émergents, quels qu'en soient les régimes, les gouvernements et les citoyens sont de plus en plus à la merci des fluctuations des prix des matières premières, des produits agricoles et des cours des grandes monnaies, sur lesquels ils n'ont aucune prise: à quoi servent des élections quand le destin du pays peut être remis en cause à chaque instant par des décisions prises à des milliers de kilomètres?


Lucian Freud, un hyperfiguratif
Lucian Freud, un hyperfiguratif
La spirale de la dette
De même, les pays développés, plus endettés que jamais, sont de plus en plus à la merci de leurs prêteurs, qui peuvent décider de continuer ou non de leur permettre de vivre au-dessus de leurs moyens. Et ces prêteurs se font chaque jour davantage plus pressants. Les démocraties n'ont donc presque plus de moyens d'influer sur leur sort; elles ne savent ni maîtriser leurs dépenses, ni augmenter leurs recettes; de plus, elles ont transmis leurs principales responsabilités à des autorités indépendantes; enfin, elles n'ont pas su mettre en place les moyens de contre-balancer les forces des marchés, dont les acteurs se meuvent de plus en plus librement à l'échelle du monde.

Aussi, les élections à venir n'auront pas beaucoup d'influence sur l'avenir des électeurs. Les peuples le devinent, qui s'accrochent plus que jamais aux symboles nostalgiques de la puissance, tels les défilés militaires (même si, en France, le 14-Juillet, un soldat sur trois a défilé à crédit).

Chacun sait, chacun devine, qu'à force de vivre au-dessus de ses moyens, les marchés imposeront aux Etats des décisions très difficiles, que chacun connaît, mais dont personne ne veut entendre parler. Pas seulement des décisions budgétaires, mais aussi des modes de vie, des façons de penser, d'apprendre, de se soigner, de s'assurer.

Pour y échapper, les nations n'auront bientôt plus d'autre choix que d'imprimer de la monnaie (ce qui finira par de l'inflation, la ruine des classes moyennes, et la fin de la démocratie formelle) ou de fermer les frontières, ce qui conduira au même résultat.

La démocratie n'aura alors été qu'une façon d'organiser la transition entre deux formes de dictature: de celle des princes à celle des marchés.

Pourtant, il est encore possible d'échapper à cette pente tragique. En particulier, l'Europe a encore les moyens de rester un continent démocratique. Il faut pour cela mettre en place des moyens puissants face aux marchés. En particulier, décider, dès le prochain sommet européen, de doter le Fonds européen de 2 trillions d'euros, qui peuvent aisément être rassemblés par l'Union sous forme d'eurobonds et de garanties. Si une telle somme pouvait être annoncée, les marchés sauraient que toute spéculation est vouée à l'échec et les Etats n'auraient même pas besoin de la réunir. Naturellement, pour être vraiment pris au sérieux, il faudrait qu'un tel fonds soit placé sous le contrôle d'un véritable gouvernement européen, responsable devant les peuples et garant du sérieux de chaque pays membre.

Lucian Freud savait choisir ses modèles, ses audaces et ses polémiques
Lucian Freud savait choisir ses modèles, ses audaces et ses polémiques

Rédigé par psa le 23/07/2011 à 21:30

En lisant cette Lettre, l’on est surpris par l’idée sous-jacente : « Si Papa n’y va plus, j’irai, j’en suis capable, j’en ai les moyens ». Lettre ouverte aux Sénégalais et datée du 3 juillet, Karim Wade, exprime son ambition pour le Sénégal. En réalité, Karim Wade reste sourd à toutes les critiques. Tout simplement, parce que les Sénégalais le connaissait mal, lui et sa famille, que ces concitoyens pensent que le pouvoir lui serait dévolu par son père de président. Il pardonne d'ailleurs aux Sénégalais cette médisance. Mieux encore, Karim Wade lance sa campagne pour les présidentielles 2012 et égrène des pans de son programme. Tout le reste est habillage… C’est une curieuse Lettre de récupération politique… L'Après "23 juin 2011" a commencé au Sénégal: Karim, président par les urnes.


Karim Wade : Moi! « Notre ambition pour le Sénégal »

Pendant ces dernières années, ces derniers mois, ces dernières semaines et ces derniers jours, notamment lors des événements des 23 et 27 juin 2011, nous avons tout vu, tout lu et tout entendu. L’heure est venue pour moi de m’exprimer.

Le temps est venu de délivrer, du fond du cœur, un message de vérité, de fraternité et de sincérité.
Je me dois d’autant plus de le faire que tout un chacun sait que je suis la cible d’attaques profondément injustes.

Depuis mon entrée dans l’espace public en qualité de Conseiller Spécial du Président de la République, puis de Président du Conseil de Surveillance de l’Agence nationale de l’Organisation de la Conférence Islamique (ANOCI) et actuellement comme Ministre d’État, Ministre de la Coopération internationale, des Transports aériens, des Infrastructures et de l’Énergie, malgré tous les efforts que je continue de déployer pour le développement économique et social du Sénégal, des passions se déchaînent, des haines se ravivent. Pourtant rien ne m’a été donné. Avec mes collaborateurs et fort de l’expertise nationale et internationale, nous sommes toujours partis de rien, pour aboutir à ce que l’on voit.

Jamais dans l'histoire du Sénégal, un homme public n’a reçu, autant de coups, de propos diffamatoires et outrageants. Systématiquement, je suis l'objet de graves accusations, de profondes détestations, d’attaques hallucinantes de la part de ceux qui nous connaissent à peine ou pas du tout.

