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Pierre S. Adjété
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Alors que son ami de président français se débat pour effectuer une rentrée politique en rangs serrés derrière sa seule personne qui n’a pas encore compris avant de diriger la Frrrrrrance qu’un citoyen-est-un-citoyen-point-final, le premier ministre québécois Jean Charest en arrache avec sa Commission Bastarache créée pour noyer le poisson du financement politique et ses effets pervers. Il est vrai que depuis la Commission Gomery sur les commandites dont les effets du Rapport dévastateur ainsi que le ridicule spectacle télévisé des séances de comparution des participants ont balayé l’éphémère PM canadien Paul Martin –créateur de la Commission elle-même, et ainsi permis l’arrivée au pouvoir de Stephen Harper devenu indétrônable quoique minoritaire à Ottawa, tout politique se doit d’y réfléchir avant de répondre aux besoins de « tout-savoir-sur-les-dessous-du-jupon-politique » liés au financement des partis politiques par le bon Peuple trop immature pour tout-découvrir-tout-de-suite. Tout cela fait désordre! Parce que le Jean Charest qui croyait prendre son peuple en se cachant de lui derrière cette commission Bastarache doit pratiquement prendre le micro tous les jours pour démentir les propos de son ancien ministre de la justice qui l’accuse clairement d’avoir fait la part belle aux financiers collecteurs de dollars pour le Parti libéral du Québec, du moins dans la nomination de trois juges. Avait-on besoin de créer une Commission pour trois juges compétents nommés à partir d’une courte liste de juristes (avocats et juges) déjà jugés compétents? Certainement que non! Mais le brave Jean Charest, qui n’a fait que de la politique depuis sa sortie d’université - sa tendre enfance donc, ne possède d’expérience que de la politique; et c’est trop peu pour faire carrière en politique aujourd’hui. Sans aucun doute, le PM du Québec commence sa descente aux enfers politiques… Pour Michel C. Auger, « le mal est déjà fait » pour Jean Charest auquel les Québécois ne croient qu’à 15% contre 50% pour son ancien ministre de la Justice, avocat, devenu déballeur public de mœurs politiques après avoir été libéré de son serment d’ancien ministre. Une mémoire phénoménale en plus... dates et heures en prime. En effet, le mal est déjà fait. En France comme au Québec : Aux Urnes Citoyens! En 2011?


Gilles Rousset
Gilles Rousset
Quoi qu'il arrive lors du reste des audiences de la commission Bastarache, on peut dire que, pour Jean Charest, le mal est, en quelque sorte, déjà fait.

La commission a encore beaucoup de témoins à entendre, mais il est déjà clair qu'elle ne pourra jamais trancher de façon définitive entre les versions de Marc Bellemare et de Jean Charest. Pour la simple raison que tout se résume à deux conversations sans témoins qu'ont eues les deux hommes.

Même si personne ne devait venir corroborer les dires de Me Bellemare — ce qui n'arrivera pas — ou même si sa crédibilité ne survivait pas au contre-interrogatoire — ce qui est possible, mais peu probable au vu de l'aplomb avec lequel il a témoigné cette semaine —, ce sera encore et toujours la parole de l'un contre la parole de l'autre.

Bref, ceux qui croient Jean Charest vont continuer de le faire. Ceux qui croient Marc Bellemare, aussi. Or, dans les derniers sondages, il n'y avait plus que 9 % des francophones qui croient encore le premier ministre...


L'influence des collecteurs de fonds

Pour ceux qui ont écouté les audiences de la commission, l'aspect le plus intéressant du témoignage de Me Bellemare ne touchait pas à la nomination des juges. C'était plutôt la visite guidée de certains des aspects plus troubles de la vie politique, comme l'influence diffuse et occulte, mais bien réelle, des organisateurs électoraux et des collecteurs de fonds.

Ces gens n'ont pas besoin d'être des proches du premier ministre, ils ont juste à pouvoir en donner l'impression. Ils n'ont pas besoin de rencontrer bien souvent le chef en personne, puisqu'ils ont accès au personnel de son cabinet.


L'utilité de la commission Bastarache

Or, la question du financement des partis politiques, et du PLQ en particulier, est au coeur du débat politique depuis maintenant plus d'un an. Une vaste majorité de Québécois veulent une enquête publique sur les liens entre l'industrie de la construction et le financement politique. Ce qu'ils ont entendu à la commission Bastarache ne fera qu'augmenter leur frustration : il y a finalement une enquête, mais ce n'est pas celle qu'ils attendaient.

En fait, on peut déjà se demander quelle sera l'utilité réelle du rapport Bastarache. Même si beaucoup de gens sont cyniques, il reste que le système de nomination des juges fonctionne plutôt bien. Même de l'avis de Me Bellemare, il n'y a que trois nominations litigieuses qui soient visées par le mandat de la commission. Ces nominations ne sont pas mauvaises, elles ne sont juste pas celles que Me Bellemare aurait faites.

On parle de trois juges qui avaient été retenus par le comité de sélection comme étant compétents. Ils avaient, selon l'expression « passé le concours ». Ils ont juste été choisis devant d'autres candidats compétents que favorisait le ministre de la Justice. Difficile de croire que cela mérite une commission d'enquête présidée par un ancien juge de la Cour suprême.

Il n'est pas évident qu'il y ait eu trafic d'influence, et même si on réussissait à le prouver, il reste que ce n'est pas le système de nomination des juges qui serait en cause.

On peut sans doute resserrer certaines choses dans le système actuel. En particulier, on devrait revoir la manière de choisir les représentants du public dans ces comités de sélection. On pourrait aussi demander aux comités de produire des listes plus courtes ou de donner un ordre de priorité à leurs recommandations, ce qui exigerait de justifier de prendre les candidats moins bien cotés.

Mais on n'avait certainement pas besoin d'une commission d'enquête de 6 millions de dollars pour faire cela. Surtout qu'un comité de sages du Barreau ou une commission parlementaire aurait faire le travail tout à fait gratuitement.///////Michel C. Auger



Rédigé par psa le 27/08/2010 à 00:36 | Permalien

Silence

La nouvelle rengaine gouvernementale, en France, a pris une tournure sordide. Nicolas Sarkozy veut démonter les campements illégaux de gens du voyage, mais aussi de Roms, qu’un glissement de discours malsain a transformés au fil des déclarations en principaux fauteurs de troubles de l’Hexagone.


Yvo Jacquier, Femme chat
Yvo Jacquier, Femme chat
Chaque jour de cette semaine, le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, a rabâché des objectifs chiffrés: 300 squats seront démantelés et 850 Roms seront renvoyés au pays avant la fin du mois. Rien de neuf sur le fond – 10 000 ont été expulsés en 2010.

