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Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Économiste, essayiste et autres, PSA travaille dans l’administration fédérale canadienne. PSA est un partisan assumé du «Grand Pardon» et un adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




Christiane Taubira sait effectivement donner des réponses franches, une grande radicalité qui fait sa personnalité ainsi que la force de son caractère bien trempé.


Taubira, la Franche Candidate
Taubira, la Franche Candidate


Souvent, très souvent même, l’histoire coince avant de redémarrer vers l’avenir. Cette dimension est devenue une tradition dans les élections importantes des démocraties. À son niveau, la Droite républicaine vient d’en faire l’expérience. Elle a fini par se donner une candidature féminine de réel potentiel unitaire : Valérie Pécresse. Et alors, l’histoire à redémarrer vers l’espoir…

La gauche française, sociale-démocrate, populaire et écologiste, réussira-t-elle à relever le même défi de l’unité ? Chose impossible disent particulièrement l’écologiste Yannick Jadot et le populaire Jean-Luc Mélenchon pour justifier leur travail à la base, commencé depuis bien longtemps. Ils sont convaincus que l’union ne se fera point avec les têtes de liste et les leaders des partis politiques.

Dans un tel climat de récriminations exacerbé pas de petites phrases assassines, à la publication du moindre sondage d’opinion politique sur les premières intentions de vote, a fini par fermenter le besoin de dialogue ou l’envie de rapprochement dans la grande famille de gauche. La posture de François Hollande jetant l’huile sur le feu, par endroit, celle de Ségolène Royale devenue médiane et « disponible » ou le positionnement clair-obscur de Manuel Valls, pas plus que le naufrage annoncé de l’illustre candidate parisienne Anne Hidalgo, n’ont aucunement apaisé la nécessité du recentrage à gauche.

Une élection ne se gagne pas seulement avec les idées ; une présidentielle se gagne de plus en plus par les symboles ou par dépits. Trop souvent les citoyens, les déçus des professionnels de la politique finissent par choisir le moindre risque s’ils ne peuvent trouver l’incarnation de l’espoir et de la fierté dans la personne à élire à la tête de leur pays. C’est le souverain recours aux symboles qui s’affirme de plus en plus dans les sociétés démocratiques, chaque fois que la désunion est persistante.

À leur manière, Valérie Pécresse, Éric Zemmour, Emmanuel Macron et même Jean-Luc Mélenchon sont des symboles encore luisants de la présidentielle française de 2022. C’est à ce titre qu’il va falloir compter Christine Taubira désormais. Mieux que quiconque, Christiane Taubira incarne la totalité dans la rhétorique de l’engagement citoyen de la gauche française.


Taubira l’envers de Hollande
Taubira l’envers de Hollande


Candidate en 2002, elle s’est contenue par la suite en enrichissant ses convictions, sans jamais renoncer à une France inclusive « en ces temps nauséabonds où le débat présidentiel reste largement dominé par les thématiques d’extrême droite » ajouterait Paul Quino de Libération. Pour autant, rien n’est acquis pour Christiane Taubira qui a toute une pente à remonter, du fait même qu’elle s’est décidée de manière quasi tardive.

Comment des partis et mouvements politiques ayant fait leur devoir de bâtir des plateformes électorales vont-ils se désister sans faire des sérieux mécontents dans leurs rangs ? Toute la question sur la problématique de l’union de la gauche française est là…

Le défi de l’unité, pour éviter d’être une candidate de trop, se pose réellement à Christiane Taubira. C’est probablement cette conscience qui a motivé sa déclaration, en toute prudence : « J’envisage d’être candidate à l’élection présidentielle de la République française. »

Quoi qu’il en soit, Christiane Taubira est plus qu’un symbole. Non seulement qu’elle est femme de principe -l’envers des gens peu convaincus, elle est surtout un totem de ralliement et de détermination qui peut glaner des voix presque partout, et fasciner large en sincérité comme jamais auparavant. Christiane Taubira sait effectivement donner des réponses franches, une grande radicalité qui fait sa personnalité ainsi que la force de son caractère bien trempé.

La franchise gagne du terrain en politique, après tant d’incapacité à dire et à faire vrai chez de nombreux politiciens. Au fond, Emmanuel Macron, ses tergiversations et positionnements, son dilettantisme et ses atermoiements ont fini par accroître l’offre de candidature à la présidentielle, alors que lui-même pensait assurer sa réélection en se retrouvant en face de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle d’avril 2022. Impossible dorénavant… Le jeu est encore plus ouvert. Manifestement, l’histoire donne une autre réponse à l’appel du présent : impossible n’est pas français.

Il demeure que Christiane Taubira a un slogan de campagne bien forgée à son image d’une personne fidèle et entière : "Pour une France franche, je vote Taubira". C’est probablement la franchise des politiques qui va débloquer une certaine histoire de la France, celle qui fait ancrage dans l’avenir et l’espoir à la fois.


