Diplomatie Ouverte

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) joue-t-elle la montre pour mieux enliser le processus électorale au Togo? Rien de permet de croire que les élections présidentielles au Togo ne peuvent livrer leur résultat plus de vingt quatre heures après la fermeture des bureaux de vote le 4 mars 2010. Un tel retard prête le flanc aux critiques sur la non-étanchéité du processus et de la responsabilité de la CENI, particulièrement de son président. De cette situation, semble se dessiner deux pôles de cristallisation.


Au Togo, la CENI joue la montre
Le pouvoir gouvernemental de Faure Gnassingbé s’est déclaré vainqueur quelques heures après que les forces de l’opposition se soient désignées victorieuses ce vendredi 5 mars 2010. La situation est d’autant plus incertaine que, fait rare, l’opposition semble s’unir autour de Jean-Pierre Fabre (JPF) auquel l’un des adversaires, Agbéyomé Kodjo, a reconnu la victoire. Dans deux déclarations déjà, Agbéyomé Kodjo, ancien premier ministre à ne pas confondre avec Édem Kodjo, apporte son appui à JPF. Dans la dernière sortie, Agbéyomé Kodjo s’insurge contre une pratique frauduleuse parallèle qui existerait :
« Une installation frauduleuse de système informatique destinée à être mise en réseau avec le système informatique de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) chargée de la collecte et de la centralisation des résultats, en provenance des Commission Electorales Locale Indépendantes (CELI), vient d’être découverte à Lomé. Ce système informatique monté en parallèle à celui de la CENI aurait été installé par les mêmes techniciens que ceux requis par la CENI à la Résidence du Bénin, et serait à la solde d'un candidat à cette élection. Ce système informatique frauduleux est censé fabriquer de faux résultats, qui par le biais d’un réseau connecté sur le vrai système informatique de la CENI, écrasera et remplacera les vrais résultats centralisés par la CENI, pour ne laisser à cette dernière que les faux résultats à proclamer.
Une plainte en justice a été déposée et le Procureur de la République de même que les responsables des missions d’observation de la Francophonie, de l’Union Africaine (UA), de la CEDEAO et le chef de la Mission militaire d’observation de la CEDEAO ont été officiellement informés par le candidat Agbéyomé KODJO
» dit ce communiqué.
Il poursuit d’ailleurs « Par ailleurs, ce vendredi 5 mars, alors que la CENI, na pas encore communiqué la moindre information sur les résultats de l’élection, le site officiel de la République togolaise, republicoftogo.com publie un article intitulé « Erosion de l’UFC » dans lequel il annonce : « Sur 61% des bulletins dépouillés Faure Gnassingbé a obtenu 64% des suffrages et Jean-Pierre Fabre 31%, ce qui représente un écart de plus de 400.000 voix entre les deux principaux concurrents de la présidentielle ». Dans le même temps, un autre site internet, TOGOINSIDE.com, qui présente toutes les apparences d’une annexe des sites officiels de la République (mêmes images, mêmes publicités), annonce carrément aujourd’hui 5 mars, la victoire de Faure Gnassingbé : « Selon des informations fiables parvenues à Togo-Inside, le Président sortant du Togo, Faure Gnassingbé, serait réélu avec plus de 50% des suffrages exprimés, et l’annonce de la proclamation de sa victoire devrait être faite dans la journée ». Plus tard dans la soirée republicoftogo.com commet un autre article intitulé « Faure Gnassingbé assuré de l’emporter », dans lequel sont égrenés des résultats, tous en faveur de Faure Gnassingbé, qui contredisent tout ce que les observateurs ont pu noter dans les bureaux de vote sur le terrain. Seul republicoftogo.com dispose de ces informations alors qu’aucun autre organe de presse ne peut en disposer de la part de la CENI. »

On est en face d’une situation potentiellement explosive lorsque l’on connait le Togo politique marqué par de fréquentes confrontations et même des violences politiques trop meurtrières. Pour moi, et bien longtemps, je considère qu’un seul Togolais de tuer serait un mort de trop. Mais en réalité, une telle violence politique ne peut être évitée qu’à travers une publication rapide des résultats, une publication des vrais résultats, preuves à l’appui. Le Togo et la CENI sont-ils capables de cette prouesse démocratique ? Trop d’incertitudes et d’inconnues subsistent dans le décor politique togolais en cette fin des présidentielles pour prévoir ce qui s’y passerait dans les tout prochains jours. La semaine qui commence ce dimanche est simplement déterminante. La CENI qui a joué la montre jusqu’à maintenant sera-t-elle jouer l’apaisement au moyen de la vérité et de la fiabilité. En son temps, El Greco aurait dit que les Lumières rivalisent avec les ténèbres.

Rédigé par psa le 06/03/2010 à 02:06 | Permalien

Silence

Au lendemain des Cendres, tandis que le Carnaval s’évanouit des rues de Bâle, un homme s’efface définitivement. Ernst Beyeler vient de s’éteindre à 88 ans. Grand Bâlois comme on dit Grand d’Espagne tant le personnage, parti de rien, portait beau et aristocratique, il a marqué la cité rhénane et les arts plastiques du XXe siècle de son empreinte. Ses concitoyens comme les milieux artistiques du monde entier n’ont qu’un mot pour qualifier cette perte: immense. Terme correct pour définir le rôle de celui qui, grand marchand, galeriste brillant et collectionneur perspicace, a su animer la scène bâloise, étendre et renforcer son rayonnement international par les leviers de l’art et de son commerce, sachant habilement irriguer l’un par l’autre.