L’innovation tient à la forme: l’hypermédiatisation de ces reconduites, dont l’expérience a prouvé qu’elles étaient vaines. Un Rom expulsé tente systématiquement de revenir; un squat démantelé ne fait que se déplacer un peu plus loin. La ruse sécuritaire a déjà fait ses preuves par le passé. Mais cette fois, les ficelles sont vraiment grosses.

Résumons. En juin, le pouvoir de Nicolas Sarkozy est assailli par la presse dont les révélations nourrissent la chronique nauséabonde des «affaires». Où l’on apprend notamment que le ministre du Travail, Éric Woerth, responsable de la périlleuse réforme des retraites, entretient avec le monde de l’argent des relations, peut-être pas illégales, mais du moins sujettes à caution.
Mi-juillet, le président, tétanisé par la virulence des médias, tient enfin sa diversion. Des heurts ont éclaté dans un quartier de Grenoble et, en Loir-et-Cher, des gens du voyage ont saccagé le bourg de Saint-Aignan. Nicolas Sarkozy, qui se faisait fort de «nettoyer au Kärcher» les cités chaudes, reprend ainsi la main sur l’agenda avec le retour fracassant du discours sécuritaire.
Fera-t-il oublier aux Français la crise, les retraites, les scandales? Le président en a fait le pari, avec en ligne de mire le scrutin de 2012. Il est loin de l’avoir gagné. Vendredi, une enquête de France Inter, questionnant les affinités d’un conseiller d’Éric Woerth avec les entreprises, a montré, une fois encore, que les médias n’entendaient pas baisser la garde sur les «affaires».////// Angélique Mounier-Kuhn



Rédigé par psa le 21/08/2010 à 00:00 | Permalien

Silence

Je sens l’âme d’une invitation à écrire... l’âme d’une autre incitation à la vigilance publique. Assez d’entendre qu’aucun dialogue n’est possible au Togo. Fini les je-vous-l’avais-bien-dit! Il faut sortir de l’école des ressentiments et marcher vers le Togo, là où il est étalé de tout son long –de Lomé à Cinkassé, et le relever d’une nouvelle intelligence et pour une nouvelle posture. Le président togolais qui devrait appeler ses véritables adversaires ne semble toujours pas avoir compris l’importance et la symbolique du verbe et de la communication; ce défi reste pourtant à sa portée. Il le demeure toujours.


Incitation à l’éveil patriotique : II




Le Togo n’en peut plus d’attendre. Il lui faut renouer avec la raison, toutes les raisons. La nation n’est pas une donnée, encore moins un cadeau du ciel. Elle se forge particulièrement dans les moments chauds et difficiles, et à coup de délibérations citoyennes, et en risquant davantage la démocratie : la seule certitude qui reste pour le salut du Togo.

Il y a un rôle nouveau à attribuer à la politique au Togo; c’est de l’utiliser comme un moyen pour venir à bout de nos suffisances d’abord, venir à bout de nos insuffisances ensuite; venir à bout de nos erreurs et de nos errements de ces vingt dernières années. Il en est ainsi, il est possible de penser ainsi car, par nature, la politique est pratique, la politique est l’art du possible. Et, lui donner une mission et un rôle de combler nos carences, c’est l’élever au niveau des ambitions de tous les Togolais d’avoir un pays autre, un État qui marche en rangs serrés, une République, une démocratie.

Il faut prendre le Togo là où il est, là où il se retrouve après ces années et mettre la politique à son service comme un levier. Mais il est vrai que tout cela ne peut se faire sans la bonne foi et loin de la tromperie qui a trop marqué la politique au Togo, loin de la violence gratuite administrée aux autres.

Il faut alors redéfinir un objectif commun et partagé, en termes d’étapes graduelles parfois anodines, sur lesquelles de larges consensus peuvent se faire. Et ainsi, par pallier, progresser vers l’objectif principal.

Il ne s’agit plus de jouer un Togo contre un autre, ni le nord contre le sud, ni la démocratie contre la dictature, ni les bons contre les mauvais, ni le RPT contre l’UFC, ni les forts contre les faibles encore moins les Faure contre les Fabre. Il s’agit de faire le Togo à partir du Togo, de faire le Togo avec les seuls matériaux disponibles : les Togolaises et les Togolais tels qu’ils sont et non tels que l’on voudrait qu’ils soient.

L’heure est vraiment grave; le spectacle est désolant. Fini les citoyens qui aiment rester dans la salle d’attente de leur propre pays; fini les donneurs de leçons et les irréductibles; fini les je-vous-l’avais-bien-dit; fini les seules-les-armes-feront-le-changement-au-Togo; fini les vous-me-donnerez-des-nouvelles-de-ce-Togo-dans-vingt-autres-années. Il faut remettre la main à la pâte, remettre la main à la patrie Togo.

L’esprit de révolte, désormais sublimé dans les marches hebdomadaires aboutissant sur les sables fins de Lomé et les pages Internet de la diaspora, doit quitter ce confort et emprunter le chemin de la convergence patriotique. Nul ne mettra fin ainsi aux marches, aux querelles et aux incantations virtuelles sur les sites Internet, certes; pas plus les arrêts des tribunaux que les arrêtés ministériels. Mais une certaine catégorie de personnes, les politiques, d’un côté comme de l’autre, doivent savoir qu’ils ne peuvent véritablement s’en tenir qu’à la seule force de leur imagination, la seule force de leur intelligence à mettre au service d’une solution de sortie de crise au Togo… C’est une invitation à l’éveil patriotique. Éviter que le Togo ne sombre dans la banalisation de la violence politique.

togo_incitation_eveil_patriotique_version2.pdf Togo.Incitation-Eveil-Patriotique.version2.pdf  (270.94 Ko)

Rédigé par psa le 10/08/2010 à 22:00 | Permalien

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Theo Geschwind
Theo Geschwind
Nicolas Sarkozy sur les pas d'Alain Juppé ? Tout un paquet qui se déficelle? On pourrait le croire, à la lumière du revirement que vient de confirmer Christine Lagarde à propos de l'accession à la propriété. Le gouvernement va revenir sur l'une des promesses phares de l'actuel président - la déductibilité des intérêts d'emprunt immobilier - pour étendre une mesure initiée par l'ancien Premier ministre en 1995 : le prêt à taux zéro. Nicolas Sarkozy fait une nouvelle fois la preuve de son grand pragmatisme : le crédit d'impôt sur les intérêts n'a pas donné les résultats escomptés. Non seulement il coûte cher au budget de l'État, mais il n'a pas boosté l'accession à la propriété pour laquelle la France enregistre toujours un retard sur ses partenaires européens. Il a plutôt servi d'effet d'aubaine pour des ménages aisés ; bref, c'est une niche fiscale créée par le pouvoir actuel que l'actuel pouvoir s'apprête à supprimer.

