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Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Actuellement fonctionnaire dans l’administration fédérale canadienne, PSA est partisan du « Grand Pardon » et adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




La responsabilité de chaque pays résolu à «aller de l’avant» est engagée. Ce n’est pas à Bruxelles, mais dans les capitales et dans les parlements, que se jouera, dans les semaines à venir, la crédibilité politique de la réponse à la crise


Euro: Un Élan et des Doutes
David Cameron est donc reparti plus isolé que jamais. Au bout de la nuit, le premier ministre britannique a choisi d’entamer le virage, risqué, d’une marginalisation de son pays au sein de l’Union européenne. Une décision à vrai dire peu surprenante, tant la volonté allemande d’imprimer une culture de stabilité, basée sur des règles communes plus strictes et une intégration budgétaire affirmée, contredit le souverainisme des conservateurs britanniques. Il est trop tôt pour mesurer l’impact de cet «opt-out» sur le fonctionnement futur de l’UE.

Le flou s’est ensuite installé. Au final, les vingt-six autres pays membres pourront rejoindre, courant 2012 ou après, le traité qui donnera naissance à «l’Union pour la stabilité», autour du noyau dur de l’Eurozone. Mais la liste, on le sait, reflète des situations ambiguës. La Hongrie, criblée de dettes et de populisme, est imprévisible. La République tchèque, où le ressentiment anti-européen est exploité par son chef d’État, a malmené le Traité de Lisbonne. La vertueuse Suède, toujours hostile à modifier les traités, s’interroge.

Les pays de l’Eurozone, et ceux qui sont engagés à la rejoindre, doivent dès lors se préparer à des débats de fond. Car le traité intergouvernemental envisagé aura, pour tous, des conséquences bien au-delà des «règles d’or». L’obsession allemande est de tout faire pour que l’Europe de 2020-2025 soit compétitive dans la mondialisation. Ce qui suppose des efforts nationaux considérables, difficiles à imposer dans le débat démocratique.

La responsabilité de chaque pays résolu à «aller de l’avant» est engagée. Ce n’est pas à Bruxelles, mais dans les capitales et dans les parlements, que se jouera, dans les semaines à venir, la crédibilité politique de la réponse à la crise. Les dirigeants concernés, à commencer par Nicolas Sarkozy en campagne électorale, ont mis sur les rails une nouvelle Union, avec un calendrier. Ils doivent maintenant défendre, devant leurs opinions, les institutions communautaires qui restent les mieux équipées pour faire respecter la discipline. Et justifier les inévitables concessions de souveraineté qu’entérinera le nouveau traité.///////Richard Werly


Horizon


Rédigé par psa le 10/12/2011 à 06:01
Tags : Euro Règles d’or Notez