Impitoyablement, je suis sanctionné sans être entendu, jugé dans des procès sans défense, « condamné » sans recours possible. De ma présomption d’innocence, on s’en passe automatiquement. On me prête beaucoup trop ! Qu’on perde un marché public, une position, une faveur, un privilège, un titre, une fonction, aussitôt l’on me rend responsable. Qu’un ministre soit limogé, il prétend que son départ est la conséquence immédiate de son refus d'un prétendu projet de « dévolution monarchique du pouvoir ». Lorsqu’il pleut un peu trop à Dakar, je suis indexé ; lorsque le vent emporte le toit d'une maison à Pikine, je suis pointé du doigt ; lorsqu’un train déraille à Thiès, j'y suis pour quelque chose ; lorsqu’un accident survient sur la route, je suis vilipendé.

Conformément à nos valeurs sénégalaises, je leur accorde mon pardon.

Tout comme le Chef de l’État, je combats toute idée de dévolution monarchique du pouvoir.

Fort heureusement, nombreux sont nos compatriotes qui refusent de se laisser entraîner dans la campagne sur le supposé projet de dévolution du pouvoir de « père en fils » qui constitue aujourd'hui la panacée pour tout expliquer et tout comprendre.

Si cette idée a continué de prospérer au point de susciter des rancœurs et parfois même de la haine envers le modeste passant sur terre que je suis, c'est parce qu'elle est savamment entretenue par une partie des acteurs politiques aidée en cela par certains journalistes, - véritables machines de guerre contre ma petite personne. Cette confusion doit finir ! Cette intoxication doit s’arrêter ! Cette injustice doit cesser.

Je le répète et le répéterai aussi longtemps que cela est nécessaire : c’est une insulte faite aux Sénégalais que de parler d’un projet de dévolution monarchique. Un tel projet n’a été, n’est et ne sera jamais dans les intentions du Président de la République ni dans les miennes. C’est universellement connu, le Sénégal connaît une longue tradition républicaine et démocratique. La souveraineté appartient au peuple qui, au terme d’élections libres, démocratiques et transparentes, confie le pouvoir à celui en qui il a confiance.
Comme vous le savez, le Président de la République Me Abdoulaye Wade est habité par la passion du Sénégal et ne respire que pour l'Afrique et plus généralement pour la paix. Plus d’un quart de siècle de combat pour l’approfondissement de la démocratie et pour la conquête des droits individuels et collectifs. Plus d’un quart de siècle de lutte pour la liberté d’expression et pour la transparence des élections.

Comme tout être humain, je demande à être entendu, jugé sur des actes vérifiés et donc probants et non sur des rumeurs sans fondement.

Les Sénégalais exigent tout naturellement des réalisations palpables et concrètes, source d'espoir et de confiance en l'avenir. En ce qui me concerne, dans la quotidienneté des missions gratifiantes mais ô combien difficiles, je m'attèle, en permanence, à servir le Sénégal en accompagnant mes sœurs et frères vers une meilleure qualité de vie.

J'ai choisi la difficulté, en refusant le scénario de la facilité. J'ai accepté les missions qui m'ont été confiées jusque-là, pour avoir l’opportunité de mieux servir mon pays.

Le travail nous occupe nuit et jour et nous sommes conscients qu'il reste beaucoup à réaliser encore, pour la création des emplois, la réduction du coût de la vie, l’éradication de la pauvreté, l'accès aux logements sociaux, la construction d'infrastructures, un meilleur environnement pour la compétitivité de nos entreprises pour l’émergence définitive du Sénégal du futur. À côté des millions de Sénégalais, nous participons quotidiennement à relever le défi.

Je vis pleinement, tout comme l’ensemble des responsables de ce pays, la double préoccupation majeure de la solution définitive au récurrent problème de la fourniture régulière et suffisante de l’électricité dans les ménages et les entreprises ainsi que l'amélioration quantitative et qualitative du panier de la ménagère.
Lors des événements passés, il n’y a certes pas eu mort d’homme, mais il faut sincèrement déplorer, vivement regretter et fermement sanctionner les scènes de pillages, les actes de banditisme et de profanation des lieux de culte. Nous avons le droit de manifester ; mais nous n’avons pas le droit de saccager les biens d’autrui encore moins de piller.

Nous avons la profonde conviction que la démocratie sénégalaise en sortira toujours grandie et renforcée. Désormais, il y a un avant et un après 23 juin. Ce message ne peut être ignoré ni par le pouvoir, ni par l’opposition. Notre formation politique, le PDS, et nos alliés ne peuvent faire autre chose que de consolider les acquis démocratiques de Léopold Sédar Senghor, d’Abdou Diouf et de Me Abdoulaye Wade.

N’en déplaisent aux magiciens de la désinformation, aux adeptes de la propagande politique, aux manipulateurs de l’opinion publique nationale et internationale, nous disons avec force et conviction que le sentiment démocratique est très fort ici. Chez nous, il n’y a qu’un seul et unique chemin pour accéder au pouvoir : celui des urnes. Au Sénégal, en France, en Angleterre, aux États-Unis et dans toutes les démocraties, le pouvoir ne s’hérite pas, il se conquiert par la voix des urnes.

En conclusion, il nous faut renouveler notre ambition pour le Sénégal, en compagnie de citoyens simples et droits, courageux et travailleurs, issus des centres urbains, de la banlieue et des zones rurales et avec tous les millions d’hommes, de jeunes et de femmes qui nourrissent autant d’amour et de passion pour notre cher Sénégal.

Fait à Dakar, le 03 juillet 2011
Karim Wade


Rédigé par Pierre S. Adjété le 04/07/2011 à 07:37
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