Dans cette affaire, Nicolas Sarkozy aura tardé à entendre les parlementaires de sa propre majorité qui, dès 2007, l'avaient mis en garde contre l'inefficacité de cette mesure. Comme il avait refusé d'écouter - et même sévèrement recadré - son ministre du Budget de l'époque, un certain Éric Woerth, qui s'était élevé contre la rétroactivité du crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt et le coût que cela représentait. Rendons à César ce qui est à César : Éric Woerth avait vu juste, puisque le Conseil constitutionnel avait par la suite recalé cette disposition.

Décidément, le paquet fiscal ficelé à l'été 2007 n'en finit pas de se défaire. La défiscalisation des heures supplémentaires existe toujours, mais la crise en a fait une coquille presque vide. Le sacro-saint bouclier fiscal va lui-même subir une première brèche, puisque les hauts revenus seront mis à contribution (légère) pour le financement des retraites. C'est tout un pan du sarkozysme triomphant de 2007 qui s'effrite sous les coups de la crise économique, mais aussi d'une bataille de communication qui a été perdue par le pouvoir. On comprend mieux que le président cherche à compenser en revenant lourdement sur ses autres « fondamentaux » : l'immigration et la sécurité. Le paquet qui se déficelle. La question est maintenant de savoir si les Français verront dans ces revirements la marque d'un pragmatisme ou le symbole d'un pilotage à vue, le signal d'une nouvelle sagesse ou le début d'un affolement.///////Bruno Dive

Rédigé par psa le 06/08/2010 à 01:50 | Permalien

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Mieux vaut tomber amoureux d’un ressortissant de l’espace Schengen. Essayez donc de suivre votre fiancé à Mogadiscio pour l’épouser ou de proposer à la femme qui pourrait être celle de votre vie de rentrer à Bassorah pour y demander un visa. C’est la dérive suisse annonciatrice de la Sarko dérive, alors même que la France est gouvernée par un couple italo-hongrois, Carla Gilberta Bruni Tedeschi et Nicolas Paul Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa. Justine Levy aurait écrit et dit… Rien de grave. Le roman des prochaines présidentielles françaises a commencé plus tôt que prévu. Retour en Suisse en attendant…


Myriam Soumaré, félicitée par ses compatriotes… françaises
Myriam Soumaré, félicitée par ses compatriotes… françaises

C’est une loi passée un peu inaperçue mais qui va enlever aux citoyens suisses, et pas seulement à eux, une part de leur liberté individuelle. Elle stipule que dès le 1er janvier prochain, les officiers d’état civil ne pourront célébrer de mariage que si les deux fiancés sont titulaires de la nationalité suisse ou d’un titre de séjour valable. La manœuvre vise à empêcher les requérants d’asile déboutés, mais aussi les étudiants étrangers arrivés au terme de leur cursus, les touristes qui s’attardent plus de trois mois ou les travailleurs au noir, de légaliser leur présence en Suisse par le mariage.

Comme si tous les sans-papiers n’avaient que des motifs coupables pour se marier.

Or, pour quelques cas suspects que les dispositions actuelles, qui datent de 2008, permettent déjà de prévenir, cette nouvelle loi aura d’amères conséquences pour les citoyens de ce pays. Ils ou elles ne pourront plus épouser la personne de leur choix. Car les alternatives, mariage dans le pays d’origine ou obtention d’un visa spécifique, restent souvent illusoires. Essayez donc de suivre votre fiancé à Mogadiscio pour l’épouser ou de proposer à la femme qui pourrait être celle de votre vie de rentrer à Bassorah pour y demander un visa.

Mieux vaut tomber amoureux d’un ressortissant de l’espace Schengen.

Sans oublier la part d’arbitraire que cachent ces nouvelles normes: un cadre japonais aura plus de chances qu’un jeune Africain de franchir les obstacles que la Suisse dresse désormais sur le chemin du mariage, quelle que soit la force des sentiments qui les unissent à leur fiancée. Du côté des conjoints helvètes, il ne sera pas négligeable de disposer de relations au sein de l’administration pour surveiller une procédure assez obscure, et de revenus confortables pour couvrir les billets d’avion, l’attente du conjoint dans son pays et les garanties financières nécessaires pour le visa. Les Suisses sont-ils prêts à accepter ces nouvelles limites? A gauche comme à droite, certains qualifient cette loi comme relevant d’un État totalitaire.////////Serge Michel




Rédigé par psa le 01/08/2010 à 00:10 | Permalien

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Pius Njawe… Il avait choisi de vivre libre!
Évidemment, c’était un collègue, un ancien collègue. À la direction d’Afrique Tribune, à la naissance même d’Afrique Tribune j’avais travaillé avec notre ami Pius Njawe, nous avions travaillé avec Pius. Pius nous avait donné un coup de main et un de ses journalistes avait continué le périple avec nous. À certains de ses passages à Montréal on échangeait…

C’est un grand homme que nous venons de perdre. Il avait un engagement pur et avait contracté la liberté assez tôt. Les mois de prison et les semaines d’arrestation n’avaient pas réussi à le guérir : il ne s’était jamais fatigué de la liberté. C’est d’ailleurs en mission pour la liberté, pour cette conférence de la diaspora sur les chances de l’alternance politique au Cameroun en 2011 qu’il s’était fait piéger par le tragique du destin, l’envers de la vie. Le voilà mort de liberté… Dans son cas, rien ne pouvait avoir raison de lui sauf la Liberté. C’est notre seul soulagement!

Quel soulagement? Aucun soulagement… Pas pour moi qui ai toujours détesté la mort dans sa brutalité et sa finitude aveugle et sans discernement.

Pius, repose libre et tiens toi loin de la mort… Continue à vivre libre… Libre de nous! Libre avec nous!


Pius Njawe… Il avait choisi de vivre libre!