Giacometti
Giacometti


Ultime et considérable mérite: Ernst Beyeler a pris soin de se retirer progressivement de ses différentes responsabilités, toujours avec panache, en laissant un merveilleux héritage: sa collection personnelle, propriété de la fondation qui porte son nom, installée dans un musée construit et scénographié pour elle par Renzo Piano, dans la ville de Riehen, en périphérie de Bâle. Un ouvrage inspiré qui témoigne de la fertilité du dialogue entre le commanditaire, particulièrement exigeant et raffiné, et l’architecte. Dans les salles lumineuses du Musée Beyeler, le meilleur de l’art impressionniste et moderne, ainsi que des œuvres africaines et océaniennes remarquables, se trouvent exposés. Loin de figer l’institution dans la célébration de sa collection, Ernst Beyeler a voulu en faire une maison vivante. Et en effet, depuis son inauguration en octobre 1997, les visiteurs ont défilé par centaines de milliers chaque année devant des expositions souvent anthologiques: Mark Rothko, Monet, Calder-Miró, Francis Bacon, Anselm Kiefer, Henri Matisse, Giacometti, entre autres. En juin 2007, «parce qu’il faut savoir garantir l’avenir», il confie les rênes de sa fondation et le pilotage du musée à Samuel Keller, de 45 ans plus jeune, faisant de lui son héritier spirituel. Or ce dernier avait excellemment fait ses preuves à la tête d’Art Basel, autre entreprise d’envergure qui doit en bonne partie à Ernst Beyeler et son existence et son extraordinaire développement. De son grand marchand, Bâle a donc reçu en legs l’un des plus beaux musées d’Europe et la foire qui fait d’elle, ville de haute tradition intellectuelle, une capitale mondiale et incontestée du marché de l’art.
L’habileté, le succès d’Ernst Beyeler n’auraient pas suffi à lui valoir l’estime et le respect unanimes, ni les titres honorifiques, n’était sa façon très particulière, à la fois effacée et active d’être Bâlois. Usant de son influence et de ses relations, il apporte un appui indéfectible au Kunstmuseum, le musée d’art de Bâle. Dans la légende, il reste l’homme qui a contribué à faire de la cité rhénane la «ville des Picasso». En 1966, le peintre autorise le marchand à choisir 25 œuvres dans son atelier. Il les montre aussitôt en deux expositions qui font forte impression. Le gouvernement bâlois accorde un crédit de 6 millions de francs pour l’achat des «Deux frères» (1905) et de «L’Arlequin assis» (1923). Les 2,4 millions manquants doivent être fournis par des particuliers. Une campagne mobilise la population; Ernst Beyeler y joue un rôle actif. Fêtes, actions publiques, votation: les Bâlois sauvent les deux Picasso pour leur musée. En 1971, lui qui n’apprécie pas les grandes manifestations publiques et ne croit guère à «l’art popularisé», fait partie des fondateurs de la Foire de l’art bâloise, renommée ensuite Art Basel, intervention décisive pour qu’elle puisse démarrer. Il mesure l’apport et l’aiguillon qu’elle représente pour la ville. Réaliste et pragmatique, il s’adapte à l’évolution du marché et l’infléchit. L’essor de la foire actuelle confirme l’intuition du marchand au-delà de toute espérance. On voit, année après année, sa haute silhouette, celle d’un seigneur en son domaine, déambuler dans les travées d’Art Basel. Distingué, affable, légèrement distant tout de même, il fait les honneurs de son stand, le plus prestigieux de tous. Après la mise en place de son successeur, après la disparition de son épouse Hilty en 2008, il se retire. La gestion de ses affaires est confiée à un juriste. Début février, il apparaît encore au dernier vernissage de sa galerie, pour l’exposition «Rodtchenko Photography». Il meurt peu de semaines après. Pour Bâle endeuillée, mélancolique, une très belle page se tourne./////// Lorette Coen

Rédigé par psa le 27/02/2010 à 19:27 | Permalien

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Que cache le retour précipité, en pleine nuit, du président Umaru Yar'Adua du Nigéria à Abuja ? Nul ne le sait encore. Le débat sur sa santé est à peine éteint que s’ouvre celui de la mort, de la peine de mort, la vindicte populaire des temps modernes. Il est des arguments qui semblent tourner à vide. Affirmer que la peine de mort est une barbarie paraît manifeste pour une partie de l’humanité. Dire qu’elle est une nécessité semble tout aussi évident pour le restant des terriens. Le deuxième groupe rétrécit inexorablement depuis le milieu du XXe siècle, mais 58 pays ont encore la possibilité d’exécuter leurs citoyens et il se trouve toujours des nostalgiques pour appeler à un retour de la potence en zone abolitionniste.


