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Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Actuellement fonctionnaire dans l’administration fédérale canadienne, PSA est partisan du « Grand Pardon » et adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




Ce texte est envoyé au Premier ministre du Canada et au Président de la France.


Le commerce des indulgences avec le régime du Togo
Le commerce des indulgences avec le régime du Togo

Voici un régime, au Togo, qui ne fait même plus semblant de réduire son empreinte de dictature innommable…

En plein jour, au seul motif d’une altercation avec un groupe de militaires, et pour avoir résisté à une agression verbale et physique injustifiée, un jeune homme est abattu froidement et publiquement dans la rue, séance tenante, d’une balle dans la tête…

C’est ça le Togo… C’est ça le Togo avec lequel les citoyens doivent composer jour et nuit. C’est ça le Togo de la misère humaine effroyable avec lequel tant de gouvernements démocratiques, en toute conscience, de l’Allemagne au Ghana, de la France aux États-Unis d’Amérique, en passant par le Canada, la Belgique, l’Italie, le Bénin, la Suisse et autres, font le commerce des indulgences.

Un tel sort d’être froidement exécuté en plein jour est celui réservé à tout Togolais. Un tel sort est celui que subissent les hommes et les femmes du Togo, dans l’indifférence générale. Un pays, le Togo, où Pierre Elliott Trudeau, le père de Justin Trudeau, m’avait dit un jour qu’il avait senti "quelque chose" dans sa tournée africaine de jeune Canadien, le sac au dos.

Togolais jeunes, Pierre Elliott Trudeau ou Justin Trudeau n’auraient pas vécu longtemps pour devenir des premiers ministres démocratiquement élus. Ils n’ont pas eu le malheur de naître au Togo, un pays pris en otage par des criminels avérés ; un pays dont la juge Éva Joli, la juge franco-norvégienne, disait bien : les États ont leur mafia. Au Togo, la mafia a son pays. Effectivement, « Pour comprendre dans quel monde on vit, il faut savoir quelle folie nous dirige. » Oui, savoir quel absolutisme dirige l’ordinaire des Togolais depuis des décennies, de père en fils.

Le sort subit par un jeune Togolais, civil, le 21 mai 2020, n’a de pareil que celui réservé à un lieutenant-colonel froidement assassiné dans son bureau à l’intérieur du camp de la Brigade d’Intervention Rapide, BIR, dont il était le chef, par un commando. Ça, c’était présumément dans la nuit du 3 au 4 mai 2020… Ça, c’est le Togo de Faure Gnassingbé qui confisque le pouvoir, même après l’élection présidentielle du 22 février 2020. Rappelons que même le Covid19 possède ses cruelles victimes dont un homme battu à mort, un autre supplicié par ses testicules éclatés, enfants, jeunes filles, jeunes gens et vieilles dames battus au sang, pour violation de couvre-feu, par une Force anti-pandémie instantanément plus dangereuse que le coronavirus lui-même. Seulement le mois dernier, avril 2020, au Togo du 21e siècle : le Togo de Faure Gnassingbé, là où l’immérité pouvoir est confondu à l’immortalité familiale.


L’art d’être Togolais est en soi un drame au quotidien ; il déborde de tout ce qui peut être exigé de tout humain. Le Togo reste un lieu de châtiments permanents sous une tyrannie sans nom. Le Togo est une histoire de crimes commis par des gens identifiables sur des citoyens innocents. Et ça dure au vu et au su de tout le monde.

Normalement, la contre-attaque de toutes les Togolaises et de tous les Togolais doit être vigoureuse. Malheureusement, pour faire face à un tel régime dont l’armée n’est rien d’autre qu’une milice d’État clanique et contrerepublicaine, les citoyens se tiennent seuls. Ils sont seuls comme un clocher qui se tient debout, isolé, dans un champ de ruine d’une dictature implacable de 55 ans.

Normalement, tous partis politiques et tous partenaires confondus, ayants cause indignés, querelle cessante, diaspora réunie, c’est un appel à l’offensive générale qui doit sonner le glas de ce régime insalubre. Car, ce n’est pas avec de petits coups que l’on agit sur pareil régime de voleurs, faussaires, brigands, agioteurs, trafiquants, spoliateurs, bourreaux, meurtriers, médiocres et accapareurs d’une République promise à un tout autre destin par ses fondateurs, dans son hymne national : le précieux destin de l’Or de l’humanité.