Rédigé par psa le 13/07/2010 à 23:13 | Permalien

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C’est l’une des plus ancienne toiles de Rembrandt, La leçon d’anatomie du Docteur Nicholas Tulp, 1632. C’est cette œuvre Baroque du célèbre peintre de l’âme. C’est probablement cette âme que le peintre sud-africain Yiull Damaso, grand provocateur, est allé chercher en mettant en scène un Mandela mort sur la table d’autopsie. Une autopsie pratiquée par le défunt Nkosi Johnson (un enfant né avec le Sida et mort en 2001, à 12 ans) sur Mandela en présence des observateurs comme Desmond Tutu, Jacob Zuma, Thabo Mbeki, Frederik de Klerk, Cyril Ramaphosa, Trevor Manuel et Helen Zille. Naturellement le coup de pub de ce dernier vendredi avant la fin de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud est décrié par une partie importante de la classe politique du pays, notamment les leaders de l’ANC. Voici l’original du tableau et son inspiration. L’art doit-il être sans conscience sociale et respect individuel ?
La leçon d’anatomie du Docteur Tulp

La leçon d’anatomie du Docteur Tulp

Rédigé par psa le 09/07/2010 à 23:33 | Permalien

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Le roi est nu… Vive la République
Plombé par les frasques de ses ministres et son bilan dérisoire, Nicolas Sarkozy se retrouve face au spectre de l’échec. La République irréprochable est en rupture de valeurs et d’éthique publique.
Il y avait, au moment de son élection en 2007, quelque chose de magique chez Nicolas Sarkozy. Son âge, son énergie, sa volonté de rupture, sa boulimie de réformes et un discours séduisant bâti sur des valeurs, comme le «travail», et des promesses, comme la «République irréprochable». Après l’interminable torpeur des années Chirac, la France semblait enfin prête pour le grand saut, pour des ajustements de son train de vie douloureux et néanmoins plébiscités. De fait, les premiers mois au pouvoir de cet homme monté sur des ressorts ressemblèrent à un véritable feu d’artifice. Nicolas Sarkozy semblait alors d’une habileté inouïe. Il pratiqua «l’ouverture politique» pour associer des personnalités de gauche à son action et lui conférer un caractère d’intérêt national. Il brandit la carte de la «diversité» en s’entourant de trois femmes issues des minorités visibles, pour incarner la France de demain. Politiquement, il paraissait invincible: l’extrême droite était moribonde, la gauche déboussolée et le centre avait perdu toute raison d’être.
Trois ans plus tard, l’artifice a fait long feu. Il ne reste de l’ouverture qu’un ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui n’a pas eu son mot à dire depuis 2007, et la figure trouble d’Éric Besson, ministre de l’Immigration, de l’intégration et de l’identité nationale. Il ne reste de la diversité que la secrétaire d’État aux Sports, Rama Yade, qui peine à justifier ses frais de voyages, et celle chargée de la Politique de la ville, Fadela Amara, dont le «Plan Espoir Banlieues» se révèle un échec complet et qui est, elle aussi, accusée d’avoir fait de son appartement de fonction un usage très personnel. Le bilan présidentiel semble ainsi devoir se résumer à la seule réforme des retraites, urgente et nécessaire mais qui pourrait bien sombrer avec son artisan, Éric Woerth. De fait, il y a fort à parier que la démission forcée, dimanche soir, de deux secrétaires d’État ne suffira pas à restaurer la crédibilité d’un gouvernement carbonisé et l’autorité d’un président dont la cote de popularité est au plancher. Nicolas Sarkozy a joué avec le feu, et il est en train de perdre. Le spectacle qui apparaît au fur et à mesure que se dissipe le nuage de fumée est affligeant: la France est surendettée, les réformes sont paralysées et l’extrême droite s’apprête à renaître de ses cendres.///////////Serge Michel

Rédigé par psa le 06/07/2010 à 00:45 | Permalien

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La France part à vau-l’eau. Elle s’en remettra, bien sûr, mais la crise intérieure dans laquelle elle n’a fait qu’entrer est d’autant plus grave que la prochaine présidentielle n’aura lieu qu’au printemps 2012. D’ici là bonjour la Chienlit, aurait dit le Général, lui qui savait voir loin. Il faudrait pouvoir tourner la page au plus vite mais, non, il y a presque deux ans à attendre alors que le chef de l’État dégringole dans les sondages, perd la main, et qu’un parfum de putréfaction morale sature le pays sur fond de colère sociale grandissante et de démissions bien ordonnées de ministres.


Ousmane Sow, Le Général...
Ousmane Sow, Le Général...
Il y eut d’abord, à l’automne dernier, cette volonté de Nicolas Sarkozy de faire nommer son fils à la tête de l’organisme public chargé de l’aménagement de la Défense, le quartier d’affaires parisien. Là où il aurait fallu de la compétence et de l’expérience, il n’avait trouvé que ce jeune homme qui lui ressemble comme un clone et s’exprime comme lui, qu’une photocopie de lui-même, et ce n’est pas passé. Non seulement la gauche a hurlé mais la droite a tant grogné que l’Élysée a dû reculer, au moment même où il s’est avéré que le ministre de la Culture, homme que Nicolas Sarkozy avait recruté car il est le neveu de François Mitterrand dont il porte le nom, était aussi l’auteur d’un récit sur ses expériences de tourisme sexuel.

Il avait pu sembler habile de s’attacher un Mitterrand, mais, là, l’électorat de droite s’est senti mal. Ça ne passait pas en province. Un abîme s’est creusé entre le président et sa base. La droite s’est détournée de lui alors qu’il n’avait séduit, à gauche, que quelques ministres «d’ouverture». Une crise politique était en germe dès l’automne et un fait divers a éclaté, là-dessus, rien qu’un règlement de comptes familial, mais qui a braqué les projecteurs sur le monde de l’argent car cette famille était celle de Liliane Bettencourt, héritière de L’Oréal et plus riche femme de France et d’Europe.

Dans son ennui, cette dame s’est entichée d’un photographe au point de lui faire pour un milliard d’euros de donations. Il la faisait rire mais l’héritière de l’héritière n’a pas apprécié. Poursuites judiciaires visant à prouver que Mme Bettencourt n’aurait plus toute sa tête. Grands avocats, grands moyens des deux côtés et, dans la cascade de révélations qui s’ensuit, on apprend que la propre épouse de l’ancien ministre du Budget travaille dans l’équipe financière chargée de gérer l’une des premières fortunes de France.

Ce n’est pas illégal mais il se trouve que ce ministre est également trésorier du parti majoritaire et, depuis qu’il s’est avéré que Mme Bettencourt n’était pas en règle avec le fisc, un vertige a saisi la France. Au rythme de deux révélations par jour, alors même que Nicolas Sarkozy relève l’âge de la retraite et que c’est ce même ministre, Éric Woerth, qui pilote aujourd’hui cette réforme, le pays découvre ce qui a toutes les apparences d’un vaste inceste entre l’argent et le pouvoir.

