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Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Actuellement fonctionnaire dans l’administration fédérale canadienne, PSA est partisan du « Grand Pardon » et adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




Comme quoi, chaque Constitution est la résultante d'une histoire, l'histoire partagée du monde, l'histoire des humains et de leur nature. Une histoire non seulement unique, mais une histoire universelle commune. La Constitution du Togo, une République, ne saurait échapper à cette réalité pour être taillée pour le seul plaisir d'une seule personne…


Félicitations, Monsieur le Président.



Les pères fondateurs des États-Unis ont utilisé un langage général pour décrire les motifs de destitution - les fameux «Crimes et Délits graves». La généralité de la formulation offrait la garantie que la destitution constituerait un processus politique plutôt que technique ou purement juridique. Il n'y a donc pas de définition spécifique d'un crime de destitution, au sens où il existe une définition du vol qualifié, de l'agression ou du détournement de fonds.

Mais les fondateurs de la République ont laissé des preuves assez convaincantes du type d'infractions qu'ils imaginaient. Et le président Trump -en sollicitant une ingérence étrangère dans la politique intérieure pour un gain personnel- s'est parfaitement rapproché de ces transgressions que tout autre président avant lui. Il a grandement dépassé Andrew Johnson et Bill Clinton, qui ont vécu le processus de destitution, et Richard Nixon, qui l'aurait connu s'il n'avait pas démissionné.

Comme les juristes Jean Galbraith et Michel Paradis l'ont écrit dans un éditorial du Wall Street Journal cette semaine :
« Lors de la rédaction de la clause de destitution (impeachment) de la Constitution, les rédacteurs avaient à l’esprit un épisode historique spécifique. En 1649, la Chambre des communes anglaise accusa le roi Charles Ier de trahison. Charles aurait illégalement comploté contre la démocratie anglaise et le dernier article de sa mise en accusation faisait état de connivence avec les adversaires étrangers de l’Angleterre dans sa campagne contre ses compatriotes et rivaux politiques nationaux… »

Lors de la Convention constitutionnelle américaine, Benjamin Franklin avait cité cet exemple « d’un premier magistrat officiellement traduit devant la justice publique » comme raison d'inclure une clause de destitution dans la Constitution américaine. James Madison y avait consenti, soulignant la nécessité «de défendre la Communauté (le Peuple américain) contre l'incapacité, la négligence ou la perfidie du premier magistrat », qui « pourrait trahir sa confiance en complicité avec des puissances étrangères ».

Dans la longue histoire des États-Unis d’Amérique, Trump semble être le président qui ait le plus mérité la destitution tel que l’avaient imaginé les pères fondateurs. Félicitations, Monsieur le Président.


David Leonhardt
Éditorialiste/Chroniqueur au New York Times
(Traduction Google + PSA)
[25 0ctobre 2019]


Ad Valorem


Rédigé par Pierre S. Adjété le 25/10/2019 à 11:11



À son tour, le Pacte Socialiste pour le Renouveau (PSR) vient de suspendre sa participation à la Coalition des 14 partis de l’opposition togolaise (C14). Très prévisible... Qui plus, le PSR donne une idée claire des raisons qui motivent son retrait suspensif. La même raison radicale que tous les autres partis politiques ayant fait défection : les contradictions internes à la C14 qui tiennent d'un manque de rigueur flagrant, le vrai péché originel du regroupement C14...


Togo... Une Vérité Radicale


Le PSR en a une formulation des plus extraordinaires d'ailleurs, dans sa lettre datée du 22 octobre, et adressée aux désormais quatre présidents de la C14 : « S'il est concevable que la C14 puisse en toute connaissance de cause soutenir un candidat déclaré dont le positionnement paraît favorable à la réalisation de l'alternance, la démarche actuelle de la C14 qui, manifestement, s'apparente à une hostilité à toute candidature d'un homme politique est contraire aux finalités des partis politiques et manque, à notre sens, de lisibilité. »

De tout temps l'inconséquence et l'inconsistance, la complaisance et même l'insincérité ont toujours eu raison des alliances politiques togolaises... De tout temps, ce fut pareil et ça continue : notamment 1994 (UTD-CAR), 2005 (Disparition du président Eyadema), 2017-2019 ("The C14 Chronicle" qui continue). Aujourd'hui au moins, les gens agissent en conséquence, quoique tardivement, et encore que la malsaine attitude se poursuit dans une lamentable comédie qui n'ose même plus se saborder.