Thierry Decker, Pensée
Thierry Decker, Pensée
C’est évidemment trop. Parce qu’en plus d’être sauvage, la peine capitale ne sert à rien. La criminalité n’est pas moins élevée dans les États rétentionnistes. Des études évoquent au contraire un «effet brutalisant», voulant qu’une administration qui use de la violence désinhibe ses ressortissants en la matière. La loi du talion, pensée à l’origine comme un progrès censé canaliser la vengeance des victimes ou de leurs proches, devient ici le ressort d’une criminalité sans cesse multipliée. Circule aussi l’idée que les mises à mort sont l’instrument ultime de lutte contre la récidive. Voir un pédophile sortir de geôle et recommencer à violer est insupportable. Prendre le risque de tuer un innocent l’est autant. Notre justice est humaine et faillible. Elle ne doit pas être abandonnée aux instincts de la société. Le peuple qui accourait place de Grève pour assister au spectacle de la guillotine n’a pas disparu avec le dernier bourreau français. Pulsions de mort et soif de vengeance ne demandent qu’un rien pour être réveillées. Notre justice est humaine et faillible. Elle est bien souvent instrumentalisée par des régimes autocrates et amoraux. À quelques exceptions près – qui semblent d’autant plus hérétiques aux démocrates convaincus, la carte de la peine capitale coïncide avec celle des États répressifs. Au peloton d’exécution figurent opposants politiques, vrais criminels, petits voleurs, épouses adultères ou femmes violées. Derrière l’échafaud, le fusil, le sabre ou l’interrupteur de la chaise électrique se pressent dictateurs, fondamentalistes religieux et justiciers butés. Ne devraient leur être opposées que la raison et la morale. Aux États-Unis pourtant, l’argument qui pourrait faire mouche est économique; la peine de mort coûte beaucoup plus cher que la prison à perpétuité.//////Caroline Stevan

Rédigé par psa le 23/02/2010 à 23:46 | Permalien

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J. Leinne, Atroce
J. Leinne, Atroce
C’est à croire que le ministre des sports du Togo, Christophe Tchao, ne veux rien comprendre : le gouvernement togolais, comme tout autre gouvernement d’ailleurs, doit se tenir loin de la gestion du football qui relève de la seule compétence de la Fédération Togolaise de Football (FTF) et des associations nationales, même si la FTF est chaotique. C’est ainsi et c’en est ainsi qu’il faut laisser les gens du football s’occuper de leur football, du football dans lequel ils investissent au quotidien. Continuer à induire tout un pays en erreur en faisant croire que l’on est capable de négocier avec la CAF, « au nom du Premier ministre et du Chef de l’État togolais», n’est que pure illusion qui continue de fragiliser la cause du Togo. À quoi ça sert de faire bruler les photos d’Issa Hayatou pour, quelques semaines après, le supplier d’inclure le Togo dans le tirage au sort des qualificatifs pour la CAN 2012. Normalement, lorsque l’on tire sur une délégation participante à la CAN, l’on est loin du football. Mais, progressivement, une cause aussi sérieuse, se trouve à être mal gérée par tout un gouvernement au point de tourner tout le Togo en ridicule. Les dernières nouvelles disponibles sur cette affaire sont aussi surprenantes. Les voici… « Après le rejet par le Tribunal Arbitral du Sport (TAS), de la requête du Togo visant à obtenir une suspension de l’exécution de la sanction de la Confédération Africaine de Football (CAF), les autorités togolaises viennent d’enregistrer un second échec d’une tentative en vue de faire prendre le Togo en compte dans le tirage au sort des éliminatoires de la CAN 2012. »

"À sa demande, le ministre des sports, Christophe Tchao, a été reçu par le comité exécutif de la CAF, avec à sa tête le président Issa Hayatou, ce samedi 20 février 2010. L’instance exécutive de la faîtière du football sur le continent, était en réunion à Lubumbashi en République Démocratique du Congo (RDC), en prélude à la cérémonie de tirage au sort de la prochaine édition de la CAN. Le ministre des sports a été dépêché par le Premier ministre Gilbert Houngbo, pour plaider afin que le Togo soit pris en compte à l’occasion de ce tirage. A l’annonce de cette démarche, des observateurs au Togo, avaient attiré l’attention des autorités sur le vice qui l’entachait. La CAF ayant sanctionné le Togo pour cause selon le président Hayatou, d « interférences gouvernementales », on voyait mal comment le ministre des sports pouvait aller négocier l’annulation de la sanction, et lieu et place du Comité intérimaire de la FTF. Selon nos informations, le président Hayatou a fustigé la manière dont le gouvernement togolais a géré le drame de Cabinda et le lynchage médiatique dont a fait l’objet la CAF et son président. Il a déploré le fait que des autorités gouvernementales dont le ministre Tchao, aient soutenu que la CAF n’avait pas présenté des condoléances au Togo, alors même qu’une lettre a été adressée en ce sens au Chef de l’Etat togolais, par les soins de Issa Hayatou, lui-même. Les autorités togolaises auraient également récusé une délégation de la CAF, qui voulait se rendre aux cérémonies officielles aux victimes, avec la délégation angolaise. « Nous ne pouvons rien faire. Mais allons tous nous soumettre au verdict du TAS », aurait signifié Issa Hayatou, à Christophe Tchao. Le Togo a introduit un recours auprès du TAS, pour obtenir l’annulation de la décision de la CAF, sanctionnant le Togo pour les deux prochaines éditions. Une décision « inhumaine », selon de nombreuses personnalités du football mondial. Reste à savoir, si elle est fondée réglementairement. Qu’à cela ne tienne, passé le moment de l’émotion et de la passion, les autorités togolaises sont décidées à explorer toutes les voies de recours en vue éventuellement d’un règlement amiable du différend. D’ « autres initiatives seront prises dans les jours à venir », nous a confirmé un responsable qui a requis l’anonymat. L’Union Africaine ainsi que la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest ‘CEDEAO), ont demandé à la CAF, d’annuler sa décision. Le bureau exécutif de la CAF, n’a pas non plus intérêt à rester ferme sur la position. Il en va de l’harmonie au sein de la grande famille du football sur le continent. Une solution globale à cet évènement doit être trouvée dans l’intérêt de toutes les parties concernées."//////Koaci
Rédigé par psa le 21/02/2010 à 11:22 | Permalien

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La rareté de ces épreuves quadriennales et leur portée patriotique les magnifient et transforment le métal - et l’or plus particulièrement - qui les couronne en une sorte de quête d’absolu. Un absolu qui a tout de même emporté Nodin Kumaritashvili.


