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Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Actuellement fonctionnaire dans l’administration fédérale canadienne, PSA est partisan du « Grand Pardon » et adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




Le modèle de capitalisme autoritaire, si efficace pour générer de la croissance durant trente ans, n’est plus adapté à l’évolution sociale du monde.


Les uns et les autres, Eliana Menillo
Les uns et les autres, Eliana Menillo


La direction du Parti communiste chinois a un nouveau visage, et il est plutôt sympathique. Xi Jinping (prononcez Hsi Djin-ping) n’a pas été élu par le peuple qu’il promet de servir, mais désigné par ses pairs au terme d’un conclave qui n’a cédé en rien au rituel d’un autre âge de l’appareil léniniste. Ce cadre qui a grandi dans la folie de la Révolution culturelle –comme tous les autres membres du politburo – devrait savoir mieux que quiconque à quoi peuvent mener les dérives de l’autoritarisme. Il sera pourtant d’abord au service de son parti unique. Il ne faut attendre aucune réforme politique de cette nouvelle «direction collective» où dominent clairement les conservateurs.

La dictature chinoise, dans une logique de survie, a assuré l’essentiel en maintenant son unité de façade après une succession de scandales qui mêlent corruption, népotisme, abus de pouvoir, et qui minent sa légitimité. La question n’était d’ailleurs pas de savoir si le Parti était capable de céder une parcelle de son contrôle, convaincu qu’il est de représenter un modèle appelé à se développer dans le futur comme alternative à la démocratie. Mais pourra-t-il réformer son économie, introduire plus de justice sociale, protéger l’environnement et redonner confiance à une population, certes plus riche, mais de plus en plus désorientée?

C’est ce qu’il faut souhaiter. Les gestionnaires du Parti ont prouvé qu’ils avaient un certain talent pour s’adapter aux situations nouvelles. Ces technocrates ont démontré leur capacité à diriger l’économie tout en l’ouvrant progressivement au secteur privé. Il faut leur reconnaître jusqu’ici une grande maîtrise à gérer la dépression économique provoquée par une crise financière mondiale. On doit aussi saluer la mise en place d’une protection sociale universelle de base ces dernières années, qui est un fait majeur de l’histoire récente du pays. Les Chinois savent d’où ils viennent. La misère, c’était hier.

Pourquoi alors le sentiment d’insécurité est-il si fort dans la population et les classes moyennes en particulier? Comment se fait-il que l’éclatement d’une crise sociale soit diagnostiqué par de plus en plus d’experts? Pourquoi les Chinois ont-ils si peu confiance en l’avenir? Le modèle de capitalisme autoritaire du pays, si efficace pour générer de la croissance durant trente ans, n’est plus adapté à l’évolution sociale.
Xi Jinping devra trouver une réponse. Et vite./////////Frédéric Koller

Horizon


Rédigé par psa le 15/11/2012 à 20:06
Tags : Chine Xi Jinping Notez