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Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Actuellement fonctionnaire dans l’administration fédérale canadienne, PSA est partisan du « Grand Pardon » et adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




Leal Martinez
Leal Martinez
Que le Togo ait perdu contre le Mali, cela n’a étonné personne. La forte mobilisation circonstancielle ne peut rien contre l’inconstance, la désunion et le désespoir qui marque la fédération togolaise de football –que nous avons le droit d’écrire maintenant avec de toutes petites minuscules ou dire la FTF. Un désordre décevant institutionnalisé et favorisé, il est vrai, par un manque de leadership flagrant, une querelle de personne stérile et menée sans détachement ni honneur et sans élégance, surtout un abandon et un pourrissement favorisé par une machine politico-administrative qui s’est dévoyée en avalisant une solution abjecte, irrégulière et illégitime.

Si, je n’ai pas à me réjouir de la situation, je dois cependant me féliciter que l’équipe la mieux engagée, celle de nos amis Maliens, sera à Accra au début de l’année prochaine. Ghana 2008, la Coupe d’Afrique des nations de football, sera sans le Togo; ce ne sera pas du tout la fin du monde. Malheureusement, ce ne sera pas la fin de la mesquinerie chez certains, dans ce petit Togo.

Puisqu’au Togo, dans le cercle des manipulateurs de l’information, le ridicule se révèle sous la forme de l’imprécision déformante et de l’anonymat confortable, il est vaguement lâché à notre appréciation qu’un scandale secouerait la FTF. Un scandale de corruption, c’est ce que révèle le site gouvernemental, manipulateur en la circonstance, pour camoufler la défaite cuisante des Éperviers du Togo. Voici le texte publié ce samedi 13 octobre 2007, tel que je viens de le lire :

« Dommage! Le Mali s'est qualifié pour la phase finale de la Coupe d'Afrique des Nations grâce à sa victoire sur le Togo 2 à 0 (mi-temps: 1-0) en match décalé de la 6e et dernière journée des qualifications (groupe 9) à la Coupe d'Afrique des nations (CAN-2008) de football, vendredi à Lomé. Le Mali avec 12 points termine premier du groupe. C’est évidemment la déception au Togo. La population s’était mobilisée pour cette rencontre convaincue que les Éperviers ressoudés étaient en mesure de se qualifier. Année difficile pour le foot togolais car outre cette défaite, il faut désormais aussi reconstruire la Fédération secouée par un scandale de corruption. »

De quelle fédération parle-t-on ? De quelle équipe de la fédération pourrait-il être question ? Je serai étonné que ce soit l’équipe actuelle dirigée par un membre du gouvernement, M. Walla notamment. Je serai aussi surpris que ce soit l’équipe qui n’avait pas rendu de compte à qui que ce soit, celle de notre tout puissant et fragile ami Rock Gnassingbé. Reste alors dans mon champ d’analyse l’équipe, très passagère finalement, de Tata Avlessi, sinon sa personne. À moins que ce soit une guéguerre autour des dernières subsides accordées par le gouvernement : un pactole opportun alors chaudement disputé entre le jeune ministre Atsou et son collègue ministre le sieur Walla. Dans tous les cas, vrai ou faux, le doute est ainsi semé en tout le monde. Et dans ce Togo-là, lorsque l’on dispose d’une cible facile, on en use et on en abuse jusqu’à ce que mort, réelle ou apparente, s’en suive.

Ce type d’information est en effet un ballon malsain. Et parce qu’il vient du site Internet gouvernemental, il faut s’en offusquer vertement. C’est comme cela que les petits apprentis sorciers, les plumitifs de l’information, sèment la confusion à des fins de récupération. Dans la théorie des médias, cette approche est celle du Miroir déformant (Distorted Mirror) qu’il est inutile de développer ici. Retenons seulement que tout l’échec de l’équipe Walla –ce dernier promettait incarner et disposer d’une solution avalisée par le gouvernement togolais- se trouve être ainsi occulté par une nouvelle semence informationnelle, la corruption, sur laquelle l’on reviendra plus tard lors de la période des moissons rancunières, occupé maintenant, nous le sommes tous, pour savoir ce que les élections législatives donneront à ce Togo qui en a bien besoin.

Et après, évidemment, la corruption ne sera pas trop loin comme arme de disqualification à user contre certaines personnes. La semence du jeu malsain autour du football togolais pourrait encore perdurer, à notre corps défendant, et au détriment de ce sport qui mérite de retrouver ses lettres de noblesse. Ce Togo déformant, sans élégance aucune et qui ne sait pas avancer, je ne l’aime pas. Simplement dit : Assez !


Mot à Maux


Rédigé par psa le 13/10/2007 à 14:58