Ces minutes éternelles
Simon Ammann parle de magie de l’instant. Avec des vibratos dans la voix et une émotion encore palpable. Antoine Dénériaz respire l’allégresse lorsqu’il évoque la descente qui a changé sa vie. La rareté de ces épreuves quadriennales et leur portée patriotique les magnifient et transforment le métal – et l’or plus particulièrement – qui les couronne en une sorte de quête d’absolu. Un Graal après lequel court tout athlète. Un fantasme qui souvent confine à l’obsession et tétanise les plus grands. Quatre ans d’efforts et de sacrifices pour une poignée de minutes éternelles ou un siècle de désappointement. C’est la prégnance des Jeux. Cette perspective que la gloire attend le lauréat au bout de l’exploit. A la dimension individuelle de la mission s’ajoute le poids de l’attente d’un pays, derrière soi. Le candidat au titre olympique ne tient pas que sa propre destinée entre les mains, mais se pose en vecteur d’une nation qui attend les honneurs planétaires. L’immense responsabilité qui accompagne les champions à l’entame de ces courses aussi éphémères qu’historiques exacerbe le stress et la pression. Et élargit la palette des possibles. Les Jeux ne sont jamais faits. La hiérarchie qui prévaut à longueur de saisons se voit parfois chamboulée sur l’autel de l’aléatoire olympique. Il suffit d’un faux pas des favoris pour ouvrir la porte aux outsiders. C’est aussi cela la féerie des JO. L’idée, humainement rassurante, que chacun a sa chance et peut, avec un petit coup de pouce du destin, aspirer à cet état de grâce qui permet de passer de l’ombre à la lumière, de l’anonymat à la notoriété. Oser, jouer, se lâcher. Pour la beauté du sport. /////// Isabelle Musy

Vancouver, Olympiques, Canada, Nodin Kumaritashvili
Rédigé par psa le 13/02/2010 à 00:13 | Permalien

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La récente cacophonie de l’Union européenne face à l’état désastreux des finances publiques grecques n’est pas un bon signal. Après la Grèce, le Portugal et l’Espagne? Les marchés financiers tremblent à l’idée que les pays de l’Europe du Sud plombés par des finances publiques désastreuses pourraient faire imploser la zone euro. La crainte d’un tel scénario est exagérée à ce stade, mais la nervosité va perdurer, pour plusieurs raisons.


Trabajo de Kestrel, 2008
Trabajo de Kestrel, 2008
La principale est que l’Union européenne n’a ni le pouvoir ni l’envie pressante de voler au secours de la Grèce. Une clause du Traité de Maastricht interdit aux pays membres d’assumer la dette des autres. Certes, les règles sont faites pour être contournées en cas d’urgence, mais la Grèce a trop triché avec celles du Pacte de stabilité: la patience de ses partenaires est épuisée. À Bruxelles, certains affirment même que l’intransigeance de l’UE rend service au nouveau gouvernement Papandréou, en l’aidant à imposer des mesures d’austérité impopulaires et longtemps différées. Il y a derrière la nervosité actuelle une part de jeu «à qui clignera de l’œil en premier». Mais les quelques 30 milliards que la Grèce doit trouver d’ici au printemps sont bien réels, et peu d’observateurs pensent qu’elle y arrivera seule. Cette crise, une des plus sévères depuis la création de l’euro, souligne l’absence de mécanisme pour renflouer un État membre qui n’y arrive pas sur les marchés. D’où les voix de plus en plus nombreuses suggérant à Athènes de s’adresser à l’organisme le mieux préparé à ce genre de situation: le Fonds monétaire international. L’orgueil grec, européen et la monnaie unique en prendraient un coup, entend-on. Et alors? Comparons ces dégâts à ceux que provoquerait une intervention brouillonne et politiquement délicate des membres de l’UE, qui ne brillent pas par leur cohésion ces derniers temps. Le mot clé de cette affaire est «contagion». Rester bras croisés face à un défaut de paiement grec fait monter la pression spéculative sur le Portugal, l’Espagne et d’autres (cela a déjà commencé). L’euro se trouverait bientôt en mauvaise posture. Repêcher le cancre de la classe engendre un autre risque – celui que d’autres élèves médiocres relâchent leurs efforts. La marge de manœuvre est étroite. Il s’agit pour l’UE de décider finement et de communiquer fermement.///////// Jean-Claude Péclet

Rédigé par psa le 06/02/2010 à 06:06 | Permalien

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Beaucoup en ont rêvé, peu y sont parvenus. Le poste de Président de la République demeure le but ultime de la grande majorité de notre classe politique. Cette quête parfois obsessionnelle, souvent dévastatrice tant elle demande d'engagements et de sacrifices, revêt paradoxalement un caractère bien souvent inavoué, surtout lorsque la question d'un deuxième mandat est posée. Mais soyons sérieux, même si pour des raisons stratégiques évidentes, nos chers présidents laissent planer un suspense cousu de fil blanc, aucun d'entre eux sous la cinquième république n'a résisté à la tentation de se présenter pour un nouveau mandat.