La C14 est devenue un fonds de commerce par lequel les gens semblent accrocher leur existence ou la justifier. Sortez de là et allez faire votre propre parti politique en y développant vos positions et capacités : une coalition occasionnelle ne peut devenir un cimetière...


Le Flambeau de l’alternance
Le désir de changement politique au Togo, face à l'invouloir de Faure Gnassingbé et de tous ses Adowuinon, c'est la confection d'une démarche rigoureusement éthique. Elle tient, cette démarche logique et éthique, de la reconnaissance du poids et du rayon d'action de chaque parti politique, et le tout, accompagné du sacre, le plus humble, du parti politique le plus organisé et le plus outillé de l’espace politique togolais.

En l'espèce, dans la catégorie des partis politiques désirant concourir à la présidentielle de 2020, il y a lieu de reconnaître et de consacrer l'ANC comme leader, et lui donner toute la confiance ainsi que la responsabilité de porter le Flambeau de l'alternance politique, tout en évitant de lui servir des peaux de banane à longueur de journée. Quitte aux autres partis politiques ou organisations de négocier une Clause de Collaboration présente et future, les conditions d’un premier mandat de transition en réalité. Au Togo comme ailleurs, en politique comme en mathématique, tout le monde n'a pas les mêmes forces, capacités ou habiletés. Heureusement...

Le système à combattre et à battre, nous le connaissons : c’est le régime de l’invouloir en face de nous. Tout le monde voit la démarche logique, et chacun connaît la meilleure des démarches qui aiderait à revenir aux fondamentaux d'une lutte qui trop s'éternise au Togo. Mais, comme en 1994, la logique ici également s'impose, et la personne ou le camp qui doit s'y résoudre ne veut pas s'y astreindre. La comédie se poursuit, c’est alors : « (…) la démarche actuelle de la C14 qui, manifestement, s'apparente à une hostilité à toute candidature d’un homme politique ». Et, généralement l’individu ou ce camp qui alimente le théâtre et son insuccès n'est pas celui que l'on pense ; ce n'était donc pas plus Édem Kodjo en 1994, en toute logique contextuelle, que ce ne soit l'ANC aujourd'hui, en 2019-2020...

La République a des exigences. Le retour à la République au Togo exige des sacrifices que commande l'atteinte des objectifs supérieurs aux buts individualisés bien éphémères. Au Togo, et aussi longtemps que le terrain en ferait la démonstration, la responsabilité et le leadership, en l'état actuel des choses, égales par ailleurs, cette responsabilité politique revient à l'ANC. Jusqu'à preuve du contraire, l'ANC doit tenir le Flambeau de l'alternance au Togo. Le terrain lui donne cette place de leader, et NOUS avons le devoir d'y travailler, et d’y parvenir, ensemble, même à travers une vérité qui dérange...


L’acteur et le système
Toutes les manigances et prétendues stratégies ne NOUS sont que des pertes de temps, au regard des moyens énormes dont dispose l'imposture en face. C'est l'essentiel et c'est même l'attitude basique à avoir dans les circonstances qui sont les nôtres au Togo, et il faut l'exposer clairement et avec autant de lucidité que de rigueur. Nul n'ira à une bataille d'importance contre un système aussi réfractaire au changement, sans un commandement clair auquel des comptes pourront être demandés par la suite.

C'est d'une logique implacable que l'officier supérieur à tous, l’acteur de changement dans le grade le plus élevé, demeure l'ANC... Et, ce fait irréfutable n'empêche personne d'avoir des ambitions présidentielles assainies, et moins intempestives... Quoi de plus naturel : « Le fruit de l'humilité, de la crainte de l'Éternel, c'est la richesse, la gloire et la vie », et les Proverbes 22:4 nous l'enseignent depuis trop longtemps pour qu’enfin nous l'acceptions...

La sortie du PSR n'a donc été qu'un prétexte pour asseoir davantage une réflexion qui, pour certains, doit être habituelle, tellement nous la partageons souvent. Pour d'autres personnes, cette réflexion mérite d'être diffusée. Sortez-la et propageons-la hors de nos cercles, généreusement... Cette réflexion de synthèse, cette vérité radicale qui va déranger est d'une grande utilité publique....

Puisque la vérité libère... Libérons-nous pour libérer le Togo... Bâtissons le Togo... En toute Intégrité. Choisissons le bon acteur face au système que nous connaissons si bien. Tenons bon !



Silence


Rédigé par psa le 24/10/2019 à 01:00
Tags : ANC C14 Démocratie Togo Notez



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