L’homme qui s’était fait élire sur le mot de «rupture» et promettait une «République irréprochable» est englué dans une affaire d’État qui suscite colère et dégoût. Pire encore, le voilà renvoyé à ses premiers faux pas, à ces moments où, sitôt élu, il avait effaré la France en s’empressant d’offrir un «bouclier fiscal» aux plus fortunés, de fêter son triomphe avec les plus profondes poches du pays dans un restaurant des Champs-Élysées et d’aller se reposer sur le yacht d’un ami milliardaire. À l’heure de la rigueur, le pays en conclut qu’il est gouverné par les plus riches et pour eux. Cerises sur le gâteau, plusieurs ministres se sont fait prendre à vivre aux frais de l’État, frais de cigares compris. Ce président est délégitimé. Sa majorité elle-même ne croit plus en lui mais les élections sont pour 2012. Ça va mal, franchement mal, en France.////////Bernard Guetta



DESTINATION CONNUE DES WOERTH...GENÈVE
Au fur et à mesure des révélations entourant la fortune de Liliane Bettencourt et des écoutes – si elles sont authentiques – révélant un véritable montage financier d’évasion fiscale, les langues se délient à Genève. Et pour cause! Les gérants de fortune de la place financière genevoise n’en veulent pas tellement à l’héritière de L’Oréal, qui pèse quelque 16 milliards grâce aux 31% d’actions qu’elle détient dans le groupe cosmétique et aux 3% qu’elle contrôle chez Nestlé, faisant d’elle la plus importante actionnaire de la multinationale. Ils en veulent à Eric Woerth, aujourd’hui ministre français du Travail, mais qui fut, il y a quelques mois encore ministre du Budget, n’hésitant pas à brandir la liste des 3000 noms de citoyens français, volée par Hervé Falciani en 2009 chez HSBC Private Bank (Suisse) à Genève.
L’un d’eux, spécialiste des «family offices» (sorte de banques privées pour très grandes fortunes) tempête: «Eric Woerth, qui avait fait de l’évasion fiscale sa priorité, nous a longtemps fustigés comme les ennemis numéro un. C’est lui aussi qui, avec Peer Steinbrück, alors ministre allemand de l’Economie, nous a conduits sur la liste grise de l’OCDE, celle des paradis fiscaux non coopératifs. Mais savez-vous qu’au même moment, sa femme Florence, l’une des gérantes de fortune de Liliane Bettencourt, était vue très souvent dans le «family office» de la milliardaire française, qui se situe à deux pas de l’Hôtel d’Angleterre
Cette entité de gestion de fortune genevoise fait partie de la holding Téthys qui gère les actifs de l’héritière, à savoir principa¬lement les dividendes de son paquet d’actions chez L’Oréal et chez Nestlé, ainsi que ses biens immobiliers. Elle travaille main dans la main, mais depuis la Suisse (!), avec la société financière française Clymène, dirigée par l’homme de confiance Patrice de Maistre et employeur, depuis 2007, de Florence Woerth, épouse de l’ex-ministre du Budget.
Et notre financier fâché d’ajouter: «Eric Woerth, durant ces deux dernières années, ne pouvait pas ignorer que sa femme se trouvait très régulièrement à Genève. Et que ce n’était certainement pas pour voir son Jet d’eau
Les enregistrements illicites faits par l’ex-maître d’hôtel de Liliane Bettencourt ont déjà mis au jour deux comptes bancaires, l’un à Vevey, de 65 millions d’euros, l’autre à Genève, de quelque 16 millions d’euros. Ces deux comptes sont tellement réels que Liliane Bettencourt et son gérant de fortune Patrice de Maistre les ont déplacés au mois d’avril dernier, selon les dernières informations, non plus à Singapour ou Hongkong, mais dans une assurance-vie en France au profit du petit-fils de Liliane et fils de Françoise, aujourd’hui en procès avec sa mère. En 2009 et 2010, le directeur de la société financière Clymène a donc fait, de son propre aveu, de très nombreux aller-retour à Genève et dans l’arc lémanique, pour «qu’on enlève ces comptes».
Autre fait avéré des liens entre Clymène et Genève est le transfert, il y a quelque deux ans, de 280 millions d’euros des comptes français de Liliane Bettencourt chez UBS Genève. Enfin, selon des documents publiés cette semaine par l’hebdomadaire Marianne, il s’avère que la fortune déclarée en 2007 dans l’Hexagone par l’héritière L’Oréal et ses gérants s’élevaient à 2,2 milliards d’euros pour une imposition de 40 millions d’euros.
Enfin, en tant que trésorier de l’UMP, Eric Woerth, lui aussi, connaît visiblement passablement bien la route qui conduit à Genève, chez un autre de ses amis, Pierre Condamin Gerbier, responsable de l’UMP à Genève et gérant de fortune ardent défenseur des «family offices». C’est ce dernier qui s’est chargé, notamment, d’organiser le dîner de gala au Crowne Plaza, puis au Caviar House, avec les plus grandes fortunes françaises exilées en Suisse romande, en mars 2007, lorsque Woerth était venu collecter des fonds pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Or, comme le confiait un autre banquier genevois, lui aussi extrêmement courroucé, au Matin Dimanche en septembre 2009, «Eric Woerth ne cherchait pas alors à savoir si les chèques qu’on lui remettait étaient prélevés sur des comptes suisses non déclarés au fisc français.» La collecte finale avait rapporté, en tout, plus de 7 millions d’euros. ///////////ÉLISABETH ECKERT


Rédigé par psa le 03/07/2010 à 01:51 | Permalien

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Dans la Sarkozie, les fuites sont légion. Certaines, cependant, semblent plus contrôlées que d’autres. Mercredi, après une réception de parlementaires à l’Elysée, un député de la majorité a fait savoir, via Twitter, que le président remanierait son gouvernement en octobre, entendant tirer «sévèrement les conséquences du comportement de ses ministres». Depuis plusieurs semaines en effet, le pouvoir est ébranlé par une série de révélations nauséabondes sur les pratiques de ses représentants, des cigares de Christian Blanc au logement de fonction de Fadela Amara en passant par les arrangements fiscaux de «Madame» Baroin. Mais plus que toutes, c’est l’affaire du ministre du Travail Eric Woerth qui éclabousse la Sarkozie.


Salvador Dali, Rose méditative
Salvador Dali, Rose méditative
L’histoire, en réalité, est constituée de multiples actes. D’abord, la femme du ministre est engagée en 2007 – date à laquelle son mari est nommé au budget – dans la société gérant la fortune de Liliane Bettencourt, la plus riche héritière de France, suspectée de cacher une partie de son magot à l’étranger – le notaire «Schtroumpf», à Vevey, en saurait quelque chose. Monsieur, donc, traque les fraudeurs du fisc, tandis que Madame œuvre pour l’une d’entre eux. Madame aurait d’ailleurs été engagée pour faire plaisir à Monsieur. Liliane Bettencourt, pendant ce temps, finance une partie des campagnes de l’UMP, à l’invitation de son gestionnaire de fortune Patrice de Maistre. Eric Woerth reçoit un chèque.