PSA

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Rédigé par PSA le 19/12/2021 à 10:00



"Notre avenir ? Une société métissée fière et énergique" dit-elle. Nul ne peut rater l’occasion Valérie Pécresse qui surgit d’une hybridation assumée entre politique et humanisme…


Valérie Pécresse voit droit dans l’Avenir
Parce que les choses se précisent et que la France pourrait se donner une modernité en élisant une femme à l’Élysée, il est utile de mieux connaitre la personnalité dont le portrait se dessine inexorablement… Il y a plus de 15 ans déjà, alors que l’on s’y attendait le moins, le journal Le Monde et Radio Classique avaient décrit Valérie Pécresse, née Valérie Anne Émilie Roux. C’est ce tableau naturel de Valérie Pécresse que je nous propose, bien loin des dilutions et fermentations ultérieures. Du Val’Pécresse à l’état pur, alors qu’elle était encore jeune porte-parole de la Chiraquie…


Jeune porte-parole de l'UMP, née en 1967 et députée des Yvelines, Valérie Pécresse a passé sept années au Conseil d'État. Elle est devenue conseillère de Jacques Chirac sur les technologies de l'information avant d'être considérée comme "ministrable". Hyperactive, faisant cohabiter activité professionnelle et vie de famille, cette énarque passée par HEC semble s'être solidement installée dans notre paysage politique.

Je fais partie de cette nouvelle génération qui croit en la nécessité d'une vie de famille, en certaines valeurs mais qui considère que, dans ce cadre, la femme doit et peut réussir une carrière. Mais plus largement, je fais partie de celles et ceux qui pensent qu'une nouvelle cohésion sociale est à construire. Elle se mettra en place si nous abandonnons notre regard toujours nostalgique sur un passé rêvé, une sorte âge d'or qui, en réalité, n'a jamais existé.

La France est une société métissée qui ne se voit pas comme telle. Il faut pourtant le savoir : les habitants des ghettos et ceux des beaux quartiers finiront par se mélanger. Nos frontières vont s'ouvrir à de nouvelles formes d'immigration, venant d'Asie comme des pays de l'Est. Nous sommes à la croisée des chemins et nous avons peur. La peur de l'autre, de l'étranger.

On construit plus facilement l'avenir lorsque l'on est fier de ce que l'on est, quand on est réconcilié avec son passé. L'histoire de la France est faite de grandeur, d'humanité et nous devons en être fiers. Il y a aussi des mémoires blessées, des personnes sacrifiées et des martyrs. Mais si, en tant que responsable politique, nous passons toute notre énergie à panser des plaies, à réécrire le passé pour le rendre plus acceptable, alors nous ne nous projetons plus dans l'avenir, à savoir la construction d'une société métissée.

Faisons face, et n'oublions pas d'inclure dans nos projets la France des plus de 55 ans. Il ne faut pas les réduire à l'état de rentiers pour les pousser dans de nouveaux ghettos. Il est inutile pour notre avenir de créer de nouvelles lignes de fracture au moment où nous nous engageons vers une meilleure cohésion sociale.


PORTRAIT CHINOIS DE VALÉRIE PÉCRESSE

Si la France était un personnage de roman ?
D'Artagnan. Le panache. Le petit jeune homme qui vient de Gascogne et qui monte à Paris. C'est tous pour un, un pour tous.

Un genre littéraire ?
Le grand roman d'amour.

Une œuvre d'art ?
La Liberté guidant le peuple, de Delacroix.

Un style de femme ?
Sans hésitation, Coco Chanel. Un style unique, intemporel, toujours moderne. L'élégance absolue.

Un style d'homme ?
Coluche. L'humour et la dérision sur la vie quotidienne, du cœur et une attention à la misère des autres.

Un monument dans le monde ?
Le viaduc de Millau. C'est le génie français.

Une autre planète ?
Mercure, la planète la plus proche du Soleil, celle qui fait le plus de révolutions.


[Propos recueillis par Radio Classique ; publiés le 22 août 2006.]


Jérôme et Valérie Pécresse... À leur mariage, leurs amis donnaient 6 mois au couple...
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PORTRAIT CHINOIS DE VALÉRIE PÉCRESSE


Si la France était un personnage de roman ?
D'Artagnan. Le panache. Le petit jeune homme qui vient de Gascogne et qui monte à Paris. C'est tous pour un, un pour tous.

Un genre littéraire ?
Le grand roman d'amour.

Une œuvre d'art ?
La Liberté guidant le peuple, de Delacroix.

Un style de femme ?
Sans hésitation, Coco Chanel. Un style unique, intemporel, toujours moderne. L'élégance absolue.

Un style d'homme ?
Coluche. L'humour et la dérision sur la vie quotidienne, du cœur et une attention à la misère des autres.

Un monument dans le monde ?
Le viaduc de Millau. C'est le génie français.

Une autre planète ?
Mercure, la planète la plus proche du Soleil, celle qui fait le plus de révolutions.


[Propos recueillis par Radio Classique ; publiés le 22 août 2006.]


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Rédigé par PSA le 03/12/2021 à 13:31



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