Un jour, je serai Président
Le chemin de la présidence est long et escarpé, à l'image du parcours de François Mitterrand ou de Jacques Chirac qui parvinrent à leurs fins après deux tentatives malheureuses. Valéry Giscard d'Estaing et Nicolas Sarkozy font exception à la règle, puisque leur élection immédiate fut liée à un contexte très particulier: décès de Georges Pompidou pour l'un, relève de génération pour l'autre.
Une vie politique est bien souvent semée d'embûches, entre les affaires et les aléas électoraux d'un pays qui raffole de l'alternance. De fait, la « tentation de Venise » comme l'a appelée Alain Juppé, en a frappé plus d'un. On se souvient de Jacques Chirac abattu par sa défaite en 1988 mettant plusieurs mois avant de se remettre en selle, face à son propre camp qui ne croyait plus en lui. Ce fut également le cas de Nicolas Sarkozy très tenté de rejoindre « la société civile » au plus fort de se traversée du désert entre 1995 et 2002. Cependant, tous savent que ce qui les a écartés du pouvoir peut les y reconduire, à savoir le contexte politico-économique ou les évolutions sociales.
Ainsi, la plupart ne pensent qu'à cela, et pas seulement en se rasant. Le passé l'a d'ailleurs montré, quand en 1994, Jacques Delors renonça à se présenter: une myriade d'ambitions personnelles se révélèrent à gauche pour la succession de François Mitterrand. Ce fut également le cas à droite en 1989, lorsque les fameux rénovateurs apparurent, bien décidés à pousser gentiment Jacques Chirac vers la sortie pour prendre sa place.
N'ayant vécu que pour cela pendant 30 ans, Nicolas Sarkozy est parfaitement au fait des stratégies personnelles de ses concurrents potentiels. C'est pourquoi il œuvra pour la nomination de Dominique Strauss Kahn à la tête du FMI. D'ailleurs, la récente proposition faite à Alain Juppé de devenir le président de la Cour des Comptes s'inscrit dans la même lignée. Ce dernier aurait il décliné un poste aussi prestigieux uniquement pour conserver son mandat à Bordeaux?... Suivez mon regard./////// Jérôme Boué

Rédigé par psa le 01/02/2010 à 01:01 | Permalien

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Plusieurs chefs d’État étaient invités aux funérailles politiques de Barack Obama, mort prématurément à la Maison Blanche, un an tout juste après son installation. Nul n’a osé se présenter. Seuls les maringoins portaient son cercueil, aurait dit Richard Desjardins. Les chefs d’État ont tous compris; et de loin on les entendait crier : Ne l’enterrez pas si vite! En politique on ne meurt pas si tôt. Peut-être ont-ils raison? Rien ne va plus pour Obama mais son bilan est bon et d’autres présidents avaient connu pire.


Patrick Wecksteen
Patrick Wecksteen
La page n’est pas, déjà, tournée sur Barack Obama. La passe est rude, très rude, pour ce président. La veille même de l’anniversaire de son entrée à la Maison-Blanche, les démocrates ont perdu le siège sénatorial laissé vacant par la mort de Ted Kennedy. Cette défaite fait passer son parti au-dessous de la majorité qualifiée permettant d’empêcher les républicains de bloquer les débats de la Chambre haute. Priorité de Barack Obama sur la scène intérieure, le projet d’extension de la couverture médicale en est menacé alors que la résolution du conflit israélo-palestinien, sa priorité internationale, paraît toujours aussi lointaine. Barack Obama vient de le dire lui-même, dans les colonnes de Time Magazine. Il a sous-estimé, a-t-il admis, les difficultés du dossier et les choses n’en sont pas du tout là où il l’aurait espéré. Ce président est en échec sur ses deux plus grandes ambitions. Le ciel est d’autant plus bas pour lui que les élus démocrates vont désormais moins se préoccuper d’épauler la Maison-Blanche que de conserver leur siège, en novembre, aux élections de mi-mandat, mais la messe n’est, pour autant, pas dite.
Un an après son élection, Bill Clinton était dans une situation bien pire encore. Non seulement toutes ses initiatives avaient échoué mais sa femme et lui-même étaient la cible d’attaques si haineuses qu’il semblait sombrer sous la vague. Un an après son élection, Ronald Reagan n’était pas, non plus, en bien meilleure situation. Pourtant, l’un et l’autre ont été réélus triomphalement. Politiquement parlant, Barack Obama n’est pas déjà mort, et ce pour deux raisons.
La première est que son premier bilan est loin d’être mauvais. Dès les premiers mois de sa présidence, il a rendu aux États-Unis la popularité internationale que George W. Bush leur avait fait perdre. Grâce à lui, l’Amérique a retrouvé un prestige indispensable à son action internationale et ses mérites ne s’arrêtent pas là. La crise de Wall Street a été surmontée. Depuis ses discours d’Ankara et du Caire, les djihadistes ont beaucoup plus de mal à persuader l’islam que l’Amérique serait son ennemie. Sans la force de ces adresses au monde musulman, l’opposition iranienne ne se serait pas autant enhardie. L’arrêt des provocations bushistes vis-à-vis de la Russie a permis de rapprocher Moscou des positions diplomatiques occidentales, notamment sur l’Iran. La définition d’une stratégie afghane autrement plus intelligente rend plus incertaine la victoire des talibans et les pressions américaines sur Benyamin Netanyahou l’ont tout de même conduit à accepter le principe d’un État palestinien, désormais admis par tous les grands partis israéliens.
Des graines ont été semées, beaucoup de graines en une seule année, beaucoup plus que par bien d’autres présidents et, pour que Barack Obama soit vraiment menacé de paralysie, encore faudrait-il qu’il ait, face à lui, une opposition cohérente. Or ce n’est pas le cas. Les républicains marqueront des points en novembre. La loi de la politique américaine est qu’on vote systématiquement contre la Maison Blanche, mais sur quelles bases ce parti pourrait-il, vraiment, reprendre pied? Sur un retour aux dérégulations de l’ère Reagan? Non, puisque la crise provoquée par «l’autorégulation» du marché est passée par là et que Wall Street est devenu aussi impopulaire à droite qu’à gauche. Une identification à la droite la plus conservatrice, religieuse et hostile à l’évolution des mœurs? Pas plus, car si cette droite est forte au sein du parti républicain, elle est très loin de constituer une majorité dans le pays. Idéaliste mais très centriste, ambitieux mais consensuel, Barack Obama n’a pas encore dit son dernier mot. /////Bernard Guetta