Ces liens ont été divulgués par Médiapart grâce aux enregistrements de conversations privées entre Patrice de Maistre et sa cliente, réalisés par le majordome de la milliardaire. D’autres révélations se sont ajoutées ensuite: en janvier 2008, Eric Woerth a lui-même décoré Patrice de Maistre de la Légion d’honneur. Plus récemment, il a dîné avec Robert Peugeot, après que celui-ci s’est fait cambrioler quelques lingots d’or. Selon le Journal du Dimanche, le montant du vol serait passé de 500 000 à 150 000 euros, par crainte d’un contrôle fiscal. Début juin, l’héritier du géant automobile a également reçu la Légion d’honneur des mains du ministre, passé au Ministère du travail.

Médiapart, en outre, épluchait hier les comptes de «l’Association de soutien à l’action d’Eric Woerth», basée en Picardie et dont les objectifs restent assez obscurs. Où l’on apprend que l’UMP a plusieurs fois versé des sommes importantes à cette petite structure. Eric Woerth, justement, est trésorier de l’UMP depuis 2002. Hier toujours, le Canard enchaîné consacrait une page à la carrière du ministre-comptable, revenant sur ses débuts à l’Agence de développement de l’Oise auprès d’Yvonne Casetta, la banquière du RPR plusieurs fois condamnée. Là, le trentenaire aurait largement profité des fonds publics à titre personnel. Le Canard rappelle encore la clémence de Bercy à l’égard de la famille Wildenstein, dont les milliards sont ingénieusement dispersés hors de France et dont le fils cadet est membre de l’UMP et ami d’Eric Woerth.

Tout cela commence à faire beaucoup. Les médias farfouillent, l’opposition dénonce et Sarkozy remanie? «Ce remaniement était prévu depuis les régionales afin d’avoir un gouvernement plus serré et plus efficace en vue des présidentielles. En revanche, cette annonce est sans doute liée au contexte et à la volonté de faire retomber la pression», relève Pascal Perrineau, directeur du Centre de recherche politique de Sciences Po. Pour l’heure, le chef de l’État et la majorité ont serré les rangs derrière leur ministre du Travail, indispensable VRP de la réforme des retraites. «Il n’est pas dit qu’Éric Woerth soit concerné par ce remaniement futur. La question se posera peut-être plutôt de changer de premier ministre, il est rare de garder le même pour un mandat entier», estime Pierre Bréchon, directeur de l’Institut d’études politiques de Grenoble. Dans tous les cas, l’ajournement à octobre du remaniement pourrait permettre d’avancer sur le dossier des retraites, d’autant que la mobilisation syndicale est prévue pour septembre.

Éric Woerth jure être la victime d’une volonté de nuire à la réforme. «Jusque-là, la France n’avait jamais été très regardante sur ces questions de conflit d’intérêts. Être chargé de la récolte de fonds du parti majoritaire, en même temps que ministre du Budget et maire de Chantilly, où se côtoient nombre de grosses fortunes amatrices de courses hippiques, est malsain mais légal, analyse Pierre Bréchon. Cela dit, je ne crois pas que ces révélations soient liées aux retraites, mais plutôt à l’affaire initiale Bettencourt-Banier. Cela a donné du grain à moudre aux journalistes, qui sont ensuite tombés sur Woerth.» Ladite affaire est celle qui oppose la fille de la milliardaire au photographe François-Marie Banier, accusé d’«abus de faiblesse». Il aurait profité du grand âge de Liliane Bettencourt pour mettre la main sur sa fortune. Le procès est censé débuter aujourd’hui même. Est-ce le mois de la Prise de la Bastille?/////// Caroline Stevan

Rédigé par psa le 01/07/2010 à 01:01 | Permalien

Silence

Au Togo, de nouveau l’avenir contre-attaque… et le passé résiste encore. Pourtant, « Il n’y a rien de permanent que le changement ». Pour combien de temps encore ce passé solitaire, clairement impopulaire et seulement auto-gratifiant, s’accrocherait-il aux chimères d’un présent enfumé au gaz lacrymogène et aux douilles meurtrières? On ne tire pas impunément sur le peuple que l’on gouverne : en 2010 plus qu’en 2005, en 1990 ou avant, une seule Togolaise tuée, un seul Togolais mort pour sa soif démocratique est et restera un mort de trop. Et c’est inacceptable lorsque cette mort advient sous les balles des gouvernants togolais eux-mêmes. Il devient alors et davantage un devoir républicain, une responsabilité citoyenne de ne pas accepter l’inacceptable de la violence politique érigée en système de dialogue nationale au Togo.


Le dialogue par la violence… Non Merci!
On peut tout reprocher aux Togolais sauf de savoir et de dire clairement ce qu’ils veulent : la dignité humaine et le droit de vivre dans un pays où l’arbitraire, seul et toujours, ne constituerait plus le mode de gestion de la chose publique. Il vient alors à l’idée ce particulier réalisme de John F. Kennedy : le monde n’est pas juste et ne le sera probablement jamais. Soit! Mais ajoutait-il, c’est de la responsabilité des dirigeants politiques de tout pays, des dirigeants du Togo en l’occurrence, de ne pas ajouter l’indifférence et l’indécence à l’inaction et l’indécision.

Depuis plusieurs mois, aucune porte de sincère dialogue politique n’a été ouverte par Faure Gnassingbé à destination des contestataires de son pouvoir, à la suite des dernières présidentielles togolaises, notamment et directement avec Jean-Pierre Fabre de l’UFC et Agbéyomé Kodjo de l’OBUTS. On s’entend bien : offrir des postes ministériels dans un gouvernement dédaigneux des aspirations d’une partie importante de la population togolaise n’est pas du tout un dialogue politique excitant des temps modernes avides de réels changements.

Aussi près que depuis 2005 seulement, le monde change et le contexte politique togolais a également changé. À l’incompétence politique avérée de Gilchrist Olympio –reconnue et alors camouflée par les siens devant leur idéal politique commun, a succédé une compétence patriotique d’obédience citoyenne sans aucune allégeance partisane trempée qu’un désir d’avenir autre. L’hypothèque Gilchrist Olympio clairement levée, nul brouillard n’obstrue l’horizon des Togolaises et des Togolais dans leur reconquête de la Liberté perdue, un devoir de dignité humaine, une responsabilité largement partagée sur l’étendue du territoire -même parmi ceux et celles qui ne parlent pas, avec le seul souci d’éviter l’escalade des tensions ambiantes. On les comprend : il est clairement visible que le Togo est devenu un baril de poudre qui n’attend seulement que son étincelle de trop, sa bougie d’allumage. Est-il nécessaire d’en arriver là, à un autre émiettement politique douloureux au Togo?

