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Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Actuellement fonctionnaire dans l’administration fédérale canadienne, PSA est partisan du « Grand Pardon » et adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




Enfin lancé sous la houlette de Barack Obama, le débat sur le contrôle du nucléaire civil face à la menace d’utilisation criminelle est piégé par les arrière-pensées et les ambiguïtés. Tout le monde se congratule déjà, même au début d’un ménage nucléaire qui risque d’être long; C’est le cas de Stephen Harper dès son retour de Washington: « Le Président Obama m’a invité aujourd’hui à résumer l’état de la coopération internationale sur la sécurité nucléaire, y compris le rôle très significatif que joue le Canada depuis la création, au Sommet de Kananaskis, du Partenariat mondial contre la prolifération des armes de destruction massive et des matières connexes. Le Canada est fier de son bilan. J’ai annoncé hier le renvoi de l’uranium hautement enrichi en provenance du Canada vers les États-Unis, où il sera rendu inutilisable pour les armes nucléaires. J’ai été heureux d’annoncer aujourd’hui, conjointement avec les présidents Obama et Calderón, que le Canada contribuera à financer le renvoi de l’uranium très enrichi en provenance du Mexique vers les États-Unis ainsi que la conversion du réacteur de recherche du Mexique pour que celui-ci utilise de l’uranium faiblement enrichi. » Et pourtant, c’est le début d’un long ménage…


Moore, Énergie nucléaire
Moore, Énergie nucléaire
Ni l’effondrement de l’empire soviétique, ni le 11 septembre n’y avaient rien pu. Malgré quelques tentatives inabouties, ce n’est qu’aujour¬d’hui que la communauté internationale s’est décidée, sous la houlette de Barack Obama, à se pencher sérieusement sur les risques que posent la dissémination du matériel hautement radioactif et son acquisition possible par des bandes criminelles ou des réseaux terroristes.

La responsabilité, en la matière, est bien partagée. Elle va de la duplicité historique des grandes puissances (soucieuses de conserver à la fois leurs parts de marché et leurs prérogatives d’Etats nucléaires) à la réticence des lobbies de l’industrie d’admettre les risques de cette technologie dans toutes leurs implications. Elle passe par la fusion constante des nécessités civiles et des visées militaires. Elle concerne l’incapacité, ou le manque de volonté, des pays émergents à équiper leurs installations de mesures de sécurité à la hauteur des dangers encourus. Peu de domaines sont entourés de pareille dose d’arrière-pensées et d’ambiguïtés. Et dans aucun autre rayon, sans doute, ne sont mis en avant de manière aussi hypocrite les impératifs de souveraineté nationale tandis que les ravages éventuels d’un accident ou d’une utilisation criminelle se joueraient allègrement des frontières.

Or le temps presse. Face à un autre danger mondial, celui du réchauffement climatique, le nucléaire civil a repris des attraits, augmentant d’autant les risques de détournement. Et face à la nouvelle forme qu’ont prise les menaces terroristes, plus rien n’est désormais impensable, et surtout pas la fabrication d’une «bombe sale» qui pourrait semer mort et désolation à New York, à Moscou ou à Paris.

Enfin, la communauté internationale a besoin de faire le plein de crédibilité face aux aspirations nucléaires de l’Iran. Elle n’y parviendra pas sans avoir commencé à nettoyer à fond ses propres écuries.///////Luis Lema


Mot à Maux


Rédigé par psa le 14/04/2010 à 00:14