Rédigé par psa le 23/01/2010 à 23:23 | Permalien

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Portrait d’une capitale de 2 millions d’habitants, agitée et inspirante, dont des pans entiers ont été rasés par le séisme. De quoi penser aux vers de Salvatore Adamo :
Dieu de l'enfer ou Dieu du ciel
Toi qui te trouve où bon te semble
Sur cette terre d'Haïti
Il y a des enfants qui tremblent


Requiem pour les millions d'âmes de ces enfants, ces hommes, ces femmes… à genou
Requiem pour les millions d'âmes de ces enfants, ces hommes, ces femmes… à genou
C’est une ville comme suspendue, adossée à des montagnes sur lesquelles une partie de l’élite haïtienne s’est installée. Deux millions d’habitants, pour un pays qui en compte probablement huit. Et une densité de population telle qu’elle explique en partie l’étendue des dommages causés par ce séisme, le plus violent depuis 200 ans. Port-au-Prince, souvent représenté par ses bidonvilles de Cité Soleil et de Bel-Air, n’est pas seulement le ghetto miséreux que l’on se figure. Mais, jusqu’à ce tremblement de terre qui en a réduit de larges portions en poussière, la capitale haïtienne était aussi ce mélange de flamboyance créole et de contradictions insulaires dont les grands écrivains caraïbes ont chanté la séduction – Dany Laferrière, notamment, en séjour haïtien pour le tournage d’un documentaire et qui a survécu à la catastrophe.

Sur le bord de la baie, dans la basse ville, le Palais National était jusqu’à mardi après-midi une sorte de fierté collective. Une immense bâtisse immaculée, dans une cité où tout se salit; maison d’Etat baroque, presque cubaine, depuis laquelle François Duvalier puis son fils conduisaient une population où chacun, tour à tour, était en charge du nettoyage public. On a vu ensuite Jean-Bertrand Aristide, prêtre défroqué, donner là ses ultimes conférences de presse avant d’être renvoyé manu militari sous d’autres cieux. C’était en 2004, l’année du bicentennaire de l’Indépendance haïtienne. Depuis lors, René Préval, ancien aristidien plus ou moins repenti, a repris le pays. Et il a survécu à l’affaissement du bâtiment, effondré sur ses bases. Le symbole est grand, sur cette place nommée Champs-de-Mars dont les statues des héros haïtiens (Toussaint Louverture, Henri Christophe, Jean-Jacques Dessalines) devisent. Les principaux ministères qui encerclent la place semblent avoir eux aussi connu d’irréversibles dommages.
Tout au sommet, à une heure de route de là, sans compter des embouteillages qui ont fait la réputation de Port-au-Prince, il existe un point de vue duquel on embrasse la baie entière. Il s’appelle Boutillier. Une vidéo a été publiée hier sur Internet d’une jeune fille qui pointe du doigt la ville, prise dans un gigantesque nuage de poussière; quelques minutes après la première secousse. «C’est un incendie, dit-elle. La fin du monde est arrivée.» Entre ces deux pôles qui dessinent cette ville ascensionnelle, l’étendue des destructions reste encore à imaginer. Sur les contreforts altiers de Pétionville, là où la bourgeoisie haïtienne s’était bâti des demeures bétonnées et grillagées face aux colliers de maisonnettes pauvres accrochées à la falaise, la dévastation est moins grande que dans la basse ville. Mais les bâtiments à étages, souvent construits à moindres frais, n’ont pour la plupart pas survécu; en 2008, déjà, une école de Pétionville avait enseveli, sans aucune raison géologique, près de 90 enfants. Mardi, le Montana, perché sur une colline, fleuron de l’industrie hôtelière haïtienne, aurait disparu avec ses quelque 200 clients.
Il faut s’imaginer cela. Une cité étriquée, pointillée de maisons individuelles, qui souffrent à peine les cyclones raisonnables qui soufflent l’été sur Port-au-Prince. Presque aucun plan urbanistique. La débandade de l’émigration rurale qui échoue dans les eaux marécageuses de Cité Soleil, ou dans ce quartier de Carrefour-Feuilles qui, selon certains témoignages, a été terriblement affecté. «La ville est majoritairement détruite», a annoncé l’épouse du président Préval. Au plus proche de l’épicentre, dans la zone suroccupée de Carrefour ou dans les abords labyrinthiques de la Grand-Rue, la fragilité des constructions, l’encombrement des rues d’accès, ont forcément aggravé un bilan des victimes qu’on n’ose estimer encore. «Mes parents ont eu vingt secondes pour déguerpir avant que leur petite villa s’évapore», précise Erol qui a finalement réussi à joindre sa famille après une dizaine d’heures de tentatives. C’est le temps qui manquait. Dans un pays parmi les plus pauvres du monde, où il s’agit depuis toujours de courir pour survivre.
Port-au-Prince a un doux nom. Qui évoque des conquêtes napoléoniennes, l’appétit des flibustiers et la mémoire d’un pays qui se trouve ne pas seulement appartenir aux tréfonds des statistiques de développement. Port-au-Prince était ce lieu de résistance, berceau de la première république noire de l’histoire, dont les habitants ne se voyaient pas seulement comme des laissés-pour-compte. Port-au-Prince supportait à la fois le drame d’un pays caraïbe dont la déforestation, la misère endémique, la violence des éléments et les déséquilibres politiques en font un contre-exemple mondial. Mais la capitale, paradoxalement, demeurait ce lieu de fascination culturelle, d’inventivité formelle et de religions partagées qui a donné naissance dans les départements français voisins au concept même de créolité. Depuis André Malraux et André Breton, jusqu’à ses jeunes artistes internationaux qui quittaient il y a quelques semaines, transis, la première Biennale d’art haïtienne, Port-au-Prince n’a cessé d’incarner aux yeux des penseurs un modèle de subversion créative.///////Arnaud Robert