Depuis trop longtemps, les revendications professionnelles des différentes composantes de la société togolaise n’ont plus trouvé grâce aux yeux des gouvernants togolais, littéralement incapables d’engager des dialogues de type patronal avec les divers syndicats; un seul a osé en initier, tout le reste préférant encore et toujours dénoyauter, désintégrer, décomposer, dénaturer et dissoudre les organisations d’essence revendicatrice, au lieu de leur offrir des espaces de concertations sincères et respectueuses.

Ces techniques de gouvernance sans consistance et qui appartiennent à une autre époque reprennent ainsi vie au Togo; elles sont alimentées par l’illusion de la répression attentatoire répétitive ainsi que par le fourvoiement des erreurs politiques récurrentes et outrageantes. Nul ne peut toujours tromper son peuple, et penser pouvoir s’échapper à tous les coups avec la caisse commune en privant toujours les mêmes de leur dignité. Impossible!

On ne peut gouverner un pays par la répression continue de ses adversaires : un pouvoir sans opposition n’est autre chose qu’un pouvoir totalitaire. Pas moins au Togo qu’ailleurs, la répression comme seul mode de dialogue avec ses adversaires et opposants ne peut qu’amplifier la contestation active et passive jusqu’à l’explosion sociale. Est-ce l’objectif visé par le pouvoir togolais? Il y a vingt ans, le Togo en était arrivé à cette manifestation de rupture profonde qui n’a jamais su être colmatée depuis.

La tromperie politique que constitue le ralliement de Gilchrist Olympio et de ses prétendus Amis ne saurait attester d’une évolution politique de bonne foi au Togo. Bien au contraire, elle attise les déceptions d’un dol politique et d’une réconciliation au rabais. C’est face à ce mécontentement légitime que se doit de naître le dialogue véritable au Togo. C’est tout le contraire qui s’est mis en branle : l’envers du dialogue, la face cachée de la réconciliation, l’opposé du Togo promis.

En effet, le dialogue politique au Togo ne peut prendre tout son sens que dans la fertilité de l’adversité résolue et pacifique comme c’est le cas actuellement ainsi que dans le couronnement du débat contradictoire raisonné et diligent comme nous l’attendons; mais aucunement à travers la régence testamentaire et duplicative des pratiques antiques excessives de sauteries sur ses propres concitoyens.

La beauté même de l’art politique et ses exigences scientifiques et éthiques ne peuvent longtemps demeurer profanées et toujours réincarnées par l’incompétence politique au Togo. Aujourd’hui, c’est un devoir de s’opposer à cette incompétence politique avérée et coûteuse qui n’a de cesse de confondre gouvernance à violence, confondre dialogue et monologue.

Faure Gnassingbé ne peut continuer à ajouter l’indécence de la violence à l’indifférence de son monologue. Le Togo doit changer! Le Togo qui nous est aujourd’hui offert en spectacle tragique ne nous satisfait pas. Le Togo d’aujourd’hui ne donne plus satisfaction ni fierté au peuple togolais dans sa réelle majorité, qu’elle soit active ou silencieuse, dans les frontières nationales de ce pays ou à travers la diaspora. Et il est grandement temps que cela soit entendu : que le passé ne peut triompher de l’avenir de toute une nation!


togo_dialogueparlaviolence.pdf Togo.DialogueParLaViolence.pdf  (171.64 Ko)

Rédigé par psa le 23/06/2010 à 00:00 | Permalien

Silence

Journalistes et lecteurs du prestigieux quotidien dénoncent l’ingérence «inacceptable» de Nicolas Sarkozy dans le processus de recapitalisation en cours. Ils défendent aussi un «modèle unique», plus complexe en réalité qu’il n’apparaît dans la légende du journal. Que dire du Monde, auquel plus de trente livres ont déjà été consacrés? Leur ton souvent critique, voire hostile, en dit plus long que leur contenu sur les attentes immenses entourant ce «modèle particulier» de la presse francophone, où se mêlent la figure tutélaire du père fondateur, Hubert Beuve-Méry, une indépendance farouchement affichée et le poids de la société des rédacteurs.


HBM en 1969
HBM en 1969
Quelle que soit la solution de recapitalisation qui devrait être adoptée le 28 juin par le conseil de surveillance du groupe et deux jours plus tard par son assemblée générale, «une page se tournera», dit Gilles van Kote, président de la société des rédacteurs du Monde (SRM), jusqu’ici actionnaire de référence du groupe. Celle-ci devra s’effacer devant les investisseurs extérieurs qui combleront les dettes du groupe – 80 à 200 millions d’euros selon les sources.

«Je ne voterai pas la vente du Monde », dit Béatrice Gurrey, qui présidait la SRM jusqu’en 2008. Les 49,5% de voix détenues par les différentes sociétés du personnel constituent «une formule exceptionnelle, adaptée à ce journal et à son histoire, et qui gêne beaucoup de monde». La convocation à l’Elysée d’Eric Fottorino, président du directoire du Monde, a ravivé les craintes. Nicolas Sarkozy utiliserait le levier des subventions – 1,5 milliard d’euros par an pour toute la presse française, la plus aidée du monde occidental – pour écarter du jeu les investisseurs dont les penchants politiques entraveraient sa réélection en 2012.

Ingérence politique! Les sombres anticipations de ceux qui voient Le Monde à la botte du capital ou de l’Etat semblent se réaliser. Dans l’édition datée de ce 17 juin, un communiqué signé du «pôle d’indépendance du groupe» qualifie d’«inacceptable» l’intervention présidentielle et «souhaite que les fonds d’origine publique ne soient pas utilisés pour tenter d’orienter le choix que fera souverainement le conseil de surveillance». Ce pôle, regroupant les actionnaires internes et la société des lecteurs, «pèse» 11 sièges sur 20 au conseil de surveillance. A regarder d’un peu plus près l’histoire du quotidien et celle de sa société des rédacteurs, on constate que le «modèle» repose (aussi) sur certains mythes et «malentendus», comme le relève Patrick Eveno, un des meilleurs connaisseurs du Monde.

