Profil
Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Actuellement fonctionnaire dans l’administration fédérale canadienne, PSA est partisan du « Grand Pardon » et adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




Le défi est de peindre le Togo, hors du tableau... Violence
Le défi est de peindre le Togo, hors du tableau... Violence
« Souvenons-nous de la Somalie, il y a de cela une décennie. Interrogé pourquoi il prit la décision de faire intervenir ses militaires en Somalie et non au Soudan, le président Bush 1er répondit : « nous y étions allés parce que la télévision y était ». Lorsque plus tard, la même télévision diffusa l’image d’un soldat américain traîné au bout d’une corde dans les rues de Mogadiscio, la capitale Somalienne, la Maison Blanche ordonna le retrait immédiat de ses troupes de ce brasier de la Corne de l’Afrique. « La télévision a donné, la télévision a repris ». C’est dire combien l’image peut inverser les rapports de forces et influencer les décisions politiques. L’image est devenue un facteur déterminant dans les relations Internationales (le jour ou des images de français décapités à Lomé choqueront l’opinion française, Debbasch prendra la retraite de son bordel de Conseiller du Président Faure et l’Elysée révisera a la normale son banditisme au Togo). Aucun tribunal crédible, aucune Institution internationale, aucune civilisation ne donnerait tort aux Togolais s’ils Commettaient de telles atrocités sur des ressortissants d’un pays dont le Chef se déclare garant de la dictature militaire au Togo. » Ces curieuses pensées sont de Kodjo Épou.

De tels propos sont condamnables ! Ils le sont d’autant plus que ses fondements sont faux. Trois éléments seulement pour nous y guider :
(1) La France, encore moins l’Élysée, n’a pas mandaté M. Debbasch pour servir le régime Eyadema et son successeur d’aujourd’hui. On peut en dire plus… La France n'est pas comptable de tous les Français, dans leurs comportements, pas plus que le Togo d'ailleurs envers ceux et celles qui en sont originaires.
(2) La France n’est pas les États Unis ; la France d’aujourd’hui (2006-2007) n’est pas celle des années ’90. Et, dans les rapports d’État, les relations de la France avec le Togo sont aussi façonnées par la classe politique togolaise elle-même, le pouvoir et ses intérêts avec l’ancienne puissance colonisatrice, certes. Mais aussi, l’incapacité notoire et l’amateurisme légendaire de l’opposition togolaise qui, jusqu’à récemment, croyait encore, naïvement, qu’accéder au pouvoir au Togo consistaient à mettre les gens dans la rue, les faire tuer et alors, la vertu démocratique ferait voler des puissances au secours du Togo pour le délivrer. Cette opposition avait le don de savoir exclure et ne pas avoir d’alliés sûrs, ni en Afrique ni ailleurs…. Pendant qu’elle faisait des marches de soutien pour le sieur Natchaba et demander naïvement des élections dans les conditions que l’ont savait, quelqu’un dont les gens se méfiait déjà comme successeur de son père, allait de capitale en capitale pour expliquer, à sa seule manière, pourquoi les mêmes chancelleries devraient lui faire confiance. Il avait pu ainsi, réussir à faire changer d’idées des géants comme le Nigeria, aux cotés d’autres États qui n’aimaient pas plus le régime Eyadema !
(3) La France, territoire ou institutions diverses, ne peut être confondue avec les Français et les Françaises… qui n’ont pas à payer de leur vie pour que les Togolais se libèrent d’eux-mêmes et de leur incapacité politique.

Je suis à la fois surpris et étonné par cette dérive langagière. Attendez que je me souvienne ! N’est-ce pas le Kodjo Épou qui était l’adjoint à la communication de notre ami Casimir Badjibassa Babaka, à la Primature de M. Edem Kodjo en 1994-96 ? Mon cher monsieur, Cherchez encore ! Le mal togolais – si mal il y a, doit être ailleurs qu’en France. Et le désespoir à imaginer des solutions crédibles ne doit nullement conduire à ces propos qui ne nous honorent pas, et semblent exagérément faire l’apologie de la violence gratuite en ces temps de relative accalmie au Togo. Que l’illusion américaine, ne vous pousse pas à la dérive ! Sachez plutôt voguer la–dessus et touchez terre ferme et réelle prochainement. Bienvenue dans la liberté, l’autre liberté d’écrire, de penser, d’agir, la liberté responsable !