Rédigé par psa le 14/01/2010 à 00:00 | Permalien

Silence

La crise financière, et la crise économique qui l’a suivie n’ont pas déboulonné la statue du libéralisme. Mais celle-ci n’est pas sortie indemne des turbulences de l’année 2009.
Il y a tout à coup comme un grand vide dans les sociétés occidentales. Les mythes ont disparu de l’horizon humain. Les grandes idéologies se sont effondrées. Dieu est mort. Les instances politiques et religieuses peinent à donner du sens à la vie individuelle et collective. La raison, la technologie et la science n’y parviennent pas davantage. Le matérialisme? Une aspiration plus qu’un rêve, dévoyée par la cupidité des chasseurs de primes qui ont voulu en faire la finalité du fonctionnement économique et social. Le fracas de cette illusion anéantit la dernière croyance contemporaine.


Léonard de Vinci, L'homme de Vituve
Léonard de Vinci, L'homme de Vituve

Comment habiter une vie sans repères? On pressent que la réponse se situe du côté de la spiritualité. De la spiritualité, et non de la religion, qui suscite craintes et méfiance. Mais dans une société désormais sécularisée, attachée à sa laïcité, le christianisme a-t-il encore quelque chose à dire? Sans doute. A condition de trouver un langage qui puisse se frayer un chemin vers le cœur de l’être humain. C’est l’épreuve du feu. Comme le dit le théologien, philosophe et psychanalyste français Maurice Bellet dans l’entretien qu’il nous a accordé, «la culture chrétienne est devenue comme une langue morte ne parlant plus qu’à quelques initiés». Or le vide spirituel est propice à la montée des intégrismes et fondamentalismes de toute obédience, c’est pourquoi il devient urgent de le combler. Pas avec des formules désuètes ou une spiritualité vague qui s’apparente à une quête de bien-être personnel. C’est le sens de l’humain qu’il nous faut retrouver. Un défi à la mesure de la foi chrétienne, dont la préoccupation essentielle, contrairement à ce qu’on en retient d’habitude, n’est pas la relation de l’homme avec Dieu, mais des hommes entre eux. Que signifie Noël sinon que Dieu s’est fait homme? Oublions donc Dieu, un terme obscurci par trop de malentendus. Et tournons-nous vers l’être humain. Car l’enjeu est de préserver ce qui fait que l’homme est humain. De fertiliser ce terreau sur lequel ont grandi la compassion, l’amour, la générosité, tant d’autres valeurs cardinales de notre civilisation. Et de veiller ainsi à ce que la lumière qui habite l’homme ne s’éteigne pas.////// Patricia Briel

Rédigé par psa le 24/12/2009 à 08:20 | Permalien

Silence

Dix jours après le vote anti-minarets des Suisses, une nouvelle épreuve s’annonce. C’est la dernière trouvaille de l’Union démocratique du centre (UDC), parti de la droite suisse comme son nom ne le suggère pas forcément pour les non-initiés. Faut-il invalider l’initiative populaire de l’UDC, qui demande l’expulsion des étrangers délinquants? Les droits fondamentaux du Jus Cogens seront-ils sous la menace de la démocratie suisse ? L’inquiétude se lève…


