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Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Actuellement fonctionnaire dans l’administration fédérale canadienne, PSA est partisan du « Grand Pardon » et adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




Et la solidarité dans tout ça? Un prix, une valeur, un coût, une dette, un tabou, une règle, un idéal… Il y a un risque pour l’Allemagne de prêter sa crédibilité à l’endettement des pays les plus laxistes. Nombre d’Allemands et d’experts rappellent cette vérité: l’Europe n’a pas besoin d’euro-obligations mais de budgets solides conformes aux règles de Maastricht.


Le Nombre d'Or
Le Nombre d'Or

Comme un refrain… La solution à la crise de la dette publique et à celle de l’euro serait l’émission d’euro-obligations. Depuis plusieurs semaines, de plus en plus de voix réclament la création d’un mécanisme de titres de dette communs à l’ensemble des États membres de la zone euro. Tous pour un et une dette commune pour tous… une raffarinade en somme.

L’idée, qui ne serait pourtant qu’un élément de la médication car elle n’attaque pas le mal de la dette à la racine, révulse plusieurs États (Pays-Bas, Autriche), et plus particulièrement l’Allemagne. Et comme l’économie est avant tout une question de bon sens, on peut comprendre les réticences allemandes.

D’abord ces euro-obligations qui permettraient à Rome, Madrid, Lisbonne d’emprunter à un taux commun renchériraient le coût du crédit des meilleurs élèves de la classe européenne. Même un demi-point de taux d’intérêt supplémentaire vaut son pesant d’euros. Ensuite, si désormais les États de la zone euro étaient solidairement garantie des autres États emprunteurs, il y a un risque pour l’Allemagne de prêter sa crédibilité à l’endettement des pays les plus laxistes, d’endosser les errances des plus réfractaires aux indispensables réformes.

Non, non, disent les partisans des euro-obligations. Il suffit d’aller plus avant dans l’intégration et l’harmonisation des règles communes budgétaires et fiscales, donc forcer les États membres à avoir une gestion plus saine. En clair, cela signifie qu’une émission européenne imposerait de facto un regard des autorités de Bruxelles sur les budgets nationaux. À Berlin, il est très probable que la Cour constitutionnelle interdirait un accord allemand à un tel dispositif au nom de la souveraineté budgétaire du parlement. Et si on regarde vers Paris, il est pour le moins cocasse de voir un pays appeler à davantage de gouvernance et d’intégration alors que depuis 1973 aucun gouvernement n’a réussi un seul équilibre budgétaire et que MM. Raffarin et Sarkozy se sont délibérément mis hors des règles contraignantes de Maastricht en 2003 et 2007.

Finalement, si le tabou tombait, mutualiser les dettes ou une partie des dettes, sous certaines conditions, coûterait peut-être moins cher qu’un empilement de mesures de sauvetage et qu’une dépression mondiale. Mais nombre d’Allemands et d’experts rappellent cette vérité: l’Europe n’a pas besoin d’euro-obligations mais de budgets solides. Et des budgets solides, cela s’obtient avec des économies et une saine gestion, et non avec des euro-obligations./////////Ignace Jeannerat


Mot à Maux


Rédigé par psa le 17/08/2011 à 15:09
Tags : Allemagne dette Euro France Notez