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Pierre S. Adjété
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« "Le vent se lève, il faut tenter de vivre". Cette très belle citation, tirée d'un essai de l'Anglais Anthony Burgess, Édem Kodjo l'avait lancée en 1983 à l'ouverture d'un Sommet de l'Organisation de l'unité africaine dont il était le secrétaire général. La formule fut accueillie dans une indifférence complète par une assistance qui se préparait à la curée. Le Sommet attendait en effet que les chefs d'Etat rendent publique l'éviction d'une personnalité certes brillante, mais qui avait commis l'irréparable maladresse de s'arroger une trop grande liberté de ton et une trop grande marge d'action vis-à-vis de ses mandants. Dans un contexte entièrement différent et pour des raisons tout autres, la formule de Kodjo pourrait aujourd'hui retrouver droit de cité. Elle convient tout à fait pour définir la position d'une Afrique qui subit sans répit le contrecoup d'une conjoncture mondiale déstabilisante et qui paie au prix fort certains choix erronés de développement, que ceux-ci aient été librement faits ou largement inspirés. Comme d'habitude lorsque l'économique est incertain, le social se fait instable et le politique se replie fréquemment sur la tactique de la moindre "conflictualité". »
G. Drabo, L’Essor
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