Chemin de Faire la Suisse du Centre
Chemin de Faire la Suisse du Centre
La question agite le Conseil des États, appelé à se prononcer cette semaine déjà. En effet, le texte de l’UDC est problématique. Sa compatibilité avec la Convention européenne des droits de l’homme, avec la Convention internationale sur les droits des enfants et avec l’accord sur la libre circulation des personnes est plus que douteuse. Le principe de non-refoulement, fixé dans plusieurs instruments juridiques de portée internationale, ne serait respecté qu’au prix d’une interprétation laissée au bon vouloir des autorités helvétiques.
Une fois encore l’UDC a grossièrement puisé dans la mine d’or des droits populaires pour se profiler comme le seul parti gardien de la sécurité. Mais le vote anti-minarets a secoué ceux qui, jusqu’à présent, misaient sur la grande sagesse du souverain pour désavouer l’UDC. Objectivement, le risque est élevé que la démocratie du nombre s’exerce une nouvelle fois contre le respect de traités acceptés par la Suisse à l’issue de procédures elles aussi démocratiques. Pourtant il existe des moyens politiques de faire barrage à une nouvelle effraction juridique. Invalider immédiatement l’initiative de l’UDC passerait pour un acte de vengeance des perdants du vote contre les minarets. La procrastination tactique de ce dossier délicat peut en revanche se défendre, à une condition: le répit ainsi laissé doit être activement utilisé pour faire mûrir le constat que la souveraineté du peuple ne peut s’exercer contre les engagements juridiques et internationaux de la Suisse. La Confédération a fondé son développement et sa prospérité sur la fiabilité de l’État de droit et sur la confiance durable qu’inspirent ses institutions. Des esprits progressistes ont lentement bâti cet État complexe admiré pour sa formidable stabilité. Quel bénéfice y aurait-il à laisser casser ce qui fait – encore – cette réputation méritée?////////Francois Modoux

Rédigé par psa le 08/12/2009 à 00:08 | Permalien

Silence

Le nu de Carla Bruni, devenu Sarkozy, n’enflamme plus grand monde; en québécois, « Carla ne pôgne plus… Misère! » Blaise Compaoré ignore les massacres du 28 septembre 2009 et intronise Dadis Camara au mépris de toute valeur humaine et se ridiculise lui-même… lui qui pourtant s’est donné pour mission de racheter son âme à travers toutes les médiations possibles en Afrique de l’Ouest. Dans le dernier livre qu’il vient de publier, le président congolais attribue la préface à Nelson Mandela, puisqu’un porte-parole de Michel Lafon, l’éditeur français de ce livre, aurait déclaré que "la préface nous a été fournie par l’auteur du livre, qui est le chef de l’état congolais lui-même, M. Denis Sassou Nguesso". Sauf que le vénérable Mandela n’a jamais lu le livre et vient de réagir. Une affaire gênante pour le président du Congo, Denis Sassou Nguesso qui aurait utilisé abusivement le nom de Nelson Mandela pour l’avant-propos paru dans son livre « Parler vrai pour l’Afrique »… Tentons d’être indulgents avec ces miséreux qui nous gouvernent « malgré eux et malgré nous » aurait dit en son temps Albert Camus lui-même.


La Photo de Carla Bruni qui valait de l'or. Et depuis...
La Photo de Carla Bruni qui valait de l'or. Et depuis...
L’affaire fait actuellement grand bruit. Sur la couverture et dans l’avant propos du livre "Straight Speaking for Africa ("Parler vrai pour l’Afrique")" qu’il vient de publier, le Président Denis Sassou-Nguesso revendique fièrement une préface signée de Nelson Mandela lui-même : « M. Mandela, 91 ans » y lit-on. Seulement voilà, l’ancien prix Nobel affirme n’avoir jamais écrit d’avant-propos pour le livre de Denis Sassou-Nguesso et menace de porter plainte. Le communiqué de quatre petits paragraphes publié par la Fondation Nelson Mandela est assez explicite à cet effet :
Il a été porté à l'attention de la Fondation Nelson Mandela qu’un livre écrit par Denis Sassou Nguesso, président de la République du Congo, serait prétendument préfacé par Nelson Mandela. C'est une fausse prétention. M. Mandela n'a ni lu le livre ni écrit la préface du livre.
Le livre, Parler vrai pour l'Afrique, est édité par Michel LaFon et Africa World Press.
La Fondation condamne cet usage abusif du nom de M. Mandela. Nous nous réservons le droit de prendre des mesures appropriées en temps et lieu.
M. Mandela est trop souvent sollicité par des demandes pour écrire des préfaces de livre. Il y a une année, il avait clairement indiqué qu'il ne pourra plus répondre favorablement à de telles demandes.


C’est une situation qui nous laisse songeur sur la misère et parfois la petitesse des grands. On comprend alors pourquoi, et toujours, les vrais Grands de ce monde sont restés éloignés de trop d’honneur. Pensons à Mandela le Madiba, bien sûr, mais aussi à Albert Camus par exemple qui, fort probablement, n’aurait pas associé son nom à celui d’un Nicolas Sarkozy. Ce dernier, aujourd’hui, voudrait rendre honneur à Camus en rapatriant les cendres du Prix Nobel au Panthéon. Aberration pour la mémoire de Camus. C’est alors que les gens parlent de récupération politique d’une personnalité comme celle de Camus par un Sarkozy. Vrai ou faux, toujours est-il que ces grands ne sont pas toujours si grands à la bourse des valeurs humaines. Tenez! En 1993, Carla Bruni posait nue pour Michel Comte, le photographe de mode. Hier, le 21 novembre 2009, la photographie en noir et blanc a été mise aux enchères à l'Hôtel Drouot à Paris pour la somme de départ de 4000 euros! Malheureusement, Carla semble avoir perdu son public... L'enchère maximum atteinte a été de 5 800 euros (en 90 secondes quand même... et plus rien) mais le prix de réserve était estimé entre 6 000 et 9 000 euros! La vente n'a donc pas eu lieu... En 2008, le même cliché avait été adjugé chez Christie's à New York pour 91.000 dollars. On est loin du compte. Mais tout est possible : un acheteur anonyme peut apparaitre prochainement et faire une offre qui laverait bien de l’humiliation et de la misère de ces grands d’en haut, tous porté par le néant et non par l'Éthique.