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Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Actuellement fonctionnaire dans l’administration fédérale canadienne, PSA est partisan du « Grand Pardon » et adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




Pour Christian Trimua, l’alternance ne serait pas nécessaire au Togo parce que Faure Gnassingbé, fils de Gnassingbé Eyadema, aurait un programme politique extraordinaire pour le Togo. Avec une telle posture, ouvertement, on est parti pour instaurer le pouvoir à vie au Togo. En somme, le Togo est et il demeurera sous la seule égide du fort pouvoir de Faure Gnassingbé, parce que le pays serait devenu un « Centre d’affaires important ». Vraiment ?


Abraham Lincoln... Memorial de Washington DC
Abraham Lincoln... Memorial de Washington DC


Au Togo, l’Alternance politique est ce que la Proclamation de l’Émancipation fut aux États-Unis d’Amérique : une nécessité absolue, un impératif catégorique, un naturel bon sens politique imposé par une partie du même pays à l’autre partie récalcitrante qui niait le problème fondamental d’alors. L’Alternance au Togo sera l’acte primordial de l’Émancipation des citoyens, l’acte de renaissance et du retour à la République comme le fut le retour à l’Union, la fédération américaine chancelante à l’époque. Voyons voir…

L’histoire du monde possède une humble faculté : elle permet des comparaisons raisonnables, accessibles à une riche échelle, illimitée d’ailleurs, pour peu que l’on soit de bonne foi, l’on trouve curiosité, plaisir et devoir à savoir ce qui se passe autour de soi, et surtout, que l’on soit doté d’une volonté d’agir.

Les deux solitudes togolaises produisent encore des drôles d’argumentaires. C’est le réflexe qui surgit en écoutant, enfin, l’émission « Le Débat Africain » de RFI qui recevait le journaliste Jean-Paul Agboh Ahouélété, la vice-présidente de l’ANC Me Isabelle Améganvi et M. Christian Trimua le ministre des droits de l’Homme –une appellation désuète des "droits de la personne" ou des "droits humains". Si le journaliste a réussi à se rendre inintéressant, banal et fade par rapport à l’enjeu politique crucial au Togo, la vigueur et la valeur des échanges étaient davantage du côté des deux vrais antagonistes : Isabelle Améganvi et Christian Trimua. Et, la surprise fut de taille, à mon avis : c’est l’utilisation toute particulière que M. Trimua a faite de la réalité "Alternance" au Togo.


Alternance est aussi Dignité

Sous le prétexte que l’Opposition n’aurait pas de programme politique, Christian Trimua qui, comme à son habitude fait toujours précéder ces réactions de remarques désobligeantes, a fini par vider l’Alternance au Togo de toute valeur démocratique. Étonnant ! Pour Christian Trimua, l’alternance ne serait pas nécessaire au Togo parce que Faure Gnassingbé, fils de Gnassingbé Eyadema, aurait un programme politique pour le Togo. Avec une telle posture, ouvertement, on est parti pour instaurer le pouvoir à vie au Togo. En somme, le Togo est et il demeurera sous la seule égide du fort pouvoir de Faure Gnassingbé, parce que le pays serait devenu un « Centre d’affaires important » à en croire Christian Trimua. Vraiment ? Un État classé hors droit, pour ne pas dire autre chose ?

Il faut bien rappeler aux adeptes du pouvoir qu’une jonction dynastique existe, bel et bien, entre le pouvoir de Faure et celui de son père. De ce fait même, le Togo mérite l’alternance, et dans les mêmes conditions tout autre pays non monarchique mériterait l’alternance. C’est le refus de l’alternance, l’imposture de la transformation du Togo en une monarchie qui fait encore le problème véritable du Togo. Un problème d’importance, un désarroi national, dont les tenants du pouvoir, les Adowuinon compris, ne veulent admettre la solution. Cet entêtement dans le refus de l’alternance s’apparente, parfaitement, au refus de l’émancipation proclamée par Abraham Lincoln en 1863.

Pour beaucoup de Togolais, très majoritaires dans la réalité des faits et des aspirations, l’alternance n’est rien d’autre que la délivrance et la reconquête de leur Dignité humaine. Comme ce fut le cas aux États-Unis, aussi bien avant qu’après la proclamation de l’Émancipation, la délivrance a connu tous les actes de forfaiture, de résistance et d’invouloir comme c’est actuellement le cas au Togo. Les erreurs de l’Opposition encore moins la répression systématique des citoyens ne peuvent remettre en cause l’évidence de l’alternance au Togo. Clairement, Faure Gnassingbé ne peut et ne doit pas continuer à gouverner le Togo, quinze ans déjà, après que son père l’eut fait 38 années auparavant ; cela ne sied pas au monde d’aujourd’hui, la République n’est pas la monarchie. Dès lors, l’Alternance en tant que vérité historique devient une évidence.