Sa création, en 1944, découle déjà d’une décision politique du général de Gaulle. La plupart des titres d’avant-guerre sont interdits à la Libération – dont Le Temps, coupable de penchants vichystes. C’est néanmoins dans cet ancien journal influent de la IIIe République que de Gaulle va chercher Hubert Beuve-Méry (HBM). Ce dernier n’a jamais aimé le terme d’«institution» souvent accolé au Monde, «trop figé, trop solennel. Je lui préfère celui d’aventure, risquée au début». Il revendique un journal «sans fil à la patte, qui ne doit rien à personne – Etat, puissances d’argent, syndicats ou Eglise».
La société des rédacteurs voit le jour en 1951, suite à un conflit éditorial sur la place de l’Europe dans le monde d’après-guerre. Le libéral René Courtin, atlantiste convaincu, s’oppose au philosophe Etienne Gilson, qui la veut indépendante de l’Ouest comme de l’Est; Hubert Beuve-Méry se situe entre les deux, plus proche du second. Courtin claque la porte, HBM démissionne. L’académicien Emile Henriot, qui avait vécu la vente occulte du Temps à un consortium de grands patrons en 1929, s’alarme et s’écrie: «Ne nous laissons pas, cette fois-ci, vendre avec les meubles!»

A l’occasion d’une augmentation de capital, la société des rédacteurs en reçoit 28,5%, c’est-à-dire la minorité de blocage. Hubert Beuve-Méry, revenu sur sa démission, la surnomme «le soviet de la rue des Italiens», où se fait alors Le Monde. Il n’en reste pas moins «un patron de droit divin, nommé par le pouvoir et nommant ses successeurs», observe Patrick Eveno. La SRM ne choisit pour la première fois le directeur (Claude Julien) qu’en 1980. Pour les trois suivants, elle entérine des choix faits sans elle. En 1994, elle élit Jean-Marie Colombani – et s’en mordra les doigts quand sa stratégie d’expansion aura creusé un trou de 100 millions d’euros.
Seul exemple de ce type pendant quinze ans, la SRM a essaimé ensuite dans une vingtaine de rédactions. Le modèle a connu son apogée dans la foulée de Mai 68 avant de décliner, notamment sous les coups de boutoir de Robert Hersant. «Dans la pratique, ces sociétés ont joué un rôle plus déstabilisateur qu’organisateur», résume Patrick Eveno, très critique sur le mélange de casquettes.

Le Monde Comme un Journal
Le deuil inachevé du «Monde»

Quant aux rapports du Monde avec la politique, ils n’ont pas toujours été aussi purs que le veut la légende. En 1985, François Mitterrand, mécontent du directeur d’alors, André Laurens, «qui ne sait pas tenir ses journalistes», intrigue pour qu’il soit remplacé par André Fontaine, qu’il qualifie de «successeur naturel». Afin d’appuyer ses propos, il suggère au patron de la banque BNP, un de ses proches, de couper les vivres au journal. André Fontaine s’assied dans le fauteuil directorial, choisi sans vote par HBM. Le Monde lui-même, oubliant les préceptes de son fondateur, se met un «fil à la patte» en soutenant Mitterrand, élu président en 1981. Le journal perd un quart de son lectorat dans les deux années qui suivent. C’est à partir de ce moment aussi qu’il cesse d’être rentable et subit ses premières attaques. Dans «Le Monde» tel qu’il est, Michel Legris lui reproche d’être une «société anonyme à responsabilité diluée» aux positions «tortueusement camouflées», un journal qui «après avoir marqué son temps, a fait son temps».

L’attaque est dure, mais ce n’est rien en comparaison de celle que lancent Pierre Péan et Philippe Cohen en 2003 dans La Face cachée du «Monde». Un triomphe en librairie. Cette fois, ce sont les liens financiers et «abus de pouvoir» du quotidien, ou plus précisément du trio qui le dirige – Jean-Marie Colombani, Alain Minc et Edwy Plenel – qui sont décortiqués et dénoncés. On ne refera pas ici ce procès-fleuve (Patrick Eveno juge l’essentiel de ces reproches infondés ou exagérés). L’intérêt du livre est dans ce qu’il déclenche. Une partie de la rédaction se dresse contre l’autre, une ombre de soupçon plane désormais sur le titre. «Combiner les fonctions de directeur et de rédacteur en chef dans les mains d’une même personne suscitait la tentation de mêler journalisme et affaires. Le problème n’était pas l’existence de conflit d’intérêts, mais l’impression constante qu’il pouvait y en avoir», écrit Rodney Benson, de la New York University. Cela d’autant plus que Jean-Marie Colombani, convaincu qu’un titre isolé est plus fragile qu’un groupe diversifié, s’est lancé dans une politique agressive de rachats: Télérama , Midi Libre , Courrier international , ainsi qu’une participation au Temps (suisse) aujourd’hui diluée à 2,1% du capital. Pour cela, il a beaucoup endetté et complexifié le groupe dans une cascade de holdings. C’est ce château de cartes qu’abat la double crise – financière, suite à la chute des recettes; de confiance, après le livre Péan-Cohen. Les têtes roulent. Le Monde a déjà connu maintes crises, mais celle-là est plus profonde.

«Il ne s’agit pas de coller une nouvelle rustine, il faut un vrai projet pour ce groupe», dit un connaisseur du dossier. Or les groupes de presse étrangers qui l’ont étudié se sont désistés (Ringier, L’Espresso) ou ont demandé un délai, comme l’espagnol Prisa, lui-même endetté à hauteur de plusieurs milliards d’euros et en négociation avec Liberty Acquisition Holdings. «Pas question de passer sous la coupe d’un fonds américain», entend-on déjà dans les couloirs du Monde. Le groupe a besoin de 10 millions d’euros, vite. Jusqu’à ce mercredi la seule offre ferme était celle du milliardaire octogénaire Pierre Bergé (cofondateur de la maison de couture Yves Saint Laurent, joint à Matthieu Pigasse (banque Lazard) et Xavier Niel (actionnaire principal du fournisseur d’accès internet Free). Outre le fait que le trio déplaît à Nicolas Sarkozy, son projet industriel reste flou. D’ailleurs la SRM n’en demande pas, bien que l’imprimerie du journal, obsolète, soit un boulet, de même que le système actuel de distribution. Mieux, la SRM, par la bouche de son président Gilles van Kote, veut «un droit de regard sur les futurs actionnaires». La page n’est donc pas aussi tournée qu’il le dit. Le Monde n’a pas encore fait le deuil de son passé. Aussi, ceux qui s’intéressent à cette «institution» devenue «une marque très forte» selon les mots de son directeur Eric Fottorino, n’ont pas tous posé leur jeu sur la table. C’est le cas de Lagardère (17% du capital). Mercredi, Claude Perdriel, président fondateur du groupe Nouvel Observateur, qui possède 1,7% des actions du Monde a annoncé qu’il s’était allié à France Télécom pour déposer une offre de rachat. D’autres encore attendent peut-être que la situation se décante.///////Jean-Claude Péclet




Rédigé par psa le 17/06/2010 à 03:00 | Permalien

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