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Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Actuellement fonctionnaire dans l’administration fédérale canadienne, PSA est partisan du « Grand Pardon » et adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




Ainsi, rien ne serait impossible aux Britanniques... Le monde bouge... Les peuples sont en colère et ils haussent le ton…


Incroyable Mais Vrai... Brexit

Mot à Maux


Rédigé par psa le 24/06/2016 à 00:11



À l’origine, un parti britannique indépendantiste, UKIP, a demandé avec insistance à l’ensemble de la classe politique pourquoi depuis 1975, les citoyens ne sont pas sollicités pour se prononcer si oui ou non ils désirent rester dans l’Union européenne. Le prétexte était qu’en démocratie un tel recours aux citoyens est amplement justifié, d’autant plus que la société a changé depuis 1975 autant que l’Union européenne elle-même n’est plus la même. Et c’est parti…


N’ayez pas peur : Apocalypse No Brexit


À l’origine, un parti britannique indépendantiste, UKIP, a demandé avec insistance à l’ensemble de la classe politique pourquoi depuis 1975, les citoyens ne sont pas sollicités pour se prononcer si oui ou non ils désirent rester dans l’Union européenne. Le prétexte était qu’en démocratie un tel recours aux citoyens est amplement justifié, d’autant plus que la société a changé depuis 1975 autant que l’Union européenne elle-même n’est plus la même. Et c’est parti…

L’argument était politiquement solide face aux nombreux bouleversements du monde depuis 1975 qu’il est même fastidieux de vouloir énumérer. Les partis politiques traditionnels, les conservateurs et les travaillistes notamment, ont fini par succomber à la tentation du referendum; ce que le premier ministre David Cameron avait d’ailleurs promis durant la dernière campagne électorale. Nous y voilà donc en ce jour référendaire du 23 juin 2016 qui capte l’attention mondiale.

À la question : « Le Royaume uni devrait-il demeurer membre de l’Union européenne ou quitter l’Union européenne? » ("Should the United Kingdom remain a member of the European Union or leave the European Union?"), les 46 millions d’électrices et d’électeurs citoyens voteront probablement OUI pour rester. Ce genre de jeux sont ainsi faits que la trop grande incertitude finit par limiter certaines aventures dans les pays démocratiques.

Comme dans une culture africaine, la pierre sacrée sera blanche : du changement dans la continuité, c’est-à-dire du No Brexit ou du Yes Bremain. Même le sacrifice suprême est réalisé dans l’assassinat de Jo Cox, la députée travailliste de Birstall, par celui qui s’est présenté devant le tribunal sous l’identité de : « Mort aux traites, la Grande-Bretagne d’abord ».

On veut bien que la grande famille britannique ait été tentée longtemps par la sortie de l’Union européenne (UE). Mais pourquoi donc accuser l’Europe et les autres de toutes les misères britanniques? Immigration, chômage et quoi encore : perte des valeurs authentiquement britanniques, insécurité, récession, etc.

Qu’il est vrai que dans tout le Royaume-Uni, persiste un sentiment quasi généralisé que les intérêts nationaux sont en conflit avec les multiples normes européennes. La crise des « subprimes » était particulièrement indexée par les financiers londoniens dont certains, pourtant spéculateurs fieffés, estimaient être injustement sanctionnés au sortir de la crise de 2008. À cela s’est ajoutée la vague migratoire des dernières années.

Une situation que les Britanniques trouvent toujours inacceptable et anormale en tout temps est: de devoir toujours surveiller l’UE et ses fonctionnaires qui ne sont redevables à personne. Sauf que l’ère de la normalité a déserté ce bas monde pour longtemps encore. Plus rien n’est comme avant, et ce serait ainsi de plus en plus.

La frustration des Britanniques est difficilement canalisable dans un référendum toutefois. La baraque européenne ne sera donc pas défoncée; c’est donc tout naturellement que la réponse restera la poursuite de l’aventure glaciale avec l’Europe. Une Europe qui aime imposer des règles et des mesures communes, certes. Mais une Europe qui a su souvent ménager le Royaume afin de lui permettre un traitement unique déjà, à l’exemple de la non-appartenance ni à l’espace euro, ni à l’espace Schengen, ainsi que d’autres accommodements raisonnables.

Les plus récents de ces traitements spéciaux arrachés par David Cameron à l’UE portent sur : la conservation de l’utilisation de la Livre sterling, la préservation du statut particulier de la place financière de Londres connue sous le nom de « La City », les limitations des paiements sociaux aux nouveaux arrivants, le transfert limité des allocations familiales à l’extérieur de la Grande-Bretagne et, plus généralement le droit de gérer ses « propres affaires ». En somme, la Grande-Bretagne devrait rester dans l’UE sans y être entièrement.

Finalement, tout ce long et acrimonieux débat sur le Brexit –un débat qui parfois sentait du sang et a fini par pousser au meurtre de la parlementaire Cox selon certains observateurs, n’aurait servi qu’à aider à vérifier une des vieilles et célèbres formules de Shakespeare. On se souvient que, de la bouche de Lady Macbeth, Shakespeare le meilleur connaisseur du for intérieur de l’humain nous faisait dire clairement : « What’s done cannot be undone » (ce qui est fait est fait). N’oublions pas que « Macbeth, c’est la faim. Quelle faim ? La faim du monstre toujours possible dans l’homme. »

Message reçu! Effectivement, il est difficile de défaire certains liens tissés dans des contextes démocratiques, même en situations dramatiques. Que les non-démocraties ne s’y méprennent donc pas, dans leur cas, tout est fragile et se défait inéluctablement… C’est aussi du Shakespeare, du « Richard III » ou du « Roi Lear », c’est selon : «Versez une telle hypocrisie sur le point du jour, et vous éteindrez le Soleil ».

Horizon


Rédigé par psa le 23/06/2016 à 03:00



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