Alternance est vraie Solution… Partez seulement

Il est raisonnable de penser que tous ceux qui ont pu, d’une manière ou d’une autre, suggérer à Faure Gnassingbé d’accepter l’alternance politique au Togo ne soient plus dans le cercle des fréquentations de Faure Gnassingbé. Nous pouvons donc convenir avec Charles F. Kettering que, la question d’Alternance est lancinante au Togo, car, pour Faure Gnassingbé et ceux qui restent autour de lui : « Ce n’est pas qu’ils ne peuvent voir la solution. C’est qu’ils ne peuvent voir le problème. »

Autant que ses défenseurs et trompeurs, ses courtisans et Adowuinon locaux et extérieurs, Faure Gnassingbé lui-même sait que son propre salut ainsi que sa paix d’esprit résident dans la même Alternance que réclame l’Opposition togolaise. La réponse à la majorité des Togolaises et des Togolais ne réside aucunement dans le changement scélérat de la Constitution, chaque fois que l’Opposition républicaine est absente de l’Assemblée nationale, encore moins dans la perpétuation des élections frauduleuses.

Dans toutes les démarches de solutions, qu’elles soient normées et scientifiques ou encore créatives et instinctives, tout commence par la reconnaissance du problème. C’est cette conscience nécessaire et préalable que fournit l’histoire du monde. C’est en cela que cette conscience indispensable et obligatoire fait de l’Alternance politique des temps modernes au Togo l’équivalent de la lointaine et édifiante Émancipation des Africains Américains. La confiscation du pouvoir au Togo par une caste fait vraiment problème. Et voilà que le 22 février 2020 nous donne encore l’occasion de sortir de cette tromperie entretenue par des illusionnistes patentés et incorrigibles.

Et, si par hasard le ministre Christian Trimua ne sait toujours pas pourquoi la majorité des filles et des fils du Togo demandent, exigent et tiennent tant à l’Alternance politique rappelons que tous les programmes politiques des adeptes d’Alternance se résument, curieusement, en trois mots faciles à retenir, trois vraies ambitions : Démocratie, Réconciliation et Développement. C’est la preuve que l’Opposition togolaise sait parfaitement que la Terre de nos Aïeux à un grand besoin de l’énergie incommensurable de l’Alternance ; l’Opposition sait absolument quoi en faire. Arrêtez de frauder… Partez seulement… Et vous verrez… Vous ne reconnaîtrez plus le Togo…


PSA
[15 février 2020]




Silence


Rédigé par PSA le 15/02/2020 à 11:02



Joe Biden ferait preuve de patriotisme désintéressé en quittant la course à l'investiture démocrate 2020. Pourquoi ne pas laisser les électeurs décider ? Parce que la campagne de Biden ne fonctionnera pas et que les autres Démocrates ont besoin d'une chance d'obtenir le soutien des minorités et des centristes.


Les Biden... Jill et Joe
Les Biden... Jill et Joe


Mais pourquoi ne pas laisser les électeurs décider? Parce que Biden jette une ombre qui va au-delà de sa propre candidature. Les sénateurs Cory Booker du New Jersey et Kamala Harris de Californie, ainsi que l'ancien secrétaire au Logement Julian Castro, pourraient encore être dans la course si Biden n'avait pas été un favori présumé parmi les électeurs noirs et bruns. Il devient extrêmement important de déterminer plus tôt que tard qui obtiendrait ce soutien si Biden n'était pas un facteur.

Ensuite, il faut obstruer la voie centrale. Ceux d'entre nous qui croient que l'aile Bernie Sanders du Parti Démocrate n'est pas le meilleur pari dans cette élection sont soucieux de trouver l'alternative la plus forte - un progressiste avec une certaine flexibilité. L'ancien maire de South Bend, le maire de l'Indiana Pete Buttigieg et la sénatrice du Minnesota Amy Klobuchar ont fait de bonnes performances dans le New Hampshire. Ces deux candidats et l'ancien maire de New York, Mike Bloomberg, tentent de trouver le soutien des électeurs centristes. Biden, tant qu'il reste dans la course, leur barre le chemin.


Voici ce qu'il faut comprendre

Les partisans de Biden avec qui j'ai parlé à travers l'Iowa manquaient d'enthousiasme. Leur soutien au digne ancien vice-président était presque superficiel, comme si Biden était le plus sûr candidat par défaut pour triompher de Trump. Cette élection exige beaucoup plus.

J'espère que les adeptes de Biden ne pensent pas que je saute à une conclusion déraisonnable basée sur les résultats de deux petits États électoraux, des endroits qui ne sont pas représentatifs de l'Amérique ou du Parti Démocrate. Cela va au-delà, tout comme il s’agit de plus que des gaffes ou «Joe étant Joe».

"Voici l'affaire" (comme Biden aime à le dire) : Si Joe doit vraiment être Joe, il démontrera à nouveau son amour du pays et du parti en cédant à un candidat plus jeune avec une perspective moins embarrassante pour battre Trump.

Mes amis, nous devons beaucoup à Joe Biden et il nous doit une meilleure chance en novembre.


Peter FUNT est un écrivain et animateur de "Candid Camera". [Extrait d’article publié et actualisé le 12 févier 2020 dans USA TODAY, sous le titre : "Joe Biden would show selfless patriotism by quitting the 2020 Democratic nomination race".]


Horizon


Rédigé par Peter FUNT le 12/02/2020 à 12:22