Pierre S. Adjété
●Québec, Canada●
[22 mai 2020]

togo_quelle_folie.pdf Togo Quelle Folie.pdf  (539.46 Ko)

Mot à Maux


Rédigé par PSA le 22/05/2020 à 02:40



Les partis politiques n'ont-ils plus d'avenir? Les partis politiques n'ont-ils plus que leur passé à nous offrir?


Le Togo dans le Monde...



Les partis politiques n'ont-ils plus d'avenir? Les partis politiques n'ont-ils plus que leur passé à nous offrir?

Toutes ces questions et réflexions se posent à nous. Ce que je sais est que les partis politiques ont de moins en moins des adhérents formels. Le constat est assez général à travers le monde. Au point où, au Canada, l'essentiel est d'être membre, c'est-à-dire adhérer sans payer de frais d'adhésion. C'est aussi le cas aux États-Unis. En Europe, les choix des dirigeants de partis politiques sont faits avec des citoyens qui, simplement adhèrent aux principes généraux des partis. Un jeune leader de Burundi, Francis Rohero, considère même que : "les partis politiques ont fait leur temps."


En réalité tout porte à le croire, à croire que le concept de parti politique n'a pas le vent dans les voiles. Ce qui est observable de plus en plus, c'est que les élections se gagnent avec des citoyens qui ne sont pas que des partisans purs et durs. Les élections ne se gagnent plus au centre forcément, à travers des discours qui n'ont pas de mordant ou d'attrait véritable. Les élections semblent dépendre du charisme d'un leader, souvent capable d'attirer à lui une partie de l'électorat autre que la propre base traditionnelle de son parti... Il y a donc, probablement, un électorat flottant, à l'aise de rallier toute personne, se joindre à tout leader qui soit en mesure de gagner sa confiance.


Prépondérance du Citoyen

Naturellement, le contexte peut avoir son effet de circonstance : le désamour des Américains pour Hillary Rodham-Clinton par exemple, l'impréparation des Français à voter un parti ouvertement xénophobe par exemple, etc. Que ce soit en Allemagne, au Canada, en Grande Bretagne dernièrement avec le Travailliste Jeremy Corbyn, le choix de l'électorat peut aussi signifier le refus de l'alternative disponible aux citoyens...

Dans une certaine mesure, le Togo a probablement fait face à cette situation en février dernier et la Côte d'Ivoire se prépare au même phénomène en octobre prochain, si le "malade" Gbon Coulibaly demeure le choix successoral persistant de Alassane Ouattara. De la même façon, la réélection de Donald Trump ne dépendra pas seulement de lui-même, Trump, mais de l'alternative que constitue Joe Biden; à moins que Barack Obama ne prenne totalement les choses en main dans la campagne des Démocrates étasuniens...

Voilà... Voici un champ de réflexion que nous ne pouvons nous permettre d'éviter, aucunement. Agbéyomé Kodjo a gagné les élections au Togo. Mais il a gagné avec l'appui des Togolaises et des Togolais qui sont loin d'être les adhérents de son parti politique. Ces électeurs du "Saint-Esprit" appartiennent en réalité à un phénomène de plus en plus réel, vivant, de la prépondérance des mouvements d'ensemble républicains sur les partis politiques traditionnels.

Le phénomène togolais qui nous intéresse n'a pas encore dit son dernier mot. L'amateurisme habituel de Faure Gnassingbé, la brutalité de son approche ou des personnages qui l’entourent nous le prouvent avec éloquence. Tout cela renforce l'idée que partout, les luttes sont devenues citoyennes, silencieuses et efficaces à terme. Contrairement aux apparences, les hommes et les femmes sont et demeurent les vrais acteurs, maîtres du jeu politique dont les systèmes et les intérêts divers tentent de les déposséder...

Continuons notre réflexion... Poursuivons nos actions avec un grand respect, une énorme considération pour les citoyens, où qu'ils sont et s'expriment. Leur voix est suprême... Leur voix est "Saint-Esprit"... Leur voix est voie à suivre, pour rester fidèles à la République, la retrouver et la garder, au Togo ou ailleurs...

Fortuite réflexion… Mais, le hasard ne doit pas exister dans les circonstances… Tenons bon...


Merci
PSA
[16 mai 2020]



Mot à Maux


Rédigé par PSA le 17/05/2020 à 16:36
Tags : Démocratie Togo Notez



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