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Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Actuellement fonctionnaire dans l’administration fédérale canadienne, PSA est partisan du « Grand Pardon » et adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




De ces Intellectuels Amuseurs Publics Zébrés
La question était tout simplement « Finalement le temps en politique aura été un facteur déterminant pour Faure. Nicolas Sarkozy lui a déroulé le tapis rouge. Comment expliquez-vous ce revirement ? » Et voici la réponse de Comi M. Toulabor : Le temps est une échelle importante. En politique, il peut être un facteur autant de crispation que de décrispation. On constate que Sarkozy, hier opposant à la Françafrique chiraquienne, mais par ailleurs représentant sans complexe de gros intérêts économiques français en Afrique, a beaucoup évolué depuis son accession à l’Elysée. La rencontre Faure-Sarkozy se situe dans la Realpolitik débridée que « l’Homme de la rupture » pratique s’agissant surtout des relations avec le pré carré africain. C’est le parrain Omar, proconsul de ce pré carré, qui a servi d’intermédiaire et a favorisé cette rencontre. Faure désespérait et dépérissait littéralement d’attendre trop longtemps au purgatoire, alors ses papilles olfactives n’ont jamais cessé de humer les odeurs du paradis élyséen. Sortira-t-il des lambris dorés de la Réplique avec le front illuminé du signe de l’onction de confirmation sarkozyste pour les présidentielles 2010 dont il commence déjà à enfumer les Togolais à coups de milliards et de nouveaux Premiers ministres ? C’est ce soutien que le « fils du père » est venu quémander auprès de son suzerain avec lequel toutes les options possibles et inimaginables sont ouvertes. Quoi que fasse Paris (ainsi que Berlin, Bruxelles, Rome et Washington qui aiment suivre la locomotive françafricaine parce que la vie des Blancs n’est pas en jeu au Togo), le tapis rouge étalé pour Faure restera toujours rouge du sang des Togolais, et ça, le temps aura du mal à jouer comme détergent. A moins que leurs leaders politiques et eux-mêmes décident de tourner définitivement la page sanglante afin d’aller, apaisés comme leurs chères démocraties « apaisées » à un hypothétique GUNT, cette divine étable où loups et agneaux se retrouver pour s’adouber au nom de la « réconciliation nationale » et de l’« esprit nouveau ». Le reste de l’interview est probablement de cette facture langagière et de réflexion : mais il mérite un arrêt... C’est l’exemple patent de la nullité intellectuelle. Il fut un temps, ce monsieur, chercheur, faisait des analyses époustouflantes et judicieusement dosées. Et puis un jour, il est devenu dogmatique. Dogmatique au point de mettre son talent au seul service de l’idéologie de la haine de l’autre. Et cela transparait nettement de ses propos. Cette haine viscérale et manichéenne qui ne voit jamais ses propres erreurs de parcours et ne distingue le mal que dans l’autre… Mais ma réaction est aussi motivée par la naïveté déconcertante qui supporte les propos de notre pourtant universitaire. Je découvre qu’il appartient à cette race de frustrés permanents qui toujours croiront que la France leur doit la délivrance et le salut alors qu’eux-mêmes ont démontré leur incapacité légendaire à s’organiser moindrement pour arriver à un résultat. La France, la même France qui déroule tapis rouge et honneur à Faure Gnassingbé aurait déroulé le même tapis rouge à quelqu’un d’autre à sa place : c’est dans l’ordre normal des choses. Par exemple, un Gilchrist Olympio à la place de Faure Gnassingbé aurait ainsi bénéficié du même traitement. Sauf que lui, Gilchrist Olympio, un nain politique doublé d’adepte des messes de la mégalomanie politique n’avait de stratégie que d’insultes, curieusement comme notre universitaire Comi Toulabor. Et le temps a vite fait de passer. Désolant ! Il est vrai que M. Toulabor est l’un des derniers convertis à l’évidence que Gilchrist Olympio est simplement incompétent en politique. Il découvre aussi qu’il n’y a pas d’opposants en France, lui-même n’étant devenu rien d’autre qu’un universitaire amuseur public en politique, malheureusement. Ainsi va la clique des intellectuels togolais qui a refusé de mettre sa connaissance au service de l’analyse et des questionnements scientifiques pour l’asservir à une idéologie de haire de l’autre. Et le pauvre Gilbert Houngbo - comme d’autres avant lui qui ont tenté de faire de leur mieux dans les circonstances, et la personnification douteuse et inélégante des situations des Alemdjrodo et autres ne trouveront jamais grâce aux yeux de ce groupe de censeurs professionnels. C’est aussi une forme de faiblesse et d’incapacité fonctionnelle que de tenir un Gilbert Houngbo coupable d’accepter de servir son pays, même moindrement, aux côtés de Faure Gnassingbé. C’est une immaturité politique avérée que de penser que Nicolas Sarkozy n’a pas le droit et l’intérêt de recevoir Faure Gnassingbé à l’Élysée ; Paris, Berlin, Washincton et la terre entière étant coupables et responsables de l’amateurisme des apprentis politiciens togolais. C’est surtout désolant et pitoyable que le Togo soit si mal servie par ses prétendus intellectuels à leur jour finissant d’échecs politiques lamentables, et semant désormais haine plutôt que réflexion. Le Togo mérite mieux, et les gens de ce calibre ne nous impressionnent pas ! Tout de même, tentons de lire la suite de cette curieuse, rébarbative et nulificatrice interview… En fait, un parfait portrait des prétendus intellectuels du Togo et digne de la tragédie d'une Lady MacBeth, cette foi-ci zébrées.

Mot à Maux


Rédigé par psa le 27/11/2008 à 18:38
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